- il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On continue d'évoquer les conséquences politiques, les conséquences judiciaires du meurtre de la petite Liana.
00:07Tout à l'heure, vous avez entendu l'avocat de la famille.
00:09D'ici quelques minutes, il va y avoir une marche blanche qui est organisée par les grands-parents de la
00:14petite fille disparue.
00:16Nous sommes avec Suzy Bernard-Ménéguse. Elle est à Saint-Jean-d'Angélie. C'est en Charente-Maritime.
00:20C'est là que doit avoir lieu cette marche blanche.
00:26Tout à fait. Nous voyons du monde arriver petit à petit ici devant l'hôtel de ville de Saint-Jean
00:31-d'Angélie.
00:32Et puis, eh bien, on a pu rencontrer des habitants, des gens qui venaient des alentours et qui nous parlent
00:37de l'importance qu'il y a de venir ici pour cette marche.
00:41Je suis avec Jocelyne. Vous êtes venue. C'était une évidence de venir aujourd'hui.
00:44Tout à fait. Oui, je suis maman, mamie. Je suis très émue encore parce que c'est dramatique.
00:51Et je suis écœurée qu'on laisse une ordure comme ça dans la nature avec ce qu'il avait fait
00:57auparavant déjà.
00:58Aujourd'hui, la petite serait peut-être encore là.
01:00En quoi c'est important de venir ici pour cette marche ? Est-ce que vous avez espoir qu'elle
01:04change quelque chose, cette marche, cette mobilisation ?
01:06J'espère. J'espère que ça va changer. Et je viens surtout pour soutenir aussi la famille. Je ne connais
01:11personne, mais pour soutenir la famille.
01:14On sent beaucoup d'émotions. C'est un drame qui traverse la France depuis plus d'une semaine et l
01:20'émotion est encore vive.
01:21Vous comprenez tout ça, cet engouement, cette mobilisation des gens ?
01:23Tout à fait. Tout à fait. Surtout lorsqu'on est déjà grands-parents et maman aussi. Forcément. Excusez-moi.
01:32On va vous laisser reprendre votre souffle. La marche va s'élancer d'ici quelques minutes.
01:36Alors le parcours est déjà tracé. Le cortège va donc partir de la mairie. Il va ensuite aller dans le
01:41centre-ville.
01:42Puis devant le collège Georges Texier. Là-bas, il y aura une prise de parole de la tante de Liana
01:47qui est présente.
01:48Puis il y aura également une minute de silence. Et enfin, la marche se poursuivra au niveau d'un plan
01:53d'eau.
01:53Un plan d'eau auquel Liana avait habitude d'y aller lorsqu'elle venait ici en vacances.
01:58Des membres de sa famille sont présents à l'image de ses grands-parents et d'une de ses tantes.
02:02Suzy Bernard Ménéguse avec Louis Santerre en direct de Saint-Jean-d'Angélie en Charente-Maritime.
02:07Eva Darlan, vous étiez hier soir place Vendôme pour manifester avec d'autres personnes.
02:12Devant finalement les fenêtres du bureau de Gérald Darmanin le mis à justice, il aurait dû démissionner.
02:19Il faut qu'il démissionne. Ce qu'il a fait, il est responsable de ce qui est arrivé.
02:24En n'agissant pas depuis le temps qu'on demande qu'il agisse.
02:29Et il est responsable.
02:31– Pourtant en ce moment il se démultiplie, on le voit partout, il fait des annonces.
02:36– C'est faux, mais tout ça, mais ça va.
02:37Je veux dire que quand il a dit qu'il était terrifié, il est terrifié de ce qui arrive.
02:41Il est terrifié de perdre son poste.
02:43Il est terrifié de quoi ?
02:45Il n'aurait pas pu agir avant ?
02:46Ceux qui n'agissent pas sont complices.
02:49– Donc vous ne lui faites pas confiance pour trouver des solutions ?
02:51– Déjà je ne lui faisais pas confiance avant, quand j'ai vu qui il était.
02:56– C'est quoi qui il était ?
02:57– Et puis rappelons que cet homme a quand même été une plainte d'envergure,
03:03d'échange sexuel contre…
03:08– Il y a eu un non-lieu, il y a eu un non-lieu.
03:09– Ça n'empêche pas que ce ne soit pas arrivé.
03:11– Oui, enfin il y a un non-lieu, la justice est passée.
03:13– La justice, mais il y a la vie, et il y a ce que disent les femmes, et on
03:17les croit.
03:18– Jean-René Cazeneuve, est-ce que Gérald Darmanin peut tenir à son poste ?
03:21Est-ce qu'il est le mieux placé aujourd'hui pour répondre à ce fiasco judiciaire,
03:26lui qui est garde des Sceaux depuis 2024 ?
03:28– Est-ce que quelqu'un croit sérieusement que la démission de Gérald Darmanin
03:32va régler le moindre problème ?
03:34– Au moins il y aura quelqu'un de moi qui est parti.
03:36– Oui, est-ce qu'on n'a pas intérêt aujourd'hui au contraire
03:40à travailler collectivement pour essayer de régler ce problème systémique ?
03:46C'est ça qui devrait aujourd'hui nous rassembler,
03:49comment on arrive, on dégage des marges de manœuvre
03:51pour augmenter encore le budget de la justice,
03:53comment on fait voter cette loi intégrale sur les violences
03:59sexistes et sexuelles ?
04:00C'est ça aujourd'hui qui donnera une rassemblée.
04:02Je constate qu'il y a quand même quelques récupérations politiques
04:06qui me paraissent déplacées.
04:08– Qui ça ? Lesquelles ?
04:09– Qui me paraissent passer, je vous ai assisté comme moi
04:10à la séance des questions au gouvernement,
04:13si vous voulez, moi je suis jeté à la marche blanche, à Florence.
04:17– Vous êtes député du Gérard, ça je me rappelle.
04:19– Oui, je voudrais témoigner de la grande pudeur
04:26de la responsabilité des parents de cette pauvre enfant
04:31qui ont appelé justement, ce qui n'est pas de récupération politique,
04:35la grande…
04:36– Oui mais pas de récupération politique, en même temps,
04:38les politiques, on demande aussi aux politiques des solutions.
04:41– Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
04:44– En allant à la marche blanche, ce n'est pas de la récupération politique.
04:46– Tous les citoyens du Gérard s'étaient là.
04:48– Vous êtes député depuis combien de temps, M. Cazeneuve ?
04:52– Donc ça fait dix ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir.
04:54Le budget de la justice, il a augmenté, oui.
04:57– 40%.
04:57– Est-ce que les moyens concrets sur le terrain, ils y sont ?
05:00On continue de déplorer que ça n'avance pas ?
05:02– Non mais on peut toujours avoir beaucoup plus, bien évidemment.
05:06Mais s'il y a bien un budget qui a augmenté, c'est celui-là.
05:09– Pourquoi ça ne bouge pas sur le terrain ?
05:11– Je peux vous donner des exemples de ce qui a bougé sur le terrain.
05:13Le nombre de magistrats a augmenté dans le Gérard,
05:15si c'est votre question précise.
05:17– Ceux qui sont partis à la retraite.
05:19– Il y a une unité médico-judiciaire qui a été installée,
05:23il y a un UAPED qui a été installé.
05:26Donc il y a des choses qui bougent, hélas, on n'a pas pu éviter ce drame.
05:29– Excusez-moi, M. le député, je suis avocate,
05:31mais quand on donne un grinderis supplémentaire à quelqu'un
05:33qui est dans un état de famine, on ne le nourrit pas.
05:36La justice, c'est exactement pareil.
05:37Je vous le dis, je suis tous les jours dans les tribunaux et vous êtes là.
05:39Je vous le dis, vous avez donné, certes, le gouvernement a donné,
05:42mais ça n'est pas assez.
05:44Tous les avocats le disent, les représentants de notre profession,
05:48ils le disent tous, le budget a augmenté, mais ce n'est toujours pas assez
05:52et nous avons toujours une justice qui est en retard par rapport au budget.
05:56On est l'avant-dernier pays d'Europe.
05:58Je veux dire, si ce n'est pas une honte pour le pays des droits de l'homme,
06:01on ne peut pas dire autrement.
06:03– Je ne vous dis pas le contraire,
06:04mais c'est-à-dire, parlons de l'état dans lequel était la justice en 2017,
06:07pour ne pas la récupérer à ce moment-là.
06:09– Il y a eu quand même une honte d'augmenter le budget.
06:10– On a un point de départ, on ne peut pas faire comme si les socialistes
06:15n'avaient pas, s'ils voulaient, pas augmenter le budget entre 2012 et 2012.
06:19– Je voudrais quand même dire qu'avant que ce drame n'advienne,
06:23nous avons, dans le cadre de la commission d'enquête sur l'inceste parental,
06:26auditionné les ministres Nunez et Darmanin.
06:28– Le ministre Darmanin a dit toute la honte qu'il avait pour le pays,
06:32que ce crime de l'inceste perdure, se reproduise,
06:36que les victimes ne soient pas protégées,
06:37que les mères protectrices, elles par contre,
06:40soient pour certaines poursuivies jusqu'à aller en prison.
06:43Enfin, c'est quand même des femmes qu'on a auditionnées
06:45qui nous ont expliqué tout ce parcours extrêmement difficile.
06:49Et le ministre, pendant cette audition,
06:51a dit qu'il n'était pas satisfait de son budget
06:54et qu'il se battait pour obtenir des moyens suffisants.
06:57Donc moi, je suis assez frappé quand même d'avoir eu,
06:58il y a trois semaines, ces propos en commission d'enquête.
07:01Et aujourd'hui, qu'on nous explique qu'à moyen constant,
07:05en mettant une priorité absolue dans une circulaire,
07:08on va pouvoir régler les choses.
07:10Je crois que ce n'est pas sérieux.
07:11Une PPL intégrale qui va toucher jusqu'au protocole de soins
07:16des agresseurs et des victimes.
07:17Parce que ça aussi, on en a besoin.
07:19Mais est-ce que vous savez, pour 8 millions d'enfants
07:21qu'il y a dans notre pays,
07:22combien il reste de pédopsychiatres dans notre pays ?
07:258 millions d'enfants, 437 pédopsychiatres.
07:30Est-ce que c'est raisonnable ?
07:31Est-ce qu'on peut tenir la barre de la réparation de nos victimes ?
07:36Non. Sur les psychiatres,
07:3840% des postes de psychiatres en hospitalière sont vacants.
07:41Comment on prend en charge la santé mentale des jeunes,
07:44la santé de ceux qui ont failli,
07:47qui ont commis des crimes ?
07:49On n'a pas les moyens aujourd'hui.
07:51M. Cazeneuve, là, on va aller vers l'été.
07:56Donc, l'Assemblée ne va plus travailler.
07:59Ensuite, il y aura la campagne pour l'élection présidentielle.
08:00Ne faisons pas croire aux Français qu'il va se passer quelque chose
08:02d'ici le mois de mai prochain.
08:04Rien ne se passait.
08:05Rien ne va changer.
08:08Les tribunaux seront toujours embolisés.
08:09Il n'y aura pas de loi majeure.
08:11Donc, soyons clairs.
08:13Non. Concrètement, Gérald Darmanin,
08:16il y a le nombre de magistrats supplémentaires qui sortaient de Bordeaux cette année.
08:21On ne va pas traiter les 70 000 dossiers non plus, M. Cazeneuve.
08:23Il faut dire la vérité aux Français.
08:24Il y a de l'émotion, il y a des effets de manche,
08:27il y a peut-être de l'esbrouf.
08:28On fait de la politique parce que derrière,
08:30on est potentiellement candidat aussi.
08:32On veut essayer de faire gagner sa famille politique.
08:33Mais il ne va rien se passer.
08:36On se mette...
08:37D'accord.
08:39Personne ne dit qu'on fait assez.
08:41Personne.
08:42Personne ne dit qu'il n'y a pas eu d'erreur.
08:44Personne.
08:45Bien sûr qu'il faut faire beaucoup plus que ce qui a été fait.
08:50Alors, concrètement, par exemple,
08:51je dis, ne laissons pas dire non plus que rien n'a été fait.
08:54D'accord ?
08:54Donc, je pense que...
08:55Et on revient sur ce que je disais tout à l'heure.
08:58Oui, je crois qu'on peut voter en urgence
09:00parce qu'il y a des consensus,
09:02parce qu'il y a une situation d'urgence,
09:03un certain nombre de choses.
09:04Mais dans le budget qui est en préparation,
09:06parce que vous avez un budget à préparer,
09:08est-ce que le budget de la justice sera sacralisé ?
09:10Parce qu'on entendait ici ou là
09:13qu'il y avait des rabotages prévus,
09:15même pour le budget de la justice.
09:17Le budget de la justice a augmenté de 3,5 milliards depuis 2017.
09:21Il peut augmenter la PPL.
09:24Le chiffrage est aux alentours de 2,5 milliards.
09:26Cette fameuse PPL, la loi intégrale.
09:28Oui, il faut trouver ces 2,5 milliards,
09:30si c'est le bon chiffrage,
09:32dans les prochaines années,
09:33pour adresser ce problème.
09:37Merci à tous.
09:38Merci d'avoir débattu sur notre plateau.
09:40On va retrouver Thomas Girard en direct de Saint-Jean-d'Angélie,
09:42en Charente-Maritime,
09:44d'où doit partir cette marche blanche organisée
09:46par les grands-parents de Liana.
09:48Thomas ?
09:51Oui, bien écoutez, il commence à y avoir du monde,
09:53du côté de Saint-Jean-d'Angélie,
09:55pour cet hommage à l'initiative de la famille.
09:57Un lien fort unit cette famille,
09:58car c'est ici, dans ce département,
10:00que Liana est née.
10:01Un rassemblement qui a débuté sur les coups de 18 heures.
10:05Un cortège qui va commencer à partir de la mairie
10:08pour se rendre dans le centre-ville.
10:10Un arrêt est prévu devant le collège de la commune.
10:13Et c'est ici qu'un membre de la famille
10:14devrait prendre la parole
10:16et qu'une minute de silence aura lieu.
10:19Alors, on y voit des personnes portant des roses blanches,
10:22comme voulues par la famille.
10:24Une atmosphère pesante se fait ressentir ici,
10:26dans la commune.
10:27On peut même y apercevoir le papy,
10:29la mamie de Liana,
10:31ainsi que sa tante en tête de cortège.
10:33Une marche qui se finira au niveau d'un plan d'eau
10:35et où se trouve un espace aquatique
10:37où Liana avait l'habitude de venir ici,
10:39en Charente-Maritime.
10:41Merci Thomas.
10:42Donc, avec cette marche blanche
10:45emmenée par les grands-parents
10:46qu'on voit à l'écran,
10:47les grands-parents de la petite Eliana.
10:49Bruno Rotaillot, bonsoir.
10:50Bonsoir.
10:51Il y a une émotion considérable.
10:52Elle est toujours là, cette émotion,
10:54comme en témoigne cette marche blanche
10:55organisée à Saint-Jean-d'Angélie ce soir.
10:58Comment vous l'expliquez ?
10:59C'est humain.
11:02Sans prendre un enfant dans ces conditions-là,
11:05c'est le summum de la barbarie.
11:07Quand on est parent,
11:08quand on a des enfants,
11:09quand on a des petits-enfants,
11:11les grands-parents pour cette marche blanche,
11:14on comprend exactement ce qu'ils ressentent.
11:16On ne s'en remet jamais.
11:18On peut punir l'individu qui a fait ça.
11:20Il faut le punir.
11:21Sévèrement.
11:22Et on ne s'en remet jamais.
11:24On reste avec une plaie ouverte toute sa vie.
11:27Cet individu, visiblement,
11:28n'a pas été puni assez tôt.
11:30On aurait peut-être pu empêcher
11:31le drame qui est arrivé.
11:33Quelles sont vos solutions ?
11:35Bien sûr, on aurait dû l'empêcher.
11:36On aurait dû l'empêcher
11:38parce que ce n'est même pas un dysfonctionnement.
11:40Il va falloir tout remettre à plat.
11:41C'est un scandale d'État ?
11:43En tout cas,
11:44c'est un scandale.
11:46Point.
11:47Ça émeut tous les Français.
11:49Le peuple français est en colère.
11:51Et je pense que là,
11:52il y a quelque chose qu'on a franchi.
11:53Comme une limite.
11:55Et ils demandent des comptes.
11:56Mes solutions,
11:57ce sera de renverser vraiment la table.
11:59D'avoir une autre justice
12:01que celle qu'on a aujourd'hui.
12:02Je ne veux pas dire,
12:03attention,
12:03qu'on comprenne bien
12:04beaucoup de magistrats
12:05qui font très bien leur travail.
12:07Mais,
12:08un,
12:08il faut réhabiliter la sanction.
12:10Le problème en France,
12:11c'est qu'on a inventé un droit
12:13à l'inexécution des peines.
12:15Vous avez un juge d'application des peines
12:17qui défait
12:17ce qu'un juge au tribunal va faire.
12:20C'est pour ça qu'il y a tellement d'écarts
12:21entre les peines qui sont encourues,
12:24les peines qui sont prononcées
12:25et les peines exécutées.
12:26Moi, je propose
12:27la suppression
12:27du juge d'application des peines.
12:29On est les seuls, d'ailleurs,
12:30avec l'Italie,
12:31à avoir un juge d'application des peines.
12:33Ce que je propose,
12:34c'est qu'on incarcère plus,
12:36c'est qu'on incarcère
12:37beaucoup plus tôt,
12:38c'est qu'on revoit,
12:39puisqu'on a beaucoup
12:40d'aménagement de peines.
12:41On incarcère en France,
12:42on donne des peines de prison.
12:43Il n'y a plus de place
12:44dans les prisons.
12:45Oui, mais regardez
12:46ce qu'a fait la Hollande.
12:48D'abord,
12:49ils incarcèrent beaucoup plus tôt.
12:52À population équivalente,
12:54ils donnent deux fois plus de peines
12:56que nous
12:56et ils ont moitié moins de détenus.
12:58Pourquoi ?
12:58Parce que, notamment pour la justice des mineurs,
13:01nous, on attend le dernier moment
13:03pour les incarcérés.
13:04C'est-à-dire qu'on les enferme
13:07dans un parcours de délinquance.
13:08Ils volent un oeuf,
13:09un bœuf, etc.,
13:10avec violence.
13:11Et après, il y a un crime.
13:12Et c'est trop tard.
13:12Alors là, bien sûr,
13:13ils vont faire beaucoup de prison.
13:15Donc, moi,
13:15ce que je propose,
13:16c'est des peines de prison,
13:18qu'on pile des courtes peines,
13:20dès les premiers délits graves.
13:22Comme ça,
13:22on peut empêcher des gens
13:24d'en commettre
13:25d'encore plus graves.
13:25Donc, un,
13:26on réhabilite la sanction.
13:28Il fera bien sûr
13:29construire des nouvelles prisons.
13:31On réforme complètement
13:32la justice des mineurs.
13:34Croyez-moi,
13:34quand j'étais ministre de l'Intérieur,
13:36j'étais choqué
13:37parce qu'il y avait
13:38une explosion de violence
13:39pour les mineurs.
13:40Et ces mineurs-là,
13:41parfois,
13:41ils avaient 30 antécédents judiciaires.
13:44Ça veut dire
13:45qu'on leur avait assuré
13:45une forme d'impunité.
13:46C'est plus possible.
13:47Dès les premiers délits,
13:48on les emprisonne.
13:49Des prisons,
13:50notamment,
13:51et des peines
13:51d'une semaine,
13:52de deux semaines.
13:53Et puis,
13:54il y a aussi autre chose.
13:55Il y a la question
13:56de la responsabilité
13:57des magistrats.
13:58Il y a la question,
13:59là encore,
13:59de l'impartialité.
14:00Comment vous l'engagez,
14:01la responsabilité des magistrats ?
14:03Vous avez proposé
14:03une cour
14:04qui jugerait les magistrats ?
14:06Oui,
14:06parce que je pense
14:07qu'on a un système
14:08aujourd'hui
14:08qui est un conseil supérieur,
14:10une cour disciplinaire.
14:11On a un conseil supérieur
14:12de la magistrature
14:13qui ne fonctionne pas
14:14vis-à-vis des sanctions.
14:16Regardez,
14:17l'an dernier,
14:18en 2024,
14:19sur les centaines
14:20de plaintes
14:20de justiciables,
14:22on a eu zéro renvoi
14:23en cours de discipline,
14:24en conseil de discipline.
14:25Et en 2025,
14:27sur des centaines de plaintes,
14:28il y a eu
14:28un seul renvoi
14:29en cours de discipline.
14:30Je ne parle pas
14:31des fautes,
14:32disons,
14:32de droits communs,
14:33c'est-à-dire que
14:34quelqu'un qui se jette
14:35sur une greffière
14:36où il y a des atteintes sexuelles.
14:38Non,
14:38je parle de fautes
14:40dans l'exercice
14:41du métier de magistrat.
14:42Mais les magistrats,
14:43ils rendent en fonction
14:43des lois qui...
14:45Et je...
14:45Non,
14:45non,
14:46non,
14:46non,
14:46non,
14:47non,
14:47ce que je veux,
14:47moi,
14:47c'est pour des magistrats
14:48qui commettent des fautes,
14:49notamment personnelles,
14:51qu'il y ait une sanction.
14:51Et j'ai proposé
14:53une cour,
14:54notamment de discipline,
14:55cour disciplinaire,
14:56où il y aurait,
14:57notamment,
14:58des citoyens tirés au sort.
15:00Qui sanctionnent les magistrats ?
15:01Mais oui,
15:02parce que,
15:02je vais vous dire,
15:03pour sanctionner aujourd'hui,
15:04il y aurait trois collèges.
15:05Il y aura un collège
15:06où vous auriez des citoyens
15:07tirés au sort,
15:08un collège de magistrats
15:09et un collège
15:10de personnalités qualifiées.
15:12Qui juge les juges ?
15:13Le problème,
15:14il est là,
15:14la difficulté.
15:15Ça ne peut pas être l'État,
15:16ça ne peut pas être les parlementaires,
15:17parce que l'État de droit
15:19nous oblige,
15:20évidemment,
15:20à avoir la séparation
15:22des pouvoirs.
15:22Mais comme la justice
15:23est rendue
15:24au nom du peuple français,
15:25je pense que c'est important,
15:27comme les juridassises,
15:28que le peuple français
15:29puisse avoir son mot à dire.
15:31D'accord.
15:31Mais quelle est la responsabilité
15:33politique de ce gouvernement ?
15:34Est-ce que Gérald Darmanin
15:35aurait dû présenter
15:36sa démission ?
15:38Je n'ai jamais,
15:39vous voyez,
15:40j'hésite beaucoup,
15:40moi,
15:41à demander des têtes.
15:42Je n'aime pas ça.
15:43On passerait...
15:44Un jour,
15:44ça soit la vôtre qui soit...
15:45C'est même pas pour ça,
15:46c'est même pas pour ça,
15:47mais vous aurez des élus
15:48qui, à chaque pépin,
15:49demandent un démission.
15:50Et alors,
15:51ça ne dépend pas de nous,
15:52de toute façon.
15:53Il a fait des circulaires.
15:54Ça aurait été sans doute différent
15:56s'il n'y avait pas eu de circulaires.
15:58Le problème,
15:58c'est que les circulaires
16:00n'ont pas été appliqués.
16:01Moi, ce que je propose,
16:02notamment pour le parquet,
16:04vous savez,
16:04il y a une petite musique
16:05qui veut que le parquet
16:06soit totalement indépendant.
16:08Les procureurs, donc,
16:09de la chancellerie.
16:10Il y a même une loi
16:11qui a été votée,
16:12la loi Thirbira.
16:12Exactement,
16:13oui,
16:13mais il y a une loi Thirbira,
16:15il y a des textes
16:16qui ont été votés
16:17pour modifier la Constitution.
16:18Moi, je pense,
16:19autant les magistrats du siège,
16:21les juges d'instruction,
16:22doivent être totalement indépendants,
16:23mais autant il doit y avoir
16:24une politique pénale en France.
16:26Pourquoi ?
16:27Parce que le garde des Sceaux,
16:28il est responsable
16:29devant le Parlement,
16:30devant le représentant
16:31des Français.
16:32Eh bien,
16:33justement,
16:33le ministère public,
16:34il représente la société.
16:36Donc, quelque part,
16:37il doit être un peu responsable
16:39devant le garde des Sceaux.
16:40Justement,
16:41est-ce que le garde des Sceaux,
16:42il aurait dû,
16:42de lui-même,
16:43proposer sa démission
16:44au président de la République ?
16:45Ça lui appartient.
16:47Aujourd'hui,
16:47il n'y a pas de faute caractéristique.
16:49Il y a des circulaires.
16:50Est-ce que vous l'auriez fait,
16:51moi, à sa place ?
16:51Est-ce que vous auriez
16:52revu votre démission ?
16:53Franchement,
16:54je n'étais pas à sa place.
16:55Franchement,
16:55je n'étais pas à sa place.
16:55Mais vous demandez quand même
16:56des commissions
16:57d'enquête parlementaire.
16:58Bien sûr,
16:58parce que,
16:59attendez,
17:00regardez,
17:00il y a des commissions
17:01d'enquête parlementaire
17:02sur tout et rien aujourd'hui.
17:04Un parlementaire se lève,
17:06il se réveille
17:07et il demande
17:08une commission d'enquête.
17:09Là,
17:09vous avez la France
17:10qui est bouleversée.
17:11Vous avez le service public
17:12de la justice.
17:13Les Français n'y croient plus.
17:14Les Français n'y croient plus.
17:16Il y a quelques mois,
17:17je crois que c'est le Cévi-Pof
17:18qui a sorti un sondage
17:19et pour 69%
17:21de nos compatriotes,
17:22ils jugent la justice
17:23trop laxiste.
17:24Donc,
17:24là encore,
17:25il faut faire un point.
17:26Et si,
17:27malheureusement,
17:28on doit avoir de la compassion
17:29pour la famille qui s'ouvre,
17:31pour la victime
17:31qui n'est plus là.
17:32Mais nous,
17:32les hommes et les femmes politiques,
17:34notre boulot,
17:34c'est de prendre des décisions.
17:36Pourquoi est-ce que
17:36vous ferez confiance ?
17:37Vous avez été
17:37ministre de l'Intérieur.
17:38Aujourd'hui,
17:40les policiers,
17:41les gendarmes
17:41sont noyés
17:43sous les plaintes,
17:44sous les dossiers.
17:45Ils sont dépassés.
17:46Ils sont surchargés.
17:47Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui
17:48vous ferez confiance ?
17:49Alors,
17:49vous avez été aux manettes.
17:51Oui,
17:51j'ai été aux manettes,
17:52mais je n'avais pas
17:52toutes les manettes,
17:53justement,
17:53puisque j'avais un président
17:54de la République
17:55qui était souvent opposé
17:56à mes orientations.
17:57Ça ne vous a pas échappé,
17:58pas seulement sur l'Algérie,
17:59d'ailleurs,
18:00sur les migrations
18:00et autres.
18:01Je n'avais pas de majorité
18:03à l'Assemblée nationale,
18:04mais c'est les prochaines
18:06élections présidentielles
18:07qui vont permettre
18:08de renverser la table.
18:10Et, pardon,
18:11mais regardez les policiers
18:13ou les gendarmes.
18:14Ce qui choque les gens,
18:15c'est l'impunité
18:16des émeutiers
18:17le week-end,
18:18il y a 10 jours,
18:19et c'est en même temps
18:20le laisser passer
18:21pour un pédophile
18:24multisignalé.
18:24Donc, moi,
18:25je pense qu'on a
18:26une justice
18:26qui est une justice,
18:28sans doute,
18:28faut-il changer la loi.
18:29Je ne m'en prends pas
18:30aux magistrats,
18:31mais quoi qu'il y a
18:31une partie des magistrats
18:32qui est syndicalisé
18:33et politisé.
18:34Vous voulez une courte disciplinaire,
18:35donc vous en prenez eux quand même.
18:37Il y a le syndicat
18:38de la magistrature,
18:38pardon pour ne pas le nommer,
18:39et clairement politisé,
18:41en contradiction.
18:42Il ne représente pas 100%,
18:43il ne représente 30%
18:44des magistrats.
18:44Mais c'est tellement important,
18:46c'est tellement important.
18:47Et d'ailleurs,
18:47dans le Conseil supérieur
18:48de la magistrature
18:49dont je demande la réforme,
18:51il y a un problème.
18:52C'est que la haute hiérarchie
18:55judiciaire
18:55est très représentée
18:56parce qu'il n'y a pas
18:57un homme,
18:58une voix
18:58aux élections professionnelles.
18:59C'est unique
19:00dans toute la fonction publique.
19:01Et donc,
19:02vous avez une mainmise
19:03pour l'évolution des carrières
19:04par les syndicats.
19:05Et moi,
19:06je veux une justice
19:07non seulement indépendante,
19:08mais impartiale
19:09et qui respecte la loi
19:10et l'ordonnance de 58
19:12qui interdit
19:13toute délibération politique
19:14aux magistrats,
19:15y compris aux syndicats.
19:16Est-ce que c'est le cas ?
19:17Non, ce n'est pas le cas.
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