Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 heures
Retrouvez le débrief de l'actu du vendredi 10 avril, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Marc Fiorenti nous a rejoint, bonjour à pouvoir débriefer la semaine avec vous.
00:04Vous êtes rassuré un peu sur la guerre en Iran ou toujours pas ?
00:07Moi j'attends quand même, week-end décisif, je suis prudente Marc quand même sur les déclarations de Donald Trump.
00:13Donc week-end décisif, on aura ces négociations à Islamabad samedi.
00:19On aura des pourparlers avec Israël sur la question du Liban à Washington la semaine prochaine.
00:23Vous, vous êtes toujours, je le vois à votre petit sourire, sur un scénario de court terme avec la guerre
00:31qui va s'arrêter d'ici 15 jours.
00:33Oui, je pense qu'il y a un truc que les gens n'ont pas vu dans la conférence de
00:37presse qui était juste incroyable d'ailleurs de Donald Trump
00:39quand il a donné son ultimatum avant la trêve, c'est qu'il a dit « I'm a businessman ».
00:44C'est quand même incroyable.
00:45Un président américain qui déclare devant la presse, en fait, il est président.
00:51Il dit, quand on lui dit « Mais attendez, ça ne vous gêne pas de détruire comme ça, de bombarder
00:56tout ? »
00:56Il dit « Mais moi, ça me dérange parce qu'en fait, je suis un businessman. »
01:00C'est-à-dire que je suis là pour faire des deals et pour essayer de faire des deals pour
01:04les Américains, pour les États-Unis
01:06et bien évidemment pour lui à titre personnel.
01:08Et je pense que c'est la clé de la compréhension.
01:10Si on veut comprendre comment fonctionne Donald Trump, il faut essayer de le comprendre et aller au-delà du fait
01:15qu'on le déteste
01:16pour essayer de comprendre comment il fonctionne.
01:18Et il fonctionne comme un businessman.
01:19C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il veut faire des deals.
01:21Donc je suis toujours sur la même ligne, qui n'a pas changé, qui était de dire
01:26« Il y aurait une guerre qui sera courte, qui durera entre 4 et 6 semaines. »
01:30Bon, on a fait 5 semaines et quelques.
01:31Alors, est-ce que c'est sûr qu'il ne va pas y avoir une dernière offensive ?
01:35Est-ce qu'il ne sera pas obligé d'en remettre un coup avec un bombardement massif ?
01:38Encore une fois, si jamais les négociations devaient patiner pour donner un coup de semoce aux Iraniens,
01:45ça, je ne sais pas, ça peut se produire, mais ça ne change rien à la global picture.
01:49C'est-à-dire qu'on est vraiment sur un conflit qui est un conflit court,
01:53dans lequel il n'y aura pas de conséquences à long terme négatives, autre que sur la croissance.
01:58C'est-à-dire que mon inquiétude, c'est toujours la même.
02:00Je n'ai aucune inquiétude sur l'inflation.
02:02Aucune.
02:03Mais vraiment aucune.
02:03Par contre, j'ai beaucoup d'inquiétude sur la croissance et j'ai beaucoup d'inquiétude sur la déflation et
02:08non pas sur l'inflation.
02:10Donc, qu'est-ce qui vous inquiète ? C'est la croissance européenne, là ?
02:12Non, c'est la croissance mondiale.
02:14Ah, c'est la croissance mondiale.
02:14Parce que je pense que derrière l'écran de fumée de la guerre en Iran,
02:20qui va enlever 0,2 à 0,5% de croissance à peu près dans toutes les zones économiques.
02:26Voilà, c'est ça qu'il faut se dire à peu près.
02:27Même si elle s'arrête aujourd'hui, c'est 0,2 à 0,5%.
02:30C'est que derrière, avant la guerre en Iran, on était déjà sur une croissance,
02:34qui était une croissance qui commençait à se ramollir aux États-Unis, en zone euro, en Chine, un peu partout
02:42dans le monde.
02:42Parce qu'on est sur une tendance de long terme, qui est une tendance de long terme,
02:47qui va vers une croissance molle et vers une déflation.
02:50On est déjà en déflation en Chine, même si les chiffres de ce matin, compte tenu de la guerre en
02:53Iran,
02:54montrent qu'on en est sortis, mais on en est sortis de façon artificielle pendant quelques temps.
02:58On est sur un grand ralentissement, moi c'est ma grande thèse, le grand ralentissement économique mondial.
03:03On voit des signaux, vous parliez ce matin, j'entendais sur Brunello Cuccinelli, de la mode, du luxe.
03:11Mais on voit très bien qu'on est encore sur la dernière partie, vous savez cette croissance en cas.
03:16On est sur la partie de la population qui est la plus riche.
03:20Mais derrière, c'est vraiment un effondrement, ça se passe mal.
03:23Et puis le chômage augmente un tout petit peu partout.
03:26C'est-à-dire qu'on est tellement focalisé, on a raison, sur la guerre en Iran, qu'on ne
03:30voit pas tout ce qui est en train de se passer derrière.
03:30Juste sur l'inflation, on aura les chiffres américains tout à l'heure à 14h30.
03:34S'ils sont en hausse, ce qui est possible, vous voyez ça, mais c'est comme un pic là, mais
03:39ça va redescendre.
03:40Oui, on rappelle qu'on appelle ça improprement les chiffres de l'inflation.
03:45Ce ne sont pas les chiffres de l'inflation.
03:45Ce sont des hausses de prix ?
03:47Voilà, ce sont les chiffres de hausses de prix à la consommation.
03:50Non, ça n'a rien à voir. Il y a la hausse des prix à la consommation, la hausse des
03:53prix à la production, et il y a l'inflation.
03:54L'inflation, c'est la hausse durable, on l'a dit, et généralisée, des prix.
03:57Donc, est-ce qu'on va avoir des hausses de prix importantes pendant les mois de mars, avril et mai
04:04?
04:04La réponse est oui, évidemment.
04:06Avec un pétrole qui a doublé, comment peut-on avoir autre chose que des hausses de prix ?
04:12Maintenant, est-ce qu'on a de l'inflation ? La réponse est non.
04:15Donc, je n'ai pas du tout d'inquiétude sur l'inflation, je n'ai pas d'inquiétude sur l
04:20'inflation de second tour,
04:21parce que c'est ça qui nous inquièterait vraiment.
04:23C'est-à-dire qu'évidemment, la hausse des prix entraîne une hausse des salaires,
04:27mais vous voyez bien, et on va en reparler, qu'avec l'IA, on n'est pas du tout dans
04:30une ambiance de hausse des salaires.
04:32On est plutôt dans une ambiance de baisse des salaires et de hausse du chômage.
04:35Ce qu'on ne voit pas quand même, ce qui est très important, c'est une tendance tourte qui est
04:39en train de se décider,
04:40c'est le retour de la hausse du chômage.
04:42C'est-à-dire que petit à petit, vous allez voir le marché de l'emploi qui va se dégrader.
04:46Même si en France, on le voyait qu'Antoine Fouché était avec nous à 7h45,
04:49la population active, elle ne grimpe pas.
04:52Donc, on est quand même dans un monde où il n'y a pas de croissance, mais le chômage n
04:55'explose pas.
04:56Bravo, vous avez raison.
04:57Ah, merci.
04:58Non, non, mais là, c'est essentiel.
04:5912 ans que j'attends ça.
05:00Non, non, mais ce que vous dites est essentiel, c'est-à-dire qu'on a un phénomène.
05:03On peut avoir deux révolutions qui viennent s'entrechoquer, mais qui se combinent.
05:09C'est-à-dire que la révolution démographique, d'accord, qui est essentielle, je dis, je le répète,
05:14c'est peut-être pour moi l'élément le plus important en matière de macroéconomie.
05:19Vous avez vu, les chiffres sont dingues.
05:21La Chine a perdu 3,4 millions d'habitants.
05:23Je rappelle que 3,4 millions d'habitants perdus en 2025,
05:26c'est la population de Paris, de Marseille et de Lyon intramuros
05:31qui ont disparu en une seule année.
05:34Les prévisions de population en Chine en 2100,
05:39c'est 650 millions d'habitants.
05:42Ils sont 1,4 milliard.
05:44650 millions d'habitants.
05:46Donc là où vous avez raison, c'est qu'on a la combinaison de deux phénomènes
05:49qui peuvent s'annuler.
05:51Ça peut être un miracle économique.
05:52C'est-à-dire que la population active chute,
05:55mais que de l'autre côté avec l'IA,
05:57la robotisation, la digitalisation,
06:00eh bien ça tombe bien.
06:00C'est-à-dire qu'au lieu d'avoir un chômage de masse,
06:03eh bien comme on a moins de population active,
06:05sauf que c'est vrai pour la Chine,
06:08c'est vrai pour le Japon,
06:09c'est vrai pour la Corée,
06:10parce que ça fait un moment que leur population commence à décliner.
06:13Mais nous, on est encore,
06:15on a 5, 10 ans de retard,
06:17entre guillemets, en Europe notamment,
06:19par rapport à la Chine, la Corée.
06:21OpenAI a sorti une note cette semaine
06:22en disant que pour eux, l'avenir du travail,
06:24c'était plutôt 32 heures, taxe sur les robots.
06:27Il faut réfléchir à remettre la fiscalité sur la table
06:30et à revoir complètement la manière
06:32dont on peut assurer un revenu universel,
06:35parce qu'il n'y aura pas forcément de travail pour tout le monde.
06:37Mais absolument, et c'est ce que dit,
06:38alors lui, il est un peu prudent,
06:41il est un peu timide par rapport à ce que disent
06:42les autres grands géants de la tech,
06:45qui eux vous disent de toute façon,
06:46c'est même pas 32 heures, c'est zéro.
06:48C'est-à-dire qu'il va y avoir tout un tas d'emplois
06:50qui vont disparaître et qui disent,
06:52bon écoutez, nous on est prêts à accepter
06:54d'être taxés sur nos profits,
06:56parce que les profits, il n'y a que nous qui allons en faire,
06:59donc on va concentrer tous les profits,
07:01donc prenez une partie des profits,
07:02et puis distribuer 2000 ou 2500 dollars à tout le monde
07:06ou 2500 euros à tout le monde,
07:07et puis que les gens restent chez eux.
07:08Mais quand vous dites que nous, c'est 10 boîtes de la tech ?
07:1010, 20, 30, 40, on ne sait pas qui seront les gagnants,
07:14mais de toute façon, on s'achemine vers un winner tech soul,
07:18ça c'est le grand truc,
07:20avec des entreprises qui vont faire des centaines de milliards de profits,
07:23sur lesquelles on va être obligé de fonctionner,
07:25à un moment on va être obligé de fonctionner
07:2780 à 90% de leurs profits,
07:31il n'y aura pas d'autre solution,
07:32parce que c'est soit ça, soit c'est une révolution,
07:34et soit ils vont se faire couper la tête.
07:36Parce qu'il n'y aura pas assez de travail pour tout le monde.
07:37C'est clair.
07:38Mais donc c'est le modèle du revenu universel.
07:40C'est le modèle du revenu universel.
07:41Vous êtes payé du coup pour ne pas travailler.
07:42C'est le modèle du revenu universel.
07:44Alors je rappelle quand même,
07:45à titre anecdotique,
07:47que nous en France,
07:48on est déjà sur ce modèle de revenu universel.
07:50C'est-à-dire que quand vous voyez
07:51qui est payé par l'État aujourd'hui,
07:54entre les retraités,
07:56entre les allocations pour les gens qui sont au chômage,
07:59entre une partie des fonctionnaires,
08:00dont on va dire qu'ils ne sont pas débordés,
08:02on est déjà, nous,
08:04nous on est déjà des pionniers du revenu universel.
08:08C'est-à-dire que,
08:09sauf que nous,
08:09la différence c'est qu'on est les pionniers du revenu universel,
08:12mais qu'on n'a pas les entreprises de la tech
08:14qu'on peut aller fonctionner.
08:16Donc on ponctionne les riches,
08:17et on ponctionne des entreprises.
08:19Et ça évidemment, c'est mortel.
08:20Il nous reste deux minutes.
08:21Est-ce que vous avez envie de travailler le 1er mai ?
08:23Mais non, mais alors ça,
08:24ça fait partie des trucs qui me rendent dingue.
08:26C'est-à-dire ?
08:27C'est-à-dire que je ne vois pas
08:28ce que l'État vient foutre là-dedans, quoi.
08:30L'État n'a pas à légiférer
08:32sur le fait qu'on puisse travailler ou pas.
08:34Il y a le droit au travail,
08:35mais aussi il y a la liberté de travail.
08:37C'est-à-dire qu'on est arrivé
08:38à une absurdité totale
08:41d'avoir un débat,
08:43aujourd'hui,
08:43sur lequel l'État
08:46et l'Assemblée nationale
08:47doivent décider
08:48qui peut travailler,
08:49qui ne peut pas travailler.
08:50On est dans quel monde, là ?
08:52On n'est pas en Chine.
08:53On n'est pas dans une dictature.
08:54Si j'ai envie de travailler le 1er mai,
08:55je travaille le 1er mai.
08:57Vous avez réglé le débat.
08:58Vous espérez toujours
08:59une dégradation de notes ce soir
09:01de la part de Moody's ?
09:02Je l'espère.
09:03Il n'y a rien de se passer.
09:03J'ai peur qu'il ne se passe rien,
09:05mais je l'espère
09:05parce qu'évidemment,
09:06pour l'instant,
09:07vous avez vu comme moi
09:08les réductions de dépenses publiques
09:09qu'il n'y en a pas.
09:10La seule bonne nouvelle,
09:11comme on l'a vu,
09:12c'est que l'alerte sur les marchés
09:13avec les taux d'intérêt
09:15a fait qu'on n'a pas fait
09:16un bouclier tarifaire.
09:17Il y a des annonces
09:18de Sébastien Lecornu aujourd'hui.
09:19Ça va être extraordinaire.
09:22Il va encore distribuer
09:23quelques chèques
09:23avec de l'argent qu'il n'a pas.
09:25Ou pas.
09:25On suivra ça.
09:26Ce soir, c'est votre argent,
09:27bien sûr, sur BFM Business.
09:28Exceptionnel.
09:28Vous allez encore m'interroger
09:29sur les invités,
09:30mais je les connais.
09:30C'est mon nom préféré de la semaine.
09:32Allez-y.
09:32Non, je ne le ferai pas.
09:33D'accord, très bien.
09:34Vous verrez ça ce soir à 20h
09:35ou en replay et en podcast.
09:38Peut-être qu'il y aura Jean-Marc Daniel,
09:39peut-être Emmanuel Lechy,
09:39peut-être.
09:40On ne sait pas.
Commentaires

Recommandations