- il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Bruno Retailleau, je rappelle que vous êtes aussi candidat à l'Elysée, à l'élection présidentielle,
00:04puisque maintenant, voici venu le moment de débattre avec Charles Consigny,
00:08dans le signé Consigny, comme tous les soirs à la même heure.
00:13Bonsoir Charles Consigny.
00:14Bonsoir.
00:15Vous vous rejoignez.
00:16Première question, est-ce que Bruno Retailleau, candidat à l'Elysée,
00:21est-ce qu'il ferait mieux qu'Emmanuel Macron ?
00:24Est-ce qu'il ferait mieux sur la sécurité et la justice ?
00:27Oh, je pense quand même.
00:29Il n'y a pas de mal, il faut dire qu'il n'y a pas de mal.
00:31Ce n'est pas vraiment me donner le point, parce que l'angle mort quand même du président de la
00:35République,
00:36ça aura été, pendant ces deux mandats, le régalien, bien sûr.
00:40Je pense quand même parce qu'en cette matière, comme dans les autres, il faut choisir une direction.
00:46Et le grand drame du macronisme, ça a été de ne jamais choisir de direction.
00:53Et donc, ça ne peut pas marcher ni sur la sécurité, ni sur la justice,
00:57ce n'est pas tellement sur les autres sujets.
01:00Le seul sujet sur lequel ils ont été à peu près clairs, c'était l'attractivité du pays.
01:05Et là, ça a un peu fonctionné.
01:07Donc, ça montre qu'il faut choisir.
01:08Et je crois que Bruno Retailleau est plus clair dans ses options
01:13que ne l'est Emmanuel Macron ou tout candidat macroniste s'agissant de la sécurité.
01:20Néanmoins, moi, je pense quand même que, au fond, je ne sais pas si vous allez me rejoindre là-dessus,
01:26j'ai écouté avec beaucoup d'intérêt la conférence de presse de l'avocat d'une autre victime de ce
01:32monsieur Barrella,
01:33qui s'appelle Rosa.
01:35Et cet avocat a dit, il y a des enquêteurs et des magistrats qui sont désinvestis,
01:41des partisans du moindre effort.
01:43Et moi, effectivement, je pense qu'on est à un tournant de l'histoire de notre pays
01:48et il faut mettre les pieds dans le plat sur tous les sujets.
01:51Et effectivement, comme avocat,
01:53quand je vais au palais de justice et qu'il arrive 16h45,
01:58je vois le palais se vider avec des gens qui courent pour se tirer de là,
02:04pour ne pas rester une minute de plus que le temps qu'ils sont censés passer dans leur bureau.
02:09Et je pense que, dans un pays comme le nôtre,
02:11avec les défis qu'on a en matière de sécurité et de justice,
02:14ça ne peut pas fonctionner.
02:15Donc, ce que j'entrevois, moi, dans le drame qui est arrivé,
02:19c'est en fait la démobilisation du pays.
02:22Et le fait que les gens ne veulent plus bosser,
02:25ne sont plus sur le pont, ne sont plus à leur poste,
02:28ne veulent plus faire leur boulot,
02:30et résultat des courses, le système ne peut pas fonctionner.
02:33– Bruno Retailleau, d'accord avec ça ?
02:35Il faut remettre aussi les magistrats et peut-être les policiers de travail ?
02:39– Je ne généraliserai pas, parce que, commistre de l'intérieur,
02:42j'ai vécu des moments difficiles,
02:45où j'ai vu des enquêteurs, donc policiers ou gendarmes,
02:48qui agissaient d'ailleurs sous l'autorité judiciaire d'un procureur et autres,
02:53vraiment mobilisés, passer les nuits, des nuits, des week-ends.
02:58Donc, on ne peut pas généraliser.
02:59Ce que vous appelez, effectivement, cette démobilisation,
03:03moi, je l'appelle la bureaucratisation.
03:05Et cette affaire en témoigne, je m'explique.
03:09Aujourd'hui, on a un État totalement bureaucratisé,
03:12totalement bureaucratisé, les commandes ne répondent plus.
03:15La preuve, le garde des Sceaux fait des circulaires,
03:19il dit qu'il va falloir prioriser les violences,
03:22notamment vis-à-vis des pédophiles, etc., sur les mineurs,
03:24et en réalité, il n'est pas obéi.
03:26Il n'y a pas d'effectivité.
03:28Et c'est ça, parce que beaucoup, d'abord,
03:30croulent, effectivement, sous les affaires,
03:32et beaucoup ont perdu le sens de leur métier, de leur mission.
03:36Moi, je passais beaucoup, beaucoup de temps
03:38à aller au contact des sapeurs-pompiers, des gendarmes,
03:41des préfets, des policiers, pour leur rappeler leur mission.
03:44Parce que, souvent, ils se sont engagés,
03:46ils avaient un idéal, mais avec la complexité des procédures.
03:50Regardez, vous êtes avocat.
03:52Dans la bureaucratisation,
03:54il y a un truc qui a amené à cette bureaucratisation,
03:56c'est la complexité des procédures.
03:58Les histoires, le régime des nullités,
04:00pour un oui ou pour un non, pour un vice de forme,
04:02et par exemple, dans le narcotrafic,
04:04où souvent, on a des avocats très, très pointus,
04:07il arrive souvent que pour un rien du tout,
04:09vous annulez une procédure
04:10qui ôtait pourtant la conclusion
04:12de mois et des mois, de plan, de travail.
04:14Et on peut remettre en liberté des délinquants.
04:16Donc, c'est tout ça qu'il va falloir s'impliquer.
04:19Débureaucratiser, ça veut dire moins de normes, etc.
04:22Et ça voudra dire aussi
04:24s'attacher à l'essentiel
04:25et pas à l'accessoire.
04:27À l'essentiel, c'est-à-dire le fond.
04:29Le fond.
04:30Comment se fait-il que,
04:32dans cette affaire de la petite Rosa,
04:34il n'y ait pas eu un coup de fil ?
04:35Il y a des transmissions qui mettent des mois et des mois,
04:37il n'y a pas un coup de fil.
04:38Donc, les gens se sentent totalement démobilisés, c'est vrai.
04:42Moi, surtout, dans l'affaire de la petite Rosa,
04:44ce qui est insensé, c'est que c'est dans cette affaire
04:46que la mère de l'enfant téléphonait chaque semaine
04:49à la brigade de gendarmerie
04:51et qu'elle s'était vue répondre
04:52que si elle continuait,
04:53ils allaient finir par porter plainte pour harcèlement.
04:55Moi, il y a une autre chose que je demande
04:57et qu'on n'a pas, là, depuis le début,
04:59sauf erreur de ma part, de cette histoire,
05:00c'est des sanctions.
05:02Où sont les sanctions individuelles ?
05:06Individuelles contre les parquetiers
05:07et les agents de gendarmerie,
05:10les effectifs de gendarmerie
05:12qui sont responsables de ce désastre.
05:14Moi, je suis désolé.
05:14Il s'agit de fautes professionnelles ?
05:16Si vous voulez, quand j'entends,
05:18j'en entends beaucoup, par exemple,
05:19qui voudraient dire que c'est la responsabilité
05:21des politiques.
05:22Je trouve que ce serait beaucoup trop facile.
05:25Je m'inscris en faux contre cette idée
05:27parce que, pour le coup, non.
05:29Pour le coup, c'est un défaut d'exécution
05:31de leur boulot
05:32par les gens qui étaient en charge
05:33de ces affaires.
05:34Alors, il y a une enquête administrative,
05:35on aura les conclusions le 19 juin.
05:37Oui, mais alors, moi, j'aimerais bien,
05:38je crois que c'est vous, M. Otaillot,
05:39qui l'avez relevé,
05:41le Conseil supérieur de la magistrature
05:44prononce à peu près 5 à 10 sanctions par an.
05:47Et encore, pour des faits
05:49qui ne peuvent pas relever
05:51de la faute professionnelle.
05:53Voilà.
05:53Qui peuvent relever parce qu'il y a eu
05:54un harcèlement sexuel
05:55de telle ou telle greffière, etc.
05:57Donc, je citais tout à l'heure les chiffres.
05:59Moi, je vous rejoins totalement.
06:01C'est la raison pour laquelle
06:02j'ai proposé une cour disciplinaire
06:04parce que je pense que le CSM
06:05ne fonctionne pas.
06:06Aujourd'hui, il est trop corporatiste.
06:08Il est très syndicalisé.
06:10Est-ce que vous êtes pour revenir
06:11sur la loi Taubira
06:12sur l'indépendance des parquets ?
06:14Ben, écoutez, je...
06:15Ou peut-être que vous venez
06:16de le dire dans l'interview, pardon.
06:18Voilà, pardon.
06:18Je viens de le dire.
06:20Je pense que je suis, moi,
06:22pour qu'il y ait, comment dirais-je,
06:23un lien entre le garde des Sceaux
06:25et le parquet.
06:26Parce que si on veut avoir
06:27une politique pénale,
06:28là, ça le montre.
06:30Voilà.
06:30Il faut qu'il y ait une direction
06:31parce que, encore une fois,
06:33le parquet, c'est le ministère public.
06:35Pour bien expliquer aux téléspectateurs,
06:36le ministère public,
06:38c'est-à-dire le procureur,
06:39il est chargé, d'abord,
06:40de défendre les intérêts de la société.
06:42Et les intérêts de la société,
06:43c'est les intérêts du peuple français.
06:45Eh bien, il faut qu'ils en répondent
06:47via le ministre.
06:47Mais donc, il faut qu'il y ait un lien.
06:50Et je suis pour qu'on abroge
06:52la loi Taubira,
06:53qu'on abroge la loi Belloubet,
06:54qui ne nous permet pas,
06:55aujourd'hui,
06:56pour des peines de prison
06:57de moins d'un an,
06:58d'emprisonner vraiment les gens.
06:59Voilà.
07:00Donc, c'est vraiment
07:01un laxisme idéologique pénal
07:03qu'il va falloir revoir.
07:04Moi, je trouve que...
07:07Si vous voulez,
07:08les procureurs n'étaient pas considérés
07:10comme juges
07:10parce qu'ils étaient
07:11sous la dépendance hiérarchique
07:13du ministre de la Justice.
07:15Et donc, au sens du droit européen,
07:16ils ne pouvaient pas être appelés magistrats.
07:19Ça a fini par les vexer.
07:20Et donc, ils ont voulu
07:21avoir leur indépendance.
07:22Mais je pense que ça n'a pas de sens,
07:24l'indépendance des procureurs.
07:25Parce que, qu'est-ce que ça veut dire ?
07:26Chacun fait sa tombouille dans son coin.
07:28Qui décide de quoi ?
07:30Ça n'a aucun sens.
07:31Donc, moi, je suis contre
07:32l'indépendance du parquet.
07:33Mais je pense plus largement
07:35que vous dites
07:37les peines de moins d'un an
07:38qui doivent être exécutées, etc.
07:39C'est vrai.
07:40Mais je crois qu'on est quand même
07:42à un point de rupture maintenant en France
07:44où, en fait, il faut faire
07:45une espèce de révolution
07:48intellectuelle presque
07:49sur la procédure pénale
07:51et le droit pénal.
07:52C'est-à-dire, moi, je pense
07:52qu'on a besoin d'un système
07:54comme a été appliqué au Salvador.
07:57Un système extrêmement raide
07:59où vous êtes sanctionné très durement
08:01dès votre première incartade
08:04parce que sinon, vous avez des gens
08:05qui passent plusieurs fois
08:07devant les tribunaux
08:08qui ont du sursis,
08:09qui ont du ceci, qui ont du cela.
08:10Finalement, ils finissent
08:11par être sanctionnés
08:12quand c'est un sursis qui tombe.
08:13Mais entre-temps,
08:14ils ont eu le temps
08:14de s'enquister dans la délinquance
08:16et la criminalité.
08:17Donc, moi, je pense
08:18qu'on doit maintenant
08:19inverser le système.
08:19Est-ce que Retailleau,
08:21c'est Boukele ?
08:21Est-ce que c'est le Salvador
08:22si vous arrivez à l'Élysée ?
08:24Est-ce que vous renversez la table ?
08:25Est-ce que c'est la manière...
08:26Renverser la table, oui.
08:27Non, mais parce que c'est
08:27ce que veulent les Français aujourd'hui.
08:29Quand ils entendent
08:29qu'on va traiter 70 000 plaintes,
08:31personne n'est dupe.
08:32Ça ne se fera pas.
08:33Tout le monde le sait.
08:34Déjà, au moins,
08:35traitons les plaintes
08:36du type de la Petite Rosa.
08:37Un avocat nous disait
08:38qu'ils étaient en train
08:39d'écluser des affaires
08:40qui datent de 2014,
08:41M. Retailleau.
08:42Non, mais peut-être.
08:49J'explique.
08:50Où vous aviez eu, justement,
08:53des violences sexuelles,
08:55viols notamment,
08:56avec un certificat,
08:58une enquête médico-légale.
08:59Donc, elles étaient avérées
09:00puisqu'on a su
09:01qu'il y avait des lésions
09:02et que la Petite Rosa
09:04était même passée
09:05devant une psychologue.
09:06C'est là.
09:07Il y en a beaucoup moins de 70 000.
09:08Donc, c'est possible
09:10de revoir ces milliers,
09:12mais à condition
09:13de s'attacher aux plus importants.
09:15J'ai proposé tout à l'heure,
09:16vous n'étiez pas là,
09:16Charles Consigny,
09:17la suppression du juge
09:19d'application des peines
09:19parce que ça me paraît
09:21inconcevable qu'en France,
09:22un juge,
09:23il y a déjà un juge
09:24qui va juger au tribunal,
09:26il donne une peine,
09:27il prononce une peine,
09:27mais il y a un autre juge
09:28qui va défaire
09:29ce que le juge précédent
09:30avait déjà fait.
09:31Pour moi, c'est terminé
09:32et je suis,
09:34notamment pour la justice
09:35des mineurs,
09:35pour incarcérer
09:36beaucoup plus tôt,
09:37y compris sur des courtes peines.
09:39Sinon, on enferme les gens
09:40dans des parcours
09:41de délinquance.
09:42C'est pour ça que
09:43les narcotrafiquants,
09:44ils ont bien compris
09:46pourquoi ils utilisent
09:47des gamins de 14,
09:48de 15 ans et de 16 ans.
09:48parce qu'ils ne risquent
09:50pas grand-chose.
09:50D'accord, mais vous faites
09:51des propositions de fermeté,
09:53mais ceux qui nous regardent
09:54et qui veulent,
09:55effectivement,
09:56plus de fermeté,
09:57c'est ce que disent
09:57tous les sondages,
09:58ils estiment que la justice
09:59est trop laxiste,
10:00etc.
10:01Mais pourquoi ils voteraient
10:02Rotaillot et vont voter
10:03Bardella ou Le Pen ?
10:04Parce que ceux qui incarnent
10:06aujourd'hui,
10:06dans les mêmes sondages,
10:08la fermeté,
10:09notamment sur les questions
10:10régaliennes,
10:11c'est Bardella et Le Pen.
10:13Dans tous les sondages,
10:13ils arrivent en tête.
10:15Ils ont changé
10:16le Rassemblement National.
10:17Vous ne trouverez pas un sujet,
10:19y compris l'immigration,
10:20puisqu'ils voulaient
10:20l'immigration zéro.
10:21Vous ne trouverez pas
10:22un sujet sur lequel
10:24il n'ait pas changé d'avis.
10:26Sur la sécurité ?
10:27Oui, mais sur les propositions.
10:29C'est un parti girouette.
10:30Nous, je pense que
10:31j'ai l'exercice du pouvoir,
10:33j'ai été ministre de l'Intérieur,
10:35je sais les verrous.
10:35Oui, mais vous, justement,
10:37vous avez un bilan.
10:37Eux, ils n'ont jamais
10:38tout pouvoir.
10:38Donc, écoutez,
10:39M. Rotaillon,
10:40on l'avait omis à l'Intérieur.
10:41Oui, mais ça a changé.
10:42Il y a eu des échecs.
10:43Tiens, pardon.
10:44On a une archive.
10:44On a une archive
10:46qui vous concerne,
10:46M. Rotaillon.
10:47Je termine juste.
10:48C'est que ça sera
10:50dans mon projet présidentiel.
10:51Je ferai un référendum
10:53et je soumettrai
10:54une nouvelle politique pénale
10:56aux Français
10:56par référendum.
10:57C'est les Français,
10:58Emmanuel Macron,
10:59oui, mais je ne suis pas,
11:02ça ne vous a pas échappé.
11:02Et, justement, Emmanuel Macron,
11:04je soumettrai au référendum
11:05juste la justice,
11:07la politique pénale
11:08que choisiront
11:09les Françaises et les Français.
11:10Justement, il y a un an,
11:11vous étiez ministre de l'Intérieur.
11:12Il y avait la finale
11:12de la Ligue des Champions
11:13avec des incidents.
11:14Voilà ce que vous disiez.
11:16Je suis en colère aujourd'hui,
11:17comme beaucoup de Français,
11:19qui ne s'habituent pas,
11:20pas plus que je ne m'habitue,
11:21à ce déchaînement de violence.
11:23On ne peut plus avoir,
11:24finalement,
11:25de grandes fêtes sportives
11:26sans qu'il y ait
11:28une mobilisation massive
11:29de forces de sécurité intérieures.
11:32Oui, ce sont des barbares.
11:34La réponse, c'est bien entendu
11:35une réponse pénale
11:36qui soit massive et efficace
11:38pour redonner du sens
11:39à la sanction,
11:40je l'ai souvent dit d'ailleurs,
11:41au niveau des plus jeunes.
11:44Voilà, c'était il y a un an.
11:45Un an après, ça recommence,
11:46l'homme qui était derrière vous
11:47est devenu ministre de l'Intérieur,
11:48alors en lunette.
11:48Donc, pourquoi est-ce
11:49qu'on vous ferait encore confiance ?
11:50Attendez, qu'est-ce que je dis ?
11:52Ça s'est reproduit,
11:52les incidents de la violence
11:53qui s'est reproduit ?
11:54Pensez qu'ils pensaient
11:56aux peines et à la peur des policiers ?
11:59Un, je dis, il faut des vraies sanctions.
12:01Regardez pourquoi les gens sont écoeurés.
12:04Parce que le week-end,
12:05les émeutiers,
12:06avec la deuxième étoile du PSG,
12:08vous avez plus de 570
12:11arrestations, interpellations,
12:12gardées à vue,
12:12et vous avez trois petits cas
12:14d'individus
12:15qui ont fait des choses horribles,
12:17qui vont faire de la prison ferme.
12:19Donc, la sanction,
12:20elle n'est pas au niveau.
12:20C'est ce que je viens de vous expliquer.
12:22Deuxième élément,
12:23moi, j'avais tiré les conclusions,
12:25d'ailleurs,
12:26de ce maintien de l'ordre.
12:27Et quand il y a eu le phénomène
12:28en septembre,
12:29souvenez-vous,
12:30on va bloquer la France,
12:31j'avais demandé aux policiers,
12:32aux gendarmes,
12:33d'aller au contact.
12:34De ne plus attendre
12:36qu'on leur envoie des pavés
12:37pour réagir,
12:38mais de réagir
12:39et d'aller au contact très vite.
12:40Et ça s'était vu, d'ailleurs,
12:42au niveau des images.
12:43Vous retrouverez dans vos archives
12:44ces images.
12:45Et croyez-moi...
12:46Vous étiez mis à l'intérieur,
12:47ça a cassé quand même,
12:48Bruno Retailleau.
12:49Mais, écoutez,
12:50je ne vous dis pas que...
12:51Bien sûr que c'est difficile.
12:52Ce que je vous dis, moi,
12:54c'est que je n'avais pas le pouvoir.
12:56Si, demain,
12:57je changerais les choses
12:58parce que les sanctions,
12:59grâce aux Français,
13:00au référendum,
13:01seront justement au rendez-vous.
13:03Et deuxième chose,
13:05le maintien de l'ordre,
13:06il faut que les ministres
13:07de l'Intérieur
13:08prennent des risques.
13:09Je sais qu'on n'aime pas
13:10dire aux policiers
13:11et aux gendarmes
13:12d'aller au contact.
13:13Parce que quand on va au contact,
13:14on risque parfois des pépins.
13:16Et c'est le policier
13:17qui, en général,
13:17ensuite, pour une vie...
13:18Et en plus, exactement.
13:19Mais si on ne fait pas ça,
13:20on laisse faire.
13:21Moi, je n'ai pas de solution
13:23miracle non plus.
13:24Mais je pense que,
13:25s'agissant de ces émeutes
13:27comme s'agissant de tout le reste,
13:28la sécurité,
13:29ça n'est pas que la sécurité.
13:31C'est-à-dire qu'il faut
13:33faire quelque chose
13:34de tous ces jeunes désœuvrés
13:36qui ne savent plus
13:37quoi faire d'autre
13:38que de venir casser
13:39quand il y a des matchs,
13:40que de tomber dans la délinquance
13:42et la criminalité.
13:43Ah, je pense qu'on en a beaucoup
13:45qui sont...
13:45Je pense qu'on en a beaucoup
13:46qui font...
13:47Comme disait Emmanuel Macron,
13:48il faut le mettre en vague,
13:48il faut leur donner des vacances,
13:49des perspectives de la France.
13:50Je pense qu'il y en a beaucoup
13:51qui ne font rien de la journée.
13:52Vous voyez ce que je veux dire ?
13:53Je pense qu'il y en a beaucoup
13:54qui font rien de la journée.
13:54Ensuite, je pense qu'il faut,
13:55là aussi, faire des choix.
13:57J'ai déjà eu l'occasion
13:58de citer ce chiffre.
13:59Le budget de la justice,
14:01c'est 10 milliards d'euros.
14:02Le budget de la protection sociale,
14:04c'est 650 milliards d'euros.
14:06Bon, ben,
14:06il faut peut-être
14:07qu'on se demande...
14:08Vous voyez ce que je veux dire ?
14:09Les Français, ce qu'ils disent,
14:10c'est qu'eux ne se sont pas résignés
14:12à l'écroulement du service public
14:14de la justice.
14:15La réalité, c'est que
14:16les politiques,
14:17comme les professionnels du droit,
14:20juges, avocats, tout le monde,
14:22en gros, on sait qu'on a
14:23une machine judiciaire
14:25qui est complètement embolisée.
14:26Si on avait un hôpital
14:28dans le même état que la justice,
14:30on aurait des patients
14:31qui mourraient tous les jours
14:32dans le couloir
14:32faute de pouvoir être soignés.
14:35Non, mais c'est ça la réalité.
14:36C'est-à-dire qu'on ne tolérerait pas
14:37une seconde ce qui se passe
14:38dans la justice
14:39dans un autre service public
14:41plus vital comme l'hôpital.
14:42Donc, c'est qu'en réalité,
14:44il suffirait qu'on prenne
14:45un tout petit peu
14:46sur les dépenses
14:47de protection sociale
14:48pour doubler le budget
14:49du ministère de la justice.
14:50Mais ça, c'est aussi
14:52un choix collectif
14:53que les Français doivent faire.
14:54Est-ce qu'ils veulent sortir
14:55de leur société d'assistanat
14:58ou est-ce qu'ils veulent y rester ?
14:59Dans ce cas-là,
15:00il ne faut pas qu'ils s'étonnent.
15:00Et donc, Bruno Retailleau,
15:01c'est le meilleur
15:01pour gagner en 2027
15:03face au Rassemblement national
15:04ou Mélenchon ?
15:06Ce que je pense, en tout cas,
15:07c'est qu'il faut
15:08beaucoup de radicalité.
15:09Peut-être ?
15:11Non, mais je n'ai pas
15:12de raison.
15:12Vous n'êtes pas convaincu.
15:13Non, mais ce n'est pas ça.
15:14C'est plutôt votre
15:14ICF.
15:15Je vais essayer le convaincu.
15:17Non, mais je vais vous dire.
15:18Moi, par exemple,
15:19j'ai vu, M. Retailleau,
15:20que vous proposiez
15:21la suppression
15:22de 250 000 postes
15:23de fonctionnaires.
15:25François Fillon
15:26proposait 500 000.
15:27Moi, je pense qu'il faut...
15:28Il n'a pas été élu.
15:28Moi, je pense qu'il faut
15:29un million.
15:30Parce qu'on a
15:31un million de fonctionnaires.
15:32C'est la seule en chère.
15:32On a un million de fonctionnaires
15:34en plus qu'en Allemagne,
15:35alors qu'on est 15 millions
15:37de personnes en moins.
15:38L'Allemagne n'est pas
15:39un pays sous-administré.
15:40Vous dites, M. Retailleau,
15:41passer un million.
15:41Moi, ce que je lui dis,
15:42c'est de passer la seconde,
15:44si vous voulez.
15:45C'est d'être beaucoup plus radical.
15:46Parce que je pense
15:46qu'il y a dans le pays,
15:47maintenant,
15:49une exaspération.
15:50Et il faut,
15:51à tout prix,
15:53à mon sens,
15:55porter des propositions
15:56qui soient vraiment fortes.
15:57Mais je suis d'accord
15:59pour inverser la table.
15:59Vous êtes un candidat
16:00demi-teinte.
16:01Simplement, non.
16:02Simplement,
16:02ce que je dis,
16:03c'est que,
16:03vous l'avez dit vous-même,
16:04il faut des services publics
16:06qui fonctionnent.
16:08Police,
16:09gendarmerie,
16:09juges,
16:10on a des carences.
16:11Oui, mais on ne peut pas
16:11mettre de l'argent partout aussi.
16:13Mais on est d'accord.
16:14C'est pour ça que
16:14un million,
16:15on ne le fera pas un million.
16:16Ce n'est pas la peine.
16:17Moi, je veux proposer des choses
16:18dont je suis certain
16:19que je tiendrai.
16:21Par exemple,
16:22sur les normes,
16:22ça, ça ne coûte rien.
16:24Mais on est un pays
16:25où on paye pratiquement
16:26les normes.
16:27En France,
16:27ça nous coûte pratiquement
16:2820 fois plus que l'Allemagne.
16:30L'Allemagne,
16:31ce n'est pas la Chine.
16:32Donc là,
16:32croyez-moi,
16:33en termes de code,
16:34en veux-tu,
16:35en voilà,
16:36j'en ai marre.
16:37Il fera réviser la Constitution.
16:38Le principe,
16:39par exemple,
16:39de précaution.
16:40Le code du travail,
16:41il faudra revenir à des choses...
16:42Le principe de précaution
16:43qui avait été mis dans la Constitution
16:44par un homme de droit,
16:45Jacques Chirac.
16:46Oui, parce qu'au départ,
16:47l'intuition était peut-être bonne
16:48en disant
16:48il faut faire attention
16:49à l'environnement.
16:50Mais on a un principe
16:55de responsabilité.
16:55Moi, je veux une société
16:56qui crée,
16:58avec de l'audace,
16:59qui prenne de l'initiative.
17:00Et ce principe de précaution
17:01a tout verrouillé.
17:02Je veux déverrouiller les choses.
17:04On parlait de Jean-Luc Mélenchon.
17:06Remontrons les images
17:07de son meeting,
17:08de son premier grand meeting
17:10dimanche à Saint-Denis.
17:11Il y avait du monde
17:13entre 10 et 20 000 personnes
17:15sur ce parvis de la Basilique.
17:19Vous pourriez remplir
17:20autant de monde ?
17:21Bruno Rotaillot,
17:22aujourd'hui,
17:22j'ai l'impression
17:22que la dynamique
17:23est plutôt du côté de Mélenchon.
17:24depuis qu'il s'est déclaré candidat.
17:26Ça, c'est une dynamique
17:28très particulière.
17:30M. Mélenchon
17:31est un vrai danger
17:34pour la République.
17:34Et ce sera
17:35mon premier adversaire.
17:36La nouvelle France
17:37de M. Mélenchon,
17:39c'est une France racialisée.
17:41Vous savez,
17:41quand il parle à Toulouse
17:43tout blanc, tout moche,
17:45quand ses sbires,
17:46Ima Hassan,
17:48interprètent
17:48et analysent
17:49les faits de société,
17:51les liens sociaux
17:52à travers la couleur de peau,
17:54je me dis que
17:54le premier racialiste
17:56de France,
17:56c'est M. Mélenchon.
17:58Quand on parle de créolisation...
17:59M. Mélenchon,
17:59c'est Pierre-Cuebardella ?
18:01Est-ce que je peux faire
18:02une objection ?
18:03J'ai une objection quand même
18:04parce que je suis d'accord
18:05avec vous sur le fond,
18:06mais moi,
18:07je trouve quand même,
18:07je reconnais quand même
18:08à Mélenchon
18:09une capacité
18:10à embarquer
18:11dans la politique
18:12des gens
18:13auxquels
18:14les autres partis politiques
18:15ne parlent plus,
18:17voire des gens
18:17qui se sentent exclus
18:19par les autres partis politiques.
18:20Je pense que
18:21la droite devrait
18:23trouver quelque chose
18:24pour embarquer aussi
18:26ceux qui aujourd'hui
18:27sont sensibles
18:28à ce qu'ils perçoivent
18:29comme finalement
18:30une espèce de main tendue
18:32de la part de Mélenchon.
18:33Moi,
18:33j'avoue que j'ai trouvé
18:34son meeting assez bluffant
18:36et je me suis dit
18:37les autres ont du pain
18:38sur la planche.
18:38Charles Consigny,
18:39pas à ce prix-là,
18:40pas à ce prix de la violence,
18:43pas à ce prix
18:43de la racialisation
18:44des rapports sociaux,
18:45pas à ce prix
18:46de l'antisémitisme,
18:48ça n'est pas possible.
18:48Mais attendez,
18:49je veux comprendre
18:49la République.
18:50Bruno Retailleau,
18:51vous avez plus peur
18:52aujourd'hui
18:53de Jean-Luc Mélenchon
18:53que de Jordan Bardella ?
18:55Aujourd'hui,
18:56le racialisme,
18:58l'antisémitisme,
18:59la violence,
19:00assumer.
19:01Regardez ce qui s'est passé.
19:02la jeune garde.
19:02Vous avez plus peur
19:03de Mélenchon
19:03que de Bardella ?
19:04Je dis que,
19:05objectivement,
19:06c'est fait.
19:06Je vous l'ai déjà dit.
19:08Mélenchon,
19:09c'est pire que de Bardella.
19:10Je l'ai dit.
19:10Si il y avait un deuxième tour
19:11Mélenchon-Bardella,
19:12vous voteriez Bardella ?
19:13Non, je serai au deuxième tour.
19:15D'accord.
19:15Vous verrez ce soir.
19:16Vous verrez ce soir.
19:17Je fais mon meeting
19:19de lancement le 20 juin.
19:21C'est une date importante,
19:22le 20 juin.
19:22Eh bien,
19:23vous verrez.
19:24Et demain,
19:25je vous serai au second tour
19:27et je battrai
19:28qui que ce soit,
19:29que ce soit M. Mélenchon
19:30ou M. Bardella
19:31ou Mme Le Pen,
19:32je la battrai.
19:33Merci, Bruno Retailleau.
19:35Pour le moment,
19:36vous êtes à 7 à 10 %
19:37dans les sondages.
19:38Donc, loin du deuxième tour.
19:38Vous savez,
19:39je me souviens,
19:41en 2017,
19:42un an avant,
19:43Alain Juppé était à 34 %
19:44et François Fillon à 7 %.
19:46Je fais mieux que François Fillon
19:47pour l'instant.
19:48Merci, Bruno Retailleau.
19:49Il faut aller plus loin
19:49que lui sur le programme.
19:50Merci d'avoir été...
19:51J'irai.
19:52Vous payez vos costards ?
19:53Oui, oui, absolument.
19:55Je ne veux pas dire
19:56la marque,
19:56c'est une marque très accessible.
19:58J'aurais pu la montrer à l'antenne,
19:59mais ce n'est pas bien
20:00de faire de la publicité
20:01pour les marques.
20:01Merci, Bruno Retailleau.
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