00:00Sur 43 sur BFM Business et sur RMC Live, on est totalement premier sur l'économie, c'est que cette
00:06matinale est très écoutée, la matinale de l'économie.
00:09Vous avez accepté, Marc Fiorentino, de parler des résultats d'entreprise et je vous en remercie ce matin parce qu
00:14'on a toute une flopée de résultats qui nous racontent quand même que ceux qui vont être bouleversés par l
00:18'IA vont passer une sale journée encore aujourd'hui en bourse.
00:20Et ceux comme Safran, qui ont des business industriels, évidemment, eux, continuent de surperformer.
00:27Là, clairement, la révolution de l'IA, on la voit sonnante et trébuchante.
00:29C'est vraiment très passionnant parce que les Américains ont toujours des termes, ils ont créé le AI Scare Trade,
00:36c'est-à-dire le trade de la peur de l'IA.
00:37C'est très intéressant ce qui se passe sur l'IA depuis des mois et ça s'est accéléré les
00:42derniers jours.
00:42Bon, on ne va pas reparler d'Anthropic, le système Claude et autres.
00:46Et on voit que la bourse en fait faire un travail absolument incroyable que ne font pas les prévisionnistes d
00:50'ailleurs.
00:50C'est très intéressant, c'est-à-dire que la bourse, de façon précipitée, probablement très exagérée, est en train
00:57d'analyser en fait quels sont les secteurs.
01:00Qui bénéficient de l'IA ? Quels sont les secteurs qui ne sont pas touchés par l'IA ?
01:03On va dire que c'est probablement, par exemple, le secteur de la défense pour l'instant.
01:07Et puis, quels sont les secteurs qui non seulement sont touchés par l'IA, mais vont peut-être disparaître avec
01:12l'IA ?
01:12Donc, on a vu évidemment éditeurs de logiciels.
01:15Donc, c'est quand même 50% de baisse depuis quelques mois, avec une accélération dans les derniers mois.
01:21Puis, on a eu successivement jour après jour.
01:25C'est chaque jour en fait, on a l'impression qu'il y a une sorte de tableau de bord
01:28où on se dit, voilà, et qui on se prend aujourd'hui ?
01:30Et d'ailleurs, quand on regarde les données sur les ventes à découvert des gros fonds spéculatifs,
01:36on s'aperçoit que jour après jour, ils choisissent un secteur.
01:39Donc, il y a eu le secteur des données juridiques et financières.
01:42Et puis après, il y a eu le secteur des grands gestionnaires de fonds,
01:45parce qu'il y a eu ces nouvelles IA qui permettent aux États-Unis de faire de l'optimisation fiscale
01:50sans avoir à passer par un conseiller financier.
01:53Donc, on a vu des choix, par exemple, qui sont des brokers ou des stifols qui se sont effondrés.
01:59Et puis, ainsi de suite, on a à peu près...
02:00Et même le tourisme, parfois, avec des lookings qui se retrouvent au tapis.
02:03On a eu il y a trois jours les services à l'immobilier,
02:08notamment les grandes agences immobilières qui se sont faits, mais totalement laminés.
02:14Alors, ce que je trouve, c'est qu'il y a un paradoxe entre la bourse qui va très vite
02:18et qui exagère,
02:19et puis, comme je disais tout à l'heure, les prévisionnistes qui ne tirent pas le trait sur l'IA
02:24et demain.
02:25C'est-à-dire qu'au-delà de simplement l'aspect boursier,
02:28c'est, au-delà de déterminer qui sont les entreprises qui vont s'en sortir ou pas s'en sortir,
02:33c'est tirer le trait, on va en parler, sur l'emploi.
02:36Parce qu'évidemment, quand on parle de secteurs qui sont touchés aux bourses,
02:40on parle aussi d'emplois qui vont disparaître.
02:42Mais du coup, sur ceux qui vont s'en tirer, c'est-à-dire qu'à la fin, il reste
02:45Safran, Hermès, un peu de Walmart ?
02:49Oui, alors, à court terme, oui.
02:52C'est-à-dire que ça, c'est des entreprises que vous citez qui sont soit totalement immunisées de l
02:55'IA,
02:56pour l'instant, pour l'instant, parce qu'on ne sait jamais ce qui va se produire.
02:59Parce que vous m'auriez dit, il y a deux mois ou trois mois,
03:02que les valeurs dans les données financières et juridiques allaient se faire laminer,
03:07ou que les gérants de fonds allaient se faire laminer,
03:09je n'aurais jamais cru que c'était possible.
03:12C'était imprévisible.
03:15Mais effectivement, donc.
03:16Et il y a ensuite, c'est ça le paradoxe, c'est que les indices boursiers,
03:20même si le Nasdaq a baissé hier, on a perdu près de 2% et autres,
03:23mais on a quand même des indices boursiers qui restent proches de niveaux très importants.
03:28Alors, ce qui est quand même paradoxal et amusant, c'est la résistance du CAC.
03:31Parce que finalement, on se dit qu'à force d'avoir été les cancres...
03:33Parce qu'on est moins techno ?
03:35À force d'avoir été les cancres de la tech, c'est-à-dire à force d'avoir raté totalement...
03:39On a raté totalement l'hier.
03:40En fait, on avait raison.
03:41On n'avait pas raison, mais c'est-à-dire que c'est les derniers qui deviennent les premiers.
03:45C'est-à-dire qu'on a été tellement mauvais dans la tech
03:47qu'on n'a pas bénéficié de la progression des valeurs de tech.
03:51Et aujourd'hui, quand c'est la tech qui se fait défoncer,
03:54évidemment, le CAC qui, lui, est très immunisé par rapport à la tech,
03:58se retrouve presque en position de leader, ce qui est quand même assez paradoxal.
04:01C'est quoi votre analyse sur une entreprise comme Capgemini ?
04:04C'est-à-dire qu'ils vont être balayés ou ils vont intégrer l'IA ?
04:07Ils sont entre deux eaux ?
04:08Je pense que c'est...
04:09Alors, ils ne vont pas être balayés, ils vont l'intégrer et ils vont être réajustés.
04:14Ce qu'il faut dire aux gens qui nous écoutent,
04:15c'est que les valorisations de ces sociétés-là,
04:18pas forcément Capgemini qui avait vu sa valorisation déjà attaquée,
04:21mais les valorisations des éditeurs de logiciels
04:23étaient passées, par exemple, à 10 fois le chiffre d'affaires.
04:27On est passé de 10 fois le bénéfice en quelques années
04:30à 10 fois le chiffre d'affaires.
04:32Donc, est-ce que les entreprises d'édition de logiciels vont disparaître ?
04:35La réponse est non.
04:37Mais est-ce qu'il est justifié de les payer 10 fois ?
04:40La réponse est non.
04:41Donc, on va les payer comme des entreprises normales.
04:43Et comme vous savez, en matière d'analyse financière,
04:46on essaye de déterminer la valorisation par rapport à la valeur terminale.
04:50Et si on se dit que la valeur terminale, elle est de zéro,
04:54dans 10 ans ou dans 15 ans, à cause de l'IA,
04:57on ne peut plus analyser que les flux de bénéfices
05:02qui vont être produits dans les 15 dernières années.
05:04Ça ne donne plus du tout les mêmes valorisations.
05:06Sur l'emploi, une fois qu'on s'est dit tout ça,
05:08on pensait là avoir des chiffres plutôt négatifs du côté des États-Unis.
05:13Ce n'est pas du tout ce qu'on a eu.
05:14Oui, alors, moi je voudrais tempérer,
05:16parce que j'ai vu plein d'articles, les médias s'excitaient sur...
05:20On a 130 000 créations d'emplois.
05:22Moi, j'ai creusé un peu les chiffres,
05:24ils sont quand même très intéressants.
05:25Et tout est dans la santé.
05:26Alors oui, et encore, quand on dit dans la santé,
05:29c'est vraiment les services.
05:30Ça aussi, on est vraiment dans le cœur du sujet de l'IA
05:33avec un paradoxe qui est absolument fantastique,
05:36c'est une révolution industrielle
05:39qui touche les métiers à valeur ajoutée.
05:42Et donc, on est en train d'assister aux États-Unis
05:44à une revalorisation des, ce qu'on appelait avant,
05:48les low-cost jobs.
05:50Dans les 130 000 créations d'emplois,
05:52il y a 130 000 créations d'emplois dans les soins de la santé.
05:57C'est-à-dire qu'on a principalement, pour caricaturer...
06:00Pour la proximité, quoi.
06:01Des infirmiers et des infirmières.
06:03Et ce que rappelait le Wall Street Journal cette semaine,
06:05c'est qu'aujourd'hui, les établissements de santé,
06:08notamment privés, ont tellement de mal à recruter
06:11des infirmiers et des infirmières
06:13qui font des bonus d'accueil de 5 chiffres,
06:16c'est-à-dire de plus de 100 000 dollars.
06:18C'est-à-dire ce que je trouve extraordinaire
06:21d'un point de vue même...
06:22De plus de 100 000 dollars pour des postes d'infirmière.
06:24Oui, de plus de 100 000 dollars,
06:26c'est ce que disait le Wall Street Journal.
06:27En welcome bonus.
06:28Alors, ce que je trouve extraordinaire,
06:29c'est qu'on a une sorte de révolution égalitaire
06:33qui est en train de se produire.
06:34C'est-à-dire qu'on va assister...
06:36Parce que quand vous regardez et vous tirez le trait,
06:38que vous demandez aux gens,
06:39qu'est-ce qui va rester comme emploi ?
06:40Les gens vous disent plombiers, mécaniciens, infirmiers,
06:44soins de la santé.
06:45Des métiers qui étaient sous-valorisés.
06:48Et donc, on va avoir une sorte d'égalitarisme
06:51qui est en train de se faire par le capitalisme,
06:54qui est quand même assez savoureux.
06:56Grâce à l'IA.
06:56Grâce à l'IA.
06:58Moi, je trouve ça absolument incroyable.
07:00C'est-à-dire de se dire qu'au lieu de décréter par l'État
07:03qu'il faut revaloriser les bas salaires,
07:05remonter le SMIG et combattre les inégalités...
07:10Vous dites ça à venir tout seul ?
07:11C'est en train de venir.
07:12C'est-à-dire que de toute façon, on n'a pas le choix.
07:14C'est des métiers qui ne seront pas remplacés.
07:15Alors maintenant, on doit se projeter aussi.
07:18Parce qu'il y a certains métiers low-cost
07:20qui sont remplacés non pas par l'IA,
07:21mais indirectement par l'IA, par la robotique.
07:24Et dans la robotique, il y a de l'IA.
07:25Je voulais vous faire parler de compétitivité européenne
07:28avec cette séquence belge qu'on a eue ces derniers jours.
07:31Vous m'avez répondu de quelle séquence ?
07:34Vous n'avez même pas regardé ?
07:36Je n'ai pas regardé ce sujet-là parce que...
07:39Je n'ai pas...
07:40Mais ça dit quelque chose quand même.
07:41C'est-à-dire que le sujet de compétitivité européenne,
07:43vous ne suivez pas les débats européens
07:45sur la préférence européenne,
07:47sur le 28e régime,
07:48sur l'union des marchés de capitaux.
07:50Vous ne suivez pas.
07:51Non, je ne le suis pas parce que...
07:52En fait, je ne suis qu'un élément pour l'instant
07:54sur la compétitivité européenne.
07:56C'est le pourcentage des mesures de Draghi
07:58qui ont été appliquées.
07:5915% au moins.
08:00On est en moins de 15%,
08:01on est à 13%.
08:02Mais il était là,
08:03Marie-Draghi, au sommet.
08:04Et donc, tant que...
08:06Je dirais qu'il ne sera pas en charge,
08:07en fait, tout simplement.
08:08C'est-à-dire, tant qu'on ne lui donnera pas
08:10les coups des franches
08:11et tant qu'il ne sera pas président de l'Europe
08:14ou de la Commission européenne
08:15et qu'on n'appliquera pas...
08:16Ça ne sert à rien.
08:17Ça ne sert à rien.
08:17Parce que si on va s'exciter
08:20avec des débats...
08:21Et pendant une semaine,
08:22vous en avez parlé, tant mieux.
08:23Mais si on s'excite sur des débats
08:25pour passer de 13% à 14%
08:27des mesures Draghi,
08:28j'avoue que j'ai autre chose à faire.
08:31Sur le chômage français,
08:33ça a été votre combat pendant des années.
08:34Vous disiez, personne ne parle de chômage.
08:37Là, il est remonté, il touche les 8%.
08:39Oui, c'est inéluctable.
08:40Alors, on a en fait une séquence
08:43qui est très passionnante.
08:43De façon plus générale,
08:45si on dézoome un tout petit peu,
08:46on a deux courses de vitesse
08:47qui sont en train de se produire.
08:49On a la course de vitesse de l'IA
08:50qui détruit de l'emploi, on l'a dit,
08:52notamment des emplois à valeur ajoutée.
08:53Et puis, on a de l'autre côté,
08:55la démographie avec la baisse
08:56de la population active.
08:58Et donc, il va falloir savoir
08:59à quel moment il va y avoir
09:02friction ou pas friction ou jonction.
09:04Alors, c'est très intéressant.
09:05Dans des pays qu'on jugeait condamnés avant,
09:08comme le Japon et la Corée du Sud,
09:11en fait, la jonction,
09:12elle est en train de se faire.
09:13C'est-à-dire que l'IA détruit de l'emploi,
09:16mais comme ils n'ont plus
09:17de population active depuis un moment
09:19avec une natalité qui était très basse,
09:21en fait, c'est en train d'avoir
09:23une sorte d'alignement de planètes
09:25qui est favorable et les deux effets
09:27se comprennent.
09:28C'est une question de timing, quoi.
09:29Voilà, une question de timing.
09:30Alors que dans des pays comme la France,
09:32dont on disait, c'est génial
09:33parce qu'on a une natalité
09:35qui est beaucoup plus forte
09:36que dans les autres pays,
09:37on risque d'avoir 10 ans
09:39de décalage entre le fait
09:41que l'IA détruit des emplois
09:43et que la population active
09:45ne diminue pas assez rapidement.
09:46Et comment on finance les retraites
09:48pendant ces 10 ans-là ?
09:49Eh bien, c'est très difficile
09:50et notamment, moi, je suis très inquiet
09:51pour les diplômés d'universités,
09:54de grandes écoles.
09:55Et aux États-Unis, on voit bien,
09:56les embauches de diplômés
09:58sont au plus bas.
09:59Ma crainte, et j'espère que j'ai tort,
10:01c'est qu'on ait une génération sacrifiée.
10:04Vous avez regardé les sujets énergétiques
10:06cette semaine ou pas ?
10:07Oui, absolument.
10:08Non, c'est vrai.
10:09Merci.
10:10Si, alors, et là ?
10:11Ben, évidemment.
10:12C'est-à-dire qu'on a une loi énergétique,
10:14enfin, un cadre énergétique.
10:15Je suis très content.
10:16Quand je vois la une des échos ce matin
10:18sur le nucléaire,
10:20je me dis que les écologistes
10:21doivent s'arracher les cheveux.
10:23Et puis, d'un point de vue énergétique,
10:25moi, ce que je suis de très près,
10:26c'est évidemment les cours de la bourse
10:28parce que je pense que la vraie révolution énergétique,
10:30elle va venir de la base des cours du pétrole
10:34et les fondements des cours du pétrole.
10:36Ça, c'est un élément qui est un élément aussi important
10:38que la démographie,
10:39aussi important que l'IA.
10:41Marc Fiorentino, si vous l'aimez,
10:43vous le retrouvez ce soir à 20h
10:44dont c'est votre argent.
10:46L'émission, je voulais vous l'annoncer ici
10:47en exclusivité, elle sera exceptionnelle.
10:50Ah, ça va nous changer effectivement
10:51des autres vendredis
10:52où c'était un peu en tout cas.
10:53Là, ça sera effectivement exceptionnel
10:55avec des invités dont vous connaissez le nom ou pas ?
10:57Absolument, je les connais tous.
10:58Denis Ferrand, Valentine Nénouz,
11:00Frédéric Rosier et Céline Picmal.
11:02Frédéric Rosier et Céline Picmal,
11:03ils étaient sur le podium
11:04des trois meilleurs gérants de l'année.
11:07Le premier était Sébastien Laleuay.
11:08C'est à retrouver ce soir.
11:11J'étais persuadée que vous ne connaissiez pas la liste.
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