Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 heures
Retrouvez le débrief de l'actu du lundi 20 avril dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Bonjour Willfried Galland. Bonjour Sandra, il faut arrêter de mordre.
00:04Directeur général adjoint de Montpensier Arbevel, on parle de Hormuz qui se referme,
00:08enfin qui se referme après s'être ouvert, ça change toutes les demi-journées.
00:12Il y a des conséquences économiques évidemment, mais c'est un canal de financement majeur
00:17de l'économie mondiale et américaine qui pourrait se refermer
00:21et peut-être qu'on irait vers une pénurie des capitaux, c'est ce qui vous fait peur ?
00:25Oui, c'est à dire qu'en fait je pense qu'on ne le voit pas aujourd'hui.
00:28Oui, clairement, on n'a pas du tout d'impact aujourd'hui sur les flux de financement
00:33de l'économie mondiale ni sur les flux dans les marchés financiers.
00:36Mais ce qui est clair, c'est que compte tenu de ce qui est en train de se passer dans
00:40la région,
00:40et c'est une région qui est très importante aujourd'hui pour justement le financement
00:45d'un certain nombre d'opérations, on ne peut pas oublier que c'est le fonds souverain
00:48par exemple d'Arabie Saoudite qui a fait une opération à plus de 50 milliards de dollars
00:52pour enlever Electronic Arts de la bourse avec le soutien de JP Morgan.
00:55Et quand vous voyez les deals de M&A qui sont faits à Wall Street,
01:01à peu près la moitié implique des capitaux venus du Golfe.
01:05Donc aujourd'hui, il n'y a pas aujourd'hui d'impact,
01:07mais compte tenu de ce qui est en train de se passer,
01:09il est très probable que les capitaux qui étaient fléchés vers les fonds souverains
01:14qui après allaient faire des opérations et donc alimenter cette espèce d'énorme masse d'épargne
01:18qui allait se déverser dans les marchés, dans l'intelligence artificielle,
01:21dans les data centers, dans d'autres types d'économies.
01:24Il est fort à parier que tout ceci va se réorienter vers des investissements
01:30dans les infrastructures dans la région, par exemple dans des pipelines,
01:33dans des usines de drones, dans de la protection directe des populations et de l'économie
01:38et ne va plus alimenter cette espèce de flux financier permanent
01:42à la fois vers la dette américaine, ça tout le monde en parle,
01:45cette espèce de financement vers la dette américaine,
01:47mais globalement dans l'économie financière et donc on va avoir probablement
01:51un espèce de rétrécissement de cette masse d'épargne dans laquelle tout le monde tapait
01:56et donc là il va falloir suivre ça, pas nécessairement là dans les semaines qui viennent
02:01mais je pense dans les trimestres à venir, d'ici un, deux, trois trimestres,
02:05comment est-ce que tout ceci, une fois que la poussière sera retombée,
02:07comment est-ce que tout ceci va se rééquilibrer au niveau de l'épargne mondiale
02:11et au niveau des circuits de financement ?
02:12Il va y avoir des impacts, on n'est pas quand même à la fin de l'histoire.
02:15Oui, on n'est pas à la fin de l'histoire, on ne sait pas tellement où on en est
02:18dans l'histoire
02:18parce que ça change justement et la poussière ne retombe pas pour le moment,
02:21donc c'est ça que ça a finalement...
02:24C'est comme le plâtre, il y en a partout à la fin.
02:26Est-ce que les marchés le voient ? Est-ce qu'ils sont dans le déni aujourd'hui ?
02:30Alors, ils ne sont pas aujourd'hui dans le déni,
02:33mais ils sont dans une espèce d'équilibre pour dire,
02:36mais en fait, il se passe quelque chose aujourd'hui
02:39qui, jusqu'à présent, a été déjà testé dans le passé.
02:44Vous savez, dans les marchés financiers, on a deux volets.
02:48On a ce qui n'a jamais été testé,
02:49et ça en général, c'est la grande sidération et parfois les grandes paniques.
02:53Ça a été le cas, par exemple, quand vous avez laissé tomber Lehman Brothers en 2008,
02:57ça a été le cas lorsque vous avez justement des chocs comme la pandémie,
03:01on disait d'un seul coup, on n'a jamais connu ça des économies qui se referment.
03:04En revanche, là aujourd'hui, ce qui est considéré encore,
03:07encore aujourd'hui comme étant un simple, je mets des guillemets,
03:10chocs pétroliers, on l'a déjà vécu plusieurs fois dans l'histoire.
03:14Et en dollars constants, on est loin d'être dans les chocs qu'on a connus en 1973,
03:19ni même en 2008.
03:20En 2008, souvenez-vous, le pétrole était à 150 dollars.
03:23Au niveau du dollar d'aujourd'hui, ça ferait 200 dollars, un peu plus de 200 dollars.
03:27Aujourd'hui, ce matin, on est à entre 85 et 95,
03:29on est monté à 120, 125, on n'est jamais monté vers ces extrêmes-là.
03:34Donc les marchés en caisse.
03:36Toute la question maintenant, c'est effectivement,
03:38est-ce qu'on va avoir des chocs sur les chaînes de valeur,
03:42des chocs de pénurie qui n'ont pas été anticipés,
03:44et qui, au-delà des chocs financiers que je mentionnais,
03:47pourraient effectivement faire des chocs économiques importants ?
03:49Pour l'instant, les marchés nous disent non.
03:53Ma devise numéro un, c'est quand les marchés parlent, il faut les écouter.
03:56Donc ils ont raison.
03:58Mais être vigilant parce que ça peut bouger très vite.
04:00Et on voit qu'au fur et à mesure que les scénarios changent,
04:03les scénarios de marché également changent,
04:04et qu'on pourrait avoir pas mal de volatilité dans les jours qui viennent.
04:06Si on n'a pas cette réouverture définitive du détroit d'Hormuz,
04:11l'économie mondiale peut vivre avec plus de frictions,
04:15elle ne peut pas vivre avec plus de blocages.
04:18Tant que c'est des frictions avec des prix associés,
04:21l'économie l'encaisse.
04:22Peut-être qu'on va avoir un petit peu moins de profit,
04:25mais ça, ce n'est pas très grave.
04:26En revanche, dès lors qu'on a des blocages,
04:28là, on est sur des choses qui sont beaucoup plus graves.
04:30Pour finir, on va se concentrer particulièrement sur la Chine.
04:33Est-ce que la Chine souffre plus qu'elle ne le dit ?
04:35En fait, moi, je voulais conclure par là,
04:38en disant qu'on entend beaucoup, comme toujours,
04:41on a une espèce de cynolâtrie parfois,
04:43ou de cynophascination,
04:44en disant finalement, c'est les Chinois les grands gagnants.
04:46Quand on regarde l'économie chinoise,
04:48ça devient quand même très difficile
04:49pour beaucoup de pans de l'économie.
04:52D'abord parce que lorsque vous avez construit une économie
04:54qui dépend de l'extérieur,
04:55qui dépend des exportations,
04:57et quand le reste du monde souffre,
04:58vous souffrez aussi.
04:59Et puis à l'intérieur,
05:00vous avez certes des stocks stratégiques,
05:02des stocks stratégiques de produits finis de pétrole.
05:05En revanche, les raffineurs, par exemple, chinois,
05:07les petits raffineurs chinois,
05:08souffrent beaucoup.
05:09Quand vous regardez le prix du méthylène,
05:10le prix du plastique,
05:11le prix d'un certain nombre de composants
05:13dérivés directement du pétrole,
05:14mais qui ne sont pas le gasoil,
05:16l'essence, le kérosène dont tout le monde parle,
05:18effectivement, vous avez des chocs très importants
05:20sur l'économie chinoise.
05:21Donc, elles souffrent plus que ce qu'on veut bien en dire.
05:24Et en plus, la Chine,
05:26ce qu'elle aime bien,
05:26c'est quand même un environnement qui est stable.
05:28Oui, mais pourtant, elle s'adapte très, très vite.
05:29Elle sait faire ça, quand même.
05:31Alors, elle s'adapte,
05:32mais ce n'est pas l'agilité
05:34dans le cadre d'une économie
05:36qui est quand même centralisée démocratiquement,
05:38comme on disait dans notre jeune temps.
05:40Ce n'est pas nécessairement la première de ses qualités.
05:43Elle est très forte pour définir un cap
05:45et mettre toutes ses forces là-dessus.
05:47La question maintenant,
05:48c'est est-ce que dans un monde qui bouge
05:50minute par minute,
05:51est-ce qu'elle va réussir à s'adapter suffisamment vite
05:53avec suffisamment d'agilité ?
05:54Le capitalisme, pour ça,
05:55le vrai avec du libéralisme,
05:56ce n'est pas mal non plus.
05:57Merci beaucoup, Wilfried Galland,
05:58directeur général adjoint de Montpensier,
06:00d'avoir été dans le débrief
06:02de cette matinale de l'économie.
Commentaires

Recommandations