Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 14 minutes
Retrouvez le débrief de l'actu du vendredi 24 avril dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Le débrief, on est vendredi, c'est votre rendez-vous avec Marc Fiorentino.
00:04Bonjour Marc, associé gérant de Roland.
00:06Il y aura bien sûr ce soir votre émission.
00:10Mais on va parler avant cela de la France qui est un cancre absolu
00:14avec ses chiffres de déficit et de dette publique dans l'Union Européenne.
00:19Là vraiment, c'est la catastrophe.
00:20On a beau le dire, on a beau le répéter tous les jours.
00:23J'avoue que quand j'ai vu les chiffres, vous savez c'est un peu la remise des prix à
00:26la fin de l'année.
00:27C'est-à-dire qu'on a toutes les statistiques maintenant de tous les pays de l'Union Européenne et
00:31de la zone euro.
00:31Donc on peut comparer.
00:33Et en fait, quand on regarde tous les critères, c'est vraiment dramatique.
00:36Mais je ne dis pas ça pour faire du French bashing.
00:39Je dis ça parce que même moi, j'ai été surpris, alors que je suis l'actualité quasiment au quotidien,
00:43de voir qu'à la fois en matière de déficit,
00:46donc vous savez qu'on a failli être les premiers, on est les deuxièmes derrière la Belgique,
00:51mais surtout j'ai été surpris par la part des dépenses publiques dans le PIB.
00:55Mais c'était complètement dingue.
00:57C'est-à-dire que bon, évidemment, on est au-dessus de 57%.
00:59La moyenne européenne est en dessous de 50%.
01:02Mais enfin, vous avez quand même des pays qui ne sont pas des pays normaux.
01:06Les Pays-Bas et autres qui sont à 44 ou 45%.
01:09Et après, quand on regarde le niveau de la dette, c'est vraiment effrayant.
01:13On est à 115%.
01:15Le niveau européen est à 88,9%.
01:18Et puis, vous avez quand même des pays comme l'Allemagne,
01:21vous savez, dont on parle beaucoup, en disant, ça y est, ils sont en train de s'endetter,
01:25ils font de la relance, un plan de 1 000 milliards pour l'armement et l'infrastructure.
01:31Ils sont à 63%.
01:32Les Pays-Bas sont encore en dessous.
01:34Donc, on se dit vraiment, mais comment c'est possible ?
01:37Comment on a pu en arriver là ?
01:40Et comment on se retrouve aujourd'hui avec une situation où, évidemment,
01:44on l'a vu cette semaine, il y a des révisions à la baisse des prévisions de croissance.
01:48Les croissances, l'inflation, on a eu hier le climat des affaires dramatique,
01:53quand même, avec la chute dans le commerce, la chute dans les services
01:58et l'industrie qui résiste un peu.
02:00Et donc, ça veut dire qu'on va avoir une croissance qui va être inférieure.
02:03Ça veut dire qu'on va avoir moins de rentrées fiscales.
02:05Ça veut dire qu'on va avoir encore une situation qui va être une situation absolument incroyable.
02:09Et moi, ce qui me fascine dans tout ça, c'est que, j'ai envie de dire,
02:12même nous, même moi, on s'est habitués.
02:16On a l'impression que c'est business as usual, que c'est normal.
02:20Ben non, ce n'est pas normal.
02:21On a des chiffres qui sont désastreux.
02:23Qu'on s'habitue, nous, c'est une chose.
02:24Que le gouvernement s'habitue, c'en est une autre.
02:26Et c'est un peu plus inquiétant quand même.
02:27C'est très inquiétant, mais ce n'est pas qu'il s'habitue.
02:29C'est qu'en fait, le gouvernement, les politiques, le Parlement,
02:34on a l'impression que c'est un non-sujet.
02:36Alors, c'est vrai qu'il y a une impunité totale.
02:38C'est-à-dire qu'on a les résultats les pires.
02:40On devrait se faire virer de la classe.
02:42Et puis, on passe en classe supérieure.
02:44Pourquoi ? Parce qu'on ne va pas le répéter.
02:45Mais on a l'euro, on a l'Allemagne,
02:48on a l'épargne des Français qui vient garantir tout ça.
02:51Donc, tant qu'on est dans cette impunité totale,
02:53on peut continuer à faire tout et n'importe quoi.
02:55Alors, on s'est aperçu quand même, cette semaine,
02:58qu'on était arrivé un peu à la limite du système.
03:01Parce qu'on a vu que dans les aides d'habitude,
03:04dans un contexte comme celui-là,
03:06on aurait dégainé un plan de relance
03:07en balançant des dizaines de milliards.
03:09Les discussions sur le budget ont duré neuf mois.
03:11Donc, là, on ne peut pas faire ça.
03:13Sur les aides, il y a toujours un consensus.
03:15C'est-à-dire que quand on décide d'ouvrir le chèque,
03:17mais là, on s'est aperçu que complètement,
03:18les marchés nous ont dit,
03:20bon, si vous y allez, là, on va vous sanctionner.
03:22– Oui, oui, oui.
03:22Les marchés, justement, face à la guerre en Iran,
03:25évidemment, la guerre qu'on regarde tous les jours à la loupe,
03:29ces marchés, ils sont finalement assez résilients.
03:31– Incroyable.
03:32Écoutez, ça aussi, c'est une grande surprise.
03:34Une grande surprise parce que, alors,
03:36il y a deux explications à ça qui sont très intéressantes.
03:38Donc, le constat, c'est quoi ?
03:40Le constat, c'est que là, on se demande
03:42si les États-Unis ne vont pas à nouveau taper une dernière fois
03:45pour reprendre le détroit d'Hormuz
03:47et puis, évidemment, l'île de Cargue.
03:49Donc, on est en pleine tension.
03:52Là, on voit très bien que c'est en train de patiner,
03:55et on voit que les marchés réagissent absolument pas.
03:58Alors, il y a deux explications.
03:59Il y a l'explication classique qui consiste à dire,
04:01bon, les marchés sont déconnectés de la réalité.
04:04Bon, moi, j'y crois pas trop
04:05parce que les marchés sont rarement déconnectés de la réalité.
04:08Et puis, il y a le fait que c'est même pas mal.
04:10C'est-à-dire qu'en fait, on a des entreprises
04:12qui, certes, on l'a vu dans les indicateurs d'activité,
04:17commencent à patiner un peu,
04:18mais qui sont incroyablement résignantes.
04:20Et puis, en fait, c'est la leçon de tout ce qui s'est passé.
04:24C'est-à-dire qu'on a surmonté le Covid.
04:26On a surmonté la guerre en Ukraine qui continue,
04:29d'accord, avec tous les déséquilibres que ça peut provoquer.
04:32Et donc, finalement, les marchés financiers se disent,
04:35il y a deux solutions.
04:37Soit, de toute façon, la guerre s'arrête et c'est très bien.
04:41Soit elle continue et de toute façon, ça va avoir un impact sur la croissance.
04:45Donc, les taux d'intérêt vont baisser.
04:46Donc, ça va être bon pour nous.
04:47Et puis, surtout, les entreprises ont appris à résister à ce type de crise.
04:51Vous parlez de résilience des marchés, mais je fais juste un petit pas de côté en disant,
04:54est-ce que, justement, on n'a pas trop de données statistiques sur lesquelles s'appuyer
04:58pour tirer des conséquences comme ça ?
05:00Est-ce qu'il n'y a pas trop de données comme ça ?
05:02Les marchés, ils réagissent aussi un peu comme ils peuvent.
05:05Je veux dire, est-ce qu'on n'a pas trop de données au quotidien sur lesquelles réagir
05:08qui peuvent être parfois contradictoires ?
05:10Non, je ne crois pas, parce que d'abord, toutes les données vont dans le même sens.
05:13C'est un ralentissement de l'économie, c'est une hausse des prix,
05:16mais quelque part, c'est l'idée que le ralentissement de l'économie
05:19est plus grave que la hausse des prix.
05:21Donc, il y avait cette idée avant, il y a quelques semaines,
05:23que ça allait être l'inflation.
05:25Vous avez remarqué qu'on en parle un peu moins.
05:26On parle de hausse de prix, on ne parle plus d'inflation,
05:28ce qui est déjà très bien.
05:29Par contre, on parle de réduction, on parle de ralentissement de l'économie.
05:32Et donc, l'anticipation du marché, c'est de se dire qu'il va falloir,
05:36les banques centrales qui disent qu'on lutte contre l'inflation,
05:38elles vont devoir lutter contre le ralentissement de la croissance.
05:41Donc, un, elles ne vont pas pouvoir lever les taux d'intérêt,
05:43et deux, elles vont devoir probablement encore les baisser.
05:48On commence à en voir aussi cette musique,
05:50avec le nouveau patron de la Fed qui a passé ses auditions,
05:54on commence à avoir la musique que Trump va lui imposer
05:57une baisse des taux d'intérêt à partir de mai.
05:59Et il a dit qu'il resterait indépendant ?
06:01Oui, bien sûr, on l'a tous bien sûr cru,
06:03puisqu'il a levé la main et a juré qu'il ne serait pas l'esclave de Trump.
06:08En fait, il est sous pression, en tout cas au début.
06:11Au début de son mandat, il n'aura pas d'autre choix.
06:13À mon avis, il a négocié ça pour avoir son poste,
06:15et donc on aura ses baisses.
06:17Donc ça aussi, ça infuse dans les marchés.
06:18Parce que si on a une baisse très importante des taux d'intérêt à partir de mai,
06:22moi je n'excuse pas que dès son arrivée,
06:24il baisse les taux d'intérêt de 0,5%,
06:26évidemment, ça aura un impact positif sur les marchés.
06:28On reste aux États-Unis avec un sujet finalement assez sensible,
06:32l'impact sur l'emploi d'une politique restrictive en matière d'immigration.
06:38C'est vrai que c'est un sujet sensible, notamment chez nous.
06:41Aux États-Unis, ça donne quoi ?
06:42Parce qu'on commence à voir les résultats de ce qu'a fait Donald Trump.
06:45C'est très intéressant.
06:46Il y a une étude qui a été publiée par le Wall Street Journal
06:48qui m'a beaucoup frappé,
06:49parce qu'évidemment, vous l'avez dit,
06:51le sujet de l'immigration est un sujet hypersensible.
06:54Alors les deux arguments sur l'immigration,
06:56ceux qui sont pour l'immigration disaient
06:59« si on limite l'immigration,
07:01il va y avoir des tensions absolument incroyables
07:03dans certaines catégories de jobs,
07:05dans la restauration, dans le bâtiment ».
07:07Donc ça, c'était le premier raisonnement des gens qui disent
07:09« il faut plus d'immigration et de l'immigration ciblée ».
07:12Et puis, vous connaissez l'argument de ceux qui sont contre l'immigration,
07:16c'est de dire « c'est des jobs qui prennent des gens qui sont nés dans le pays ».
07:20Et donc, si on limite l'immigration,
07:23il va y avoir plus de boulot pour les natifs,
07:27et puis il va y avoir des augmentations de salaires.
07:29Et en fait, c'est très intéressant,
07:31vous avez raison de dire qu'on commence à avoir du recul aux États-Unis,
07:34donc il y a les premières études qui apparaissent sur la politique très restrictive
07:38qu'a menée Donald Trump depuis son arrivée,
07:41très restrictive,
07:42et là, on s'aperçoit que tout le monde a tort.
07:44Alors c'est assez amusant,
07:46c'est-à-dire que d'un côté, il n'y a pas de boulet d'étranglement,
07:48ça c'est vraiment une énorme surprise,
07:51dans des métiers comme le bâtiment,
07:53comme la restauration.
07:55Alors oui, il y a de la demande,
07:57on cherche des plongeurs,
07:58les salaires des plongeurs augmentent dans les restaurants,
08:00mais ce n'est pas le désastre qu'on avait annoncé,
08:03il n'y a aucun impact sur l'activité,
08:05donc ça c'est quand même très étonnant.
08:07Et la conclusion de l'étude du Wall Street Journal,
08:10c'est-à-dire que ça nous ramène un peu à la résilience des marchés des entreprises,
08:15c'est que les entreprises s'adaptent.
08:16C'est-à-dire que l'économie est capable d'absorber une masse d'immigration qui arrive,
08:21et elle est capable d'absorber, en fait, un ralentissement de l'immigration.
08:25Donc ça, c'est la première surprise.
08:26La deuxième surprise, très grosse surprise,
08:29c'est que ça n'a pas favorisé la hausse des salaires,
08:31et ça n'a pas favorisé l'emploi des gens qui étaient natifs du pays.
08:36Alors là, on a aussi une explication qui est fantastique,
08:38et ça reboucle avec ce que vous disiez avant que j'arrive
08:40sur les plans de licenciement dans les Microsoft et autres,
08:43c'est qu'en fait, il y a une augmentation de la productivité.
08:47Et c'est-à-dire qu'à partir du moment où, certes,
08:49vous avez moins de gens pour faire le job,
08:51mais que vous avez amélioré la productivité,
08:54vous n'avez pas raison, surtout qu'au même moment,
08:57vous commencez à avoir des plans de licenciement,
08:58même d'entreprises qui marchent très bien.
09:00Vous parliez de Microsoft.
09:01Microsoft n'est pas en difficulté.
09:03Microsoft marche très bien, ils sont très rentables,
09:05ils ont beaucoup de trésorerie,
09:06et pourtant, ils réduisent leur personnel,
09:08ce qui a un impact sur les salaires.
09:10Donc on a une situation qui est assez paradoxale.
09:12Je suis surpris d'ailleurs de voir que cette étude-là
09:15n'est pas reprise dans la vie politique française,
09:17où le sujet de l'immigration est un sujet évidemment hypersensible.
09:21Oui, hypersensible, effectivement.
09:22Il faudra voir ce que ça a comme conséquence
09:24sur les élections de mi-mandat.
09:25Absolument, absolument.
09:28Sur les élections de mi-mandat,
09:29on sait de toute façon, c'est traditionnel,
09:32que c'est toujours un désastre pour la majorité en place.
09:35Vous parliez de la France très vite.
09:37Est-ce que vous avez pensé du PS qui a dévoilé son programme ?
09:42Vous voulez vraiment que j'en parle ?
09:42Oui, vous avez 30 secondes.
09:44Écoutez, pour moi, c'est un désastre,
09:46c'est-à-dire qu'on a une gauche qui reprend,
09:50enfin une gauche dite républicaine,
09:52qui reprend le programme de la gauche type LFI,
09:55c'est-à-dire qu'on a basculé complètement
09:57dans la mouvance Zuckmann,
10:01et donc on a une gauche punitive
10:03qui va faire d'une économie, une économie socialiste.
10:06Or, les économies socialistes
10:08n'ont jamais réussi nulle part dans le monde.
10:10Ce sera évidemment au programme de l'émission.
10:13C'est votre argent ?
10:13Absolument, on va en parler avec une très belle équipe aujourd'hui,
10:16puisque j'ai même Emmanuel Lechypre.
10:18Ah bah, évidemment.
10:19Alors, c'est votre argent, c'est 20h ce soir.
10:21Émission exceptionnelle, comme toutes les semaines.
10:23Marc Turantino, associé gérant de Roland.
10:24Merci beaucoup d'être venu dans le débrief de la matinale.
Commentaires

Recommandations