00:00Il est 8h43 et Martin Antino a refusé tous les thèmes que je lui ai envoyé.
00:03Non, pas tous, pas tous.
00:05Quasiment tous, quand même.
00:06Il n'y avait rien qui était intéressant dans ce que je vous ai envoyé.
00:08Pas grand chose, en tout cas.
00:09Vous ne voulez pas parler du 1er mai, par contre, vous voulez parler de la fin du 1er mai ?
00:12Du 1er mai, je ne peux pas en parler parce que j'en ai déjà parlé et qu'ensuite, je
00:15trouve que c'est tellement insupportable comme sujet
00:19qu'on en soit encore à demander l'autorisation de l'Assemblée nationale pour ouvrir des boulangeries et des fleuries.
00:26J'ai l'impression d'être en URSS dans les années 50.
00:30Sophie Binet, elle a dit, pour les boulangeries, oui, pour les fleuristes, non.
00:33Oui, d'accord.
00:34Alors, qui elle est pour décider que c'est les fleuristes et c'est les boulangers et pas les fleuristes
00:39?
00:39Enfin, vraiment, ça ne m'étonne pas, c'est la sécurité.
00:41Alors, n'en parlons pas parce que vous ne voulez pas en parler.
00:42Non, mais ça m'énerve.
00:43Allons sur la fin du quoi qu'il en coûte.
00:45Ce qu'on voit quand même, c'est que le gouvernement tient à ne pas faire de chèques.
00:48On est désormais quasiment seul en Europe à ne pas subventionner le prix de l'essence.
00:53Vous dites, enfin, une bonne nouvelle quand même.
00:54Oui, je dis, c'est une bonne nouvelle, c'est-à-dire, à la fois, c'est une bonne et
00:57une mauvaise nouvelle.
00:58C'est-à-dire que, vous savez, ça fait des années qu'on appelle de nos voeux le moment de
01:02vérité.
01:02C'est-à-dire ce moment où, pour des raisons exogènes,
01:07notamment liées à une crise sur les taux d'intérêt, par exemple,
01:10et le coût de renchérissement de la dette,
01:12eh bien, on serait bloqué et on ne pourrait plus dépenser de l'argent
01:17de façon totalement délirante comme on l'a fait jusqu'à présent.
01:20C'était ça, notre souhait, de se dire, il va y avoir un moment de vérité,
01:24sauf que ce moment de vérité que j'ai pu annoncer à certains moments avec erreur
01:28ou qu'on a tous espéré régulièrement, il n'est jamais arrivé.
01:32C'est-à-dire qu'à chaque fois, on a eu le Covid.
01:34Pas d'explosion des taux, quoi.
01:35Chaque fois, quoi qu'il en coûte, le Covid.
01:38Et puis ensuite, on a eu l'Ukraine, quoi qu'il en coûte, à nouveau.
01:40Et puis, on a continué avec des plans de relance, des plans de résilience,
01:43des boucliers tarifaires, des trucs totalement aberrants qui nous ont ruinés.
01:47Sauf qu'aujourd'hui, je remarque, je remarque, et j'espère que ça va durer,
01:51que les marchés nous ont envoyé un coup de semence.
01:53D'accord ? On reviendra là-dessus.
01:56C'est quand on est monté à 3,8 il y a 10 jours, quoi, sur l'OAT.
02:00Et des taux qui restent quand même tendus.
02:02Donc, ils nous ont envoyé un coup de semence en nous disant,
02:05vous n'avez plus les moyens aujourd'hui de faire tout ce que vous avez fait depuis le Covid,
02:09c'est-à-dire n'importe quoi.
02:11Et donc, le quoi qu'il en coûte, j'ai l'impression, j'ai l'espoir qu'il est terminé.
02:16Et j'ai l'espoir qu'on a mis enfin fin à cette pratique
02:20qui consiste à créer une sorte d'assistanat permanent.
02:24S'il pleut, s'il fait mauvais, s'il y a du soleil, s'il y a de la sécheresse,
02:28s'il y a des inondations, s'il y a une crise, on distribue des chèques.
02:31Alors, je ne suis pas contre les dates ciblées,
02:34sauf qu'on ne sait pas faire d'êtes ciblées.
02:36C'est-à-dire qu'à partir du moment...
02:37Alors, c'est facile de dire ça à tout le monde.
02:38On dirait, vous ne pensez pas à l'infirmière
02:41qui doit payer le prix de son diesel, le transporteur.
02:44Mais bien sûr que j'y pense.
02:45Seulement, on ne sait pas faire des aides ciblées.
02:47C'est-à-dire que ce qu'on sait faire, c'est sortir un chéquier.
02:49Et puis, dès qu'il y a une manifestation, balancer de l'argent un peu partout.
02:52Et de baisser le prêt à la pompe pour tout le monde.
02:53Voilà. Et donc là, je pense que c'est une excellente nouvelle.
02:57Alors maintenant, l'étape d'après, une fois qu'on est coincé,
03:00c'est de s'attaquer au problème réel,
03:01c'est-à-dire la réduction des dépenses publiques.
03:03Et là, c'est une très mauvaise nouvelle
03:04parce qu'on voit qu'on a un gouvernement qui ne gouverne plus.
03:07D'accord ? On a vu sur le 1er mai, la loi Yadant.
03:11Enfin, on fait... On recule sur tous les sujets.
03:13Ça veut dire que globalement, on est en avril 2026.
03:16Jusqu'à avril 2027 ou mai 2027,
03:19il ne va rien se passer.
03:21Et ça, c'est désastreux.
03:22Quand on pense que notre objectif de réduction du déficit public,
03:27c'est de passer de 5,1% à 5%
03:29et qu'on va peut-être atteindre 4,9%
03:32et que vous allez me recevoir en me disant
03:34vous avez vu, on a eu une bonne nouvelle cette semaine
03:36parce que le déficit est à 4,9% au lieu de 5
03:39et que je vous dirais que c'est un désastre
03:40parce que 4,9%, c'est un taux dégueulasse par rapport à...
03:44Mais personne ne va se présenter à la présidentielle
03:45en disant moi, je vais mettre le déficit à 3%.
03:48On sait que ça ne va pas arriver.
03:49Non, de toute façon, il ne faut jamais faire ça.
03:51C'est-à-dire que c'est un sujet...
03:52On voit bien avec David Lissnard.
03:53C'est-à-dire qu'il a le bon discours,
03:55sauf que c'est un discours qui n'intéresse personne.
03:57C'est-à-dire qu'à partir du moment où on dit
03:58oui, on va vous faire faire des sacrifices
04:01des larmes, de la sueur et du sang
04:03les gens disent, non, je n'ai pas envie
04:04je préfère le gars qui me raconte
04:06qui va me distribuer de l'argent
04:07en prendre chez les autres
04:08mais me distribuer à moi personnellement
04:10beaucoup d'argent.
04:11Donc je pense qu'on n'aura pas ça
04:13mais à la limite, ce n'est pas grave.
04:16C'est-à-dire qu'il faut qu'un candidat se fasse élire
04:17sur un peu plus de rigueur quand même
04:20en tout cas un peu plus d'honnêteté
04:22en matière de gestion des dépenses publiques
04:24et que derrière, il fasse vraiment le travail.
04:26Alors, il y a quand même un truc
04:27c'est que quand on a subventionné le prix de l'essence
04:30ça a quand même permis
04:31au moment de la crise énergétique après l'Ukraine
04:33de contenir l'inflation
04:34au prix évidemment de déficit public
04:37on a eu une inflation moins élevée
04:38que les autres pays européens.
04:39Mais il faut laisser faire les mécanismes économiques
04:42il y a des mécanismes économiques
04:43quand les prix augmentent
04:44la consommation baisse
04:46l'agence internationale de l'énergie
04:48a lancé une alerte cette semaine
04:52et l'alerte ce n'était pas pour dire
04:54attention c'est grave, il n'y a pas de pétrole
04:55c'était pour dire la demande de pétrole
04:57est en train de baisser
04:58donc il faut laisser les choses s'auto-réguler
05:00et aider de façon ciblée.
05:02Le bouclier tarifiaire, j'en ai bénéficié
05:05pour partir en week-end en Normandie
05:08excusez-moi, je pense que ce n'était pas adapté
05:10c'est de l'argent qu'on a foutu en l'air
05:12et qu'on a distribué de n'importe comment.
05:14Donc ce type de bouclier tarifiaire
05:16les plans de résilience, les plans de relance
05:18c'est à bannir.
05:19Mais l'inflation là en Europe
05:21a dépassé les deux ?
05:22Non, ce n'est pas de l'inflation
05:23c'est la hausse des prix qui a dépassé.
05:26Je sais, moi aussi je fréquente
05:27Jean-Marc Daniel de très près
05:28donc je sais très bien
05:29ok mais on voit le chiffre d'inflation
05:31de l'Europe pas 2,1.
05:32Mais il faut regarder la global picture
05:34il faut regarder sur le long terme
05:35il faut regarder une moyenne
05:37on a dit qu'avec un prix du pétrole
05:39au-dessus de 100 dollars ou à 100 dollars
05:43les prix allaient monter
05:44au-dessus de 3%
05:45mais on s'en fout
05:46ça va durer 2-3 mois
05:48ça va toucher quelques catégories
05:50de la population
05:51je le dis bien
05:51je ne m'en fous pas du tout
05:52pour ces catégories de la population
05:53sauf qu'on ne sait pas les aider
05:55de façon spécifique.
05:57Le crédit privé
05:59je vous impose ce sujet
06:00parce que vous me l'avez refusé
06:00mais moi je trouve ça intéressant
06:01cette semaine on a eu
06:02Thomas Bouber
06:03le directeur général d'AXA
06:04qui était inquiet
06:05sur une contagion potentielle
06:07il dit qu'il n'y a pas
06:07de marché américain
06:08ou de marché européen
06:09que tout le monde
06:10est interconnecté
06:11donc à partir du moment
06:12où il y a des défauts
06:13importants du côté américain
06:14il y aura une incidence
06:16sur l'Europe
06:17c'est un sujet que vous connaissez
06:17par coeur
06:18est-ce que votre inquiétude
06:19monte ou pas ?
06:20Non, mon inquiétude
06:21ne monte pas du tout
06:22pour plusieurs raisons
06:22d'abord ce n'est pas un sujet
06:23systémique contrairement
06:24à ce qu'il dit
06:25alors il faut expliquer
06:25peut-être aux gens
06:26qui nous écoutent
06:26ce que c'est que le crédit privé
06:27c'est-à-dire qu'il y a
06:28deux catégories de fonds
06:30dans lesquels on peut investir
06:31sur des produits
06:32de taux d'intérêt
06:33de produits d'emprunt
06:34il y a les actions
06:35les obligations cotées
06:36c'est-à-dire
06:37bon bah ça c'est public
06:39vous achetez de la dette
06:40sur les marchés
06:45pour le jour
06:45et puis il y a le marché
06:47du gré à gré
06:47c'est-à-dire qu'on prête
06:48à une entreprise
06:49ça peut être une très grande
06:50entreprise
06:50une petite entreprise
06:51c'est en dehors
06:52des circuits bancaires
06:53et c'est en dehors
06:54des circuits cotés
06:55le problème de ce secteur-là
06:58c'est que c'est un secteur
06:59par définition
07:00qui est un tout petit peu opaque
07:01puisque ce n'est pas coté
07:03et donc on n'a pas
07:03la vraie valorisation des cours
07:05et donc l'inquiétude
07:06qu'il y a en ce moment
07:06avec une liquidité zéro
07:07avec une liquidité
07:09ce sont des produits
07:10qui sont prévus
07:11pour ne pas être liquides
07:12le problème qu'il y a eu
07:13c'est que les grands groupes
07:14de crédit privé
07:16se sont dit
07:17que comme ils gagnaient
07:18moins d'argent
07:19avec les institutionnels
07:20ils allaient distribuer ça
07:21au grand public
07:21et que le grand public
07:23on ne lui a pas expliqué
07:23que c'était des produits
07:24dans lesquels il fallait rester
07:255 ans, 8 ans ou 10 ans
07:27ce n'est pas des produits liquides
07:28d'accord
07:29donc il y a déjà eu
07:30un hiatus là-dessus
07:31et une incompréhension
07:32sur le sujet
07:32et ensuite
07:33sur ce type de produit-là
07:35le problème
07:36c'est qu'on s'est aperçu
07:37que pas mal de ces groupes
07:39ont prêté notamment
07:40à des éditeurs de logiciels
07:43vous en parlez régulièrement
07:44les éditeurs de logiciels
07:45ont perdu 50% de valeur
07:47donc aujourd'hui
07:48il y a des doutes
07:49à partir du moment
07:49où il y a des doutes
07:50il y a un runoff
07:51c'est-à-dire que les gens
07:53veulent sortir
07:53de ce type de fonds
07:54mais que ce sont des fonds
07:56qui ne sont pas liquides
07:56et donc il y a un problème
07:58de liquidité
07:59il y a un problème
07:59de liquidité
08:00il n'y a pas un problème
08:01de structurel
08:03lié à la qualité
08:05du crédit
08:05qu'il y a dans ces fonds
08:06donc il suffit
08:07de bloquer les retraits
08:08de toute façon
08:09ils sont bloqués
08:09il y a ce qu'on appelle
08:10des gates
08:11généralement c'est 5%
08:12on ne peut pas retirer
08:13plus que 5%
08:14et puis il va y avoir
08:16un ajustement
08:16c'est-à-dire que
08:17attendez ce que je suis
08:18en train de dire
08:18c'est qu'il y a certains
08:19fonds de crédit privé
08:20qui vont perdre
08:224%, 3%
08:23mais j'ai envie de dire
08:24il y a des fonds
08:26boursiers
08:26qui perdent 6%
08:28dans un mois
08:29sur le mois de mars
08:30ça a été un désastre
08:31sur les indices boursiers
08:32et il se passera
08:33la même chose
08:33et sur les investisseurs
08:35du Moyen-Orient
08:35qui chercheraient
08:36massivement à récupérer
08:37leur argent
08:38c'était une alerte
08:39donnée par Thierry Breton
08:40par exemple
08:40non je pense que
08:42là c'est un autre sujet
08:43c'est-à-dire que
08:43c'est un vrai sujet
08:44de financement
08:45des économies
08:46vous avez vu
08:47les prévisions
08:47de croissance
08:49dans les pays
08:50de la zone
08:51et à commencer
08:52par la plus grosse surprise
08:54c'est la prévision
08:54pour 2026
08:55pour le Qatar
08:56c'est moins 8,6%
08:57c'est le Qatar
08:58on ne parle pas
08:59de l'Iran
09:00l'Iran c'est moins 6,1%
09:01l'Irak c'est moins 6,8%
09:03et le Qatar
09:04c'est quand même
09:05moins 8,6%
09:06donc eux de toute façon
09:07dans la situation actuelle
09:09ils ont d'un côté
09:10une bonne nouvelle
09:10notamment pour l'Arabie Saoudite
09:12c'est le cours
09:12du pétrole
09:13qui est en hausse
09:14mais d'un autre côté
09:15ils arrivent moins en vente
09:16donc ils sont en difficulté
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