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Dans cet échange de la chaîne Greenletter Club, Allain Bougrain-Dubourg, journaliste et président de la Ligue pour la protection des oiseaux, alerte sur l’effondrement des oiseaux depuis les années 1980.
Il détaille le rôle majeur de l’agriculture intensive, la disparition des insectes, l’artificialisation des sols et l’impact du réchauffement climatique sur la biodiversité.
Un constat alarmant sur la nature, l’environnement et les conséquences directes de nos choix de société.

#Dubourg #écologie #climat #biodiversité #environnement

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Réponses au quiz de fin :
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Quelle proportion d’oiseaux agricoles a disparu depuis les années 1980 ?
➡ 60 %.

Combien d’hectares sont artificialisés chaque année selon Allain Bougrain-Dubourg ?
➡ 30000 hectares.

Combien de cigognes ne migrent plus selon Allain Bougrain-Dubourg ?
➡ 1500 cigognes.

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Transcription
00:00L'agriculture industrielle, c'est la grande méchante dans la disparition des oiseaux ?
00:03Alors, il y a plusieurs causes qui se conjuguent. On peut dire que c'est la grande méchante.
00:08Dans la mesure où, par exemple, elle a un effet direct sur les insectes,
00:13et on constate une perte des populations d'insectes volants, n'importe qui qui prend sa voiture.
00:19Les gens de ma génération s'arrêtaient pour nettoyer le pare-brise.
00:24Aujourd'hui, on peut faire 500 bornes sans tuer un moucheron.
00:28Et donc, la perte des insectes a un effet, évidemment, direct sur les oiseaux,
00:34singulièrement en période de reproduction, parce qu'ils vont nourrir les poussins avec des chenilles.
00:40Et des insectes, ils ne les nourrissent pas avec des graines.
00:50Je ne sais plus si vous l'avez dit, mais 60% des oiseaux agricoles ont disparu depuis des années
00:5580.
00:56Ça dépend des espèces, mais oui.
00:58Dans la grande étude, oui.
01:02Quelles sont les causes principales ?
01:04La cause principale, vous avez commencé un peu à l'évoquer, c'est l'agriculture industrielle.
01:08C'est la grande méchante dans la disparition des oiseaux ?
01:10Alors, il y a plusieurs causes qui se conjuguent.
01:13On peut dire que c'est la grande méchante.
01:15Dans la mesure où, par exemple, elle a un effet direct sur les insectes,
01:20et on constate une perte des populations d'insectes volants.
01:24N'importe qui qui prend sa voiture, enfin, les gens de ma génération s'arrêtaient pour nettoyer le pare-brise.
01:31Bon, aujourd'hui, on peut faire 500 bornes sans tuer un moucheron.
01:35Et donc, la perte des insectes a un effet, évidemment, direct sur les oiseaux, singulièrement en période de reproduction,
01:43parce qu'ils vont nourrir les poussins avec des chenilles et des insectes.
01:48Ils ne les nourrissent pas avec des graines.
01:51Plus tard, ça change.
01:53Donc, globalement, dans les causes du déclin, il y a plusieurs facteurs.
01:59L'un des facteurs essentiels, c'est l'artificialisation.
02:04La manière dont le béton et l'asphalte vont ronger les terres agricoles et naturelles
02:11à hauteur de pas loin de 30 000 hectares par an.
02:14Ça veut dire qu'on calcule globalement qu'en 7 à 10 ans, c'est l'équivalent d'un département.
02:21Alors, quand on parle de ZAN, cette loi qui a été votée, zéro artificialisation nette,
02:29en vérité, on ne veut pas dire qu'on arrête de construire.
02:32On veut dire qu'on ne construit plus n'importe comment.
02:35Quel avenir on veut pour notre paysage ?
02:38Et l'idée, c'est de réemployer les friches.
02:42C'est de faire du photovoltaïque, non pas au ras de la végétation ou des cultures,
02:52mais plutôt, là encore, dans des friches industrielles, des parkings, des trucs comme ça.
02:58C'est ça, l'idée.
03:00Alors, je conviens que le mot zéro artificialisation nette est sûrement apparu comme quelque chose de violent,
03:07qui a conduit certains élus à faire la guerre, à cette grande idée.
03:14Mais la grande idée, c'est de réduire l'artifice.
03:17Quand vous voyez qu'il y a près de 50 000 ronds-points en France,
03:22on est les rois du rond-point.
03:25Alors, je vois bien qu'il en faille pour des raisons de sécurité, de fluidité, que sais-je.
03:31Mais pas n'importe où, vous avez des ronds-points à la sortie de n'importe quel petit village.
03:37Donc, c'est la parcellisation de la nature, alors que tout au contraire,
03:43on doit se battre pour les trames vertes, végétation, bleues, les rivières et noires.
03:50C'est la pollution lumineuse.
03:52Donc, on veut des trames vertes, bleues et non polluées dans le ciel.
03:59– Un autre facteur, et qui est moins facilement préhensible,
04:03c'est celui du réchauffement climatique.
04:05Quelle incidence il peut avoir sur les oiseaux ?
04:08Est-ce qu'on se doute que c'est grandissant ?
04:10Et quels oiseaux ça concerne ?
04:12Pareil, là, on se dit que ça doit concerner probablement les migrateurs,
04:15mais sans doute plus que ça.
04:16– Alors, figurez-vous que c'est le pire le plus souvent.
04:20Dans l'état des connaissances du moment, ça peut être le meilleur.
04:23Je vais vous donner un exemple.
04:25Les cigognes blanches, quand elles naissent,
04:28leur premier vol migratoire génère une perte de 75% des populations.
04:36C'est considérable.
04:38Pourquoi ? Parce qu'il y a la zone de désertification qui s'étend,
04:45parce qu'il y a les éoliennes, parce qu'il y a de la chasse,
04:49parce qu'il y a de la fatigue, parce qu'il y a moins de lieux de repos, etc.
04:53Il y a 75%.
04:54Or, on constate qu'actuellement, il y a à peu près 1 500 cigognes
05:01qui ne partent plus en migration, parce que le climat est favorable,
05:05et il y a de la bouffe.
05:07Et paradoxalement, parce que rien n'est jamais simple,
05:11c'est peut-être grâce aux écrevisses de Louisiane,
05:16qui sont des pasives, contre lesquelles on se bat,
05:19parce qu'elles sont en concurrence avec les écrevisses à pâte blanche,
05:25c'est peut-être grâce à ces écrevisses de Louisiane
05:28que finalement, les cigognes peuvent survivre et ont de l'alimentation.
05:34Donc pour en revenir à la migration, c'est plutôt positif,
05:39parce qu'au printemps, elles sont en pleine forme,
05:42et il y a moins de mortalité, donc c'est bien.
05:45Mais je vais vous prendre deux exemples.
05:49L'un que je trouve sympa, qui est le fruit d'un travail
05:53porté par un laboratoire du CNRS au sud de Toulouse,
05:59ils ont aménagé des volières,
06:02qui ne sont pas fermées par du grillage,
06:04mais une forme de tissu,
06:08et il y a une vingtaine de volières
06:11reliées les unes aux autres par un corridor.
06:16Et on arrive à maintenir des températures
06:19dans chacune des volières.
06:21Et notamment, on a mis des températures
06:23qui pouvaient faire deux degrés de plus,
06:26qui est à minima ce qu'on risque de vivre
06:29dans les décennies à venir.
06:31Et là, on a lâché à l'intérieur des papillons,
06:35des escargots, une petite faune comme ça,
06:37parmi lesquelles les lézards vivipares.
06:41Et il s'est passé quelque chose de bouleversant,
06:44j'ai envie de dire.
06:45Ils ont constaté que face à la potentialité
06:49pour les lézards de choisir une stratégie
06:53d'aller vers le frais, le chaud,
06:55ou de rester dans l'état,
06:57les lézards ont discuté entre eux.
07:00Alors, ils ne parlent pas comme je parle avec vous.
07:03C'est olfactif.
07:04On se parle en olfactif chez les lézards.
07:07Et donc, il y a eu un échange avéré,
07:10scientifiquement reconnu.
07:11Et certains des lézards ont choisi d'aller à la fraîche,
07:15d'autres sont restés plus bons.
07:19Et j'ai dit aux scientifiques,
07:21mais c'est fascinant,
07:23des êtres qui se réunissent
07:25et qui adoptent une stratégie,
07:27mais c'est le début de la culture.
07:29Ah là, on ne peut pas dire ça,
07:30mais en même temps, on ne peut pas dire le contraire.
07:33Et ça, c'est une longue parenthèse que je fais,
07:36mais ça nous amène à quoi ?
07:38Mais le devoir de respect de l'individu.
07:41Vous m'avez parlé d'espèces, de populations.
07:44On en vient même à parler de stocks ou de ressources.
07:47Et on oublie que derrière ces mots,
07:50il y a une multitude d'individus,
07:53pour ceux qui sont les plus élaborés,
07:56qui ont une sensibilité particulière,
07:59mais ça va jusqu'au céphalopode,
08:02enfin bon.
08:03Eh bien, il faut savoir donc
08:06qu'il y a une sensibilité,
08:08potentiellement une souffrance,
08:10pour certains individus.
08:12C'est la capacité de solidarité,
08:15de tricher, de rigoler.
08:17Mais ils ne sont pas si loin que ça de nous autres.
08:21Donc je referme la parenthèse,
08:24et ça m'amène quand même à conclure
08:26que quand on parle d'une espèce,
08:30notamment chez les mammifères, les oiseaux,
08:33pensons qu'on a affaire à des individus.
08:36Je ne veux pas jouer les François d'Assise,
08:39mais sont nos frères d'une certaine manière,
08:41en tout cas des cousins proches.
08:43Alors je vais répondre à la question
08:45que vous ne m'avez pas posée.
08:47Qu'est-ce qui se passe pour les lézards vivipares
08:49qui ont été choisir de vivre à 2 degrés de plus ?
08:54Eh bien, figurez-vous qu'ils ont été en suractivité.
08:57Et la maturité sexuelle est en principe à 2 ans.
09:02Et là, dès la première année,
09:04ils pouvaient avoir des jeunes.
09:05J'ai dit aux scientifiques,
09:07mais c'est une très bonne nouvelle.
09:08Mais non, voilà, c'est pas une bonne nouvelle.
09:10Parce que cette suractivité les fatigue
09:13et ils vont mourir plus tôt.
09:15Et on constate que la mortalité
09:18n'est pas compensée par la natalité.
09:21C'est-à-dire qu'à 2 degrés de plus,
09:23l'espèce peut être amenée à disparaître.
09:25Il y aura bien sûr certains lézards
09:28qui vont tenter de monter.
09:31Mais on voit bien que grimper
09:33pour retrouver la fraîcheur,
09:35Eh bien, ça réduit le territoire.
09:38Ça augmente les conflits potentiels.
09:41Enfin, voilà.
09:42Je pourrais vous dire,
09:43sans être trop long,
09:45que les tortues,
09:47non, les tortues,
09:48quand elles pondent,
09:49elles vont pondre dans un coin de sable,
09:53l'autre un peu sous un arbre.
09:55Bon.
09:55Ça nous donne une incubation naturelle moyenne
09:58de 28 degrés.
10:01Au-dessus de 28 degrés.
10:02Ça, c'est pour les tortues luttes ?
10:03Pour les tortues, luttes ou d'autres.
10:06C'est globalement...
10:07Au-dessus, c'est des mâles qui naissent.
10:11Autant pour moi.
10:12Au-dessus, ce sont des femelles qui naissent.
10:15En dessous de 28 degrés sont des mâles.
10:17Et il y a un équilibre qui se fait
10:19dans les naissances
10:21par l'endroit spécifique de chaque nid.
10:24Eh bien, 2 degrés de plus,
10:26il n'y aura que des femelles.
10:27Il n'y a plus la capacité de reproduction.
10:30On pourrait parler du corail,
10:32qui est un être vivant et bien d'autres choses.
11:02Sous-titrage Société Radio-Canada
11:07Sous-titrage Société Radio-Canada
11:07Sous-titrage Société Radio-Canada
11:10...
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