00:00C'est-à-dire, est-ce que vous accepteriez de travailler avec le RN et avec LFI ?
00:03Je dis clairement, je ne mets pas le Rassemblement national et LFI dans la même...
00:10Donc vous pourriez travailler avec LFI, mais pas avec le RN ?
00:12Je pense que ces parties vont être amenées à se métamorphoser, sans doute, dans le cadre de la campagne.
00:22L'héritage qui est celui du Rassemblement national, qui est un héritage très lourd,
00:26à la fois de xénophobie, de racisme, préférence nationale.
00:30Quand j'entends les patrons recevoir aujourd'hui le Rassemblement national,
00:34ils oublient qu'au cœur du projet, au cœur du projet de Marine Le Pen, il y a la priorité
00:39nationale.
00:39C'est-à-dire que les entreprises sont obligées de...
00:42C'est une faute que les patrons...
00:44Mais c'est un changement de démocratie et c'est un changement de monde.
00:55Dominique de Villepin, vous êtes donc l'ancien ministre des Affaires étrangères, l'ancien Premier ministre
00:58et de plus en plus candidat à l'élection présidentielle.
01:01Alors vous ne le dites pas tout à fait officiellement, mais quand on regarde ne serait-ce que vos réseaux
01:04sociaux,
01:05vous avez lancé un quasi-clip de campagne.
01:07Ça s'appelle « La France que nous aimons ».
01:09Il y a des morceaux de votre grand discours devant l'amphithéâtre de la Sorbonne.
01:14Il y a ce que vous aimez de la France, dites-vous.
01:17Il y a vos inquiétudes sur la fin d'une idée universelle, sur la fin d'une sorte de vivre
01:22ensemble, on le sent bien.
01:23Vous êtes de droite ou vous êtes de gauche ?
01:25Alors nous sommes à la fin d'un cycle.
01:27Je vais essayer de vous répondre précisément.
01:29Nous sommes à la fin d'un cycle qui a commencé en 2007.
01:34Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron.
01:38J'ai une conviction.
01:39C'est que le sarkozisme, le hollandisme et le macronisme ont fait leur temps.
01:45Il faut tourner la page.
01:48Nous sommes aujourd'hui en train de rentrer dans un nouveau monde,
01:51à la fois sur le plan international et en même temps sur le plan national.
01:56Et ce constat apporte en moi une conviction.
02:01Et cette conviction, c'est que tous ceux qui aujourd'hui ont été ou sont les héritiers de ces trois
02:09périodes...
02:10Vont devoir quoi ? Quitter ?
02:13Quitter la scène ?
02:13... auront beaucoup de mal à porter une ambition dans l'élection présidentielle.
02:17Je vois bien que ça commence pour vous, effectivement, après le chiracisme.
02:22Cette période dont vous dites qu'il faut qu'elle s'arrête.
02:24Après, tous ceux qui dans la Ve République, du général de Gaulle jusqu'à François Mitterrand et Jacques Chirac,
02:30ont eu une conception de la fonction présidentielle qui était à la hauteur des besoins.
02:37C'est-à-dire une fonction d'arbitre.
02:39Nous aurions bien besoin d'un arbitre aujourd'hui dans notre pays pour établir la sérénité,
02:43et pour permettre à nos institutions de fonctionner un arbitre, un garant et un stratège.
02:49La grande ambition française aujourd'hui, elle est double.
02:51Ça veut dire que vous n'allez pas rentrer, on le voit bien pour l'instant dans vos discours,
02:54c'est effectivement des stratégies, des grands plans pour la France.
02:58Mais pour l'instant, je ne sais pas en tout cas ce que vous pensez de l'âge légal de
03:02la retraite,
03:03de la légalisation du cannabis, de la question des impôts, des charges, du chômage.
03:10Toutes ces questions sont importantes.
03:11Mais le grand enjeu pour la France, c'est d'être capable de mener une double bataille.
03:17La bataille de la souveraineté.
03:18Comment faisons-nous pour rester un pays indépendant dans les prochaines années,
03:22à l'échelle de la France et à l'échelle de l'Europe ?
03:24Mener la grande bataille qui s'annonce pour 2027,
03:26et qui prime sur toutes celles que vous avez annoncées,
03:30qui est la bataille de la démocratie.
03:32Si le Rassemblement National arrive au pouvoir en 2027,
03:36nous changeons de monde.
03:37Nous entrons dans une démocratie illibérale.
03:42Votre ancienne famille politique, c'est-à-dire la droite,
03:45aujourd'hui est représentée par des gens comme Bruno Retailleau,
03:48qui lui met dos à dos le Rassemblement National et la France Insoumise.
03:52Est-ce que vous estimez que le danger est le même d'un côté ou de l'autre ?
03:55Le petit théâtre politique aujourd'hui, tel que nous le voyons,
04:00c'est un théâtre ancien.
04:02Et les personnages qui s'agitent sur la scène et qui gesticulent
04:05sont des personnages de carton-pâte.
04:08J'écoutais hier Bruno Retailleau égrener ces quelques mesures.
04:13Est-ce que vous pensez, en appliquant tout cela,
04:15que c'est susceptible de changer notre pays ?
04:19Aujourd'hui, nous sommes dans une épreuve terrible.
04:22Mais vous ne m'avez pas dit si vous étiez de droite ou de gauche ?
04:24Oui, mais j'y viens.
04:25La question de la démocratie et la question du rassemblement sont incontournables.
04:30Quoi qu'il arrive en 2027,
04:32vous ne pourrez pas faire passer des réformes avec 50% plus une voix.
04:37C'est-à-dire que la démocratie représentative ne suffit pas.
04:40C'est-à-dire qu'être de droite ou de gauche ne suffit pas.
04:43Les candidats de droite ou de gauche ne pourront pas gouverner la France après 2027.
04:49Qu'est-ce que ça veut dire ?
04:50Ça veut dire que nous devons inventer un nouveau modèle de démocratie,
04:53à la fois sociale,
04:54qui rassemble les partenaires sociaux très en amont des réformes,
04:57en même temps citoyenne.
04:58Il faut embarquer tous les citoyens.
05:00C'est-à-dire qu'il faudra réhabiliter le référendum
05:03et en même temps, il faudra, à travers les conventions citoyennes,
05:06faire vivre notre démocratie.
05:08Il faut donc se convaincre
05:09qu'une réforme des retraites à 50 plus 1
05:12ne passera pas, pas plus que n'est passée la réforme Macron.
05:15Et ça veut dire quoi ?
05:16Ça veut dire qu'il faut un président
05:19qui soit capable de présider
05:21et qui soit donc capable de dépasser le clivage
05:24de la droite et de la gauche.
05:25Donc vous n'êtes ni de droite ni de gauche ?
05:26Je suis gaulliste.
05:27Et ça veut dire quoi ?
05:28Ça veut dire que moi, je peux,
05:29et nous ne sommes pas nombreux,
05:31travailler avec tout le monde.
05:33Je peux travailler avec les partis politiques
05:35tels qu'ils sont,
05:37tout en laissant les partis politiques...
05:38Avec tous ?
05:39C'est-à-dire, est-ce que vous accepteriez
05:40de travailler avec le RN et avec LFI ?
05:42Je dis clairement,
05:43je ne mets pas le Rassemblement National et LFI
05:47dans la même...
05:49Donc vous pourriez travailler avec LFI
05:50mais pas avec le RN ?
05:51Je pense que ces partis vont être amenés
05:57à se métamorphoser sans doute
05:58dans le cadre de la campagne.
06:01L'héritage qui est celui du Rassemblement National,
06:03qui est un héritage très lourd
06:05à la fois de xénophobie, de racisme,
06:08préférence nationale.
06:09Quand j'entends les patrons recevoir aujourd'hui
06:12le Rassemblement National,
06:13ils oublient qu'au cœur du projet,
06:15au cœur du projet de Marine Le Pen,
06:17il y a la priorité nationale.
06:18C'est-à-dire que les entreprises sont obligées de...
06:21C'est une faute que les patrons...
06:23Mais c'est un changement de démocratie
06:25et c'est un changement de monde.
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