00:00Et donc quand on nous explique que la solution au premier objectif, le climat, ce serait de désindustrialiser ou de
00:05réduire nos objectifs ou de caper, c'est simple.
00:09Dans ces cas-là, ils font un choix, qui est un choix contre le modèle social.
00:13Parce qu'on va produire moins, ça veut dire qu'on ne pourra plus avoir les mêmes investissements sur l
00:16'école, sur la santé.
00:26Je voulais faire une démonstration par l'absurde, parce qu'en me disant, je profite d'avoir Valéry avec le
00:30GIEC qui se projette sur 2050, 2100 sur les rapports,
00:32mais on sait très bien que le coût climatique, il est parti pour beaucoup plus longtemps et que vous vous
00:35projetez sur un temps plus long, l'an 3000 ou je ne sais pas quoi.
00:39Juste pour se redire un petit peu quand même, qu'est-ce qu'on peut attendre de la technologie ?
00:42On peut attendre plein de choses sans doute et même des technologies de rupture, mais démonstration par l'absurde.
00:47Si on fait 2% de croissance par an, parce qu'on parlait du volume tout à l'heure, en
00:51fait c'est la croissance.
00:51Donc on est d'accord que toutes les entreprises ne cherchent pas forcément la croissance.
00:55Le gars qui est accordeur de piano, il fait son chiffre d'affaires à l'année, c'est une entreprise
00:59et il n'a pas de problème.
01:00Mais globalement, on sait qu'on est quand même un peu tous biberonnés à la croissance, soit parce qu'il
01:03y a des dettes, des investissements, des entreprises,
01:05soit parce que les États ont besoin aussi de rembourser les dettes et autres.
01:082% de croissance par an en l'an 3000, en l'an 3020, dans 1000 ans, ça veut dire
01:13que le PIB mondial aura été multiplié par 390 millions.
01:18Comme il aura fallu aussi déviser les émissions de CO2 par 4 ou 6, je ne sais plus trop, on
01:22va dire par 4.
01:23Je vais mettre un net de zéro.
01:25Voilà, donc 4 fois 4, ça fait 1,5 milliard, 1,6 milliard.
01:28Je vous passe, on n'est pas à ça près.
01:29Donc est-ce qu'on croit raisonnablement qu'en l'an 3020, sur cette petite planète Terre, on aura une
01:36intensité CO2 ou énergétique du PIB qui sera 1,5 milliard de fois plus efficace qu'aujourd'hui ?
01:45Je veux bien que les voitures soient géniales, je veux bien que le numérique soit top, je veux bien qu
01:48'on ait inventé le ciment du futur.
01:50Mais 1,5 milliard de fois plus, ce n'est juste pas possible.
01:54La conclusion de cette démonstration par l'absurde mathématique, c'est que la croissance va s'arrêter.
01:59Quand, comment, dans quelles conditions, je ne sais pas.
02:02Donc il est urgent d'inventer un monde de post-croissance, qu'il soit un monde de plein emploi, de
02:08répartition, de tout ce qu'on a besoin pour rendre les conditions démocratiques possibles.
02:12Mais sinon, le truc, de toute manière, ne boucle pas, ne marchera pas à un moment.
02:16On peut se faire plaisir sur les 10, 20, 30 prochaines années en se racontant des trucs, mais le truc
02:21ne bouclera pas.
02:22Et je n'ai même pas mis dans l'équation la question des ressources non renouvelables.
02:25C'est-à-dire du fait qu'il y a des endroits où ce n'est pas juste que ces
02:28énergies, par ailleurs...
02:29Alors on peut dire, mais si, on va inventer la fusion, je ne sais pas quoi.
02:32Donc 500 ans plus tard, en l'an 3500, à 2% de croissance par an, je crois qu'on
02:37a fait 2,8 ces 10 ou 20 dernières années, de consommation énergétique supplémentaire,
02:41il faudra que l'humanité consomme la puissance de l'étoile solaire.
02:46Je n'ai pas dit du soleil qui arrive sur Terre, ça c'est x6000.
02:49La puissance de l'étoile solaire.
02:5137 ans plus tard, il faudra deux étoiles.
02:5437 ans plus tard, quatre étoiles.
02:56Et donc il faut conquérir la galaxie plus rapidement que la vitesse de la lumière.
03:00C'est ça qu'on va faire, non ?
03:01Elon Musk et Jeff Bezos n'ont qu'à aller se rhabiller, vous voyez ?
03:05Parce que la conquête de Mars, à côté, c'est vraiment peanuts.
03:08Donc c'est juste une absurdité.
03:11Donc avoir fondé l'ensemble de notre système, tout ce qui permet de payer, les retraites, la sécurité sociale, le
03:17chômage, tout ce qu'on veut,
03:17sur la croissance, sur un système qui peut tenir un siècle, deux siècles, trois siècles, très bien.
03:23Puis là, ça commence à craqueler un peu fortement.
03:25Il faut d'urgence inventer autre chose.
03:27Et donc on a toute la palette technologique, je suis d'accord, toute la palette de connaissances sociales, sociétales.
03:33On sait comment ça marche, la rivalité mimétique.
03:35Enfin voilà, on veut une grosse voiture parce qu'en Paris Match, il y a des joueurs de foot qui
03:38ont des grosses voitures.
03:39Alors, voilà, il faut changer ça.
03:41Sur Instagram maintenant.
03:41Il faut changer ça.
03:42Oui, pardon, Paris Match, c'est pour les boomers.
03:44Donc voilà, c'est ça qu'il faut.
03:46Donc il faut se secouer un peu.
03:48Parce qu'effectivement, à la limite, l'énergie intellectuelle, on l'a.
03:51Tout est là, tout est dispo.
03:52Et en plus, ils ont envie.
03:54Je suis d'accord.
03:55Mais il faut qu'on se bouscule, qu'on se bouscule collectif.
04:00Vous avez envie de réagir là-dessus, puis on va prendre les questions des auditeurs.
04:02Je voulais juste dire que parfois, les échelles de temps, quand on parle changement climatique, semblent très longues.
04:07Mais je dis toujours, en fait, quand nous, on fait les projections d'évolution future du climat,
04:12il y a des futurs bien plus soutenables, bien plus désirables que d'autres.
04:16Et quand on regarde un horizon 2050, l'histoire du climat horizon 2050, elle est déjà pliée par les infrastructures
04:21qui existent.
04:23C'est juste quand mes enfants auront mon âge 2050.
04:25C'est le début du parcours professionnel des plus jeunes.
04:28Ça va venir très vite.
04:29Et l'enjeu, c'est d'arriver à changer les choses très vite maintenant.
04:32Ce n'est pas le futur à très long terme.
04:34Et 2100, c'est aussi une échéance qu'on utilise pour les projections climatiques.
04:38Un enfant qui n'est aujourd'hui, il n'aura même pas 80 ans en 2100.
04:40Donc, c'est des échelles de temps humaines, très courtes.
04:43Et donc, la question de fond, c'est comment on arrive à transformer, à agir le plus vite possible,
04:49pour parvenir à diminuer au maximum les émissions de gaz à effet de serre.
04:53Et l'enjeu est d'aller beaucoup plus loin que ce qui existe.
04:55Les promesses que les États ont faites dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat en 2015,
04:59elles impliquent une hausse.
05:00Pas un scénario de laisser faire, mais encore une hausse jusqu'au 2030.
05:04Celles qui ont été rendues publiques il y a quelques mois, en fait,
05:08ce n'est encore pas à la hauteur des enjeux.
05:10Donc, il y a un vrai défi à l'échelle des pouvoirs publics, c'est clair.
05:14Mais il y a un défi à l'échelle des entreprises, à l'échelle des collectivités,
05:17à l'échelle de chacun d'entre nous.
05:18C'est peut-être le message le plus important, moi, que je veux faire passer, celui-là.
05:22Je viens de réaliser que mon fils n'aura pas 80 ans en 2005, j'avais pensé.
05:28C'est du futur très proche.
05:29Oui, oui, ok.
05:31J'espère qu'il sera toujours de ce monde et qu'on pourra encore baisser un peu le thermostat.
Commentaires