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  • il y a 22 minutes
Retrouvez le débrief de l'actu du lundi 30 mars dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 8h45 sur BFM Business et sur AMC Life et c'est en train d'ouvrir ici à Villepinte
00:04le salon Global Industrie qui réunit 2500 exposants.
00:07On attend 60 000 visiteurs sur les 5 jours. Notre invité c'est Nicolas Dufour. Bonjour.
00:12Bonjour.
00:13Président de Global Industrie et directeur général de BPI France.
00:16Nicolas, je vous ai entendu ces derniers jours plutôt optimiste sur la crise du Moyen-Orient.
00:21Est-ce que vous pensez que la France a les meilleurs atouts en Europe grâce au nucléaire, grâce à une
00:25inflation faible ? On va tenir le choc ?
00:28Écoutez, pour l'instant, oui. Il ne faut pas qu'elle dure trop longtemps.
00:32C'est sûr qu'une crise pétrolière, au bout de 6 mois, vous êtes en territoire inconnu, mais on n
00:36'y est pas encore.
00:37Donc pour l'instant, effectivement, avec tous les capteurs qu'on a à la BPI dans l'économie française,
00:42on n'entend pas indépendamment, bien entendu, des transporteurs, des pêcheurs, des agriculteurs qui sont des catégories touchées.
00:48Mais pour l'essentiel, on n'entend pas de grand larsen, là.
00:51Oui. Il y a l'aluminium, quand même, ce week-end. Il y a un gros site qui a été
00:54touché, le Moyen-Orient, c'est 9% de l'aluminium primaire.
00:57Oui, c'est le groupe Alba, qui est un groupe très important pour nous, puisque c'est le groupe qui
01:01a remporté l'enchère pour acheter aluminium Dunkerque.
01:04Et donc, nous sommes en contact avec eux. J'ai échangé avec eux ce week-end.
01:09Donc là, petit larsen, quand même, non ? Gros larsen ?
01:13Oui, oui, mais encore une fois, tout ça, c'est des exemples, mais ça ne traite pas à une situation
01:18que j'appellerais macroéconomique.
01:21Le gouvernement a annoncé 70 millions d'euros d'aides en fin de semaine dernière, dont des prêts de la
01:27BPI pour les TPE et les PME,
01:29qui seraient le plus en difficulté sur des questions de trésorerie. Vous avez déjà des demandes, ça se couscule ?
01:34C'est en plus des prêts de la BPI.
01:36Donc c'est en plus pour celles qui sont en difficulté ?
01:39Donc il y a les prêts de la BPI et il y a les 70 millions d'euros.
01:41Oui, mais sur les prêts de la BPI, vous avez déjà des gens ?
01:43On va les mettre en place, il nous faut une petite quinzaine de jours de mise en place informatique, etc.
01:48Bon, voilà, donc c'est des prêts qui seront 30 000 euros, 50 000 euros sur trois ans, comme d
01:52'habitude à la BPI,
01:54sans garantie et avec un différé de remboursement, et qui vont permettre à un certain nombre d'entrepreneurs,
02:00notamment du transport, dans le domaine de la pêche, de passer ce cap, qui est un cap de trésorerie difficile.
02:08L'objectif ici, c'est quand même de regarder demain, de parler de décarbonation, de parler d'intelligence artificielle.
02:14On a quand même l'impression qu'on reparle de décarbonation quand le prix du pétrole commence à dépasser les
02:19100,
02:20mais que quand il est autour des 50, le sujet est quand même moins présent.
02:24Oui et non. On fait un très, très, très bon travail, vous savez, à la BPI pour la décarbonation de
02:29l'industrie,
02:29pour le passage à l'électricité, l'électrification.
02:33En fait, ce qui est assez clair, c'est que quand les prix du gaz sont bas, le passage à
02:38l'électricité n'est possible que si vous faites de grosses économies d'énergie.
02:42Mais si vous les faites, ça vaut la peine de passer l'électrique.
02:44Et quand vous êtes passé l'électrique, à la prochaine crise, parce qu'on en a tout le temps, pratiquement
02:48tous les deux ans maintenant,
02:49cette fois-ci, vous êtes du bon côté.
02:51Donc on a quand même beaucoup de PME industrielles qui ont franchi ce pas, qui est un pas important de
02:57l'électrification,
02:57alors même que les tarifs de l'électricité étaient relativement élevés il y a 2-3 ans.
03:01Par ailleurs, on a beaucoup de PME industrielles qui, sachant ce qui s'était passé en 2022,
03:06ne se laisseront pas reprendre au piège des tarifs qui explosent,
03:10et se sont couvertes sur 3-4 ans à des tarifs tout à fait favorables.
03:14Vous prenez par exemple la Compagnie des Alpes.
03:16La Compagnie des Alpes, elle achète son électricité à 55 euros maintenant.
03:20Et donc à des tarifs extraordinairement favorables.
03:23Donc le monde a changé quand même depuis 2022 ?
03:26Chacun tire les conséquences des crises qui se succèdent.
03:29On est dans un monde dans lequel on avait une crise tous les 10 ans, puis tous les 4 ans,
03:32puis tous les 2 ans,
03:33maintenant c'est tout le temps.
03:35Donc nos entrepreneurs que nous accompagnons sont extrêmement fluides, j'ai envie de dire, et pragmatiques.
03:44– Mais le patron général électrique France nous disait juste avant vous que l'Europe,
03:49et notamment la France, pâtissait encore d'une image, d'une énergie chère,
03:53des problèmes de carénage dans le nucléaire en 2022,
03:56que ça avait fait beaucoup de mal à notre image,
03:58et qu'on avait du mal aujourd'hui à faire comprendre qu'on avait cet atout par rapport aux autres
04:02pays.
04:04– Oui, enfin s'il le dit, il a peut-être raison de le penser.
04:07Moi, au contraire, je pense que cette affaire de carénage en 2022 a été absolument exceptionnelle.
04:14Elle a déclenché une réflexion profonde sur la nécessité de remettre le nucléaire au centre
04:18de la facture énergétique française,
04:20mais c'est surtout au centre de la politique énergétique européenne.
04:24La déclaration de Mme von der Leyen il y a trois semaines à Paris, elle est historique.
04:28– À dire qu'elle a fait une erreur fondamentale sur le fait de vouloir mettre le nucléaire de côté.
04:33– Rendez-vous compte, c'est dix ans de travail de la diplomatie énergétique française
04:36pour parvenir à ce que la présidente de la Commission européenne
04:40reconnaisse que le nucléaire est central dans le dispositif de l'Europe.
04:43– C'est long un peu.
04:44– Tout est long.
04:46– Oui, mais par rapport aux crises.
04:47– Oui, bien sûr, mais moi je regarde le résultat.
04:49Le résultat est quand même extrêmement favorable.
04:51On est vraiment maintenant parti pour un quart de siècle de domination nucléaire.
04:56– Alors justement, sur la Commission européenne,
04:57il y a des choses qui ont été faites ces derniers temps,
04:59sur les questions de souveraineté, avec du contenu local à 75% sur les véhicules électriques.
05:04Est-ce que vous avez l'impression que là, on a changé de monde,
05:06qu'il y a eu une prise de conscience véritable sur ce qu'il faut pour l'Europe
05:10pour pouvoir se défendre face aux Chinois, face aux Américains ?
05:13– Alors oui, il y a la prise de conscience, mais elle n'est pas complètement partagée.
05:16Et nous sommes 27, c'est toujours le même problème.
05:18Et donc la prise de conscience suppose un protocole de construction de consensus européen
05:24qui est extrêmement lent.
05:25Voilà.
05:26Et donc ça, on ne peut que s'en plaindre.
05:28Il faut absolument qu'on trouve une solution pour accélérer,
05:30parce que nos entreprises du secteur automobile,
05:33les sous-traitants de rang 2, 3, honnêtement, souffrent énormément.
05:36Quand vous regardez la statistique de 2025,
05:39je me suis permis de dire que de la Pologne à la Bretagne,
05:41nous étions attaqués par la Chine.
05:42Nous le sommes, nous le sommes réellement.
05:45Notamment les ETI allemands, du secteur automobile, de la mécanique et de la plasturgie.
05:49Ces secteurs sont extrêmement atteints, extrêmement touchés.
05:51La chimie également.
05:53Et donc la défense européenne contre la prédation chinoise
05:56doit s'accomplir de manière beaucoup plus efficace et beaucoup plus rapide.
06:00– Mais donc ça veut dire, on met des barrières,
06:02on fait des groupes de gens qui sont d'accord,
06:04on arrête avec les 27, on se met à 6, à 7, à 8,
06:06et on protège les frontières ?
06:08Qu'est-ce qu'on fait ?
06:09– Je ne veux pas rentrer dans le débat institutionnel des 27.
06:12Je fais l'hypothèse qu'il est extrêmement difficile de réformer la gouvernance.
06:16Donc il faut mettre d'accord le Conseil, le Parlement et la Commission.
06:18Il faut trouver le moyen de le faire beaucoup plus rapidement.
06:20Et si c'est long, il faut des mesures de protection et de défense aux frontières
06:24pour ces verticales de l'industrie européenne
06:27qui sont très fortement attaquées, mais vraiment très fortement.
06:29C'est-à-dire que les produits sont à moins 40% quand ils arrivent sur notre continent.
06:33Et que ces mesures soient mises en place en urgence.
06:36– Et vous savez que le consommateur va hurler,
06:38et qu'on va parler d'inflation, de hausse des prix.
06:40Il faut faire ce choix d'arrêter avec l'Europe du consommateur ?
06:43– Le consommateur européen ne va pas hurler si on protège la lysine,
06:49si on augmente les droits sur la robotique.
06:53Je veux dire, ça ne va pas changer grand-chose au prix final du produit industriel européen.
06:58Mais en revanche, ça va changer beaucoup, beaucoup de choses sur l'emploi dans le territoire.
07:01– Vous ne pensez pas qu'on ferme les frontières, on augmente les prix ?
07:05– Non, non, pardon, on est sur un sujet qui est en réalité hyper technique.
07:10Et donc l'idée de fermer les frontières, en fait, n'est évidemment pas la bonne.
07:13Il ne s'agit pas de fermer les frontières, il s'agit simplement de reconnaître que sur tel, tel, tel
07:17et tel produit,
07:18sur un ensemble de 1 million de produits, on vit une prédation.
07:21Et les PME qui sont sur ces segments-là doivent être protégés.
07:25– Donc c'est plutôt une augmentation du contenu local, si je comprends bien.
07:27– Par ailleurs, dans le secteur automobile, il faut absolument une augmentation du contenu local.
07:33Mais pour que l'augmentation du contenu local soit…
07:36Alors la bonne nouvelle, c'est que la commission va plutôt dans ce sens-là.
07:40Mais j'ai envie de dire, metz-au-votché, quoi, à petits pas.
07:46Mais tout ça est un ensemble.
07:47En fait, vous savez, la politique commerciale, c'est un peu comme une machine à 1 000 boutons.
07:52Donc vous n'allez pas tourner les 1 000 boutons en même temps.
07:54Mais il faut en tourner un certain nombre, de manière, encore une fois,
07:57à ce que, ici, tous ceux qui ont pris des stands au Salon Global Industrie
08:01aient la conviction que le jeu concurrentiel mondial est un jeu équilibré.
08:08Or, il ne l'est pas aujourd'hui.
08:09– Dans lequel il faudra aussi accélérer sur les questions d'intelligence artificielle.
08:12On a les entreprises américaines qui se saisissent de l'intelligence artificielle.
08:16On a les entreprises chinoises pour lesquelles c'est quasiment obligatoire
08:18de mettre l'IA dans les process industriels
08:21et désormais de changer la manière dont on voit ces stocks, dont on le produit.
08:24Qu'est-ce que vous voyez, vous, dans les entreprises européennes aujourd'hui ?
08:28– Je vois une très forte prise de conscience.
08:30Mais c'est toujours la même chose.
08:32C'est que l'entrepreneur qui est en général à ses seuils, il a tout à faire.
08:35Eh bien, très rapidement, il nous demande le 06 de la personne qui va l'aider lundi matin.
08:40Alors, nous, on essaie de le faire.
08:41On fait un tour de France des industries avec un produit qui s'appelle Booster IA.
08:45On fait des diagnostics, on les met en contact avec des sociétés de services.
08:50On les fait rentrer dans les écoles.
08:52Enfin, c'est essentiellement du consulting.
08:54Mais il faut le faire à la maille, c'est-à-dire de manière massive.
08:57– Sébastien Gillet nous a rejoint, directeur général de J.L.Events Exhibition Industries.
09:01Si vous organisez le salon, tous ceux qui ont pris des stands ici,
09:05comme le disait Nicolas Dufourc, ils sont venus parler de décarbonation, de souveraineté.
09:09Est-ce qu'on va arriver à parler d'autre chose que de la guerre au Moyen-Orient ?
09:12– Oui, je pense qu'on va parler d'autre chose.
09:13On va parler aussi de les protéger, comme l'a dit Nicolas.
09:15On va parler que l'industrie, il y a bien sûr des filières qui sont plus compliquées.
09:19Il y a des filières qui vont bien, il y a des filières qui embauchent,
09:20il y a des filières qui réinvestissent, il y a des filières qui relocalisent.
09:23Ce n'est plus un gros mot aujourd'hui.
09:24Donc, on a quand même 2300 exposants dans un contexte plus compliqué.
09:27Donc, on peut être fier de cette vitrine, on peut être fier de nos industriels,
09:30on peut être fier de l'agilité qu'ils ont, comme l'a dit Nicolas,
09:32c'est les crises qui s'enchaînent.
09:34Eux, ils sont toujours là, ils n'ont pas lâché, donc on va les protéger.
09:36– Donc, on restera optimistes ?
09:37– On est optimistes à partir du moment où on a la plus belle vitrine française de l'industrie.
09:41– Nicolas Dufourc, je finis sur la féminisation.
09:42On y arrive ou on n'y arrive pas sur l'industrie ?
09:45– On progresse.
09:47Oui, oui, on progresse.
09:48Alors, à petits pas.
09:49– Oui, une génération, quoi.
09:51– Comment ?
09:51– Une génération, 20 ans pour changer les mentalités.
09:53– Oui, il faut une génération, parce qu'en réalité, les codes mentaux
09:58chez nos jeunes filles se fixent très tôt, vers 14 ans, 14-15 ans.
10:02– Ça se joue au collège.
10:03– Donc, c'est les gamines de 13-14-15 ans d'aujourd'hui qu'il faut convaincre.
10:07– Merci beaucoup à tous les deux d'avoir été sur le plateau de la matinale de l'économie.
10:10– Merci.
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