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Le détroit d’Ormuz subit la plus grande perturbation de l’histoire de la production pétrolière selon l’AIE.
Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project et expert de référence, analyse ce choc sans précédent.
Entre la menace de l’Iran, l’inflation des engrais et l’explosion des prix à la pompe, l’économie mondiale vacille. Découvrez pourquoi cette crise énergétique est plus grave que les chocs pétroliers de 1973 et 1979.
Retrouvez cet entretien initialement diffusé sur la chaîne partenaire Greenletter Club pour comprendre les enjeux géopolitiques du pétrole et du gaz.

#Auzanneau #Pétrole #Énergie #Économie #Géopolitique

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Réponses au quiz de fin :
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Quelle est l'arme nucléaire du marché pétrolier selon Auzanneau ?
➡ la fermeture d'Ormuz.

Quel pays a envahi l'Irak en 2003 ?
➡ les États-Unis.

Quel produit agricole va aussi subir l'inflation ?
➡ les engrais.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00La fermeture du détroit d'Hormuz, c'est vraiment le coût sur ce centre de l'échiquier économique mondial qu
00:05'est le Golfe Persique.
00:07C'est vraiment le coût majeur qui est attendu, qui est préparé par les Iraniens depuis 40 ans.
00:12Ça fait 40 ans qu'ils préparent, s'ils sont acculés, à déclencher cet équivalent de l'arme nucléaire pour
00:22le marché pétrolier mondial.
00:30L'Agence internationale de l'énergie, le 12 mars, dit que c'est la plus grande perturbation de l'histoire
00:36de la production pétrolière.
00:40C'est curieux parce qu'on n'a pas le sentiment, comme ça en tant qu'utilisateur, même si les
00:45prix ont augmenté à la pompe,
00:46qu'on soit dans un moment similaire au pic de 73 ou 79, aux deux premiers pics pétroliers.
00:54Deux premiers chocs pétroliers.
00:55Deux premiers chocs pétroliers, pardon, l'absus.
00:58Pourquoi l'Agence internationale de l'énergie dit ça, qui est l'acteur quand même de référence sur ces questions
01:03-là ?
01:04Tout simplement parce que ça n'est jamais arrivé.
01:05On n'a jamais fermé le détroit d'Hormuz.
01:08Donc on a ce point de passage absolument vital pour l'économie.
01:12Et ça fait 40 ans, disons, depuis que les Mollahs ont pris le pouvoir en Iran, depuis la révolution islamique
01:21en 1979,
01:23on sait que l'arme nucléaire du marché pétrolier mondial, c'est la fermeture du détroit d'Hormuz.
01:34Il y a eu beaucoup de conflits autour du golfe Persique.
01:36En fait, il n'y a eu presque que ça.
01:38Il y a eu la guerre à Iran-Irak dans les années 80.
01:41On va reparler un peu parce qu'on l'oublie, mais c'est vraiment la référence qui est la plus
01:46pertinente vis-à-vis de la situation qu'on a aujourd'hui.
01:49Une guerre très longue, très violente.
01:50Oui, qui a duré de 1980 à 1988 et qui est la plus longue guerre du XXe siècle.
01:55Donc il y a eu la guerre en Irak.
01:56Il y a eu la guerre du Golfe en 1991.
01:57Puis il y a eu toutes les années d'embargo américain sur l'Irak qui ont duré de 1991 à
02:032003.
02:032003, invasion de l'Irak par les États-Unis, puis guerre civile en Irak jusqu'en 2011, disons.
02:16Puis un certain nombre d'épisodes où Israël bombarde et éventuellement, avec le soutien des Américains,
02:23comme l'an dernier pendant la guerre des 12 jours, bombarde l'Iran.
02:27En clair, il n'y a jamais eu une période vraiment paisible depuis les chocs pétroliers des années 70 autour
02:34du Golfe Persique.
02:35Et bien pendant toutes ces périodes de guerre, d'embargo, de guerre civile, jamais le détroit d'Orbouz n'a
02:41été fermé.
02:42Dans les années 80, donc pendant la guerre Iran-Irak, qui est la plus longue guerre conventionnelle du XXe siècle,
02:47c'est une guerre qu'on a un peu oubliée, mais qui est vraiment à la racine de tout ce
02:50qui se passe dans la région.
02:52C'est une guerre énorme. Ce sont des centaines de milliers de soldats engagés des deux côtés, côté iranien et
02:58côté irakien.
02:59Probablement plus d'un million de morts. Il y a eu un long épisode pendant cette guerre qui commence par
03:041984, qui s'appelle la guerre des tankers.
03:07La guerre des tankers, c'est quoi ? L'Irak bombarde les infrastructures pétrolières iraniennes, avec d'ailleurs des avions
03:17français, des Mirages,
03:18dans l'espoir de pousser l'Iran de l'Ayatollah Khomeini à franchir le Rubicon, c'est-à-dire à
03:25fermer le détroit d'Orbouz.
03:27Ce qui aurait permis d'internationaliser le conflit. À partir du moment où l'Iran aurait franchi ce point de
03:34non-retour,
03:36il serait mis à dos toute la communauté internationale, parce que tout le monde était, et toujours, dépendant du pétrole
03:42qui sort du Golfe Persique.
03:43Eh bien, même à ce moment, alors qu'on a une guerre avec des centaines de milliers de soldats engagés
03:47des deux côtés,
03:49probablement un million de morts, une guerre qui dure huit ans, à aucun moment, le régime des Mola n'a
03:54franchi ce point de non-retour,
03:56qui est la fermeture du détroit d'Orbouz.
03:58Ça dit deux choses. Ça dit, un, à quel point on est dans une situation aujourd'hui extrêmement critique,
04:03et deux, à quel point il y a une conséquence incroyable des États-Unis, parce que la fermeture du détroit
04:13d'Orbouz,
04:14c'est vraiment le coût sur ce centre de l'échiquier économique mondial qu'est le Golfe Persique,
04:19c'est vraiment le coût majeur qui est attendu, qui est préparé par les Iraniens depuis 40 ans.
04:25Ça fait 40 ans qu'il prépare, s'ils sont acculés, à déclencher cet équivalent de l'arme nucléaire pour
04:34le marché pétrolier mondial.
04:37Donc c'est très grave. Alors on le sent moins en Europe, même quand on est automobiliste.
04:43Le prix du litre à plus de 2 euros, c'est quand même quasiment du jamais vu.
04:48Là, on atteint 2 euros, 2,30 euros. Il va y avoir...
04:51J'ai vu 2,67 sur l'autoroute.
04:53Oui, c'est bien possible. Il va y avoir... Et c'est que la première vague, si vous voulez.
04:57C'est comme un tsunami. C'est-à-dire que vous allez avoir une série de vagues d'inflation
05:02qui vont se transmettre non pas directement par les prix à la pompe ou les prix du gaz,
05:06mais par l'inflation des engrais, donc de l'alimentation,
05:10par l'inflation de tous les équipements industriels divers et variés qu'on achète à l'Asie.
05:18Pourquoi ? Parce que c'est peut-être pour ça qu'on le sent un peu moins en Europe,
05:22parce qu'on achète beaucoup moins, on est beaucoup moins directement dépendants.
05:27Si vous voulez, les tankers ou les métaniers qui sortent du détroit d'Hormuz,
05:31ils vont massivement vers l'Asie. Ils vont assez peu vers l'Europe.
05:34Donc c'est vraiment de plein fouet.
05:36On le voit au Vietnam en ce moment ou aux Philippines,
05:42des queues invraisemblables dans les stations-service, des pénuries, pure et simple.
05:45Donc nous, on ne les a pas parce qu'on n'achète pas directement ce pétrole.
05:49Mais par contre, on est de bout en bout tributaire de l'augmentation des cours,
05:54parce que c'est un marché mondial, directement sur les prix du pétrole et sur les prix du gaz,
05:59et indirectement parce que le pétrole et le gaz servent à peu près à tout.
06:03Il n'y a pas un usage industriel, il n'y a pas une activité industrielle
06:06qui ne soit directement ou indirectement plus ou moins dépendante
06:09de l'évolution des cours du pétrole et du gaz.
06:13Oui, là, j'ai les chiffres des principaux fournisseurs de l'Union européenne
06:19au premier trimestre 2024.
06:20Donc le premier, et ça, c'est une rupture majeure depuis quelques années,
06:24c'est les États-Unis avec 17%.
06:25Ensuite, la Norvège avec 13,6%.
06:28Le Kazakhstan, 10,9%.
06:30Le Nigeria, 8%.
06:31La Libye, 7%.
06:32Et l'Arabie saoudite vient qu'en sixième position avec 7%.
06:35Donc c'est vrai que nous, on est assez peu dépendants directement.
06:39Et c'est un peu différent pour le gaz.
06:43Mais moi, j'avais vu un chiffre, par exemple,
06:46que déjà le plastique de Corée du Sud,
06:49qui est très dépendant, elle, à plus de 70% du pétrole du Moyen-Orient,
06:53avait pris 30%.
06:54Donc déjà, en fait, dès qu'on va acheter des produits
06:57qui viennent de Corée du Sud, par exemple, on va avoir...
06:59C'est ça, c'est tout ce qui est plastique, c'est tout ce qui est engrais,
07:02puisque les engrais azotés sont produits de gaz naturel.
07:07Et du reste, les pays du Golfe sont devenus des producteurs importants
07:11directement de ce gaz naturel.
07:14Et puis, ce sont tous les...
07:17Encore une fois, tous les équipements.
07:20La PlayStation, son prix va augmenter.
07:22Non mais...
07:25Taïwan, la Corée du Sud, le Japon, la Chine
07:28sont les plus gros importateurs de ce pétrole et ce gaz.
07:31Donc ce pétrole et ce gaz va avoir un impact
07:33sur leurs coûts de production
07:36et qui vont être répercutés sur les consommateurs.
08:06La Côte d'Orient
08:14Abonnez-vous !
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