00:00BFM Business et RMC Live présentent la matinale de l'économie.
00:05Good morning business.
00:098h48 sur BFM Business et sur RMC Live.
00:11Wilfried Galland est avec nous. Bonjour.
00:12Bonjour Laure.
00:13Chez Montpensier Finance.
00:15La question de fond ce matin c'est est-ce qu'un budget c'est mieux que pas de budget ?
00:19Finalement une loi spéciale, bon bah pourquoi pas ?
00:21Oui c'est ça. En fait ce dont on se rend compte déjà c'est que le budget actuel c'est un budget de Schrödinger.
00:25C'est-à-dire qu'il a foi mort et vivant.
00:26C'est-à-dire qu'il a été voté par petits bouts, puis d'un seul coup quand on commence à demander l'avis de tout le monde,
00:32il y a une seule personne qui est positive quand même, une seule personne sous toute l'Assemblée.
00:36Et la question qui va se poser derrière c'est c'est quoi le prix de la stabilité politique ?
00:40Si le prix de la stabilité politique c'est l'instabilité économique et l'insécurité économique,
00:44alors ça vaut pas le coup d'avoir cette espèce de stabilité politique à tout prix
00:48où on déguise derrière ce qu'il faut bien appeler quand même une peur panique de se retrouver devant les électeurs.
00:56On la déguise en nécessité d'être responsable et de trouver des compromis.
01:00On voit bien que les compromis qui sont trouvés sont des petits bouts sans aucune vision d'ensemble
01:05et sans aucune capacité à construire un destin commun.
01:08Un budget c'est d'abord et avant tout construire un destin commun pour éviter justement de se retrouver dans une situation
01:14où on ne sait pas où on va. Là on est complètement dans la situation où on ne sait pas où on va.
01:17Ça part dans tous les sens. On a une espèce d'hystérie fiscale, notre précédent interlocuteur le disait.
01:22Mais c'est fini ça a dit le ministre des Comptes publics, ça c'était Amine Monchalin,
01:27elle dit non non mais ça c'était l'Assemblée nationale, maintenant c'est fini.
01:29Voilà, on a l'impression qu'effectivement maintenant c'est l'ardoise magique.
01:33C'est-à-dire qu'on secoue un peu, on met le Sénat derrière et on se dit tout va aller mieux.
01:37Mais c'est quoi le cap ? Est-ce qu'effectivement on a un cap de création de quelque chose ?
01:44Est-ce qu'on va s'attacher au vrai sujet ?
01:46On a quand même une économie qui va de plus en plus vite,
01:49on a des rotations dans tous les sens, dans tous les secteurs
01:53qui doivent permettre de s'adapter très vite ou alors de mourir, pardonnez-moi l'expression.
01:58Et en fait on a l'impression qu'on ne s'attache absolument pas à ça.
02:01On est en train de dire finalement est-ce qu'on va gagner encore trois mois sur les retraites ?
02:06Est-ce qu'on va aller prendre une niche fiscale, la descente, la montée ?
02:10On n'a aucune vision, on n'a aucune capacité de se projeter dans l'avenir.
02:14Il faut effectivement que ça change, peut-être que le Sénat remettra l'église au centre du village.
02:17Après il faut quand même trouver des compromis justement sur ces bases-là, ça va quand même être compliqué.
02:21En ce temps-là il y a l'Italie qui a vu sa note remonter par Maudis,
02:23c'était pareil depuis 22-23 ans ?
02:25Oui, l'Italie, on le sait, le taux italien est quasiment identique maintenant au taux français
02:31à quelques points de base près.
02:32Il n'était pas normal que les agences de notation continuent à dire
02:35qu'on avait trois grands d'écart entre l'Italie et la France.
02:40On est en train de reconverger, globalement en Europe,
02:42on est en train de reconverger sur des niveaux de dette.
02:45La France malheureusement s'écarte de plus en plus.
02:48Les agences de notation sont toujours un petit peu en retard,
02:50mais au moins elles en ont pris acte.
02:51Chaque jour, Wilfried, on dit le contraire de la veille sur la question des taux et de la fête.
02:56C'est fou.
02:56C'est-à-dire qu'une fois la tendance c'est plutôt la baisse,
02:59une fois c'est le statu quo,
03:00mais on passe de 70-30 comme ça par alternance depuis 15 jours.
03:04En fait, on est en train de payer le prix du brouillard de données économiques
03:09dans lesquelles on a vécu et qu'on continue à vivre parce que c'est un peu difficile
03:12depuis le 1er octobre et depuis le shutdown aux Etats-Unis,
03:16depuis la fermeture des agences fédérales.
03:18On a une absence de données statistiques.
03:20Globalement, quand on a une absence de données,
03:22ça veut dire qu'on a une absence de visibilité.
03:24La fête doit avoir de la visibilité pour trouver un cap à ses décisions.
03:28Et on sait qu'en plus, à l'intérieur de la réserve fédérale,
03:32les 12 membres votants sont extrêmement divisés sur le sujet.
03:36Est-ce qu'il faut privilégier le soutien de l'activité,
03:38donc le soutien à l'emploi ?
03:40Ou est-ce qu'il faut privilégier le fait de surtout pas relâcher la pression monétaire
03:44parce que l'inflation est au-dessus de 2% ?
03:46On a vraiment ces deux écoles.
03:48Tout ça sans données.
03:50Voilà, et tout ça sans données.
03:52Et en plus, dans le monde, on a des flux de liquidités
03:55qui sont en train de se renverser, en particulier depuis le Japon,
03:57où on voit que le Japon, qui était une source de financement de l'économie mondiale,
04:00va avoir besoin de son argent et ne va plus financer le reste du monde.
04:04Et donc, il va être important, effectivement, de compenser tout ça.
04:07C'est un peu ce que nous a dit le président de la réserve fédérale de New York
04:10la semaine dernière, qui a renversé les choses.
04:13Il faut savoir que la réserve fédérale de New York,
04:15c'est le bras armé de la Fed pour les interventions sur les marchés.
04:19C'est-à-dire que lorsque la Fed décide d'intervention sur les marchés,
04:21c'est la Fed de New York qui met à disposition ses équipes
04:23et qui passe ses opérations au nom de la réserve fédérale.
04:26C'est important.
04:27Donc, et le président de la réserve fédérale de New York
04:30est toujours un membre votant du comité de politique monétaire.
04:34Ça tourne parmi les gouverneurs de Fed régional tous les ans.
04:37Et lui est toujours là.
04:37Lui est toujours là.
04:38Et donc, quand lui s'exprime, c'est quand même une voix très importante.
04:41C'est pour ça que les probabilités de baisse de taux ont changé assez spectaculairement.
04:46La question qui se pose quand même, c'est que finalement,
04:47on est dans un monde de pure liquidité.
04:49Et effectivement, ça veut dire beaucoup de volatilité sur les marchés.
04:53Ça veut dire beaucoup d'incertitude.
04:54Il est temps de retrouver un cap économique.
04:56Il n'y a pas qu'en France.
04:57Il est temps de retrouver un cap économique, des données certaines,
05:00pour qu'on ait un petit peu autre chose à commenter,
05:01que juste les vicissitudes.
05:06On ne s'ennuie jamais sur les marchés,
05:08mais parfois, c'est bien de changer de sujet.
05:09Parfois, on tourne en ronde.
05:10Merci beaucoup, Elfri.
05:11C'était venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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