- il y a 9 heures
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Candidate de dernière minute pour LREM à Paris, après sa défaite, Agnès Buzyn a fustigé le manque de réaction, selon elle, de l’exécutif dans la crise du coronavirus. Code source revient sur cette fin de campagne difficile pour l’ex-ministre.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le 9 mars, Codesource brossait le portrait d'Agnès Buzyn, candidate LREM remplaçante de Benjamin Griveaux pour les municipales à
00:19Paris.
00:19Beaucoup de choses se sont passées depuis, résultat décevant au premier tour, déclaration fracassante dans le journal Le Monde,
00:26« La fin a changé, l'histoire n'est plus la même ». On vous propose donc aujourd'hui d
00:31'écouter ou de réécouter cet épisode mis à jour.
00:44Julien Duffet, vous êtes reporter à l'édition de Paris, c'est vous qui avez suivi cette campagne d'Agnès
00:49Buzyn pour le Parisien.
00:50Vous êtes confiné comme beaucoup de monde. Comment ça se passe pour vous ?
00:54Écoutez, ça se passe depuis mon appartement, en famille, à gérer à la fois la scolarité à domicile des enfants
01:01et en même temps le travail.
01:03On fait au mieux, c'est complètement inédit, comme pour des millions français.
01:06D'un mot, Agnès Buzyn, elle nous aura surpris jusqu'au bout ?
01:10Oui, elle tient des propos dans le monde assez incroyables qui ont fait l'effet d'une bombe
01:15et c'est un nouvel épisode d'une campagne qui aura été décidément complètement folle de bout en bout.
01:20On écoute le récit de cette campagne avec vous et on vous retrouve juste après Julien Duffet pour parler des
01:25tout derniers événements.
01:31Mesdames et Messieurs, c'est avec une grande émotion que je quitte le ministère des Solidarités de la Santé.
01:39Le lundi 17 février, au ministère de la Santé à Paris, Agnès Buzyn font en larmes pendant la passation de
01:45pouvoir avec son successeur Olivier Véran.
01:47Oui, ce sont des larmes qui vont être beaucoup commentées. Certains disent qu'elle s'est sacrifiée pour la cause,
01:52c'est pour ça qu'elle pleure.
01:53C'est un peu mission impossible de se lancer dans cette campagne municipale à un mois du premier tour.
01:58Elle, elle va nous répondre que non, ce sont des larmes d'émotion.
02:00Elle quitte son ministère sans avoir eu le temps de dire au revoir à ses collaborateurs.
02:04Elle est émue, elle met aussi fin à une carrière assez longue dans le domaine de la santé.
02:08Mon émotion traduit ma gratitude et l'admiration que j'ai pour vous tous.
02:14Elle traduit aussi mon espérance pour l'avenir de Paris, qui me tient tant à cœur. Je vous remercie.
02:24Agnès Buzyn est médecin de formation. Comment est née sa vocation ?
02:28C'est une vocation qui naît dans sa famille, puisque sa mère est psychologue pour enfants, c'est une disciple
02:33de François de Dolto.
02:34Son père est chirurgien orthopédique et il va lui transmettre cette passion, puisque dès 14 ans, il va l'emmener
02:40au bloc opératoire sur ses opérations.
02:42Elle va devenir un peu son assistante occasionnelle, en lui passant le bistouri et ça va évidemment nourrir sa passion.
02:51Elle nous l'a dit, elle a reçu une éducation très douce, très préservée, ce sont ses mots.
02:55D'abord dans l'est de Paris, près de Nation, puis assez vite ses parents vont déménager dans le cinquième
03:00arrondissement,
03:01donc c'est un quartier un peu intello, chic.
03:03C'est une enfance très préservée, elle va multiplier les activités, elle va faire du piano, de la peinture, du
03:09violon, du patin à glace, elle est surinvestie.
03:12Puis elle va se passionner pour les sciences dures, elle va rentrer à l'école alsacienne, un établissement privé assez
03:17sélect,
03:17où elle va passer le bac avec deux ans d'avance.
03:21Son passé familial est lourd, ses deux parents, d'origine juive polonaise, sont des rescapés de la Shoah.
03:28Ses grands-parents maternels arrivent à Paris en 1929, sa mère, pendant la guerre, va être cachée par des justes
03:33dans l'Ain.
03:34Et son père a une histoire encore plus tragique, puisqu'il est déporté à Auschwitz avec ses parents.
03:40Il est alors dans le ghetto juif de Lodz, en Pologne.
03:43Il sera le seul à en réchapper.
03:45Et encore aujourd'hui, il a 81 ans, c'est un des derniers survivants de la Shoah.
03:49Et pendant des décennies, il n'en parlera pas dans sa famille ?
03:52Oui, pendant 50 ans, il ne va pas en parler.
03:54Alors Agnès Buzyn, la jeune Agnès Buzyn, va l'apprendre quand même,
03:57mais elle n'en parlera jamais avec son père dans ses premières années.
04:00Et il y a un épisode assez marquant pour elle, c'est qu'à 8 ans,
04:03elle va découvrir le pyjama rayé de déporté de son père dans un placard de l'appartement familial.
04:07En 1984, quand elle a 22 ans, Agnès Buzyn se marie une première fois.
04:12Elle épouse l'un des fils d'une autre rescapée de la Shoah, Simone Veil.
04:16Elle se marie avec Pierre-François, le plus jeune fils de Simone Veil.
04:20Ils vont avoir deux enfants ensemble et leur union va durer 10 ans.
04:24En parallèle, Agnès Buzyn poursuit à l'époque de brillantes études de médecine
04:29et se spécialise dans l'hématologie, l'étude du sang et de ses maladies.
04:33En 1992, à l'âge de 30 ans, elle prend la tête de l'unité de soins intensifs
04:37du service d'hématologie du prestigieux hôpital Necker à Paris.
04:42Elle va y passer 19 ans.
04:43Elle va décrire un métier passionnant, mais aussi très exigeant,
04:47humainement douloureux, puisqu'elle est au contact de leucémique,
04:51qui sont souvent condamnés.
04:53Elle va décrire des moments très douloureux,
04:54notamment lorsqu'elle reçoit des mères qui viennent d'accoucher,
04:58qui sont condamnées, qui donnent leur dernier biberon dans son bureau.
05:01C'est une anecdote qu'elle raconte souvent.
05:02Et à l'hôpital Necker, elle va aussi subir du harcèlement moral.
05:06C'est dans les dernières années.
05:08Elle devient professeure après des travaux de recherche à 42 ans.
05:12Et elle veut devenir chef du service hématologie.
05:15Et elle va en être empêchée.
05:17Elle va dire qu'à ce moment-là, elle va être mise au placard.
05:21Elle décrit du harcèlement moral, de la misogynie.
05:23C'est un épisode très douloureux.
05:25Elle dit que d'autres se seraient suicidés à sa place,
05:28que elle, ça l'a renforcée.
05:29Ça nourrit une certaine forme de revanche aussi.
05:31Et que ça explique peut-être pourquoi elle s'est engagée en politique.
05:37En 2008, le président Nicolas Sarkozy lui propose de diriger
05:40l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, l'IRSN, ce qu'elle accepte.
05:46Quel est son rapport avec la politique à ce moment-là ?
05:48Elle est de gauche, elle le dit, elle a toujours voté à gauche jusqu'en 2017.
05:52Elle est plutôt tendance rocardienne.
05:55Puis, elle va toujours voter.
05:57C'est un de ses leitmotivs.
05:59Elle dit même que si ses enfants ne votent pas, ils ne rentrent pas à la maison.
06:10Trois ans plus tard, le 11 mars 2011, c'est la catastrophe de Fukushima.
06:14C'est l'une des conséquences du violent séisme et des répliques qui ont touché le pays.
06:18Deux centrales nucléaires ont connu des incidents graves,
06:21avec notamment une explosion à Fukushima, je vous le disais.
06:24Dans cette région, la population a dû être évacuée dans un rayon de 10 puis de 20 km.
06:29Un nuage radioactif se propage en Asie et d'infimes particules radioactives vont même survoler la France.
06:35Agnès Buzyn, en tant que directrice de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, est très présente dans les
06:40médias.
06:41Honnêtement, il faut se mettre à la place des Français.
06:42On leur avait dit que le nuage de Tchernobyl n'était pas dangereux, ce qui était complètement faux.
06:46Alors là, est-ce qu'il y a ou non des raisons de s'inquiéter ?
06:48Bien entendu, non.
06:50Donc, on assiste à une dispersion.
06:52Elle va faire son premier 20 heures à TF1.
06:54Il n'y a aucun risque, ni pour la santé, ni pour l'environnement.
06:58Et comme on dit, elle va prendre la lumière, on va la remarquer, notamment au plus haut sommet de l
07:02'État.
07:02Donc, surtout, le message est clair.
07:04Il n'y a pas de danger, il n'y a pas de précaution à prendre.
07:07Nous vous informons en toute transparence.
07:09Nous restons vigilants à l'IRSN, mais la transparence est totale.
07:13Merci beaucoup, docteur Agnès Buzyn.
07:15La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, la nomme quelques mois plus tard à la tête de l'Institut national
07:20du cancer, l'Inca.
07:21Puis, en 2016, elle accède à la tête de la Haute Autorité de Santé.
07:26Comment est-ce qu'elle fait pour accéder à ces postes si prestigieux ?
07:29Alors, elle dit qu'elle n'a jamais demandé un poste, que ça lui est arrivé au fil de son
07:34parcours.
07:35Mais bon, tout ça ne tombe pas par hasard.
07:37Elle a des réseaux assez puissants de gens qui ont un pied dans le monde médical, un pied dans la
07:41politique.
07:41On pense notamment à Olivier Lyon-Camp, qui est un grand médecin et qui a été conseiller de François Hollande
07:48à la présidence de la République.
07:49Et puis, elle a un mari qui est très politique, donc Yves Lévy, qui a été conseiller ministériel sous François
07:55Hollande
07:56et qui prend en 2014 la tête de l'Institut national de recherche et de santé médicale.
08:02Bonjour mesdames, bonjour messieurs.
08:04Le 17 mai 2017, le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Collaire, dévoile la composition du gouvernement sur le perron
08:12de l'Elysée.
08:12Madame Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.
08:17Comment se passent ces premiers pas de ministre de la Santé ?
08:20Elle va multiplier les chantiers, par exemple le passage à 11 vaccins obligatoires pour les enfants,
08:25le déremboursement de l'homéopathie, le passage du prix du paquet de cigarettes à 10 euros,
08:29la fin du numerus clausus, le plan santé.
08:31En deux ans et demi, elle va avoir des chantiers multiples.
08:34Le 26 septembre 2017, elle recadre sèchement le député communiste Sébastien Jumel
08:39qui l'invite à se rendre dans les hôpitaux normands en crise.
08:42Monsieur le député Jumel, contrairement à vous, je n'ai pas besoin d'aller visiter les hôpitaux,
08:47j'y ai passé 25 ans de ma vie.
08:50Elle n'hésite pas à dire ce qu'elle pense, sans prendre de gants.
08:52Par exemple, en janvier 2018, elle répond au ministre de l'Agriculture
08:56pour qui le vin n'est pas un alcool comme les autres.
08:59Elle se pose dans la rationalité.
09:00Elle dit qu'une molécule d'alcool n'est pas différente qu'elle soit présente dans le vin
09:06ou dans les autres alcools et qu'elle est aussi dangereuse, entre guillemets.
09:10Et elle va être un peu désavouée par le président de la République quelques semaines plus tard
09:13qui va dire que lui boit du vin midi et soir,
09:16qu'il n'est pas question de renforcer la loi et vin,
09:19qu'il faut arrêter d'emmerder les Français.
09:20Il reprend un terme de Georges Pompidou.
09:25Le 4 juillet 2018, elle commet une bourde à propos du plan pauvreté
09:30que doit mettre en place son ministère.
09:32Oui, on est le 4 juillet, on est en pleine coupe du monde
09:34et on lui pose une question sur un plateau télé
09:36sur la date de présentation de ce plan pauvreté.
09:39Et là, elle va dire que ce sera peut-être la semaine prochaine,
09:41ça dépendra des résultats de l'équipe de France,
09:43la demi-finale, et ça passe assez mal.
09:45C'est une polémique qui va durer plusieurs jours,
09:47le gouvernement va devoir déminer, ça va apparemment mettre en colère Emmanuel Macron.
09:50Et à ce moment-là, il a aussi plusieurs dossiers chauds à gérer ?
09:53Il y a d'abord l'ouverture de la PMA aux femmes célibataires,
09:57il y a la réforme des retraites qui est sous la tutelle de son ministère,
09:59et puis assez vite, il va y avoir aussi la crise de l'hôpital public
10:03avec des grèves, des démissions collectives de chefs de service.
10:06Elle va être confrontée à cette crise qui n'est pas réglée quand elle part.
10:12Début 2019, son nom circule avec insistance
10:14pour être tête de liste en marche aux élections européennes.
10:17On pense à elle pour prendre la tête de liste de ces élections.
10:20Elle refuse, elle dit qu'elle a trop de dossiers en cours, qu'elle veut boucler.
10:24À l'automne 2019, certains parlent déjà d'elle pour les municipales à Paris.
10:29C'est François Bayrou qui évoque un plan B, un plan B comme Buzyn.
10:33À cette époque, il songe déjà à débrancher le candidat Benjamin Griveaux
10:38pour le remplacer par la ministre de la Santé.
10:41Et en janvier de cette année, elle est approchée
10:43pour rejoindre les listes du candidat de La République en Marche, Benjamin Griveaux.
10:47La campagne du candidat LREM patine toujours et il y a des ministres qui vont lui apporter son aide.
10:54Il y a Marlène Schiappa, il y a aussi le patron d'En Marche qui va venir sur ses listes.
10:58On annonce l'arrivée d'Agnès Buzyn, notamment dans le 15e arrondissement
11:01qui est un gros arrondissement, donc assez stratégique pour la conquête de Paris.
11:13Le vendredi 14 février dernier, Benjamin Griveaux annonce qu'il abandonne les municipales à Paris
11:19après la publication de vidéos intimes.
11:22Quelques minutes avant cette annonce sur France Inter,
11:25Agnès Buzyn affirme qu'elle ne sera pas candidate au municipal.
11:29Bonjour Agnès Buzyn.
11:29Bonjour Ali Badou.
11:31Dans la matinale de France Inter, elle est interrogée sur sa participation à la campagne municipale de Paris.
11:36Vous serez candidate au municipal ?
11:38Je l'ai dit, je ne pourrais pas être candidate au municipal.
11:43À ce moment-là, Benjamin Griveaux ne s'est pas formellement retiré,
11:46ça va se produire quelques minutes plus tard dans une vidéo.
11:49Et elle, donc, elle expliquera plus tard qu'elle répondait sur le fait de s'engager avec lui
11:52dans le 15e arrondissement sur une liste.
11:54À ce moment-là, elle a été trop prise par ses dossiers,
11:57et notamment le coronavirus, pour s'engager.
11:59Cette crise du coronavirus, qui aujourd'hui m'occupe énormément.
12:04Benjamin Griveaux hors course, que se passe-t-il à ce moment-là,
12:08dans les heures qui suivent, au sein de La République En Marche ?
12:10C'est bon le bas combat, parce qu'il faut trouver en 24 heures une candidate ou un candidat
12:14pour remplacer au pied levé Benjamin Griveaux, et ça va être assez difficile.
12:17Il y a des candidats.
12:18Il y a le député Mounir Majoubi, qui était déjà candidat à l'investiture à l'REM.
12:22Certains pensent à faire revenir Cédric Villani, le dissident En Marche.
12:25On parle de Marlène Schiappa, qui va refuser.
12:27Et finalement, il y a consensus autour du nom d'Agnès Buzyn,
12:30puisqu'elle coche pas mal de cases.
12:32Elle est ministre, c'est un poids lourd du gouvernement.
12:34Elle est parisienne, elle a envie, c'est ce qu'elle va dire.
12:37Et puis, c'est une femme, ce qui n'est pas négligeable,
12:39puisqu'en face d'elle, il y a Rachida Dati et Annie Delgaux.
12:42Et pendant le week-end, elle accepte finalement de se lancer dans cette bataille.
12:46On sait comment elle a été convaincue par Emmanuel Macron ?
12:50Elle dit, elle, qu'elle n'a pas été contactée le samedi par Emmanuel Macron,
12:53mais qu'elle a été évidemment approchée par l'Elysée,
12:56mais aussi par beaucoup de marcheurs.
12:58Elle raconte en revanche qu'elle a été ensuite appelée le dimanche,
13:01une fois qu'elle a pris sa décision.
13:02Elle a pris sa décision en 24 heures par Emmanuel Macron,
13:05qui lui donne simplement un conseil, soyez vous-même.
13:07Elle a aussi au téléphone Édouard Philippe, qui l'encourage,
13:11mais qui lui dit, attention, ça va cogner très fort.
13:17Le dimanche soir, elle rassemble ses soutiens dans une brasserie à Paris,
13:21près de l'Opéra Garnier.
13:22Dans les rédactions, on reçoit vers 18h20 une invitation,
13:25un rendez-vous une heure plus tard dans le quartier de l'Opéra,
13:27dans une brasserie.
13:28Et elle arrive à 19h30, 20h, sous une pluie battante.
13:31Il y a évidemment tous les soutiens et les colistiers de La République En Marche,
13:35qui chantent « On va gagner »,
13:36qui reprennent le chant italien « Bella Ciao ».
13:39J'ai décidé aujourd'hui de présenter ma candidature
13:43pour cette élection à la mairie de Paris.
13:45Il y a une forme d'euphorie.
13:46En 48 heures, ils sont passés finalement du désespoir total
13:50à une forme d'espoir de nouveau.
13:53J'y vais pour gagner.
13:56Et à ce moment-là, les militants de La République En Marche
13:58pensent qu'elle a beaucoup plus de chances que Benjamin Griveaux
14:00de remporter cette élection ?
14:02Oui, il y avait clairement quand même un problème avec Benjamin Griveaux.
14:05Certains doutaient de sa capacité à faire gagner En Marche à Paris.
14:08Sa campagne s'est tuolée, il était bas dans les sondages.
14:10Et là, ils pensent qu'ils ont une vraie chance,
14:12même si on est à un mois du premier tour.
14:16Le lendemain, le lundi 17 février, c'est donc la passation de pouvoir
14:20au ministère, on en a parlé au tout début.
14:22Qu'est-ce qu'elle fait cette journée-là ?
14:24Sitôt sortie du ministère, elle va dans son QG,
14:26dans le QG du candidat En Marche à Montparnasse.
14:30Elle va s'enfermer avec ses équipes.
14:32Elle doit reprendre à zéro une campagne qui était déjà engagée
14:35avec un programme qui avait déjà été présenté, ficelé,
14:39des équipes déjà en place.
14:40C'est difficile, elle a 24 heures pour le faire
14:42et pour organiser la suite.
14:43Et dès cet instant, elle est pressée de ramener à elle
14:46le candidat dissident, Cédric Villani.
14:48Elle va lui envoyer un SMS dès dimanche soir.
14:51Elle va le rappeler lundi à midi
14:53pour lui demander de la rejoindre,
14:56pour créer une dynamique.
14:57Et c'est très attendu par beaucoup de marcheurs parisiens.
15:00Il va sortir un communiqué dans la presse
15:02où il va poser des conditions,
15:03conditions programmatiques sur l'écologie,
15:05mais aussi politiques sur une coalition climat
15:08avec les écologistes.
15:09Et ça, Agnès Buzyn va assez mal le prendre.
15:13Dès le lendemain, dans une interview aux Parisiens,
15:15avec vous, Julien Duffet et Alexandre Sulzer,
15:18Agnès Buzyn ferme la porte à une alliance avec Villani.
15:21Elle lui répond assez sèchement
15:23qu'elle ne travaille pas dans le rapport de force
15:26et que Cédric Villani est dans le rapport de force.
15:28À ce moment-là, elle ferme la porte.
15:29On est à quelques jours de la clôture du dépôt des listes
15:32et du coup, ça ne se fera jamais.
15:34C'est clairement un mauvais point pour elle dans cette campagne ?
15:37Oui, parce que ça aurait créé une dynamique.
15:39On est très peu de temps avant l'échéance
15:41et ça aurait permis de rassembler la famille d'En Marche à Paris.
15:52Le 24 février, l'ancienne professeure des hôpitaux
15:55attaque frontalement Anne Hidalgo
15:57sur sa gestion de la crise du coronavirus à Paris.
16:00Elle lui reproche une forme d'impréparation de la mairie de Paris.
16:03Elle dit qu'il n'y a pas eu de contact
16:04entre Anne Hidalgo et le ministère lorsqu'elle était ministre.
16:08Ce qui va être démenti par Anne Hidalgo
16:09qui va brandir des courriers
16:11où ses échanges ont bien eu lieu.
16:12Et ça va être assez mal perçu.
16:14Ça va en fait assez mal passer.
16:15C'est une forme de bourde de communication
16:17puisque ça la ramène à son statut d'ex-ministre
16:19qui a quitté le ministère au moment de la crise du coronavirus.
16:22À ce moment-là, son début de campagne est critiqué.
16:25En quelques jours, on est passé de l'euphorie au doute.
16:27Il y a eu un effet buzin dans les premiers jours dans les sondages
16:30mais elle plafonne assez vite autour de 19.
16:3320%.
16:33Elle reste troisième derrière Rachida Dati et Anne Hidalgo.
16:38Certains vont clairement exprimer des doutes.
16:41Il y a même un député marcheur qui va dire
16:43quand tu es dans le Titanic,
16:44tu as beau changer de capitaine, ça reste le Titanic.
16:47Le mercredi 4 mars,
16:49un débat entre les candidats à la mairie de Paris
16:51est organisé par LCI.
16:53Elle se montre offensive.
16:54Elle critique le bilan d'Annie Hidalgo,
16:57sa méthode.
16:58Elle parle de méthode violente.
17:00Il y a différentes méthodes pour y arriver.
17:02Les vôtres sont idéologiques,
17:04elles ne sont pas pragmatiques.
17:06Madame Hidalgo prévoit de faire dans les six prochaines années
17:08tout ce qu'elle n'a pas fait dans les six dernières années.
17:10Elle dit avec Anne Hidalgo,
17:12on ne doit pas vivre dans la même ville.
17:13Elle l'assit parce qu'elle veut apparaître
17:15comme sa principale adversaire.
17:17Et elle-même aussi est très attaquée.
17:19Elle est attaquée sur l'hôpital public
17:21par la candidate insoumise.
17:22Là encore, sur le fait qu'elle soit partie
17:24sans avoir réglé ce problème,
17:26elle est attaquée par Anne Hidalgo sur le coronavirus.
17:28Pourquoi n'êtes-vous pas restée au ministère de la Santé ?
17:30Parce que je veux être maire en fait.
17:32Parce que je veux être maire.
17:34Et c'est pour ça que j'ai quitté le ministère,
17:35c'est pour faire campagne.
17:36Deux jours avant, vous ne l'oubliez pas.
17:37Ça fait longtemps que je pense à ce mandat.
17:39Et je me disais que le plus beau mandat est celui de maire.
17:42Ah, vous aviez ça en tête ?
17:43Et le plus beau mandat, c'est celui de maire de Paris
17:45puisque c'est la plus belle ville du monde.
17:47Après les circonstances, on en décidait autrement.
17:50Il y avait un candidat investi par La République En Marche.
17:52Les circonstances ont évolué.
17:55Et donc, c'est la rencontre entre une envie,
17:58un projet et une ambition pour cette ville.
18:10Julien Duffet, on vous retrouve à distance,
18:13au téléphone donc pour la suite de cet épisode.
18:15Malgré le coronavirus, le premier tour des municipales
18:17est maintenu le dimanche 15 mars.
18:19Et le soir, la sortante Anne Hidalgo
18:21est largement en tête devant Rachida Dati.
18:24Pour Agnès Buzyn, c'est la douche froide.
18:27Elle ne recueille que 17% des voix.
18:30C'est une vraie déception.
18:31C'est très mal parti pour elle.
18:33Qu'est-ce qu'elle fait le lendemain, le lundi ?
18:35En fin de matinée, on va recevoir un communiqué
18:38où elle annonce qu'elle arrête la campagne,
18:40qu'elle demande à ses équipes de faire de même,
18:43d'arrêter, de rester confinée.
18:45Et son directeur de campagne devra appeler
18:48l'agence France Presse pour préciser
18:50qu'elle reste candidate.
18:51Donc, on assiste à une forme de première alerte.
18:53Elle rentre chez elle dans l'après-midi
18:55et elle accepte une interview
18:57avec une journaliste du Monde, Ariane Chemin,
19:00L'article sort le lendemain, le mardi 17,
19:02et c'est une bombe.
19:04Qu'est-ce qu'elle dit d'abord sur la tenue
19:06du premier tour des municipales ?
19:07La journaliste la décrit comme effondrée.
19:10Elle revient sur ses élections
19:12et elle dit qu'en fait, le maintien du scrutin
19:14était une mascarade.
19:15Ce sont ses mots.
19:16Qu'elle a vécu la dernière semaine de campagne
19:19comme un véritable cauchemar.
19:21Qu'est-ce qu'elle dit sur les raisons de ses larmes
19:23quand elle a quitté le ministère de la Santé ?
19:25Que si elle pleurait, c'est parce qu'elle savait
19:27la vague du tsunami venir
19:30et que probablement les élections municipales
19:33n'auraient pas lieu.
19:36Justement, elle dit quoi sur l'épidémie ?
19:38C'est un peu le plus grave dans ses propos,
19:40c'est qu'elle va mettre directement en cause
19:43le plus haut sommet de l'État
19:44dans la gestion de la crise.
19:46Elle dit que dès le 11 janvier,
19:48elle avait alerté les présidents de la République,
19:49que le 30 janvier, elle avertit le Premier ministre
19:53que, selon toute vraisemblance,
19:54les élections municipales ne pourraient pas se tenir.
19:57En filigrane, on comprend qu'elle a alerté
19:59et qu'elle n'a pas été entendue.
20:01Quelles sont les réactions à cet article ?
20:03Ce sont des réactions assez violentes,
20:06de toute la classe politique d'ailleurs.
20:08D'abord chez les marcheurs,
20:09où c'est vraiment l'incompréhension.
20:11Certains parlent d'attentat politique,
20:13d'autres disent qu'elle a complètement craqué.
20:15On a tous la nausée,
20:16dit un démarcheur qu'on a pu contacter
20:19avec les journalistes du Parisien.
20:21Ça va avoir des répercussions
20:23sur toute la classe politique.
20:24Jean-Luc Mélenchon, de la France Insoumise,
20:26dit qu'elle ne se rend pas compte
20:27qu'elle engage sa responsabilité.
20:30Marine Le Pen évoque un scandale d'État
20:32et les Républicains demandent que ces propos
20:35soient examinés dans le cadre d'une commission
20:37d'enquête parlementaire sur le coronavirus
20:39qu'ils demandent.
20:41Julien Dufey, quand on lit cet article,
20:43on comprend qu'elle abandonne l'élection.
20:45Agnès Buzyn, d'après ce qu'elle dit au Monde,
20:47croyait vraiment en ses chances
20:49de devenir maire de Paris.
20:50Ce ne sera donc pas le cas.
20:52Est-ce que sa réaction à cet échec,
20:54le fait de dire tout ça dans le monde,
20:55ça signe la fin de sa carrière politique ?
20:57Il y a des marcheurs qui déjà disent
20:59que ce sera extrêmement difficile
21:01pour elle de raccrocher la campagne.
21:02Des têtes de lice même qui s'interrogent,
21:04qui disent que sur le terrain,
21:05les militants se sentent lâchés, trahis,
21:07qu'elle s'est cramée politiquement
21:09en faisant cela.
21:10C'est très difficile de savoir
21:12si elle restera dans la politique
21:14dans les jours qui viennent.
21:15Et donc du coup,
21:16La République En Marche risque
21:17de devoir trouver un troisième candidat.
21:19Il y a déjà eu une défection
21:21en race campagne de son premier candidat.
21:23La reprise de la campagne au pied levé
21:24par Agnès Buzyn.
21:26Et ce serait donc un troisième candidat
21:28à trouver pour une même campagne municipale,
21:30ce qui est complètement inédit
21:31et un petit peu fou.
21:42Merci à Julien Dufay.
21:44Épisode conçu et préparé par Thibault Lambert
21:46et Marion Bottorel.
21:48Réalisation, Alexandre Ferreira
21:50et Julien Moncouquiol.
21:56Codesource est le podcast d'actualité du Parisien
21:58disponible chaque soir du lundi au vendredi.
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