00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Et Bastien Drun nous rejoint pour CPRAM. Bonjour Bastien.
00:06Bonjour.
00:07Quelle est la part de spéculation d'après vous dans la hausse des cours de la nuit dernière et d
00:11'aujourd'hui ?
00:12C'est difficile à dire, mais ce qui est sûr c'est qu'on est sur des perturbations fondamentales des
00:18marchés du pétrole et du gaz,
00:19les plus importantes depuis au moins l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
00:22Et le gros problème de la fermeture du détroit d'Orbos, c'est que les pays producteurs de pétrole du
00:27Golfe
00:27n'ont pas beaucoup de capacité de stockage et la conséquence c'est qu'un pays comme l'Irak a
00:32déjà dû réduire sa production de 3 millions de barils de jour
00:36et tout ça, ça nous fait une perte définitive de production et plus le temps passe, plus le nombre de
00:42pays à réduire sa production va grossir
00:44et plus on aura un impact important sur les prix.
00:48Oui, donc tout ça est à suivre. Alors comme vraiment le lait sur le feu, précisément, ou l'huile sur
00:52le feu si vous préférez,
00:52on a une question d'un auditeur qui nous demande, il s'appelle Gérard, il nous a écrit, il nous
00:56a envoyé un mail.
00:56J'ai une question pour BFM Bourse sur le WTI, il monte très très fort, voire plus vite que le
01:02Brent,
01:02or il n'est pas directement touché puisqu'il est produit le WTI aux Etats-Unis, voire pourquoi pas au
01:06Venezuela.
01:07Donc pourquoi monte-t-il aussi vite ? C'est la question de cet auditeur. Est-ce que vous avez
01:10une réponse à lui apporter ?
01:11Effectivement, c'est une bonne question. Les Etats-Unis sont à peu près autosuffisants en ce qui concerne le pétrole
01:16et on pourrait penser donc que ça permettrait aux Etats-Unis d'éviter une crise avec une très forte augmentation
01:23du prix du pétrole.
01:24Mais on a des marchés du pétrole qui sont quand même très interconnectés au niveau mondial.
01:29Il faut 10 à 15 jours pour qu'un pétrolier traverse l'Atlantique.
01:33Et c'est ça qui explique qu'il y a un écart assez faible.
01:37S'il y avait un écart important, il pourrait y avoir des arbitrages.
01:40Et donc il y avait des personnes qui bénéficiaient d'arbitrages.
01:44Quel impact sur la croissance mondiale aurait le maintien des cours du pétrole à plus de 100 dollars de baril
01:49pendant des semaines, voire des mois ?
01:51On entend beaucoup parler du retour d'une possible stagflation.
01:54Est-ce que c'est en train de devenir votre scénario si les cours du pétrole restent à plus de
01:57100 dollars ?
01:59Ce qui est important de rappeler, c'est que l'intensité de pétrole de l'économie mondiale,
02:04c'est-à-dire la quantité de pétrole qu'il faut consommer pour produire une unité de pile mondiale,
02:09elle a baissé d'environ 60% depuis 1980.
02:13Donc on a une économie mondiale qui est beaucoup moins dépendante au prix du pétrole.
02:18Maintenant, si on avait des prix du pétrole qui restaient élevés pendant quelques semaines,
02:22ça provoquerait probablement pas de récession, mais plutôt un ralentissement de l'économie.
02:29On aurait une croissance qui serait bien plus faible qu'attendue dans les pays développés
02:33à cause de cette augmentation du prix du pétrole, mais pas de récession.
02:36– L'Europe victime numéro un, alors après l'Asie, c'est peut-être l'Asie qui sera la principale
02:41victime,
02:41parce que l'Asie dépend énormément du pétrole en provenance du Moyen-et-Proche-Orient, du détroit d'Hormuz,
02:45mais l'Europe aussi, c'est le président de la Bundesbank qui s'est exprimé l'année dernière
02:49en expliquant que les perspectives de l'Allemagne dépendaient désormais de la durée de ce conflit,
02:53et pas mal d'analystes nous disent que l'Allemagne risque de perdre 40 milliards d'euros de PIB
02:58si les coûts du pétrole restent si élevés, 40 milliards d'euros de PIB en deux ans.
03:01– L'Europe et l'Asie, c'est clairement les zones qui sont les plus touchées,
03:05parce que ce sont des zones qui sont très importatrices de pétrole, mais aussi de gaz,
03:10donc elles seraient les premières touchées d'un point de vue macroéconomique.
03:13Après, il faut rappeler en ce qui concerne le gaz que la part des importations européennes de gaz
03:19qui proviennent du Moyen-Orient est finalement assez faible,
03:22et que donc il n'y aurait pas forcément les risques d'approvisionnement qu'on a pu avoir
03:28pendant la crise énergétique de 2022, où il y avait tout simplement le robinet de gaz
03:35qui avait été en provenance de Russie, qui avait été coupé,
03:38donc en situation qui est un petit peu différente de ce point de vue.
03:40La deuxième chose qu'on peut dire aussi, c'est qu'il y a un accord commercial,
03:44tout le monde l'a oublié, mais il y a eu un accord commercial entre les États-Unis
03:47et puis l'Europe en 2025, qui a été doué en 2025,
03:51et dans le cadre de cet accord commercial, l'Europe s'est engagée à importer
03:56beaucoup plus de gaz américain, il y a déjà des importations européennes de gaz américain
04:01qui ont très fortement augmenté sur les derniers trimestres,
04:04et ça c'est quelque chose qui va continuer sur les mois et trimestres à venir,
04:08et qui pourra permettre de compenser quand même un petit peu finalement
04:13ce gaz qui n'arrivera pas du Moyen-Orient en Europe.
04:16Bastien, c'est vrai qu'il y a une ruée sur un certain nombre de valeurs refuge en ce moment,
04:21mais alors d'une manière un petit peu étonnante,
04:23on a l'or qui ne fait pas grand-chose,
04:25on a le franc suisse, bon il y a des considérations monétaires
04:28qui sont un petit peu plus complexes à arbitrer,
04:32mais le dollar fait son comeback à court terme,
04:36comme dirait Wilfried Galland assez souvent,
04:38on fait confiance à celui qui a le plus grand nombre de porte-avions en vrai.
04:41Il y a peut-être un peu de ça, mais c'est aussi le fait que depuis quelques années,
04:46les Etats-Unis sont devenus des exportateurs nets de pétrole,
04:50et pendant des décennies, les Etats-Unis étaient importateurs nets de pétrole,
04:55et on avait une corrélation assez négative entre le prix du pétrole et le dollar,
05:00et depuis que les Etats-Unis sont devenus exportateurs nets de pétrole,
05:05on a retrouvé une corrélation positive, certes qui n'est pas parfaite,
05:08mais on constate depuis quelques temps que quand le prix du pétrole monte de façon idiosyncratique,
05:15on pourrait dire, de façon assez indépendante,
05:17et finalement ça se traduit aussi par une appréciation de l'or,
05:20et je crois que c'est ce qu'on a vu depuis une dizaine de jours maintenant,
05:23et on a plutôt eu une augmentation des prix du pétrole qui a causé une appréciation du dollar.
05:31Ah oui, du dollar, effectivement, parce que l'or, au contraire, on est surpris.
05:35En ce qui concerne l'or, on pense qu'il y a évidemment du potentiel d'appréciation de l'or
05:41sur les mois à venir,
05:42à très court terme, on a le fait que le dollar justement se soit apprécié,
05:48et bien ça a plutôt freiné l'or, et en plus de ça, on a eu une augmentation des taux
05:52d'intérêt
05:53sur les marchés obligataires européens et américains,
05:56et cette augmentation des taux d'intérêt, ça a plutôt aussi freiné l'or.
06:01Donc pour nous, il s'agit plutôt d'une sorte de freinage,
06:04mais l'or conserve du potentiel pour les mois à venir.
06:07Bastien Drue avec nous, CPRM, merci beaucoup.
06:09Merci.
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