00:00Marc Fiorenti nous a rejoint, bonjour à pouvoir débriefer la semaine avec vous.
00:04Vous êtes rassuré un peu sur la guerre en Iran ou toujours pas ?
00:07Moi j'attends quand même, week-end décisif, je suis prudente Marc quand même sur les déclarations de Donald Trump.
00:13Donc week-end décisif, on aura ces négociations à Islamabad samedi.
00:19On aura des pourparlers avec Israël sur la question du Liban à Washington la semaine prochaine.
00:23Vous, vous êtes toujours, je le vois à votre petit sourire, sur un scénario de court terme avec la guerre
00:31qui va s'arrêter d'ici 15 jours.
00:33Oui, je pense qu'il y a un truc que les gens n'ont pas vu dans la conférence de
00:37presse qui était juste incroyable d'ailleurs de Donald Trump
00:39quand il a donné son ultimatum avant la trêve, c'est qu'il a dit « I'm a businessman ».
00:44C'est quand même incroyable.
00:45Un président américain qui déclare devant la presse, en fait, il est président.
00:51Il dit, quand on lui dit « Mais attendez, ça ne vous gêne pas de détruire comme ça, de bombarder
00:56tout ? »
00:56Il dit « Mais moi, ça me dérange parce qu'en fait, je suis un businessman. »
01:00C'est-à-dire que je suis là pour faire des deals et pour essayer de faire des deals pour
01:04les Américains, pour les États-Unis
01:06et bien évidemment pour lui à titre personnel.
01:08Et je pense que c'est la clé de la compréhension.
01:10Si on veut comprendre comment fonctionne Donald Trump, il faut essayer de le comprendre et aller au-delà du fait
01:15qu'on le déteste
01:16pour essayer de comprendre comment il fonctionne.
01:18Et il fonctionne comme un businessman.
01:19C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il veut faire des deals.
01:21Donc je suis toujours sur la même ligne, qui n'a pas changé, qui était de dire
01:26« Il y aurait une guerre qui sera courte, qui durera entre 4 et 6 semaines. »
01:30Bon, on a fait 5 semaines et quelques.
01:31Alors, est-ce que c'est sûr qu'il ne va pas y avoir une dernière offensive ?
01:35Est-ce qu'il ne sera pas obligé d'en remettre un coup avec un bombardement massif ?
01:38Encore une fois, si jamais les négociations devaient patiner pour donner un coup de semoce aux Iraniens,
01:45ça, je ne sais pas, ça peut se produire, mais ça ne change rien à la global picture.
01:49C'est-à-dire qu'on est vraiment sur un conflit qui est un conflit court,
01:53dans lequel il n'y aura pas de conséquences à long terme négatives, autre que sur la croissance.
01:58C'est-à-dire que mon inquiétude, c'est toujours la même.
02:00Je n'ai aucune inquiétude sur l'inflation.
02:02Aucune.
02:03Mais vraiment aucune.
02:03Par contre, j'ai beaucoup d'inquiétude sur la croissance et j'ai beaucoup d'inquiétude sur la déflation et
02:08non pas sur l'inflation.
02:10Donc, qu'est-ce qui vous inquiète ? C'est la croissance européenne, là ?
02:12Non, c'est la croissance mondiale.
02:14Ah, c'est la croissance mondiale.
02:14Parce que je pense que derrière l'écran de fumée de la guerre en Iran,
02:20qui va enlever 0,2 à 0,5% de croissance à peu près dans toutes les zones économiques.
02:26Voilà, c'est ça qu'il faut se dire à peu près.
02:27Même si elle s'arrête aujourd'hui, c'est 0,2 à 0,5%.
02:30C'est que derrière, avant la guerre en Iran, on était déjà sur une croissance,
02:34qui était une croissance qui commençait à se ramollir aux États-Unis, en zone euro, en Chine, un peu partout
02:42dans le monde.
02:42Parce qu'on est sur une tendance de long terme, qui est une tendance de long terme,
02:47qui va vers une croissance molle et vers une déflation.
02:50On est déjà en déflation en Chine, même si les chiffres de ce matin, compte tenu de la guerre en
02:53Iran,
02:54montrent qu'on en est sortis, mais on en est sortis de façon artificielle pendant quelques temps.
02:58On est sur un grand ralentissement, moi c'est ma grande thèse, le grand ralentissement économique mondial.
03:03On voit des signaux, vous parliez ce matin, j'entendais sur Brunello Cuccinelli, de la mode, du luxe.
03:11Mais on voit très bien qu'on est encore sur la dernière partie, vous savez cette croissance en cas.
03:16On est sur la partie de la population qui est la plus riche.
03:20Mais derrière, c'est vraiment un effondrement, ça se passe mal.
03:23Et puis le chômage augmente un tout petit peu partout.
03:26C'est-à-dire qu'on est tellement focalisé, on a raison, sur la guerre en Iran, qu'on ne
03:30voit pas tout ce qui est en train de se passer derrière.
03:30Juste sur l'inflation, on aura les chiffres américains tout à l'heure à 14h30.
03:34S'ils sont en hausse, ce qui est possible, vous voyez ça, mais c'est comme un pic là, mais
03:39ça va redescendre.
03:40Oui, on rappelle qu'on appelle ça improprement les chiffres de l'inflation.
03:45Ce ne sont pas les chiffres de l'inflation.
03:45Ce sont des hausses de prix ?
03:47Voilà, ce sont les chiffres de hausses de prix à la consommation.
03:50Non, ça n'a rien à voir. Il y a la hausse des prix à la consommation, la hausse des
03:53prix à la production, et il y a l'inflation.
03:54L'inflation, c'est la hausse durable, on l'a dit, et généralisée, des prix.
03:57Donc, est-ce qu'on va avoir des hausses de prix importantes pendant les mois de mars, avril et mai
04:04?
04:04La réponse est oui, évidemment.
04:06Avec un pétrole qui a doublé, comment peut-on avoir autre chose que des hausses de prix ?
04:12Maintenant, est-ce qu'on a de l'inflation ? La réponse est non.
04:15Donc, je n'ai pas du tout d'inquiétude sur l'inflation, je n'ai pas d'inquiétude sur l
04:20'inflation de second tour,
04:21parce que c'est ça qui nous inquièterait vraiment.
04:23C'est-à-dire qu'évidemment, la hausse des prix entraîne une hausse des salaires,
04:27mais vous voyez bien, et on va en reparler, qu'avec l'IA, on n'est pas du tout dans
04:30une ambiance de hausse des salaires.
04:32On est plutôt dans une ambiance de baisse des salaires et de hausse du chômage.
04:35Ce qu'on ne voit pas quand même, ce qui est très important, c'est une tendance tourte qui est
04:39en train de se décider,
04:40c'est le retour de la hausse du chômage.
04:42C'est-à-dire que petit à petit, vous allez voir le marché de l'emploi qui va se dégrader.
04:46Même si en France, on le voyait qu'Antoine Fouché était avec nous à 7h45,
04:49la population active, elle ne grimpe pas.
04:52Donc, on est quand même dans un monde où il n'y a pas de croissance, mais le chômage n
04:55'explose pas.
04:56Bravo, vous avez raison.
04:57Ah, merci.
04:58Non, non, mais là, c'est essentiel.
04:5912 ans que j'attends ça.
05:00Non, non, mais ce que vous dites est essentiel, c'est-à-dire qu'on a un phénomène.
05:03On peut avoir deux révolutions qui viennent s'entrechoquer, mais qui se combinent.
05:09C'est-à-dire que la révolution démographique, d'accord, qui est essentielle, je dis, je le répète,
05:14c'est peut-être pour moi l'élément le plus important en matière de macroéconomie.
05:19Vous avez vu, les chiffres sont dingues.
05:21La Chine a perdu 3,4 millions d'habitants.
05:23Je rappelle que 3,4 millions d'habitants perdus en 2025,
05:26c'est la population de Paris, de Marseille et de Lyon intramuros
05:31qui ont disparu en une seule année.
05:34Les prévisions de population en Chine en 2100,
05:39c'est 650 millions d'habitants.
05:42Ils sont 1,4 milliard.
05:44650 millions d'habitants.
05:46Donc là où vous avez raison, c'est qu'on a la combinaison de deux phénomènes
05:49qui peuvent s'annuler.
05:51Ça peut être un miracle économique.
05:52C'est-à-dire que la population active chute,
05:55mais que de l'autre côté avec l'IA,
05:57la robotisation, la digitalisation,
06:00eh bien ça tombe bien.
06:00C'est-à-dire qu'au lieu d'avoir un chômage de masse,
06:03eh bien comme on a moins de population active,
06:05sauf que c'est vrai pour la Chine,
06:08c'est vrai pour le Japon,
06:09c'est vrai pour la Corée,
06:10parce que ça fait un moment que leur population commence à décliner.
06:13Mais nous, on est encore,
06:15on a 5, 10 ans de retard,
06:17entre guillemets, en Europe notamment,
06:19par rapport à la Chine, la Corée.
06:21OpenAI a sorti une note cette semaine
06:22en disant que pour eux, l'avenir du travail,
06:24c'était plutôt 32 heures, taxe sur les robots.
06:27Il faut réfléchir à remettre la fiscalité sur la table
06:30et à revoir complètement la manière
06:32dont on peut assurer un revenu universel,
06:35parce qu'il n'y aura pas forcément de travail pour tout le monde.
06:37Mais absolument, et c'est ce que dit,
06:38alors lui, il est un peu prudent,
06:41il est un peu timide par rapport à ce que disent
06:42les autres grands géants de la tech,
06:45qui eux vous disent de toute façon,
06:46c'est même pas 32 heures, c'est zéro.
06:48C'est-à-dire qu'il va y avoir tout un tas d'emplois
06:50qui vont disparaître et qui disent,
06:52bon écoutez, nous on est prêts à accepter
06:54d'être taxés sur nos profits,
06:56parce que les profits, il n'y a que nous qui allons en faire,
06:59donc on va concentrer tous les profits,
07:01donc prenez une partie des profits,
07:02et puis distribuer 2000 ou 2500 dollars à tout le monde
07:06ou 2500 euros à tout le monde,
07:07et puis que les gens restent chez eux.
07:08Mais quand vous dites que nous, c'est 10 boîtes de la tech ?
07:1010, 20, 30, 40, on ne sait pas qui seront les gagnants,
07:14mais de toute façon, on s'achemine vers un winner tech soul,
07:18ça c'est le grand truc,
07:20avec des entreprises qui vont faire des centaines de milliards de profits,
07:23sur lesquelles on va être obligé de fonctionner,
07:25à un moment on va être obligé de fonctionner
07:2780 à 90% de leurs profits,
07:31il n'y aura pas d'autre solution,
07:32parce que c'est soit ça, soit c'est une révolution,
07:34et soit ils vont se faire couper la tête.
07:36Parce qu'il n'y aura pas assez de travail pour tout le monde.
07:37C'est clair.
07:38Mais donc c'est le modèle du revenu universel.
07:40C'est le modèle du revenu universel.
07:41Vous êtes payé du coup pour ne pas travailler.
07:42C'est le modèle du revenu universel.
07:44Alors je rappelle quand même,
07:45à titre anecdotique,
07:47que nous en France,
07:48on est déjà sur ce modèle de revenu universel.
07:50C'est-à-dire que quand vous voyez
07:51qui est payé par l'État aujourd'hui,
07:54entre les retraités,
07:56entre les allocations pour les gens qui sont au chômage,
07:59entre une partie des fonctionnaires,
08:00dont on va dire qu'ils ne sont pas débordés,
08:02on est déjà, nous,
08:04nous on est déjà des pionniers du revenu universel.
08:08C'est-à-dire que,
08:09sauf que nous,
08:09la différence c'est qu'on est les pionniers du revenu universel,
08:12mais qu'on n'a pas les entreprises de la tech
08:14qu'on peut aller fonctionner.
08:16Donc on ponctionne les riches,
08:17et on ponctionne des entreprises.
08:19Et ça évidemment, c'est mortel.
08:20Il nous reste deux minutes.
08:21Est-ce que vous avez envie de travailler le 1er mai ?
08:23Mais non, mais alors ça,
08:24ça fait partie des trucs qui me rendent dingue.
08:26C'est-à-dire ?
08:27C'est-à-dire que je ne vois pas
08:28ce que l'État vient foutre là-dedans, quoi.
08:30L'État n'a pas à légiférer
08:32sur le fait qu'on puisse travailler ou pas.
08:34Il y a le droit au travail,
08:35mais aussi il y a la liberté de travail.
08:37C'est-à-dire qu'on est arrivé
08:38à une absurdité totale
08:41d'avoir un débat,
08:43aujourd'hui,
08:43sur lequel l'État
08:46et l'Assemblée nationale
08:47doivent décider
08:48qui peut travailler,
08:49qui ne peut pas travailler.
08:50On est dans quel monde, là ?
08:52On n'est pas en Chine.
08:53On n'est pas dans une dictature.
08:54Si j'ai envie de travailler le 1er mai,
08:55je travaille le 1er mai.
08:57Vous avez réglé le débat.
08:58Vous espérez toujours
08:59une dégradation de notes ce soir
09:01de la part de Moody's ?
09:02Je l'espère.
09:03Il n'y a rien de se passer.
09:03J'ai peur qu'il ne se passe rien,
09:05mais je l'espère
09:05parce qu'évidemment,
09:06pour l'instant,
09:07vous avez vu comme moi
09:08les réductions de dépenses publiques
09:09qu'il n'y en a pas.
09:10La seule bonne nouvelle,
09:11comme on l'a vu,
09:12c'est que l'alerte sur les marchés
09:13avec les taux d'intérêt
09:15a fait qu'on n'a pas fait
09:16un bouclier tarifaire.
09:17Il y a des annonces
09:18de Sébastien Lecornu aujourd'hui.
09:19Ça va être extraordinaire.
09:22Il va encore distribuer
09:23quelques chèques
09:23avec de l'argent qu'il n'a pas.
09:25Ou pas.
09:25On suivra ça.
09:26Ce soir, c'est votre argent,
09:27bien sûr, sur BFM Business.
09:28Exceptionnel.
09:28Vous allez encore m'interroger
09:29sur les invités,
09:30mais je les connais.
09:30C'est mon nom préféré de la semaine.
09:32Allez-y.
09:32Non, je ne le ferai pas.
09:33D'accord, très bien.
09:34Vous verrez ça ce soir à 20h
09:35ou en replay et en podcast.
09:38Peut-être qu'il y aura Jean-Marc Daniel,
09:39peut-être Emmanuel Lechy,
09:39peut-être.
09:40On ne sait pas.
Commentaires