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  • il y a 7 minutes
Retrouvez le débrief de l'actu du mercredi 4 mars 2026 dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le débrief, Jean-François Robin est avec nous, directeur de la recherche de Natixis, CIB.
00:05CIB, on peut dire.
00:06CIB.
00:07On va parler évidemment de la situation au Moyen-Orient.
00:09La réaction des marchés, hier, à moins 3,5%.
00:12On n'avait pas connu une telle baisse depuis presque un an, avril 2025.
00:17Oui, alors c'est à la fois beaucoup et peu.
00:19Alors là, il y a vraiment des grands débats dans les stratégistes, les économistes.
00:23C'est-à-dire, on a un membre de la Fed qui disait qu'il trouvait que la réaction des
00:26marchés était assez bénigne.
00:28Alors qu'on voit des mouvements quand même assez violents, notamment sur les prix de l'énergie.
00:32On en parlera plus tard.
00:33Mais c'est vrai que sur les actions, il y a eu des baisses de 2-3%.
00:36On a perdu un peu l'habitude de ça depuis un petit moment.
00:40Mais quand on a un peu de recul sur les marchés, ce n'est pas des très très très fortes
00:44baisses des marchés.
00:45En même temps, on n'était qu'au jour 3.
00:47Exactement.
00:47Non mais ça a l'air plutôt de se calmer aujourd'hui.
00:50Parce que vendredi, samedi, quand ça commençait à se déclencher, tout le monde avait un petit peu ce sérieux de
00:54se dire
00:54« Ce truc-là ne durera pas longtemps, on aura du risk-off, c'est-à-dire de la baisse
00:57des marchés, des actifs risqués. »
00:59Mais ça durera quelques heures et même après l'ouverture, tout le monde s'attendait un peu.
01:02On voyait ça dans les marchés optionnels, que c'était sans doute attendu comme revenir vite.
01:07Là, on voit déjà que ça va durer plus longtemps que ça, nettement plus longtemps que ça.
01:11On a vu, à l'inverse, une réaction de Wall Street qui tient bien.
01:15Oui, alors après, la lecture du marché, de tout ce qui se passe ici,
01:19c'est un peu de se dire que l'essentiel du choc va se transmettre par les prix de l
01:23'énergie.
01:23Ce qui n'est pas bête comme réaction, je pense.
01:25L'essentiel du choc, ce n'est évidemment pas l'Iran en tant que tel,
01:28qui est un petit pays, ce n'est même pas la région du Moyen-Orient,
01:31qui n'est pas forcément une grosse zone économique mondiale.
01:33En revanche, évidemment, l'Iran, c'est 1,4% du pétrole exporté.
01:38Ce n'est rien.
01:39Mais évidemment, le détroit d'Ormouz, c'est 20% du pétrole,
01:42c'est 20% du LNG, c'est 20 millions de barils le jour.
01:45Ça, effectivement, si ça dure longtemps, on va avoir des prix de l'énergie élevés.
01:49Encore une fois, nous, l'Europe, on n'importe rien de cette...
01:52Quasiment rien.
01:53Nous, c'est 0,3, les exportations.
01:56C'est 3%, l'Europe, qui importe du détroit d'Ormouz.
01:59La France, c'est moins de 1%.
02:00Oui, mais c'est intéressant.
02:01Mais c'est les prix qui nous impactent.
02:02Il y a les prix, il y a les réserves qu'il faut re-remplir.
02:06On a surveillé beaucoup le pétrole en début de semaine.
02:08Là, c'est plutôt le gaz qui nous intéresse.
02:10Vous avez raison, nous, a priori, l'impact est limité.
02:13Mais les conséquences se voient déjà à la ponte, notamment.
02:16Là, on parle évidemment du pétrole.
02:18Mais j'ai du mal, moi, à lire.
02:20J'entends un peu tout et son contraire sur la réaction que ça va donner
02:23sur une inflation possible chez nous.
02:25Alors, justement, pour faire le lien avec la question précédente,
02:28pourquoi les États-Unis subissent moins, quelque part,
02:30les inquiétudes du marché, on va dire, sur le marché actions,
02:34même sur les taux qui montent moins aux États-Unis qu'en Europe ?
02:36C'est quand même paradoxal.
02:38Pourquoi c'est le cas ?
02:38En fait, il faut remettre ça dans le contexte énergétique.
02:42Les États-Unis, ils n'importent que 17% de leur énergie.
02:46C'est un plus bas depuis 40 ans.
02:47Ils sont le plus gros producteur du monde de pétrole,
02:49le plus gros producteur de LNG.
02:51Ils exportent.
02:52Alors, ils importent beaucoup aussi.
02:53C'est un énorme pays consommateur.
02:54Mais c'est quand même un pays qui n'importe que 17%.
02:56Nous, le problème de l'Europe, y compris de la France,
02:58parce que les Français, on a tous l'impression
02:59qu'on n'importe pas de l'énergie.
03:01Je rappelle que 60% de l'énergie consommée en France
03:03est du pétrole, du gaz et un peu de charbon.
03:05C'est des énergies carbonées.
03:08L'électricité, c'est moins de 40% de notre mix énergétique.
03:11Ça, là-dedans, on est très fort, on n'est pas cher,
03:13on est décarboné.
03:14Mais c'est très peu.
03:16On claque plus de 60 milliards par an
03:18d'importations de prix du pétrole.
03:20C'est mieux que nos voisins, cela dit.
03:21C'est mieux que nos voisins.
03:22Mais en même temps, on est quand même très dépendants des prix.
03:25Pas vraiment de la source qu'est le Moyen-Orient.
03:29La France est de 12% de ses importations de pétrole
03:31qui viennent du Moyen-Orient.
03:32Nous, on importe beaucoup plus désormais de LNG, du gaz.
03:35On le fait venir des États-Unis, de Norvège, etc.
03:38Mais l'effet prix va être très impactant pour nous.
03:41Et donc, qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui ?
03:42C'est une forte hausse de la prime de risque sur le pétrole.
03:4515-20 dollars de plus par rapport à où il était.
03:47On voit que ça se calme un peu ce matin.
03:50Avec ces annonces, peut-être, que le détroit d'Hormuz
03:52serait sécurisé.
03:54Et là, il y a peut-être des éléments pour calmer le marché.
03:56Puisqu'en fait, la grosse victime de tout ça, c'est l'Asie.
04:0182% de ce qui sort du détroit d'Hormuz, ça va en Asie.
04:04La grosse victime de tout ça, c'est la Chine.
04:0650% de son pétrole vient...
04:08C'était 13% par exemple, c'est 12-13% qui vient d'Iran.
04:12Mais surtout, 50% de son pétrole sort du détroit d'Hormuz.
04:14Donc, le pays qui a le plus intérêt à sécuriser le canal,
04:18et le détroit, pardon, c'est la Chine finalement.
04:21Et donc, vous avez quand même une alliance des contraires,
04:23quelque part, où États-Unis, Europe,
04:25on voit bien les mouvements maritimes qui se acheminent vers là,
04:29ça va être de sécuriser, comme ça va être le cas
04:31de la guerre des supertankers.
04:32Les gens ne se souviennent pas, mais dans les années 80,
04:34il y avait eu une guerre des supertankers,
04:36où il y avait eu 200 tankers coulés.
04:38Donc là, on n'est pas du tout dans cette capacité-là,
04:40je pense, de l'Iran de faire ça.
04:42Et de moins en moins, à chaque jour qu'ils passent,
04:44ils ont une capacité de nuisance, parce qu'encore une fois,
04:46le détroit d'Hormuz, pour ceux qui ne connaissent pas trop,
04:48c'est un truc assez peu profond, 60 mètres de profondeur.
04:52On part au nord, on part au sud-ouest, à la suite.
04:54Donc, les pétroliers, on sait exactement quelle route
04:55ils vont devoir suivre.
04:56Parfois, le détroit, il fait moins de 2 000,
04:59donc moins de 3,5 kilomètres de large.
05:01Donc, c'est très facile d'embêter des bateaux là-dedans.
05:04Maintenant, si vous avez toutes les marines du monde
05:05qui sont en train de protéger les bateaux,
05:07que vous bombardez 2 000 bombes,
05:09comme c'est le cas depuis le début,
05:11sur les capacités aériennes iraniennes,
05:15je ne pense pas que ça puisse durer éternellement.
05:17Donc, l'idée que l'Iran maintient une mainmise sur le détroit,
05:20et donc les prix du pétrole resteraient très élevés longtemps,
05:23je pense qu'il faut être prudent.
05:24Nous, on reste dans un scénario central,
05:25où ça dure quelques mois,
05:27mais le pétrole, nous, on le voit à 66 en fin d'année.
05:29D'accord, 66, ça c'est dit.
05:31Merci beaucoup Jean-François Robin,
05:33directeur de la recherche de Natixis,
05:35CIBZ, revenu ce matin dans la matinale de l'économie
05:38pour le débrief.
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