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  • il y a 3 heures
Mardi 9 juin, Hedwige Chevrillon a reçu Philippe D'Ornano, co-président du METI et PDG de Sisley, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:01Le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:07Vous êtes bien dans le 18-19, mon invité.
00:09Premier invité, c'est Philippe Dornano, il est le patron de Sisley.
00:12Il est coprésident du métier.
00:14Le métier, vous le savez, c'est les mouvements des entreprises de taille intermédiaire.
00:18Bonsoir Philippe Dornano.
00:19Bonsoir.
00:19Merci d'être avec nous.
00:21Si vous êtes là, c'est que vous vouliez un peu alerter sur de nombreux points,
00:26notamment sur la transparence salariale,
00:27parce que ça y est, il y a une transposition de cette directive européenne.
00:31Encore, mais c'est annoncé.
00:32Mais c'est annoncé, ça devait être le 7 juin,
00:34donc ça a été visiblement un peu décalé.
00:37Mais en tous les cas, vous êtes devant debout, vous nous direz pourquoi,
00:39parce qu'à priori, ça semble plutôt une bonne chose.
00:41Il y a aussi la question des hausses des coûts inédits sur le travail,
00:46avec la question de l'apprentissage, la baisse des allégements de cotisations.
00:50Mais ce qui est le plus inquiétant, c'est que vous estimez qu'actuellement,
00:53on assiste à une forte, voire une grave amélioration,
01:00ou détérioration plutôt de la compétitivité de la France,
01:04et donc des entreprises.
01:05Sur quoi vous vous basez pour dire qu'il y a cette grave dégradation de la compétitivité ?
01:10L'emploi.
01:12On avait déjà alerté dès l'année dernière,
01:14et c'est désagréable de jouer les cassandres.
01:16On est plutôt des chefs d'entreprise,
01:17on aime plutôt proposer des projets, avoir des plans de développement.
01:23Mais depuis l'année dernière, il faut être lucide,
01:25on alertait les pouvoirs publics sur les conséquences d'un retour en arrière
01:31sur la compétitivité française et européenne.
01:34Et les conséquences concrètes de ça, c'est l'emploi,
01:39et c'est donc assez grave pour les Français.
01:42C'est l'investissement, c'est-à-dire la maîtrise de nos savoir-faire.
01:44Donc c'est vraiment un point, et c'est quelque chose qu'on pourrait,
01:49pas entièrement mais en partie, corriger pour autant qu'on prenne des bonnes mesures.
01:53Alors, on va revenir là-dessus évidemment.
01:57Est-ce que vous avez des chiffres ?
02:00Est-ce que vous avez des tendances ?
02:03Sur quoi ça repose, je dirais, un peu concrètement ?
02:06Parce que c'est dégradation de la compétitivité,
02:09on avait le sentiment, en plus vous dites,
02:10c'est en Europe comme en France, c'est l'arrivée des Chinois,
02:12c'est le passage lié à l'intelligence artificielle qui est difficile.
02:17Vous voyez, qu'est-ce qu'il y a de nouveau depuis un an ?
02:21Alors, déjà, c'est une accumulation de crises
02:24qui se sont répercutées les unes après les autres.
02:26On ne va pas revenir en arrière,
02:28mais on a une strate de crise dont on connaît les nouvelles,
02:33la crise énergétique, l'impact que ça a sur l'inflation,
02:38les conflits géopolitiques dans différentes zones du monde,
02:41les droits de douane américains.
02:42Ça, c'est des causes sur lesquelles on essaye d'agir,
02:45mais on a peu de marge de manœuvre, on les subit,
02:47on essaye de s'adapter.
02:48Puis après, il y a des causes sur lesquelles, par contre, on peut agir.
02:52Ces causes sur lesquelles on peut agir,
02:53c'est le fait de pouvoir rendre la France compétitive,
02:57que les entreprises ne soient pas la variable d'ajustement
02:59des politiques budgétaires.
03:00Est-ce que vous avez le sentiment, là,
03:01que vous cédez du terrain par rapport à des concurrents ?
03:04Là, clairement, vous avez un taux de faillite
03:08qui est inédit sur l'ensemble des entreprises,
03:10mais sur lequel, nous, les ETI,
03:12on constate qu'il y a un plus grand nombre de faillites
03:13de PME et d'ETI que par le passé.
03:15Pour la première fois depuis plus de 20 ans,
03:18les ETI ne créent plus d'emplois.
03:20C'est une catégorie qui a toujours créé des emplois.
03:22Vous avez une suspension et une baisse des investissements.
03:25Vous avez une ETI sur deux
03:26qui n'est plus en croissance de chiffre d'affaires.
03:28Et vous avez surtout une perspective de moyen terme.
03:31Beaucoup de ces ETI sont familiales
03:32qui sont extrêmement inquiétantes
03:34et qui mettent à risque le modèle même de ces entreprises.
03:38On voit aussi beaucoup de prédation.
03:40Et donc, c'est notre devoir,
03:42tant que c'est en train de se mettre en place,
03:45d'alerter, parce que je pense de nouveau
03:46que c'est correctible pour ce sur quoi nous pouvons agir,
03:50c'est-à-dire la compétitivité du site France
03:53et le niveau de réglementation que nous mettons
03:55dans notre société européenne.
03:57Alors, on va y revenir parce qu'il y a la transparence salariale.
04:01Ça va être l'occasion effectivement de voir
04:03que quand même cette société,
04:04enfin ce marché est quand même très bloqué
04:06par une sur-réglementation.
04:08Mais la question qu'on peut se poser,
04:09c'est toujours sur la question de la compétitivité
04:13et les ETI qui ne créent plus d'emplois.
04:16Est-ce quels sont les secteurs les plus touchés ?
04:18C'est la première question, Philippe Dornano.
04:20Et la deuxième là-dessus, c'est aussi,
04:22est-ce que vous observez, je ne sais pas,
04:25hier je parlais avec l'ancien ministre de l'Industrie,
04:27Marc Ferracci, du grignotage des PME, des ETI françaises,
04:32par des Chinois notamment ?
04:33Oui, alors vous avez d'une part une stratégie de la Chine
04:35très très agressive et soutenue par l'État,
04:39donc pas entièrement compétitive.
04:41Vous avez, on le sait tous,
04:424,5 milliards de petits colis chinois
04:44qui rentrent sur l'espace européen sans aucun contrôle.
04:47Alors la France a mis une taxe, ça rentre par la Belgique.
04:50Et donc ça, c'est un premier problème.
04:53Vous avez après, vous me posez la question,
04:55quelles sont les entreprises les plus concernées,
04:57les plus touchées ?
04:58C'est celles qui ont des faibles marges.
04:59On commence par avoir, et notamment toutes les sous-traitants,
05:02à partir du moment où vous avez des faibles marges,
05:04c'est aussi les entreprises qui ne peuvent pas ajuster leur prix.
05:07Je pense par exemple au secteur des entreprises du médicament,
05:10qui sont des entreprises importantes pour l'indépendance de notre pays,
05:14puisqu'on l'a vu pendant la crise Covid,
05:16ne pas avoir un certain nombre de productions en France,
05:19est un véritable problème.
05:20Mais plus généralement,
05:21c'est l'ensemble du modèle de la production et du travail en France
05:25qui est remis en cause,
05:26dans un environnement, dans un contexte en plus français,
05:29qui est avec le dernier budget assez délétère.
05:32Et donc c'est vraiment un affaiblissement possible et durable
05:36de notre pays si on n'y remédie pas rapidement.
05:40Alors, vous me direz, il y a un peu de chance qu'on y remédie.
05:42Demain, c'est le début des discussions sur le budget 2027.
05:46Ça va être, à mon avis, ça ne va pas forcément être une fiscalité arrangeante pour les ETI, non ?
05:51Alors, nous nous sommes, nous nous pensons que les chefs d'entreprise,
05:56la chose qu'on peut leur reprocher, c'est de ne pas dire les choses.
06:00On ne peut pas laisser se mettre en place des politiques
06:04qui risquent de faire un dommage, non pas seulement à nos entreprises,
06:06mais à tous les Français.
06:07Et donc il faut dire les choses.
06:08Et ce qu'il faut savoir, c'est qu'on a un pays formidable,
06:13on a un pays qui peut se développer,
06:14on a un pays qui peut faire face à ces crises extérieures,
06:17mais pour autant qu'on ait une logique de travail et de production en France compétitive,
06:23c'est l'intérêt de tous les Français,
06:24c'est l'intérêt pour nous de maîtriser nos savoir-faire, de ne pas les perdre,
06:27c'est l'intérêt de nos régions aussi.
06:29Parce que beaucoup des ETI sont dans les territoires,
06:31et donc nous allons nous battre pendant le budget,
06:34mais nous adressons aussi tous les sujets qui peuvent justement mettre à mal cette compétitivité,
06:37parce que derrière ça, c'est les Français qui paieront les pots cassés.
06:40Alors, on va reprendre les points un par un, si vous le voulez bien.
06:43D'abord sur la question de la transparence salariale.
06:46Donc cette directive européenne,
06:48et la transposition, donc c'est à salaire égal, travail égal.
06:55J'ai envie de dire, beaucoup, en tous les cas, moi je suis d'accord.
06:58Il y a beaucoup de monde, vous êtes contre ça, ce principe, Philippe Dorano ?
07:03J'ai plusieurs choses.
07:04Premièrement, c'est la transparence salariale,
07:07qui est un dispositif qu'il faut remettre dans le contexte
07:09d'un nombre important de dispositifs nationaux et sectoriels
07:12qui sont à l'heure actuelle mis en place par soit le...
07:16Ok, restons d'abord sur ce point-là, si vous voulez bien.
07:18Écoutez, c'est très simple.
07:19Pourquoi vous êtes vent debout ?
07:20Parce que pour une bonne cause, pour une bonne raison,
07:24qui est l'égalité entre travail égal, salaire égal,
07:26on est en train de mettre en place,
07:28dans une période de très grave crise,
07:30et on est tous d'accord pour le dire,
07:32alors même que l'État, quand il voit par exemple
07:34que le SMIC augmente, diminue les allégements de charges
07:36sur les entreprises parce qu'il se rend compte
07:38que ça va lui coûter très cher,
07:39soit dit en passant, les entreprises, elles,
07:40vont prendre l'augmentation sur l'ensemble de leur salaire,
07:43eh bien on choisit ce moment pour mettre en place
07:44un dispositif qui va coûter 8 milliards d'euros
07:47aux entreprises françaises.
07:48– Mais comment vous arrivez à ce calcul ?
07:50– C'est très simple.
07:52Pour le mécanisme de transparence salariale…
07:54– Ça veut dire que les femmes sont vraiment très peu payées alors ?
07:57– C'est plus large que les femmes.
07:58C'est un mécanisme où on vous dit,
08:00il faut que travail égal, salaire égal,
08:02il ne faut qu'il n'y ait que 5% d'écart.
08:03Vous pouvez avoir plus de 5%, mais il faut le justifier.
08:05Et ça veut dire que concrètement,
08:07une entreprise va devoir créer, avec des conseils,
08:10une usine à gaz, de structure,
08:13très très proche d'ailleurs de ce qui se fait
08:14dans l'administration,
08:15qui va consister à pouvoir justifier
08:17pourquoi vous donnez plus de salaire à quelqu'un
08:19que quelqu'un d'autre.
08:20Il va falloir créer des critères.
08:22C'est donc une paperasse absolument gigantesque.
08:24Nous l'avons chiffré.
08:25Nous avons fait les calculs.
08:27Ça coûtera en année 1
08:28autour de 500 000 euros par entreprise.
08:30Donc ça veut dire pour 7000 ETI,
08:32plus de 2 milliards d'euros de coûts.
08:34Et pour l'ensemble des entreprises,
08:35parce que ça concerne aussi les grandes entreprises,
08:37et surtout, ça concerne les PME,
08:39jusqu'à 50 salariés.
08:41Les PME qui, moi, quand j'ai commencé chez Cicel,
08:43on n'avait pas de DRH.
08:44On avait 100 salariés.
08:46Ça veut dire que ces entreprises vont devoir
08:48mettre en place des surcoûts importants.
08:51Mais alors, pardonnez-moi.
08:52Les syndicats...
08:52Ils ont qu'à faire des salaires égales
08:54pour travail égal.
08:55Vous voyez ce que je veux dire ?
08:56Sinon...
08:57En réalité, vous n'avez...
08:59Ça ne bouge pas, quoi.
08:59On reste dans une situation d'inégalité totale.
09:02Non, le problème, c'est qu'est-ce qu'un travail égal ?
09:04C'est-à-dire, vous avez des gens qui travaillent
09:05qui sont plus performants que d'autres.
09:06Si vous prenez un joueur de football
09:08de deuxième division et Mbappé,
09:09vous n'allez pas avoir le même résultat.
09:11Ils n'ont pas le même salaire.
09:11Mais vous allez me dire, on peut le justifier.
09:13Oui, on peut le justifier.
09:15C'est prévu dans la loi.
09:16Il va falloir créer des référentiels.
09:18C'est ce...
09:20Surtravail administratif...
09:21Non, mais c'est pas que ça, vous ne vous rendez pas...
09:22Vous voyez bien.
09:23Ça va coûter aux entreprises,
09:24et c'est factuel,
09:25et ça, vous pouvez...
09:26On peut tous le vérifier.
09:27Ça va coûter aux entreprises françaises
09:298 milliards d'euros.
09:30Ma question est simple.
09:31Est-ce que c'est le moment de le faire ?
09:32Est-ce que 8 milliards d'euros,
09:34c'est proportionné au résultat
09:36qui est attendu ?
09:37L'écart de salaire entre les hommes et les femmes
09:39à post-égal est de 7 %,
09:41il est de 20 et quelques pourcents
09:43quand on prend les temps partiels,
09:44quand on prend, etc.
09:45Est-ce que ça ne va pas générer,
09:47dans une période difficile,
09:48des tensions importantes ?
09:49Est-ce que c'est le bon moment,
09:51le bon timing,
09:52une période où...
09:53Parce que le problème,
09:54c'est que de transparence salariale,
09:56on va passer à la transparence de l'emploi.
09:58Le jour où les entreprises
09:59ne peuvent plus payer,
10:00on va se retrouver
10:01avec un chômage fort,
10:03et là, on n'est plus dans une discussion
10:05sur des écarts de salaire
10:06pour des raisons...
10:07On est sur une situation
10:09où on n'a plus d'entreprise.
10:10Oui, mais en même temps,
10:12si ça coûte autant,
10:13ça veut dire qu'il y a des inégalités
10:14qui sont toutes aussi importantes,
10:16Philippe Dornan.
10:16Donc ça veut dire que je ne sais pas
10:17que les femmes travaillent
10:19dans des temps partiels
10:20avec des petits salaires
10:21et puis que les hommes sont avec...
10:23Mais ça, ça n'a rien à voir
10:24avec transparence salariale.
10:25Transparence salariale,
10:26c'est un travail égal.
10:28Donc le sujet d'autre type de travail,
10:30c'est quoi ?
10:31C'est un autre sujet.
10:31Mais sur travail égal,
10:33c'est travail égal.
10:34C'est le même temps de travail,
10:35même type de poste, etc.
10:36Ce n'est d'ailleurs pas que
10:37la différence entre les hommes
10:39et les femmes.
10:40C'est tous les postes.
10:42Mais le problème, il est de nouveau.
10:44On part d'un sujet
10:45qui paraît juste
10:46et on met en place
10:47une sorte de monstre administratif.
10:49Une usine à gaz, d'accord.
10:50Et surtout une usine à gaz
10:51avec un très, très mauvais timing.
10:53C'est-à-dire une période
10:53particulièrement difficile.
10:55Et donc la question, c'est
10:56est-ce qu'il ne faut pas
10:57suspendre dans cette période
10:58si difficile ce dispositif ?
11:01Est-ce que certains pays européens
11:02commencent à envisager ?
11:03Est-ce qu'il ne faut pas
11:04peut-être le redimensionner ?
11:05Essayer de réfléchir
11:06si vraiment ça vaut ce coup-là
11:08pour un résultat
11:09qui finalement n'est pas
11:11si important que ça.
11:12Et est-ce que c'est le bon timing ?
11:14Et de nouveau, avec un enjeu.
11:16L'enjeu, c'est
11:18la survie de l'économie européenne.
11:19Et ce que je voulais vous dire,
11:20c'est que vous pouvez vous dire
11:21mais ok, c'est un dispositif,
11:23faites un effort,
11:23ça va passer, etc.
11:24Mais en réalité, non.
11:25Des dispositifs comme celui-là,
11:27on en a des dizaines.
11:29On en a des dizaines.
11:30C'est-à-dire que vous avez une chose
11:31que les gens ne perçoivent pas
11:32parce qu'on n'a pas de vision globale
11:34de la problématique.
11:35On charge la barque de l'entreprise.
11:36C'est l'effet cocktail.
11:38Vous avez un effet cocktail.
11:39Vous avez, on s'est battu contre
11:41la CSRD, 1700 indicateurs environnementaux.
11:43De nouveau, une bonne cause.
11:44On est tous, 90% des ETI
11:47sont engagés dans la transformation environnementale.
11:49C'est un sujet qu'on porte
11:50avec d'ailleurs beaucoup de,
11:51presque de l'idéologie.
11:53On a le CS3D
11:55qui a été suspendu pour les ETI
11:57mais il a fallu se battre
11:58qui est l'anticorruption.
12:00De nouveau, c'est un sujet très honorable.
12:02La question de nouveau,
12:03c'était que c'était de nouveau
12:04500 000 euros par ETI.
12:06Ensuite, vous avez les REP.
12:07On est en train de les mettre en place.
12:09De nouveau, certaines sont sectorielles.
12:11La plupart sont sectorielles d'ailleurs.
12:12C'est des montants qui sont considérables.
12:15Et ces montants qui s'additionnent
12:16les uns aux autres
12:17et qui s'appliquent uniquement
12:19dans l'Union Européenne,
12:20à la fin, ils vont tuer
12:21l'industrie de l'Union Européenne.
12:23Nous allons mourir vertueux.
12:28Et nous ne serons pas vertueux
12:29parce que nous achèterons
12:30des produits chinois
12:31qui, eux, ne respecteront pas ces règles.
12:32Oui, et ce n'est pas faux.
12:34Et la transparence salariale,
12:36normalement, ça devait être transposé
12:38le 7 juin.
12:40Vous nous dites que ça n'a pas été fait,
12:41donc c'est décalé.
12:42Vous savez jusqu'à quand ?
12:44Non ?
12:45Vous êtes dans le bleu le plus total.
12:46Non, nous, ce que nous alertons,
12:48c'est notre devoir.
12:49C'est notre devoir de dire
12:51au pouvoir public
12:52que vous êtes en train de mettre
12:53un nombre de plus en plus important
12:54d'entreprises en danger.
12:56Vous mettez donc avec ça
12:58en danger l'emploi des hommes
12:59et des femmes.
13:01Et vous risquez d'affaiblir
13:03beaucoup l'économie
13:03de votre pays.
13:05Si nous ne le faisons pas,
13:06de nouveau, nous qui sommes des praticiens,
13:08nous qui voyons nos DRH,
13:10qui voient comment ça s'applique,
13:12qu'est-ce que ça suppose, etc.
13:13parce que vous ne voient pas toujours
13:15les dirigeants à Bruxelles,
13:18avec des mesures d'impact en plus
13:19sur ce genre de dispositifs
13:20qui sont extrêmement mal faits.
13:22Si nous ne le disons pas,
13:23et nous ne sommes pas les seuls à le dire,
13:25les Allemands,
13:26les chefs d'entreprise allemands
13:27sont en train de le dire,
13:28les chefs d'entreprise
13:28des différents pays européens
13:30se mobilisent.
13:31Il y a un écho aussi
13:34outre-Rhin,
13:35dans d'autres pays d'Europe.
13:37Tous les chefs d'entreprise
13:38des pays européens
13:39se mobilisent
13:39parce qu'ils sont tous en train,
13:40au début ils ont eu
13:41un peu la même réaction
13:42que vous, que moi,
13:43qui est de dire
13:44mais a priori ça a l'air d'être juste.
13:46Mais quand on a commencé
13:47à faire les calculs
13:48et à voir ce que
13:50effectivement ça allait générer
13:51et pour quel impact,
13:52on s'est tous dit
13:53mais c'est de la folie.
13:54C'est de la folie
13:55et puis c'est en plus de la folie
13:56en plein blocage d'Hormuz,
13:58en pleine situation
13:59d'invasion de colis chinois
14:02qui ne respectent
14:02aucune de ces réglementations
14:04qui rentrent sans aucun contrôle
14:06dans l'Union Européenne.
14:06Je crois qu'à Rotterdam
14:07il y a un colis contrôlé
14:08tous les 350 000 colis.
14:10Autant dire rien.
14:11Et on s'est dit
14:12il faut quand même
14:13la priorité c'est quand même
14:14de préserver l'économie
14:16et l'emploi
14:16parce que c'est l'intérêt
14:17des Européens.
14:17Mais vous dites
14:19vous êtes là sur ce plateau,
14:20vous avez créé les tribunes.
14:22Est-ce que vous avez un retour ?
14:25On s'est battu sur CSRD.
14:27On a réussi collectivement
14:30à le faire évoluer.
14:31Ce n'est pas qu'on n'a pas fait d'indicateur.
14:33On a tous des indicateurs écologiques,
14:35on fait tous des bilans carbone, etc.
14:36Mais on est revenu
14:37à quelque chose
14:38qui était plus raisonnable.
14:39On a réussi à obtenir
14:41pour CS3D
14:41un plafond
14:42pour ne pas impacter
14:43les ETI européennes en ce moment.
14:44Il y a d'autres dispositifs en ce moment.
14:46Il y a toutes les REP
14:47sur lesquelles il y a des débats.
14:49Je pense que notre devoir
14:50de nouveau
14:51c'est d'expliquer
14:52les conséquences pratiques
14:53et chiffrer de manière pratique
14:55les conséquences de ces dispositifs.
14:57Il y a un autre point
14:59où là aussi
14:59vous allez alerter.
15:03Évidemment,
15:03c'est les allégements
15:05de charges,
15:06vous l'avez mentionné tout à l'heure,
15:07allégements de charges
15:08sur les bas salaires
15:09et notamment
15:10au niveau du SMIC.
15:14Parce que vous connaissez
15:15mieux que nous
15:16ce que c'est qu'un déficit
15:17et vous voyez bien
15:18le déficit de la France.
15:21Est-ce que là,
15:22vous comprenez ?
15:23Mais en même temps,
15:24la logique fait que ça
15:25vous conduit
15:25à une hausse
15:26du coût du travail
15:26parce qu'en plus,
15:27il y a l'apprentissage aussi
15:29qui est sérieusement raboté
15:30et dans des ETI,
15:32l'apprentissage
15:32est quelque chose...
15:33Il y a beaucoup d'apprentis.
15:35Donc là,
15:36vous avez fait un petit calcul
15:37et deux,
15:37comment vous en sortez ?
15:39On a clairement
15:40deux écarts de compétitivité
15:42entre la France
15:43et l'environnement européen.
15:44Là, on parle de...
15:45Le premier,
15:46c'est les taxes de production
15:47et le deuxième,
15:48c'est le coût du travail qualifié.
15:50Là, ce qu'on voit,
15:51c'est depuis maintenant
15:51deux ans,
15:52des rabots
15:53sur plutôt le travail
15:54non qualifié,
15:55enfin sur les bas salaires,
15:56des rabots des dispositifs
15:57d'allègement
15:58sur les bas salaires
15:58parce que l'État constate
15:59qu'avec les augmentations
16:01notamment d'inflation,
16:03ça lui coûte plus cher.
16:05Nous, ce que nous constatons,
16:06c'est que la France,
16:08les charges sociales
16:09en France patronales
16:10sont de 1,41.
16:11C'est-à-dire que
16:12c'est 41% de plus
16:13que le salaire brut
16:14qu'on paye aux salariés
16:14qui lui-même touche
16:16la moitié de ce qu'on paye vraiment.
16:19Et qu'en moyenne européenne,
16:22c'est 1,23.
16:24Donc 1,23,
16:251,41,
16:25un énorme écart de compétitivité.
16:27Nous, au Métis,
16:29on a un très fort tropisme industriel.
16:31Donc on a effectivement
16:31des entreprises
16:33de services,
16:34des entreprises
16:34qui emploient aussi
16:35des salariés au SMIC.
16:36On a beaucoup
16:37de salariés qualifiés.
16:38Et notre ambition,
16:39ce qu'on porte aussi
16:39comme un peu,
16:40parce qu'il faut quand même
16:41porter un certain nombre
16:42d'idéaux,
16:43c'est une France
16:45des bons salaires,
16:46une économie des bons salaires
16:47avec des gens
16:48mieux formés
16:49par l'éducation
16:50et qui soient capables
16:51d'avoir des salariés qualifiés.
16:54Mais pour ça,
16:54il faut un socle industriel.
16:55Pour ça,
16:56il faut être productif,
16:57il faut être créateur.
16:57Les Français le sont.
16:59On a des Français
17:00qui ont envie
17:01de monter des entreprises
17:01qui sont créatifs,
17:03sans doute même plus
17:03que quand moi,
17:04j'étais étudiant,
17:06qui sont créatifs,
17:07qui sont inventeurs.
17:08Mais le problème,
17:10c'est qu'il faut
17:10que l'entreprise,
17:11la start-up,
17:12puisse se développer
17:12dans un environnement compétitif.
17:14Cette économie
17:15des bons salaires,
17:15il faut qu'on continue
17:16à la porter en France.
17:17Il faut qu'on arrive
17:18à réaligner
17:20les charges sociales
17:21sur l'environnement européen.
17:23Et c'est possible.
17:24Le fait que ça soit,
17:25parce que Patrick Martin,
17:27président du MEDEF,
17:29dit que notamment
17:30le fait
17:31de toucher essentiellement,
17:33c'est-à-dire
17:33sur les allégements
17:33de cotisation,
17:34là où c'est le plus fort,
17:35c'est deux fois
17:36et demi le SMIC,
17:37je crois.
17:38Et là,
17:39c'est un peu illogique
17:41parce qu'on veut
17:42une montée en gamme
17:44de la France,
17:45des entreprises françaises.
17:46Et puis de l'autre côté,
17:47il y a d'autres,
17:48notamment Bruno Coquet
17:49qu'on connaît bien
17:49qui a fait ce fameux rapport
17:52sur le coût
17:53de l'apprentissage
17:53qui est quand même
17:54très très élevé,
17:55c'est 10 milliards.
17:56Il dit,
17:57mais à la limite
17:58les entreprises,
17:58vous n'avez pas besoin
17:59de ces allégements de charges,
18:01vous pouvez très bien
18:02embaucher quand même
18:02quelqu'un.
18:03Alors,
18:04la réponse est,
18:05on peut embaucher quelqu'un,
18:06ça coûte beaucoup plus cher
18:07que dans le reste de l'Europe.
18:08Les grandes entreprises,
18:09elles montrent des sites
18:11compétitifs dans d'autres pays.
18:13Nous,
18:13ce qu'on fait en France,
18:14c'est qu'on crée
18:14une sorte de système
18:15de droit de douane
18:16à l'envers
18:17où on pénalise
18:18le travail et la production
18:19en France.
18:20Tous les Français le payent.
18:21Ils le paieront par le chômage.
18:22On n'aura pas les mêmes moyens.
18:24C'est clair,
18:24si vous payez beaucoup plus
18:25de charges sociales,
18:26sans d'ailleurs
18:26que le salarié
18:28touche plus de salaire
18:30puisqu'il est en fait
18:30lui aussi très taxé,
18:32vous allez vous retrouver
18:33avec une France
18:33qui n'a pas d'emploi,
18:35une France qui n'a pas d'industrie,
18:36une France qui ne maîtrise pas
18:37des savoir-faire,
18:38une France où les jeunes
18:39inventeurs, ingénieurs
18:40ne peuvent pas monter
18:41leurs projets durablement
18:42et ça,
18:43c'est vraiment triste
18:44et c'est correctible.
18:46Une partie des charges sociales
18:47et notamment
18:47toute la partie famille
18:50qui sont plus
18:51de l'intérêt de la collectivité
18:54devrait être financée
18:55par l'impôt
18:56et non pas
18:56à la charge des entreprises.
18:58Est-ce que vous allez avoir votre...
18:59Est-ce que le métier
19:00va présenter son propre
19:01programme présidentiel ?
19:03ce que nous allons faire,
19:04c'est une chose
19:06parce que
19:07de nouveau
19:08on est des entrepreneurs
19:09moi ça me désole
19:09de venir ici
19:10en tirant la sonnette d'alarme
19:12et en venant
19:13alors qu'on voudrait vous parler
19:14de projets,
19:15de développement,
19:15c'est ce qu'on fait
19:16toujours dans nos entreprises.
19:17Ce que nous allons faire
19:18c'est que nous allons
19:20imaginer
19:21ce que serait
19:21une France
19:22un peu à l'instar
19:23de l'Allemagne
19:23une France des 12 000,
19:2515 000,
19:2520 000 ETI.
19:26L'industrie allemande
19:27se porte très mal.
19:29Elle se porte très mal
19:29mais on n'a pas du tout
19:30ni le même déficit commercial
19:31ni le même déficit
19:32donc elle se porte très mal
19:33à proportion
19:34de la situation d'Allemande avant.
19:36Mais elle se porte
19:36beaucoup mieux que nous
19:37l'économie allemande.
19:38Et qu'est-ce que serait
19:39qu'est-ce qu'apporterait
19:41pour notre pays
19:42parce qu'il faut donner
19:42des perspectives
19:43une France des 20 000 ETI ?
19:45Il y a des programmes
19:45aujourd'hui,
19:46il y a le programme étincelle
19:47qui a été monté
19:47par le gouvernement
19:48pour faire monter
19:49un plus grand nombre
19:50de PME à la taille ETI.
19:51Qu'est-ce que serait
19:53une France
19:53dans nos régions,
19:55dans nos savoir-faire,
19:56dans nos emplois ?
19:57Qu'est-ce que serait
19:58une France de 20 000 ETI ?
19:59On est en train
19:59de le modéliser
20:00parce qu'on veut aussi
20:02porter...
20:02Aujourd'hui on est à combien ?
20:04Non pas seulement de dire...
20:05Aujourd'hui on est à 7 200
20:10et on est monté
20:11d'ailleurs de 4 600
20:12à 7 200.
20:13On est remonté
20:14mais on est très...
20:15Alors qu'on avait
20:16autant d'ETI
20:16qu'en Allemagne de l'Ouest,
20:17les Allemands ont aujourd'hui
20:1820 000 ETI.
20:19Qu'est-ce que serait
20:20la France de 20 000 ETI ?
20:21On le mérite.
20:22On mériterait
20:22d'avoir ces 20 000 ETI.
20:23On pourrait les avoir.
20:24Et alors ?
20:25Et comment y arriver ?
20:27Voilà.
20:27Et ça vous allez sortir quand ?
20:28C'est intéressant,
20:29on viendra de nous présenter ça.
20:30Avec plaisir.
20:31Et le programme
20:31étant à étincelle,
20:32j'ai encore deux questions.
20:33le programme étincelle
20:34qu'ils étaient venus lancer
20:37le ministre de l'économie
20:38ici en grande pompe.
20:40Ça a marché ?
20:41Il y en a plus combien ?
20:43Aujourd'hui on a,
20:44comme je vous l'ai dit,
20:45plus d'ETI.
20:467 000,
20:46on progresse
20:47en nombre d'ETI.
20:48On est par contre
20:49depuis deux ans
20:50sur un retour en arrière.
20:52Alors je n'ai pas le nombre,
20:53je ne vais pas vous donner le nombre.
20:54Je vais vous dire une bêtise.
20:56Mais par contre,
20:57effectivement,
20:57on voit un ralentissement
20:58de l'investissement,
20:59un ralentissement des recrutements,
21:00un certain nombre d'ETI
21:01qui se vendent,
21:01un certain nombre d'ETI
21:02qui sont en difficulté.
21:04Et donc,
21:05on est dans une situation
21:06qui est aujourd'hui
21:07plus dure.
21:08Ce n'est pas une fatalité.
21:11Je pense qu'il ne faut pas penser
21:12que c'est une fatalité.
21:13Le problème de notre pays,
21:15c'est que depuis 30 ans,
21:16les entreprises
21:17sont la variable d'ajustement.
21:18Il faut que les entreprises
21:19deviennent la variable
21:21de création de richesse.
21:22Il nous reste très peu de temps,
21:24Philippe Dornano,
21:24pour ne pas dire pas de temps.
21:26Est-ce que dans ce contexte
21:27que vous décrivez,
21:29est-ce que vous dites
21:29que vous êtes à la tête
21:31et vous et votre famille
21:32d'un bijou
21:33qui s'appelle Sisley
21:34que tous les grands géants
21:36du luxe et de la cosmétique
21:37lorgne en disant
21:38quand est-ce qu'on va pouvoir
21:39l'avaler ?
21:40Est-ce que vous vous dites
21:41là, il y a trop
21:42la coupe est pleine
21:44mais comme peut dire
21:45beaucoup d'autres patrons
21:46d'ETI,
21:46je vends ?
21:47On a effectivement
21:50une passion
21:50pour ce métier.
21:52Je suis heureux
21:52de pouvoir aussi en parler.
21:54On a une passion
21:54pour la cosmétique.
21:55Ma famille travaille
21:56dans la cosmétique
21:56depuis près de 100 ans.
21:58On a montré
21:58plusieurs affaires.
21:59On a une entreprise
22:01qu'on vit avec passion.
22:02On a créé
22:03des nouvelles marques.
22:04On a créé
22:04des nouveaux produits.
22:06On a des équipes
22:07qui sont formidables,
22:08qui ne sont pas seulement
22:08françaises
22:09parce qu'on travaille
22:09on a plus de 4...
22:10On n'a pas plus
22:11120 000 nationalités.
22:13Nous alors,
22:14on n'a pas de problème
22:14on n'a plutôt que
22:17principalement des femmes
22:18puisqu'on est plus
22:18de 85% de nos salariés
22:19sont des femmes.
22:21Un salaire égal ?
22:23C'est entre les salariés.
22:26Le salaire n'est jamais égal
22:27à travail égal
22:29salaire égal
22:29ça dépend de la qualité
22:30du travail.
22:31Mais le sujet
22:32de transport salarié
22:32c'est à post-égal
22:33ce n'est pas à travail égal.
22:35Et donc
22:37on poursuit
22:38cette aventure
22:39on poursuit ce développement
22:40dans un contexte économique
22:41pour la cosmétique
22:42aussi plus dur.
22:44Impacté quand même
22:44par les alléas géopolitiques
22:45j'imagine que ce soit
22:46les droits de douane
22:47impacté par les droits
22:48de douane américains
22:49impacté par les surréglementations
22:51dont on parlait
22:52impacté par l'énergie
22:53même si ça s'est un peu
22:54amélioré pour l'électricité
22:56impacté par
22:56les réglementations chinoises
22:58et par
22:59d'une certaine manière
23:01la moindre ouverture
23:02du monde
23:02qui se profile
23:03et qui effectivement
23:04impacte les entreprises
23:05qui produisent en France
23:06et qui à partir de la France
23:07vendent dans le monde entier.
23:08Donc la réponse
23:09c'est non
23:09l'Ésselet n'est pas à vendre
23:11même si vous en avez
23:12ras-le-bol de tout
23:13C'est à développer.
23:14C'est à développer.
23:15Merci beaucoup
23:16d'avoir été avec nous
23:17Philippe Darnano
23:17donc le patron
23:18de Ciclet
23:19vous l'avez compris
23:19que le président du métier
23:20était notre invité
23:22donc
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