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  • il y a 6 heures
Le cinéma fait face à plusieurs mutations qui l’obligent à se réinventer. L’arrivée de l’IA, la baisse de fréquentation des salles et les difficultés de financement sont les défis majeurs de cette période pour le secteur. Alors que le Festival de Cannes va démarrer le 12 mai, nos invités reviennent sur l’importance de redonner une bonne image du cinéma.

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Transcription
00:04Smart Trends consacrée au secteur du cinéma, au business du cinéma.
00:08On est à quelques jours du festival de Cannes.
00:10J'accueille Nathalie Dupuis, bonjour.
00:12Bienvenue, vous êtes directrice artistique, formatrice IA,
00:16ambassadrice du plan gouvernemental Oser l'intelligence artificielle
00:19et ambassadrice du WIFE.
00:21Vous nous expliquerez ce qu'est ce festival dans un instant.
00:24Adrien Chabal, bonjour.
00:25Bonjour.
00:25Bienvenue à vous aussi, vous êtes le directeur général d'Allo Ciné.
00:28Et Sophie Girieux, bonjour.
00:30Bienvenue, consultante chez Exacom.
00:32Allez, en quelques mots, ce WIFE, c'est un festival cinéma et IA, c'est ça ?
00:37C'est ça, c'est le World AI Film Festival qui a eu lieu à Cannes,
00:41dont la deuxième édition a eu lieu à Cannes la semaine dernière.
00:44Et je suis ambassadrice, on a vu les dernières productions
00:52sous forme de petits films en IA mondiaux.
00:56Et ça a été des choses assez étonnantes et assez inspirantes.
01:02Et puis des débats un peu agités.
01:04Évidemment, j'imagine, parce que ça pose un certain nombre de questions sur les métiers créatifs.
01:09Allo Ciné, quelques mots, quelques chiffres pour présenter l'entreprise ?
01:13Allo Ciné, c'est un média que j'espère beaucoup de spectateurs connaissent.
01:16C'est un média qui a plus de 30 ans maintenant et dont la mission est d'accompagner les spectateurs
01:20dans leur recherche d'informations au cours de leur parcours pour se rendre dans les salles de cinéma
01:24ou pour visionner des contenus sur les plateformes.
01:28On parle à tous les publics de tout type de cinéma pour toutes les salles.
01:32IA, Blockbuster, Film d'auteur, tout est disponible sur Allo Ciné,
01:36la découverte jusqu'au parcours d'achat.
01:38Et Exacom ?
01:39Exacom, c'est un cabinet d'études et de conseils fondé il y a 30 ans maintenant.
01:43Donc 5 consultants et consultantes associées spécialisées dans le secteur du cinéma et de l'audiovisuel
01:48avec une expertise plus spécifique sur la salle de cinéma
01:51et les projets des exploitants que nous accompagnons.
01:54Alors on va s'appuyer sur quelques chiffres.
01:57Les chiffres de fréquentation de nos cinémas en France en 2025,
02:01c'est le CNC qui les donne 156 millions d'entrées en 2025.
02:07C'est une baisse de 13,6% par rapport à 2024.
02:11Adria Chabal, pourquoi ce recul ?
02:14Est-ce que l'année 2024 avait été exceptionnelle ou est-ce qu'il y a aussi un certain nombre
02:18de raisons un peu plus structurelles ?
02:21Déjà, on est toujours dans une période post-Covid, comme on l'appelle sur le marché du cinéma.
02:26Covid, c'était quand même une période très noire forcément pour les salles de cinéma
02:28pendant que les gens ne pouvaient pas sortir de chez eux.
02:30Donc on est toujours sur des années post-cauchemar de cette pandémie.
02:35Donc l'année 2025, elle a été en demi-teinte.
02:38On le dit souvent parce que ce n'est pas du tout une remise en cause de l'amour du
02:44cinéma qu'on retient le public.
02:45Parce qu'en fait, il y a toujours le même volume de français qui se déplacent dans les salles de
02:49cinéma.
02:49C'est juste qu'ils y sont allés moins souvent.
02:52On sépare souvent les assidus des occasionnels et des réguliers.
02:55En fait, les assidus, c'est un peu le moteur, le poumon des spectateurs en salle.
03:00C'est eux qui s'y rendent le plus.
03:02Un assidu, c'est combien de fois par...
03:04C'est plus d'une fois par semaine.
03:05Une fois par semaine.
03:06Je coche la case.
03:09Félicitations.
03:10C'est vraiment ce moteur de la cinéphilie.
03:13C'est peut-être 2% de la population.
03:15C'est vraiment petit.
03:17En revanche, c'est eux qui réalisent 25-30% des entrées.
03:20Donc 2025, une année qui a vu une baisse de volume d'entrées en valeur absolue.
03:27En revanche, toujours un même nombre de français qui s'y rendent.
03:29On dit souvent que c'est un marché de l'offre, le cinéma.
03:32Plus les films sont bons, plus il y en a, plus ils sont variés, plus les spectateurs sont au rendez
03:36-vous de la salle.
03:37Donc c'est toujours le cas.
03:38Et d'ailleurs, 2026, c'est une année qui s'annonce, qui est déjà bien entamée, mais qui est beaucoup
03:43plus forte que 2025.
03:44Il y a plus de films, plus de gros films, plus de films diversifiés, variés, des productions françaises et internationales.
03:49Donc voilà.
03:51Sophie Girieux, est-ce qu'on est, le cinéma français, peut-être les autres cinémas d'ailleurs,
03:56forcément dépendant, pour atteindre ces chiffres globaux, de grands films-événements ?
04:01Est-ce que ce sont eux les moteurs du cinéma et des petits films ?
04:06Ce n'est pas péjoratif quand je dis petits films.
04:08Parce qu'un grand film va d'un seul coup attirer des millions de spectateurs qui vont se dire
04:12« Ah bah tiens, c'est bien le cinéma, j'y retourne pour en voir d'autres. »
04:15Disons que ce sont ces gros succès qui font la différence entre des années moyennes et des très bonnes années.
04:20Voilà, 2024 était une bonne année, parce que notamment, on a eu deux succès français autour de 10 millions d
04:24'entrées.
04:25Le Compte de Monte Cristo et un petit truc en plus.
04:272025 a manqué de films comme ça attrayants, porteurs, on avait une offre déficitaire.
04:31Même côté film américain, on était dans quelque chose, effectivement, en demi-teinte.
04:35Donc les succès sont effectivement un moteur de la fréquentation qui permet de dépasser les moyennes habituelles.
04:42Nathalie Dupuis, dans un festival comme celui auquel vous avez participé, dont vous êtes l'ambassadrice,
04:48vous sentez quoi ? Vous sentez une inquiétude ?
04:52La force du modèle français qui est quand même toujours là, avec le CNC, le modèle de financement qui est
04:58quand même très particulier ?
04:59C'est vraiment en demi-teinte, c'est-à-dire que ça polarise exactement la même chose que dans la
05:04société.
05:05On est sur une inquiétude d'une partie de la population,
05:10notamment Agnès Jaoui qui était présidente du jury, Elsa Zilberstein aussi,
05:14qui avait des discours plus en demi-teinte forcément.
05:18Et à côté de ça, on avait un Mathieu Kassovitz qui était complètement pro-IA,
05:22vraiment extrêmement déchaîné même sur le sujet.
05:25Donc ça polarise la même chose.
05:27On est sur des choses qui reflètent l'état de la société
05:32et la position également de la société.
05:37Maintenant, le baromètre du CNC annonce que deux tiers de la population cinématographique,
05:42la profession, utilisent déjà l'IA.
05:44Donc en fait, tout ça est à voir.
05:47On est au début de cette techno, on est au début de cette transformation aussi.
05:52C'est un tsunami, ça arrive extrêmement vite.
05:55Donc effectivement, c'est tout à fait un présent.
05:57Donc c'est déjà présent, pas omniprésent,
06:01mais l'utilisation de l'IA dans le secteur du cinéma, c'est quoi aujourd'hui ?
06:05Selon le CNC, c'est deux tiers de la profession.
06:07J'étais assez étonnée sur...
06:10Mais alors qu'il utilise, ça veut dire quoi ?
06:12C'est-à-dire qu'il y a quelques images qui ont utilisé l'IA dans un film ?
06:17Parce que moi, je me souviens par exemple du lauréat.
06:20Alors est-ce que c'était le Nikon Film Festival de l'an dernier ou du précédent ?
06:23Je ne sais plus, mais c'était un film 100% IA,
06:26qui était d'ailleurs magnifique, mais qui posait une vraie question.
06:28Parce que c'était une jeune femme, talentueuse,
06:31qui avait fait ce film toute seule, avec son ordinateur et une intelligence artificielle.
06:35Alors que les autres films du Nikon, il y avait des génériques
06:38avec parfois une quinzaine ou une vingtaine de personnes.
06:41Ça pose une vraie question.
06:42Alors, lors du WIFE, il y avait justement les deux modèles.
06:45Il y avait des choses 100% IA,
06:47et la plupart du temps, on est encore sur évidemment de l'hybride.
06:50Donc de l'aide sur les effets spéciaux,
06:52de l'aide sur, par exemple,
06:55l'intelligence artificielle est hyper utilisée dans les documentaires.
06:58Ça permet de faire vivre des images d'archives.
07:02Il y a des secteurs où c'est vraiment très utilisé,
07:06et extrêmement, et à d'autres moments, beaucoup moins forcément.
07:11Ça reste encore tout à fait hybride.
07:13Là, pour l'instant, il y a encore du monde sur les génériques.
07:15– Effectivement, Adrien Chabal, votre avis.
07:19Parce que, effectivement, c'est une question que toute la société se pose,
07:21que moi, je pose quasiment maintenant à chacun de mes interlocuteurs
07:25la place de l'IA dans leur modèle économique.
07:26Donc, il n'y a pas de raison que le cinéma soit épargné.
07:29Est-ce que vous le voyez d'abord comme une inquiétude,
07:34comme une opportunité créatrice ?
07:36Parce que c'en est une aussi.
07:37– Comme toute transformation en profondeur,
07:41ça touche beaucoup de pans de la société et de l'économie.
07:44Je pense que l'IA, c'est avant tout un outil créatif, d'une part,
07:47et qui peut aider la logistique, les process, d'autre part.
07:50Donc, on peut gagner en efficacité, en productivité, évidemment, grâce à l'IA.
07:54Sur ce versant-là, c'est plutôt les exploitants, les distributeurs,
07:57qui peuvent améliorer leurs différents process.
08:00Nous-mêmes, en tant que médias, on le voit déjà,
08:02parce qu'il y a un certain nombre de choses qui étaient très fastidieuses précédemment,
08:06qui le seront beaucoup moins demain, grâce à l'IA.
08:09Sur la création, je pense qu'il faut être assez clair.
08:11C'est pour ça que des festivals qui sont entièrement consacrés à l'IA
08:14et que c'est affiché comme tel,
08:17je pense que c'est vers ça qu'il faut tendre,
08:18dans la mesure où sinon, ça peut être pris comme une concurrence déloyale
08:21où on veut noter différemment des choux et des carottes
08:24sur des créations qui ne valent pas la même chose.
08:26Quand c'est une équipe de 15 personnes,
08:29ça pose aussi un certain nombre de questions.
08:31On le voit aussi beaucoup autour de nos publications
08:34sur les différentes plateformes,
08:36en particulier les réseaux sociaux comme Instagram ou TikTok.
08:38Le ciné, c'est un média qui touche beaucoup de monde sur le web,
08:41mais aussi beaucoup sur les plateformes sociales.
08:43Et sur Instagram, sur d'autres plateformes,
08:46on voit régulièrement que quand on parle des métiers
08:48comme ceux des doubleurs,
08:50on sent que c'est des professions
08:51qui sont assez tendues sur le sujet à juste titre.
08:55Et là, il y a un peu une différente paroisse
08:59sur les VF et l'acting que ça nécessite.
09:03Et franchement, c'est une forme de création qui est géniale.
09:05Et en même temps,
09:07toutes les possibilités qu'offre l'IA
09:09sur la possibilité de gagner en efficacité
09:12sur un doublage à scale,
09:14c'est ce que fait une plateforme comme Netflix.
09:16Les sous-titres et l'audio demain,
09:17c'est déjà le cas sur YouTube,
09:19sera disponible en 40 langues,
09:21en cliquant sur un bouton.
09:22Évidemment que c'est game changer,
09:24comme dirait les Américains.
09:27Votre avis, Sophie Gérieux,
09:28il y a des métiers qui sont en train,
09:30il y a deux façons de le dire,
09:31soit de disparaître,
09:32soit de se transformer radicalement ?
09:35Oui, tout à fait.
09:36Il y a une inquiétude sur les métiers à valeur ajoutée,
09:38les métiers créatifs qui pourraient être remplacés.
09:40Autant il y a des aspects où l'IA est purement un outil
09:43qui permet de gagner du temps pour les exploitants,
09:45ça peut être pour traiter de la donnée,
09:47tout ce qui est relations clients, etc.
09:48Donc là, des choses qu'on voit dans tous les secteurs,
09:50mais c'est plus en amont de la filière,
09:52évidemment, sur les aspects de création et de production,
09:54où là, il y a de vraies inquiétudes,
09:56effectivement, sur les métiers de doublage,
09:57sur de la post-production,
09:59sur des techniciens qualifiés,
10:01des personnes qui, là, voient leur emploi menacé, effectivement.
10:03Mais même les scénaristes,
10:04il y a eu un mouvement de grève à Hollywood
10:06pendant des mois,
10:08qui était une des plus lourdes grèves de l'histoire d'Hollywood.
10:11Donc c'est presque l'essence de la création cinématographique
10:14qui est questionnée, quand même.
10:15C'est une vraie question.
10:16C'est un enjeu, et pour l'instant,
10:17effectivement, on a différentes chapelles
10:19et des points de vue qui sont différents,
10:21mais il y a globalement une crainte
10:22sur la destruction d'emplois
10:24et de valeurs à terme.
10:25Est-ce que c'est une question
10:26que posent les spectateurs ?
10:28Parce que ça rejoint ce que vous disiez.
10:30Moi, je veux savoir si...
10:33Ça peut être vrai pour une chanson aussi
10:35ou pour n'importe quel objet de création.
10:38Si c'est une IA qui l'a créée,
10:40un humain qui a utilisé l'IA,
10:43est-ce qu'il faut une sorte de label ?
10:45En tout cas, c'est une question
10:46qui va se poser de plus en plus
10:47quand on peut comparer avec d'autres industries
10:48comme l'industrie de la musique
10:50où on voit que le pourcentage des titres
10:52mis en ligne sur 10 heures chaque jour
10:53fait par l'IA est monstrueux.
10:55Je n'ai pas le chiffre en tête.
10:56Justement, je crois que c'est une dernière plateforme
10:57qui mentionne quand il s'agit
10:58de création musicale assistée par l'IA,
11:00contrairement à d'autres
11:01que je ne citerai pas du coup.
11:02Les 10 heures exproissées proactives
11:03sur le sujet, je pense que c'est un bon temps.
11:04C'est une dizaine de milliers
11:05le nombre de titres créés par l'IA chaque jour.
11:07C'est ça.
11:08Donc en France, on a la chance,
11:09je pense, d'avoir des gardes-fous.
11:10Je pense au CNC par exemple
11:11qui pourrait très bien, le moment venu,
11:13avoir ce type de démarche,
11:14de labellisation et de différenciation
11:16si ça venait à devenir
11:23l'IA, savoir ce que nous,
11:26spectateurs ou consommateurs,
11:27on a en face de nous.
11:28La transparence, ça me paraît
11:29un point essentiel.
11:31J'ai démarré il y a trois ans
11:35en montant le premier magazine au monde
11:37dont les contenus étaient intégralement
11:38générés par l'IA,
11:39sous forme d'expérience
11:40pour justement questionner mon milieu,
11:42ce que moi je viens de la presse
11:43et du cinéma.
11:45Donc le job des journalistes,
11:47des photographes, des illustrateurs,
11:49des traducteurs,
11:50des secrétaires de rédaction, etc.
11:52Parce qu'effectivement, ça touche
11:54absolument tout le monde
11:54et à tous les endroits.
11:57Et je crois que la transparence
12:00me paraît obligatoire.
12:00Moi, immédiatement,
12:01dans le magazine que j'ai créé,
12:02parce qu'à ce moment-là,
12:03je n'ai pas reçu de réponse
12:05sur mes questionnements,
12:06mais j'ai plutôt sujeté des questions.
12:07Donc j'ai monté un média
12:09indépendant sur le sujet.
12:10Et effectivement,
12:10le point de la transparence,
12:11ça me semble essentiel.
12:12C'est-à-dire, qu'est-ce qu'on lit ?
12:14Est-ce que c'est l'humain ?
12:15Est-ce que c'est l'IA ?
12:16Ça paraît essentiel.
12:18Aujourd'hui, on va tendre vers ça.
12:20En tous les cas, les médias, etc.
12:23le stipulent.
12:24Le stipulent même, malgré nous.
12:26Et c'est super, pour le coup.
12:29Et c'est un des points extrêmement importants.
12:33Je me suis plaît.
12:34Non, mais sur la réalisation
12:35et la transparence,
12:36on a bien compris ce que vous vouliez nous dire.
12:39Sur la place de l'IA,
12:42aujourd'hui déjà,
12:43dans les films dont vous pouvez parler
12:45sur Allociné et Adrien Chabal,
12:47où est-ce que c'est le plus présent ?
12:48Sur les effets spéciaux, peut-être ?
12:49Sans qu'on le sache forcément ?
12:51Je pense que ce n'est pas encore labellisé comme tel.
12:55Dans les catalogues de films,
12:57je pense que l'industrie musicale
12:59est un petit peu en avance de charge
13:00par rapport au cinéma là-dessus.
13:02Et comme vous le rappeliez,
13:03c'est aussi un enjeu de filière
13:04avec la grève qu'on a pu connaître à Hollywood
13:07ces derniers mois,
13:08ces dernières années, pardon.
13:09C'est un peu tôt pour le dire.
13:12Ce qui est sûr,
13:12c'est que beaucoup de créatifs
13:14parlent de l'IA comme d'un outil.
13:16Et ça, je pense que c'est plutôt bon signe.
13:17Ça veut dire qu'ils vont s'en emparer
13:19et que ça va donner lieu à des créations
13:21demain qui seront très innovantes,
13:22très nouvelles.
13:23Et j'espère qu'ils rassembleront
13:25un grand nombre de publics.
13:27Et que ça se passera encore et toujours
13:28dans la salle de cinéma
13:29parce que c'est le meilleur endroit
13:30pour visualiser des contenus de qualité.
13:33C'est aussi le seul endroit,
13:34parce qu'on parle beaucoup d'IA,
13:35mais il y a la dépendance au smartphone
13:37qui est un enjeu fondamental aussi
13:39pour les jeunes générations,
13:40mais un enjeu de santé publique
13:42poussé par l'éducation nationale
13:43ou par le CNC,
13:45en tout cas dans sa thématique.
13:46Donc, on se pose pas mal de questions
13:48à cet égard.
13:49Et clairement, la salle de cinéma
13:50peut représenter un atout majeur
13:52pour contrecarrer les dérives
13:54de cette dépendance
13:55au smartphone,
13:56aux réseaux sociaux, au digital.
13:57Je pose cette question-là
13:58parce qu'on se pose aussi la question
14:00de comment faire revenir
14:01un peu plus massivement
14:03le public dans les salles.
14:04Est-ce que ça passe forcément
14:05par des blockbusters
14:06à effets spéciaux ?
14:08Non, comme on le disait,
14:09je pense que c'est la variété
14:10du cinéma en France
14:11qui est la clé.
14:12On a la chance d'être dans un pays
14:14qui va plutôt bien
14:16sur ce marché
14:16et qui d'ailleurs
14:17a inventé le cinéma
14:19il y a 130 ans
14:19comme on le sait tous,
14:21mais qui en fait
14:22est, je pense,
14:23celui qui a le plus d'écrans,
14:24le plus de salles de cinéma
14:25et la plus grande offre
14:28de cinéma local.
14:29C'est, je crois,
14:3040 ou 50 %
14:31des entrées
14:31qui sont sur le cinéma français
14:33même sur l'année 2025
14:34qui était comme on le rappelait
14:35en 2020.
14:36Donc, c'est quand même
14:37une vraie force
14:38pour le pays.
14:39Donc, les blockbusters,
14:39oui, c'est un peu
14:40les locomotives.
14:41Les locomotives,
14:41ce n'est pas que les blockbusters.
14:42Comme vous le rappeliez,
14:43on a aussi les comédies françaises,
14:45des films comme ça
14:45qui rassemblent
14:4610 millions d'entrées,
14:47les grosses sorties françaises
14:48et ça, de plus en plus,
14:50je pense.
14:51Mais on l'a vu aussi
14:52l'année dernière,
14:53c'est par exemple
14:54le film Sirat
14:55qui était un film
14:56vraiment indépendant
14:57qui a fait, je crois,
14:57700 000 entrées
14:58ce qui est énorme
14:58pour cette typologie de films
14:59où le film Sinners,
15:01alors entre-temps,
15:01il a gagné plein de prix
15:03et qui était vraiment
15:04une pépite
15:04mais qui n'était pas du tout
15:05un film de franchise
15:06ou un blockbuster
15:07sur le papier.
15:09Voilà.
15:09Donc, c'est ces films-là aussi
15:10qui arrivent à remporter
15:11le succès public,
15:12les faveurs de...
15:13Enfin, pardon,
15:14de critiques,
15:15les faveurs du public
15:16et qui, en même temps,
15:17réinventent aussi le cinéma
15:17parce que Sinners,
15:18c'est un film
15:18qui fait beaucoup
15:19dans la créativité
15:20de ce média.
15:22Et dans le défi
15:23des exploitants
15:24de salles,
15:26Sophie Girieux,
15:28il faut aller au-delà
15:29de l'offre du film
15:31pour faire revenir
15:32encore plus...
15:33Alors, c'est la base,
15:33évidemment,
15:34mais pour faire revenir
15:34encore plus de public
15:35dans les salles.
15:35C'est ça.
15:36S'il y a des bons films,
15:37les gens viendront.
15:37Ça, c'est quand même
15:38la base.
15:38Mais c'est vrai que
15:39dans les périodes
15:40qu'on a connues
15:40avec une offre de films
15:41qui a pu être déficitaire
15:42ces derniers temps,
15:43il a fallu un peu
15:44penser autrement,
15:45évidemment,
15:45face à la concurrence
15:46du streaming
15:46qui a explosé
15:47à la faveur du Covid
15:48qui s'est vraiment
15:51ressortir les gens
15:51de leur canapé.
15:52C'est devenu un vrai enjeu
15:53pour les exploitants
15:54et qu'on parle
15:54de grands circuits
15:55comme d'un petit cinéma
15:56de proximité
15:56puisqu'on a la chance
15:57d'avoir une diversité
15:58du parc français
15:59qui est unique au monde,
16:00une densité,
16:01une qualité,
16:01une diversité
16:02qui est vraiment
16:02un atout majeur.
16:04Et les exploitants
16:05ont déployé
16:05diverses stratégies.
16:06Ça a pu être
16:07et ça peut être toujours
16:08misé sur le premium,
16:09c'est-à-dire sur un équipement
16:10haut de gamme de salles
16:11à la fois d'un point de vue
16:13technologique,
16:14un son et une image
16:15qui vont être particulièrement
16:16immersifs
16:16et aussi une qualité
16:17d'assises,
16:18de fauteuils
16:18très confortables,
16:19des conditions d'accueil
16:20parfois un peu VIP,
16:21etc.
16:22Donc là,
16:22pour avoir une expérience...
16:23Déjà,
16:23quand on va au théâtre
16:24régulièrement
16:25et au cinéma régulièrement,
16:26on voit la différence
16:27sur l'assise.
16:27On voit la différence.
16:28Donc ça,
16:29c'est une expérience différenciante
16:30qui incite à sortir
16:30de chez soi.
16:31C'est des conditions
16:32de projection
16:32que je n'aurais pas chez moi.
16:33Et puis créer l'événement,
16:34peut-être aussi.
16:34Moi, j'ai ce sentiment-là
16:36quand je vais voir des films
16:36qu'il y a plein d'événements
16:38C'est l'événementalisation
16:47beaucoup moins de public
16:47qu'une séance événementalisée
16:49et qu'il s'agisse
16:49d'une avant-première,
16:50d'une rencontre avec l'équipe,
16:51d'un débat,
16:52d'un moment de convivialité
16:53qui va être proposé
16:54à l'issue de la projection,
16:56un atelier jeune public,
16:57etc.
16:57Les exploitants multiplient
16:59les actions
16:59de ce côté-là aussi.
17:01C'est nouveau,
17:03Adrien Chabal,
17:04ou c'est la continuation
17:05d'un phénomène
17:06qui existait déjà ?
17:07Ça a toujours existé.
17:07Je pense que ça s'est intensifié
17:08ces dernières années
17:09parce que les distributeurs
17:10travaillent beaucoup de concerts
17:12avec les exploitants
17:12pour organiser ces événements
17:14de ce type,
17:14des grosses tournées
17:15d'avant-première.
17:16Par contre,
17:16c'est un peu à double tranchant
17:17parce que créer l'événement,
17:18c'est super
17:19et on voit que c'est ce qui
17:20fait beaucoup d'entrées.
17:22En revanche,
17:22les gens ne se déplacent plus
17:23quand il y a moins d'événements
17:25parce qu'en fait,
17:26le cinéma est devenu
17:27en concurrence
17:28avec plein d'autres formes
17:29de loisirs.
17:29On parlait des plateformes
17:30de streaming,
17:31mais il y a aussi beaucoup
17:31le smartphone,
17:32j'y reviens,
17:33les réseaux sociaux.
17:34Je crois que les gens
17:35scrollent entre 4 et 5 heures
17:36par jour sur leur téléphone
17:38et en fait,
17:38ils passent entre 4 et 5 heures
17:40par an
17:45le cinéma affronte
17:46ces modes de consommation
17:48qui sont différents.
17:51L'événement,
17:52avant,
17:52on pouvait aller au cinéma
17:53pour se faire une toile.
17:54C'était un réflexe
17:55culturel,
17:55social
17:57qui était installé.
17:58On ne savait pas forcément
17:58ce qu'on allait voir.
18:00Ça peut arriver toujours,
18:01je pense,
18:01dans certains comportements
18:02spectateurs,
18:02mais les gens aussi,
18:03on le voit,
18:04ils ont une frénésie
18:04pour tel film
18:05qu'il ne faut pas rater
18:06et ça,
18:06ce n'est pas là
18:06pour un blockbuster
18:07ou aussi comme le petit film
18:08Pépite
18:09que j'évoquais tout à l'heure.
18:11En fait,
18:11ce côté événementiel,
18:13il est un peu à double tranchant.
18:14Il faut réinstaller,
18:15je pense,
18:15le réflexe cinéma
18:16comme une sortie culturelle
18:17à part entière
18:18et ça,
18:18les exploitants,
18:19les distributeurs,
18:20ceux qui font les films
18:20et qui les distribuent
18:21ont vraiment un rôle énorme
18:22à jouer.
18:23Avec la question aussi
18:25des nouveaux talents
18:26qui émergent,
18:27c'est vrai que le système
18:29français de financement
18:30du cinéma
18:30permet depuis des décennies
18:32à des nouveaux talents
18:32d'émerger.
18:33Est-ce que,
18:33je reviens vers vous,
18:34est-ce que l'IA,
18:35c'est aussi un moyen
18:37pour des créateurs
18:39qui n'arrivaient pas
18:41ou pour qui c'était
18:41plus difficile de percer,
18:44de se faire un nom
18:45et de se faire connaître ?
18:46Oui,
18:47la technologie le permet.
18:48La technologie de l'IA
18:49permet de aplanir
18:51l'aspect technologique.
18:52C'est-à-dire,
18:52tout le monde a accès
18:56à la technologie.
18:58Ce qui va faire la différence,
18:59c'est la vision.
19:00Et du coup,
19:01effectivement,
19:01il y a des...
19:02Par exemple,
19:02je pense à Denis Larzière
19:04qui a été primé
19:05à Wife
19:08comme étant son premier film
19:09alors qu'en fait,
19:10il a fait plein d'autres films
19:11parce qu'il est réalisateur
19:11mais en fait,
19:12il a eu son prix
19:13du premier film Wife.
19:14Et notamment,
19:15les films qui ont été
19:17récompensés
19:18sont plutôt des films
19:20qui seraient qualifiés
19:21de cinéma d'auteur.
19:22En fait,
19:23ce n'est pas du tout
19:23des films
19:24où il y avait des explosions
19:25dans tous les sens.
19:25C'était plutôt des films
19:27avec une forte vision,
19:28notamment
19:29Léo Cannon
19:30avec Costa Verde
19:31qui est vraiment un film
19:32avec les loges
19:33de la lenteur.
19:34D'ailleurs,
19:34on se posait la question
19:34de savoir s'il était en IA.
19:35on était même presque certains
19:38que c'était
19:38de l'hybridation
19:40alors qu'en fait,
19:40c'était presque
19:41Fullia pour le coup
19:41mais avec une équipe.
19:43Et c'était vraiment
19:43l'éloge
19:44de la lenteur.
19:46Il y a eu aussi
19:47un film d'animation
19:48qui a eu le prix
19:49de la presse
19:50d'Anorel
19:50et c'est pareil,
19:51c'est vraiment
19:52une très forte vision humaine
19:53donc c'était plutôt
19:55très ration
19:55de mon côté.
19:57Je pose cette question
19:58de l'émergence
19:59des nouveaux talents
19:59parce qu'on a quand même
20:01un système,
20:02Sophie Girieux,
20:03de financement du cinéma.
20:04Alors je ne sais pas
20:05s'il est unique au monde.
20:06Il est unique au monde.
20:06Bon voilà,
20:07je préfère être sûr
20:10grâce à vous
20:10mais est-ce qu'il est
20:12un peu en danger ?
20:15C'est-à-dire qu'on est
20:15dans une période
20:18de carence budgétaire
20:20et d'endettement record
20:22en France.
20:22Donc est-ce que ça impacte
20:23aussi le financement
20:24du cinéma ?
20:25Alors ça ne l'impacte pas
20:26aujourd'hui parce qu'on a
20:27la chance d'avoir
20:27un système qui est très robuste,
20:29qui est très intelligent,
20:29qui a été très bien pensé
20:30après-guerre,
20:31qui fait que ce n'est pas
20:32un système qui est dépendant
20:32de subventions publiques.
20:34C'est un système
20:35qui se finance par des taxes.
20:36Par les spectateurs
20:37que nous sommes.
20:38Et donc,
20:38comme on le rappelle souvent,
20:39le cinéma américain
20:40finance la création française
20:41puisque la taxe
20:42de 10-72% de TSA
20:44prélevée sur les entrées
20:45en salle
20:45est prélevée
20:45sur tous les billets.
20:47Il y a une taxe aussi
20:48sur les chaînes de télévision,
20:49sur les distributeurs
20:50de télévision,
20:51sur la vidéo à la demande,
20:52etc.
20:52Donc on a un système
20:53qui s'auto-alimente
20:54et on est à la fois
20:56contributeur et bénéficiaire.
20:57Donc c'est extrêmement vertueux
20:58et ça permet de financer
20:59tous les maillons de la chaîne,
21:01de la production
21:01à l'exploitation
21:02aux nouvelles formes
21:03de diffusion, etc.
21:04Donc tel qu'il est aujourd'hui,
21:06il n'est pas en danger
21:07mais il pourrait être remis
21:08en question
21:08s'il y avait
21:09des changements politiques
21:11dans les années à venir
21:12et une volonté
21:13de remettre en question
21:14ce système
21:15parce qu'on a pu entendre
21:16des choses ces temps-ci
21:17sur ce sujet
21:18et heureusement
21:18le président du CNC
21:20a fait un vrai effort
21:21de vulgarisation
21:22et de pédagogie
21:23pour réexpliquer ce modèle
21:24et de dire non.
21:25En fait,
21:25si vous ne consommez pas de cinéma,
21:26vous ne contribuez pas.
21:27Donc il y a vraiment
21:29une logique là-dessus
21:29qui est tout à fait saine
21:31et très solide en fait.
21:33Est-ce que ce modèle,
21:34il a été copié,
21:36Adrien Chabal ?
21:37Ou est-ce qu'il a inspiré
21:38d'autres pays dans le monde ?
21:39Je pense qu'il y a des gens
21:40qui ont voulu le copier
21:41mais ça n'a jamais été égalé.
21:42Comme on le disait,
21:42c'est un système
21:43qui est unique au monde
21:44et d'ailleurs les Américains
21:45nous l'envient,
21:45ils le disent régulièrement
21:47dans les différents rassemblements
21:49interprofessionnels du cinéma.
21:50Donc non,
21:50non,
21:51ça n'existe nulle part ailleurs
21:52et donc non seulement
21:54chaque billet,
21:55chaque visionnage
21:56à la télévision
21:57ou sur une plateforme
21:58contribue à ce système
21:59mais en plus,
22:00c'est ce qui nous donne
22:01la clé
22:01pour l'innovation culturelle
22:03de demain.
22:03C'est les films
22:04qu'on regarde aujourd'hui,
22:05notamment les gros blockbusters,
22:06les grosses comédies
22:07qui rassemblent,
22:07qui vont financer
22:08la création,
22:09l'innovation
22:10de demain.
22:11Donc c'est hyper important
22:12de conserver
22:13la philosophie
22:14de ce système
22:15qui est extrêmement vertueux.
22:16Est-ce que vous parliez,
22:18on a beaucoup parlé
22:19de smartphones
22:19dans ce débat,
22:21mais est-ce que
22:24on est en train
22:24d'adapter
22:25la créativité,
22:26les formats
22:27à cet outil
22:29dans le monde
22:29du cinéma aussi ?
22:30Oui,
22:30parce que forcément
22:31avant l'IA,
22:32il y avait une autre évolution
22:33qui était celle
22:33des créateurs de contenu
22:34et des plateformes vidéo
22:35sur le digital,
22:36donc YouTube
22:37ou TikTok.
22:37Il y a tout un écosystème
22:39qui s'est créé
22:39autour de ça
22:40et donc forcément
22:41les codes de la création
22:42se sont adaptés
22:43que ce soit dans
22:43la conception des programmes,
22:45des formats,
22:45mais aussi dans leur distribution,
22:47leur marketing.
22:48On voit là,
22:49il y a toute une génération
22:50de jeunes talents
22:51qui ont émergé
22:53grâce aux plateformes
22:53et qui ont envie
22:54de passer devant
22:54ou derrière la caméra,
22:55mais en tout cas
22:56de contribuer
22:58au foisonnement créatif.
22:59Aux Etats-Unis,
23:00il y a eu plusieurs exemples
23:01ces 18 derniers mois
23:02de YouTubers,
23:03de créateurs de contenu
23:04qui ont proposé des films
23:05qui ont été diffusés en salle.
23:06Donc la clé,
23:06c'est cette passerelle-là.
23:07Comment on crée
23:08une appétence
23:09pour le cinéma grand écran
23:10à partir du petit écran
23:11ou du smartphone ?
23:12C'est un peu ça
23:13le rôle de passeur
23:14qu'on doit tous endosser.
23:16C'est que je pense
23:17qu'on l'a tous vécu,
23:18on se souvient tous
23:19du premier souvenir
23:19qu'on a dans une salle de cinéma.
23:21En revanche,
23:21personne ne se souvient,
23:22je vous le mets au défi,
23:23de la première vidéo
23:24qu'il a visionnée ce matin
23:25sur son téléphone.
23:27C'est même parfois
23:28au bout de 40 minutes
23:29de scroll,
23:30on se dit
23:30mais qu'est-ce que j'ai regardé ?
23:32Qu'est-ce que tu te souviens ?
23:33Voilà,
23:33et donc une des clés,
23:34c'est qu'au cinéma,
23:36normalement,
23:36on ne scrolle pas
23:37sur son téléphone
23:37parce que c'est des expériences
23:39immersives,
23:39collectives,
23:40qui sont formidables.
23:41Donc je pense que
23:42les créateurs
23:42et demain,
23:43les artistes,
23:44ils y a,
23:44ont conscience de ça,
23:45ont des envies
23:46d'aller inventer
23:47des nouveaux formats,
23:48des nouvelles narrations
23:49sur ces nouveaux
23:50écosystèmes créatifs.
23:51C'est ça la bonne nouvelle.
23:52Ces passerelles,
23:52elles existent déjà ?
23:55Oui, en fait,
23:56les films,
23:57là aujourd'hui,
23:5816-9ème passe en 9-16ème
24:00et effectivement,
24:00c'est une narration
24:01qui est différente,
24:01c'est un angle qui est différent,
24:02c'est un travelling en 9-16ème,
24:04enfin,
24:04ce n'est pas la même chose.
24:05Du coup,
24:05déjà,
24:06ce sont des questions
24:07qui se posent.
24:08On apprend à filmer
24:09pour s'adapter
24:10au format d'un téléphone.
24:12Le 9-16ème
24:13dont vous parlez,
24:14c'est ça ?
24:14C'est ça.
24:14C'est un format vertical.
24:15Le format vertical,
24:16c'est un plan en 9-16ème,
24:18enfin voilà,
24:18un travelling,
24:19un zoom in,
24:20un zoom out,
24:20c'est vraiment très différent
24:21et la narration
24:22pour des personnes,
24:23parce qu'il y a plein de personnes
24:24dans la communauté
24:25qui sont des réalisateurs
24:26avant,
24:26avant IA,
24:27il y a plein de gens
24:27qui sont avant IA,
24:28en fait,
24:29évidemment,
24:30et c'est une technique
24:31de narration
24:32qui est complètement différente,
24:33notamment dans les micro-dramas
24:34actuels,
24:35et c'est ce petit,
24:37c'est ce format
24:39qui change tout,
24:40enfin,
24:40la conception,
24:41la conception même
24:42est impactée.
24:46Non,
24:46alors,
24:46la façon de penser un film,
24:47tout simplement,
24:48et de le mettre en image,
24:49c'est ce que vous êtes
24:50en train de nous décrire.
24:54Il nous reste quoi,
24:542,30 ?
24:55Tiens,
24:55on peut parler,
24:55on a beaucoup parlé
24:56de la force du cinéma français,
24:57de la force de ce modèle
24:59et de l'importance
25:01des films à succès
25:02qui vont tirer l'ensemble.
25:04La répartition
25:05entre films français,
25:07films américains,
25:08aujourd'hui,
25:09on est dans quel...
25:10Alors,
25:10c'est vraiment une question de curieux.
25:11Oui,
25:12là aussi,
25:13c'est à souligner,
25:13c'est qu'on a la chance
25:14d'avoir un cinéma national
25:15qui fait des entrées,
25:16ce qui est un des rares pays au monde
25:18où c'est le cas.
25:19Donc,
25:19selon les années,
25:19le cinéma français,
25:20c'est entre un tiers
25:21et 45% des entrées.
25:23Voilà,
25:24à peu près.
25:24Le cinéma américain
25:25est un peu plus fort,
25:27c'est-à-dire qu'on est plutôt
25:27entre 40 et 50%,
25:29mais vous voyez,
25:29on est presque sur...
25:30pas loin de 50-50
25:31et on a 10-20%
25:32selon les années
25:33qui sont d'autres cinématographies.
25:34Et ça,
25:35c'est très rare.
25:36À part les États-Unis
25:36et quelques pays asiatiques
25:38et la Turquie aussi
25:39qui a une production nationale
25:40de films populaires
25:41qui fait que
25:42les films turcs
25:43font une grande part
25:44des entrées nationales.
25:44La France est un cas d'école
25:46où on a chaque année
25:4840% des entrées
25:49qui sont des films français.
25:50L'Inde, peut-être ?
25:51Bien sûr,
25:52on a l'Inde,
25:52on a la Chine
25:53parce qu'il y a des quotas
25:54qui sont très élevés,
25:54donc là,
25:55c'est encore d'autres raisons.
25:56la Corée du Sud
25:56et le Japon.
25:57Voilà.
25:58Et ça,
26:00cette spécificité française,
26:01Adrien Chabal,
26:02c'est aussi ce qui permet
26:03à des petits films...
26:04Parce que souvent,
26:05moi, j'entends des critiques,
26:06j'ai des potes qui disent
26:07« Attends,
26:08tu vas voir ça au cinéma,
26:09mais qu'est-ce que c'est
26:09que ce film ?
26:11Il a été fait pour une élite,
26:12il va y avoir
26:1420 000 spectateurs
26:15et pourtant,
26:17il a été financé
26:17et ils ne vont pas perdre d'argent. »
26:18Vous voyez ce que je veux dire ?
26:19Cette critique-là,
26:20qu'est-ce qu'on peut répondre à ça ?
26:21Encore une fois,
26:22si c'est les assidus
26:23qui se rendent dans les salles,
26:24quand ils ont vu
26:25le blockbuster,
26:25la grosse comédie,
26:26ils vont se diriger
26:27vers leur troisième,
26:28leur quatrième,
26:28leur cinquième choix,
26:29etc.
26:30Donc forcément,
26:31il y a des plus petits films
26:32qui peuvent exister
26:34de cette manière-là
26:34grâce à ce public
26:35qui sont différents...
26:36Mais grâce au financement
26:37aussi du CNC,
26:38c'est-à-dire que ces films
26:39n'existeraient pas
26:39sans ces...
26:40Comme on le rappelait,
26:41ce financement-là,
26:42il pèse sur le budget
26:44impôt de personnes.
26:45C'est uniquement
26:45les spectateurs
26:46qui contribuent
26:47à la télévision
26:48ou au cinéma
26:48à travers leur parcours
26:50à financer
26:51toute cette création.
26:53Et puis il y en a
26:54qui ont vraiment
26:54une portée sociale,
26:56sociétale
26:56qui ne s'adressent pas
26:57du tout à une élite.
26:59Ces films,
26:59ils sont une toute petite part
27:00du budget global
27:01du CNC
27:03mais ils représentent
27:04en fait la création
27:05de demain.
27:06Donc c'est très important
27:06de les préserver
27:07et d'aller dans les salles
27:07de cinéma pour les visionner.
27:08On va terminer là-dessus.
27:09Allez au cinéma, évidemment.
27:11Merci beaucoup
27:12à toutes et à tous
27:12d'avoir participé
27:13à ce débat.
27:14Voilà, c'est la fin
27:15de ce Smart Trends.
27:16Merci à vous
27:17de votre fidélité
27:18à la chaîne
27:18des audacieuses
27:19et des audacieux.
27:20Je vous dis à très vite.
27:21Salut.
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