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Gabriel Zucman, docteur en économie, est invité sur France Culture pour parler des superprofits des pétroliers liés à la guerre en Iran et au blocage du détroit d'Ormouz. Gabriel Zucman explique avec une limpidité déconcertante le glissement de notre société vers une idéologie capitaliste et malsaine pour la planète.

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Sources
Zucman https://www.youtube.com/watch?v=fAi3m5sIqwo
Musique https://www.youtube.com/watch?v=39PVEaSytpo

Réponses au quiz de fin :

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Quel était le prix du baril de pétrole en 2007 ?
147 dollars.

Combien aurait du rapporter la taxe sur les superprofits en 2022 ?
3 milliards (contre 69 millions obtenus)

Quel était le taux sur les bénéfices exceptionnels au Royaume-Uni en 1983 ?
70%.

#zucman #économie #écologie #pétrole #totalenergies #extrait #ethiqueettac

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Depuis les années 70, le début des années 80, c'est le triomphe de l'idéologie de la concurrence internationale.
00:08Et en particulier de la concurrence fiscale internationale.
00:11Ça c'est pas une idéologie, c'est un fait.
00:13Ah non, non, non.
00:14Il y a bien une concurrence internationale sur les différents systèmes fiscaux.
00:18Ah oui, mais c'est pas une loi de la nature comme la gravité.
00:22C'est ça qui est très important de comprendre.
00:24C'est que c'est un choix.
00:24Il y a des lois du social ou de la politique.
00:26Non, mais c'est un... Sauf que là, il ne s'agit pas justement d'une loi économique.
00:30C'est ça qui est très important de comprendre.
00:32C'est-à-dire que c'est un choix politique.
00:34On peut choisir la concurrence comme on peut choisir la coopération et l'harmonisation.
00:46Là, on est dans un phénomène d'explosion des prix du pétrole qui est passé de 60 dollars à 110
00:52dollars en quelques semaines.
00:54qui est d'une ampleur qui est comparable à ce qu'on a pu connaître en 2007 et avant ça
01:01dans les années 70.
01:03Et c'est peut-être que le début.
01:04Il y a un certain nombre d'économistes qui pensent que le pétrole pourrait augmenter à 150 dollars, 200 dollars.
01:09Il était allé à 147 dollars de mémoire en 2007.
01:14Mais c'est peut-être que le début.
01:15Donc il faut bien comprendre qu'on se trouve peut-être au début d'une crise inflationniste,
01:21d'une ampleur telle qu'elle pourrait freiner la croissance mondiale,
01:25provoquer une augmentation rapide des prix à l'échelle planétaire.
01:29Et donc il est très important qu'on commence à s'y attaquer sérieusement et à y répondre.
01:35Et c'est dans ce contexte-là que la note qui a été écrite par mes collègues de l'Observatoire
01:41international de la fiscalité,
01:42Alice Kiochetti et Ninon Moreau-Cassler, est très importante.
01:47Parce que dans leurs travaux, elles ont mis en lumière l'usage intensif que font les sociétés pétrolières des paradis
01:56fiscaux.
01:57En temps normaux, sur un euro de bénéfice qui est réalisé par des sociétés pétrolières,
02:05il y a à peu près 10 centimes qui atterrissent dans les centres financiers offshore, au Bermude, à Singapour, etc.
02:12taxés à des taux extrêmement faibles.
02:13Mais quand il s'agit de super profit, pendant les périodes de crise, ce chiffre monte à 20 centimes.
02:19C'est 20% de leurs bénéfices qu'elles arrivent à enregistrer dans les paradis fiscaux.
02:23Il y a beaucoup de choses dans ce que vous venez de dire.
02:25D'abord, j'aimerais qu'on reprenne le mécanisme initial.
02:28Parce que ces super profits, ils viennent de l'augmentation des prix du pétrole, donc ils sont mécaniques.
02:35Ce qui, à la limite, peut interroger, puisqu'il n'y a pas de gain de productivité.
02:40Qu'est-ce qui peut justifier l'augmentation de ces profits, Gabriel Zuckmann ?
02:45Oui, c'est une bonne question.
02:46C'est une pure rente.
02:48Et d'ailleurs, pendant très longtemps, les peuples et les décideurs publics pensaient que cette rente pétrolière avait vocation à
02:58être socialisée.
02:59Si vous regardez ce qui s'est passé dans les années 1970,
03:03les bénéfices exceptionnels générés par l'explosion des prix du pétrole ont été, pour l'essentiel, confisqués par la puissance
03:10publique.
03:10Vous avez d'abord des pays producteurs comme l'Iran, comme le Venezuela, comme l'Arabie Saoudite,
03:18qui ont nationalisé la production, bien sûr.
03:20Mais si vous regardez ce qui s'est passé aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni,
03:23ces pays ont introduit des taxes sur les bénéfices exceptionnels à des taux quasi confiscatoires.
03:29Regardez par exemple les Etats-Unis.
03:31En 1980, les Etats-Unis ont introduit une taxe sur les bénéfices exceptionnels à un taux de 70%
03:37qui venait s'appliquer après paiement de l'impôt normal sur les bénéfices des sociétés,
03:42qui à l'époque était au taux de 46%.
03:44Donc tout compris, on était sur un taux de 85%, quasi-confiscation.
03:48Même chose au Royaume-Uni, qui a créé sa taxe sur les bénéfices exceptionnels en 1975,
03:53qui a porté son taux à 70% en 1983.
03:56Donc il y avait cette idée que finalement, cette rente qui est le produit de guerre, de révolution,
04:02il serait inacceptable qu'elle puisse être appropriée par des actionnaires,
04:07par quelque puissance privée que ce soit.
04:09Je ne sais pas ce que vous apprenez à vos étudiants en économie, Gabriel Zuckmann.
04:13Alors le prix c'est un signal, le prix c'est aussi une manière de dire qu'il y a
04:18ou bien du travail incorporé
04:20ou bien un gain de productivité.
04:24Là, est-ce que ça peut justifier par exemple une taxation de ces super profits ?
04:29Je vous vois sourire.
04:34Effectivement, l'idéologie derrière tout cela a beaucoup changé depuis les années 70.
04:41Il faut bien comprendre que les grandes multinationales pétrolières et leurs actionnaires,
04:45elles ont été très frustrées dans les années 70.
04:47Quand leurs profits ont été confisqués, elles se sont un peu promis qu'on ne les y reprendrait plus.
04:53et elles se sont lancées, avec beaucoup d'autres, dans un projet de réécriture des règles de la mondialisation,
04:59des règles du commerce international, de façon à ce que ce scénario ne se répète plus.
05:04Et ce qui s'est passé, et c'est ça qui a donné naissance finalement,
05:06la mondialisation telle qu'on l'a connue depuis les années 80,
05:09avec deux garde-fous finalement de leur point de vue.
05:12Le premier, c'était la montée en puissance de la concurrence internationale entre États.
05:18L'idée, c'était que maintenant les États devaient, c'était une espèce de loi de la nature,
05:22et d'ailleurs c'était une bonne chose que les États devaient se faire concurrence
05:25pour attirer, non pas des champs de pétrole, on ne peut pas les délocaliser comme des usines,
05:30mais pour attirer des investissements.
05:31Donc les entreprises ont commencé à faire pression en disant,
05:33bon, si vous nous taxez trop nos bénéfices, au lieu de forer ici, en Norvège ou au Royaume-Uni,
05:39on va aller forer là-bas, en Russie ou au Canada.
05:43Et c'est sous cette menace, sous cette pression,
05:45que les différents pays, et les différents pays producteurs en particulier,
05:48ont baissé les uns après les autres leur taux d'imposition.
05:51La deuxième chose, ça a été l'essor des paradis fiscaux,
05:56sur lesquels ont travaillé mes collègues Alice Kiochetti et Ninon Moro-Kassler.
06:01Et la conséquence de tout ça, c'est que l'imposition effective des bénéfices,
06:06et en particulier des super-profits des sociétés pétrolières,
06:10s'est effondrée au cours du dernier demi-siècle.
06:12On pourrait penser que finalement, taxer le pétrole, taxer la production de gaz,
06:16ce n'est pas très compliqué, parce qu'il y a un aspect justement physique.
06:19On ne peut pas cacher qu'on a un champ de pétrole.
06:22Mais en réalité, il y a cette délocalisation des bénéfices dans les paradis fiscaux.
06:27Et la conséquence, c'est que, alors que dans les 70,
06:30les taux effectifs étaient de l'ordre de 90%
06:33pour les bénéfices enregistrés par les majors américaines en dehors des États-Unis,
06:37aujourd'hui, ce taux n'est que de 37%.
06:40Donc je veux que tout le monde compresse ce que ça veut dire.
06:42Ça veut dire que, dans les années 70,
06:4590% de la rente pétrolière était socialisée,
06:50et aujourd'hui, deux tiers de cette rente pétrolière
06:54atterrit dans la poche des actionnaires.
06:57Bon, mais alors, j'aimerais que, effectivement, vous détailliez cette question.
07:01Alors, première question,
07:03est-ce que, depuis les années 80, l'idéologie dominante est devenue plus hostile à l'impôt ?
07:10Oui, elle est clairement devenue beaucoup plus hostile à l'impôt.
07:13Elle a surtout érigé...
07:15Mais c'est étonnant, parce que, excusez-moi, je vous interromps, Gabriel Zucman,
07:18parce que j'ai l'impression que la conscience commune, comme disait Durkheim,
07:22est très choquée par ce que vous évoquez, par les paradis fiscaux.
07:26C'est très choquée, et néanmoins, vous voyez bien que, par exemple, en 2022,
07:31quand il s'est agi de taxer les super-profits liés à l'augmentation des prix d'énergie
07:38après l'invasion de l'Ukraine,
07:41les mesures qui ont été proposées et mises en œuvre par la Commission européenne,
07:45par la France, étaient très, très loin de ce qui avait pu être fait dans les années 70,
07:49puisqu'en l'occurrence, en 2022, la Commission européenne avait proposé pudiquement
07:53une contribution de solidarité à un taux de 33%,
07:58et non pas à 90% ou 70%.
08:00Et la mise en œuvre en France s'est traduite par quasiment aucune recette fiscale supplémentaire.
08:05En fait, les super-profits de 2022 n'ont pas été taxés.
08:08On pouvait en attendre à peu près 3 milliards de recettes fiscales supplémentaires,
08:12et finalement, ça a rapporté 69 millions.
08:14Pourquoi ? Parce que la façon dont la France a transcrit la règle européenne,
08:18c'est qu'en pratique, quasiment toutes les activités pétrolières ont été exclues
08:22du champ d'application de cette contribution de solidarité.
08:24Et en plus de ça, comme on l'a rappelé,
08:27les multinationales pétrolières françaises ont toute l'attitude,
08:31ou presque, pour délocaliser leurs bénéfices dans les paradis fiscaux.
08:35Alors, ça, c'est un argument qui est souvent invoqué,
08:37et qui a été également invoqué au moment de cette proposition que vous aviez faite,
08:43Gabriel Zuckman, de taxer à 2% le patrimoine des individus les plus aisés.
08:49Et c'est que l'on dit, bon, si on le fait ici, ces gens-là vont aller ailleurs.
08:55Voilà, pour en revenir à votre question sur qu'est-ce qui a changé,
08:58fondamentalement, depuis les années 70, le début des années 80,
09:02c'est le triomphe de l'idéologie de la concurrence internationale,
09:06et en particulier de la concurrence fiscale internationale.
09:10Ça, c'est pas une idéologie, c'est un fait.
09:12Ah non, non, non.
09:13Il y a bien une concurrence internationale sur les différents systèmes fiscaux.
09:17Ah oui, mais c'est pas une loi de la nature comme la gravité.
09:21Non.
09:21C'est ça qui est très important de comprendre, c'est que c'est un choix.
09:23Il y a des lois, il y a des lois du social ou de la politique.
09:25Non, mais c'est un...
09:26Sauf que là, il ne s'agit pas justement d'une loi économique.
09:29C'est ça qui est très important de comprendre.
09:30C'est-à-dire que c'est un choix politique.
09:33On peut choisir la concurrence comme on peut choisir la coopération et l'harmonisation.
09:39Donc là, le grand changement idéologique qui a eu lieu...
09:42Mais quand vous dites que le « on », ce sont les pays, c'est le concert des nations.
09:44C'est le concert des nations, mais c'est aussi chaque pays individuellement
09:48qui peut choisir d'accepter la concurrence internationale
09:52ou de l'ériger en loi de la nature, ou bien de la combattre.
09:55Parce que chaque pays individuellement peut toujours, par exemple,
09:57conditionner l'accès à son marché au respect de certaines règles
10:01par les exportateurs, par les entreprises étrangères.
10:05Chaque pays peut toujours dire, voilà, si vous voulez vendre vos biens et vos services chez nous,
10:08et bien en fait, il faut que vous payiez un minimum d'impôts,
10:10il faut que vous payiez vos salariés un minimum,
10:12il faut que vous respectiez certaines normes en matière de biodiversité,
10:16il faut que vous réduisiez vos émissions carbone.
10:18Donc là, il y a un choix et c'est justement tout la...
10:22Disons, tout ce qui s'est passé depuis les années 80 a consisté à essayer de naturaliser
10:26ce qui relève en réalité de la décision politique et sociale.
10:31Bon, alors là, je vous repose la question.
10:34Pourquoi ne l'a-t-on pas fait selon vous ?
10:36Qu'est-ce qui pourrait...
10:37Alors, il y a un certain nombre de ces entreprises, Total pour ne pas la nommer,
10:41qui sont françaises.
10:43Alors donc, il est difficile, j'imagine, pour le gouvernement français
10:46de dire qu'on va mettre Total à la porte
10:48si Total ne satisfait pas un certain nombre d'obligations.
10:52Il y a évidemment tout un tas d'acteurs économiques
10:54qui ne veulent pas payer plus d'impôts
10:58et qui veulent surtout convaincre le reste de la planète
11:00que soit c'est impossible ou que ce serait toxique, nocif
11:04pour le reste de la société.
11:06Mais en l'occurrence, si vous regardez le cas de Total,
11:10il est particulièrement intéressant.
11:12Total, en 2022, avait réalisé à peu près 10 milliards d'euros de super profit.
11:16On pensait qu'on allait être taxé un petit peu.
11:18Finalement, ça n'a pas été imposé.
11:21Les masses en jeu sont absolument considérables pour les Français.
11:25C'est-à-dire que si on taxait ses super profits, mettons, à 90%,
11:29ce qui a encore une fois été la norme dans les années 70,
11:3390%, mais admettons que Total fasse de nouveau
11:3610 milliards d'euros de super profit en 2026.
11:38Ça pourrait être beaucoup plus que ça,
11:39on ne sait pas encore la fin de l'histoire, évidemment.
11:41Mais bon, imaginons que le scénario de 2022 se répète.
11:4510 milliards de super profit, faisons comme des années 70,
11:47sont les taxes à 90%.
11:48Ça représente quoi ?
11:50Ça représenterait 130 euros par Français,
11:54c'est-à-dire 650 euros pour une famille de 5 personnes,
11:58de parents avec 3 enfants.
12:00Et là, on parle juste que d'une entreprise
12:02et de taxer que ses super profits.
12:04C'est-à-dire que Total fait 20 milliards d'euros de bénéfices à peu près,
12:07va peut-être faire 30 milliards,
12:08c'est juste ces 10 milliards supplémentaires qu'on viendrait imposer.
12:11Simplement, la grande leçon de l'étude de mes collègues
12:14de l'Observatoire international de la fiscalité,
12:16c'est que si on veut faire ça de façon efficace,
12:20il ne faut pas taxer les super profits qui sont juste enregistrés en France.
12:25Parce que Total, comme les autres compagnies pétrolières,
12:28se débrouillent pour réduire ça à peau de chagrin.
12:30Il faut taxer leurs super profits mondiaux.
12:34D'accord ? Parce que ça, c'est difficilement manipulable.
12:38Difficilement manipulable.
12:38On va revenir sur les mécanismes des paradis fiscaux,
12:42puisque j'aimerais que vous nous analysiez cela de manière précise.
12:46Mais est-ce que vous pensez qu'il y a du lobbying de Total et des pétroliers,
12:51qu'il y a une faiblesse du politique par rapport à ça,
12:54qu'il y a l'idéologie ?
12:56Alors, l'idéologie, c'est quelque chose de fascinant,
12:58parce que c'est quelque chose que l'on croit vrai,
13:01alors qu'en réalité, cela obéit ou bien à ses intérêts,
13:05ou bien à son aveuglement idéologique.
13:08Donc, ça vient d'où, ce refus de taxer ?
13:11Puisque quand on vous entend, on se dit que, finalement,
13:14tout ceci semble frapper au coin du bon sens.
13:17Ça vient un peu de tout ça, évidemment, du lobbying, de l'idéologie.
13:22Il y a quand même tout un tas d'acteurs économiques qui ont un très fort intérêt
13:26à l'organisation actuelle de l'économie et des relations internationales.
13:34Donald Trump l'a dit d'ailleurs, benoîtement,
13:36il a dit « quand les prix du pétrole augmentent, on se fait beaucoup d'argent ».
13:40Mais qui est ce « on » ?
13:42Qui est ce « on » ?
13:43C'est d'abord les sociétés pétrolières américaines.
13:46Le prix des actions des sociétés pétrolières mondiales
13:49a augmenté de 30% en quelques semaines.
13:52Depuis le début des frappes en Iran.
13:54C'est une augmentation de valeur boursière
13:57de 1 000 milliards de dollars en quelques semaines seulement.
14:00C'est déjà nettement supérieur à ce qu'on a pu connaître
14:03au moment de l'invasion de l'Ukraine.
14:06Et puis ce « on », c'est aussi au-delà de ces entreprises,
14:09c'est les propriétaires, les actionnaires de ces entreprises.
14:12C'est l'Amérique qui est chère à Donald Trump.
14:15Mais alors, justement, cette Amérique-là,
14:16comme c'est elle qui, aujourd'hui, mène la danse
14:20sur plusieurs théâtres d'opération, d'ailleurs,
14:22est-ce qu'il est possible de faire en sorte
14:25que la France soit une île dans ce monde-là, Gabriel Zuckmann ?
14:29La France pourrait tout à fait dire d'abord
14:32« pour nos sociétés pétrolières, à nous,
14:35nous allons taxer leurs super-profits
14:37et s'assurer qu'on tire les erreurs du passé
14:40et de ne pas répéter le fiasco de 2022. »
14:42Et ensuite, pour les sociétés étrangères,
14:44si elles veulent continuer à vendre leur pétrole,
14:46leur gaz en France,
14:47il faut qu'au moins une partie de leurs super-profits
14:49soit imposée en France.
14:50Ce que dit Total, Total dit
14:52« 35 000 emplois sont liés à nos activités en France,
14:56100 000 sous-traitants ? »
14:58Le fait que Total fasse 20 milliards de bénéfices
15:01ou 30 milliards de bénéfices,
15:02quel impact tout ça pourrait avoir
15:04sur le nombre de salariés en France
15:05ou sur leurs sous-traitants ?
15:06Si vous n'êtes pas gentil avec nous, on s'en va.
15:08Oui, sauf que c'est exactement ce qui s'est passé à nouveau
15:10dans les années 70
15:12et que ces profits ont été confisqués, socialisés
15:14dans le monde entier dans les 70
15:16qui, à l'évidence, n'a pas tué la production de pétrole.
15:20D'ailleurs, 50 ans plus tard,
15:23peut-être qu'on voudrait, je pense qu'on devrait
15:25plutôt s'organiser de façon à ce que tout ce pétrole
15:27ne soit pas foré et reste sur Terre
15:30compte tenu du changement climatique.
16:06Sous-titrage Société Radio-Canada
16:08Merci.
16:08Merci.
16:09Merci.
16:09Merci.
16:09Merci.
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