- il y a 2 heures
Mardi 9 juin, Hedwige Chevrillon a reçu Philippe d’Ornano, co-président du METI et PDG de Sisley et Henri-Pierre Garnier, président de Mutares France, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:10Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19. Mon premier invité c'est Philippe Dornano, vous savez c'est le
00:16président de Sisley.
00:17Il est aussi co-président du METI, le mouvement des entreprises de taille intermédiaire.
00:21Il s'inquiète beaucoup des hausses d'impôts, hausses inédites, hausses sur les coûts du travail et puis aussi sur
00:29la dégradation très forte en tous les cas, c'est ce qu'il observe, de la compétitivité française.
00:34Ensuite c'est Henri-Pierre Garnier qui sera avec nous, il est président de Mutares pour la France.
00:38Mutares c'est une ligne industrielle allemande côté la bourse de Francfort qui acquiert en fait des expats des sociétés
00:44en retournement en difficulté.
00:47C'est eux qui avaient repris l'APER, c'est eux qui avaient repris Peugeot-Cycle. Alors est-ce que
00:51ce sont des sauveteurs ou au contraire des prédateurs ?
00:54Il sera avec nous, ça sera à partir de 18h30. Mais tout de suite le journal Stéphanie Collot.
01:02Il est 18h, bonsoir Stéphanie.
01:04Bonsoir Edwis.
01:05Et on commence par la préparation du budget 2026. On sait que ça commence demain et les obstacles forcément s
01:11'accumulent déjà.
01:12Oui, le ministre des Comptes Publics, David Amiel, réunit demain une grande partie de ses homologues pour faire le point
01:17sur les pistes d'économie.
01:19Ce sera l'heure des choix entre ce qui est absolument nécessaire et ce qui ne l'est pas pour
01:24compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient.
01:26Et ça s'annonce compliqué entre le déficit qui dérape, la justice sous pression, l'augmentation obligatoire du budget des
01:31armées
01:32et une campagne présidentielle bien engagée.
01:35Sans oublier la croissance qui va être revue à la baisse.
01:37La Banque de France abaissera mi-juin ses prévisions pour cette année avec moins de croissance et plus d'inflation.
01:43Confirmation d'Emmanuel Moulin, le nouveau gouverneur aujourd'hui.
01:46La dernière prévision tablait sur une progression de 0,9% du PIB en 2026.
01:53GSK rachète l'américain Nuvalent pour plus de 10 milliards et demi de dollars.
01:57Il s'agit d'une biotech spécialisée en oncologie.
02:00C'est la plus grosse acquisition de la Big Pharma depuis le début de l'année.
02:03GSK redessine son portefeuille de médicaments alors qu'il va perdre son brevet phare contre le VIH.
02:10Ça se complique pour Nestlé.
02:11Selon Bloomberg, le fonds PAI Partners, partenaire historique, se retire de la course au rachat de sa filiale Eau
02:17qui chapote Perrier, Vittel, Contrex ou San Pellegrino.
02:21KKR avait déjà jeté l'éponge le mois dernier.
02:25Il ne reste que deux candidats en lice.
02:27Les fonds américains CDNR et Platinum Equity.
02:31Dans le retail, c'est une annonce à contre-courant.
02:34Dans le secteur, Mango va ouvrir 45 magasins en France et créer près de 700 emplois d'ici 2028.
02:41La marque espagnole injectera 66 millions d'euros en ce sens.
02:44Un montant annoncé la semaine dernière lors de Chousse France.
02:47Cette annonce est saluée par Emmanuel Macron qui a remercié la marque dans un tweet.
02:52Et puis, première grève pour Jean Castex à la SNCF.
02:55Les quatre syndicats représentatifs appellent à faire grève demain pour 24 heures non renouvelables.
03:01Ils dénoncent le dysfonctionnement de l'ouverture à la concurrence et réclament des hausses de salaire.
03:05Au niveau du trafic, un TGV sur trois est annulé, un intercité sur deux.
03:10Le trafic régional sera fortement perturbé.
03:1418h02 sur BFM Business, les marchés.
03:19Les marchés avec Antoine Larigauderie.
03:21Bonsoir Antoine.
03:22Bonsoir Stéphanie, bonsoir Edouard.
03:23Bonsoir Antoine.
03:23Et le CAC termine quasi à l'équilibre, sachant que ça s'est vraiment accéléré à la baisse en fin
03:27de séance.
03:28Oui, alors qu'on a passé plutôt la journée en hausse.
03:31Mais voilà, on termine sur le fil du rasoir, plus 0,05% à 8203 points.
03:35L'Eurostock 50 termine même en baisse de 0,2%, moins 0,7% à Francfort.
03:40En cause, une tendance qui s'est, mais alors totalement retournée du côté de Wall Street, avec une pression maximale
03:46sur la tech.
03:47Et ça se lit dans les cours à Paris.
03:49STMicro a perdu 5,8%, 61,52€.
03:53Très lourd recul de Soitech, aussi moins de 10,5% à 140,15€.
03:58Toute la tech, de manière générale, était en baisse, puisque Capgemini perd aussi pas loin de 2% à 100
04:03,50€.
04:04Et que l'Euronext Tech Leaders perd 1%, alors que le CAC a terminé à l'équilibre.
04:08Ce qui nous a sauvés à Paris, c'est le secteur du luxe.
04:11Très nettement, plus 2,5% pour Kering, 255,20€.
04:14LVMH+, 2,492,30€.
04:18Et le leader des progressions sur le CAC 40 et le SBF 120, c'est Essilor Losotica,
04:22qui gagne 3,8% à 179,70€.
04:26Parmi les autres paramètres de marché qui bougent fort, le Bitcoin,
04:29qui a poursuivi sa marche à la baisse, 61 000$ en ce moment.
04:34On va commencer à attaquer les 60, comme vendredi, au moment où la tech avait fait craquer un petit peu
04:40tout le monde sur les marchés.
04:41C'est un petit peu ça qui se reproduit pour le moment.
04:43Les volumes d'échanges étaient du côté des 4 milliards d'euros d'actions négociées.
04:46Le CAC, donc, qui termine à plus 0,05%, 8203 points.
04:51Merci Antoine, merci Stéphanie.
04:53Rendez-vous à 19h, 19h30 pour le Grand Journal de l'Éco.
04:57Tout de suite, mon premier invité de l'an 18-19,
04:59aussi Philippe Dornano, le PDG de Sisley, le co-président du Métis,
05:04le mouvement des entreprises de taille intermédiaire.
05:07BFM Business et la Tribune présente
05:12Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
05:17Vous êtes bien dans le 18-19, mon invité.
05:20Premier invité, c'est Philippe Dornano, il est le patron de Sisley.
05:23Il est co-président du Métis.
05:25Le Métis, vous le savez, c'est les mouvements des entreprises de taille intermédiaire.
05:28Bonsoir Philippe Dornano.
05:29Bonsoir.
05:30Merci d'être avec nous.
05:31Si vous êtes là, c'est que vous vouliez un peu alerter sur de nombreux points,
05:36notamment sur la transparence salariale,
05:38parce que ça y est, il y a une transposition de cette directive européenne.
05:42Encore, mais c'est annoncé.
05:43Mais c'est annoncé, ça devait être le 7 juin,
05:45donc ça a été visiblement un peu décalé.
05:47Mais en tous les cas, vous êtes devant debout,
05:49vous nous direz pourquoi,
05:50parce qu'à priori, ça semble plutôt une bonne chose.
05:52Il y a aussi la question des hausses des coûts inédits sur le travail,
05:57avec la question de l'apprentissage,
05:58de la baisse des allégements de cotisations.
06:00Mais ce qui est le plus inquiétant,
06:02c'est que vous estimez qu'actuellement,
06:04on assiste à une forte, je vous siffle,
06:07voire une grave amélioration,
06:11ou détérioration plutôt de la compétitivité de la France,
06:14et donc des entreprises.
06:16Sur quoi vous vous basez pour dire qu'il y a cette grave dégradation de la compétitivité ?
06:20L'emploi.
06:22On avait déjà alerté dès l'année dernière,
06:24et c'est désagréable de jouer les cassandres.
06:26On est plutôt des chefs d'entreprise,
06:28on aime plutôt proposer des projets,
06:30avoir des plans de développement.
06:33Mais depuis l'année dernière, il faut être lucide,
06:36on alertait les pouvoirs publics
06:38sur les conséquences d'un retour en arrière
06:42sur la compétitivité française et européenne.
06:45Et les conséquences concrètes de ça,
06:48c'est l'emploi,
06:49et c'est donc assez grave pour les Français.
06:52C'est l'investissement,
06:53c'est-à-dire la maîtrise de nos savoir-faire.
06:55Et donc c'est vraiment un point,
06:57et c'est quelque chose qu'on pourrait,
07:00pas entièrement, mais en partie,
07:02corriger pour autant qu'on prenne des bonnes mesures.
07:04Alors, on va revenir là-dessus, évidemment.
07:07Qu'est-ce que...
07:08Enfin, sur quoi vous vous...
07:09Est-ce que vous avez des chiffres ?
07:11Est-ce que vous avez des tendances ?
07:12Est-ce que vous avez...
07:13Vous voyez, sur quoi ça repose,
07:15je dirais, un peu concrètement,
07:17parce que c'est dégradation de la compétitivité,
07:19on avait le sentiment...
07:20En plus, vous dites,
07:20c'est en Europe comme en France,
07:22c'est l'arrivée des Chinois,
07:23c'est le passage lié à l'intelligence artificielle
07:27qui est difficile.
07:28Vous voyez,
07:29qu'est-ce qu'il y a de nouveau depuis un an ?
07:31Alors, déjà, c'est une accumulation de crises
07:34qui se sont répercutées les unes après les autres.
07:37On ne va pas revenir en arrière,
07:39mais on a une strate de crise
07:41dont on connaît les nouvelles,
07:44la crise énergétique,
07:45l'impact que ça a sur l'inflation,
07:49les conflits géopolitiques
07:50dans différentes zones du monde,
07:51les droits de douane américains.
07:53Ça, c'est des causes
07:54sur lesquelles on essaye d'agir,
07:55mais on a peu de marge de manœuvre,
07:57on les subit,
07:58on essaye de s'adapter.
07:59Puis après, il y a des causes
08:00sur lesquelles, par contre,
08:01on peut agir.
08:02Ces causes sur lesquelles on peut agir,
08:04c'est le fait de pouvoir rendre la France compétitive,
08:07que les entreprises ne soient pas
08:09la variable d'ajustement des publics budgétaires.
08:11Oui, mais est-ce que vous avez le sentiment, là,
08:12que vous cédez du terrain
08:13par rapport à des concurrents ?
08:14Là, clairement...
08:15Et dans quel secteur ?
08:16Là, clairement, vous avez un taux de faillite
08:18qui est inédit sur l'ensemble des entreprises,
08:20mais sur lequel, nous, les ETI,
08:22on constate qu'il y a un plus grand nombre
08:23de faillites de PME et d'ETI
08:25que par le passé.
08:26Pour la première fois,
08:27depuis plus de 20 ans,
08:29les ETI ne créent plus d'emplois.
08:30C'est une catégorie
08:31qui a toujours créé des emplois.
08:33Vous avez une suspension
08:34et une baisse des investissements.
08:35Vous avez une ETI sur deux
08:36qui n'est plus en croissance
08:37de chiffre d'affaires.
08:39Et vous avez surtout
08:39une perspective de moyen terme.
08:41Beaucoup de ces ETI sont familiales,
08:43qui sont extrêmement inquiétantes
08:44et qui mettent à risque
08:46le modèle même de ces entreprises.
08:49On voit aussi beaucoup de prédation.
08:51Et donc, c'est notre devoir,
08:53tant que c'est en train de se mettre en place,
08:55d'alerter,
08:56parce que je pense de nouveau
08:56que c'est correctible
08:58pour ce sur quoi nous pouvons agir,
09:01c'est-à-dire la compétitivité du site France
09:04et le niveau de réglementation
09:05que nous mettons dans notre société européenne.
09:07Alors, ça, on va y revenir,
09:09parce qu'il y a la transparence salariale.
09:11Ça va être l'occasion, effectivement,
09:12de voir que, quand même,
09:14cette société, enfin, ce marché
09:16est quand même très bloqué
09:17par une surréglementation.
09:18Mais la question qu'on peut se poser,
09:20c'est toujours sur la question
09:22de la compétitivité et les ETI
09:24qui ne créent plus d'emplois.
09:26Est-ce quels sont les secteurs
09:27les plus touchés ?
09:28C'est la première question,
09:29Philippe Dornano.
09:30Et la deuxième là-dessus,
09:32c'est aussi, est-ce que vous observez,
09:35je ne sais pas, hier,
09:36je parlais avec l'ancien ministre
09:37de l'Industrie, Marc Ferracci,
09:38du grignotage des PME,
09:40des ETI françaises
09:42par des Chinois, notamment ?
09:44Oui, alors, vous avez, d'une part,
09:45une stratégie de la Chine
09:46très, très agressive
09:48et soutenue par l'État,
09:49donc pas entièrement compétitive.
09:51Vous avez, on le sait tous,
09:534,5 milliards de petits colis chinois
09:55qui rentrent sur l'espace européen
09:57sans aucun contrôle.
09:58Alors, la France a mis une taxe,
09:59ça rentre par la Belgique.
10:01Et donc, ça, c'est un premier problème.
10:04Vous avez, après,
10:04vous me posez la question,
10:05quelles sont les entreprises
10:07les plus concernées,
10:08les plus touchées ?
10:08C'est celles qui ont des faibles marges.
10:10On commence par avoir,
10:11et notamment,
10:11toutes les sous-traitants.
10:12À partir du moment
10:13où vous avez des faibles marges,
10:14c'est aussi les entreprises
10:15qui ne peuvent pas ajuster leur prix.
10:17Je pense, par exemple,
10:18au secteur des entreprises
10:20du médicament,
10:21qui sont des entreprises
10:22importantes pour l'indépendance
10:24de notre pays,
10:24puisqu'on l'a vu
10:26pendant la crise Covid,
10:27ne pas avoir un certain
10:28nombre de productions en France
10:29est un véritable problème.
10:30Mais plus généralement,
10:32c'est l'ensemble du modèle
10:33de la production et du travail
10:35en France qui est remis en cause
10:37dans un environnement,
10:38dans un contexte en plus français
10:40qui est avec le dernier budget
10:42assez délétère.
10:43Et donc, c'est vraiment
10:44un affaiblissement possible
10:46et durable de notre pays
10:48si on n'y remédie pas rapidement.
10:50Alors, vous me direz,
10:51il y a un peu de chance
10:52qu'on y remédie demain.
10:53C'est le début des discussions
10:55sur le budget 2027.
10:57Ça va être, à mon avis,
10:58ça ne va pas forcément être
10:59une fiscalité arrangeante
11:01pour les ETI, non ?
11:02Alors, nous, nous sommes...
11:04Nous, nous pensons
11:05que les chefs d'entreprise,
11:06la chose qu'on peut leur reprocher,
11:08c'est de ne pas dire les choses.
11:10On ne peut pas laisser
11:13se mettre en place des politiques
11:14qui risquent de faire un dommage
11:15non pas seulement à nos entreprises,
11:16mais à tous les Français.
11:17Et donc, il faut dire les choses.
11:20Et ce qu'il faut savoir,
11:21c'est que pour...
11:22On a un pays formidable.
11:23On a un pays qui peut se développer.
11:24On a un pays qui peut faire face
11:26à ces crises extérieures.
11:27mais pour autant,
11:28qu'on ait une logique
11:30de travail et de production
11:31en France compétitive.
11:33C'est l'intérêt de tous les Français.
11:34C'est l'intérêt, pour nous,
11:36de maîtriser nos savoir-faire,
11:37de ne pas les perdre.
11:38C'est l'intérêt de nos régions aussi.
11:39Oui, bien sûr.
11:39Parce que beaucoup des ETI
11:40sont dans les territoires.
11:41Et donc, nous allons nous battre
11:43pendant le budget,
11:44mais nous adressons aussi
11:45tous les sujets
11:46qui peuvent justement
11:46mettre à mal cette compétitivité.
11:48Parce que derrière ça,
11:49c'est les Français
11:49qui paieront les pots cassés.
11:51Alors, on va reprendre
11:52les points un par un,
11:53si vous le voulez bien.
11:54D'abord, sur la question
11:54de la transparence salariale.
11:57Donc, cette directive européenne
11:59et la transposition,
12:00donc, c'est à salaire,
12:02à travail égal,
12:04enfin, à salaire égal,
12:04travail égal.
12:05J'ai envie de dire
12:06que tout le monde est...
12:06Enfin, beaucoup,
12:07en tous les cas,
12:08moi, je suis d'accord.
12:08Il y a beaucoup de monde
12:09qui...
12:10Vous êtes contre ça,
12:11ce principe ?
12:12Philippe Dornano ?
12:13J'ai plusieurs choses.
12:14Premièrement,
12:16la transparence salariale
12:17est un dispositif
12:18qu'il faut remettre
12:19dans le contexte
12:19d'un nombre important
12:20de dispositifs nationaux
12:22et sectoriels
12:23qui sont à l'heure actuelle
12:24mise en place
12:25par soit le...
12:26Ok, restons d'abord
12:27sur ce point-là,
12:28si vous voulez bien.
12:28Écoutez, c'est très simple.
12:30Pourquoi vous êtes
12:30vent debout ?
12:31Vous avez sorti
12:31des communiqués ?
12:33Parce que pour une bonne raison
12:34qui est l'égalité
12:35entre travail égal,
12:36salaire égal.
12:37On est en train
12:38de mettre en place
12:38dans une période
12:39de très grave crise
12:40et on est tous d'accord
12:41pour le dire,
12:42alors même que l'État,
12:43quand il voit, par exemple,
12:44que le SMIC augmente,
12:46diminue les allègements
12:46de charges sur les entreprises
12:47parce qu'il se rend compte
12:48que ça va lui coûter très cher,
12:50soit dit en passant,
12:50les entreprises, elles,
12:51vont prendre l'augmentation
12:52sur l'ensemble
12:52de leur salaire.
12:53Eh bien, on choisit ce moment
12:54pour mettre en place
12:55un dispositif
12:56qui va coûter
12:578 milliards d'euros
12:58aux entreprises françaises.
12:59Mais comment vous arrivez
13:00à ce calcul ?
13:00C'est très simple.
13:03Pour le mécanisme
13:04de transparence salariale...
13:05Ça veut dire que les femmes
13:06sont vraiment très peu payées, alors ?
13:08Non, c'est plus large
13:08que les femmes.
13:09C'est un mécanisme
13:10où on vous dit
13:10qu'il faut que
13:11travail égal, salaire égal,
13:12il ne faut qu'il n'y ait
13:12que 5% d'écart.
13:13Vous pouvez avoir plus de 5%,
13:15mais il faut le justifier.
13:16Et ça veut dire que,
13:17concrètement,
13:17une entreprise va devoir créer
13:19avec des conseils
13:21une usine à gaz,
13:22de structure,
13:23très très proche d'ailleurs
13:24de ce qui se fait
13:25dans l'administration,
13:26qui va consister
13:27à pouvoir justifier
13:28pourquoi vous donnez
13:28plus de salaire
13:29à quelqu'un
13:29que quelqu'un d'autre.
13:30Il va falloir créer
13:31des critères.
13:32C'est donc une paperasse
13:33absolument gigantesque.
13:35Nous l'avons chiffré.
13:36Nous avons fait les calculs.
13:37Ça coûtera en année A
13:38autour de 500 000 euros
13:39par entreprise.
13:40Donc ça veut dire
13:41pour 7 000 ETI
13:42plus de 2 milliards d'euros
13:43de coûts.
13:44Et pour l'ensemble
13:45des entreprises,
13:46parce que ça concerne aussi
13:47les grandes entreprises,
13:47et surtout,
13:48ça concerne les PME,
13:49jusqu'à 50 salariés,
13:52des PME qui,
13:52moi,
13:53quand j'ai commencé
13:53chez Cicel,
13:54on n'avait pas de DRH,
13:55on avait 100 salariés.
13:57Ça veut dire
13:57que ces entreprises
13:58vont devoir mettre en place
14:00des surcoints importants.
14:01Mais alors,
14:01pardonnez-moi,
14:03ils ont qu'à faire
14:03des salaires égales
14:05pour travail égal.
14:06Vous voyez ce que je veux dire ?
14:07Sinon,
14:09ça ne bouge pas.
14:10On reste dans une situation
14:11d'inégalité totale.
14:12Le problème,
14:13c'est qu'est-ce qu'un travail égal ?
14:14Vous avez des gens
14:15qui travaillent
14:15qui sont plus performants
14:16que d'autres.
14:17Si vous prenez
14:17un joueur de football
14:18de deuxième division
14:19et Mbappé,
14:20vous n'allez pas avoir
14:20le même résultat,
14:21ils n'ont pas le même salaire.
14:22Mais vous allez me dire
14:23qu'on peut le justifier.
14:24Oui,
14:24on peut le justifier,
14:25c'est prévu dans la loi,
14:26il va falloir créer
14:27des référentiels.
14:28C'est ce sur-travail administratif.
14:31Non, mais ce n'est pas que ça,
14:31vous ne voyez pas.
14:33Vous voyez bien.
14:33Ça va coûter aux entreprises,
14:35et c'est factuel,
14:36et on peut tous le vérifier,
14:38ça va coûter aux entreprises
14:39françaises
14:398 milliards d'euros.
14:40Ma question est simple.
14:41Est-ce que c'est le moment
14:42de le faire ?
14:43Est-ce que 8 milliards d'euros,
14:44c'est proportionné
14:45au résultat qui est attendu ?
14:47L'écart de salaire
14:48entre les hommes et les femmes
14:50à post-égal est de 7 %,
14:52il est de 20 et quelques pourcents
14:53quand on prend
14:54les temps partiels,
14:55quand on prend, etc.
14:55Est-ce que ça ne va pas générer,
14:57dans une période difficile,
14:58des tensions importantes ?
14:59Est-ce que c'est le bon moment,
15:02le bon timing,
15:03une période où...
15:04Parce que le problème,
15:05c'est que de transparence salariale,
15:06on va passer à la transparence
15:08de l'emploi.
15:08Le jour où les entreprises
15:09ne peuvent plus payer,
15:10on va se retrouver
15:11avec un chômage fort.
15:14Et là,
15:14on n'est plus dans une discussion
15:15sur des écarts de salaire
15:17pour des raisons...
15:18On est sur une situation
15:20où on n'a plus d'entreprise.
15:21Oui, mais en même temps,
15:22si ça coûte autant,
15:23ça veut dire qu'il y a
15:24des inégalités
15:24qui sont toutes aussi importantes,
15:26Philippe Dornado.
15:27Donc ça veut dire
15:27que je ne sais pas
15:28que les femmes travaillent
15:30dans des temps partiels
15:31avec des petits salaires
15:32et puis que les hommes sont...
15:33Mais ça, ça n'a rien à voir
15:34avec transparence salariale.
15:35Transparence salariale,
15:36c'est un travail égal.
15:38Donc le sujet
15:39d'autre type de travail,
15:41c'est quoi ?
15:41C'est un autre sujet.
15:42Mais sur travail égal,
15:44c'est travail égal.
15:44C'est le même temps de travail,
15:46même type de poste, etc.
15:47Ce n'est d'ailleurs pas que
15:48la différence entre les hommes
15:49et les femmes,
15:50c'est tous les postes.
15:52Mais le problème,
15:53il est de nouveau,
15:54on part d'un sujet
15:56qui paraît juste
15:57et on met en place
15:58une sorte de monstre administratif.
16:00Une usine à gaz, d'accord.
16:00Et surtout une usine à gaz
16:02avec un très, très mauvais timing.
16:03C'est-à-dire
16:03dans une période
16:04particulièrement difficile.
16:05Et donc la question,
16:06c'est est-ce qu'il ne faut pas
16:08suspendre dans cette période
16:09si difficile ce dispositif ?
16:11Est-ce que certains pays européens
16:12commencent à envisager ?
16:13Est-ce qu'il ne faut pas
16:14peut-être le redimensionner,
16:16essayer de réfléchir
16:17si vraiment ça vaut ce coup-là
16:18pour un résultat
16:20qui finalement
16:21n'est pas si important que ça ?
16:22Et est-ce que c'est le bon timing ?
16:24Et de nouveau,
16:25avec un enjeu,
16:26l'enjeu c'est
16:28la survie de l'économie européenne.
16:30Et ce que je voulais vous dire,
16:31c'est que vous pouvez vous dire
16:32mais ok, c'est un dispositif,
16:33faites un effort,
16:34ça va passer, etc.
16:35Mais en réalité, non.
16:36Des dispositifs comme celui-là,
16:38on en a des dizaines.
16:39On en a des dizaines.
16:40C'est-à-dire que vous avez
16:41une chose que les gens
16:42ne perçoivent pas
16:43parce qu'on n'a pas
16:43de vision globale
16:44de la problématique,
16:45on charge la barque
16:46de l'entreprise,
16:47c'est l'effet cocktail.
16:48Vous avez un effet cocktail,
16:49vous avez,
16:50on s'est battu contre
16:52la CSRD,
16:521700 indicateurs environnementaux,
16:54de nouveau une bonne cause,
16:55on est tous,
16:5690% des ETI
16:57sont engagés
16:58dans la transformation
16:59environnementale,
16:59c'est un sujet
17:00qu'on porte
17:01avec d'ailleurs
17:01beaucoup de,
17:02presque de l'idéologie.
17:04On a le CS3D
17:06qui a été suspendu
17:06pour les ETI
17:07mais il a fallu se battre
17:08qui est l'anticorruption.
17:11De nouveau,
17:11c'est un sujet
17:11très honorable.
17:12La question de nouveau,
17:13c'était que c'était
17:14de nouveau 500 000 euros
17:15par ETI.
17:16Ensuite,
17:17vous avez les REP,
17:18on est en train
17:18de les mettre en place.
17:19De nouveau,
17:20certaines sont sectorielles,
17:21la plupart sont sectorielles d'ailleurs.
17:23C'est des montants
17:23qui sont considérables
17:25et ces montants
17:26qui s'additionnent
17:27les uns aux autres
17:28et qui s'appliquent
17:29uniquement dans l'Union Européenne,
17:30à la fin,
17:31ils vont tuer
17:31l'industrie de l'Union Européenne.
17:33Nous allons mourir
17:36vertueux.
17:38Et nous ne serons pas vertueux
17:39parce que nous achèterons
17:40des produits chinois
17:41qui eux
17:42ne respecteront pas ces règles.
17:43Oui,
17:44c'est pas faux.
17:45Et la transparence salariale,
17:47normalement,
17:47ça devait être transposé
17:49le 7 juin.
17:50Vous nous dites
17:51que ça n'a pas été fait
17:52donc c'est décalé.
17:53Vous savez jusqu'à quand ?
17:54Non.
17:55Vous êtes dans le bleu
17:56le plus total.
17:57Non.
17:57Nous,
17:58ce que nous alertons,
17:59c'est notre devoir.
18:00C'est notre devoir
18:01de dire au pouvoir public
18:02que vous êtes en train
18:03de mettre
18:03un nombre de plus en plus
18:04important d'entreprises
18:06en danger.
18:07Vous mettez donc
18:08avec ça en danger
18:09l'emploi des hommes
18:10et des femmes
18:10et vous risquez
18:13d'affaiblir beaucoup
18:13l'économie de votre pays.
18:15Si nous ne le faisons pas,
18:17de nouveau,
18:17nous qui sommes des praticiens,
18:19nous qui voyons
18:19nos DRH,
18:20qui voient
18:21comment ça s'applique,
18:22qu'est-ce que ça suppose,
18:23etc.
18:24parce que vous ne voient pas
18:25toujours les dirigeants
18:27à Bruxelles,
18:29avec des mesures d'impact
18:30en plus sur ce genre
18:30de dispositifs
18:31qui sont extrêmement mal faits.
18:32Si nous ne le disons pas,
18:34et nous ne sommes pas
18:35les seuls à le dire,
18:36les Allemands,
18:36les chefs d'entreprise allemands
18:37sont en train de le dire,
18:38les chefs d'entreprise
18:39des différents pays européens
18:40– C'est la question que j'allais vous poser.
18:41– Est-ce qu'il y a un écho
18:43aussi outre-Rhin
18:46dans d'autres pays d'Europe ?
18:47– Tous les chefs d'entreprise
18:49des pays européens
18:49se mobilisent
18:50parce qu'ils sont tous en train…
18:51Au début,
18:51ils ont eu un peu
18:52la même réaction que vous,
18:53que moi,
18:54qui est de dire
18:54qu'à priori,
18:55ça a l'air d'être juste.
18:56Mais quand on a commencé
18:58à faire les calculs
18:58et à voir
18:59ce que ça allait générer
19:01et pour quel impact,
19:03on s'est tous dit
19:04mais c'est de la folie.
19:05C'est de la folie
19:06et puis c'est en plus de la folie
19:07en pleine blocage d'Hormuz,
19:09en pleine situation
19:10d'invasion de colis chinois
19:12qui, eux,
19:12ne respectent aucune
19:13de ces réglementations,
19:15qui rentrent sans aucun contrôle
19:16dans l'Union européenne.
19:17Je crois qu'à Rotterdam,
19:17il y a un colis contrôlé
19:18tous les 350 000 colis.
19:20Autant dire rien.
19:22Et on s'est dit,
19:23il faut quand même,
19:23la priorité,
19:24c'est quand même
19:24de préserver l'économie
19:26et l'emploi
19:26parce que c'est l'intérêt
19:27des Européens.
19:28– Mais vous dites,
19:30vous êtes là sur ce plateau,
19:30vous avez créé les tribunes,
19:32est-ce que,
19:33je ne sais pas,
19:34vous avez un retour ?
19:36– Écoutez,
19:37on s'est battu sur CSRD,
19:38on a réussi,
19:39je pense,
19:40collectivement,
19:40à le faire évoluer.
19:41Ce n'est pas qu'on n'a pas
19:42fait d'indicateurs.
19:43On a tous des indicateurs
19:45écologiques,
19:45on fait tous des bilans carbone,
19:46etc.
19:47Mais on est revenu
19:48à quelque chose
19:49qui était plus raisonnable.
19:50On a réussi à obtenir
19:51pour CS3D
19:52un plafond
19:53pour ne pas impacter
19:53les ETI européennes
19:54en ce moment.
19:55Il y a d'autres dispositifs
19:56en ce moment,
19:57il y a toutes les REP
19:57sur lesquelles
19:58il y a des débats.
19:59Je pense que notre devoir,
20:01de nouveau,
20:01c'est d'expliquer
20:02les conséquences pratiques
20:04et chiffrer de manière pratique
20:05les conséquences
20:07de ces dispositifs.
20:08– Il y a un autre point
20:09où là aussi,
20:11vous allez alerter,
20:13évidemment,
20:14c'est les allégements
20:15de charges,
20:16vous l'avez mentionné
20:17tout à l'heure,
20:18allégements de charges
20:18sur les bas salaires
20:20et notamment
20:21au niveau du SMIC.
20:24Parce que vous connaissez
20:25mieux que nous
20:26ce que c'est qu'un déficit
20:28et vous voyez bien
20:28le déficit de la France.
20:31Est-ce que là,
20:32vous comprenez,
20:33mais en même temps,
20:34la logique fait
20:35que ça vous conduit
20:36à une hausse du coût
20:36du travail
20:37parce qu'en plus,
20:38il y a l'apprentissage aussi
20:39qui est sérieusement raboté
20:41et dans des ETI,
20:42l'apprentissage
20:43est quelque chose,
20:44il y a beaucoup d'apprentis.
20:46Donc est-ce que là,
20:46vous avez fait
20:47un petit calcul
20:47et comment vous en sortez ?
20:50– On a clairement
20:51deux écarts de compétitivité
20:52entre la France
20:53et l'environnement européen.
20:54Là, on parle de...
20:56Le premier,
20:56c'est les taxes de production
20:58et le deuxième,
20:58c'est le coût du travail qualifié.
21:00Là, ce qu'on voit,
21:01c'est depuis maintenant
21:02deux ans,
21:03des rabots
21:03sur plutôt le travail
21:05non qualifié,
21:05enfin sur les bas salaires,
21:07des rabots
21:07des dispositifs d'allègement
21:08sur les bas salaires
21:09parce que l'État constate
21:10qu'avec les augmentations
21:12notamment d'inflation,
21:13ça lui coûte plus cher.
21:15Nous, ce que nous constatons,
21:16c'est que la France,
21:18les charges sociales
21:19en France patronales
21:20sont de 1,41,
21:22c'est-à-dire que
21:22c'est 41% de plus
21:24que le salaire brut
21:24qu'on paye aux salariés
21:25qui lui-même touche
21:26la moitié
21:27de ce qu'on paye vraiment.
21:28C'est tout débarque
21:28de rapprocher
21:29le salaire brut
21:29du salaire net.
21:30Et qu'en moyenne européenne,
21:33c'est 1,23.
21:34Donc 1,23,
21:351,41,
21:36un énorme écart
21:36de compétitivité.
21:38Nous,
21:38au Métis,
21:39on a un très fort
21:40tropisme industriel.
21:41Donc on a effectivement
21:42des entreprises
21:43de services,
21:44des entreprises
21:45qui emploient aussi
21:45des salariés au SMIC.
21:47On a beaucoup
21:47de salariés qualifiés.
21:48Et notre ambition,
21:49ce qu'on porte aussi
21:50comme un peu,
21:50parce qu'il faut quand même
21:51porter un certain nombre
21:53d'idéaux,
21:54c'est une France
21:55des bons salaires,
21:57une économie
21:57des bons salaires
21:58avec des gens
21:58mieux formés
21:59par l'éducation
22:00et qui soient capables
22:01d'avoir des salariés qualifiés.
22:04Mais pour ça,
22:05il faut un socle industriel.
22:06Pour ça,
22:06il faut être productif,
22:07il faut être créateur.
22:08Les Français le sont.
22:09On a des Français
22:10qui ont envie
22:11de monter des entreprises,
22:12qui sont créatifs,
22:13sans doute même plus
22:14que quand moi,
22:15j'étais étudiant,
22:16qui sont créatifs,
22:18qui sont inventeurs.
22:18Mais le problème,
22:19c'est qu'il faut
22:21que l'entreprise,
22:21la start-up,
22:22puisse se développer
22:23dans un environnement
22:23compétitif.
22:24Cette économie
22:25des bons salaires,
22:26il faut qu'on continue
22:27à la porter en France.
22:28Il faut qu'on arrive
22:29à réaligner
22:31les charges sociales
22:32sur l'environnement
22:32européen.
22:33Et c'est possible.
22:34Le fait que ça soit,
22:36parce que Patrick Martin,
22:37président du MEDEF,
22:40dit que notamment
22:41le fait de toucher
22:42essentiellement,
22:43c'est-à-dire
22:43sur les allégements
22:44de cotisation,
22:45là où c'est le plus fort,
22:46c'est deux fois
22:47et demi le SMIC,
22:47je crois.
22:49Et là,
22:49c'est un peu illogique
22:52parce qu'on veut
22:52une montée en gamme
22:54de la France,
22:55des entreprises françaises.
22:56Et puis de l'autre côté,
22:57il y a d'autres,
22:58notamment Bruno Coquet
22:59qu'on connaît bien
23:00qui a fait ce fameux rapport
23:02sur le coût
23:03de l'apprentissage
23:04qui est quand même
23:04très très élevé,
23:05c'est 10 milliards.
23:06Il dit,
23:07mais à la limite
23:08les entreprises,
23:09vous n'avez pas besoin
23:09de ces allégements
23:11de charges,
23:11vous pouvez très bien
23:12embaucher quand même
23:13quelqu'un.
23:13Alors,
23:14la réponse,
23:15c'est qu'on peut
23:16embaucher quelqu'un,
23:17ça coûte beaucoup plus cher
23:18que dans le reste de l'Europe.
23:19Les grandes entreprises,
23:20elles montent des sites
23:22compétitifs dans d'autres pays.
23:23Nous,
23:24ce qu'on fait en France,
23:24c'est qu'on crée
23:25une sorte de système
23:26de droit de douane
23:27à l'envers
23:27où on pénalise
23:28le travail
23:29et la production
23:29en France.
23:30Tous les Français
23:30le paient.
23:31Ils le paieront
23:32par le chômage,
23:33on n'aura pas
23:33les mêmes moyens,
23:34c'est clair,
23:35si vous payez
23:35beaucoup plus
23:35de charges sociales,
23:36sans d'ailleurs
23:37que le salarié
23:39touche plus de salaire,
23:40puisqu'il est en fait
23:41lui aussi très taxé,
23:42vous allez vous retrouver
23:43avec une France
23:44qui n'a pas d'emploi,
23:45une France qui n'a pas
23:46d'industrie,
23:46une France qui ne maîtrise
23:47pas des savoir-faire,
23:48une France où les jeunes
23:50inventeurs, ingénieurs
23:51ne peuvent pas monter
23:51leurs projets durablement
23:52et ça,
23:53c'est vraiment triste
23:54et c'est correctible.
23:56Une partie des charges sociales
23:57et notamment
23:58toute la partie famille
24:00qui sont plus
24:02de l'intérêt
24:04de la collectivité
24:04devrait être financée
24:05par l'impôt
24:06et non pas
24:07à la charge des entreprises.
24:08Est-ce que vous allez avoir
24:09votre...
24:09Est-ce que le métier
24:10va présenter
24:11son propre programme
24:13présidentiel ?
24:14Alors, ce que nous allons faire,
24:15c'est une chose
24:16parce que,
24:18de nouveau,
24:18on est des entrepreneurs,
24:19moi ça me désole
24:20de venir ici
24:20en tirant la sonnette d'alarme
24:22et en venant
24:23alors qu'on voudrait
24:24vous parler
24:24de projets,
24:25de développement,
24:26c'est ce qu'on fait
24:26toujours dans nos entreprises.
24:27Ce que nous allons faire,
24:29c'est que nous allons
24:31imaginer
24:31ce que serait
24:32une France,
24:33un peu à l'instar
24:33de l'Allemagne,
24:34une France des 12 000,
24:3515 000,
24:3520 000 ETI.
24:36L'industrie allemande
24:38se porte très mal.
24:39Elle se porte très mal,
24:40mais on n'a pas du tout
24:41ni le même déficit commercial,
24:42ni le même déficit,
24:43donc elle se porte très mal
24:44à proportion
24:44de la situation
24:45d'Allemande avant,
24:46mais elle se porte
24:47beaucoup mieux que nous,
24:47l'économie allemande.
24:49Et qu'est-ce que serait,
24:50qu'est-ce qu'apporterait
24:51pour notre pays,
24:52parce qu'il faut donner
24:53des perspectives,
24:54une France des 20 000 ETI ?
24:55Il y a des programmes aujourd'hui,
24:56il y a le programme étincelle
24:57qui a été monté
24:58par le gouvernement
24:59pour faire monter
24:59un plus grand nombre
25:00de PME à la taille ETI.
25:01Qu'est-ce que serait
25:03une France,
25:04dans nos régions,
25:05dans nos savoir-faire,
25:07dans nos emplois,
25:08qu'est-ce que serait
25:09une France de 20 000 ETI ?
25:10On est en train
25:10de le modéliser,
25:11parce qu'on veut aussi
25:12porter...
25:13Aujourd'hui,
25:13on est à combien ?
25:14On est à quoi ?
25:25Alors qu'on avait
25:26autant d'ETI
25:26qu'en Allemagne de l'Ouest,
25:28les Allemands ont aujourd'hui
25:2820 000 ETI.
25:29Qu'est-ce que serait
25:30la France de 20 000 ETI ?
25:31On le mérite.
25:32On mériterait
25:33d'avoir ces 20 000 ETI.
25:34On pourrait les avoir.
25:35Et alors ?
25:35Et comment y arriver ?
25:37Voilà.
25:38Et ça vous allez sortir quand ?
25:39C'est intéressant,
25:39on viendrait de nous présenter ça.
25:40Avec plaisir.
25:41Et le programme étincelle,
25:43j'ai encore deux questions,
25:44le programme étincelle
25:45qu'ils étaient venus lancer
25:47le ministre de l'économie
25:48ici en grande pompe,
25:50ça a marché ?
25:51Il y en a plus combien ?
25:53Aujourd'hui,
25:54on a, comme je vous l'ai dit,
25:55plus d'ETI.
25:567 000,
25:57on progresse sur le nombre d'ETI.
25:59On est par contre,
26:00depuis deux ans,
26:01sur un retour en arrière.
26:02Alors,
26:03je n'ai pas le nombre,
26:03je ne vais pas vous donner le nombre,
26:04je vais vous dire une bêtise.
26:06Mais par contre,
26:07effectivement,
26:07on voit un ralentissement
26:08de l'investissement,
26:09un ralentissement des recrutements,
26:10un certain nombre d'ETI
26:11qui se vendent,
26:12un certain nombre d'ETI
26:12qui sont en difficulté.
26:15Et donc,
26:16on est dans une situation
26:17qui est aujourd'hui plus dure.
26:19Ce n'est pas une fatalité.
26:22Je pense qu'il ne faut pas penser
26:23que c'est une fatalité.
26:24Le problème de notre pays,
26:25c'est que depuis 30 ans,
26:27les entreprises sont
26:27la variable d'ajustement.
26:29Il faut que les entreprises
26:30deviennent la variable
26:31de création de richesse.
26:32Il nous reste très peu de temps,
26:34Philippe Dornano,
26:35pour ne pas dire pas de temps.
26:37Est-ce que,
26:37dans ce contexte
26:38que vous décrivez,
26:39est-ce que vous dites,
26:40vous êtes à la tête,
26:41vous et votre famille,
26:43d'un bijou
26:43qui s'appelle Sisley,
26:45que tous les grands,
26:46les géants du luxe
26:47et de la cosmétique
26:47lorgne en disant
26:48quand est-ce qu'on va pouvoir
26:49l'avaler ?
26:50Est-ce que vous vous dites,
26:51là, il y a trop
26:53la coupe est pleine,
26:54mais comme peut dire
26:55beaucoup d'autres patrons
26:56d'ETI,
26:57je vends.
26:59On a effectivement
27:00une passion
27:01pour ce métier.
27:03Je suis heureux
27:03de pouvoir aussi en parler.
27:04On a une passion
27:05pour la cosmétique.
27:06Ma famille travaille
27:06dans la cosmétique
27:07depuis près de 100 ans.
27:08On a montré plusieurs affaires.
27:10On a une entreprise
27:11qu'on vit avec passion.
27:13On a créé
27:13des nouvelles marques.
27:14On a créé
27:15des nouveaux produits.
27:16On a des équipes
27:17qui sont formidables,
27:18qui ne sont pas seulement françaises,
27:19parce qu'on travaille,
27:20on a plus de 120 000 nationalités.
27:23Nous, on n'a pas de problème.
27:25On n'a plutôt que
27:27principalement des femmes
27:28puisqu'on a plus de 85 %
27:29de nos salariés
27:30qui sont des femmes.
27:31À salaire égal,
27:33travail égal ?
27:33Oui, c'est entre les salariés.
27:36Le salaire n'est jamais égal.
27:38À travail égal,
27:39salaire égal,
27:40ça dépend de la qualité du travail.
27:41Mais le sujet
27:42de transport en salarié,
27:43c'est à post-égal,
27:44ce n'est pas à travail égal.
27:45Et donc,
27:48on poursuit cette aventure,
27:50on poursuit ce développement
27:51dans un contexte économique
27:52pour la cosmétique
27:53aussi plus dur.
27:54Impacté quand même
27:55par les alléas géopolitiques,
27:56j'imagine que ce soit
27:57les droits de douane.
27:58Impacté par les droits
27:58de douane américains,
27:59impacté par les surréglementations
28:01dont on parlait,
28:03impacté par l'énergie,
28:04même si ça s'est un peu
28:04amélioré pour l'électricité,
28:06impacté par les réglementations
28:08chinoises
28:09et par,
28:10d'une certaine manière,
28:11la moindre ouverture du monde
28:13qui se profile
28:13et qui, effectivement,
28:15impacte les entreprises
28:16qui produisent en France
28:16et qui, à partir de la France,
28:17vendent dans le monde entier.
28:18Donc, la réponse est non.
28:20Les Islet n'est pas à vendre,
28:22même si vous en avez
28:23ras-le-bol de tous ces...
28:24C'est à développer.
28:24C'est à développer.
28:26Merci beaucoup
28:26d'avoir été avec nous,
28:27Philippe Darnano,
28:28donc le patron de Sisley.
28:29Vous l'avez compris
28:30et coprésident du métier
28:31était notre invité.
28:32Dans un instant,
28:33je reçois Henri-Pierre Garnier.
28:34Il est président de Mutares
28:36pour la France.
28:37Mutares est une holding industrielle,
28:39un fonds d'investissement
28:40qui est spécialisé
28:40dans les entreprises
28:43dans le retournement.
28:45C'est coté à la bourse
28:46de Francfort.
28:47La question,
28:47est-ce que ces fonds,
28:48est-ce que c'est sauveteur
28:49ou prédateur ?
28:50C'est Utain qui avait repris
28:51la paire.
28:52On en parle dans un instant.
28:54BFM Business et la Tribune
28:55présente
28:58le 18-19
29:00d'Edwis Chevrillon.
29:03Le 18-19
29:05se poursuit avec mon invité
29:06Henri-Pierre Garnier.
29:07Il est président de Mutares
29:09pour la France.
29:09Bonsoir Henri-Pierre Garnier.
29:11Bonsoir.
29:11Merci d'être là.
29:13Mutares,
29:14on va expliquer,
29:14vous,
29:14c'est la filiale française.
29:15Mutares,
29:16c'est une holding industrielle
29:18allemande
29:18ou un fonds
29:20qui reprend
29:21des entreprises
29:22qui sont en société
29:23qui sont en retournement,
29:25qui ont connu
29:26des difficultés
29:26que vous reprenez.
29:28Société qui est cotée
29:29à la bourse de Francfort.
29:31Absolument.
29:32Et vous,
29:32notamment,
29:33vous êtes connu,
29:34vous avez repris
29:35la paire,
29:36on s'en souvient aussi.
29:37Peugeot Cycle
29:38que vous venez de revendre
29:40tout de suite.
29:41C'est un fonds de retournement.
29:42C'est vrai qu'on connaît
29:43peu en France
29:44qui, je dois reconnaître,
29:45n'a pas forcément
29:46bonne presse
29:46quand on regarde
29:48ce que vous faites.
29:49Vous êtes très critiqués
29:51en disant
29:51est-ce que, en fait,
29:52c'est des charognards
29:53ou au contraire
29:53est-ce que ce sont
29:54des sauveurs ?
29:55En deux mots,
29:56expliquez-nous Mutares,
29:57l'histoire de Mutares
29:58et vous,
29:59ce que vous faites
30:00parce qu'en plus,
30:00vous venez de prendre
30:01les rênes
30:01de devenir président
30:03de Mutares pour la France.
30:04Alors, avant tout,
30:05je vous remercie
30:06de me donner l'occasion
30:06de préciser quelque chose.
30:08Nous ne sommes pas
30:08un fonds d'investissement.
30:09Nous sommes une entreprise
30:11industrielle
30:11cotée à Francfort,
30:12ce qui apporte son lot
30:16de contrats,
30:16c'est notamment
30:17sur la transparence
30:18que nous impose
30:19l'autorité des marchés
30:20financiers allemande.
30:21Et donc,
30:22contrairement à des fonds
30:23d'investissement,
30:24nous avons cette exigence
30:25de transparence,
30:26nous publions l'intégralité
30:27de nos résultats
30:28et donc,
30:29tout un chacun
30:30peut savoir très rapidement
30:31ce qui fonctionne
30:32et ce qui ne fonctionne pas
30:33dans le retournement.
30:35Là où vous avez raison,
30:36c'est qu'effectivement,
30:37nous nous intéressons
30:38à des sociétés
30:39en difficulté,
30:40ayant des résultats
30:41opérationnels
30:42très dégradés,
30:43très négatifs,
30:44donc des sociétés
30:44qui perdent de l'argent.
30:45C'est là où nous intervenons
30:47parce que nous avons
30:50au sein de nos équipes
30:52une équipe
30:52de 150 experts
30:54opérationnels.
30:55En France ou au total ?
30:56Au total,
30:57dont une trentaine en France
30:58qui interviennent
30:59cinq jours par semaine
31:00dans les sociétés
31:00que nous reprenons
31:01pour mettre en place
31:02les plans de transformation
31:03et les plans de retournement
31:04dans ces sociétés.
31:05Oui.
31:06Donc c'est un métier
31:07un peu particulier,
31:08il n'y a pas beaucoup
31:11de groupes,
31:12de sociétés
31:12ou de fonds
31:14puisque vous avez été
31:15auditionnés
31:16par Aurélie Trouvé
31:17dans la commission
31:18qu'elle avait fait
31:20justement sur
31:21les fonds spéculatifs,
31:23la prédation
31:23des capacités
31:26productrices.
31:27Donc vous nous direz
31:27dans un instant
31:28qu'est-ce que vous en avez retiré.
31:30Vous avez...
31:30Quels sont les secteurs
31:31de prédilection
31:33pour vous,
31:34sachant que jamais
31:36le taux de faillite
31:38n'a été aussi élevé
31:39en France,
31:40plus de 70 000
31:41en 2025,
31:42je crois,
31:43et au premier trimestre
31:44c'est aussi
31:45très très mauvais
31:46comme indicateur.
31:47Alors faisons attention
31:48aux chiffres
31:49parce qu'effectivement
31:49on parle beaucoup
31:50des 70 000 faillites
31:51en France
31:52ou des faillances
31:52pour être plus précis.
31:54Il faut retrancher
31:55à cela
31:56une immense majorité
31:57d'entreprises
31:58unipersonnelles
31:59et donc nous
32:00en tant que fonds
32:00de retournement
32:02nous étudions
32:02à peu près
32:03200 dossiers
32:04par an
32:04en France
32:041000 à 2000
32:06dans le monde
32:08également
32:09et
32:10ces 100 à 200 dossiers
32:12en France
32:13ils recouvrent
32:13des réalités
32:14très différentes.
32:14Alors vous en avez
32:15un petit peu parlé
32:15effectivement
32:16aujourd'hui
32:17il y a des secteurs
32:17qui sont plus particulièrement
32:18touchés
32:19par la situation économique
32:21française
32:21et par les impacts
32:23de la situation internationale.
32:25Vous avez évoqué
32:26l'automobile
32:26nous avons un portefeuille
32:28assez conséquent
32:29effectivement
32:30d'équipementiers
32:30automobiles
32:31qui ont connu
32:33quelques années
32:33plus compliquées
32:34mais au sein
32:35desquelles
32:36nous sommes capables
32:37aussi de créer
32:38de la valeur
32:38grâce aux experts
32:39dont je parlais
32:40justement.
32:40On va parler
32:41sur la question
32:42de création de valeur
32:42pour savoir
32:43comment vous l'obtenez
32:44justement.
32:45Mais continuez
32:46sur les secteurs ?
32:47Aujourd'hui
32:47la différence
32:48avec ce qu'on a pu voir
32:49par le passé
32:50en termes
32:51d'impact sectoriel
32:52c'est que
32:53moi ça fait 10 ans
32:54que je fais ce métier
32:55en 10 ans
32:56j'ai vu passer
32:57la crise
32:58de l'automobile
32:58la crise
32:59de l'acier
33:00d'hérurgie
33:00la crise
33:01de la distribution
33:01la crise
33:02du papier
33:02aujourd'hui
33:03ce sont
33:04d'autres secteurs
33:05mais ce sont
33:06surtout presque
33:06tous les secteurs
33:07qui sont touchés
33:08en même temps
33:09aujourd'hui
33:10on parle
33:10de papeterie
33:11on parle
33:12de chimie lourde
33:13on parle
33:14d'entreprises
33:14pharmaceutiques
33:15même de laboratoires
33:16pharmaceutiques
33:16qui sont des sociétés
33:17qui bénéficiaient
33:19par le passé
33:20de marges conséquentes
33:21qui leur permettaient
33:22de voir l'avenir
33:23très sereinement
33:23mais qui aujourd'hui
33:24sont également
33:25impactés
33:26par le ralentissement
33:26économique
33:27qu'on connaît
33:27alors quand vous regardez
33:28une entreprise
33:29comme ça
33:30comment vous choisissez
33:31vos dossiers
33:33c'est un peu
33:34la question
33:34qu'on peut se poser
33:35est-ce que c'est vous
33:36qui êtes contacté
33:37c'est vous qui contactez
33:38au contraire
33:39les propriétaires
33:40en disant
33:41de l'entreprise
33:42en disant
33:43tiens vous n'arrivez pas
33:44on va peut-être arriver
33:45ou souvent
33:46vous retirez une épine
33:47dans le pied
33:48du vendeur
33:50on peut voir ça
33:50comme ça
33:51c'est vrai
33:51la réalité
33:52c'est que
33:53pour la plupart des dossiers
33:54nous sommes contactés
33:55car nous sommes identifiés
33:56comme une solution
33:58pour les actifs
34:00qui deviennent
34:00non stratégiques
34:01pour les groupes
34:02cédants
34:04ça n'est pas
34:05forcément une épine
34:06dans le pied
34:06du cédant
34:07que nous aidons
34:08à retirer
34:09je pensais
34:09aux différentes sociétés
34:11certaines sont plus connues
34:12les acquisitions
34:13que nous réalisons
34:14finalement
34:15sont plutôt le fruit
34:16de réflexions stratégiques
34:19en amont
34:19de la part des cédants
34:20qui veulent se reconcentrer
34:21sur certaines activités
34:22je vais vous dire
34:23quelque chose
34:23de très simple
34:24on ne fait pas de bonnes affaires
34:25dans les crises
34:26et nous ne profitons pas
34:27des crises
34:28pour avoir plus d'opportunités
34:29d'acquisition
34:30et pour réaliser plus d'acquisition
34:32pourquoi ?
34:32parce que les crises
34:33ce sont des catalyseurs
34:34et ces catalyseurs
34:36soit ils révèlent
34:37des difficultés profondes
34:39qui font que la société
34:40aurait probablement échoué
34:41à très long terme
34:43soit
34:45elles mettent
34:46un groupe cédant
34:47dans une position
34:48d'attentisme
34:49et ce groupe cédant
34:50va plutôt repousser
34:52sa décision
34:53de désinvestir
34:54et de se recentrer
34:54sur ses activités
34:55à lui
34:55oui
34:56mais bon
34:57quand on regarde
34:58concrètement
34:59les noms
35:00alors je ne vais pas
35:01tous les citer
35:02évidemment
35:02parce que c'est
35:03des secteurs
35:04qui ne sont pas forcément
35:05des entreprises
35:06qui ne sont pas connues
35:07mais vous avez
35:08Valourec aussi
35:09par exemple
35:10qui va céder
35:10sa filiale
35:11Valti
35:12il y a des entreprises
35:13des sous-traitants
35:14économiques
35:15dans l'automobile
35:17c'est un point
35:18quand même
35:19qui montre
35:21que vous êtes là
35:23vous trouvez
35:25une solution
35:25à des groupes
35:26qui ne sont pas
35:27forcément en bonne santé
35:28qui eux ont envie
35:29de s'arrer devant
35:30cette entreprise
35:31oui mais lorsque nous
35:33faisons l'acquisition
35:34d'une entreprise
35:34nous le faisons
35:35parce que nous décelons
35:36un potentiel de rebond
35:37dans cette entreprise
35:38il est vrai
35:39dans l'histoire
35:40de Mutares
35:41que nous avons eu
35:41quelques échecs
35:42parce qu'on s'intéresse
35:43à des situations
35:44extrêmement risquées
35:45extrêmement difficiles
35:46beaucoup plus complexes
35:48que celles
35:52je ferai plutôt
35:53le parallèle
35:53avec le monde
35:54du LBO
35:55du fonds d'investissement
35:56du private equity
35:57comme on peut les appeler
35:58qui vont s'intéresser
36:00à des sociétés
36:00rentables
36:01stables
36:02et en croissance
36:02de notre côté
36:04nous sommes
36:05à l'extrême
36:06de la courbe
36:07du risque
36:07puisque nous regardons
36:09des sociétés
36:09qui sont très souvent
36:10en perte de vitesse
36:11qui ont un déficit
36:13de compétences
36:14managériales
36:15peut-être
36:15et qui ne sont plus
36:16cœur de métier
36:17pour les groupes sédants
36:18et donc manque
36:19peut-être un peu
36:20d'attention
36:20et cette attention
36:21elle peut se traduire
36:22très concrètement
36:22aussi par un manque
36:23d'investissement
36:24qui amène
36:25les difficultés
36:26quand vous arrivez
36:27dans une entreprise
36:28vous regardez quoi
36:29vous regardez
36:30là tout de suite
36:32vous pouvez dégager
36:33des marges
36:33forcément
36:34donc vous
36:35vous
36:38restreignez
36:39le périmètre
36:39vous vendez
36:41des magasins
36:41vous avez fait
36:42encore une fois
36:43chez la paire
36:44vous faites
36:44ça dépend évidemment
36:45de la situation
36:45qu'on trouve
36:46mais nous avons
36:46un processus
36:47non mais c'est pour essayer
36:47de rentrer un peu
36:48dans le concret
36:48et rentrons exactement
36:49dans le concret
36:50vous avez raison
36:51nous avons un processus
36:52qui est très défini
36:53qui résulte
36:54des plus de 130 acquisitions
36:55que nous avons réalisées
36:56et c'est quoi ce processus
36:57ce processus
36:58je vais le résumer
36:59en trois phases
37:00la première phase
37:01c'est de stabiliser
37:02la trésorerie
37:03et la consommation
37:03de trésorerie
37:04dans la plupart des cas
37:05donc qu'est-ce que ça veut dire
37:07cela veut dire
37:07faire le tour
37:08de tous les fournisseurs
37:10pour comprendre
37:10où nous pouvons
37:12améliorer la situation
37:13cela veut dire
37:14revoir
37:14les plans d'investissement
37:16pour comprendre
37:16lesquels sont nécessaires
37:18immédiatement
37:19ou lesquels peuvent être
37:20aussi revus
37:22dans le temps
37:22dans un deuxième temps
37:24nous allons nous intéresser
37:25évidemment
37:25à la structure de coût
37:26ce qui va permettre
37:27de pérenniser
37:28l'entreprise
37:30à long terme
37:30et puis enfin
37:32nous allons
37:33nous concentrer
37:34sur ce qu'attend
37:35le client
37:35puisque ce qu'attend
37:37le client
37:37c'est ce qui va permettre
37:38de relancer
37:38l'activité de la société
37:39et donc
37:41de la pérenniser
37:42à très long terme
37:42en la remettant
37:43dans la paire
37:44mais par exemple
37:44si je prends
37:45parce que comme c'est
37:45le cas le plus emblématique
37:47c'est comme ça
37:47en tous les cas
37:48pour la France
37:48si je prends
37:49l'histoire
37:50de
37:52j'allais dire
37:53de Valorec
37:54non de la paire
37:54vous avez fermé
37:56quasiment fermé
37:57tous les magasins
37:58de la paire
37:58alors non
37:59je vous arrête
38:00je vais vous retrouver
38:01les chiffres
38:01au niveau de la paire
38:02nous avons repris
38:03une société
38:04en 2021
38:05qui n'était pas très en forme
38:07nous sommes d'accord
38:07qui n'était pas très en forme
38:08ça c'est vrai
38:09c'est Saint-Gobain
38:09qui voulait te vendre
38:10on peut parler
38:11d'une consommation
38:13de trésorerie
38:13à l'époque
38:14de l'ordre
38:14de 100 millions d'euros
38:15par an
38:16en revanche
38:16il est faux
38:17de dire que nous avons
38:18fermé les magasins
38:19la paire d'abord
38:20c'est un animal
38:21un petit peu à deux têtes
38:23vous avez
38:23d'une part
38:24neuf usines
38:25à travers toute la France
38:26et d'autre part
38:27120 magasins
38:29nous sommes passés
38:30de 130 magasins
38:31à 120 pour se recentrer
38:32sur les zones commerciales
38:33les plus dynamiques
38:34mais
38:36et nous avons repris
38:373200 salariés
38:38en 2021
38:39ils sont
38:40aujourd'hui
38:41nous avons conservé
38:42plus de 70%
38:43des emplois
38:44oui vous avez fermé
38:4410% des effectifs
38:46en tous les cas
38:46c'est ce que disent
38:47oui
38:48donc aujourd'hui
38:49le groupe la paire
38:50est d'une taille
38:51assez comparable
38:52à celle que nous avions retrouvée
38:54en revanche
38:54nous avons fait
38:55des programmes
38:55d'économie massifs
38:57on parle de 80 à 100 millions
38:58d'euros
38:59d'économie annuelle
39:00nous avons réinvesti
39:02dans l'outil productif
39:03nous avons lancé
39:04de nouveaux produits
39:04peut-être arrêté
39:05certaines lignes de produits
39:06aussi
39:07qui handicapaient
39:09la compétitivité
39:10du groupe
39:10mais aujourd'hui
39:12nous travaillons encore
39:13sur le retournement
39:15et la relance
39:16de la paire
39:16avec comme
39:18point d'attention
39:19tout particulier
39:20évidemment
39:21l'expérience client
39:22et je suis assez fier
39:23aujourd'hui
39:24je le voyais ce matin
39:25que la paire
39:26ait été récompensé
39:27par le classement
39:28Louisville
39:29pendant la catégorie
39:30bricolage
39:30pour l'expérience client
39:32et que vous allez en faire quoi
39:33ensuite ?
39:34une fois que ça y est
39:35vous considérez vous
39:36que c'est remis sur des rails
39:38vous allez en faire quoi ?
39:39vous allez le revendre ?
39:40vous allez le vendre
39:41à ses cadres ?
39:42c'est quoi votre sortie ?
39:44parce que dans les fonds
39:45il y a toujours
39:45une question de sortie
39:46j'aimerais vous le dire
39:47alors encore une fois
39:48nous ne sommes pas un fonds
39:49nous sommes une holding
39:50industrielle
39:50c'est pour ça que je me permets
39:51de reprendre cette expression
39:53j'ai pu le dire à tort
39:54effectivement
39:55mais
39:56au niveau de la paire
39:57nous nous considérons
39:58que l'histoire
40:00est terminée
40:01le jour
40:01où effectivement
40:02la société sera stable
40:04profitable
40:04et retrouvera
40:05la croissance
40:06à ce moment là
40:07je suis bien embêté
40:08pour vous dire
40:09quel investisseur
40:10cela pourra intéresser
40:11est-ce que ce sera
40:12un acteur du secteur
40:13qui voudra capitaliser
40:14sur la marque
40:15et les actifs productifs
40:16du groupe
40:16est-ce que ce sera
40:17plutôt un distributeur
40:19qui voudra
40:19aussi utiliser
40:21ce très fort réseau
40:22de distribution
40:22qu'est la paire
40:23aujourd'hui
40:24je ne saurais vous dire
40:25c'est quoi la durée
40:28de vie chez Mutarez
40:29d'une entreprise ?
40:31en moyenne
40:32finalement
40:32figurez-vous
40:33que nous faisons
40:34à peu près
40:34ce que font
40:35les fonds d'investissement
40:36nous détenons
40:36nos sociétés
40:37en moyenne
40:37entre 5 et 6 ans
40:38c'est une durée
40:40de détention
40:40assez normale
40:41bien sûr
40:42c'est logique
40:43mais même s'il est vrai
40:44que le retournement
40:48parfois
40:49doit être effectué
40:50et doit être
40:51réussi
40:52dans des temps
40:52plus réduit
40:53c'est vrai
40:54qu'on travaille
40:55sous contrainte
40:55de trésorerie
40:56puisque la trésorerie
40:57s'amenuise
40:58au fil du temps
40:58sous contrainte
40:59de temps
41:00donc forcément
41:00et que
41:02nous nous considérons
41:04que
41:05disons que
41:06nous pouvons mettre
41:06en place
41:07un certain nombre
41:07d'actions
41:07pendant
41:083 ans
41:094 ans
41:095 ans
41:10au-delà
41:11au-delà
41:11de 5 ans
41:11je pense
41:12que
41:12nous aurons
41:12peut-être
41:13épuisé
41:13nos moyens
41:14d'action
41:15et qu'à ce moment-là
41:15un nouvel actionnaire
41:16peut venir soutenir
41:18la croissance
41:18de la société
41:19en ce moment
41:20le mutares France
41:21avait combien d'entreprises
41:22aujourd'hui nous avons
41:23une dizaine d'entreprises
41:24en France
41:26qui représentent
41:27à peu près
41:27un milliard et demi
41:28de chiffres d'affaires
41:31mais dans des activités
41:32très diversifiées
41:33vous avez effectivement
41:33beaucoup d'automobiles
41:34avec notamment
41:36le groupe Valor
41:37le groupe Moltex
41:38respectivement
41:39dans les pièces métalliques
41:39et dans les pièces plastiques
41:41nous avons fait
41:43très récemment
41:44l'acquisition
41:44d'une société
41:46qui s'appelle maintenant
41:46Holiday Premium Pigments
41:48située à Comines
41:49dans les Hauts-de-France
41:50et qui est
41:51une petite pépite
41:53de 35 millions d'euros
41:55de chiffres d'affaires
41:55qui est le numéro 2 mondial
41:57du pigment bleu
41:58alors le pigment bleu
41:59c'est une poudre bleue clin
42:01voyez-vous
42:02une poudre bleue clin
42:02qui va dans tous les revêtements
42:04les peintures
42:05les produits pharmaceutiques
42:07et qui permet
42:08soit de rendre le noir
42:09plus noir
42:10soit de rendre le blanc
42:11plus blanc
42:11mais en tout cas
42:11de raviver les couleurs
42:13ou évidemment
42:13de donner une teinte bleue
42:14à certains produits
42:17et en Allemagne
42:18au total
42:19Mutares
42:19parce que vous avez dit
42:21tout à l'heure
42:21c'est coté
42:22donc à la brosse de Francfort
42:23Mutares
42:23donc il y a évidemment
42:24des reprises en Allemagne
42:27c'est aussi international
42:28vous reprenez ça ailleurs
42:30aussi ou quoi ?
42:31Oui Mutares
42:32aujourd'hui est présent
42:32dans 12 pays d'Europe
42:3312 pays d'Europe
42:34mais également aux Etats-Unis
42:35en Chine
42:36au Japon
42:37et en Inde
42:37donc vous voyez
42:38on couvre à peu près
42:40toutes les grandes géographies
42:41et Mutares au global
42:42nous avons affiché
42:44un chiffre d'affaires
42:45l'année dernière
42:45de 6 milliards et demi
42:47consolidés évidemment
42:48en prenant toutes nos participations
42:50voilà
42:51mais qui représente
42:53les choux et les carottes
42:54j'ai envie de vous dire
42:54puisque nous avons
42:55une quarantaine de participations
42:57sous ces 6 milliards et demi
42:58le dénominateur commun
42:59c'est l'entreprise en difficulté
43:00c'est ça
43:01le dénominateur commun
43:02et la difficulté opérationnelle
43:04de l'entreprise
43:04et notre capacité
43:05à créer de la valeur
43:06avec nos équipes opérationnelles
43:08est-ce que le climat actuel
43:11ça complique un peu la donne
43:12ou au contraire
43:13ça vous offre des opportunités ?
43:15encore une fois
43:16parce qu'il y a pas
43:16les sorties sont difficiles
43:18on voit que le private equity
43:19les transactions sont en forte baisse
43:21alors à nouveau
43:23nous sommes un petit peu
43:24contracycliques
43:24c'est vrai
43:25pour autant on ne peut pas
43:26profiter de la crise
43:27comme je vous le disais
43:28nous préférons reprendre
43:29des sociétés
43:30qui ne sont plus
43:32cœur de métier
43:32pour les sédants
43:33plutôt que des sociétés
43:34qui sont en difficulté
43:34à cause d'une crise
43:35non mais ça vous l'avez dit
43:37mais justement
43:37est-ce que
43:39quand on est dans une crise
43:40on voit que toutes les entreprises
43:41elles serrent les boulons partout
43:42et donc à ce moment-là
43:43elles font des revues de portefeuille
43:45on voit ça
43:46beaucoup dans des entreprises
43:46du CAC 40
43:47et à ce moment-là
43:48dans les revues de portefeuille
43:49ça crée des opportunités
43:50ça créera des opportunités à terme
43:52d'accord
43:53pas maintenant mais à terme
43:54à terme oui
43:55une fois que les groupes
43:56se poseront la question
43:57de sur quoi ai-je passé
43:5980% de mon temps
44:00alors que ça ne représente
44:01que 10 à 20%
44:02de mon activité
44:03et à ce moment-là
44:04effectivement
44:04les décisions de désinvestissement
44:06se prennent
44:06mais c'est dans un second temps
44:10est-ce qu'il y a une différence
44:14vous qui êtes un peu international
44:16enfin européen surtout
44:17est-ce qu'il y a une différence
44:19entre l'Allemagne et la France
44:21dans votre métier ?
44:23Il y a une différence très importante
44:25effectivement
44:26aujourd'hui si on prend par exemple
44:28le thème de la conversion
44:30de l'industrie automobile
44:31à des usages de défense
44:33d'aérospatiale
44:34aujourd'hui nous nous menons
44:36par exemple ces initiatives
44:37de diversification
44:38pour s'éloigner un petit peu
44:40du marché automobile
44:41qui peine à remonter la pente
44:43nous les menons par exemple
44:45sur le site de Valor Bordeaux
44:47où nous étudions
44:48des possibilités
44:49d'assemblage de drones
44:50pour des industriels ukrainiens
44:52où nous étudions
44:53des possibilités de collaboration
44:54avec la DGA
44:55sur diverses lignes de produits
44:58en France
44:59malheureusement
45:00je le déplore
45:01cela prend beaucoup de temps
45:02cela prend beaucoup de temps
45:03que de trouver
45:05quelle porte poussée
45:05que de trouver les bons contacts
45:07et ensuite d'activer
45:08ces programmes
45:09en Allemagne
45:10en Allemagne
45:10c'est une conversion
45:11qui se fait
45:12presque à marche forcée
45:14à l'aide également
45:16de subventions
45:16très importantes
45:17qui permettent
45:18d'accélérer
45:19véritablement
45:20cette conversion
45:20D'une dernière question
45:22vous avez été auditionné
45:24par Aurélie Trouvé
45:25donc sur son rapport
45:27sur la commission
45:29des capacités productives
45:30de fonds spéculatifs
45:31notamment
45:33sur
45:35la paire
45:35où en fait
45:37il y avait un des salariés
45:38qui disait
45:39qu'il y a 9 magasins
45:39qui ont été fermés
45:4031 ont été vendus
45:41et vous apprêtez
45:42à vendre
45:43les 18 derniers
45:44vous voyez
45:44ce n'était pas moi
45:45qui avançais ça
45:45c'est dans
45:46les comptes rendus
45:47de cette enquête
45:48qu'est-ce que vous en avez
45:50qu'est-ce que vous en avez
45:51qu'est-ce que vous en avez
45:52qu'est-ce que vous en avez
45:52qu'est-ce que vous avez retenu
45:52cette commission
45:54alors d'abord
45:55ces commissions
45:55je pense sont un outil
45:57démocratique
45:57extrêmement important
45:58et je trouve que
46:00cette commission d'enquête
46:02tombe à pic
46:02pourquoi elle tombe à pic
46:03parce que nous sommes tous
46:04collectivement
46:05en train de nous poser
46:05en France
46:06la question de la réindustrialisation
46:08et nous notre conviction
46:10c'est
46:11au-delà de la méconnaissance
46:12du métier du retournement
46:13qui effectivement
46:14est assez partagé
46:16nous notre conviction
46:18c'est que le retournement
46:19des entreprises
46:20transformer l'existant
46:21plutôt que de construire
46:22du neuf
46:22c'est un levier de réindustrialisation
46:24c'est un levier
46:25de souveraineté économique
46:26et j'en profite pour dire
46:27que le rapport
46:28Info BFM Business
46:29sera remis le 15 juin
46:31dans une semaine
46:32vous voyez comme ça
46:33on sort tout
46:34merci beaucoup
46:35d'avoir été avec nous
46:36d'avoir expliqué
46:37ce métier
46:38qui est parfois
46:38effectivement
46:39pas toujours
46:40très bien compris
46:41mais qui est nécessaire
46:42comme vous l'avez dit
46:43ça permet à des entreprises
46:44de surfire
46:46d'avoir une seconde vie
46:48voire une troisième vie
46:48merci beaucoup Henri-Pierre Garnier
46:50d'avoir été avec nous
46:50le patron de Mutares France
46:52voilà c'est la fin
46:53de ce 18-19
46:54on se retrouve bien sûr
46:55demain
46:55et tout de suite
46:56vous retrouvez
46:57Stéphanie Collot
46:57comme tous les jours
46:58pour son journal de l'éco
46:59bonne soirée
47:01le 18-19
47:03d'Edwish Chevrillon
47:04sur BFM Business
47:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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