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Mercredi 18 mars 2026, retrouvez Nabil Milali (Gérant stratégiste dans l'équipe Multi Asset & Overlay, Edmond de Rothschild AM), Vincent Juvyns (Chief Investment Strategist Belgium, ING) et Marc-Olivier Strauss-Kahn (Directeur général honoraire de la Banque de France, Enseignant) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart for Change.
00:12Pour rester à l'écoute des marchés, chaque jour vous nous suivez en direct à 17h à la télévision via
00:16vos box.
00:17Vous nous retrouvez chaque soir en rattrapage, en replay sur bsmart.fr ou en podcast sur l'ensemble de vos
00:23plateformes d'écoute préférées.
00:24Au sommaire de cette édition ce soir, nous approchons d'une troisième semaine complète de crise iranienne et de guerre
00:31dans le Golfe,
00:32avec pour l'instant toujours l'espoir d'une désescalade, mais qui est loin de se matérialiser,
00:38même si le scénario de la désescalade est toujours envisagé et envisageable à terme.
00:43Nous ne sommes pas encore dans cette phase-là, avec des frappes de part et d'autre,
00:48qui commencent à cibler de plus en plus des infrastructures et des capacités de production énergétique.
00:55On l'a vu à travers la journée d'aujourd'hui.
00:57Pauline Grattel vous apportera bien sûr plus de détails sur les derniers développements de cette crise iranienne.
01:03Autant vous dire que le pétrole reste le seul guide du sentiment de marché à ce stade,
01:08et des cours du pétrole qui ont réagi aux frappes annoncées aujourd'hui,
01:13notamment sur le champ gazier de South Park, ce qui est opéré à la fois par l'Iran et le
01:17Qatar.
01:18Les prix du Brent tutoient les 110 dollars, le prix du gaz naturel bondit de quasiment 10%,
01:24le prix du brut léger américain, avec un écart quand même qui est en train de se matérialiser entre le
01:30Brent et le WTI,
01:31mais le prix du brut léger américain lui aussi progresse aujourd'hui,
01:36et donc l'ambiance est plutôt risk-off, avec des corrélations très fortes entre le pétrole,
01:41les matières premières et les marchés obligataires par exemple,
01:43puisqu'on voit à nouveau les taux longs se tendre dans la zone de 4,20, 4,25 pour le
01:4810 ans américain.
01:49Pauline Grattel vous apporte tous les détails dans un instant,
01:52avec bien sûr une séquence banque centrale qui va se poursuivre,
01:55et on rentre dans le dur ce soir avec la communication attendue de la réserve fédérale américaine,
01:59ainsi que les mises à jour des projections économiques et des projections de taux des membres du FOMC,
02:06conférence de presse qui sera assurée à nouveau par Jérôme Poel,
02:09en attendant une passation de pouvoir avec Kevin Walsh qui pourrait d'ailleurs être un peu retardé,
02:15il n'est pas impossible que Jérôme Poel continue d'être le président de la Fed et du FOMC au
02:20-delà du mois de mai,
02:21en tout cas il y a un chemin pour ça,
02:23tant que la validation de la nomination de Kevin Walsh n'aura pas été approuvée par le Congrès.
02:29Et puis n'oublions pas également l'autre thème qui anime, continue d'animer les marchés,
02:34le thème de l'IA, avec toujours la grande conférence technologique organisée par Nvidia qui se poursuit,
02:40et puis le résultat de Micron Technologies qui seront publiés ce soir après la clôture des marchés américains,
02:46Micron dans la partie hardware qui fait figure de grand gagnant,
02:50avec un cours de bourse qui s'est envolé de manière spectaculaire depuis un an.
02:55Voilà donc pour le programme, discussion à suivre avec nos invités de Planète Marché dans un instant,
02:59et puis dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse, nous marquerons à nouveau le temps de l'éducation
03:04financière,
03:04avec cette semaine consacrée à l'éducation financière, nous recevons à nouveau ce soir à 17h45,
03:10Marc-Olivier Strauss-Kahn, le directeur général honoraire de la Banque de France,
03:14nous parlions avec lui hier de cette polycrise qui est en train de muter vers une permacrise,
03:19ce soir le sujet qui nous occupera c'est celui de la guerre des paiements,
03:23et comment l'Europe peut-elle répondre aux stable coins américains poussés par l'administration Trump.
03:30Rendez-vous donc à 17h45 dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse.
03:44Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse,
03:47Pauline Grattel est avec nous et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
03:50Bonsoir Pauline.
03:51Bonsoir.
03:51Les indices ont tenté un rebond, de poursuivre leur rebond ce matin,
03:56mais ce rebond est avorté aujourd'hui.
03:58Oui, après un démarrage en hausse de 1%, les indices européens ont finalement effacé tous leurs gains.
04:03Le CAC 40 en France recule légèrement sous les 8000 points.
04:07Aux Etats-Unis, les marchés ont également pris le chemin de la baisse dans l'attente de la décision de
04:12la réserve fédérale
04:13et surtout du discours de Jérôme Powell,
04:15tandis que l'escalade du conflit au Moyen-Orient se poursuit et accentue l'incertitude sur les marchés.
04:21En ce sens, l'indice VIX de la volatilité bondit de 5% autour de 25%.
04:26Les indices qui sont à nouveau rattrapés, ou en tout cas qui continuent de vivre au rythme du conflit dans
04:32le Golfe.
04:33Oui, les Etats-Unis et Israël ont frappé le gigantesque gisement gazier de South Park
04:37partagé entre l'Iran et le Qatar, provoquant une réaction immédiate sur le prix du pétrole hier soir.
04:44Ceux-ci avaient déjà augmenté après l'annonce du décès d'Ali Laridjani,
04:47avant de se stabiliser ce matin, puis de repartir de plus belle suite aux nouvelles attaques.
04:52Le baril de Brent progresse de 6% autour de 110 dollars, tandis que le WTI se rapproche des 100
04:59dollars.
04:59Les prix du gaz naturel bondissent également.
05:02Par ailleurs, l'Irak a conclu un accord pour relancer ses exportations via la Turquie,
05:07contournant ainsi le détroit d'Ormuz qui est toujours fermé.
05:10De son côté, l'Arabie saoudite expédie désormais son pétrole par la mer Rouge.
05:14Dans ce contexte, les grandes banques centrales du G7 sont toutes appelées à communiquer.
05:19Cette semaine, nous avions l'Australie hier, et en attendant la fête ce soir,
05:24c'est la Banque du Canada qui a pris la parole cet après-midi.
05:28Oui, comme prévu, la Banque du Canada conserve son taux directeur à 2,25%
05:32et pour la troisième réunion consécutive, malgré une économie qui tourne en dessous des prévisions
05:36et dans un contexte où le conflit au Moyen-Orient fait craindre une remontée de l'inflation.
05:40Oui, à propos d'inflation, sur le fond de la macroéconomie, les investisseurs ont pris connaissance des prix à la
05:45production industrielle aux Etats-Unis
05:47pour le mois de février, un chiffre, autant le dire, qui n'aide pas les marchés obligataires, notamment dans le
05:52contexte actuel.
05:53Oui, pour le mois de février, les prix à la production progressent de 0,7% sur un mois et
05:57de 3,4% sur un an.
06:00C'est plus qu'attendu dans leur version cœur, hors alimentation et énergie.
06:03Ils sont en hausse de 3,9% sur un an.
06:06Et justement, où en sont les marchés obligataires et les grands équilibres qu'on peut observer sur ces marchés de
06:10taux aujourd'hui, Pauline ?
06:11Le rendement américain à 10 ans se tend à nouveau après ce chiffre et après la remontée des cours du
06:16pétrole.
06:17Il s'établit entre 4,20 et 4,25% après s'être détendu ce matin sous 4,20%.
06:24Le rendement allemand de même échéance se tend autour de 2,95%.
06:28Sur le marché d'échange, le dollar reste un refuge dans cette situation
06:32et progresse face à un panier de grandes devises avec un euro-dollar autour de 1,15%.
06:37Du côté des métaux, l'or et l'argent sont en repli de l'ordre de 3 à 5%.
06:41Bon, et puis toujours quelques publications d'entreprises aux Etats-Unis.
06:46On notera la belle réaction du titre Macy's après la communication des résultats du groupe.
06:51Oui, le titre est en hausse de 5% dans les premiers échanges.
06:54Macy's fait état de résultats supérieurs aux attentes pour le quatrième trimestre.
06:58Le chiffre d'affaires surpasse les estimations à près de 8 milliards de dollars,
07:02bien qu'en repli de 2% en glissement annuel.
07:05Pour 2026, Macy's prévoit en termes de chiffre d'affaires
07:09des prévisions qui dépassent les attentes malgré les inquiétudes liées aux conditions tarifaires.
07:14Et puis en France, sur le marché des petites et moyennes capitalisations boursières,
07:18le titre Bolloré bondit de plus de 15%.
07:20Oui, le groupe annonce le versement d'un dividende exceptionnel à ses actionnaires
07:24en redistribuant 4,2 milliards d'euros, 1,50 euros par action.
07:28Pour les résultats, le chiffre d'affaires de 2025 est en repli de près de 10% à taux de
07:33change constant.
07:33Bon, et puis demain sera donc un super jeudi avec beaucoup de communication de banques centrales attendues.
07:38Oui, demain la journée sera rythmée par les décisions monétaires de plusieurs banques centrales.
07:42Les investisseurs arbitreront déjà la décision monétaire de la Réserve fédérale
07:46ainsi que le discours de Jérôme Powell.
07:48On attend demain la BCE évidemment, mais aussi la banque d'Angleterre, la banque du Japon et la banque de
07:54Suisse.
07:54Côté résultats, Micron publiera ses résultats ce soir après la clôture
07:58et demain on attend les résultats d'Alibaba et de FedEx.
08:02Tembance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse, Pauline Grattel est avec nous
08:05et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
08:18Deux invités avec nous ce soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
08:22Vincent Juvin, c'est à nos côtés, stratégiste chez ING.
08:25Bonsoir Vincent.
08:26Bonsoir Grégoire.
08:27Merci beaucoup d'être là et merci à Nabil Milali de nous accompagner également.
08:30Bonsoir Nabil.
08:31Bonsoir Grégoire.
08:31Vous êtes gérant et stratégiste multi-assets chez Edmond Rothschild Asset Management
08:35sans vous emmener trop loin dans la géopolitique de comptoir.
08:38Il faut quand même noter qu'on va boucler une troisième semaine de conflits dans le golfe Nabil
08:43et que comme pour chaque conflit, les investisseurs guettent le point d'inflexion
08:49qui nous ferait basculer dans une désescalade des tensions au vu de la journée d'aujourd'hui et des précédentes.
08:56On a l'impression qu'on est encore loin, je ne sais pas,
08:59mais qu'on n'est pas encore à ce moment d'inflexion.
09:02Comment vous réfléchissez à la situation géopolitique chez Edmond Rothschild Asset Management
09:07et partant de cette troisième semaine de conflits ?
09:09Quels sont les développements qu'il faut envisager à ce stade ?
09:13Oui, clairement, on est encore loin d'une désescalade
09:16et je dirais même qu'il y a, s'il y a une inflexion,
09:17elle est plutôt vers davantage d'escalade après l'attaque iranienne d'aujourd'hui
09:21et que ce soit en analysant la situation d'un point de vue théorie des jeux
09:24ou même en regardant les conflits dans l'histoire.
09:27En fait, c'est assez naturel pour les deux parties d'aller d'abord à la confrontation
09:30pour se tester, voir quelles sont les marges de manœuvre
09:33pour ensuite éventuellement arriver à une solution.
09:36Et d'un point de vue même psychologie de marché,
09:39tout le monde anticipe déjà le fameux taco de Donald Trump,
09:42mais pour qu'il y ait taco, encore faut-il qu'il y ait une souffrance,
09:47c'est-à-dire une correction assez importante sur les marchés d'action
09:50ou sur les marchés de taux, un peu comme ce qu'on a eu post-Liberation Day en 2025,
09:55pour pousser le président américain à la désescalade.
09:58Pour l'instant, il n'est pas encore incité de façon suffisamment importante
10:02pour aller à la désescalade, en tout cas à tout prix.
10:05De l'autre côté, l'Iran, pour l'instant, a les cartes en moins
10:08parce qu'elle contrôle de facto le détroit d'Hormuz,
10:11ce qui était inenvisageable avant le début de ce conflit.
10:13Et donc, le régime iranien, ou ce qu'il en reste en tout cas,
10:17a tout intérêt à faire prolonger le conflit le plus longtemps possible.
10:21Si on reprend une métaphore des marchés d'aux options,
10:24en fait, on est dans un marché qui est état négatif,
10:26c'est-à-dire que plus le temps avance
10:27et plus l'impact macroéconomique et financier sera important,
10:32plus le point d'inflexion pour Donald Trump va se rapprocher.
10:35Donc l'Iran a tout intérêt à prolonger le blocage à ce stade
10:39pour obtenir les meilleures concessions possibles de la part du président américain.
10:42On parlera des messages que renvoie le marché,
10:44mais j'aime bien votre point sur le taco.
10:46Est-ce qu'il y a un moment où trop de tacos tue le taco ?
10:49Ou est-ce qu'il y a quelque chose d'un peu circulaire dans l'idée du taco ?
10:52Ça marche effectivement quand c'est Liberation Day,
10:55parce que la surprise est telle que la réaction de marché,
10:57l'ampleur de la réaction de marché est très très forte.
11:00Mais on l'a vu avec le Groenland et à travers cette crise,
11:03on a l'impression que les réactions de marché s'estompent un petit peu
11:07avec l'idée justement qu'il y aura ce recul de Donald Trump à un moment,
11:10et donc qu'il n'est pas forcément nécessaire de vendre fortement.
11:14Enfin, il y a quelque chose qui se mord un peu la queue.
11:17Exactement.
11:17En fait, quand on regarde, on analyse vraiment l'impact marché jusqu'à présent,
11:20on pourrait même dire qu'il y a une forme de complaisance.
11:23Parce que forcément, des marchés d'action qui sont à peine 4 ou 5%
11:27en dessous de leur point haut depuis le début de cette crise,
11:30alors qu'on parle du choc pétrolier le plus important,
11:33potentiellement même plus important que celui des années 70,
11:36on peut rentrer dans le détail de combien on perd de production tous les jours,
11:39mais clairement les estimations sont plus importantes que ce qu'on avait par le passé.
11:44Et pourtant, à part le Brent qui est à 110, qui se rapproche des 110 dollars le baril,
11:49et encore par rapport au prix du pétrole physique à Dubaï, à Oman par exemple,
11:54où là on est déjà 150, 160 dollars,
11:56même le Brent à aujourd'hui, la réaction paraît relativement mesurée,
12:00mais tout simplement parce que les investisseurs n'osent pas encore prendre des paris très agressifs,
12:05intégrer une escalade supplémentaire, intégrer peut-être le scénario du pire,
12:09parce qu'on peut se faire prendre à revers à tout moment par une des escalades de Donald Trump.
12:14110 dollars sur le Brent, on n'est même pas au niveau du pic qui a été atteint au tout
12:19début du conflit,
12:20où on était monté quasiment à 120 dollars le baril.
12:23Le seul indicateur qui montre davantage de tension que par le passé, c'est la courbe du pétrole.
12:28C'est-à-dire que là, l'écart entre le premier contrat et le douzième contrat, on est à 36
12:32dollars aujourd'hui,
12:32c'est pire qu'en 2022, post-guerre en Ukraine.
12:35Donc on appelle ça la backwardation, donc un niveau de backwardation extrême.
12:40Les prix futurs sont moins élevés que les prix spot, tout au long de la courbe sur les 12 prochains
12:45mois,
12:47ça se traduit comment ? Qu'est-ce que ça veut dire ? On veut du pétrole tout de suite
12:51?
12:51Exactement.
12:52Vous l'avez très bien résumé.
12:54Grosso modo, je suis très payé cher pour avoir mon pétrole tout de suite.
12:56Tout à fait, exactement. C'est-à-dire que le prix spot se vend à une prime très importante.
13:01Donc 36 dollars, c'est un des points hauts historiques.
13:04Pire qu'en 2022, ce qui montre que la disponibilité devient l'enjeu majeur sur le marché du pétrole.
13:10Il faut sécuriser des barils et donc il faut désinciter le surstockage.
13:14Il faut même inciter à sortir les barils stockés en mer, par exemple, aujourd'hui.
13:21Maintenant, ce qui est inquiétant, à mon sens, c'est que les contrats futurs, certes, on est en backwardation,
13:27mais par contre, les contrats futurs sont en train d'augmenter aussi.
13:30C'est-à-dire que même le contrat 12 mois, aujourd'hui, on est au-dessus des 80 dollars le
13:34baril.
13:34Ça veut dire que le marché se prépare petit à petit à ce que cette crise dure plus longtemps
13:38et donc qu'on ait durablement des prix de l'énergie plus haut que par le passé.
13:41Bon, est-ce qu'il faut accepter d'ailleurs comme hypothèse centrale que le conflit est peut-être en train
13:47de s'enliser, Vincent ?
13:49Dès le départ, les stratégistes, y compris les stratégistes militaires, nous ont dit,
13:55l'administration américaine, aux côtés d'Israël, se prépare à un conflit de 4, 5, 6 semaines, une centaine de
14:01jours.
14:02Voilà, c'était un peu la roadmap de départ.
14:04Est-ce qu'on est encore dans ce cadre-là ou est-ce qu'on est en train d'en
14:07sortir ?
14:07Bon, c'était moins que ça, rappelez-vous.
14:09Au début, c'était en deux semaines, donc je pense que le scénario de base de la plupart...
14:12Oui, deux, trois semaines, puis 4, 5, puis 5, 6, voilà.
14:14Chez ING, notre scénario le plus optimiste est établi sur 4 semaines.
14:17Et je pense qu'à l'époque, on pouvait clairement en conclure que c'était une possibilité
14:21au vu du rapport de force qu'on avait sur place.
14:23C'était clairement la défaveur de l'Iran.
14:25Mais l'Iran fait aujourd'hui une stratégie de guérilla
14:27et peut tout à fait maintenir ce type de stratégie sur le long terme.
14:30Finalement, la puissance militaire américaine et israélienne ne peut rien, finalement,
14:34contre la multitude de ces envois de drones et de missiles bon marché
14:38qui sont envoyés de manière décentralisée.
14:40Et donc, on voit évidemment que là, l'Iran peut en effet continuer à faire monter les enchères
14:45dans les semaines et les mois à venir.
14:46Et finalement, c'est un régime décapité.
14:48Donc, c'est quelque part une poule sans tête aujourd'hui que l'Iran
14:51et qui fait feu de tout bois que pour empoisonner la vie des marchés
14:55et la vie notamment des...
14:57Oui, la vie des voisins déjà, oui.
14:58Maintenant, est-ce que la force de rappel par rapport aux tacos, ce seront les marchés ?
15:02Peut-être pas.
15:02Rappelons-nous, évidemment, que Donald Trump fait face à des mid-terms post-après cet été.
15:06La force de rappel, c'est peut-être le prix du gallon de pétrole aux Etats-Unis.
15:10C'était un engagement de campagne également.
15:12C'était de maintenir, finalement, des coûts énergétiques qui étaient faibles pour les Américains,
15:16maintenir ainsi leur pouvoir d'achat.
15:18Aujourd'hui, ce mandat n'est pas rempli.
15:20On va évidemment du fait, on est déjà dans ce scénario bis,
15:22donc quatre semaines et plus, et vraisemblablement un trimestre difficile,
15:26plus d'inflation, des taux qui ne vont pas baisser ou baisser moins vite,
15:30un prix du pétrole plus élevé.
15:31On va avoir un électorat américain qui va quand même être un petit peu échaudé,
15:35d'autant que, finalement, les guerres à l'étranger, ça ne les préoccupait initialement pas beaucoup.
15:40Le pétrole, l'île, l'île, l'île, l'île.
15:41Il y a un vrai point de demande, vous, avec la base MAGA de Trump,
15:43sur ce sujet notamment de la guerre,
15:46et de la guerre notamment dans une zone qui concerne assez peu les Américains,
15:50ou pour laquelle les Américains sont assez peu concernés.
15:52Donc ça laisse une fenêtre de tir aux Américains qui n'est finalement pas si longue.
15:55Il faudra quand même que, quelque part, au milieu du second trimestre,
15:58on ait quand même pu arrêter les choses.
16:00Autrement, ça va commencer à peser sur cette campagne des mid-terms,
16:04et potentiellement, évidemment...
16:06Et la faire moins rattrapable, évidemment, si...
16:09Voilà. Alors, est-ce que, finalement,
16:11le temps politique sera le même temps que le temps sur le terrain,
16:15d'un point de vue militaire ? Nous le verrons.
16:17Mais enfin, aujourd'hui, je pense qu'il faut clairement,
16:19en tant que gérant, gérant multiactif,
16:20se préparer pour un certain nombre de semaines,
16:22en tout cas de difficultés, et on le voit déjà sur les marchés pétroliers,
16:26alors qu'on tablait sur une fin d'année où les choses se normalisaient déjà.
16:30Ce n'est plus le cas.
16:30Donc il faut quand même ressortir notre stackflation playbook
16:35pour voir un petit peu comment est-ce qu'on peut se dépatouiller,
16:37en tout cas, de l'environnement actuel.
16:39C'est ce que nous faisons déjà chez ING.
16:41Alors, sans parier sur le fait que la stackflation sera le scénario économique de 2026,
16:46mais à tout le moins, pendant un trimestre, ça en aura le goût.
16:48On le voit déjà sur les marchés financiers,
16:50où on a exactement le même phénomène que les années 70 et 2022,
16:53c'est-à-dire une corrélation action-obligation qui remorde fortement.
16:57Et on voit que les classes d'actifs, actifs réels,
17:00nous protègent relativement mieux que les autres.
17:02Donc voilà, en tout cas, les leviers qu'on peut activer
17:05dans ce type de marché pour pouvoir garder le cap.
17:08Quel type de stigmate, de séquelles macroéconomiques,
17:11qu'il faut déjà intégrer, encore une fois,
17:14après trois semaines de conflits quasi résolus,
17:17et la possibilité de plusieurs semaines encore de conflits.
17:21Vous dites choc stackflationniste,
17:23l'impact, il est avant tout sur les prix et sur l'inflation,
17:27ou est-ce que c'est un impact important également sur la croissance économique ?
17:31J'imagine que tout ça dépend un peu des zones économiques.
17:34Je pense que sur la croissance, et on en parlait en offrant qu'on soit sur ce plateau,
17:39mais l'Europe est évidemment relativement mal prise.
17:41Il faut savoir que l'une des attentes cette année,
17:43c'était à la fois la relance budgétaire,
17:45mais on sait qu'on parle essentiellement de relance budgétaire,
17:47les vent porteurs !
17:48potentiellement en Allemagne.
17:50C'est la demande domestique qui allait soutenir.
17:52Les Européens allaient enfin dépenser cette épargne gérée à accumuler ces dernières années.
17:56Or, on voit déjà depuis le début de l'année, avant la guerre en Iran,
17:59que les Européens, on voit que les ventes au détail ne décollent pas en Europe,
18:01soyons clairs, et on voit lorsque la Commission interroge les Européens
18:05sur leur propension à épargner,
18:07elles étaient au plus haut depuis la création de l'indicateur.
18:12Donc, ce qui se passe actuellement ne va pas aider.
18:15On voit qu'à peu près tous les prix énergétiques augmentent pour les Européens.
18:18On voit par ailleurs qu'il va y avoir des effets,
18:20notamment sur les biens de consommation.
18:24Le Moyen-Orient est en tout cas une zone importante
18:26pour la production de différents engrais,
18:28de différentes matières premières, métaux, industrie et les que sèches.
18:31Donc, un impact sur l'inflation au Q2,
18:34ça va quand même être assez significatif.
18:35Donc, la consommation était déjà finalement fébrile,
18:38avec ce choc de pouvoir d'achat,
18:40une taxe finalement venue de l'extérieur,
18:41ça ne va évidemment pas arranger les choses.
18:43Donc, je suis assez inquiet pour cette économie,
18:46évidemment pas autosuffisante,
18:48évidemment pas autosuffisante et tributaire
18:49des importations à l'étranger.
18:50Cela étant, et puisqu'on fait des parallèles
18:52années 70, années 2022,
18:53on est toujours à se demander
18:54est-ce qu'aujourd'hui c'est pire ou c'est mieux qu'à l'époque ?
18:57Bon, quelque part, évidemment,
18:58le détroit d'Hormuz, jamais bloqué, évidemment, de l'histoire.
19:01Donc, on est potentiellement dans un scénario du pire.
19:03Maintenant, la situation par rapport aux années 70 est différente.
19:06On est moins intensif en énergie.
19:08Alors, je roule en voiture électrique depuis des mois.
19:10Je ne devrais pas m'arrêter de conduire un week-end sur deux
19:13comme nos parents ont dû le faire durant les années 70.
19:16Mais enfin, trêve de plaisanterie.
19:17Enfin, le pétrole reste quand même un facteur de production essentiel dans nos économies.
19:20J'entends que c'est moindre.
19:22Moindre, on était à 50%.
19:24Et puis, c'est un facteur social, vous l'avez rappelé.
19:26Le 5 dollars, le galon à la pompe aux Etats-Unis.
19:30Ah !
19:30Mais l'impact gèle beaucoup de choses.
19:31Sur nos économies est potentiellement moins important.
19:34Et puis, quand même, il faut le disculiner,
19:35le Moyen-Orient était historiquement le premier producteur de ce pétrole.
19:38Aujourd'hui, on a, a priori,
19:40et certainement les Etats-Unis,
19:41qui peuvent, en tout cas, encore augmenter la cadence.
19:43En tout cas, s'il y a un gagnant relatif,
19:46ça reste évidemment les Etats-Unis.
19:48Le CAPEX technologique avait porté les Etats-Unis en 2025.
19:51Est-ce que le CAPEX énergétique va soutenir les Etats-Unis en 2026 ?
19:55On peut l'imaginer.
19:57On voit très bien ces courbes de corrélation entre prix du pétrole
19:59et nombre de puits actifs aux Etats-Unis.
20:02Sachant que les règles de CAPEX,
20:03ce sont règles comptables pour le CAPEX,
20:04sont relativement favorables aux Etats-Unis.
20:05Cette fois, le Shell est prêt à relancer la production
20:07parce que ça fait des années qu'on leur remet la pression.
20:10Le drill, baby drill de Trump.
20:14Depuis des années,
20:15les boss du Shell aux Etats-Unis,
20:16le gaz de schiste, le pétrole de schiste,
20:18nous disent, non, non, maintenant, nous, on est focus cash flow.
20:20On veut maintenir notre rentabilité.
20:23Donc, on ne va pas forer comme ça à l'emporte-pièce.
20:26Nous verrons.
20:27Mais en tout cas, ils ont un peu de lisibilité.
20:29Aujourd'hui, on voit qu'à 12 mois,
20:30on est déjà au-delà des 80 dollars.
20:31Quelque part, ça donne un petit peu des perspectives
20:33pour aller réactiver les choses.
20:35Donc, à voir.
20:36Personne ne gagne, évidemment, ce qui se passe actuellement.
20:39Personne ne gagne dans un environnement stagflationniste.
20:41et c'est là tout le problème.
20:42Comment on réfléchit, Nabil, aux équilibres,
20:44aux grands équilibres des marchés pétroliers ?
20:47Effectivement, entre un détroit d'Ormouz,
20:50qui est une artère du trafic maritime,
20:53à commencer pour les produits pétroliers et gaziers,
20:57le fait que depuis 10-15 ans,
20:59les Etats-Unis sont producteurs et exportateurs nets,
21:03le fait aussi que la Chine a quand même des réserves
21:06visiblement assez larges et de pétrole et de gaz,
21:08qu'elle compte bien d'ailleurs garder pour elle.
21:10J'ai vu que la Chine avait émis une interdiction d'exporter du fuel
21:13et des produits diesel ou distillés vers d'autres pays.
21:17Est-ce qu'on est dans un marché sous tension
21:19ou est-ce qu'il y a un vrai risque de dislocation
21:22en matière d'approvisionnement pour certaines zones économiques ?
21:24Je pense qu'on est déjà dans un monde
21:26où il y aura de la dislocation.
21:28On le voit déjà aujourd'hui,
21:29il y a des pénuries qui commencent à se voir
21:30forcément dans les pays émergents,
21:32qui sont les plus fragiles.
21:33Les pays développés peuvent payer le prix fort
21:35et attirer les flux vers eux.
21:37Les pays émergents ne peuvent pas se le permettre
21:39et donc on est déjà sur des rationnements de l'énergie.
21:42Pour donner quelques chiffres
21:43et pour bien illustrer que c'est quand même
21:44le choc énergétique le plus important de l'histoire,
21:47on estime qu'en ce moment,
21:49on est en train de perdre entre 10 et 15 millions de barils
21:52tous les jours pendant les chocs pétroliers des années 70.
21:54On a perdu au maximum 5 millions de barils par jour.
21:57Pendant les guerres du Golfe des années 80-90,
21:59on était plutôt autour de 4 millions de barils par jour.
22:02Pour un marché qui s'équilibre,
22:03tout autour de 100 millions de barils par jour,
22:05production, consommation, c'est ça ?
22:06Exactement, un peu plus
22:08parce qu'on a de la croissance d'à peu près 1 million tous les ans.
22:12Mais clairement, on est sur un déficit d'offres extrêmement important.
22:17On sait qu'il y a des alternatives,
22:19mais elles sont loin de compenser.
22:21On parle du pipeline qui traverse l'Arabie saoudite.
22:23Il y a une capacité maximale de 5 millions de barils par jour.
22:27Ce qui peut être exporté par l'Irak,
22:29comme ça a été annoncé tout à l'heure,
22:30c'est 250 000 barils par jour.
22:32Donc c'est minuscule à l'échelle de ce qu'on perd.
22:34Donc clairement, on est face à un marché du pétrole
22:36sous extrême tension.
22:39Les 12 millions de barils par jour,
22:40ou même 10 millions,
22:41prenons l'estimation la plus basse,
22:42c'est plus que le choc négatif de demandes pendant le Covid.
22:46Voilà, ça vous permet d'avoir des ordres de grandeur.
22:48Donc clairement, on est sur quelque chose d'assez massif.
22:51Maintenant, sur l'impact macroéconomique,
22:52je partage l'argument de l'intensité énergétique.
22:55Clairement, elle a été divisée par 2, voire 3 depuis les années 70.
22:58Donc l'économie mondiale est moins sensible au prix de l'énergie.
23:02Par contre, ça ne veut pas dire que l'impact négatif sur la croissance
23:05ne va pas se matérialiser.
23:06Je pense, en tout cas chez EDR,
23:09on pense que l'impact macro sera dans tous les cas visible.
23:13Quel que soit, même si le conflit venait à être résolu ce soir,
23:16on aura des conséquences macroéconomiques.
23:18Avec un certain lag,
23:19comme on l'a vu post-guerre tarifaire l'année dernière.
23:22Mais clairement, l'accélération de la croissance
23:24sur laquelle on tablait en début d'année,
23:25on voyait les prémices d'un rebond industriel
23:28dans les ISM aux Etats-Unis.
23:30Tout ça, ça risque d'être un peu étouffé
23:32par ce choc de confiance négatif,
23:35par ce durcissement des conditions financières.
23:37Et donc, on risque d'avoir une croissance économique
23:38qui va être décevante au T1,
23:40probablement même au T2,
23:41parce qu'on sait que les chaînes d'approvisionnement
23:43mettent énormément de temps à se normaliser.
23:45Donc voilà, on a au moins deux trimestres de ralentissement.
23:47Il y a une partie qui sera de la perte sèche ?
23:49Ou est-ce qu'on peut encore,
23:51et le marché, dans sa capacité à se projeter,
23:53j'imagine, regarde au-delà de quelques trimestres
23:55peut-être cette situation macro,
23:57en se disant, il y aura peut-être une forme de rattrapage ?
23:59L'idée de cette reprise cyclique,
24:01elle est peut-être à ce stade décalée dans le temps,
24:04un peu amoindrie peut-être également,
24:06mais elle reste encore valable ?
24:07C'est une question.
24:08C'est tout à fait possible,
24:10mais il y aura de la perte sèche.
24:11Ne serait-ce que pour l'argument que j'ai évoqué tout à l'heure,
24:14c'est-à-dire que les prix de l'énergie aujourd'hui
24:15sont structurellement plus élevés.
24:18On ne reviendra pas aux 60 dollars,
24:20ou même 50 dollars qu'on prendrait à un moment
24:22sur les prix de l'énergie,
24:24qui était un facteur désinflationniste très important,
24:26un facteur de soutien à la croissance,
24:28et les arguments de Scott Besant pendant plusieurs mois.
24:31Et tout ça, on ne reviendra pas à la situation exsantée.
24:36Donc clairement, ça sera net négatif pour l'économie mondiale.
24:40Par contre, effectivement, on peut imaginer de la récupération.
24:42Maintenant, tous ces arguments,
24:43c'est vraiment des arguments macroéconomiques.
24:45Le marché, lui, par contre,
24:46peut tout à fait regarder au travers
24:47et rebondir de manière assez spectaculaire
24:50une fois que la crise sera résolue.
24:53Post-guerre tarifaire l'année dernière,
24:55in fine, on a eu des droits de douane
24:56plus élevés que la situation d'avant.
24:58Le marché a regardé au travers.
25:00On a eu la reprise la plus rapide de l'histoire
25:02après un quasi-Bermarket.
25:04Exactement.
25:05Donc, il va distinguer la situation macroéconomique
25:07qui reste, qui peut être difficile,
25:09de la situation sur les marchés
25:11qui, là, sont assez forward-looking,
25:13donc peuvent rebondir dès qu'on a une meilleure visibilité.
25:16On verra combien de temps les marchés
25:17peuvent regarder à travers.
25:18Vous le notiez vous-même en début,
25:19effectivement, le marché action, en tout cas,
25:21pour l'instant, a assez peu baissé
25:23et encaisse plutôt bien le choc.
25:25À propos de regarder au travers,
25:28qu'est-ce qu'on attend des banques centrales ?
25:31Peut-être qu'il faut différencier certains cas.
25:33Commençons par la Fed,
25:34puisque ce sera ce soir.
25:36Pas de décision attendue,
25:37enfin, un statu quo, bien sûr, je crois.
25:40On va regarder, j'imagine, le nombre de dissidents.
25:42On va regarder, alors, la mise à jour
25:43des projections économiques
25:45pour ce qu'elles vaudront.
25:46Et puis, surtout,
25:49la manière dont la Fed regarde ce choc
25:53et qu'est-ce qui va être important
25:54dans sa fonction de réaction, comme on dit.
25:56Oui, ce qui est sans doute le plus important,
25:58finalement, ce sera le discours de Jepoel,
25:59la manière dont, en effet,
26:00on analyse la situation
26:01d'un point de vue monétaire.
26:03Il n'y a évidemment rien à attendre actuellement.
26:04Il n'y a sans doute rien à attendre avant l'été.
26:06On est face à un choc d'offres,
26:08donc, finalement, la banque centrale...
26:09Il n'y a même plus rien à attendre du tout,
26:10nous dit le marché.
26:11C'est-à-dire que les baisses de taux
26:12qu'on espérait, qu'on attendait,
26:13les deux, trois baisses de taux
26:14qu'on attendait cette année,
26:15à ce stade, au moment où on se parle,
26:17elles ne les existent plus.
26:18C'est clairement remis en question,
26:20en tout cas, de manière temporaire.
26:21Les marchés sont aussi assez rapides
26:22à réévaluer, évidemment,
26:23dans un autre sens qu'il en est.
26:25Maintenant, dans le contexte actuel,
26:26et on l'a bien décrit,
26:27je pense qu'on est ici face à un choc,
26:28quand même, si tu fais qu'il te plaît,
26:29mais bon, ceci dit,
26:30face à un choc d'offres,
26:31pas un choc de demandes,
26:32ce qui était plutôt le contexte en 2022,
26:34où on avait un peu le choc d'offres
26:35et le choc de demandes en même temps,
26:36et où remonter les taux avait du sens.
26:38Ici, ça n'aurait absolument aucun sens,
26:40ça ne résoudrait pas le problème inflationniste,
26:42il n'y a pas de surchauffe.
26:42Au contraire, on aura une destruction économique
26:45qui va s'opérer,
26:46et plutôt un ralentissement,
26:47ou en tout cas un effet désinflationniste,
26:49en tout cas du ralentissement économique.
26:50Donc, en ne faisant rien,
26:52finalement, je ne dis pas que ce problème
26:53va se solutionner tout seul,
26:55mais enfin, l'impact...
26:57La grande différence, vous dites,
26:58par rapport à 2022,
26:59c'est qu'on n'a pas ce choc positif
27:01sur la demande,
27:02qui était alors nourrie
27:04par des dépenses budgétaires,
27:06des chèques,
27:07un marché du travail très tendu,
27:09des salaires qui augmentaient,
27:10ou la perspective de salaire qui augmente,
27:12tout ça, c'est beaucoup moins vrai aujourd'hui.
27:15Certainement, aux Etats-Unis,
27:16on avait plutôt un marché du travail
27:17qui était quand même en train de ralentir,
27:19on le voyait sur différents...
27:20Ah oui !
27:20Alors, en vue d'Europe,
27:21ça reste toujours un marché du travail,
27:22donc on rêve, évidemment.
27:23Mais enfin, ou clairement,
27:25sur les créations d'emplois,
27:26sur le taux de chômage,
27:26sur les salaires,
27:27on avait un ralentissement
27:29qui était effectif,
27:30pas suffisant que pour
27:32s'empresser de baisser les taux,
27:34mais enfin, bon,
27:34cette trajectoire,
27:35elle va certainement continuer,
27:37d'autant plus avec le mouvement
27:39qu'on a actuellement.
27:40Donc, voilà.
27:41Par ailleurs,
27:42et je me voudrais quand même
27:42un petit peu rassurant aussi
27:44sur l'inflation,
27:45on avait finalement...
27:46C'est un peu dommage
27:47d'avoir cette guerre en Iran
27:48puisqu'on aurait pu parler
27:49de plein d'autres choses
27:50plus intéressantes,
27:51on en est tous bien conscients,
27:52mais on avait vu notamment,
27:53et c'était un désespoir
27:54notamment de Kevin Warshaw,
27:56ce que de Bessene,
27:57c'était de voir
27:58notamment la productivité
27:59aux Etats-Unis augmenter
28:00et permettre de contenir
28:01un petit peu plus l'inflation.
28:02On le voit finalement,
28:04en tout cas dans les chiffres américains
28:05qui ont le mérite
28:05en tout cas d'exister
28:06à cet égard,
28:08qu'en tout cas,
28:08il y a des améliorations
28:09dans ce domaine
28:10et là,
28:11c'est plutôt de bonne augure
28:12pour le potentiel de croissance,
28:14pour l'inflation.
28:15Donc, voilà.
28:16On verra un petit peu
28:16dans ces différents chocs,
28:18chocs technologiques,
28:19chocs énergétiques
28:20qui l'emportent.
28:22Mais aux Etats-Unis,
28:22en tout cas,
28:23dans un pays auto-suffisant
28:24qui peut en tout cas
28:25remettre des réserves stratégiques
28:27sur le marché
28:28et ainsi de suite
28:28pour imaginer
28:29que le choc soit moins important.
28:31Alors,
28:31comme tout le monde,
28:33nous avions deux baisses de taux
28:34en tout cas anticipées
28:36chez ING pour la fête.
28:37On les a repoussées
28:38dans le temps,
28:39on les maintient
28:40pour l'instant
28:40puisqu'on ne sait pas
28:41évidemment combien de temps
28:42ce détroit dormeau sera baissé.
28:44Mais en fait,
28:45ce qui est important,
28:46c'est de voir un petit peu
28:46la lecture de la Banque Centrale,
28:48de voir l'impact
28:50sur l'économie
28:50qu'elle estime.
28:51Et là,
28:51c'est une question
28:52que j'ai aussi.
28:53On est tous face
28:54à beaucoup de questions.
28:55J'en suis sûr,
28:56ils en ont également beaucoup.
28:57Je pense que ce sera aussi
28:58important en Europe.
28:59On sait que l'Europe
29:00avait signalé le statu quo
29:01d'un point de vue taux directeur.
29:04Mais n'oublions pas
29:05que l'Europe,
29:05dans un contexte de hausse
29:07des taux d'intérêt
29:07à long terme,
29:08la BCE continue
29:09de faire baisser
29:10la taille de son bilan.
29:11Et cette année,
29:12si je ne me trompe pas,
29:14c'est à peu près
29:14250 milliards d'euros
29:16de baisse de taille de bilan
29:17qui est anticipée
29:18pour cette année
29:19dans un contexte
29:19où tout le monde
29:20se presse pour émettre
29:21pour financer les déficits,
29:23pour financer de nouveaux projets
29:24comme en Allemagne.
29:25Il y a une première ligne
29:25de défense pour la BCE
29:26à travers la gestion du bilan ?
29:28Oui,
29:29qui était préexistante.
29:30La Banque d'Angleterre,
29:31la Fed,
29:31ont ajusté déjà
29:32leur politique de bilan.
29:33Là, pour la BCE,
29:34il y a peut-être quand même
29:35au moins une première ligne
29:36de défense
29:37avant de se dire
29:38remonte les taux.
29:38Si il y a une augmentation
29:39à contrôler des taux longs
29:41et on voit quand même
29:42qu'il y a des tensions
29:42pour l'instant,
29:44il faudrait peut-être
29:44un petit peu réduire
29:45en tout cas
29:45la réduction de la taille du bilan.
29:47Je pense que ce serait
29:48en tout cas une manière
29:49d'adoucir en tout cas
29:50l'impact de la crise
29:51qu'on voit,
29:51plus que de bouger les taux
29:52qui n'aurait aucun effet
29:53sur ce qu'on traverse actuelle.
29:54C'est un sujet pour la BCE
29:55qui a complètement disparu
29:56du radar.
29:58Enfin, même aucune question
29:59je crois
30:00lors des dernières conférences
30:01de presse
30:01posées à Christine Lagarde
30:02sur la gestion du bilan
30:03encore une fois
30:04quand la Banque d'Angleterre
30:05ou la Fed
30:05elles se sont déjà ajustées
30:07de ce point de vue-là.
30:08Le marché est convaincu
30:09que la situation
30:12appellera une réponse
30:12ou des réponses
30:13de politique monétaire.
30:14On efface les baisses
30:15de taux anticipées
30:16côté américain
30:17et on se convainc
30:20ou le marché
30:20dans son ensemble
30:21est de plus en plus convaincu
30:22que oui,
30:23non seulement le prochain mouvement
30:25de la BCE
30:25sera une hausse de taux
30:26mais qu'il pourrait y en avoir
30:27peut-être plus qu'une
30:28cette année.
30:28Alors, la réaction du marché
30:30elle est assez rationnelle
30:31il reprend le playbook de 2022
30:33et donc essaie d'anticiper
30:35ce que la BCE pourrait faire
30:36et donc intègre
30:37deux hausses de taux.
30:38Ce que chez Edmond Rothsch
30:39on considère
30:39comme étant disproportionné
30:41encore une fois
30:42c'est un choc d'offres
30:43et la situation
30:44est très différente
30:44par rapport à celle de 2022
30:46pour plusieurs raisons
30:47on a mentionné
30:48l'intensité énergétique
30:49il y a aussi le fait
30:50que les chaînes d'approvisionnement
30:51ne sont pas dans une situation
30:52aussi tendue
30:52qu'en 2022
30:53on n'a pas une économie
30:55mondiale déséquilibrée
30:56vers un seul secteur
30:57qui était le secteur
30:58des biens
30:59au début du confinement
31:00et puis ensuite
31:01le secteur des services
31:02on a l'excès de demandes
31:04c'est-à-dire l'épargne
31:04Covid
31:05qui n'existe pas aujourd'hui
31:06les marges de manœuvre
31:07des ménages européens
31:08sont beaucoup plus limitées
31:10la réponse fiscale
31:11sera aussi une différence
31:12importante
31:13par rapport à 2022
31:14en 2022
31:15les règles budgétaires européennes
31:16n'avaient pas encore
31:17été rétablies
31:17donc tous les pays
31:18avaient pu sortir le chéquier
31:19et protéger
31:20le consommateur européen
31:21aujourd'hui il y a des règles
31:23qui sont en place
31:23et qui ne permettent que
31:240,3% de déficit
31:27supplémentaire
31:27par rapport à ce qui a été
31:28promis à Bruxelles
31:29pour ceux qui veulent bien
31:30respecter les règles
31:30oui
31:31bien sûr
31:31non mais j'entends
31:31il y a une moindre capacité
31:35que ce choc pétrolier
31:36se diffuse à l'ensemble
31:38de l'économie
31:38et devienne
31:40une vraie inflation endogène
31:42en tout cas
31:42qu'il y ait moins
31:43d'effet de second tour
31:44l'impact mécanique
31:45la première vague d'inflation
31:47on va la voir se matérialiser
31:48dans les prochains mois
31:49on va avoir une inflation
31:50qui remonte
31:50par contre on peut espérer
31:51qu'il n'y ait pas d'effet
31:52de second tour
31:52parce qu'aujourd'hui
31:53le marché du travail
31:54est aussi dans une situation
31:55beaucoup moins tendue
31:57et donc moins
31:58d'augmentation salariale
31:59à attendre
31:59ça veut dire aussi
32:00que les entreprises
32:01ont beaucoup moins
32:01de capacité à transmettre
32:03ces hausses de prix
32:03aux clients finales
32:06on avait beaucoup parlé
32:07de la greatflation
32:08on avait beaucoup parlé
32:09de l'inflation par les marges
32:10les banques centrales
32:11s'étaient saisies du sujet
32:12Christine Lagarde
32:13communiquait beaucoup
32:14sur ce phénomène là
32:16où certains un peu
32:18passagers clandestiens
32:19du phénomène inflationniste
32:20en avaient profité
32:21pour accroître leur marge
32:23à travers l'épisode
32:23de 2022
32:27ça veut dire que cette fois
32:28les entreprises vont prendre
32:29sur leur marge
32:29tout à fait
32:30et surtout on part d'un point
32:31je fais le lien avec la bourse
32:32est-ce que la bourse
32:34a anticipé ça ?
32:35voilà
32:35c'est plutôt la capacité
32:36à augmenter les prix
32:37qui est plus limitée
32:38dès le point de départ
32:40si on décompose l'inflation
32:42entre profit des entreprises
32:43et le coût unitaire du travail
32:45la BCE montre ça très bien
32:47en 2022
32:48quand le choc énergétique
32:49a frappé
32:49les marges des entreprises européennes
32:51étaient déjà sur des niveaux
32:53historiquement élevés
32:53donc elles avaient
32:54les capacités
32:55de répercuter
32:55ces hausses de coûts
32:56sur le consommateur
32:57aujourd'hui le point de départ
32:58c'est des marges
32:59qui sont plutôt
33:00sur des niveaux très faibles
33:01on espérait
33:02qu'il y ait un rebond
33:03de ces marges
33:04cette année
33:05avec la montée en puissance
33:08du plan fiscal
33:10européen
33:10ça ne sera malheureusement
33:11pas le cas
33:12à court terme
33:13et donc a priori
33:14la capacité d'entreprise
33:15à passer ces hausses de prix
33:16sont extrêmement limitées
33:18et donc pour la réponse
33:20de la BCE
33:21encore une fois
33:21face à un choc d'offres
33:22il n'y a pas de réponse
33:24de taux directeur
33:25à apporter
33:26ce serait une erreur
33:27de politique monétaire
33:28à notre sens
33:29et donc il faut espérer
33:31une communication
33:32plus agile
33:33de la part de la BCE
33:34en disant que certes
33:36il y a des risques haussiers
33:37mais qu'on est prêt
33:38à regarder au travers
33:39et que tant qu'il n'y a pas
33:40d'effet de second tour
33:41tant qu'il n'y a pas
33:42de pression salariale
33:43qui pourrait laisser penser
33:45que l'inflation
33:45va rester longtemps
33:47plus élevée que la cible
33:48il n'y a pas de réponse
33:49à apporter particulièrement
33:51On vit quand même
33:52un petit choc de taux réel
33:53à travers la hausse
33:54des taux longs
33:56notamment
33:56est-ce que
33:58quand on regarde
33:58les anticipations
33:59de marché
34:00vis-à-vis de l'inflation
34:01le 5 ans dans 5 ans
34:02par exemple
34:03est-ce qu'il y a déjà
34:04un risque
34:05de ce point de vue-là
34:06puisque c'est ça
34:07le guide finalement
34:07pour les banques centrales
34:08C'est très intéressant
34:08mais le 5 ans dans 5 ans
34:09est en train de baisser
34:10ces derniers jours
34:11ce qui montre bien
34:12que le marché
34:13est assez rationnel
34:14et donc n'anticipe pas
34:16un choc inflationniste
34:17Pas de désancrage
34:18pas un choc inflationniste
34:20similaire à celui
34:21des années 70
34:21mais plutôt
34:22un choc de croissance
34:24négatif
34:24c'est-à-dire que le marché
34:25est déjà sur le coup
34:26et après
34:26c'est-à-dire
34:27après l'inflation
34:28la croissance est abîmée
34:29et surtout
34:31si les banques centrales
34:31réagissent
34:32avec des hausses
34:33de taux directeurs
34:33ça ce serait le pire
34:34des cocktails
34:35Le 5 ans dans 5 ans
34:36Mario Draghi
34:37nous mettait le nez dessus
34:37ça aidera
34:39j'imagine la baisse
34:40dans sa communication
34:40peut-être demain
34:42de voir un 5 ans dans 5 ans
34:43qui baisse
34:44même peut-être
34:45ces derniers jours
34:47si je reviens
34:48aux logiques
34:49de marché
34:49le playbook
34:50stagflation
34:51qu'on a ressorti
34:52visiblement
34:53vous le disiez
34:54Vincent
34:55à quoi nous amène-t-il
34:57quand il faut
34:57arbitrer
34:58des allocations
34:59d'actifs
35:01quels sont les arbitrages
35:02déjà
35:02auxquels vous avez pu
35:03procéder
35:04chez ING
35:05pour les clients
35:05que vous servez
35:06Vincent
35:06Alors très clairement
35:07dans la gestion diversifiée
35:09il y a quelques leviers
35:09qu'on peut activer
35:10qui ont fonctionné
35:11en 2022
35:11et qui fonctionnent
35:12pour certains
35:13cette année
35:13voire certains nouveaux
35:15alors 2022
35:16on a vu que les obligations
35:17liées à l'inflation
35:19à court terme
35:19à long terme
35:20avaient permis
35:21d'encaisser le choc
35:22ça c'est une idée
35:23et faire très attention
35:24à celle à long terme
35:25parce que celle-là
35:25avait eu les performances
35:26les plus négatives
35:27qu'on ait pu observer
35:28sur cette année-là
35:29les actifs réels
35:30l'infrastructure
35:31avait bien fonctionné
35:32à l'époque
35:32l'infrastructure listée
35:33fonctionne très bien
35:34maintenant
35:35je souligne vraiment
35:35listée
35:36l'immobilier
35:37n'avait pas fonctionné
35:38en 2022
35:38parce que finalement
35:39les taux partaient
35:40de beaucoup plus bas
35:41et le mouvement de taux
35:41avait été très fort
35:42l'immobilier listé
35:44tient pour l'instant
35:45donc
35:45au niveau de la remontée
35:47des taux par exemple
35:48pour l'instant
35:49la capacité
35:49le coût de l'énergie
35:51tout simplement
35:51qui est nécessaire
35:52dans des projets
35:53d'infrastructure
35:54ou immobilier
35:54dans la balance
35:55la protection
35:56de l'inflation
35:56semble en tout cas
35:57peser plus lourd
35:58pour l'instant
35:59que l'inquiétude
35:59sur les taux
36:00en tout cas dans les performances
36:01jusqu'à la clôture d'hier
36:02c'est quelque chose
36:02qui fonctionne
36:03on a parlé
36:05d'intensité énergétique
36:06ici
36:06ce qu'on avait vu en 2022
36:08qu'on revoit maintenant
36:08et d'ailleurs
36:09qui est né dans les années 70
36:10ce sont les années
36:11sorry
36:11les années 70
36:14ce sont les énergies
36:15renouvelables
36:16n'oublions pas
36:16que les années 70
36:17c'est le début
36:18du nucléaire civil
36:20c'est le début
36:20des énergies renouvelables
36:22c'est la mise en place
36:23de l'agence internationale
36:24de l'énergie
36:24donc si aujourd'hui
36:25on a des énergies renouvelables
36:26c'est encore
36:28la conséquence
36:29de ces crises d'alors
36:29mais elles fonctionnent
36:30très bien à l'heure actuelle
36:31il y avait déjà
36:32finalement un besoin énergétique
36:34qui était très présent
36:34ne fut-ce que parce qu'on avait
36:36cette émergence
36:37des data centers
36:37un petit peu partout
36:38donc la thématique énergie
36:40et énergie renouvelable
36:40était certainement
36:41quelque chose
36:41qui fonctionnait
36:42et puis on a parlé de marge fort
36:43justement
36:44les entreprises
36:45qui aujourd'hui
36:46dans un contexte
36:46où potentiellement
36:47les prix augmentent
36:48la croissance baisse
36:49qui peuvent fixer leurs prix
36:51c'est important
36:52et c'est pas toujours
36:53celle qu'on croit
36:54on aurait au fait
36:55d'aller évidemment
36:56sur les pharmaceutiques
36:57sur que sais-je
36:58aujourd'hui
36:59et on le voit
36:59c'est peut-être aussi
37:00parce qu'elles avaient été massacrées
37:01au mois de février
37:02mais que le secteur
37:03des logiciels
37:05résiste relativement bien
37:06et finalement
37:07c'est tout à fait logique
37:08puisque finalement
37:09on est face à un oligopole
37:10dans tout ce qui est
37:11au système d'exploitation
37:12et ainsi de suite
37:12donc si demain
37:13on perd notre job
37:14ou notre pouvoir d'achat
37:15est affecté
37:16on va pas annuler
37:18notre système d'exploitation
37:20même chose pour nos clubs
37:21donc ça permet au marché
37:22de réviser quand même
37:23la thèse
37:24qui était assez
37:26violente
37:26et définitive
37:27sur les logiciels
37:28puisqu'on parlait
37:28de classe maguedon
37:29que c'est un secteur
37:30qui a baissé de 30-40%
37:31quand même
37:31en quelques mois
37:33là
37:34à travers cette crise
37:35finalement
37:35le marché révise un peu
37:37son jugement
37:38le jugement
37:39qui était porté
37:39sur ce secteur-là
37:40il y a encore à peine
37:41quelques semaines
37:42il n'y a pas de jugement
37:43définitif sur l'impact
37:44de l'IA
37:44sur ce secteur
37:45mais enfin
37:45il y a un problème
37:46beaucoup plus urgent
37:46qui est ce choc
37:47stagflationniste
37:48et l'impact de l'IA
37:49est revu pour plus tard
37:50ce qu'on voit en tout cas
37:51c'est que 70%
37:52des revenus
37:53des entreprises
37:54technologiques
37:54sont récurrents
37:55licence et abonnement
37:56et des entreprises
37:58que Microsoft
37:59qui a fait la gloire
37:59du logiciel
38:00remarquablement
38:01s'il y a bien
38:02un secteur
38:03qui est meilleur marché
38:04aujourd'hui
38:04c'est le secteur
38:05de la tech
38:05on le paye
38:0620,6 fois
38:07les bénéfices attendus
38:08au niveau mondial
38:09c'est autant
38:10que les consumers
38:10staples
38:11alors que
38:12c'est le seul secteur
38:13où on a revu
38:13les attentes
38:14de croissance bénéficiaire
38:15largement à la hausse
38:16on était à quelques
38:17au début d'année
38:18on est à 45%
38:19cette année
38:19donc on a quand même
38:21un alignement des astres
38:22pour ce secteur
38:22et fondamentalement
38:24on le sent bien
38:24c'est un secteur
38:25qui a cette capacité
38:26de fixation des prix
38:27et qui est relativement
38:28insensible
38:29aux aléas conjoncturelles
38:30assez peu dépendant
38:31du pétrole
38:32pour dire les choses
38:32et avec une intensité
38:33énergétique
38:34qui malgré
38:35son utilisation d'énergie
38:36pour les data centers
38:38donc il y a quand même
38:38des choses à faire
38:39il y a quand même
38:40des choses à faire
38:40voilà en tout cas
38:41une idée
38:41qui dans le contexte actuel
38:42fonctionne
38:43et me semble
38:44avoir toutes les raisons
38:45de continuer à fonctionner
38:45dans les semaines
38:46et les mois à venir
38:46très clair
38:47quelles sont les décisions
38:47que vous avez pu prendre
38:48chez le monde
38:48Rothschild Asset Management
38:49dans la séquence
38:50de ce conflit
38:51j'entends Nabil
38:52alors vraiment
38:54à court terme
38:54on a eu la chance
38:55d'anticiper un petit peu
38:57le conflit
38:57donc dans les jours
38:58qui ont précédé
38:59l'attaque américaine
38:59on a pu rajouter
39:00des positions
39:01des protections
39:04optionnelles
39:04en termes d'options
39:05sur les marchés d'action
39:06c'est des CDS crédits
39:08et pour l'instant
39:08on a pris la décision
39:09de les maintenir
39:10comme je le disais
39:11en introduction
39:11on pense qu'on est encore
39:12dans une phase d'escalade
39:13et il faudra probablement
39:15que ça se détériore
39:16avant que la situation
39:17ne puisse s'améliorer
39:18dans un second temps
39:19mais on ne vend pas
39:20on se protège
39:21exactement
39:21c'est ça
39:22on est plutôt dans cette logique là
39:23on pense que pour l'instant
39:24certes il y aura
39:26un impact macroéconomique
39:27mais qui n'est pas encore
39:28très grave à ce stade
39:29il ne faut pas non plus
39:30encore une fois
39:31que la crise dure
39:32trop longtemps
39:33mais pour l'instant
39:34on pense que les fondamentaux
39:35peuvent revenir
39:36à des niveaux
39:39sous-acceptables
39:39et donc
39:40on est prêt
39:41à rester investi
39:41sur les marchés d'action
39:42au-delà de la crise actuelle
39:44et on préfère maintenir
39:45les protections
39:47et on a aussi
39:48en termes d'arbitrage sectoriel
39:49on avait aussi
39:50ajouté une position
39:51sur le skater
39:51de l'énergie européen
39:53pour éventuellement
39:55anticiper une hausse
39:56des prix de l'énergie
39:57on n'imaginait pas
39:58que ce serait dans cette ampleur
39:59mais force est de constater
40:01qu'aujourd'hui
40:01le secteur de l'énergie européen
40:03surperforme très largement
40:04le reste de la cote
40:06et pour l'instant
40:07on pense que ça sera
40:08plutôt une position
40:09qui restera dans les portefeuilles
40:10parce que pour les raisons
40:11que je mentionnais tout à l'heure
40:12de la courbe
40:13qui est en train
40:13de se translater vers le haut
40:14ce ne sont pas
40:15les prix spot
40:16qui augmentent
40:17parce que à ce moment là
40:18la correction pourrait être
40:19très violente
40:20le fait que le reste
40:21de la courbe
40:22accompagne le mouvement
40:22ça laisse penser
40:24que les producteurs
40:25vont pouvoir rester
40:25sur des niveaux
40:26très rentables
40:27pendant assez longtemps
40:28et d'ailleurs
40:29ce n'est pas étonnant
40:30sur les derniers jours
40:30on entend beaucoup parler
40:31de producteurs
40:32qui arrivent massivement
40:33sur le marché
40:33pour se hedger
40:34à ces niveaux
40:36qui sont très attractifs
40:37pour eux
40:37à propos de hedges
40:39les hedges traditionnels
40:40que sont les marchés
40:41de taux souverains
40:43l'or également
40:45visiblement
40:45ce ne sont pas des hedges
40:47dans lesquels
40:48les gens se réfugient
40:49tout à fait
40:49alors sur la duration
40:51on avait déjà décidé
40:53d'être très très court
40:55en termes de durations
40:56crise après crise
40:57la perte de statut refuges
40:59se confirme quoi
41:00ça pourrait changer
41:01dans les semaines à venir
41:03pour les raisons
41:03que j'évoquais tout à l'heure
41:04c'est à dire qu'à un certain moment
41:06la conviction du marché
41:07ça sera qu'il ne s'agit pas
41:09d'un choc inflationniste
41:10mais d'un choc récessif
41:12et donc à ce moment là
41:13les taux souverains
41:14pourraient retrouver
41:15leur valeur
41:16mais tactiquement vous dites
41:17c'est pas encore
41:18on n'est pas encore
41:18on n'est pas encore
41:19sur ce point d'inflexion
41:20comme on le disait tout à l'heure
41:21les marchés n'anticipent pas
41:22encore une crise très grave
41:23si on commence
41:24à intégrer
41:26quelque chose de très grave
41:27à ce moment là
41:28peut-être que les taux longs
41:29pourraient redevenir attractifs
41:30mais plutôt les taux longs
41:32parce qu'on verrait plutôt
41:33à ce moment là
41:33une dépentification
41:34de la courbe
41:36et sur l'or par contre
41:37alors on a été
41:38très investis
41:39depuis l'année dernière
41:42force est de constater
41:43que ça ne protège pas
41:43effectivement
41:44je pense que
41:45comme vous le disiez tout à l'heure
41:46la corrélation de tous les actifs
41:48est allée vers 1
41:49ces derniers jours
41:50et donc il n'y a que
41:51très peu d'actifs refuge
41:52si ce n'est le dollar
41:53sur lequel on reste très investi
41:55mais par contre
41:56l'or clairement
41:57ne protège pas
41:57là encore
41:58dans une logique
41:59de dégradation
42:00à court terme
42:01peut-être que
42:02dans un mouvement
42:03d'aversion
42:04pour le risque
42:05très important
42:06peut-être qu'à ce moment là
42:07l'or pourrait
42:08dans un réflexe
42:09redevenir attractif
42:11pour les investisseurs
42:12ça reste quand même
42:12un thème d'investissement
42:13de long terme
42:13l'or ou pas
42:14aujourd'hui
42:15oui alors nous
42:16malgré le trou d'air
42:17que connaît l'or
42:18actuellement
42:18depuis le début de l'année
42:19ça reste évidemment
42:20largement en territoire positif
42:21c'est-à-dire que ça montait
42:21tellement vite
42:22et tellement fort
42:22que si ça reste un thème
42:24d'investissement
42:24c'est peut-être bien
42:26pour certains
42:26qui étaient
42:26je pense que la raison
42:28fondamentale
42:28qui a fait monter
42:29les cours de l'or
42:30ces dernières années
42:31reste bien présente
42:32et d'autant plus présente
42:33après ce coup à coup
42:35on assiste en Iran
42:36c'est qu'évidemment
42:36les Etats-Unis
42:37avaient déjà instrumentalisé
42:38le dollar ces dernières années
42:39contre des pays
42:40comme l'Iran
42:40on voit qu'ils vont
42:41à l'étape suivante
42:42mais on sent bien évidemment
42:43pour des pays comme la Chine
42:44qui ont parfois
42:45des velléités
42:46de se rapprocher
42:46de leurs amis taïwanais
42:47qu'avoir des dollars
42:48c'est dangereux
42:49on sait qu'avoir des euros
42:50c'est dangereux aussi
42:51depuis l'invasion de l'Ukraine
42:52donc pour tous ces pays émergents
42:54il faut trouver une alternative
42:55or la Chine a encore signé
42:56un excédent commercial
42:57tout à fait
43:00spectaculaire
43:00en ce début d'année
43:01donc elle reçoit
43:02a fortiori énormément de devises
43:03qu'elle doit bien recycler
43:04dans quelque chose
43:04jusqu'à présent
43:05tant qu'il n'y a pas de concurrent
43:06alors ce sera évidemment cela
43:09ou alors laisser le renminbi
43:11évoluer au gré des forces du marché
43:13mais ça c'est quelque chose
43:14auquel ils se sont refusés
43:15jusqu'ici
43:16Merci beaucoup messieurs
43:17merci d'avoir été les invités
43:18de Planète Marché
43:18ce soir Vincent Juvins
43:19stratégiste chez ING
43:21et Nabil Milali
43:23gérant et stratégiste
43:24multi-assets
43:24chez Edmond Drottil
43:25d'Asset Management
43:37Le dernier quart d'heure
43:38de SmartBourse
43:38chaque soir
43:39c'est le quart d'heure thématique
43:40et dans le prolongement
43:41de notre rendez-vous d'hier
43:43nous continuons de marquer
43:45cette semaine
43:45de l'éducation financière
43:47avec à mes côtés
43:48Marc-Olivier Strauss-Kahn
43:49à nouveau
43:49directeur général honoraire
43:51de la Banque de France
43:51bonsoir Marc-Olivier
43:53bonsoir Gérard
43:54ravi de vous retrouver
43:55à nouveau ce soir
43:56vous nous l'avez expliqué
43:57directeur général honoraire
43:59est une belle manière
44:00de dire que vous êtes
44:01aujourd'hui en retrait
44:02de la Banque de France
44:03mais vous participez
44:04activement
44:05à cet enjeu
44:08de l'éducation financière
44:09on parlait hier avec vous
44:11de comment la polycrise
44:13est en train de muter
44:14en permacrise
44:15avec notamment
44:16l'effet Trump 2.0
44:17qui vient s'ajouter
44:18à toutes les crises
44:20qu'on connaît déjà
44:20depuis une demi-douzaine
44:22d'années maintenant
44:23depuis la crise du Covid
44:25le sujet qui nous a mis
44:26à Nîmes ce soir
44:28dans la lignée
44:28de ce qu'on disait hier
44:30c'est le sujet
44:32de la guerre des paiements
44:33qui a été d'ailleurs
44:34le sujet d'un article
44:35que vous avez publié
44:35dans la revue économique
44:36et financière
44:37c'est ça Marc-Olivier
44:39la guerre des paiements
44:40aura-t-elle lieu ?
44:41c'est la question
44:41que vous posiez
44:43alors j'avais posé
44:44ce titre
44:45je l'avais emprunté
44:45à Giraudoux
44:46qui l'appliquait
44:47à la guerre de Troie
44:49et l'article conclut
44:50que la guerre des paiements
44:52a déjà commencé
44:53et s'ajoute
44:54à celle
44:54des tarifs
44:55qui existaient
44:56et de l'Iran
44:57maintenant
44:57parce que
44:59la monnaie
44:59c'est à la fois
45:01un instrument
45:02et un symbole
45:03de pouvoir
45:03c'est à la fois
45:05imposé par le souverain
45:06dans sa zone
45:07et basé sur la confiance
45:08et donc en ayant
45:08un impact ailleurs
45:10et les moyens
45:12de paiement
45:12et bien c'est
45:14le plus connu
45:15les billets
45:16et les dépôts bancaires
45:17ce sont autant
45:18d'armes financières
45:19en réalité
45:20et vous aviez
45:22d'ailleurs
45:22oui
45:22vous aviez
45:23alors là
45:24vous avez
45:25en reprenant
45:26le parallèle
45:27de Giraudoux
45:28sur la guerre de Troie
45:30vous aviez également
45:32créé un parallèle
45:33autour du film
45:34le bon, la brute
45:34et le truand
45:35c'est ça
45:35pour passer en revue
45:36les différents moyens
45:37de paiement
45:37que vous aviez ajusté
45:38un petit peu
45:39je crois
45:39L'année dernière
45:41j'étais venu
45:41et j'avais parodié
45:43Sergio Leone
45:45en disant
45:46le bon, le brut
45:47et le brillant
45:48alors en bref
45:49et pour le rappeler
45:50parce que ça comptera
45:51dans la suite
45:52le bon
45:52c'est les billets
45:54qui sont émis
45:55par la banque centrale
45:56qui sont sécurisés
45:58qui sont la liquidité ultime
46:00et puis ce sont
46:01les dépôts bancaires aussi
46:02émis certes
46:03par des institutions privées
46:04les banques
46:05mais qui sont contrôlées
46:06c'est-à-dire régulées
46:07et supervisées
46:08et dont les dépôts bancaires
46:10sont échangeables
46:11au pair
46:11et c'est essentiel
46:12avec les billets
46:13à travers les distributeurs
46:14automatiques
46:15quand vous y allez
46:17et donc
46:18par rapport à ça
46:20qui est le bon
46:21il y a le brut
46:22alors de façon
46:24de l'interpréter
46:24pour ceux
46:26qui n'aiment pas
46:26les crypto-actifs
46:28c'est l'exemple
46:29du bitcoin
46:30très instable
46:31qui n'est pas très net
46:32disons
46:33et puis pour les fans
46:34des stable coins
46:35et on y reviendra
46:36c'est comme un diamant
46:37on peut lire
46:38et enfin
46:39le brillant
46:40c'était la monnaie numérique
46:41de banque centrale
46:42l'euro numérique
46:43qu'on aura bientôt
46:44je l'espère
46:46mais je n'avais pas vraiment
46:47eu le temps d'en parler
46:48donc je renvoie
46:49pour plus de détails
46:50à ceux qui voudront regarder
46:50mais on va reparler
46:52si vous êtes d'accord
46:53de la monnaie numérique
46:55de banque centrale
46:56et qui est peut-être
46:57une parade
46:58pour différents pays
47:00aux stable coins américains
47:01aux stable coins
47:02en dollars
47:02qui permettent
47:04pour partie
47:05de financer
47:06la dette publique
47:07américaine
47:08et pour partie
47:09de compenser peut-être
47:10l'érosion
47:11du rôle du dollar
47:12vous appelez d'ailleurs
47:13les stable coins américains
47:14le cheval de troie
47:16des Etats-Unis
47:17oui
47:17c'est un cheval de troie
47:18c'est une chose déguisée
47:20et ces deux sujets
47:21du stable coin
47:22et des
47:25MNBC
47:25sont deux sujets
47:26sur le feu
47:27donc je dirais
47:29très chaud
47:29et donc
47:30on pourrait dire
47:31au lieu de brillant
47:32que c'est brûlant
47:33le bon
47:34le brut
47:34et le brûlant
47:35bon quel lien
47:35en fait
47:36entre ce qu'on se disait hier
47:37cette permacrise
47:39avec l'effet de Trump 2.0
47:41les guerres menées
47:42par Trump
47:43sur le plan commercial
47:44tarifaire
47:45bien sûr
47:45sur le plan géopolitique
47:47avec les développements
47:48encore en cours
47:49de la crise iranienne
47:50quel lien est-ce qu'on fait
47:51avec ces sujets-là
47:53et la question
47:54du financement
47:55de la dette américaine
47:56alors revenons un peu
47:57en arrière
47:58jusqu'en 1973
47:59et sans remonter trop loin
48:00il y avait des changes fixes
48:01et déjà à l'époque
48:03qu'est-ce qui se passe
48:04ça explose
48:04parce qu'il y avait
48:05un excès de déficit
48:06jumeau
48:07c'est-à-dire à la fois
48:08budgétaire
48:08et commercial
48:09de la part
48:10des Etats-Unis
48:11mais les Etats-Unis
48:12demeurent la première puissance
48:14économique
48:14financière
48:16militaire
48:16donc le dollar
48:17garde son rôle central
48:19ce qui amène
48:20un privilège
48:22dit exorbitant
48:23aux Etats-Unis
48:24qui peuvent payer
48:25leur déficit commercial
48:26dans leur propre monnaie
48:27et ces dollars
48:29diffusés dans le monde
48:30vont revenir
48:31pour partie
48:32financer
48:32la dette américaine
48:34parce que
48:34les actifs américains
48:35sont considérés
48:36comme les moins
48:36les plus sûrs
48:37les moins risqués
48:38qu'il peut y avoir
48:39alors on avait déjà
48:40conscience d'un dilemme
48:42qui était que
48:43il faut qu'il y ait
48:44assez de déficit
48:44pour que ça diffuse
48:45des dollars
48:46mais il ne faut pas
48:47qu'il y en ait trop
48:47pour pas que ça fasse peur
48:49exactement
48:49et que la dette
48:50augmente trop
48:51et puis en contrepartie
48:52ce privilège exorbitant
48:53il y a des devoirs
48:54des devoirs
48:55de stabilité
48:57de protection militaire
48:59économique
49:00et financière
49:00y compris via
49:01les organisations
49:02internationales
49:03et ça on ne peut pas dire
49:04que ça soit vraiment
49:04respecté en ce moment
49:05c'est ça
49:06cet équilibre
49:07assez vertueux
49:07il faut le dire
49:08où chacun
49:09pouvait y trouver
49:10son compte
49:11semble beaucoup plus
49:12instable
49:12aujourd'hui
49:14en quoi
49:15Trump 2.0
49:17la nouvelle administration
49:18Trump
49:18en quoi est-ce qu'elle
49:19vient perturber
49:20ce schéma de financement
49:22là justement
49:22alors je vais prendre
49:23l'exemple des tarifs
49:25si les tarifs
49:26fonctionnent
49:26comme le fait croire
49:28Trump
49:28ça réduit le déficit
49:30commercial américain
49:31et donc il y aura
49:32moins de dollars
49:32diffusés dans le monde
49:33donc c'est un problème
49:34coup de chance pour Trump
49:35ils ne sont pas
49:36il ne faut pas y avoir
49:38de substitution
49:39c'est une taxe
49:40sur les américains
49:41et puis en plus
49:42il a augmenté
49:43énormément
49:44avec le sens
49:45de la formule
49:45son one
49:46big beautiful bill
49:49le déficit
49:49budgétaire
49:50prévision
49:51généralement
49:52à peu près
49:537% par an
49:54ça augmente
49:54la dette
49:55sur PIB
49:55américaine
49:56à 140%
49:58d'ici
49:594-5 ans
50:00et donc ça fait
50:01augmenter
50:02les taux longs
50:03donc
50:03perte de confiance
50:04dans cette monnaie
50:06dite stable
50:07dite fiable
50:09hausse des taux
50:10d'intérêt
50:11diversification
50:12par les
50:13y compris
50:14par les banques centrales
50:15dépréciation
50:16du dollar
50:16tout ça
50:17contribue
50:17à empêcher
50:18les taux
50:19américains
50:19de baisser
50:20à long terme
50:22ouais ouais j'entends
50:23d'où l'arrivée
50:24des stable coins
50:24j'allais dire
50:25sur la table
50:26alors en quoi
50:27les stable coins
50:28peuvent être
50:29une partie
50:30de la réponse
50:30ou de la solution
50:32au questionnement
50:33qu'on a sur le financement
50:34de la dette américaine
50:35avant ça
50:35Marc-Olivier
50:36il faut peut-être
50:36nous rappeler
50:37qu'est-ce qui différencie
50:38une stable coin
50:40telle qu'on l'entend
50:41aux Etats-Unis
50:42d'un crypto actif
50:44alors brut
50:44comme vous dites
50:45tel que le bitcoin
50:46ok d'accord
50:46alors trois définitions
50:48très courtes
50:49la première
50:50qu'est-ce que c'est
50:51un crypto actif
50:51c'est un actif
50:55qui est numérisé
50:57qui est sécurisé
50:58il est virtuel
50:59et il est sécurisé
51:00par une blockchain
51:00qui permet de vérifier
51:02que le détenteur
51:03l'a bien
51:03mais c'est un actif
51:05qui néanmoins
51:05peut être risqué
51:06dont la valeur peut varier
51:07ou qui peut être volé
51:08etc
51:08on l'a vu
51:09dans beaucoup de cas
51:11on les distingue
51:12en deux catégories
51:13les plus risquées
51:14ce sont les natifs
51:15dont le symbole
51:16le plus connu
51:17est le bitcoin
51:19parce qu'il n'y a pas
51:20d'émetteur identifié
51:21il n'y a pas
51:22de valeur intrinsèque
51:23c'est-à-dire
51:23vous ne pouvez pas
51:24aller voir quelqu'un
51:25et dire
51:25je veux être remboursé
51:26et pour telle valeur
51:27donc on va le négliger
51:29par la suite
51:29et justement
51:30vu les problèmes
51:31posés par ce type
51:32de crypto actif natif
51:34ont été développés
51:35les stable coins
51:36et les stable coins
51:37là la différence
51:38c'est que l'émetteur
51:39est identifié
51:40et la valeur est censée
51:42en théorie
51:43est adossée
51:44à un actif
51:45préexistant
51:45le plus souvent
51:46le dollar
51:47à 95%
51:48c'est ce qu'on appelle
51:49elles sont pégées
51:50c'est ça
51:50elles sont fixées
51:51par rapport à la valeur
51:52vous pouvez normalement
51:53aller voir l'émetteur
51:53et dire
51:54je veux
51:54je vous ai amené
51:55des dollars
51:55vous m'avez donné
51:56des stable coins
51:57je veux maintenant
51:57faire l'opération
51:58inverse
51:58sans rien y gagner
51:59sans rien y perdre
52:00bon il y a un vrai succès
52:01il faut le noter
52:02c'est-à-dire qu'il y a
52:03une vraie croissance
52:04des stable coins
52:06émise en dollars
52:07aujourd'hui
52:07et on peut se dire
52:08pourquoi
52:09puisqu'il n'y a pas
52:10de gains au capital
52:11à attendre
52:12en fait
52:12il y a un pseudo
52:13anonymat
52:14qui est associé
52:16et donc
52:16il y a beaucoup
52:17d'opérations
52:18illicites
52:18illégales
52:19il y a même
52:20des entrées sorties
52:21par rapport
52:22à des gains en capitaux
52:24qui peuvent être faits
52:25sur les natifs
52:26comme le bitcoin
52:26et qui eux
52:27seraient imposés
52:28quand vous passez
52:29en stable coins
52:30et en dollars
52:30vous n'êtes plus imposés
52:32et puis
52:33il y a
52:34les émergents
52:35les pays en développement
52:36qui peuvent avoir
52:37des monnaies plus instables
52:38et qui se disent
52:39c'est une façon de placer
52:40qui peut être soumis
52:41à un contrôle d'échange
52:42donc il le contourne
52:43et puis c'est très mobile
52:44c'est pratique
52:45c'est anonyme
52:46c'est moderne
52:47ça a du succès
52:48ça passe de 300
52:49de zéro quasiment
52:50il y a 5 ans
52:51à 300 milliards maintenant
52:53et certains disent
52:54en dollars
52:553 trillions
52:56multipliés par 10
52:57en 2030
52:58d'accord
52:59donc là
53:00ça commence à poser problème
53:01il y a une demande
53:02c'est risqué
53:03la logique
53:04c'est de faire une régulation
53:05Trump
53:06s'il pourrait favoriser
53:07leur essor
53:08à créer à ce moment là
53:11un cadre
53:11une réglementation
53:12qu'il appelle
53:13GINUS
53:13et qui fait
53:14qu'une très grande partie
53:16de ces fonds
53:17doivent être replacés
53:18en treasury bills
53:20en taux
53:20en titres courts
53:22américains
53:24dont les taux d'intérêt
53:25sont plus bas
53:26que les taux longs
53:27du moins pour l'instant
53:28et donc c'est un avantage
53:29pour le trésor américain
53:31bien sûr
53:32qui va pouvoir
53:33refinancer sa dette
53:34de façon
53:35qui trouve de nouveaux acheteurs
53:36pour sa dette
53:36et puis c'est la logique
53:38de Trump
53:38de privatiser les choses
53:40et au passage
53:41ceux qui émettent
53:42ces stable coins
53:43qui sont non rémunérés
53:44ils captent le saignariage
53:46c'est pas négligeable
53:48c'est alors
53:49il y a
53:50le taux d'intérêt
53:52qu'eux ils reçoivent
53:53et qu'ils ne versent pas
53:53aux détenteurs
53:54des stable coins
53:55quels sont les risques
53:56par rapport à ce schéma
53:57que vous décrivez
53:58justement
53:58il y a des opérations illicites
54:00ça d'accord
54:01ok
54:01légales
54:02et puis
54:03si je compare
54:04le Genius Act
54:05à ce qui existe
54:06en Europe
54:07et qui s'appelle
54:07MICA
54:09Market in Crypto Assets
54:12R après pour Regulation
54:13je vais prendre deux exemples
54:16les pourcentages
54:18qui doivent être placés
54:18en très court
54:19sont bien moins élevés
54:21aux Etats-Unis
54:22en conséquence
54:23on peut avoir
54:24des phénomènes
54:25de panique
54:26de run
54:27et un désancrage
54:28du stable coin
54:29par rapport à son sous-jacent
54:30exactement
54:30et les entités
54:32normalement
54:32qui les ont émises
54:33ne sont pas des banques
54:34normalement
54:34elles ne peuvent pas
54:35aller à la banque centrale
54:36pour obtenir
54:37de la liquidité
54:38deuxième exemple
54:40le deuxième grand émetteur
54:42qui s'appelle Coin
54:44devinez
54:44où est-ce qu'il est localisé
54:46au Salvador
54:46on peut se poser la question
54:48de la qualité
54:49de la régulation
54:51et de la supervision
54:52et puis cerise sur le gâteau
54:53parce qu'il y a
54:54une demande de numérique
54:55pour favoriser
54:55les stable coins
54:56Trump a empêché
54:58la Fed
54:58de pouvoir continuer
55:00à travailler
55:00sur l'hypothèse
55:01d'une monnaie numérique
55:03de banque centrale
55:03bon ben venons-en à cette question
55:05est-ce que la monnaie
55:06numérique
55:07banque centrale
55:08avec l'exemple
55:09de l'Europe
55:10par exemple
55:11est-ce que ça peut être
55:12une parade
55:13justement
55:13face à
55:14l'émergence
55:15la croissance
55:16promue par l'administration
55:18Trump
55:18de ce secteur
55:19des stable coins
55:20en dollars
55:21c'est une parade
55:22partielle
55:22et à terme
55:24mais rappelons d'abord
55:25qu'est-ce que c'est
55:26une monnaie numérique
55:27de banque centrale
55:28avec l'exemple
55:29de l'euro numérique
55:30et puis pourquoi
55:31ça peut être utile
55:32et puis quand ça va arriver
55:34et d'abord
55:35c'est quoi
55:36et bien c'est comme
55:36un billet
55:37physique
55:38mais dématérialisé
55:39et il est émis
55:40par la banque centrale
55:41et il est donc
55:42convertible
55:42en billet
55:43sans aucun problème
55:45pourquoi
55:46est-ce qu'on peut
55:46en avoir besoin
55:47parce qu'un billet
55:48c'est pratique
55:49et ça peut être perdu
55:50ça peut être volé
55:52pour le tourisme
55:54pour le commerce électronique
55:55parce que pour échanger
55:56un billet
55:57vous devez être à côté
55:58sinon vous devez passer
55:59par une carte bancaire
56:00et vous payez une commission
56:01ou bien c'est le prix
56:02qui est intégré
56:04dans le prix
56:04que vous payez
56:05ça peut être utile
56:06aussi
56:07pour les non-bancarisés
56:08ça peut être utile
56:10pour les transferts
56:10de fonds des immigrés
56:11ça peut être utile
56:13pour tout ce qu'on appelle
56:14l'internet des choses
56:15par exemple
56:15si vous voulez lire mon article
56:16vous êtes obligé
56:18d'acheter toute la revue
56:19là je peux payer
56:20juste l'article
56:20mon article
56:22avec une petite somme
56:23et ça sera gratuit
56:24ça sera possible
56:25ceux qui font la revue
56:26ne seront peut-être pas contents
56:27mais c'est juste
56:28pour
56:29ils l'ont
56:31et puis surtout
56:32et c'est le plus important
56:34ça permet de garder
56:35une part de contrôle
56:36sur la création monétaire
56:38sans être
56:39ou du moins
56:40en limitant
56:41le risque
56:41d'être
56:42alors
56:42en caricaturant les choses
56:44dollarisé
56:44par
56:45les
56:46stablecoins
56:46en dollars
56:47de Trump
56:48ou bien
56:49vassalisé
56:50par la monnaie numérique
56:52de Banque Centrale
56:52d'un pays comme la Chine
56:54qui la teste déjà
56:55depuis plusieurs années
56:56à très grande échelle
56:57quelle est votre vision prospective
56:58il nous reste 30 secondes
56:59Marc-Olivier
57:01est-ce que le dollar
57:02va se renforcer
57:04grâce aux stablecoins
57:06ou est-ce qu'on est vraiment
57:07dans un phénomène
57:08un peu de
57:08de basement
57:09une position très forte
57:11à un chiffre
57:11à retenir
57:1260%
57:1360%
57:13en flux
57:14des facturations
57:1560%
57:15en gros
57:16des
57:18crédits internationaux
57:19c'est 60%
57:20des réserves
57:22détenues par les banques centrales
57:23en stock
57:23et de la capitalisation boursière
57:27il y a un effet de réseau
57:28qui fait que
57:28il y a une très forte inertie
57:30et pour prendre cet exemple
57:32dont j'espère
57:33qu'il ne se reproduira pas
57:34pour que le dollar
57:34détrône
57:35la livre
57:36il a fallu
57:37deux guerres mondiales
57:38et une
57:39grande dépressure
57:40dans l'autre sens
57:42la fragmentation
57:43clairement
57:44ne permet pas
57:45au dollar
57:45de se renforcer
57:46sans qu'on ait même parlé
57:48des systèmes de paiement
57:49qui peuvent aussi
57:50fragiliser le processus
57:52donc je ne crois pas
57:53à un renforcement du dollar
57:54pour autant
57:55un système multipolaire
57:56avec plusieurs devises
57:58n'est pas nécessairement
57:59plus stable
57:59oui c'est ça
58:00c'est peut-être plus
58:01d'instabilité quand même
58:02qui nous attend à terme
58:04merci beaucoup Marc-Olivier
58:05merci d'avoir été avec nous
58:06hier soir et ce soir
58:07dans ce dernier quart d'heure
58:08de Smart Bourse
58:08à retrouver bien sûr
58:10en replay sur bismart.fr
58:11en podcast
58:12sur toutes vos plateformes
58:13d'écoute préférées
58:14et je cite à nouveau
58:15le livre que vous avez
58:15co-écrit avec Anthony Benhamou
58:17aux éditions Ellipse
58:18en Paris
58:19que vous allez aimer
58:20l'économie
58:21Marc-Olivier Strauss-Kahn
58:22directeur général honoraire
58:23de la Banque de France
58:23enseignant
58:24était l'invité
58:25de ce dernier quart d'heure
58:26de Smart Bourse ce soir
58:27Sous-titrage Société Radio-Canada