00:00La fermeture du détroit d'Hormuz, c'est vraiment le coût sur ce centre de l'échiquier économique mondial qu
00:05'est le Golfe Persique.
00:07C'est vraiment le coût majeur qui est attendu, qui est préparé par les Iraniens depuis 40 ans.
00:12Ça fait 40 ans qu'ils préparent, s'ils sont acculés, à déclencher cet équivalent de l'arme nucléaire pour
00:22le marché pétrolier mondial.
00:30L'Agence internationale de l'énergie, le 12 mars, dit que c'est la plus grande perturbation de l'histoire
00:36de la production pétrolière.
00:40C'est curieux parce qu'on n'a pas le sentiment, comme ça en tant qu'utilisateur, même si les
00:45prix ont augmenté à la pompe,
00:46qu'on soit dans un moment similaire au pic de 73 ou 79, aux deux premiers pics pétroliers.
00:54Deux premiers chocs pétroliers.
00:55Deux premiers chocs pétroliers, pardon, l'absus.
00:58Pourquoi l'Agence internationale de l'énergie dit ça, qui est l'acteur quand même de référence sur ces questions
01:03-là ?
01:04Tout simplement parce que ça n'est jamais arrivé.
01:05On n'a jamais fermé le détroit d'Hormuz.
01:08Donc on a ce point de passage absolument vital pour l'économie.
01:12Et ça fait 40 ans, disons, depuis que les Mollahs ont pris le pouvoir en Iran, depuis la révolution islamique
01:21en 1979,
01:23on sait que l'arme nucléaire du marché pétrolier mondial, c'est la fermeture du détroit d'Hormuz.
01:34Il y a eu beaucoup de conflits autour du golfe Persique.
01:36En fait, il n'y a eu presque que ça.
01:38Il y a eu la guerre à Iran-Irak dans les années 80.
01:41On va reparler un peu parce qu'on l'oublie, mais c'est vraiment la référence qui est la plus
01:46pertinente vis-à-vis de la situation qu'on a aujourd'hui.
01:49Une guerre très longue, très violente.
01:50Oui, qui a duré de 1980 à 1988 et qui est la plus longue guerre du XXe siècle.
01:55Donc il y a eu la guerre en Irak.
01:56Il y a eu la guerre du Golfe en 1991.
01:57Puis il y a eu toutes les années d'embargo américain sur l'Irak qui ont duré de 1991 à
02:032003.
02:032003, invasion de l'Irak par les États-Unis, puis guerre civile en Irak jusqu'en 2011, disons.
02:16Puis un certain nombre d'épisodes où Israël bombarde et éventuellement, avec le soutien des Américains,
02:23comme l'an dernier pendant la guerre des 12 jours, bombarde l'Iran.
02:27En clair, il n'y a jamais eu une période vraiment paisible depuis les chocs pétroliers des années 70 autour
02:34du Golfe Persique.
02:35Et bien pendant toutes ces périodes de guerre, d'embargo, de guerre civile, jamais le détroit d'Orbouz n'a
02:41été fermé.
02:42Dans les années 80, donc pendant la guerre Iran-Irak, qui est la plus longue guerre conventionnelle du XXe siècle,
02:47c'est une guerre qu'on a un peu oubliée, mais qui est vraiment à la racine de tout ce
02:50qui se passe dans la région.
02:52C'est une guerre énorme. Ce sont des centaines de milliers de soldats engagés des deux côtés, côté iranien et
02:58côté irakien.
02:59Probablement plus d'un million de morts. Il y a eu un long épisode pendant cette guerre qui commence par
03:041984, qui s'appelle la guerre des tankers.
03:07La guerre des tankers, c'est quoi ? L'Irak bombarde les infrastructures pétrolières iraniennes, avec d'ailleurs des avions
03:17français, des Mirages,
03:18dans l'espoir de pousser l'Iran de l'Ayatollah Khomeini à franchir le Rubicon, c'est-à-dire à
03:25fermer le détroit d'Orbouz.
03:27Ce qui aurait permis d'internationaliser le conflit. À partir du moment où l'Iran aurait franchi ce point de
03:34non-retour,
03:36il serait mis à dos toute la communauté internationale, parce que tout le monde était, et toujours, dépendant du pétrole
03:42qui sort du Golfe Persique.
03:43Eh bien, même à ce moment, alors qu'on a une guerre avec des centaines de milliers de soldats engagés
03:47des deux côtés,
03:49probablement un million de morts, une guerre qui dure huit ans, à aucun moment, le régime des Mola n'a
03:54franchi ce point de non-retour,
03:56qui est la fermeture du détroit d'Orbouz.
03:58Ça dit deux choses. Ça dit, un, à quel point on est dans une situation aujourd'hui extrêmement critique,
04:03et deux, à quel point il y a une conséquence incroyable des États-Unis, parce que la fermeture du détroit
04:13d'Orbouz,
04:14c'est vraiment le coût sur ce centre de l'échiquier économique mondial qu'est le Golfe Persique,
04:19c'est vraiment le coût majeur qui est attendu, qui est préparé par les Iraniens depuis 40 ans.
04:25Ça fait 40 ans qu'il prépare, s'ils sont acculés, à déclencher cet équivalent de l'arme nucléaire pour
04:34le marché pétrolier mondial.
04:37Donc c'est très grave. Alors on le sent moins en Europe, même quand on est automobiliste.
04:43Le prix du litre à plus de 2 euros, c'est quand même quasiment du jamais vu.
04:48Là, on atteint 2 euros, 2,30 euros. Il va y avoir...
04:51J'ai vu 2,67 sur l'autoroute.
04:53Oui, c'est bien possible. Il va y avoir... Et c'est que la première vague, si vous voulez.
04:57C'est comme un tsunami. C'est-à-dire que vous allez avoir une série de vagues d'inflation
05:02qui vont se transmettre non pas directement par les prix à la pompe ou les prix du gaz,
05:06mais par l'inflation des engrais, donc de l'alimentation,
05:10par l'inflation de tous les équipements industriels divers et variés qu'on achète à l'Asie.
05:18Pourquoi ? Parce que c'est peut-être pour ça qu'on le sent un peu moins en Europe,
05:22parce qu'on achète beaucoup moins, on est beaucoup moins directement dépendants.
05:27Si vous voulez, les tankers ou les métaniers qui sortent du détroit d'Hormuz,
05:31ils vont massivement vers l'Asie. Ils vont assez peu vers l'Europe.
05:34Donc c'est vraiment de plein fouet.
05:36On le voit au Vietnam en ce moment ou aux Philippines,
05:42des queues invraisemblables dans les stations-service, des pénuries, pure et simple.
05:45Donc nous, on ne les a pas parce qu'on n'achète pas directement ce pétrole.
05:49Mais par contre, on est de bout en bout tributaire de l'augmentation des cours,
05:54parce que c'est un marché mondial, directement sur les prix du pétrole et sur les prix du gaz,
05:59et indirectement parce que le pétrole et le gaz servent à peu près à tout.
06:03Il n'y a pas un usage industriel, il n'y a pas une activité industrielle
06:06qui ne soit directement ou indirectement plus ou moins dépendante
06:09de l'évolution des cours du pétrole et du gaz.
06:13Oui, là, j'ai les chiffres des principaux fournisseurs de l'Union européenne
06:19au premier trimestre 2024.
06:20Donc le premier, et ça, c'est une rupture majeure depuis quelques années,
06:24c'est les États-Unis avec 17%.
06:25Ensuite, la Norvège avec 13,6%.
06:28Le Kazakhstan, 10,9%.
06:30Le Nigeria, 8%.
06:31La Libye, 7%.
06:32Et l'Arabie saoudite vient qu'en sixième position avec 7%.
06:35Donc c'est vrai que nous, on est assez peu dépendants directement.
06:39Et c'est un peu différent pour le gaz.
06:43Mais moi, j'avais vu un chiffre, par exemple,
06:46que déjà le plastique de Corée du Sud,
06:49qui est très dépendant, elle, à plus de 70% du pétrole du Moyen-Orient,
06:53avait pris 30%.
06:54Donc déjà, en fait, dès qu'on va acheter des produits
06:57qui viennent de Corée du Sud, par exemple, on va avoir...
06:59C'est ça, c'est tout ce qui est plastique, c'est tout ce qui est engrais,
07:02puisque les engrais azotés sont produits de gaz naturel.
07:07Et du reste, les pays du Golfe sont devenus des producteurs importants
07:11directement de ce gaz naturel.
07:14Et puis, ce sont tous les...
07:17Encore une fois, tous les équipements.
07:20La PlayStation, son prix va augmenter.
07:22Non mais...
07:25Taïwan, la Corée du Sud, le Japon, la Chine
07:28sont les plus gros importateurs de ce pétrole et ce gaz.
07:31Donc ce pétrole et ce gaz va avoir un impact
07:33sur leurs coûts de production
07:36et qui vont être répercutés sur les consommateurs.
08:06La Côte d'Orient
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