00:00Monsieur le rapporteur, monsieur le rapporteur, une petite seconde, je crois que les français...
00:05Non mais monsieur le président, j'ai eu un millier de menaces de mort suite au poste de Nagui.
00:11Je pense qu'il faut aussi le dire, un poste qui a été vu par un demi-million de personnes
00:15qui m'accusent de façon insigneuse d'auditionner monsieur Nagui simplement parce qu'il est d'origine égyptienne et végane.
00:22Ça m'a valu des milliers de menaces de mort.
00:24Je voudrais qu'on réponde aux questions et qu'on arrête d'accuser.
00:28Monsieur le rapporteur, monsieur le rapporteur, pardon, il y a un président de cette commission d'enquête, c'est moi.
00:32D'accord ? Donc vous allez me laisser terminer calmement.
00:42En fait, je trouve que votre propos liminaire est assez fort pour faire preuve de pudeur
00:46qui semble être une notion qui semble vous échapper.
00:50D'abord, je trouve ça assez fort, d'ailleurs, déjà de m'accuser de cyberharcèlement.
00:54Pourquoi ? Parce que vous m'avez jeté en pâture sur un poste aussi mensonger qu'indigne devant un demi
01:01-million de vos abonnés
01:03expliquant que vous étiez convoqué dans cette commission d'enquête parce que vous seriez végane et d'origine égyptienne
01:07m'accusant ouvertement de racisme.
01:10Vous l'avez fait alors que vous êtes suivi par une telle communauté qui n'a pas tardé à m
01:15'envoyer des milliers de messages
01:17dont certaines menaces de mort que vous avez proprement orchestrées par ces accusations mensongères.
01:24Je trouve ça fort de parler de fausses informations de fake news quand, dans mon rôle de rapporteur,
01:28et c'est une commission d'enquête, notre rôle c'est d'enquêter, je n'ai fait que relayer une
01:32enquête de Mediapart.
01:33Que vous n'avez pas contesté, que vous n'avez pas accusé Mediapart d'être raciste ou anti-vegane,
01:37ils l'ont sorti en 2020 sur le contrat que vous avez passé avec France Tévision entre 2017 et 2020.
01:43Et ils révélaient que vous aviez passé un contrat de 100 millions d'euros avec France Tévision pour seulement 3
01:48ans.
01:49Je ne crois pas avoir diffusé les fausses informations quand j'ai relayé la demande d'une députée macroniste.
01:56Vous voyez, elle n'est pas de mon camp, elle n'est pas raciste, elle n'est pas anti-vegane.
01:59Et pourtant, à la suite de la publication de l'enquête de Mediapart,
02:03elle avait réclamé une commission d'enquête sur votre enrichissement personnel sur le service public.
02:08Commission d'enquête qui n'a jamais vu le jour.
02:10Je trouve ça fort d'attaquer cette commission d'enquête dans une posture totalement victimaire que les Français ne supportent
02:16plus.
02:17Je pense... Non, non, mais honnêtement, laissez-moi aller au bout de mon propos, M. le Président.
02:21Il y a eu des accusations, notamment de menaces de mort qui sont très fortes, permettez-moi d'y répondre.
02:25Et je le fais sereinement, je le fais de façon justifiée et objective,
02:29parce que je trouve que là, on dépasse certaines limites, notamment des travaux de cette commission d'enquête.
02:34Donc, je trouve ça fort de présenter cette posture victimaire à l'heure où on ne laisse plus rien passer
02:40aux Français,
02:41à l'heure où ils doivent payer toujours plus pour nos services publics, pour vos salaires,
02:46à l'heure où la moindre amende ne leur est pas pardonnée.
02:49Pour eux, ils n'ont pas la moindre excuse qu'ils peuvent donner.
02:52Pourquoi une telle véhémence ?
02:54Pourquoi d'ailleurs de telles menaces, notamment de porter plainte ?
02:58Vous m'avez menacé sur les réseaux sociaux de porter plainte directement contre moi dans mon rôle de rapporteur.
03:03Quelles sont les choses que vous auriez finalement à cacher pour envisager une plainte et des poursuites en justice ?
03:11Ce qui est formidable, c'est heureusement que c'est vous qui avez utilisé le mot « insinuation »,
03:16alors que vous ne faites que ça, monsieur le rapporteur.
03:19Moi, ce que j'ai fait, je me suis défendu face à vos attaques.
03:23Vous parlez d'intuition, vous reprenez en effet des articles.
03:26À l'époque, oui, mais très bien, mais si vous êtes en admiration devant tout ce que fait Mediapart,
03:31tant mieux, et vous avez raison, ils font un très bon boulot.
03:34Mais à l'époque, je n'avais même pas eu à répondre à Mediapart.
03:38Les lecteurs s'en étaient occupés en disant « vous confondez chiffre d'affaires et bénéfices ».
03:43Et c'est ce que je vous, je me permets, en tout cas avec tout le respect que je vous
03:47dois, de vous reprocher.
03:48Vous êtes entrepreneur.
03:50Vous avez monté une banque.
03:51Vous savez très bien que ça n'a rien à voir, le chiffre d'affaires et le bénéfice.
03:55On va parler des contrats, je n'ai aucun problème avec ça.
03:58Mais je me suis défendu.
04:01Et je pense le faire avec beaucoup de pudeur, malgré ce que vous venez de dire.
04:06Alors ce qui est formidable, c'est que je ne vous ai pas directement accusé de me menacer de mort.
04:11Je vous dis simplement que vos interviews, et pardon, ce sont les commentaires,
04:16défilez les commentaires en dessous des incorrigibles, je ne sais plus.
04:22Incorrectibles.
04:23Etibles, descendez les commentaires, et vous verrez, c'est là-dedans.
04:26C'est là-dedans.
04:26Et je les ai.
04:29Mais pardon, je n'ai pas l'habitude.
04:32Non mais d'accord, mais j'entends.
04:34Monsieur le rapporteur, une petite seconde.
04:36Je crois que les Français...
04:38Non mais monsieur le Président, j'ai eu un millier de menaces de mort suite au poste de Nagui.
04:44Je pense qu'il faut aussi le dire.
04:45Un poste qui a été vu par un demi-million de personnes qui m'accusent de façon insigneuse d'auditionner.
04:52Monsieur Nagui, simplement parce qu'il est d'origine égyptienne et végane, ça m'a valu des milliers de menaces
04:57de mort.
04:57Attendez, vous permettez...
04:58Je voudrais pas simplement qu'on soit dans...
05:00Monsieur...
05:00Je voudrais qu'on réponde aux questions et qu'on arrête d'accuser...
05:03Monsieur le rapporteur, pardon, il y a un prêt dans cette commission d'enquête, c'est moi.
05:06D'accord ?
05:06Donc vous allez me laisser terminer calmement et sereinement.
05:09On est tous menacés dans cette commission d'enquête, l'ensemble des parlementaires sont menacés, vous avez été menacés.
05:14On va pas jouer à qui est le plus menacé.
05:16Malheureusement, on vit à l'ère du soupçon, à l'ère du soupçon généralisé, à l'ère de la suspicion,
05:19à l'ère des attaques calomnieuses.
05:21Monsieur le rapporteur le sait, quand il avait indiqué de manière calomnieuse que j'aurais pu éventuellement avoir des liens
05:25avec MediaOne,
05:26j'ai été moi-même victime de dizaines et de dizaines de milliers de commentaires et d'attaques.
05:31Le rapporteur lui-même a été victime de menaces.
05:33Les députés présents, vous aussi, je propose, et je le dis très calmement, je pense que votre règlement de compte
05:38n'intéresse pas les Français.
05:39Et je le dis à tous les deux.
05:41Le rapporteur a parlé des Français, non mais je pense que de savoir qui a commencé, qui a fait le
05:46tweet, le premier tweet, la réponse du tweet, la première émission, ça n'intéresse personne.
05:49Le rapporteur a beaucoup de questions, des questions importantes.
05:52Vous avez porté plainte, Monsieur Fahm, et la justice...
05:54Pardon, Monsieur le Président, on n'est pas dans la cour de récréation, mais qui a commencé, c'est extrêmement
05:59important.
06:00Monsieur Fahm, j'ai fait un propos introductif où j'ai rappelé la chronologie.
06:05J'ai rappelé la chronologie.
06:06J'ai rappelé la chronologie.
06:08J'ai dit qu'effectivement, le rapporteur, dans une émission, avait, au conditionnel, indiqué que vous seriez la personne qui
06:15se serait le plus enrichie,
06:16en disant effectivement que c'était une suspicion.
06:18Vous y avez répondu, avec des propos sur lesquels le rapporteur a expliqué qu'il lui avait valu lui aussi
06:23des menaces et des attaques.
06:25Je pense qu'on peut mettre maintenant ce sujet-là de côté.
06:29Moi, j'en ai précisé la chronologie.
06:30J'en ai précisé la chronologie.
06:32Les missions, les incorruptibles, les attaques que vous avez subies, votre poste, ensuite...
06:39Non, Monsieur le rapporteur, je ne justifie rien du tout.
06:41Quand vous allez sur une émission pour dire que Nagui serait la personne qui s'est plus enrichie sur le
06:45service public, ça a des conséquences.
06:46Il vous a répondu.
06:48Et maintenant, on va pouvoir éclairer ce qui a été une déclaration sur les réseaux sociaux,
06:54qui a été, Monsieur Nagui Fahm, une réponse de votre part.
06:57Maintenant, ce qui compte, c'est les questions du rapporteur, précises, et je sais qu'elles le sont comme à
07:00chaque fois,
07:01et vos réponses, qui je le sais également, seront précises et qui permettront de quitter la suspicion et les attaques
07:06à dominem
07:07pour aller au cœur du sujet, c'est-à-dire vos activités d'animateur et de producteur.
07:11Monsieur le rapporteur, je vous laisse poser les premières questions.
07:13Merci, Monsieur le Président. Effectivement, j'ai beaucoup de questions à poser.
07:17J'ai évoqué cette fameuse enquête de Mediapart qui, à l'époque, n'avait pas été contestée ou attaquée en
07:22justice,
07:22qui révélait un contrat de 100 millions d'euros, passé en seulement trois ans entre 2017 et 2020,
07:27entre Nagui et ses sociétés et France Télévisions, qui fait l'objet d'ailleurs probablement de cette audition.
07:32Si je vous pose cette question, Monsieur Nagui-Fam, c'est qu'au fond, les premiers à avoir dénoncé ces
07:38contrats,
07:39c'était, il y a 30 ans, c'était Canal+, en 1996, qui vous surnommait au guignol de l
07:44'info avec deux autres,
07:46le voleur de patates. Vous aviez même droit à votre propre marionnette.
07:50Et en fait, pour remettre les personnes dans le contexte, à l'époque, pour concurrence et TF1 sur le terrain
07:54du divertissement,
07:55France Télévisions avait recruté des jeunes animateurs producteurs.
07:58Vous en faisiez partie, il y avait aussi Jean-Luc Delarue et Arthur.
08:02La même année, il y a eu un rapport parlementaire du député Alain Griotray, que le président évoquait en introduction,
08:07qui a révélé que le trio que vous formiez avec Arthur et Jean-Luc Delarue, capté à lui seul,
08:11600 millions de francs par an, soit près d'un quart du budget des programmes de France Télévisions.
08:17Un quart. C'est une somme énorme.
08:20Alain Griotray, dans son rapport, a écrit, je le cite,
08:22« La redevance payée par les usagers de la télévision a assuré à quelques vedettes des rémunérations individuelles parmi les
08:28plus élevées de France. »
08:30Là encore, c'est un rapport parlementaire qui l'a écrit.
08:34« Quand Jean-Luc Delarue est mort, on a pu lire dans le journal Le Monde, c'était le 24
08:37août 2012, je cite,
08:39« Avec Nagui et Arthur, Jean-Luc Delarue devient alors le symbole de cette débauche d'argent public finançant des
08:46sociétés de production privées. »
08:48Fin de la citation.
08:49Ce scandale, à l'époque, a eu de telles répercussions qu'il a même mené à la démission du PDG
08:54de France Télévisions de l'époque,
08:55Jean-Pierre Elkabach, qui avait été entendu par une même commission d'enquête.
08:59Donc, vous voyez, M. Nagui-Fam, les propos que je relaie, les interrogations, les questions qu'on se pose dans
09:06le cadre de cette commission d'enquête
09:08remontent déjà à des prémices qui datent d'il y a 30 ans, qui vous avez à l'époque dénoncé,
09:15qui avaient dénoncé à l'époque des contrats énormes
09:17passés avec le service public de l'audiovisuel, entre vous, Jean-Luc Delarue et Arthur.
09:22Donc, à nouveau, quand vous voyez un article du Monde qui explique que vous êtes l'un des symboles d
09:26'une débauche d'argent public,
09:28est-ce que vous avez vraiment l'impression que cette commission d'enquête est à côté du sujet,
09:32ou que le sujet des animateurs producteurs, qui facturent des sommes très importantes, avec des marges importantes auprès du service
09:38public,
09:38que ces questions sont légitimes ?
09:41Alors, les questions sont évidemment légitimes, et il faudrait simplement savoir ce qui correspond à quoi en termes de chiffres,
09:49en termes de commandes, en termes de fabrication des missions et en termes d'emplois.
09:53Je voulais juste, et je me permets, pardon, vous allez dire que je suis impudique,
09:59j'ai simplement relayé dans ma réponse le fait que vous étiez administrateur d'un...
10:07Très bien, mais tant mieux, mais tant mieux, tant mieux, mais vous savez, vous avez...
10:15Attaquez-moi si vous le souhaitez, attaquez-moi, je voudrais juste finir, laissez-moi finir ma phrase.
10:21Mais qu'est-ce que vous avez fait ? Qu'est-ce que vous avez fait, vous ?
10:23Je vous propose, monsieur le rapporteur, monsieur le femme, soit on est incapables de poser des questions et d'avoir
10:32des réponses,
10:33et je suspends cette audition, soit on est capables de...
10:36Non, mais...
10:37Non, je voudrais juste finir, finir en tout cas, et relever ce formidable...
10:43Ce formidable, monsieur à l'oncle, ce formidable moment de sincérité,
10:50de sincérité où vous avez dit qu'une personne n'est pas de votre camp, donc n'est pas raciste.
10:57J'ai trouvé ce moment formidable.
11:00Alors on va avancer, on va avancer maintenant sur les questions.
11:03Allez, on va avancer sur les questions et les réponses.
11:04Sur ce que coûte le service public, arrêtez-moi si je me trompe,
11:11il me semble que l'argent qui va au service public est pris sur la TVA.
11:18Donc, est-ce que je me trompe, monsieur le président ?
11:20Est-ce que c'est à partir de la TVA que cet argent est reversé ?
11:24Non, mais j'ai entendu tout à l'heure, on prend de plus en plus d'argent aux Français
11:29pour payer le service public.
11:31Mais ça vient de la TVA, c'est-à-dire de la consommation.
11:34Ceux qui consomment le plus paieront plus,
11:36ceux qui consomment le moins et qui ont moins de moyens paieront moins.
11:38C'est le principe de la TVA.
11:41Et vous sous-entendez, pardon, que j'ai détourné de l'argent.
11:47Je voudrais juste...
11:47Attendez, je comprends, mais attendez, il y a deux options.
11:49C'est-à-dire que, monsieur Farnes, si vous considérez que le rapporteur vous a diffamé,
11:55apporté des accusations graves et calomnieuses...
11:57Je veux répondre à ce qu'il dit ?
11:57Oui, mais ce n'est pas le lieu.
11:58Ça, ça s'appelle la justice.
12:00Non, non, mais vous pouvez répondre.
12:01A l'instant ?
12:02Non, non, mais vous allez pouvoir répondre, monsieur.
12:04Mais on ne va pas passer toute la commission d'enquête à commenter...
12:09Non, mais je vous le dis aussi pour vous.
12:10Vous n'allez pas passer la commission d'enquête à commenter les propos que le rapporteur a tenus dans d
12:13'autres enceintes
12:14et le rapporteur de commenter des posts que vous avez faits sur les réseaux sociaux.
12:17Je parle de la phrase qui a été dite il y a cinq secondes.
12:19Je pense maintenant qu'il faut qu'on aille arriver aux questions rapidement.
12:21Je vous laisse finir.
12:22Et que mon contrat, en l'occurrence, puisqu'on remonte aux années 90,
12:27mon contrat n'a jamais été signé par Jean-Pierre Elkabach.
12:30C'est Hervé Bourge, Pascal Joseph, Bibiane Godefroy qui ont signé le contrat.
12:34Et lorsque Jean-Pierre Elkabach est arrivé, il a en effet employé Arthur et Delarue.
12:39Et pour aller beaucoup plus loin, mais je pense que vous le savez, puisque la Cour des comptes s'est
12:43intéressée à ce dossier,
12:46nos contrats à l'époque étaient validés par le service juridique de France Télévisions, un peu Antenne 2, un peu
12:53France 2 à l'époque.
12:55Ce qui n'était pas le cas de ces deux animateurs qui avaient des contrats sur du papier où il
12:59n'y avait même pas d'entête,
13:00simplement un contrat sur page blanche.
13:02Et c'est la Cour des comptes, pardon, mais aller au bout de vos recherches, de vos investigations et de
13:08votre travail,
13:09la Cour des comptes m'a totalement blanchi à tel point qu'elle a nommé des spécialistes, des professionnels de
13:15la télévision
13:16pour analyser tous ces contrats pour voir si la valeur des émissions était raisonnable par rapport au prix et à
13:22la facture faite.
13:23Et dans cette commission, il y avait les présidents ou les responsables de Canal+.
13:29Deux ans après, ils m'ont engagé sur Canal.
13:32Alors que vous preniez comme référence des vannes, des guignols, des infos comme une valeur sûre d'informations
13:38dans une commission d'enquête d'audiovisuel, je veux bien, mais il va falloir faire très attention à toutes les
13:43vannes qui arrivent derrière.
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