- il y a 9 heures
Ce vendredi 1er mai, Audrey Maubert a reçu Marine Braquet, cofondatrice de Nomasei, Paule Tenaillon, cofondatrice de Nomasei, et Luc Reversade, fondateur de La Folie Douce, dans l'émission Iconic Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le mardi et réécoutez la en podcast.
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00:02Générique
00:07Iconic Business, le luxe by BFM Business, Audrey Maubert
00:11Elles partagent une carrière passée dans le luxe, une formation et une passion chaussure.
00:16Elles ont donc lancé ensemble en 2019 Nomacei, une marque de chaussures d'artisanat de luxe fabriquée en Italie.
00:23Savoir-faire, valeur, production et aventure entrepreneuriale.
00:27Les fondatrices Marine Braquet et Paul Tenayon sont aujourd'hui dans Iconic Business.
00:31Il était évident que pour lui, ça se passerait en montagne, en altitude, avec surtout un défi fou.
00:37Il aime à dire que son ADN, c'est la folie justement, la folie douce, le concept que tout le
00:41monde à présent connaît.
00:43Il faut en être, il faut y être.
00:45Luc Reversa de l'a imaginé dans les années 80.
00:47Il nous raconte dans quelques instants cet Iconic Business.
00:51Bienvenue.
00:55Un duo de fondatrices aujourd'hui dans Iconic Business, Marine Braquet et Paul Tenayon, fondatrices de Nomacei.
01:01Bonjour.
01:01Bonjour.
01:02Marque de chaussures d'artisanat de luxe.
01:04On dit que les mots ont un sens et une importance, ce n'est pas une description au hasard.
01:08Cela dit beaucoup de votre positionnement, n'est-ce pas ?
01:11Oui, pour faire référence à la plus haute qualité que l'on puisse espérer de chaussures de luxe.
01:17Nos chaussures sont fabriquées dans une usine à Montopoli, une véritable usine de luxe,
01:22qui fabrique pour les plus grandes maisons, que je ne pourrais pas citer.
01:26Mais nous pratiquons une stratégie de prix bien moindre que les grandes maisons.
01:33Et c'était notre façon de montrer, de parler de la qualité au départ, puisque tout passe par l'artisanat.
01:41Et puis comme vous le dites, les mots ont un sens et en fait on a décidé de parler d
01:45'artisanat de luxe plutôt que de luxe,
01:46puisqu'il y a quelque chose dans le mot luxe, quand il est mis tout seul, qui peut paraître un
01:50peu galvaudé.
01:51Et nous, le luxe passe par cette notion de qualité, ce respect de savoir-faire, ce respect qu'on a
01:59de l'artisan, cette valorisation de l'artisan.
02:01Donc ça réunit le haut de gamme, l'idée aussi d'avoir de petites collections et une chaîne de production
02:07maîtrisée, Marine Braquet ?
02:09Oui, alors la chaîne de production maîtrisée, ça c'est une évidence, puisque le point central de tout ce qu
02:13'on fait, c'est le produit.
02:14Et donc du coup, la qualité du produit, c'est ça qui fait que les clientes adhèrent dans un premier
02:19temps et surtout restent et nous suivent.
02:22Donc ça, c'est évident. Après, les petites productions, oui, forcément, au début, puisque comme Paul le disait,
02:29il y a une notion de prix dans nos masseilles qui est assez importante et parce qu'on a choisi
02:32un business model qu'on appelle direct to consumer.
02:36Et donc en fait, on n'a pas d'intermédiaire, on n'a pas de revendeur nos masseilles.
02:39Donc on prend tous les risques en termes de gestion des stocks.
02:42Donc on se doit d'être assez frugales dans la façon dont on gère nos stocks.
02:47Ceci dit, nos quantités augmentent, puisqu'on se rend compte aussi que si on veut générer de la croissance et
02:52répondre à la demande,
02:53on est obligé à un moment donné de prendre un petit peu plus de risques.
02:57L'idée, c'est plutôt, au-delà du petit stock, c'est plutôt d'être dans une logique de créer
03:01un produit qui se veut être intemporel.
03:03On va voir comment se compose votre duo.
03:05Déjà en 2019, vous vous lancez, après l'une comme l'autre, un parcours dans la chaussure.
03:10Ça, c'était clair. Dans les maisons de luxe, il y a eu quoi ?
03:12Dior, Vuitton, Givenchy, Chloé.
03:15À quel moment vous vous êtes dit, ça y est, on se lance et on prend un énorme risque ?
03:21Parce que créer son entreprise en plus dans la chaussure, c'est quand même un vrai défi.
03:25Oui, moi, je n'ai pas senti de risque au départ du tout, mais c'était ma troisième entreprise.
03:30Ah oui, d'accord, il y a une fibre.
03:32J'ai essayé deux fois avant, mais je me suis un peu plantée.
03:37C'est plutôt Marine, à ce moment-là, qui…
03:40Oui, comment on le fait ?
03:42Moi, personnellement, j'étais dans une impasse professionnelle, c'est-à-dire que j'avais fait Vuitton à la chaussure.
03:49Et puis, Chloé, où j'ai passé cinq ans, où j'ai appris beaucoup de choses, c'était une vraie
03:52aventure intrapreneuriale.
03:54Et du coup, quand je me suis retrouvée un peu à voir les rênes de l'activité, parce que ma
03:59boss était partie, j'ai repris son rôle.
04:00Je me suis dit, j'ai quand même des épaules, c'est cool et je mène pas trop mal ma
04:05barque.
04:06Et tant qu'à faire, travailler comme une d'année, peut-être autant que ce soit pour moi.
04:11Et alors, comment ça se répartit ? Parce que souvent, dans les duos de fondateurs, de fondatrices, tout le monde
04:15n'a pas le même périmètre.
04:16Et là, vous vous êtes complétée, c'est encore le cas ?
04:18On est tout à fait complémentaires, puisque moi, je suis designer depuis plus de 25 ans et Marine était stratège.
04:24Elle était chef de produit, responsable de collection.
04:26Donc, elle créait la stratégie des collections et moi, j'étais la créa.
04:30C'était notre duo, c'est comme ça qu'il fonctionnait justement.
04:32Donc, c'est resté comme ça.
04:33Donc, c'est resté avec vos plus grandes forces.
04:35Comment justement ?
04:36Alors, le fait de se lancer un peu d'inconscience, mais de prise de risque et puis surtout avec vos
04:41compétences.
04:41Mais comment existe-t-on ?
04:43Vous avez maintenant quelques années derrière vous face à des marques, à des maisons fortes et installées que vous avez
04:49connues d'ailleurs.
04:50Très bien.
04:50Oui.
04:51Alors, je vais répondre pour ma part.
04:54Alors déjà, on existe parce qu'on travaille énormément et qu'on met une énergie du cœur que ça.
04:59Personne ne peut nous copier.
05:04Et je pense que quand tu fais les choses vraiment avec le cœur et avec la passion, il y a
05:07quelque chose qui se ressent.
05:10On existe parce qu'on joue dans la même cour qu'en termes de qualité de produit et de design.
05:15Parce qu'en fait, aujourd'hui, beaucoup de marques qui se lancent ne sont pas créées par des designers.
05:20Paul, c'est une vraie designer de chaussures.
05:22De formation, de carrière.
05:25Exactement.
05:25Ça fait 25 ans que je fais ce métier et donc je sais très, très bien faire les chaussures.
05:28Et je les fais sur moi aussi, en plus.
05:31D'accord.
05:31Donc, il y a une idée aussi de praticité, de confort et de projection.
05:34De fonctionnalité.
05:35Absolument.
05:35Et on travaille, comme le disait Paul, avec une usine en Toscane qui fabrique pour les plus grandes maisons, qu
05:41'on ne peut pas citer.
05:42Mais les trois fondateurs de l'usine sont intégrés au capital de Nomacei et du coup sont, notamment l'un
05:49d'entre eux, notre directeur technique.
05:50Et ça, ça a été un choix évident justement d'intégrer le sous-traitant.
05:54Parce qu'il y a une question aussi sur la production en Italie.
05:58Les maisons de luxe ont été épinglées aussi sur certains sous-traitants.
06:02Et le fait d'avoir tellement d'intermédiaires qu'on ne peut plus maîtriser la chaîne.
06:05Donc, à quel moment on se dit, ça fait sens, on fait rentrer au capital le sous-traitant ?
06:10Alors, ça s'est passé au tout début.
06:12En fait, quand je cherchais des usines au départ en Italie, j'ai rencontré cette usine qui avait déjà des
06:18valeurs sustainable,
06:20des co-responsabilités et donc qui nous intéressaient.
06:25Mais il a dit non au départ parce que les petites entreprises, les petites marques, leur font perdre de l
06:30'argent les premières années.
06:31Et quand elles en gagnent, elles s'en vont.
06:34Et donc, à force de discuter, j'ai renvoyé des mails, on a discuté.
06:39Et finalement, il a dit, ok, je vous suis, mais je prends des parts.
06:44Et là, on s'est évidemment posé beaucoup de questions.
06:47Oui, dans l'autre sens, vous vous êtes dit, bon, est-ce que vraiment, on y va ?
06:50Mais finalement, on s'est dit qu'on n'avait pas vraiment le choix et que c'était une très
06:55bonne opportunité, selon nous.
06:57Une fois qu'on a le soutien et la capacité de développement du sous-traitant, on est sûr du savoir
07:03-faire.
07:03Ça vous permet aussi d'être plus agile, de ne pas porter l'outil de production ?
07:08Alors, oui, ça permet d'être plus agile.
07:10Vous parliez des petites quantités au début.
07:13Donc, nous, il faut savoir qu'on s'est lancé fin novembre 2019.
07:15Et donc, deux mois après, c'était le Covid.
07:17Oui, donc la marque s'est vraiment lancée en 2021.
07:20Et en fait, très tôt, le Covid, c'était un peu traumatisant quand même.
07:24Donc, on était dans une instabilité qui était évidente.
07:28Et du coup, très vite, on a négocié avec lui.
07:32Enfin, ce n'était même pas une négociation, parce que c'était aussi son intérêt de se dire,
07:35on fabrique des petites quantités, on met le produit, on voit si ça mort, on relance après,
07:40on fonctionne avec de la précommande.
07:42En fait, on est agile.
07:43Le mot d'ordre, c'est l'agilité, la flexibilité, parce qu'on est tout petit.
07:46Donc, on ne peut pas se permettre.
07:47Et ça, le fabricant te suit.
07:49Parce que quand tu lui dis, mais vas-y, je lance un nouveau modèle, on fait une prod de 45
07:53paires,
07:54personne ne te dit oui.
07:55Mais lui, il dit oui parce qu'il dit, bon, OK, je comprends votre logique.
07:59Et il ne vous a jamais mis de côté quand les grandes maisons se sont dit,
08:04il faut augmenter la production, on a la priorité.
08:08Absolument, absolument.
08:09Les autres maisons ont toujours la priorité.
08:10La priorité, et c'est normal, c'était eux qui le faisaient manger.
08:13Oui.
08:14Donc, c'était une évidence.
08:16Il nous passe au milieu.
08:17Mais il nous...
08:17Oui, il arrive quand même à nous livrer.
08:19Oui, il fait quand même des efforts.
08:21Mais pour vous donner une idée, on a commencé à être livrés correctement dans les temps.
08:26La première fois, et encore, en vrai, c'est toujours assez chaotique.
08:30Je crois que c'était en août 2023 ou 2024.
08:33Nom Assei, qu'est-ce que ça veut dire ?
08:35Et le style, la patte, c'est quoi ?
08:40Alors, Nom Assei, d'abord, le nom, ça veut dire six mains en verlan italien.
08:44C'est Noma, Mano et Seil, le chiffre 6.
08:47Donc, c'est six mains, les mains de Marine et les miennes,
08:49et les mains de chaque personne qui contribue à faire de Nom Assei une réalité.
08:53L'idée qu'on peut rêver tout seul, mais qu'il faut tout le village pour y participer,
08:56enfin, pour y arriver.
08:59Et le style, alors...
09:03Le style...
09:04J'aurais dû vous demander de le dessiner, ça aurait été plus ça.
09:07Oui, en fait, c'est...
09:10Plutôt que de style, je parlerais de contraintes presque.
09:14En fait, c'est que tout se construit à partir de la contrainte de supporter le corps de la femme,
09:20être flatteur.
09:21Les lignes, elles sont toutes flatteuses.
09:23On n'a jamais de brides qui coupent la cheville au mauvais endroit.
09:26On n'a que des décolletés qui allongent le pied, allongent la jambe, allongent...
09:29Enfin, c'est très orienté femme, en fait, pour flatter la femme.
09:32C'est une silhouette qui est pensée, je ne sais pas juste à...
09:34Exactement.
09:36Et après, je dirais que c'est à la fois intemporel, à la fois classique, mais aussi très mode.
09:41C'est difficile de définir un style, en fait.
09:44J'avoue que c'est tellement intuitif chez moi que j'ai beaucoup de mal à le décrire.
09:48Est-ce que 7 ans après, c'est rentable ?
09:51Alors, déjà, ce n'est pas vraiment 7 ans, puisque ça a vraiment démarré en mars 2021.
09:59Donc, si on met de côté...
10:01Pas tout à fait, mais quasi.
10:03En tout cas, tous les ans, on s'en approche.
10:05Vous vous en approchez, justement.
10:07Ce qui est intéressant, en tout cas, dans cette aventure, c'est de se dire qu'au début,
10:10c'était que Paul et moi, qu'on a lancé nos Massailles sans faire de business plan,
10:14puisque moi, je ne savais pas me servir d'Excel et que je ne savais pas le faire, sans argent.
10:19On a été financés un peu par l'usine qui nous est du crédit fournisseur, qu'on a restructuré.
10:23On a fait des petites levées de fonds, friends and family, et voilà.
10:27Et en fait, ce qui est hyper intéressant, c'est qu'on s'est servi des trois premières années
10:32pour vraiment comprendre et qu'aujourd'hui, on est accompagnés quand même par quelqu'un
10:35en tant que business advisor qui nous aide à structurer la vision.
10:39Et donc, en fait, on travaille depuis un an et demi vraiment comme un vrai business,
10:45en se disant, OK, ça, c'est le budget.
10:47Et donc, ça vous a permis aussi de développer ou de trouver au fur et à mesure
10:50votre développement et votre stratégie retail, c'est quoi ?
10:54Parce que vous parliez tout à l'heure d'aller directement à la cliente.
10:57Est-ce que ça passe juste par un showroom ?
10:59Ça passe par votre site, par des corners dans des endroits très bien positionnés ?
11:04Ça passe par le site, puisqu'environ 85% du business est fait par le site.
11:10En sachant, parce qu'il faut quand même le préciser, que nous n'avons personne
11:13qui gère le site, à part quelqu'un que nous avons adopté depuis un mois.
11:17Donc, en fait, tout ça se fait, des fois, on se demande, on ne va pas se mentir.
11:23Et en fait, Paul parlait d'intuition.
11:26La stratégie retail est née, enfin, s'est construite avec de l'intuition et du petit à petit.
11:31On s'est lancé, c'était le Covid.
11:32Donc, on s'est dit, OK, on avait dans l'idée de faire des pop-up stores.
11:36De toute évidence, tu ne fais pas de pop-up stores pendant le Covid.
11:39Paul avait, à son appartement dans lequel on avait nos bureaux à Montmartre,
11:42on s'est dit, attends, on va aménager le salon, on va faire un showroom.
11:45Les femmes ont commencé à arriver, à avoir des essayages.
11:50Ça nous a permis de nous rendre compte qu'il fallait que les gens touchent le produit, l'essayent.
11:54Donc, de là, on a déménagé dans un plus grand showroom qui sont aujourd'hui nos bureaux.
11:57Il faut deux codes pour rentrer.
11:59Il n'y a pas notre nom sur l'interphone.
12:00On fait 300 000 euros de chiffre d'affaires à l'année dans ce showroom.
12:03Donc, c'est quand même assez cocasse.
12:04Aujourd'hui, on sait qu'il nous faut une boutique à Paris.
12:06Donc, ce sera la prochaine étape.
12:09C'est la prochaine, exactement.
12:10En termes de notoriété et de marché, les collaborations portent la notoriété.
12:15C'est particulièrement vrai aussi pour des marques positionnées très luxe.
12:19Est-ce qu'il fait que ça a été bien senti et les États-Unis sont devenus votre premier marché
12:25?
12:26Avec les bonnes collaborations.
12:27Et justement, ça répondait aussi à un design que les Américaines attendaient ?
12:32C'est marrant.
12:32Oui, je pense que le confort, le design bien sûr, mais aussi la fonctionnalité des chaussures.
12:41Parce qu'elles sont quand même très pratiques, les Américaines.
12:43Oui, c'est marrant.
12:44Et ça fait qu'elles reviennent vraiment beaucoup.
12:47Oui, je pense que le fait qu'on soit deux femmes.
12:49Le côté female founders.
12:51Female founders, small business.
12:53Small businesses, par exemple, française.
12:55Et en fait, on s'est lancé...
12:58Encore une fois, il y a eu un contexte.
12:59C'est-à-dire qu'on s'est lancé au moment du Covid avec l'idée de se dire,
13:04il faut step back un petit peu là.
13:06Ça part un peu dans tous les sens.
13:07Nous, on veut faire un bon produit, un bon prix.
13:10Qui est fait avec un profond respect de l'artisan, un profond respect de la cliente
13:15en ayant ce rapport qualité-prix qui est juste.
13:17Et en fait, du coup, le discours était raisonné à un moment.
13:21Ce qui fait qu'on a eu très vite une couverture presse assez importante.
13:25Et en fait, le produit qui finit de convaincre.
13:27En fait, aujourd'hui, on a environ 39% du business chaque mois qui est fait avec de la cliente
13:32qui revient.
13:33Et on a des clientes.
13:34Là, on rentre de Los Angeles où on a fait un pop-up qui achètent six paires.
13:39Sarah Jessica Parker est cliente chez nous.
13:40Voilà.
13:41Donc, ça aide un peu en termes de l'autoriété.
13:44La prochaine étape.
13:45Donc, ce sera donc la boutique potentiellement à Paris.
13:48Le marché britannique et le marché français.
13:50Est-ce que aussi dans la production, et j'imagine quand on fait du design, on a toujours des idées
13:55et des envies.
13:56Est-ce que ça va se compléter aussi avec des accessoires et avoir toute la palette justement pour développer comme
14:01d'autres grandes maisons ?
14:03Oui, j'en rêve.
14:05Vraiment.
14:06Je voudrais faire des sacs, des bijoux, des chaussettes, des collants, des vêtements, bien sûr.
14:11Mais aujourd'hui, on doit d'abord sécuriser complètement la chaussure.
14:17Et on fait un tout petit peu de bijoux, mais très peu, un collier juste.
14:21Mais oui, et des chaussettes.
14:23Mais on aimerait.
14:25La pôle, en tout cas, elle est prête.
14:26Ah oui, oui.
14:27J'ai juste de lui dire go et c'est go.
14:29Étape par étape.
14:30Étape par étape.
14:31Aujourd'hui, l'étape, c'est qu'on a prouvé que le modèle Nomacei, il tenait la route.
14:36Qu'on était capable de générer de la croissance à deux chiffres en maîtrisant nos coûts, nos budgets, en pilotant
14:43notre activité.
14:45Donc aujourd'hui, nous, ce qu'on recherche aussi, c'est des partenaires financiers pour ouvrir la première boutique, pour
14:50apprendre aussi de ces gens-là.
14:52En fait, parce que nous, notre métier, c'est de faire des chaussures.
14:55On a prouvé qu'on savait le faire.
14:57Aujourd'hui, on cherche à se faire accompagner pour justement passer à l'étape supérieure.
15:01Parce que c'est quand même assez cocasse de partir avec nos petites valises à Los Angeles, à New York,
15:06faire des pop-up comme ça.
15:07Oui, mais ça va rassurer les prochains investisseurs pour les prochaines levées de fonds, justement, et pour vos développements.
15:13Et c'est ce qu'il faut pour développer d'autres activités, quoi.
15:16Et maintenir le défi entrepreneuriel, justement, en France.
15:19Merci beaucoup, Marine Braquet et Paul Dénayon, d'avoir été dans Iconic Business, les fondatrices de Nomacei.
15:25Tout de suite, les désirables de la semaine, tout ce qui nous a fait envie, séduit et intriguer ces derniers
15:29jours.
15:30Le père de la folie douce, ce concept qui déchaîne les stations de ski.
15:37Dans les désirables de la semaine avec nous, alors que la saison se termine, on en parlera dans un instant,
15:43Luc Reversade, fondateur de la folie douce.
15:45Bonjour.
15:45Bonjour.
15:46Il a fallu des décennies pour que le concept s'installe de la folie douce, alors qu'aujourd'hui, le
15:53succès semble évident.
15:54Ça a été compliqué d'installer ce principe, cette nouvelle manière d'aborder la montagne ?
16:00Oui, oui, ça n'a pas été très facile, parce que dans les années dont vous parlez, à partir des
16:06années, on va dire, 70-80, le monde de la montagne, c'était, on part au sport d'hiver.
16:15Et à un certain moment, on a basculé, et moi j'ai appelé ça, enfin nous, la folie douce, les
16:22vacances d'hiver.
16:22C'était très dur à faire accepter.
16:24Oui, parce que, oui, c'était vraiment un autre concept, et puis il a fallu autant de temps pour bénéficier
16:29presque aujourd'hui d'une image plutôt haut de gamme.
16:32Vous avez repensé, en fait, l'idée d'aller au self en montagne, par exemple, d'avoir des vacances en
16:39montagne, c'est ce que vous disiez, ça a été un défi pour vous, en termes de chef d'entreprise
16:44?
16:44Oui, c'est un défi, il a fallu surtout s'adapter.
16:46Et le virage, c'est quand les remontées mécaniques, on renouvelait leur parc.
16:53Et là, avant, vous savez, c'était comme dans les brosiers, on restait sur les télésièges.
16:58Donc on partait le matin, je tiens, à partir de 9h, peu importe, et on terminait à 17h.
17:05Quand les remontées mécaniques sont allées de plus en plus vite, on était refaites.
17:08Effectivement, à partir de 14h, on était fatigués.
17:11Quand on avait fait 3h, 4h de ski, à l'époque, on restait souvent sur les tiers-fesses ou sur
17:16les télésièges.
17:17Donc quand, effectivement, le ski et les remontées mécaniques sont allées de plus en plus vite,
17:24c'est là que j'ai compris ce virage et que j'ai créé la fouille douce.
17:27C'est-à-dire qu'à partir de 13h, 14h, les gens avaient envie de déjeuner.
17:31Et bon, ils repartaient un petit peu au ski, mais souvent, ils s'arrêtaient de skier parce qu'ils avaient
17:35skié 3-4h.
17:36Et ça a évolué donc avec ça. Du clubbing, de la cuisine, du spectacle, des lieux très prisés aujourd'hui,
17:41des cartes pensées par des chefs renommés. Quelle est votre clientèle aujourd'hui ?
17:45Alors, cette année, je vais vous parler vraiment de cette année, puisqu'on termine bientôt samedi, samedi 2 mai.
17:52Cette année, on était avec 85% d'étrangers.
17:56Et c'est ce qui nous a permis de nous redévelopper, surtout de nous réinventer.
18:04Le fait d'avoir des clients quand même étrangers qui fréquentent toutes ces stations.
18:08Les stations, bien sûr, américaines. On a beaucoup d'Américains.
18:11Mais les stations autrichiennes, les stations suivies.
18:13Et donc, ça veut dire, avec cette clientèle aussi, le ticket moyen a augmenté ?
18:18Le pouvoir d'achat de cette clientèle ?
18:20Et en parallèle avec votre business, le ticket moyen a augmenté ?
18:24Oui. Alors, le ticket moyen, bien sûr, qu'il a augmenté, puisque l'immobilier a augmenté en montagne.
18:29Donc, le prix du mètre carré dans les stations dont on parle, effectivement, a augmenté.
18:35Donc, les clients ont un pouvoir d'achat différent, supérieur.
18:41Et effectivement, nous, on a été obligés de monter en gamme.
18:43On a beaucoup d'hôtels qui se construisent à Val d'Isère.
18:46On a un nouvel hôtel l'année prochaine, le Christiania, en 5 étoiles, qui s'ouvre.
18:51Donc, effectivement, on a une clientèle.
18:53Et ça veut dire une croissance pour vous, solide, de saison après saison,
18:57et des dépenses supplémentaires de cette clientèle ?
19:00Oui.
19:01Oui, vraiment, il y a vraiment un net pouvoir d'achat.
19:06Et donc, on a comme type de clientèle, on a beaucoup de Turcs, maintenant.
19:11Beaucoup d'Israéliens, beaucoup d'Américains, de Brésiliens.
19:15Donc, ça change beaucoup.
19:16On a aussi, bien sûr, des Scandinaves.
19:20Il faut savoir s'adapter.
19:22Des destinations très prisées.
19:248 destinations aujourd'hui, notamment Val d'Isère, Val Thorence, Meribé, Lavoria et Chamonix.
19:29Un univers, restaurants, spectacles, bar clubbing, chambres, l'ensemble de l'expérience.
19:35Vous développez, vous déclinez année après année ?
19:39Oui.
19:40Alors, chaque année, on ouvre, on essaye d'ouvrir.
19:43On n'est pas un développement à tout va.
19:45Dans notre groupe, c'est un groupe familial.
19:47Très, très familial.
19:49Donc, on essaye, effectivement, de s'implanter dans les plus grandes stations françaises.
19:54Il faut, effectivement, que nous, quelquefois, il y ait des tours opérateurs ou des hébergements.
19:58Il faut quand même des stations où on s'implante, où il y a beaucoup de lits.
20:03Ça, c'est la première des choses.
20:04Et puis là, maintenant, on pense déjà à l'étranger, se développer à l'étranger.
20:09Et où à l'étranger ?
20:11À l'étranger, donc ça, c'est sûr, on va ouvrir aux États-Unis, dans le Montana, dans trois ans.
20:16D'accord.
20:17C'est une très grosse opération, puisqu'il y a une télécabine qui se crée pour nous, avec un restaurant
20:22à l'arrivée de la télécabine, à une station qui s'appelle Big Sky.
20:26C'est une station qui a été élue, une plus grande station américaine cette année, là, qui est à peu
20:31près équivalent à Aspen.
20:33Et ensuite, en Suisse, également, à l'Axe, normalement, voilà.
20:38Et donc, un groupe familial qui a les reins pour investir autant ?
20:44Alors, je ne sais pas si on va appeler ça comme ça.
20:46Moi, personnellement, je n'aurais pas été, je ne suis pas obtu, mais les enfants, j'ai deux enfants qui
20:51ont 28 et 30 ans,
20:53ils ont choisi de se développer avec des fonds personnels, en allant à la banque.
20:58Donc, on est en famille, on n'est pas assujettis avec des fonds d'investissement.
21:05On est vraiment des privés et on va doucement dans le développement.
21:09Et d'aller chercher cette clientèle sur place.
21:12Quel bilan de cette saison 2026 qui se termine dans quelques jours ?
21:17Un bilan positif, si on vous entend, si on vous écoute ?
21:20Oui, disons que le bilan est toujours positif dans ces stations qui sont situées au-dessus de 1800 mètres.
21:25Oui, il n'y a pas de question d'enneigement.
21:26Voilà, il n'y a pas de question d'enneigement.
21:28C'est vrai que pour les stations qui sont situées à 1000 mètres, à 1600 mètres, avec le réchauffement de
21:31la planète,
21:32bon, on peut être un peu indécis, elles travaillent bien ces stations.
21:35Mais la saison est courte. Nous, on a toujours de la neige.
21:38Vous voyez, on termine le 2 mai et toutes les pistes sont ouvertes.
21:42Et ça veut dire que votre enjeu, c'est de se positionner sur cette expérience de sport d'hiver, de
21:49ski, de neige.
21:51Vous n'êtes pas dans cette optique d'autres stations ou de montagne, de penser l'après-neige ?
21:56Vous n'avez pas l'intention de développer des établissements qui seraient moins liés à la saisonnalité ?
22:01Non, nous, à Valisère, non. Alors effectivement, si on était situés dans des stations à 1000 mètres, comme à Méjèvre,
22:08on était installés, oui, on peut penser, effectivement, ouvrir l'été.
22:12Pour l'instant, non, ce n'est pas le cas.
22:16Franchement, on sait qu'on aura quand même de la neige, franchement, une trentaine d'années devant nous.
22:23Et donc, l'objectif, c'est de rester sur cette saison d'hiver, précisément.
22:30Il y a quelques collaborations. Vous êtes notamment sorti de la montagne, si je peux dire,
22:36en ayant quelques collaborations, en allant auprès de la clientèle, et notamment à Paris.
22:41Oui. Alors, ça, c'est les opérations, c'est ce qu'on appelle chez nous la Folie d'Oustim.
22:45On a environ 70 artistes avec nous, toute l'année. Et donc, il faut les occuper.
22:50Donc, effectivement, on fait 100 à 150. Bon, ça dépend des années.
22:53Mais entre 100 et 150 dates à l'extérieur. On est partenaire à l'America Cup, au Bermude.
23:00On est partenaire de Business France.
23:03Donc, là, on était à Vincennes, effectivement, cette année à Paris.
23:07Mais à chaque fois qu'il y a des opérations, on est aussi partenaire à Genève, de la Rolex Cup,
23:14etc.
23:15Enfin, voilà, on est très sollicité en dehors de la saison.
23:19Des collaborations qui font sens. C'est un business qui résonne.
23:23Ça permet aussi d'avoir des projets toujours plus fous.
23:2714 millions d'euros, deux ans de travaux concernant Val d'Isère.
23:30Là, vous parliez, justement, des zones de développement à l'étranger.
23:34Vous avez dit, à l'instant, il faut les occuper.
23:35Il y a des enjeux, justement, quand on parle de main-d'œuvre saisonnière aussi,
23:40de profils si particuliers, de recrutement et d'avoir les bons profils.
23:45Comment ça se passe ? Vous les gardez toute l'année ?
23:48Ils reviennent ? Les mêmes reviennent ?
23:49Ou vous recommencez les cycles de recrutement tout le temps ?
23:51Non. Nous, on est saisonniers. On investit en montagne.
23:56On ne s'est pas développés sur la côte.
23:58On est restés très fixés sur la montagne.
24:03Les formations, c'est les formations qui démarrent en septembre et en octobre.
24:09Donc, vous voyez, sur site, on est 240.
24:13Sur les arcs, 140.
24:14Sur les autres folios, en général, environ entre 80 et 120 employés.
24:21Là, on recrute et ensuite, on forme.
24:25On investit beaucoup dans les formations.
24:27Ce qui fait qu'en début de saison, les gens sont bien formés.
24:31Ils ont compris quel était notre concept.
24:33Donc, on n'a quasiment pas de turnover.
24:35D'abord, on n'a pas de problème de recrutement.
24:36Parce que c'est souvent, bon, c'est attractif.
24:39Il faut savoir aussi qu'on en a, au niveau du travail,
24:44c'est deux jours de conseils consécutifs.
24:46C'est une heure et demie de pause.
24:48Et c'est un service continu.
24:51C'est-à-dire qu'on part à 9h du matin pour les employés.
24:54Et ils terminent à 17h.
24:55Et ils ont le forfait de ski.
24:57Et ils sont logés.
24:58Donc, c'est vrai qu'on n'a pas vraiment de problème de recrutement.
25:02Ce qui n'est pas le cas toujours.
25:03Oui, c'est un vrai enjeu, justement, en montagne, notamment,
25:07et avec des activités saisonnières.
25:09Est-ce que ça veut dire que vous avez des profils
25:11qui reviennent d'année après année ?
25:12Oui, la moyenne, c'est que les jeunes font environ 3 ans.
25:17Le problème, c'est qu'ils aimeraient bien rester en montagne,
25:20habiter en montagne.
25:21Le problème, c'est que l'immobilier, qui est très cher.
25:23Et puis après, on crée une famille.
25:25Et donc, il faut un appartement plus grand.
25:27Donc, c'est un peu plus difficile.
25:29On arrive, on a environ une quarantaine.
25:31Par exemple, on va dire une quarantaine de collaborateurs
25:32qui sont maintenant à l'année.
25:35Mais pour les 240, le reste, ce sont des saisonniers.
25:38Ça devient difficile maintenant de se développer aussi en France.
25:41Vous parlez du foncier, vous parlez de l'immobilier.
25:44Ça devient un coût conséquent.
25:46Est-ce que ça vient renier vos marges ?
25:48Est-ce que c'est difficile de trouver maintenant le bon emplacement ?
25:51Ou est-ce qu'il y a encore un emplacement qui vous fait rêver ?
25:53Non. Alors, sur les stations, les stations que vous connaissez autour de 1 800 mètres,
25:59que ce soit Badizière, Corsevel, Val-Torrin, le prix de l'immobilier est tellement cher.
26:04Cette année, on est, par exemple, en location, puisqu'on n'est pas tous propriétaires d'appartements,
26:11on a eu environ 2 millions d'euros de loyers pour loger les saisonniers.
26:18Il ne faudrait pas que, effectivement, ça continue à augmenter.
26:22Parce que là, vraiment, je pense qu'on serait en difficulté.
26:27Je crois que la réglementation sur les logements en montagne va changer.
26:30Mais on est encore un peu, à mon avis, en retrait par rapport à l'Europe.
26:39Vous préparez, j'imagine, déjà la saison prochaine.
26:42Est-ce que la folie douce sera encore plus folle l'année prochaine ?
26:45Oui, on avait fait des travaux.
26:48Cette année, on avait fait 14 millions de travaux dans ce que j'ai appelé un nouveau self.
26:54Pour une petite anecdote, je déjeunais il y a quelques semaines avec le maire de Corsevel.
27:01Il m'a dit, mais nous, on a fermé tous les selfs à Corsevel.
27:05Alors, je lui ai dit, mais venez me voir.
27:06Moi, j'ai ouvert un nouveau self.
27:09Et c'est extraordinaire.
27:10C'est une réussite fantastique, extraordinaire.
27:12Et donc, l'expérience s'est installée aussi en montagne.
27:15Merci, Luc Reversat, fondateur de la folie douce, d'avoir été dans Iconic Business,
27:20le luxe par BFM Business.
27:21C'est tous les vendredis à 21h en télé et radio.
27:24Dès à présent, en replay et en podcast.
27:28Iconic Business, le luxe by BFM Business.
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