00:008h47 sur BFM Business et sur M, c'est live, notre invitée c'est Bertie Bayer.
00:03Bonjour, rédactrice en chef au Figaro.
00:05On va débriefer l'actualité pétrole et budget dans laquelle nous sommes depuis quelques jours
00:11avec des réflexes qui nous reviennent dès qu'on commence des débats parlementaires.
00:15Demande de baisse de taxes sur l'essence, demande de chèques.
00:18On revient aux fondamentaux.
00:20Oui, on retrouve nos petits comme on les avait quittés avant la campagne des municipales
00:25et donc la période pendant laquelle il y avait des travaux parlementaires avaient été suspendus.
00:29Ils sont revenus mardi à l'Assemblée et les débats effectivement on a l'impression d'avoir un élastique
00:33qu'on avait tendu pendant plusieurs semaines le temps de la campagne
00:36et donc il a été relâché mardi et effectivement c'était Pavlov à l'Assemblée nationale
00:40avec la demande de chèques, de mesures d'aide, toutes les questions au gouvernement étaient
00:45et c'est vrai que c'est l'actualité donc de ce point de vue-là c'est légitime
00:48mais était sur comment on fait pour aider les Français face à la hausse des prix des carburants
00:55et avec déjà des solutions qui là aussi sont assez pas pleuviennes
00:58c'est-à-dire que la gauche a demandé la taxation des riches
01:01quand Roland Lescure était sur France Inter mardi soir je pense
01:05il y a un auditeur sur deux qui lui a parlé à Takzukman
01:07donc comme étant une réponse à ce choc
01:12et puis on a le Rassemblement national qui en plus c'est un sujet dont il a de longue date
01:17fait un de ses marqueurs
01:20donc pour lui ça tombe bien, demande la baisse des taxes
01:23qui est aussi d'ailleurs demandé par les Républicains sur la baisse des taxes sur l'essence
01:28Dans les deux cas, on peut rien faire parce qu'il n'y a plus... le roi est nu comme
01:33nous a dit Patrick Martin cette semaine
01:36il n'y a rien dans les caisses
01:38L'état de nos comptes publics c'est presque la chance entre guillemets du gouvernement
01:43c'est-à-dire qu'il est contraint à la rigueur, c'est la rigueur de la camisole
01:46il n'a pas le choix
01:47donc il faut qu'il arrive à tenir cette ligne
01:50et c'est ce qu'il essaye de faire pour le moment
01:53donc on a un gouvernement qu'on voit à la fois minimiser le choc
01:58temporiser sur les mesures
02:00et surtout débudgétiser
02:01c'est-à-dire trouver au maximum en dehors des comptes publics
02:04toutes les solutions qu'il peut essayer d'apporter pour amortir un petit peu la crise
02:07Donc ça c'est Total à qui on dit il faut garder les moins de 2 euros
02:11c'est les raffineurs à qui on dit il faut produire plus
02:15Exactement, débudgétiser c'était déjà ce qui avait été fait
02:17je ne sais pas si vous vous souvenez il y a quelques mois
02:18il y avait eu une mesure sur le prix de l'électricité
02:20où ils avaient annoncé une baisse du tarif de l'abonnement sur l'électricité
02:23qui était en fait assez minime
02:25c'était la réduction de la contribution de transport d'acheminement
02:30la CTA
02:30et donc en fait c'était les retraites des gaziers électriciens
02:35une taxe qu'on paye sur 9 factures
02:37pour financer les retraites des électriciens et des gaziers
02:39on avait réussi à réduire un petit peu
02:40ça ne coûtait rien aux finances publiques
02:42ça ne faisait pas grand chose sur la facture
02:44mais typiquement on est toujours dans ce gouvernement des petites choses
02:47donc là sur les prix de l'essence
02:49qu'est-ce qu'on fait effectivement
02:50c'est les contrôles
02:51évidemment
02:52les observatoires
02:53alors là on observe tout
02:54il y a énormément d'observatoires qui sont mis en place
02:58c'est des mesures de trésorerie
02:59donc de report de charges
03:01là pareil impact sur les comptes publics à peu près négatif
03:04c'est les prêts de la BPI
03:06c'est les mesures sur le raffinage
03:08effectivement essayer de débloquer un petit peu
03:10parce que vraiment on est sur l'épaisseur du trait
03:13c'était le déblocage des stocks stratégiques aussi
03:15qui là est une mesure assez structurelle pour le marché
03:18mais qui ne coûte pas
03:21voilà il y a l'appel au C2E
03:23donc là pareil on est sur de l'extra budgétaire
03:26les certificats d'économie d'énergie
03:28qui peuvent être mis ensuite à contribution pour payer les choses
03:30voilà donc ça c'est ce qui a été fait
03:31le gouvernement a déjà gagné un mois
03:35vu le coût que peuvent avoir des mesures budgétaires
03:39pour le coût un mois c'est déjà pas mal de gagner
03:40là ce matin quand même Bertil
03:42on a Roland Lescure qui sur RTL commence à dire
03:44bon bah pour les gros rouleurs on va faire des choses
03:46ça va craquer dans les prochains jours
03:48ça commence
03:49on dit on cible
03:50mais on cible qui ?
03:53ils vont retourner encore autour de ces mesures gros rouleurs
03:57qui avaient été explorées dans tous les sens en 2022
04:01très compliqué à mettre en place
04:03très très compliqué à mettre en place
04:04et c'est là que ça avait fini par craquer
04:05ça avait été la ristourne de 15 centimes ou de 30 centimes sur le litre
04:09qui avait coûté énormément cher
04:10et puis qui était vraiment là
04:11on arrosait le sable
04:12et voilà il y a plein de gens comme vous et moi
04:15qui sont partis en week-end avec le gouvernement
04:16qui nous payaient 30 centimes par litre sur notre plein de gasoil
04:20voilà donc là évidemment il faut absolument éviter ça
04:22comment cibler les gros rouleurs
04:23ça ça va être le défi des prochains jours
04:26on va voir avec quel type de mesures ils en sortent
04:28mais bon il n'y a rien à faire
04:30il y a un moment où ça va trouver ses limites à la fois politiques
04:33et donc il faudra faire des mesures qui seront cosmétiques à un petit peu plus que cosmétiques
04:38et puis se poser effectivement la question de comment est-ce qu'on partage la facture
04:42c'est là où on vient à la taxe sur les super profits
04:46c'est là où on arrive assez vite non ?
04:48oui mais le problème c'est qu'elle existe déjà
04:50que la taxe soit exceptionnelle
04:52la taxe exceptionnelle des profits qui seront éventuellement faits cette année en France
04:56sur cette crise
04:57elle existe déjà
04:58ça s'appelle la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés
05:00et ça c'est déjà dans le budget
05:02ça ne serait que sur les énergéticiens si je comprends bien
05:04c'est une surtaxe de surtaxe
05:06oui on peut rajouter une surtaxe à la surtaxe
05:08mais bon il y a un moment où ça va être un petit peu compliqué
05:12et puis l'essentiel des profits pétroliers
05:14on sait très bien qu'ils ne sont pas faits en France
05:15donc c'est extrêmement difficile d'aller les accrocher
05:18voilà et puis il y a un moment là on dit oui c'est les marges de raffinage etc
05:22si on est aussi dans cette situation là actuelle
05:24c'est parce qu'on a un problème de déficit de capacité de raffinage
05:27donc voilà on peut continuer à dissuader je veux dire le raffinage en France et en Europe
05:30et avoir à la fin des crises pétrolières qui se transforment en surcrise
05:35sur les produits pétroliers
05:36et c'est ce qui se passe aujourd'hui
05:37c'est-à-dire qu'on a un décalage énorme entre le prix des produits à la pompe
05:42et le produit du brut qui a énormément augmenté
05:45mais au milieu il y a dans la chaîne un élément qui est assez crucial
05:49et notamment sur le diesel qu'on consomme beaucoup plus qu'on ne fabrique
05:53alors qu'est-ce qu'on fait ? C'est quoi la suite ?
05:55je crains qu'il faille faire le prodot
05:57il va falloir payer une partie du partage de la facture ça va se faire dans les prix
06:02quand on fait des mesures de trésorerie, des reports de charges etc
06:05ça veut dire qu'à la fin de l'histoire l'entreprise qui recourt se rattrape
06:11en bout de chaîne quand le temps est passé
06:16avec ce qu'elle avait réussi à faire passer à ses clients
06:18et donc là il y a une partie de cette facture qui sera dans les prix
06:21donc vous croyez, je ne sais pas si on croit à la hausse de l'inflation ou pas
06:23parce que certains disent non ça ne sera pas généralisé
06:28moi j'ai tendance à y croire
06:31non seulement parce qu'on a cette hausse apparente et massive du prix du brut
06:36mais il y a des disruptions qui sont en train de se produire tout le long de la chaîne
06:40sur les produits pétroliers, sur la pétrochimie, derrière sur les plastiques etc
06:45du côté de l'emballage on sait qu'on va avoir manifestement un choc de prix qui va être important
06:49donc ça va être une inflation qui sera peut-être localisée à certains produits
06:53mais elle va exister
06:53Merci beaucoup Bertie Vaillard d'être venue ce matin dans la matinale de l'économie
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