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Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, dénonce sur le plateau de BFM TV l'impuissance de l'Europe face à la stratégie de Donald Trump et Benjamin Netanyahou.
Il alerte sur l'immobilisme des dirigeants européens face aux risques migratoires et terroristes, tout en proposant des solutions fermes contre la vie chère.
Entre taxation des super-profits de Total et bouclier sur le prix du carburant, l'analyse de l'homme du discours de l'ONU reste sans concession pour défendre la souveraineté de la France et la justice sociale.

#Villepin #Trump #politique #Europe #Economie

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Réponses au quiz de fin :
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Quels sont les deux dirigeants mondiaux jugés sans limite par Villepin ?
➡ Trump et Benjamin Netanyahou.

Quel danger pèse sur l'Europe en raison de sa proximité avec les conflits ?
➡ le risque terroriste.

Quel levier économique Trump peut-il utiliser contre l'Europe ?
➡ Les droits de douane.

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Transcription
00:00On voit bien aujourd'hui que faute de nous opposer à cette guerre, cet illimitisme de Donald Trump s'accélère.
00:09Et le résultat, c'est que c'est nous qui payons l'addition.
00:12Ne l'oublions pas, les Américains, entre le Moyen-Orient et les États-Unis, il y a une mer et
00:18il y a un océan.
00:19Nous, nous sommes dans la proximité de ces conflits et c'est nous qui en payons le prix.
00:25S'il y a demain un risque migratoire, s'il y a un risque terroriste, et le risque terroriste, ce
00:29n'est pas quelque chose d'hypothétique, il est là.
00:32S'il y a un risque de prolifération qui s'accroît dans les prochaines années, nous serons ceux qui payent
00:38l'addition.
00:45Vous faites le constat de deux hommes sans limite, si je vous suis Donald Trump et Benjamin Netanyahou, peut-être
00:50pour des raisons différentes.
00:51Quelle peut être la voix de la France ? Vous avez été l'homme à la tribune de l'ONU
00:55qui a dit non, il y a plus de 20 ans de ça à la guerre en Irak.
00:57Aujourd'hui, au-delà de la condamnation, on voit bien qu'aujourd'hui, on se fâche avec Donald Trump, mais
01:03qu'on n'ose pas aller trop loin, on a peur de plein de choses, des droits de l'homme
01:05ou d'autres choses.
01:06Au-delà des mots pour condamner aujourd'hui cette guerre et la façon dont elle est faite, qu'est-ce
01:10qu'on peut faire ?
01:11Alors d'abord, au-delà des mots, encore faudrait-il employer les mots.
01:14Vous trouvez que la France ne les utilise pas ?
01:16Je n'ai pas entendu un discours, je n'ai pas entendu une prise de position des Européens qui traduise
01:22le rejet, la condamnation de la politique menée par Donald Trump.
01:26Peut-être parce qu'ils sont divisés entre les Espagnols qui interdisent le survol de leurs avions, la France qui
01:30ne l'interdit mais pas tout le temps, les Anglais qui se font taper sur les doigts.
01:34L'Europe, quel téléphone ? Quel numéro de téléphone ?
01:36Peut-être. Mais il n'empêche que l'un des grands dirigeants de cette Europe, et je pense qu'il
01:42revient à la France de jouer ce rôle, pourrait s'élever et poser clairement cette opposition.
01:49On voit bien aujourd'hui que faute de nous opposer à cette guerre, cet illimitisme de Donald Trump s'accélère.
01:58Et le résultat, c'est que c'est nous qui payons l'addition. Ne l'oublions pas, les Américains, entre
02:04le Moyen-Orient et les États-Unis, il y a une mer et il y a un océan.
02:09Nous, nous sommes dans la proximité de ces conflits et c'est nous qui en payons le prix.
02:14Mais s'il y a demain un risque migratoire, s'il y a un risque terroriste, et le risque terroriste,
02:19ce n'est pas quelque chose d'hypothétique, il est là.
02:21S'il y a un risque de prolifération qui s'accroît dans les prochaines années, nous serons ceux qui payent
02:28l'addition.
02:28C'est pour cela que les Européens doivent marquer clairement le rapport de force vis-à-vis des États-Unis.
02:34Nous ne sommes plus dans le même bateau. Nous n'avons plus les mêmes intérêts.
02:38Et nous devons le dire aux États-Unis, quelles qu'en soient les conséquences, je ne fais pas partie de
02:43ceux qui sont en faveur de la politique du pire.
02:45Je ne crois pas qu'il nous appartient aujourd'hui de quitter l'OTAN.
02:48Mais jouons désormais entièrement dans le cadre du pilier européen de l'OTAN.
02:54Accélérons nos efforts. Faisons un effort supplémentaire pour, entre Européens, être capables de prendre la relève.
03:00Parce qu'il y a un risque supplémentaire.
03:02C'est que les États-Unis laissent tomber l'Ukraine, et que l'Ukraine se retrouve face à une Russie
03:08qui tire quelques bénéfices de la situation actuelle,
03:11notamment du fait de sa rente pétrolière.
03:13J'essaye de remettre de la réalité de l'Europe quand je vous écoute.
03:17On a du mal à construire simplement un avion avec les Allemands.
03:20Si demain, effectivement, un homme ou une femme en Europe se lève pour dire ces cas de vérité à Donald
03:26Trump,
03:26et que, imaginons que ce soit Emmanuel Macron, et que dans la foulée, les États-Unis nous mettent 30%
03:30de droits de douane,
03:31est-ce que vous ne reviendrez pas sur ce plateau pour dire, c'est scandaleux, il ne fallait pas aller
03:35jusque-là ?
03:35C'est-à-dire, on voit bien qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de voix en Europe qui ont
03:39envie de se fâcher avec Donald Trump,
03:40mais qu'elles n'osent pas parce qu'il a aussi la toute-puissance économique.
03:43Mais il ne s'agit pas de se fâcher avec Donald Trump.
03:45Il s'agit tout simplement de prévenir Donald Trump de ce qui va se passer.
03:49Vous pensez vraiment qu'on peut lui faire peur ?
03:51Mais en 2003, qu'est-ce qui s'est passé avec Jacques Chirac ?
03:53Nous avons dit à George Bush ce qui allait se passer.
03:57Mais il y allait quand même.
03:58Et le chaos en a été la conséquence.
04:01Et il y allait quand même comme aujourd'hui.
04:01Vous croyez que le peuple américain n'est pas capable, à cinq mois des échéances des midterms,
04:07de se rendre compte que ce type d'aventure, encore et encore, conduit et les Etats-Unis, et le Moyen
04:13-Orient, et l'économie humaine.
04:14Donc notre espoir, c'est le peuple américain.
04:15Et l'économie humaine.
04:16Mais notre espoir, c'est la démocratie.
04:18Notre espoir, c'est de ne pas infantiliser nos peuples.
04:22Notre espoir, c'est de rester capable de mener des politiques humaines.
04:26C'est d'être capable de mener le monde avec réalisme.
04:29C'est les trois quarts de la planète qui sont en attente d'un leadership européen.
04:33Mais le problème, c'est que ce ne sont pas les trois quarts de la planète qui votent pour élire
04:36le président américain,
04:37mais les citoyens américains.
04:38Oui, mais au bout du compte, l'addition risque d'être encore plus redoutable par Donald Trump.
04:42Mais une fois de plus, si personne ne dit à Donald Trump son fait,
04:47si personne ne prévient Donald Trump des risques qu'il prend,
04:50non seulement aujourd'hui pour les soldats américains,
04:53mais pour l'ensemble de la planète,
04:54nous sommes tous aujourd'hui à subir les conséquences de cette politique
04:59qui a une traduction dans le déséquilibre économique du monde tragique.
05:04Je pense que ça mérite au moins que les Européens aient le sursaut,
05:08la dignité de dire les choses aux Etats-Unis et au reste du monde.
05:13Et dans cette addition de la guerre dont vous parlez, Dominique de Villepin,
05:15il y a évidemment la flambée des carburants.
05:18Vous allez nous dire dans un instant ce que vous feriez
05:20si vous étiez aujourd'hui en responsabilité.
05:23Mais est-ce que vous seriez cigale ou fourmi ?
05:26Est-ce que vous diriez je saupoudre, je vise les professions qui soufflent le plus
05:29ou j'ouvre grand les vannes et tant pis pour le déficit ?
05:32Je serais responsable.
05:34Oui, mais...
05:34Oui, oui, mais qu'est-ce que ça veut dire ?
05:36Permettez-moi de le dire.
05:37Responsable, ça veut dire quoi ?
05:39C'est-à-dire qu'il faut protéger les plus vulnérables.
05:41Et en particulier ceux qui, dans notre territoire,
05:44subissent les conséquences tragiques et ne peuvent plus travailler,
05:47ne peuvent plus utiliser leur voiture.
05:50Et c'est pour cela que je suis pour que les maires et les intercommunalités
05:53puissent distribuer des chèques carburants
05:55à ceux qui, en dessous d'un certain seuil de ressources,
05:58ne peuvent pas aujourd'hui travailler.
06:01Deuxièmement...
06:01Pardon, des chèques carburants pour tous les automobilistes
06:04en dessous d'un certain seuil de revenus ?
06:05Non.
06:06Pour ceux qui, dans les territoires,
06:08ont absolument besoin de leur voiture.
06:11Si vous êtes à Paris, vous prenez le métro, vous prenez le bus,
06:13il y a d'autres moyens dans les grandes villes, c'est le cas.
06:15Qui les finance, ces chèques carburants ?
06:16Eh bien, c'est à partir des moyens dont nous disposons,
06:20des ressources dont nous disposons,
06:22encore, même si la pelote s'est beaucoup rétrécie,
06:26compte tenu de l'état de nos finances publiques,
06:28que nous pouvons dégager une marque.
06:29Donc je suis pour des aides ciblées.
06:30On l'a fait pour les producteurs.
06:32Donc vous avez un montant en tête.
06:34Le gouvernement est bien placé pour le faire.
06:36Le gouvernement, il a dit 70 millions,
06:38pour l'instant, sur les professions les plus ciblées uniquement.
06:41Il ne pourra pas en rester là.
06:42Il faudra, et il faut prendre en compte cette réalité-là.
06:45Deuxièmement, il faut une politique d'écrètement.
06:47L'écrètement, ça veut dire que quand les prix vont monter
06:50au-delà d'un certain seuil, prenons 2,50 euros,
06:54eh bien, il faudra alors faire en sorte que nous puissions,
07:02quand le prix baissera, écréter.
07:05C'est-à-dire qu'à périmètre constant, nous allons lisser le prix.
07:09C'est-à-dire qu'on fixe pour plusieurs mois le prix à 2,50 euros.
07:12On fixe un prix maximum.
07:13Quand il est au-dessus, c'est l'État qui paye.
07:16Exactement.
07:16Quand il est en dessous, il se rembourse.
07:18Exactement.
07:18C'est-à-dire que c'est un système qui permet d'établir
07:20une sorte de caisse de compensation.
07:22Si ça ne redescend pas.
07:22Eh bien, si ça ne redescend pas, on peut quand même penser
07:25qu'il y a un principe de réalité qui jouera
07:28et que ce ne sera pas seulement les Européens
07:32qui s'opposeront alors à Donald Trump.
07:34Il y a aujourd'hui, je crois, un troisième élément
07:38qu'il faut prendre en compte compte tenu du fait
07:39que nous voyons qu'il y a un certain nombre de rentes
07:42et de super-profits qui sont dégagés,
07:44en particulier par les pétroliers.
07:46Il faut que l'ensemble de ces super-profits
07:50puissent être restitués.
07:52Il n'y a pas de raison que dans cette période-là,
07:55quiconque puisse faire des marges importantes.
07:58Pour les citer, il faut une taxe sur les profits totales.
08:01C'est ce que vous demandez par exemple.
08:02Les profits au minimum et les distributeurs sont susceptibles
08:05également d'en faire.
08:07Mettons en place un dispositif qui permettra de faire la lumière.
08:10Il ne s'agit pas de faire un procès d'intention à quiconque.
08:12Il s'agit de poser un principe de justice.
08:15Les Français veulent la clarté et ils veulent la justice.
08:19À partir de là, nous mesurerons combien.
08:24Nous avons encore un effort à faire en matière d'électrification.
08:27Ça veut dire que contrairement à ce qui a été fait depuis quelques années
08:29où nous avons commencé à tourner le dos à notre effort écologique,
08:33nous avons besoin d'avancer dans la voie de la décarbonation.
08:36Il y a là un effort puissant qu'il faut faire.
08:39Ça veut dire que tôt ou tard, les politiques se payent.
08:42Et quand on ne fait pas ce qu'on doit, on s'en trouve en difficulté.
08:46Et d'un mot nationalisé total, comme le propose Fabien Roussel chez les communistes ?
08:51Non, je ne dirai pas jusque-là.
08:52Je crois qu'il faut raison garder.
08:54Mais en tout état de cause, dans cette période exceptionnelle,
08:57ne pas accepter une rente des bénéfices indus,
09:01je crois que c'est la moindre des choses.
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