Passer au playerPasser au contenu principal
Lydia et Claude Bourguignon, fondateur du laboratoire d'analyse microbiologique des sols sont invités sur Thinkerview. Ils sont questionnés sur la politique agricole commune de l'union européenne, les subventions apportées ou non aux agriculteurs, la destruction de notre gastronomie nationale.

Réduire la qualité de la vidéo.

S'abonner à la chaîne https://www.youtube.com/@thinkerview
Soutenir Thinkerview https://fr.tipeee.com/thinkerview

00:00 Le CO2
02:26 Les subventions
07:53 La gastronomie

Pour changer le système :
Réclamer le RIC constituant : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-2491 https://www.mouvement-constituant-populaire.fr/
Changer de banque: https://www.lanef.com/ https://change-de-banque.org/particulier/
Passer à l'action militante: https://extinctionrebellion.fr/ https://ripostealimentaire.fr/
Changer de travail : https://jobs.makesense.org/fr

Sources
Bourguignon https://www.youtube.com/watch?v=rKfXU2JFcW8
Musique https://www.youtube.com/watch?v=39PVEaSytpo

Réponses au quiz de fin :

/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
/!\

/!\

/!\
/!\

Quel est le montant des subventions que touchent l'agriculture française via la PAC ?
9 milliards d'euros. (pour 300 000 agriculteurs)

Quelle est la particularité des pommes AOC du Limousin ?
Seul les goldens sont autorisés, or c'est une variété américaine dont on paie les brevets.

Quelles sont les 4 gastronomies présentes en France ?
Familiale, locale, fête, luxe.

#bourguignon #écologie #agriculture #gastronomie #extrait #ethiqueettac

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00...
00:06On a écrit un chapitre à partir d'une exergue de Buffon.
00:09Buffon, au XVIIIe siècle, écrit
00:11« Il arrivera à un moment où la technique humaine sera tellement puissante
00:15qu'il sera loisible à l'homme de refroidir ou de réchauffer la planète,
00:19mais il lui sera plus facile de la réchauffer que de la refroidir. »
00:22XVIIIe.
00:23Et ce qui est intéressant, c'est qu'à l'heure actuelle,
00:25dans le problème de l'atmosphère,
00:27on nous balance toute la journée le problème du CO2.
00:29Le Fiat ne parle que du CO2.
00:31Personne ne s'intéresse aux problèmes de base.
00:34Ce n'est pas du tout le CO2 qui est responsable majoritairement.
00:37Déjà, rien que le méthane, il est 60 fois plus actif en réchauffement planétaire.
00:42Mais personne ne parle des 10 millions d'hectares de désert que nous faisons chaque année.
00:46Personne ne parle des 20 millions d'hectares de forêts tropicales qu'on abat.
00:50Personne ne parle des 20 millions d'hectares de béton que nous faisons sur Terre.
00:54Personne ne parle des 80 milliards de machines qu'il y a sur cette planète
00:57et qui, chaque fois qu'elle tourne, chauffe, qu'elle soit thermique ou qu'elle soit électrique.
01:01Et ça, personne n'en parle.
01:03C'est extraordinaire.
01:05À Delhi, quand il y a des périodes de canicule,
01:08les gars, ils allument tous, les mecs ont les moyens,
01:10ils allument tous leur clim et on monte entre 50 et 60 degrés.
01:13Ça fait mourir les pauvres qui sont dans la rue.
01:15Mais ça, personne n'en parle.
01:16Oui, c'est des pauvres, c'est des pauvres.
01:18Tu te formalisent.
01:19Non, mais c'est intéressant de voir que...
01:21C'est une boutade.
01:21Oui, oui.
01:22C'est intéressant de voir qu'on se focalise sur le CO2,
01:25alors que les plantes adorent ça et qu'il suffirait de reboiser.
01:29Et par exemple, un autre truc dont personne ne parle,
01:31nous, on a beaucoup travaillé dans les forêts tropicales.
01:33Quand on est dans une forêt tropicale, on est à 25-26 degrés.
01:37Quand on déforeste pour faire un champ de soja,
01:40on monte à 50-52 à midi.
01:42Or, la différence thermique entre l'équateur et les pôles
01:46forme ce qu'on appelle les alizés,
01:47les vents très doux qui apportent de la pluie
01:49et qui sont très doux et qui nous apportent la fraîcheur.
01:53Quand, au lieu d'avoir une différence entre 25 degrés et 0,
01:56on a une différence de 50 degrés et 0,
01:57on transforme ça en ouragan.
01:59Et les ouragans explosent.
02:00Au fur et à mesure qu'on déforeste,
02:01les ouragans augmentent de plus.
02:03Et ça, personne n'en parle.
02:04Oh, Claude, c'est un petit orage.
02:06Ça fait tourner les éoliennes.
02:08Oui, non, parce qu'avec un ouragan,
02:11il ne tourne pas.
02:12Et il les arrête tout à l'heure.
02:13Ça fait fonctionner les vendeurs d'éoliennes.
02:16Voilà.
02:17Et les réparateurs de toits de maison.
02:19Et les producteurs de balsas.
02:21Voilà.
02:21En Brésil.
02:22En Brésil, à l'Équateur.
02:24Et les vendeurs de Grèce.
02:25Voilà.
02:26Si on prend, par exemple,
02:27le passage du labour au semi-direct,
02:30pendant 5 ans, il y a une chute de rendement.
02:32Donc, si l'État n'aide pas l'agriculteur
02:35pendant ces 5 années,
02:36pour qu'il puisse restaurer,
02:38en fait, il faut recapitaliser.
02:40Donc, quand on a décapitalisé,
02:41on dépense de l'argent pour recapitaliser.
02:44Donc, si l'État ne veut pas faire ça,
02:45n'aide pas,
02:46les gars, ils ne se lanceront pas là-dedans.
02:47Ils diront non.
02:48Pareil pour la bio.
02:49Donc, le problème, c'est que
02:50si on n'aide pas les agriculteurs
02:52à s'occuper du patrimoine,
02:54qui est un patrimoine national,
02:55il est privé,
02:56mais en fait, il est national,
02:58les choses ne vont pas bouger.
02:59Et là, pour le moment,
03:01on n'est pas parti pour.
03:02Je ne sais pas si on y arrivera, j'espère,
03:04mais pour le moment,
03:04on n'est pas parti pour.
03:06La FNSE freine des cas de fer,
03:08l'agro-industrie freine des cas de fer,
03:10donc ce n'est pas facile
03:10de faire bouger le système.
03:12Mais le problème des subventions,
03:15c'est pareil.
03:16Là, on a été confronté
03:19à des choses par une députée
03:22qui disait,
03:23mais vous vous rendez compte,
03:24parce qu'on avait l'idée de dire,
03:27le volume d'argent,
03:28toutes les subventions
03:29qui sont données par l'Europe
03:32aux agriculteurs,
03:33on disait, à ce moment-là,
03:35chaque agriculteur a une importance.
03:37Ce n'est pas parce que vous faites
03:38deux hectares de maraîchage
03:40qui demandent certainement
03:41autant de travail
03:42et que vous avez 100 hectares de céréales.
03:45On était pour dire,
03:46il y a une faume d'égalité,
03:48c'est-à-dire qu'on va partager
03:51ces subventions pour chacun,
03:52puisque le travail,
03:54peut-être qu'est en production,
03:56un maraîcher, quelque part,
03:57produit plusieurs fois
03:59presque autant qu'un céréalier,
04:01si on regarde dans son...
04:02Et la personne,
04:05une députée,
04:06a me dit,
04:06mais vous vous rendez compte
04:07de ce que vous êtes en train
04:08de nous dire ?
04:08Mais c'est absolument pas faisable.
04:10Et on lui dit,
04:11mais pourquoi c'est pas faisable ?
04:12Il y a une céréale,
04:13l'agriculture,
04:14elle nourrit,
04:15on mange des légumes,
04:16on mange du pain et tout.
04:17Elle dit,
04:18mais vous vous rendez compte,
04:19pour les gros agriculteurs,
04:23comment ça va se passer ?
04:24Et je lui dis,
04:26mais elle dit,
04:27par exemple,
04:28pour nous.
04:29Et je lui dis,
04:30mais vous avez combien d'hectares ?
04:32Et elle n'a jamais voulu répondre.
04:34Et elle a dit,
04:34mais vous vous rendez compte,
04:35si on n'a plus de subventions,
04:37mais on n'y arrivera plus,
04:38on ne pourra plus,
04:39on n'ira pas jusqu'au bout.
04:41Alors que les petits,
04:42ce n'y arrive pas,
04:44se pendent,
04:45se suicident.
04:47quand on entend ça,
04:48vous pouvez ressortir,
04:50qu'en étant complètement dépités,
04:54de dire,
04:54on n'est pas prêts.
04:55Et puis,
04:56quand on a dit que,
04:57c'est l'histoire des 5 ans,
04:59le temps de la reconversion,
05:01il faudrait que ces agriculteurs,
05:04qui font quand même un effort,
05:05pour avoir,
05:06qu'on ait une nourriture de meilleure qualité,
05:10ne perdent pas de salaire,
05:11soit,
05:13à la limite,
05:13on va dire subventionnés,
05:15mais qu'en fait,
05:16ils aient au moins,
05:18le même revenu,
05:19plutôt que de les laisser,
05:20avec une chute de rendement,
05:22et pour la première fois,
05:25l'année dernière,
05:25on a eu un retour,
05:27d'agriculteurs en biologie,
05:29qui repassent son conventionnel,
05:31qui réutilisent des produits.
05:33Ce n'est pas ça l'avenir.
05:35Si on prend une chose toute simple,
05:36on prend les 9 milliards d'euros,
05:39que touche la France,
05:40pour 300 000 agriculteurs,
05:42ça fait 30 000 euros par agriculteur.
05:44Donner 30 000 euros à agriculteurs,
05:45je pourrais vous dire qu'il y a des jeunes
05:46qui vont sortir de la ville,
05:47et qui vont vous faire du maraîchage,
05:49parce qu'ils toucheront 30 000 euros.
05:50Et là,
05:50vous allez donner à manger aux Français.
05:52Mais ça veut dire que,
05:53le président de la FNSEA,
05:54qui a 700 hectares,
05:56qui touche 140 000 euros,
05:57lui,
05:57il touchera plus que 30 000.
05:58Donc lui,
05:58il ne va pas être content,
05:59il fera pression sur le gouvernement,
06:01pour que surtout,
06:02on ne répartisse pas cette somme.
06:03C'est ce qu'elle a dit,
06:05cette députée,
06:05c'était sous-entendu,
06:07en disant,
06:08moi,
06:08il me faut ma subvention
06:10de plusieurs millions.
06:12Vous avez un regard,
06:13positif ou négatif,
06:15sur l'Europe ?
06:16L'Europe,
06:17la PAC,
06:19les quotas,
06:21l'Europe maman,
06:22l'Europe qui dirige,
06:25vous avez quel regard sur eux ?
06:27Au départ,
06:28la PAC,
06:29ce n'était pas si mauvais que ça,
06:30en fait.
06:31C'était quelque chose
06:32pour aider les agriculteurs,
06:35et c'était une association,
06:37je dirais,
06:37d'agriculteurs.
06:38Le problème,
06:40c'est qu'on a mis des gens
06:42qui ne sont plus agriculteurs,
06:44qui sont des financiers,
06:46et donc,
06:46on a complètement détruit
06:53cette PAC.
06:54Elle n'est plus du tout
06:55à la disposition
06:56des agriculteurs,
06:58elle est à la disposition
07:00des financiers
07:01qui veulent gagner
07:02des parts
07:03sur les agriculteurs.
07:05qui ne finit
07:06sur certains fonds
07:07de retraite,
07:08parce que la titrisation
07:10de tout ça,
07:10ça finit sur les fonds
07:12de retraite américains.
07:15Oui, tout à fait.
07:16Claude ?
07:17Non, mais au début,
07:18c'était très bien vu.
07:19On devait normalement
07:21protéger
07:21tout ce qui était
07:22production agricole
07:23entre les pays européens.
07:24C'était une sorte
07:25de protection
07:25de notre agriculture.
07:27Et le résultat,
07:28d'ailleurs,
07:28a tellement bien marché
07:29qu'on s'est retrouvé
07:30des excédents
07:30de beurre,
07:31de lait,
07:32de blé.
07:33Donc,
07:33ça montrait
07:33que ça marchait bien.
07:34Donc, après,
07:35il fallait réguler ça,
07:36bien entendu.
07:37On ne l'a pas fait.
07:38On a décidé
07:38de changer les règles
07:40et de donner
07:41une subvention à l'hectare.
07:42Donc, les gros
07:43ont beaucoup d'hectares,
07:44ils piquent tout,
07:45les petits n'ont rien.
07:47Et le résultat,
07:48ben voilà,
07:48on ne mange plus.
07:49On ne mange plus
07:50parce que ça a été
07:51très mal géré,
07:51ce système-là.
07:53Mais quand tu n'as plus
07:54d'énergie,
07:55que tu n'as plus
07:55d'agriculture,
07:56tu es condamné, non ?
07:57À faire un...
07:57Ah, ça,
07:58un pays qui n'a plus
07:59son agriculture,
07:59qui ne nourrit plus
08:00sa population,
08:00il est cul.
08:04On a classé
08:05la gastronomie française
08:06patrimoine.
08:07C'est au moment
08:07où ça s'effondre,
08:09toujours comme ça,
08:10c'est au moment
08:11où les choses s'écroulent,
08:12hop, on les protège.
08:13On protège la nature
08:14une fois qu'il n'y en a plus.
08:15On dit, hop,
08:15on va protéger les littorales
08:17une fois qu'ils sont bien pollués
08:18et bien détruits.
08:19Et c'est vrai
08:19que la gastronomie française,
08:22elle est cuite
08:22parce qu'elle n'a plus
08:23les produits de base
08:24qui lui permettent
08:25de faire une bonne alimentation.
08:26Et ça, c'est...
08:27Comment on répare
08:28un truc pareil ?
08:29Quand on a...
08:29Enfin, il y a quand même
08:30des trucs délirants.
08:32On ne peut pas faire
08:33une pomme AOC limousin
08:35avec autre chose
08:37que la Golden,
08:38qui est une variété américaine
08:41dont on paye les brevets.
08:42Si on utilise
08:43des pommes locales
08:46du limousin,
08:47on n'a pas le droit
08:47à l'AOC.
08:48Donc, tout est fabriqué
08:50pour détruire
08:51le système d'AOC,
08:52détruire l'originalité
08:55du produit
08:56qui était...
08:56La racine.
08:57La racine des choses.
08:58Et une fois que c'est détruit,
08:59effectivement,
08:59la France sera comme...
09:01Alors, il y a un pays
09:01qui ne se défend pas trop mal
09:02en Europe,
09:03c'est l'Italie.
09:03L'Italie,
09:04avec ce qu'ils appellent
09:06le slow food,
09:08ils protègent
09:08des variétés de lentilles,
09:09des variétés de haricots,
09:10des variétés de poires,
09:11etc.
09:12C'est encore une petite agriculture,
09:1310 hectares de moyenne
09:14contre 80 hectares en France.
09:16Et les Italiens
09:18restent attachés.
09:19Alors, pendant longtemps,
09:20ils ont lutté
09:21contre les supermarchés.
09:22Bon, maintenant,
09:23l'Europe les a forcés
09:24à les accepter.
09:25Mais l'Italie,
09:26l'Italien, lui,
09:27c'est une nourriture
09:30familiale,
09:30mais de très belle qualité.
09:32C'était Kurnansky,
09:33le prince des gastronomes,
09:35disait
09:35« La France est unique au monde,
09:36c'est le pays
09:37qui a quatre gastronomies. »
09:38La gastronomie familiale,
09:41les blanquettes de veau,
09:42les...
09:43Voilà,
09:44rien de choses
09:44qu'on faisait à la maison,
09:45comme ça.
09:47La gastronomie locale,
09:49l'endillette de vire,
09:50le jambon de Dijon, etc.
09:55La gastronomie de fête,
09:57quand on invite des amis,
09:58etc.
09:59Alors là,
09:59on met les petits plats
10:01dans les grands plats.
10:02Et la gastronomie de luxe.
10:04C'est le seul pays
10:04au monde qui a ça.
10:05Et c'est quelque chose
10:07d'assez étonnant,
10:07ce qui montre
10:08que les Français
10:08étaient attachés.
10:09Maintenant,
10:10on est le deuxième pays
10:11en nombre de McDo
10:13par habitant
10:13après les États-Unis.
10:15Ça montre quand même
10:16la chute de cette notion.
10:18Il y a combien de jeunes
10:19qui savent encore cuisiner ?
10:20Mais quel est le pourcentage
10:21de jeunes qui cuisinent encore
10:22en France ?
10:23On a réussi à casser
10:24quand même un système
10:25qui était remarquable,
10:26qui était vraiment remarquable.
10:27Et ça,
10:28on va avoir du mal
10:29à remettre ça de bout.
10:30Je crois qu'il ne reste
10:30plus qu'un seul producteur
10:31de cornichons en France.
10:33Il reste deux producteurs
10:35de...
10:35Moutarde ?
10:35Oui, la moutarde,
10:36elle vient du Canada.
10:39Le cresson,
10:39je crois qu'il n'y a plus
10:40que deux cressonnières
10:41en France.
10:41C'est affolant.
10:43C'est comment on a détruit
10:44un patrimoine absolument unique.
10:46Il y a des moutardes
10:46dans le vexin, d'ailleurs.
10:48Je recommande, d'ailleurs.
10:50Oui, on essaye quand même
10:51de refaire de la moutarde,
10:52mais c'est vrai que face
10:53à la moutarde canadienne
10:54qui est beaucoup moins chère,
10:56on a du mal à résister.
11:08C'est très cool.
11:27C'est très cool.
Commentaires

Recommandations