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Municipales 2020 à Paris. De la dissidence de Cédric Villani, au vote bousculé par l’épidémie de Covid-19, en passant par le retrait de Benjamin Griveaux, Code source raconte cette campagne à rebondissements.

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00:01Bonjour, c'est Jules Lavie pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11C'est un fauteuil convoité, Jacques Chirac l'occupait avant d'accéder à l'Elysée en 1995, celui de maire
00:19de Paris.
00:20Trois têtes d'affiches cette année, Anne Hidalgo, Rachida Dati et Agnès Buzyn,
00:25une issue incertaine, une campagne marquée par le coronavirus et d'autres imprévus.
00:31Je veux être le premier maire véritablement écologiste de Paris.
00:36Je ne souhaite pas nous exposer davantage, ma famille et moi, dans tous les coups, sont désormais permis.
00:43Et dès ce soir, avec vous, nous prenons rendez-vous avec Paris.
00:49CodeSource vous raconte en deux épisodes la bataille des municipales à Paris.
00:57A mes côtés, Olivier Beaumont du service politique et Marianne Guéraud et Julien Duffet de l'édition de Paris, du
01:03Parisien.
01:04Marie-Anne, tout commence au mois de juin 2017.
01:07On est quelques semaines après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République.
01:11Et dans son entourage, il y a déjà quelqu'un qui est intéressé.
01:14C'est une rumeur qui circule de façon assez insistante, à savoir que Benjamin Griveaux, qui est candidat aux législatives
01:20à Paris sur la cinquième circonscription, se verrait bien en 2020 maire de Paris.
01:25Benjamin Griveaux est élu député de Paris et ça se convient ensuite ?
01:29Il est élu avec 56% des voix, donc plutôt confortablement.
01:33Et en l'occurrence, dès le soir de son élection, dans son QG, on mentionne qu'il est peut-être
01:38candidat à la mairie de Paris.
01:39Alors lui, il dément formellement, systématiquement, dès qu'il a interrogé sur le sujet.
01:43Néanmoins, chez l'REM, on sait bien que ça le tente.
01:47À l'été 2018, la campagne se lance véritablement et vous commencez à rencontrer les chefs de file des partis.
01:53Oui, parce que même si on est un peu loin des municipales, on sait que ça commence à se mettre
01:58en place.
01:58Donc on commence à rencontrer les acteurs qui vont faire cette élection.
02:02Donc pour l'instant, on s'en tient au président des groupes au Conseil de Paris.
02:05Et puis aussi quelques candidats qui émergent.
02:08Il y a Gaspard Ganser, l'ancien communicant de François Hollande, dont on sent bien qu'il est très, très
02:12intéressé par cette élection.
02:14On va avoir aussi Pierre-Yves Bournazel, qui finalement va lâcher l'affaire, mais qui, à l'été 2018, est
02:20candidat.
02:20Et puis différents candidats comme David Béliard, Daniel Simonnet.
02:24Et aussi les communistes, avec Yann Brossat, qui pour l'instant laisse entendre que les communistes pourraient être aussi candidats
02:30au premier tour.
02:31Julien Dufay, à ce moment-là, vous rencontrez aussi Benjamin Griveaux.
02:34Oui, on commence à l'encontrer à l'été 2018.
02:36Là, il ne fait plus mystère de sa volonté d'être candidat à la mairie de Paris.
02:39Il dit qu'il a calé les choses dès l'automne précédent avec Emmanuel Macron,
02:43pour que La République En Marche remporte Paris, où elle a obtenu des scores canons à la présidentielle.
02:50En octobre 2018, une autre figure de LREM entre dans la course.
02:55C'est Cédric Villani.
02:56Il est plutôt déjà connu du grand public, puisque c'est un mathématicien.
03:00Il a gagné la médaille Fields, qui est considérée un peu comme le prix Nobel des mathématiques.
03:05Il est aussi connu pour son look assez particulier, ses costumes trois pièces, ses nœuds lavalières, ses broches araignées.
03:12Il est député de l'Essonne depuis juin 2017.
03:15La République En Marche est allée le chercher pour son côté, justement, original.
03:19Et il va se piquer de la mairie de Paris.
03:20Il va vouloir se lancer lui aussi.
03:22Olivier Beaumont, comment réagit La République En Marche ?
03:25Le parti, au début, ne fait rien.
03:26On ne le fait rien parce qu'on n'y croit pas, clairement.
03:29Cédric Villani, c'est un personnage qui est considéré aussi comme un petit peu baroque,
03:32de par son style, son expression, son look aussi.
03:35Et donc, quelqu'un qui est encore neuf dans la politique.
03:38C'est encore un jeune député.
03:40Et donc, non, on n'y croit pas du tout, d'autant qu'il n'a pas de réseau, pas
03:43d'appareillage politique.
03:44Donc, au début, on prend ça plutôt à la légère, comme une candidature, une intention un petit peu farfelue.
03:51Benjamin Griveaux et Cédric Villani ne sont pas les seuls sur les rangs au sein de La République En Marche.
03:55Oui, il y a le secrétaire d'État au numérique, Mounir Majoubi, qui est également député de Paris,
03:59qui se montre intéressé, qui annonce sa candidature à l'investiture dans Le Parisien.
04:04Et puis, il y a aussi le vice-président de l'Assemblée nationale, un chiracien social, on va dire,
04:10Hugues Rançon, qui lui aussi dit qu'il est intéressé.
04:12Marianne Guéraud, à droite, les Républicains s'organisent.
04:15Et la première à se déclarer intéressée par la mairie de Paris, c'est Rachida Dati.
04:20En fait, on l'a rencontrée, nous, à la rentrée 2018.
04:23À ce moment-là, la droite ne sait pas vraiment quelle tactique elle va adopter,
04:26si elle doit présenter son propre candidat, ou si au contraire, il faut déjà qu'il choisisse un candidat compatible
04:32avec LROM.
04:33Rachida Dati, elle n'a aucun doute.
04:35Elle dit qu'il faut un candidat LR, et elle avoue que, comme tout élu parisien,
04:40bien sûr qu'elle est intéressée par la mairie de Paris.
04:41Et dès le mois de mars, elle dit vouloir être investie par les Républicains pour les municipales de 2020.
04:46Alors, il y avait un doute.
04:47En interne, on disait qu'en fait, elle avait laissé entendre qu'elle était intéressée par la mairie de Paris
04:52pour faire pression, pour être sûre d'être sur la liste des européennes.
04:56Finalement, en mars 2019, elle annonce qu'elle renonce aux élections européennes
05:00parce qu'elle n'a qu'un seul combat, celui pour Paris.
05:02Mais cette candidature pour Paris ne fait pas l'unanimité.
05:05Non, parce qu'en l'occurrence, elle est très clivante et qu'elle est loin de faire l'unanimité au
05:10sein de la droite parisienne.
05:12Beaucoup jugent qu'elle n'est pas assez présente au Conseil de Paris.
05:16Beaucoup ont des passifs avec elle.
05:18Donc, ils ne sont pas forcément enchantés à l'idée de voir Rachida Dati, chef de file de la droite
05:22à Paris.
05:23Elle a des concurrents à droite ?
05:24Oui, mais en l'occurrence, c'est des concurrents qu'on ne connaît pas vraiment.
05:27Florence Berthoud, même si elle ne le dit pas, réfléchit un peu.
05:30C'est la présidente du groupe LR au Conseil de Paris.
05:33Donc, elle se pense légitime en tant que leader de la droite à Paris.
05:38Il y a aussi deux autres élus.
05:39Jean-Pierre Lecoq, qui est le maire du 6e.
05:42Et puis, Marie-Claire Carrerget, qui est une élue du 14e arrondissement.
05:46Rachida Dati obtiendra l'investiture des Républicains quelques mois plus tard.
05:51Du côté de La République En Marche, Benjamin Griveaux et Mounir Majoubi quittent le gouvernement.
05:55Oui, Benjamin Griveaux, attendez ça avec impatience, si vous voulez se lancer.
05:58Oui, évidemment, oui.
06:00Je suis candidat pour que les Parisiens retrouvent le plaisir et la fierté de vivre à Paris.
06:09Mounir Majoubi, peut-être un peu moins, parce qu'il avait dit qu'il serait bien resté au gouvernement en
06:15attendant d'être investi.
06:16En tout cas, les deux secrétaires d'État vont pouvoir se lancer dans la bataille de Paris.
06:22Le 1er juin 2019, David Béliard a lui été élu tête de liste des écologistes pour mener la bataille dans
06:29la capitale, avec la ferme ambition de gagner.
06:31Notre objectif, il est clair, c'est aujourd'hui de devenir maire de Paris.
06:35C'est aujourd'hui de transformer Paris pour qu'elle réponde aux grands enjeux qui sont les enjeux climatiques et
06:40sociaux.
06:41C'est un peu la surprise, parce qu'en l'occurrence, il n'est pas très connu du grand public.
06:45Il y avait un candidat beaucoup plus médiatique face à lui en la personne de Julien Bayou.
06:49Donc, tout le monde s'attendait presque à ce que les militants choisissent le candidat le plus connu en la
06:54personne de Julien Bayou,
06:55qui sera bientôt le secrétaire national des Verts.
06:57Et finalement, contre toute attente, David Béliard est élu par les militants.
07:01Et c'est lui qui portera les couleurs de LV à la municipale de 2020.
07:05Comment est accueillie cette investiture ?
07:06C'est un petit peu la surprise, quand même, puisqu'on ne s'attendait pas à ce que ce soit
07:10un « nobody » qui brigue ce poste-là.
07:13Mais les militants, eux, ont manifestement été convaincus par la campagne de terrain de David Béliard,
07:19qui est allé chercher les voies une par une.
07:20Et ça, manifestement, ça a beaucoup plu aux militants.
07:24On parle des Verts, de la République en marche, des Républicains.
07:28Que fait Anne Hidalgo pendant ce temps-là ?
07:30Anne Hidalgo, elle est à l'hôtel de ville, dans son fauteuil de maire de Paris.
07:33Et pour l'instant, elle ne fait pas campagne.
07:35Ou en tout cas, elle le fait de façon indirecte.
07:37C'est-à-dire qu'elle envoie des messages sur les réseaux sociaux.
07:40On la voit danser avec les pompiers au bal du 14 juillet.
07:43On la voit fêter son anniversaire.
07:44Anne Hidalgo, elle a une image encore clivante aux yeux des Parisiens.
07:47Et donc, elle a besoin de changer un peu ce statut de personne un peu clivante qu'elle a auprès
07:53des élus et aussi des électeurs.
07:55Et donc, elle envoie des petites cartes postales, comme ça, dans le courant de l'été.
07:58Mais rien de plus.
07:59Quel est son bilan ?
08:00Son bilan, il est mitigé.
08:01Elle a beaucoup eu de critiques tout au long de la mandature sur des choix qui sont jugés aujourd'hui
08:07courageux,
08:07comme la fermeture des voies sur berge.
08:09Mais elle a aussi beaucoup de dossiers où, manifestement, elle n'a pas réussi à, par exemple,
08:16enrayer le problème de la saleté dans les rues parisiennes.
08:18C'est encore un sujet qui lui est beaucoup reprêché.
08:20Il y a aussi un problème sur la sécurité où elle a annoncé vouloir faire une police municipale,
08:25mais beaucoup lui reprochent d'avoir pris cette décision en toute fin de mandature,
08:28alors qu'au début de mandature, elle était contre la police municipale.
08:31Donc, c'est assez mitigé.
08:32Et même si elle remporte des voies parce qu'on voit la fin des chantiers apparaître
08:36et des réalisations se concrétiser comme les pistes cyclables,
08:39elle sait qu'elle va avoir des difficultés sur ce bilan-là.
08:44Nous sommes au mois de juin 2019 et ce qui est au centre de l'actualité,
08:49c'est l'investiture LREM.
08:51Le mouvement annonce qu'il n'organisera pas de primaire, mais une commission d'investiture.
08:56Pas de primaire, pourquoi ? Parce qu'on considère que c'est une machine à perdre.
08:58On a vu ce que ça a pu donner en termes de dégâts dans les autres formations politiques
09:02par le passé à chaque fois qu'il y a eu des primaires.
09:04Et donc, dans le bas de combat, en effet, La République En Marche s'organise
09:08pour mettre en place une commission d'investiture
09:10qui est présidée par deux personnalités, pas vraiment, enfin, une, pas du tout connue du grand public
09:14qui est Marie-Gévenou, qui est une députée proche d'Alain Juppé.
09:17Et puis, j'ai envie de dire, presque un revenant dans le paysage médiatique,
09:22Alain Richard, ancien ministre de la Défense sous l'une et les Juspins et sénateur, 74 ans.
09:28Et donc, il copréside de tous les deux cette commission d'investiture
09:31composée d'une bonne dizaine de personnes au sein de La République En Marche.
09:34Et leur mission, c'est d'investir les candidats dans toutes les villes
09:38et bien sûr, particulièrement dans la capitale.
09:40Sur cette commission d'investiture, est-ce qu'il y a des soupçons de partialité ?
09:44Il y a tout de suite des soupçons de partialité parce que personne ne fait mystère
09:48de sa préférence pour Benjamin Griveaux, que ce soit, y compris déjà dans les membres du gouvernement,
09:52tout le monde laisse entendre que le match est plié d'avance,
09:55qu'il n'y aura pas de suspense et que ce sera Benjamin Griveaux
09:57qui aura l'approbation de la commission d'investiture.
09:59Julien Dufay, en juillet, les candidats de La République En Marche
10:03vont passer un oral devant la commission d'investiture.
10:06C'est un oral de 45 minutes à 8 clots devant les 13 membres
10:10de la commission nationale d'investiture de La République En Marche.
10:13Ce sera le 9 juillet avec une décision rendue le lendemain.
10:16Il reste trois candidats, donc Benjamin Griveaux, l'archi-favori,
10:20Cédric Villaini, l'outsider, qu'on n'avait pas venu venir,
10:22et puis le dernier arrivé, c'est Hugues Rançon qui a finalement déclaré sa candidature un mois plus tôt.
10:27Quelques minutes avant l'annonce de la décision, Cédric Villaini fait parler de lui.
10:32Quelques minutes avant, il envoie un communiqué où il grille la politesse
10:35des membres de la commission d'investiture en révélant le résultat,
10:38c'est-à-dire que lui n'est pas retenu, il le regrette,
10:41il laisse entendre qu'il pourrait se maintenir,
10:45en tout cas c'est ce qu'on va comprendre assez vite,
10:47et puis il va refuser de faire la photo de famille avec le candidat investi.
10:51Et la décision, donc, c'est bien sûr Benjamin Griveaux.
10:54Sans surprise, c'est Benjamin Griveaux, c'est un vote à l'unanimité,
10:58c'est un vote quasiment par acclamation,
11:00et ça va être très mal vécu par Cédric Villaini.
11:03Vous vous dites quoi à ce moment-là ?
11:04À ce moment-là, on se dit que c'est mal engagé pour La République En Marche,
11:07parce qu'ils avaient mis en place un processus qui était censé convenir à tout le monde,
11:12et en tout cas désigner un candidat pour très vite entrer en campagne,
11:15et puis là il y a ce petit grain de sable qui s'appelle Cédric Villaini,
11:18qui fait que la machine n'est pas en marche, ou en tout cas marche mal,
11:21et risque au contraire de gripper sérieusement la campagne de Benjamin Griveaux.
11:28Quelques jours plus tard, le 18 juillet,
11:30Le Point révèle plusieurs propos insultants
11:34que Benjamin Griveaux, le candidat officiel LREM,
11:38a tenu à l'encontre de ses concurrents et alliés potentiels.
11:42Racontez-nous ça.
11:42Ça fait l'effet un peu d'une petite bombe, parce qu'en plus, ce papier qui révèle du off,
11:47apparemment,
11:48tombe à quelques heures du premier meeting de Benjamin Griveaux.
11:51Un meeting où là, en l'occurrence, on est censé réunir ses troupes,
11:56et puis donner un grand coup d'élan pour ce début de campagne.
11:58Et puis là, en l'occurrence, il apparaît quand même comme quelqu'un d'insultant,
12:02de très clivant, et ça ternit quand même sérieusement son image.
12:06Qu'est-ce qu'il dit par exemple, en quelques mots ?
12:07Il dit qu'il y a un abruti par jour qui veut se présenter à la mairie de Paris.
12:11Il traite Hugues Rançon de fils de pute.
12:14Il va dire que Cédric Villeney va se faire désausser,
12:17qu'il n'a pas les épaules pour la bataille de Paris.
12:19Bref, c'est très violent.
12:20On disait déjà qu'il avait un côté très condescendant.
12:23C'était déjà l'image qu'il donnait auprès des journalistes qui avaient pu le rencontrer.
12:26Et ce off révélé par Le Point ne fait que confirmer le sentiment qu'il donne un peu à tout
12:30le monde.
12:32Le 25 août, Mounir Majoubi annonce qu'il rejoint Benjamin Griveaux.
12:35Le lendemain, Griveaux propose à Cédric Villeney de copiloter sa campagne pour ses municipales à Paris.
12:42Que lui répond Cédric Villeney ?
12:43Il ne lui répond rien.
12:45C'est silence radio.
12:46Il laisse planer le doute.
12:50Le mercredi 4 septembre au soir, Cédric Villeney rassemble ses soutiens dans un bar du 14e arrondissement.
12:55C'est à Montparnasse.
12:56Il réunit tous ses supporters, les caméras de télévision.
13:00Et il va annoncer ce qui est devenu un secret de polichinelle puisqu'il a entretenu le suspense tout l
13:05'été.
13:05C'est-à-dire qu'il va présenter une candidature dissidente à la mairie de Paris.
13:10Il va le faire avec un certain lyrisme en montant dans les aigus ce qui va faire les bonheurs des
13:14réseaux sociaux.
13:15Et avec une expression où on va le sentir comme étonné de sa propre das.
13:19Je vous annonce ce 4 septembre que j'ai décidé d'être candidat à la prochaine élection du maire de
13:25Paris !
13:26Il est exalté, c'est un peu son moment.
13:28C'est une entrée en matière d'ailleurs assez réussie qui va faire l'événement de cette rentrée politique.
13:33Et il va se lancer à partir de ce moment-là.
13:35A ce moment-là, vous vous dites qu'il va aller au bout ?
13:36On ne le sait pas encore, mais très vite on va voir qu'il va monter ce qu'il appelle
13:39sa PME politique.
13:40Il va se prendre un QG sur l'île de la Cité, réunir ses soutiens.
13:43Il a des réseaux intellectuels qui vont travailler pour lui, des comités dans tous les arrondissements.
13:49Bref, il tisse sa toile avec méthode et on sent qu'il se passe quelque chose.
13:53Marianne Guéraud, il cristallise l'intérêt médiatique ?
13:56Oui, parce que c'est un peu un extraterrestre dans le milieu politique, Cédric Villani.
13:59Donc forcément, ça attise la curiosité.
14:02Il était totalement inattendu quand même dans cette campagne.
14:05Donc ça écrit une autre histoire jusqu'ici.
14:07Benjamin Griveaux, depuis juin 2017, on savait qu'il était intéressé par la mairie de Paris.
14:11Cédric Villani, il n'était pas attendu.
14:13Donc forcément, ça suscite de l'intérêt.
14:18Olivier Beaumont, que fait Emmanuel Macron ?
14:21Il ne réagit pas.
14:22En tout cas, publiquement, il n'apporte pas son soutien à Benjamin Griveaux.
14:26Il n'envoie pas de signaux particuliers.
14:27Et j'ai même envie de dire que quand il s'en épanche auprès de certains de ses proches,
14:31auprès de certains ministres et ses collaborateurs,
14:33on a plutôt la petite musique que, pour le moment, il n'est pas trop convaincu par la cognature de
14:38Griveaux.
14:38Finalement, il voit bien que dans les sondages, ça ne prend pas.
14:41Et puis surtout, Emmanuel Macron, il a un fonctionnement très darwinien.
14:44Lui, ce qu'il aime, c'est les gens qui tentent leur chance, qui tentent leur coup.
14:47Et de voir, finalement, ce panache incarné par Cédric Villani, ça ne le déplaît pas non plus.
14:52Et donc, il a envie de voir.
14:54Pour le moment, il y a deux adversaires qui s'affrontent.
14:56Et il laisse plutôt faire les choses en se disant, le meilleur gagnera au final.
15:06Julien Dufay, comment se passe la suite de la campagne ?
15:09Pour Benjamin Griveaux, ça va être un peu compliqué, quand même, cette entrée en matière.
15:12Ses propositions n'impriment pas.
15:14Il va avoir du mal à les imposer.
15:15Et puis, il va y avoir des propositions qui vont être moquées.
15:19Il va proposer un moratoire sur les travaux à Paris pendant un an, ce qui est jugé complètement irréaliste.
15:24Et puis, plus tard dans la campagne, il y aura cette proposition de déménager la gare de l'Est
15:28pour créer un central parc parisien, ce qui, là aussi, va faire rire.
15:31Et puis, un apport de 100 000 euros pour les classes moyennes afin qu'elles acquièrent un logement.
15:36Et là aussi, des professionnels de l'immobilier vont dire que ça va participer à la spéculation
15:41et que ce n'est pas une bonne solution.
15:42Du côté des autres candidats ?
15:44Alors, du côté de chez Dati, qui a réussi à s'imposer, finalement, comme candidate,
15:48quitte à avoir des relations très crispées et très musclées avec des mères sortants,
15:52elle, elle va tout de suite emprunter les sujets du quotidien,
15:54à savoir la sécurité et la proximité, qui sont des thèmes majeurs et un peu chéris de la droite.
16:00Quant à David Béliard, lui, il trace son sillon de candidats écolos.
16:03Donc, il parle des pistes cyclables, de piétonniser les abords des écoles,
16:09de toutes les mesures qu'il souhaite mettre en place pour lutter contre la pollution
16:12et aussi de bloquer les loyers.
16:14Chacun est un peu dans son créneau.
16:16Mais l'écologiste David Béliard a du mal à se faire remarquer dans cette campagne.
16:20Il n'imprègne pas beaucoup, il n'est pas très connu, il a du mal à être invité dans les
16:25médias.
16:26Donc, c'est compliqué pour lui de réussir à sortir un peu du carcan écologiste dans lequel il est.
16:33La dernière à se déclarer, c'est l'actuelle maire de Paris, le 12 janvier 2020.
16:37Dans les pages du Parisien, Anne Hidalgo annonce qu'elle est candidate à un second mandat en tant que maire
16:42de Paris.
16:43Oui, ça y est, elle entre enfin en campagne.
16:45C'était un peu attendu, puisque même si tout le monde savait qu'elle allait briguer un second mandat en
16:50tant que maire de Paris,
16:52en l'occurrence, elle restait à l'hôtel de ville, elle n'entrait pas dans la bataille.
16:56En gros, elle laissait ses lieutenants prendre la parole et attaquer les concurrents.
17:00Elle ne voulait surtout pas se mêler de la pop-all comédie.
17:03C'est pour ça qu'elle a attendu aussi longtemps ?
17:04Elle sait aussi qu'elle est attendue sur son bilan et qu'elle risque d'être attaquée sur son bilan.
17:09Donc, elle n'avait pas franchement envie de s'exposer trop tôt.
17:11Alors, au début, on nous a servi l'argument du « non, elle ne peut pas rentrer en campagne en
17:15décembre »
17:16parce que vous comprenez, il y aura la réforme des retraites, ça va paralyser le débat.
17:20Et puis après, il y avait la trêve des confiseurs.
17:23Bon, finalement, début janvier, il faut quand même qu'elle y aille et qu'elle aille au combat.
17:28Nous sommes en février de cette année et l'ensemble des candidats s'est donc déclaré.
17:32Oui, ça y est, on a le casting final avec Annie Dalgou, évidemment, Rachida Dati pour les LR, Benjamin Griveaux
17:39pour LREM et son petit dissident Cédric Villani qui lui colle au Basque.
17:44Il y a aussi l'écologiste David Béliard.
17:47Il y a le communicant, Gaspard Gantzer, qui plafonne à 1% dans les sondages mais qui s'accroche encore.
17:54Il y a aussi la candidate de la France Insoumise, Daniel Simonnet, le candidat qui est soutenu par le Rassemblement
18:02National Serge Féderbuche
18:03et le forain Marcel Campion qui était rentré très tôt en campagne.
18:12Le mercredi 12 février, Benjamin Griveaux peaufine son programme qu'il doit dévoiler le lendemain matin
18:17mais au même moment, d'étranges messages le visant apparaissent sur les réseaux sociaux.
18:22C'est une vidéo sur laquelle on voit un homme en train de se masturber, un homme qui s'adresse
18:27manifestement à une jeune femme
18:30qui est en direct avec lui en ligne.
18:32C'est un message qui commence à fuiter un peu dans les cabinets ministériels, dans l'équipe de Benjamin Griveaux
18:38aussi.
18:38Mais au début, tout le monde reste très prudent parce que naturellement, on ne sait pas si c'est vraiment
18:43Benjamin Griveaux lui-même qui a tourné ces images.
18:46Et ces messages renvoient vers un site inconnu à ce moment-là, pornopolitique.com.
18:50Tout le monde voit que c'est ce site-là qui a envoyé ces vidéos et en l'occurrence, on
18:55commence tous à se poser des questions.
18:57Et sur les réseaux sociaux, comme les gens sont très prudents, ils ne parlent pas des images elles-mêmes
19:01mais ils parlent plutôt de celui qui les a envoyées, ce piôtre qui a balancé ces images sur les réseaux
19:05sociaux.
19:10Merci à Marianne Guéraud, Julien Dufay et Olivier Beaumont.
19:14Dans le prochain épisode, nous raconterons la suite de l'affaire Griveaux
19:18et les spécialistes du Parisien reviendront sur le résultat du premier tour.
19:23Code Source est le podcast d'actualité du Parisien, disponible chaque soir du lundi au vendredi.
19:28Cet épisode a été conçu et préparé par Clara Garnier-Amourou, production Marion Bottorel, réalisation Benoît Gillon.
19:36N'hésitez pas à nous écrire directement, codesource.com.fr
19:46Sous-titrage Société Radio-Canada
19:48Sous-titrage Société Radio-Canada
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