Olivier Mevel, Consultant en stratégie et marketing des filières alimentaires, Maître de Conférences HDR en Science, est invité sur Thinkerview pour venir discuter de l'agriculture, de décisions de la commission européenne et d'Ursula Von Der Leyen, à l'occasion de la sortie du film "la Guerre des Prix" réalisé par Anthony Déchaux.
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Sources
Mevel https://www.youtube.com/watch?v=ljbhf_uuZp4
Musique https://www.youtube.com/watch?v=39PVEaSytpo
Réponses au quiz de fin :
/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
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Quelle a été l'inflation alimentaire en 2022 suite à la guerre en Ukraine ?
+25 à 30%.
Quelle proportion représente l'aloyau sur une vache ?
15%
Quelle est la part de la bio dans l'alimentaire en Europe ?
6/7%.
#mevel #écologie #agriculture #biologique #ursula #extrait #ethiqueettac
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Quelle a été l'inflation alimentaire en 2022 suite à la guerre en Ukraine ?
+25 à 30%.
Quelle proportion représente l'aloyau sur une vache ?
15%
Quelle est la part de la bio dans l'alimentaire en Europe ?
6/7%.
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ÉducationTranscription
00:00L'erreur historique de Mme van der Leyen, c'est de considérer qu'un jour, on peut décréter un marché
00:05bio à 25%.
00:06Et donc, on a été montré à des centaines de milliers d'agriculteurs européens un marché qui n'existait que
00:13dans la tête de cette majorité européenne qui voulait l'avoir.
00:18On ne décrète pas un marché, sauf à vouloir amener des centaines de milliers d'agriculteurs dans un sens interdit.
00:31C'est quoi le Mercosur ? C'est quoi l'offre ukrainien ? Est-ce que le Mercosur, c'est
00:36un effet de manche qui va encore plus appauvrir nos agriculteurs ?
00:44Sous des prétextes de faire baisser les prix ?
00:46Incontestablement, oui, parce que si on doit comprendre le Mercosur, il faut penser à quoi on parle.
00:53En gros, moi, on m'a dit, et des journalistes me disent des fois, M. Mével, mais c'est 99
00:58000 tonnes seulement de viande bovine.
01:01Et ils me disent, finalement, ce n'est pas beaucoup.
01:03Mais comme j'en ai dit, vous me connaissez l'équation physique de la bête.
01:07Ce qui va rentrer, c'est les aloyaux, c'est-à-dire la partie noble de la bête.
01:12Et donc, quand on repense à ce que sont les aloyaux sur une bête, c'est 15% de la
01:18bête.
01:18C'est donc, finalement, non pas 1,2% de la production européenne qui va rentrer, mais c'est bien
01:25plus que ça.
01:26Et ces aloyaux venus, effectivement, des pays du Mercosur, vont venir concurrencer les appels d'offres publics en Europe.
01:34Et donc, cette viande de mauvaise qualité, parce qu'on ne peut pas dire ça autrement, parce que là...
01:39Le goûter ?
01:40Alors, je l'ai goûté deux fois.
01:43Et en fait, ce qui est étonnant, c'est de penser que, dans le fond, cette viande-là, elle n
01:49'est vendue pas cher, mais on ne la voit pas.
01:51Et heureusement qu'on ne la voit pas.
01:53Parce qu'elle n'est pas belle à voir.
01:55Elle n'est pas belle à voir parce que c'est la viande de Fidlotte, c'est-à-dire qu
01:59'elle a été faite avec des hormones de croissance,
02:01dans le cadre, on va dire, d'élevage concentrationnaire.
02:06Et donc, ces élevages concentrationnaires, avec des animaux à l'hectare, nous, il faut bien penser en France,
02:12que quand on me dit des fois que l'élevage est intensif en France, quand je vois qu'on est
02:16à deux animaux et demi, trois animaux par hectare,
02:20là, ça n'a rien à voir.
02:21On est sur des 400 animaux à l'hectare, 500 parfois.
02:25C'est-à-dire que les animaux n'ont rien.
02:27Et on voit bien, il n'y a pas un brin d'herbe, il n'y a rien.
02:29Donc, ils sont nourris, effectivement, là, directement avec du produit aussi industriel,
02:36bien souvent, ce genre industriel ou autre.
02:38Et à partir de là, derrière, évidemment, quand on est concentrationnaire en volaille,
02:43quand on est concentrationnaire en bovin, qu'est-ce qui se passe ?
02:45Les animaux tombent malades et il faut les traiter avec des antibiotiques et il faut les faire grossir.
02:51Et au bout du compte, aujourd'hui, le Mercosur, c'est 99 000 tonnes de bovin,
02:55mais c'est la même chose avec les 200 000 tonnes de volaille.
03:00Une volaille, c'est 4 pièces, il y a 2 filets, 2 cuisses.
03:03Il y a le solidesse.
03:05Voilà, il le solidesse.
03:06Mais celui-là, derrière, bon, il est plus compliqué à faire venir comme ça.
03:11Par contre, on va voir les filets de volaille.
03:13Et 200 000 tonnes de volaille en filet, là aussi, ça va déséquilibrer les choses.
03:17Et qui va manger ça ?
03:19Tous ceux qui consomment des plats préparés.
03:20Évidemment, ce n'est pas, je dirais, le consommateur qui va, c'est son artisan boucher,
03:28ou même en grande distribution, qui va manger ça.
03:31Ce sera dans ce qu'on appelle le food service, c'est-à-dire, ce sera dans les plats préparés,
03:36du hachis parmentier, ou des choses pas chères, produits pas chers, du produit premier prix, évidemment.
03:41Et donc, c'est bien dommage, parce que ce sont encore les plus faibles qui vont payer la note.
03:45Du côté politicien, je te donne la parole tout de suite après Anthony,
03:47du côté politicien, c'est vachement bien.
03:51On va donner au gueux sa pittance.
03:55Oui.
03:57Sous couvert à corps des prix bas.
03:59Parce qu'évidemment, notre Europe libre-échangiste, parce que le Mercosur,
04:03j'ai un grand paysan que je connais beaucoup, qui s'appelle Jean-Pierre,
04:08c'est l'ancien président de la FNB, Jean-Pierre Fleury.
04:11Jean-Pierre me dit souvent, finalement, voilà, regarde, regarde ce que fait la marchande de bagnole allemande.
04:19Parce que la vérité...
04:20Vous parlez d'Ursula ?
04:21Voilà.
04:22C'est que la vérité, c'est que Mme Vantellerienne, depuis 2019, où elle est aux affaires...
04:29Avant, elle faisait quoi ?
04:31Alors avant...
04:32Elle était ministre de la Défense, non ?
04:33Elle s'est fait virer, non ?
04:35Elle a travaillé dans différents gouvernements allemands.
04:38Mais il y a une chose qui est certaine, c'est que, dans le fond, depuis 2019,
04:44elle a organisé un Green Deal.
04:47Un Green Deal dans lequel...
04:48Le français, c'est quoi ?
04:49Alors, c'est un accord vert, parce que la Commission européenne se veut verte.
04:53Mais évidemment, les premiers à payer la note, ce sont nos agriculteurs.
04:57Et donc, en voulant faire payer la note à nos agriculteurs,
05:00eh bien, elle a désigné tout un système qu'on a appelé Farm to Fork.
05:05C'est-à-dire de la ferme à la fourchette.
05:08Le seul problème, c'est que Mme Vantellerienne ne s'intéresse pas beaucoup à l'alimentaire,
05:13parce qu'on sait aujourd'hui que c'est la fourchette qui commande.
05:15Et que donc, c'est la fourchette qui mange ce qu'elle souhaite manger.
05:19Et que donc...
05:20Ce qu'elle peut manger.
05:21Ce qu'elle peut manger.
05:22Et l'erreur historique de Mme Vantellerienne et de ceux qui, comme elle, font commerce
05:28de la crédulité, finalement, des citoyens,
05:32à traduire leurs envies politiques en faits de marché,
05:36c'est de considérer qu'un jour, on peut décréter un marché bio à 25%.
05:40Imaginons 25% de la surface agricole utile en bio.
05:46La bio, aujourd'hui, ne pèse que 6-7,5% de parts d'estomac dans l'alimentaire.
05:52Et donc, on a été montré à des centaines de milliers d'agriculteurs européens
05:58un marché qui n'existait que dans la tête de cette majorité européenne qui voulait l'avoir.
06:04On ne décrète pas un marché, sauf à vouloir amener des centaines de milliers d'agriculteurs
06:10dans un sens interdit.
06:12Et quand je vois les conversions, aujourd'hui, de certains qui reviennent vers le conventionnel
06:17parce qu'ils n'ont pas d'autre choix, on peut se poser effectivement la question
06:21de cette Commission européenne qui, depuis 2019, poursuit toujours un but,
06:26mais qui va être, dans le fond, hors sol et très libre-échangiste.
06:32C'est-à-dire que c'est un libre-échangisme échevelé,
06:35comme si le terme protectionniste était devenu un gros mot.
06:37Mais je suis désolé, il y avait un vieil économiste du 19e siècle qui disait toujours
06:45« Le protectionnisme n'est pas un gros mot, mais quand vous protégez, vous investissez
06:49deux fois plus pour pouvoir lever les barrières protectionnistes. »
06:53Mais protéger, quand on veut élever, c'est quelque chose de naturel.
06:57Or, ce n'est plus le cas en Europe.
06:59Et il est temps que ça le redevienne.
07:01Derrière, effectivement, quand vous laissez les distributeurs,
07:05mais pas que les acheteurs de la grande distribution,
07:06les acheteurs de la restauration en refoyer aussi,
07:09quand vous laissez effectivement...
07:11Les cantines aussi ?
07:12Bien sûr, les dogmes du prix bas.
07:14Ça fait beaucoup pour le socle agricole et le socle alimentaire.
07:18Le libre-échange, les produits de partout qui rentrent,
07:21à moindre prix, à moindre coût,
07:22avec, finalement, derrière, une socialisation qui est moins forte.
07:29Et on sait très bien que le SMIC en France, à 1460 euros,
07:33ce n'est pas la même histoire que ce qu'on peut trouver aujourd'hui au Maroc ou ailleurs,
07:39mais même en Espagne et même au Portugal, où il est à 600 euros, je crois.
07:43Donc, on n'a pas les mêmes conditions sociales.
07:44Mais on a voulu faire cet espace uni.
07:47Et cet espace uni marche très bien dans les services,
07:49parce que les produits ne sont pas comparables.
07:51Mais moi, un kilo de porc breton, quand il part à l'export,
07:55il est très comparable au kilo de porc allemand.
07:57Et donc, cette Europe aboutit à jeter des bassins de production,
08:00les uns contre les autres,
08:02avec, effectivement, nos agriculteurs qui vivent avec des coûts sociaux français
08:07et des normes qui leur sont imposées très dures, surtransposées.
08:11On ne peut pas s'étonner qu'effectivement, ça n'aille pas.
08:13– Attends, Anthony, je le travaille encore deux minutes,
08:15parce qu'il le sent bien le choix.
08:17Je te redonne la parole tout de suite après.
08:20Olivier, là, on est dans un contexte de guerre,
08:24guerre énergétique, donc guerre calorifique,
08:26donc in fine, guerre dans les assiettes.
08:28On a le détroit d'Hormuz pour les engrais.
08:31Ça commence à être un petit peu constipé de ce côté-là.
08:34On est fâché avec Popov Ier en Russie.
08:39Vladimir est un peu fâché.
08:41Il produit aussi beaucoup d'engrais.
08:43On va avoir des perturbations de chaînes logistiques
08:46pour nos cultures, donc pour aussi notre alimentation.
08:50Comment, toi, tu sens les choses,
08:52en termes d'anticipation du gouvernement,
08:54sur ces perturbations qui vont se traduire in fine dans les assiettes ?
08:59Tu les sens... Parce qu'il y a une scène dans le film
09:01où ils vont voir un ministre.
09:03Tu les sens réfléchis, tu les sens stables sur leurs appuis,
09:09ou tu les vois signer le Mercosur rapidos,
09:12parce qu'ils savent qu'on va avoir des perturbations du prix alimentaire
09:14et qu'ils sont prêts à sacrifier nos agriculteurs,
09:17parce qu'ils ont la solution plan B du Mercosur,
09:20qui va arriver, même avec un coût énergétique de transport plus cher.
09:24Ça sera toujours moins cher que chez nous.
09:27Est-ce qu'ils utilisent, les agriculteurs d'autres pays,
09:32pour artificiellement maintenir la population sédatée avec des prix bas ?
09:37En partie, oui.
09:39Mais ce qui est très inquiétant,
09:42c'est que le Mercosur est une chose,
09:47mais Ormuz en est une autre.
09:49On appelle ça, nous, un choc exogène.
09:51C'est-à-dire que c'est un choc qui n'était pas prévu.
09:54C'est le signe noir.
09:55Et ce signe noir, il arrive là,
09:58à un moment donné où on est dans un état de tension pas possible.
10:03Parce que je rappelle quand même
10:04que nous avons aujourd'hui une dette qui est importante.
10:09Et donc, c'est à 3 300 milliards,
10:12on est dans une situation où on a aussi,
10:16à côté de ces...
10:17C'est un taux d'endettement important,
10:18mais on a aussi un taux de prélèvement obligatoire qui est très important.
10:22On est champion d'Europe avec 56% de prélèvement obligatoire.
10:26C'est-à-dire qu'il faut bien penser qu'aujourd'hui,
10:30on évolue dans un état prévaricateur vis-à-vis de la valeur ajoutée.
10:34Et c'est ça qui est dangereux.
10:36C'est-à-dire que là, il y a un choc énergétique
10:38qui va jeter effectivement un surplus d'inflation,
10:42comme je l'ai dit.
10:43Ce surplus d'inflation va immédiatement mettre à terre
10:48un certain nombre d'entreprises.
10:50Je pense notamment à nos amis restaurateurs.
10:52Parce que déjà aujourd'hui,
10:53on va dire que dans ce pays,
10:55je pense aux 430 000 restaurants.
10:58Et je pense déjà,
10:59il n'y a pas grand monde qui mange assis en ce moment en France.
11:02Il va y avoir encore moins.
11:03Parce que les Français sont en train de s'arrêter là de consommer.
11:07Parce que la situation,
11:09quand on sera aux cinq semaines,
11:10on aura les premiers résultats.
11:12Et donc dans ces résultats,
11:14on va sans doute voir que ça y est,
11:16l'inflation est repartie.
11:17Et il est du devoir, effectivement,
11:20de ceux qui nous gouvernent
11:21de gérer notre sécurité alimentaire
11:24et là d'anticiper.
11:25Avec tout de suite des plans de filière.
11:27Parce qu'on ne sait pas ce qui peut se passer.
11:29C'est-à-dire qu'ouvrir hors mousse,
11:32hors mousse,
11:34reste fermé.
11:35De toute façon,
11:36c'est le plus grand choc énergétique
11:38que l'on ait connu
11:40depuis la guerre du Kippour en 1973
11:42qui est en train d'arriver.
11:44Et donc, je vous rappelle qu'en 2008,
11:47l'inflation, les étiquettes,
11:49n'avaient décollé que de 2,8%.
11:51En 2008,
11:52on a vu que là,
11:53en 2022,
11:55c'était 25% sur l'alimentaire.
11:57Hormuz reste bloqué.
12:00Alors, quelque part,
12:01ça va être 25 à 30 points.
12:03Et là, on ne passera pas.
12:04On ne passera pas sur ces prix-là.
12:06Et donc, je rappelle aussi
12:08que les restos du cœur,
12:11c'est 180 millions de repas.
12:12Mais 50% des repas
12:14sont servis à des gens
12:15qui ont moins de 35 ans dans ce pays.
12:17Et donc, il y a une sécurité alimentaire.
12:20Et il convient
12:21que le président de la République
12:22ne s'en défausse pas,
12:24qu'il considère qu'aujourd'hui,
12:26ces plans alimentaires
12:27doivent être imaginés
12:30parce qu'on ne sait pas
12:31ce qui peut se passer aujourd'hui
12:33du point de vue inflationniste.
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