00:008h43 sur BFM Business et sur AMC Life. Marc Chioranti nous a rejoint. Bonjour Marc.
00:04Bonjour Laure.
00:05Merci d'être là comme tous les vendredis.
00:06Ça me fait très plaisir.
00:08On commence avec l'actualité. Et donc, ce pétrole qui est autour des 110 dollars, on redescend un petit peu
00:14ce matin.
00:15Le gaz qui a pris quasiment, qui a doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
00:21Et le boon ce matin qui a dépassé les 3%. Vous êtes toujours sur un scénario, vous, de guerre courte.
00:26Oui, en fait, ce que j'essaye de voir, c'est j'essaye de me mettre au-dessus un peu
00:30du bruit qu'on a tous, dont on est tous victimes,
00:33et d'essayer de voir la réalité de la situation.
00:35Alors, si on prend tous les sujets les uns après les autres, d'abord, je pense qu'il faut quand
00:39même regarder, on en parle très peu, la situation en Iran.
00:42La situation en Iran, elle est, il y a eu toute une série d'articles dans le Wall Street Journal,
00:47qui n'est pas un journal pro-Trump, sur la situation militaire en Iran et l'avancée de l'offensive
00:53américaine et israélienne.
00:54Et c'est quand même totalement fascinant, parce que moi, j'entends partout, le pouvoir iranien est en place, il
01:00se maintient.
01:01Bon, c'est vrai qu'il a encore un pouvoir de nuisance, on va en parler.
01:04Mais quand on parle du pouvoir iranien, je ne sais pas de qui on parle.
01:07Adel Bakawan disait ce matin, il ne reste quasiment personne avec les dernières frappes qui ont été en début de
01:12semaine.
01:13Le Wall Street Journal donne la liste de tous les dirigeants iraniens, gardiens de la révolution, pouvoir et Mola,
01:20et on voit toutes les personnalités qui ont été éliminées, il n'y a plus personne.
01:23C'est-à-dire qu'effectivement, on se retrouve aujourd'hui avec un pouvoir qui est un pouvoir totalement affaibli.
01:28Le Wall Street Journal donne aussi une sorte de bilan de toutes les frappes qui continuent,
01:33avec des bases de données de frappes et de cibles qui avaient été prédéterminées par Israël et par les États
01:40-Unis avant la guerre.
01:42Et toutes les cibles ont été atteintes, c'est-à-dire qu'on est quasiment, aujourd'hui, franchement je ne
01:48suis pas un spécialiste militaire,
01:49mais aujourd'hui on peut dire qu'à peu près toutes les cibles ont été atteintes, c'est-à-dire
01:54au niveau du pouvoir, au niveau de la balistique, au niveau du nucléaire.
01:58Donc on a une guerre qui est complètement gagnée sur le terrain en Iran, voilà, donc ça c'est déjà
02:05une réalité, mais il faut le dire.
02:06Mais pourquoi Israël, dans ces cas-là, cherche à faire rentrer les pays du Golfe dans le conflit, si finalement
02:12on a presque réussi à zigouiller complètement le pouvoir iranien ?
02:17Parce qu'on est dans l'après-conflit, c'est-à-dire qu'il faut se projeter la projection d
02:21'Israël, et la projection des États-Unis,
02:24c'est-à-dire qu'on va avoir un Iran qui affaiblit, c'est mon scénario, peut-être qu'un
02:28pouvoir qui va se maintenir à la vénézuélienne,
02:30c'est-à-dire un pouvoir qui va accepter une collaboration avec les Américains sous tutelle, ou un renversement de
02:37régime.
02:37Moi je pense encore, on entend beaucoup qu'on ne peut pas renverser un régime par des bombardements aériens, qu
02:44'il faut des frappes sur le terrain.
02:46Je pense que compte tenu de ce qui s'est passé jusqu'à présent, je n'excuse pas qu'il
02:50y ait un renversement du régime dans les semaines qui viennent.
02:53C'est-à-dire que c'est encore possible, il n'y a plus de dirigeants, on peut très bien
02:56voir émerger des leaders de l'armée
02:59qui auront été choisis par la CIA et le Mossad qui sont sur place et qui vont émerger.
03:04Et à partir du moment où les principales frappes vont s'arrêter et que les gardiens de la révolution auront
03:09été, et ils sont affaiblis,
03:11c'est-à-dire qu'ils sont frappés, même les checkpoints qu'il y a dans Téhéran sont abattus avec
03:16trois personnes qui font barrage sur le groupe.
03:18– Vous ne répondez pas à ma question.
03:20– Non, je dis qu'on se projette déjà dans l'après.
03:24Et dans l'après, évidemment le but d'Israël, c'est les accords d'Abraham,
03:28c'est-à-dire c'est d'avoir un accord avec l'Arabie Saoudite principalement pour avoir un front commun.
03:34Donc le but, ce n'est pas d'entraîner les pays du Golfe dans le conflit, puisque le conflit sera
03:39bientôt terminé.
03:40Le but, c'est de permettre d'avoir une alliance élargie, puisqu'on a déjà beaucoup de pays arabes qui
03:47sont dans les accords d'Abraham,
03:48et d'avoir des accords avec l'Iran, avec l'Arabie Saoudite et des pays du Golfe.
03:53Donc je pense que déjà, un, sur cette situation en Iran, il faut le dire ici,
03:59je sais que ça fait plus de buzz de dire que c'est une catastrophe,
04:01et qu'il y a un enlisement, mais il n'y a pas du tout d'enlisement, les objectifs militaires
04:05sont arrêtés.
04:05Maintenant si on regarde, vous en avez beaucoup parlé.
04:07– Sur les infrastructures de gaz, on a des destructions quand même, 17% des capacités détruites au Qatar.
04:12– D'accord, mais je veux dire, là aussi, regardez et comparez, vous vous rappelez du prix du gaz pendant
04:20la guerre en Ukraine,
04:21c'était cinq fois le cours du gaz actuel, c'est-à-dire qu'on a une montée,
04:26ben attendez, on est dans une guerre, dans une guerre, l'Iran essaye d'utiliser les armes qui lui restent,
04:32elle n'a plus de pouvoir sur son propre pays, elle a un pouvoir de nuisance avec des missiles et
04:37avec des drones
04:38sur des installations et principalement les installations du Golfe pour mettre la pression sur les États du Golfe,
04:43pour que les États du Golfe mettent la pression sur les États-Unis pour arrêter le conflit.
04:47Donc ils utilisent le peu d'armes qu'il leur reste pour essayer de déstabiliser la région,
04:53mais là, objectivement, d'abord, un, on a eu la guerre en Ukraine qui nous a permis de nous adapter,
04:59vous voyez déjà même que la réaction des Européens, vous en parliez avant que j'arrive,
05:02sur comment on réagit, ben on libère des stocks de pétrole, on libère des réserves,
05:10on a une stratégie par rapport au gaz, on est désensibilisé par rapport au gaz,
05:15par rapport évidemment à la guerre en Ukraine, et si vous regardez objectivement les cours du gaz,
05:20oui, vous avez raison, ils ont progressé, mais on n'est absolument pas au niveau auquel on est,
05:24et puis même si on se ramène au marché, c'est quand même intéressant, vous en parlez beaucoup,
05:28la volatilité sur les marchés, elle est, ok, elle est autour de 23%, en Ukraine,
05:34quand on était en Ukraine, on était au-dessus de 30%, voire 35%, on a un niveau de volatilité qui
05:39est relativement bas,
05:39donc il y a une sorte de décalage entre l'agitation médiatique générale, principalement en Europe,
05:46où on a un biais anti-américain, c'est certain, d'accord, et la réalité sur le terrain,
05:51et la réalité des risques, et aujourd'hui les risques sont relativement contenus, et évidemment...
05:57– Mais c'est parce que moi, quand je vois le boon d'à 3%, vous voyez, je m'inquiète
05:59un peu,
06:00je me dis quand même que pour le plan d'émission allemand, ça va commencer à coûter cher,
06:05pour la relance européenne, j'ai un peu peur.
06:07– Alors, c'est là où je suis totalement d'accord avec vous, c'est-à-dire que moi,
06:10mon inquiétude, elle n'est pas du tout sur l'inflation, on va en parler,
06:13on va parler de Christine Lagarde, qui une fois de plus se trompe.
06:15– Scénario le plus dramatique qu'elle voit, c'est 4,4% d'inflation.
06:20– Non mais d'accord, mais bon... – On est plutôt là 2,6.
06:22– D'accord, elle est complètement à côté de la plaque, comme d'habitude, je veux dire,
06:25elle s'est plantée sur toute la route depuis des années, elle se plante encore,
06:30elle va bientôt partir et c'est une bonne nouvelle.
06:32Aujourd'hui, on n'a pas d'inflation, on a une hausse des prix,
06:35on sait objectivement que si la guerre s'arrête dans trop 4 semaines,
06:39on aura 0,5% d'inflation en plus en mars, 0,5% d'inflation en plus en avril.
06:45C'est pas de l'inflation, c'est de la hausse des prix.
06:47Ok, on ne va pas répéter que l'inflation c'est la hausse continue, généralisée et durable des prix.
06:53– 0,5% c'est pas beaucoup ?
06:54– 0,5% c'est pas beaucoup et on est dans ce scénario-là pour l'instant,
06:58et sauf éléments nouveaux que je n'ai pas et qu'elle a peut-être,
07:01elle a peut-être des idées sur ce qui se passe sur le terrain,
07:04moi je les ai moins qu'elle, et en tout cas je ne vois pas d'inflation aujourd'hui.
07:08Donc on n'est pas du tout...
07:09Mais là où je suis d'accord avec vous, c'est que moi ce qui m'inquiète beaucoup plus,
07:12c'est pas tellement la hausse des taux d'intérêt,
07:14c'est pas tellement la hausse de l'inflation,
07:16c'est l'impact des événements sur une croissance qui était déjà anémique, d'accord ?
07:21Et moi aujourd'hui, je vais être très clair avec vous,
07:24ma crainte c'est pas l'inflation, c'est plutôt la déflation,
07:27et ma crainte c'est pas l'inflation, c'est plutôt la crise sur la confiance,
07:32la baisse de la consommation, la baisse des investissements,
07:35et l'impact que ça va avoir sur la croissance.
07:38C'est-à-dire qu'effectivement je pense...
07:39– C'est pas la stagflation, c'est la déflation votre scénario ?
07:42– Non, il n'y a pas de stagflation.
07:43– La croissance c'est pas de croissance et inflation.
07:46– Voilà, puisqu'il n'y a pas d'inflation.
07:47Par contre, il va y avoir de la croissance,
07:50mais il va y avoir une croissance qui va être une croissance relativement basse.
07:54Alors maintenant vous parlez des taux d'intérêt allemand, c'est très intéressant.
07:57Oui, les taux d'intérêt allemand, les Allemands font un virage qui est très fort,
08:01c'est-à-dire que vous savez, on est en train de déployer 600 milliards de plans de dépenses militaires,
08:08ces 600 milliards, la bonne nouvelle,
08:09c'est qu'on commence à les voir dans les commandes à l'industrie,
08:13donc on sent qu'il y a une activité allemande.
08:16La bonne nouvelle aussi qu'on a vue, c'est que les Allemands commandent européens,
08:19on pensait qu'ils allaient commander que Américains et ils commandent européens,
08:23donc ça fait tourner la machine européenne.
08:24Ça c'est une bonne nouvelle pour l'Europe.
08:26Bon, la réalité c'est qu'ils vont devoir emprunter beaucoup plus,
08:30parce qu'ils vont se réarmer encore plus,
08:31et qu'ils vont en profiter, comme ils ont profité de la guerre en Ukraine,
08:35pour relancer un plan de relance par les infrastructures,
08:38et là c'est 500 milliards.
08:40500 milliards plus 600 milliards par rapport à un niveau de taux d'intérêt en Allemagne
08:44qui était extrêmement bas, c'est un niveau relativement significatif,
08:47mais je pense que même les taux allemands vont rebaisser.
08:50Ah oui ?
08:51Ben oui, bien sûr, parce qu'on n'a pas d'inflation.
08:53Et vous ne voyez pas du coup les nôtres remonter,
08:55parce qu'à un moment donné aujourd'hui il y a très peu de dettes à acheter allemandes,
08:57donc on se retrouve avec une concurrence très forte,
08:59et des gens qui ont peut-être préféré acheter du Boon que de l'OAT.
09:02Non, je ne pense pas, je pense qu'aujourd'hui on a un niveau de taux d'intérêt
09:05qui est extrêmement raisonnable, regardez en France,
09:08malgré, je suis beaucoup plus inquiet, si on devait en parler,
09:11ce n'est pas le sujet, de ce qui va se passer en 2027,
09:14et des agitations qu'on peut avoir sur notre dette pour les élections de 2027.
09:19Pour l'instant, par rapport à les situations qu'on a aujourd'hui,
09:21je ne vois pas de dérapage des taux d'intérêt européens,
09:24je ne vois pas de crise de financement de la dette européenne,
09:27il y a énormément de liquidités, il y a énormément d'argent qui est sorti des marchés.
09:32Il y a énormément d'argent qui est sorti de l'or,
09:34et qui doit se réinvestir.
09:37Et donc aujourd'hui, avoir des taux d'intérêt sans risque en Allemagne à 3%,
09:42c'est une opportunité.
09:43Il ne nous reste pas longtemps, je voudrais juste qu'on dise un mot
09:45de la régulation aux Etats-Unis, promise par Donald Trump,
09:48sur les banques, il doit y avoir un assouplissement des règles prudentielles.
09:51Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle ?
09:52Alors, c'est une très mauvaise nouvelle pour les Européens,
09:57c'est une très mauvaise nouvelle pour la prochaine crise qui viendra dans 3-4 ans financières,
10:02parce qu'il y a des crises financières comme 2008,
10:03on est en train de recréer les conditions d'un 2008,
10:06c'est une très bonne nouvelle pour les banques américaines à court terme
10:09et pour le système financier à court terme.
10:12Pour le crédit, ça va refaire un peu de...
10:13Évidemment, sauf qu'on est en train, et on le voit bien avec la dette privée,
10:17on voit bien avec le private equity,
10:19on est en train de jouer avec le feu, avec cette déréglementation.
10:23La déréglementation, c'est le grand projet de Donald Trump,
10:27c'est ça qu'il veut, c'est la dérégulation dans tous les domaines,
10:30que ce soit le domaine climatique, il l'a déjà montré,
10:33dans le domaine financier, il veut un peu le Far West,
10:36mais le Far West, ça mène à des crises.
10:38Merci beaucoup Marc Fuentino.
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