- il y a 2 heures
Jeudi 30 avril 2026, retrouvez Raphaël Thuin (Directeur des stratégies de marchés de capitaux, Tikehau Capital), Sophie Chauvellier (Gérante allocation d'actifs, Dorval AM), Nadia Gharbi (Économiste, Pictet Wealth Management) et Florian Ielpo (Responsable Macro au sein de l'équipe Multi-Asset, Lombard Odier IM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart for Change.
00:11Pour rester à l'écoute des marchés chaque jour, vous nous suivez en direct à 17h à la télévision via
00:16vos box
00:16et vous nous retrouvez chaque soir en rattrapage, soit en replay vidéo sur notre plateforme bsmart.fr,
00:22soit en podcast audio sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:26Au sommaire de cette édition ce soir, une séance caractéristique, emblématique même, du triptyque
00:33qui anime les marchés et les investisseurs en ce moment, à savoir la dimension géopolitique,
00:41toujours bien sûr, avec beaucoup de volatilité aujourd'hui sur les marchés obligataires et sur les marchés pétroliers.
00:48Peut-être que l'option militaire côté américain est en train de revenir sur le devant de la scène,
00:52en plus du levier économique et de ce blocus des ports iraniens qui pourraient être étendus et prolongés
00:59selon les volontés de Donald Trump.
01:01L'option militaire peut-être de retour avec l'idée de frappe intensive, courte et peut-être décisive
01:10pour ramener peut-être l'Iran à la table des négociations et donc de la volatilité sur les grands marchés
01:16macro.
01:17On avait d'ailleurs en plus une expiration du contrat Brent pour le mois de juin
01:22qui a amené un peu de volatilité supplémentaire sur les cours du pétrole
01:25qui reste au-delà de 100 dollars, 110 dollars pour le baril de Brent
01:28et puis de la volatilité sur les devises également, avec une intervention probable des autorités japonaises
01:34pour défendre le Yen qui est passé de 160 à 156 contre-dollar en quelques secondes,
01:40à peine un mouvement de plus de 2% donc sur le Yen qui aura marqué cette séance.
01:45L'autre dimension qui anime les marchés bien sûr ce sont les résultats microéconomiques
01:50relatifs au premier trimestre et quand on parle de résultats d'entreprise
01:54c'est évidemment la tech qu'on regarde en premier lieu avec 4 des 5 GAFAM
01:58qui ont publié hier soir leurs résultats, des chiffres titanesques bien sûr dans l'absolu
02:03mais quand on regarde les réactions de marché on voit quand même que les investisseurs sont prêts à être sélectifs
02:08dans ce thème de l'IA qui guide tout aujourd'hui, des réactions de marché très positives
02:14sur les résultats d'Alphabet qui s'envolent de 5%, beaucoup plus négatives en revanche
02:18quand on regarde la réaction de marché sur Meta qui décroche de 10% actuellement.
02:24Pauline Grattel vous apportera plus de détails encore sur ces chiffres dans un instant.
02:28Et puis la macroéconomie et les banques centrales qui est donc la troisième dimension de ce triptyque
02:35avec un rebond de la croissance américaine au premier trimestre un peu moins important que prévu
02:39une croissance européenne au premier trimestre qui s'est nettement affaiblie
02:45et dans les deux cas des pressions et des tensions inflationnistes qui sont en train de remonter en mars et
02:50en avril
02:51ce qui rend la tâche toujours un peu plus complexe pour les banques centrales.
02:55Nous en parlerons avec nos invités de l'année de marché et spécifiquement également dans le dernier quart d'heure
02:59de Smart Bourse
02:59avec les équipes de Pictet Wealth Management.
03:12Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse, Pauline Grattel est avec nous
03:15et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
03:17Bonsoir Pauline.
03:18Bonsoir.
03:18Au bord de l'Overdose, donc une séance extrêmement chargée aujourd'hui pour les investisseurs.
03:22Oui, tout d'abord au Moyen-Orient, la tension monte d'un cran.
03:26Selon Axios, l'amiral Brad Cooper doit soumettre aujourd'hui à Donald Trump
03:29des options allant de frappes ciblées à une opération d'envergure.
03:34Conséquence avec un détroit d'Hormuz bloqué depuis deux mois, le pétrole est volatile.
03:38Après avoir franchi les 125 dollars cette nuit au plus haut depuis quatre ans,
03:42le baril de Brent cède finalement du terrain dans l'après-midi pour évoluer autour de 115 dollars.
03:48Côté obligataire, la pression reste forte.
03:50Le rendement américain à 10 ans évolue autour de 4,40% et sur le marché d'échange, le dollar
03:56cède du terrain.
03:57En Europe, les indices actions hésitent.
03:59Le CAC 40 repasse sous les 8000 points au cours de la séance avant d'évoluer finalement autour de l
04:04'équilibre.
04:05Enfin, à Wall Street, les indices ont du mal à trouver une tendance en début de séance.
04:09Et puis les grandes banques centrales du G7 prenaient la parole ces dernières heures
04:13et jouent aujourd'hui encore avec la BCE et la Banque d'Angleterre.
04:16Oui, comme prévu, la Fed tout d'abord maintient ses taux entre 3,5 et 3,75%.
04:22Cette réunion est toutefois historique.
04:23C'était la dernière de Jérôme Powell qui annonce d'ailleurs rester gouverneur.
04:28Et la première depuis plus de 30 ans à compter quatre dissidents.
04:31De son côté, la BCE choisit aussi la stabilité.
04:35Son principal taux directeur demeure inchangé à 2%.
04:38L'institution annonce rester attentive aux tensions au Moyen-Orient.
04:42Enfin, la Banque d'Angleterre stabilise son taux à 3,75% malgré une voie dissidente.
04:48Pas mal de données macro également au programme, Pauline,
04:51avec d'abord les premières estimations d'inflation qui étaient attendues un peu partout.
04:55Oui, aux Etats-Unis, l'indice PCE progresse de 0,7% sur un mois et de 3,5%
05:01sur un an.
05:01Le corps PCE s'établit à plus 0,3% sur un mois et 3,2% sur un an.
05:07Ces deux indices indicateurs privilégiés par la Fed sont tout à fait conformes aux attentes.
05:11En zone euro pour le mois d'avril, l'inflation globale atteint 3% sur un an, plus 1%
05:17sur un mois.
05:18Tandis que l'inflation cœur se stabilise à plus 2,2%, des chiffres conformes aux attentes.
05:24En revanche, la situation est plus contrastée à l'échelle nationale.
05:27En France, l'inflation est supérieure aux attentes.
05:30Et puis la croissance également, avec des premières estimations là aussi publiées aujourd'hui.
05:35Oui, la croissance américaine au premier trimestre s'établit à 2% en rythme annualisé en première lecture.
05:40C'est inférieur aux attentes.
05:42En zone euro, le PIB ne progresse que de 0,1% sur le premier trimestre.
05:46C'est moins qu'attendu, malgré le fait que les croissances allemandes et espagnoles soient supérieures aux attentes.
05:52Après ces nombreuses données, le rendement allemand à 10 ans se détend et évolue autour de 3,05%.
05:57Et puis à la frontière entre la micro et la macro, vu la taille de ces entreprises et les dépenses
06:04injectées dans l'économie,
06:05on parle bien sûr des publications d'Alphabet, de Meta, de Microsoft et d'Amazon hier soir.
06:10Oui, Alphabet signe sa plus forte croissance en 4 ans avec un chiffre d'affaires en hausse de 20%
06:16et un bénéfice qui s'envole de 80%.
06:18Le groupe accélère également massivement ses investissements pour 2026 et l'an prochain.
06:24Le titre bondit de 5%.
06:25Chez Microsoft, c'est mieux que prévu.
06:28Les revenus grimpent de 18% et le cloud Azure bondit de 40%.
06:32Malgré ça, l'action affiche un repli de 3%.
06:35Même scénario pour Meta, malgré un chiffre d'affaires en hausse de 30%.
06:39Le titre plonge de 10% à cause d'un nombre d'utilisateurs décevant et des dépenses qui explosent.
06:45Enfin, Amazon dépasse les attentes avec des ventes en hausse de 20% et un cloud à plus 30%.
06:50Le titre évolue autour de l'équilibre.
06:52Beaucoup de résultats au-delà des GAFAM.
06:54On pourra retenir en Europe et en France notamment la contre-performance du secteur bancaire,
07:00en tout cas sur le plan boursier aujourd'hui.
07:02Oui, toutes les valeurs bancaires qui ont publié leurs comptes sont dans le rouge.
07:06Malgré un résultat net meilleur qu'attendu, BNP Paribas cède 3%.
07:10Sanctionnée parce que la banque d'investissement n'a pas réussi à profiter du conflit au Moyen-Orient.
07:15Crédit Agricole et Société Générale plongent de 5%.
07:18Le secteur bancaire au sein du stock 600 chute de plus de 1%.
07:22Enfin, Stellantis cède plus de 7% malgré des résultats dans le vert.
07:26Qu'attend-on demain sur les marchés, Pauline ?
07:29Demain, de nombreuses places boursières resteront fermées.
07:31Parmi lesquelles la France, l'Allemagne mais aussi la Suisse ou encore la Chine.
07:35Les investisseurs arbitreront tout de même les résultats d'Apple publiés ce soir après la clôture des marchés.
07:41Demain, les comptes de ExxonMobil, Chevron ou encore Moderna sont au programme.
07:44Et côté macro, l'ISM manufacturier américain pour le mois d'avril est attendu.
07:49Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse.
07:51Pauline Grattel est à nos côtés et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
08:053 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
08:09Sophie Chauvelier est à nos côtés, gérante allocataire chez Dorval Asset Management.
08:12Bonsoir Sophie.
08:13Bonsoir Grégoire.
08:13Florian Yelpo nous accompagne, responsable macro chez l'Embarodier IEM.
08:17Bonsoir Florian.
08:18Bonsoir.
08:18Et Raphaël Thuin, responsable des stratégies de marché de capitaux chez Tikeo Capital.
08:23Bonsoir Raphaël.
08:24Bonsoir Yelpo.
08:24Bon je le disais, le triptyque qui anime les marchés, on va essayer d'évoquer chacune de ses dimensions
08:29en commençant peut-être par la dimension la plus importante, le thème de l'IA, Raphaël,
08:35et les résultats de 4 hyperscalers critiques évidemment pour ce thème de l'intelligence artificielle,
08:43Microsoft, Alphabet Google, Meta et Amazon.
08:48Qu'est-ce que vous retenez des résultats, des annonces en matière de capex,
08:52de la rentabilité associée à ces dépenses d'investissement ?
08:56Et puis venons-en ensuite au price action, aux réactions de marché.
09:00Et pourquoi est-ce qu'un Alphabet Google bondit de 5-6% quand un Meta décroche aujourd'hui de
09:0510% par exemple ?
09:06Non c'était une journée importante parce qu'effectivement ce facteur tech, ce facteur IA a justifié le rebond de
09:12marché.
09:12Il y a une forme de tension dans le marché entre l'Iran d'une part négatif et la tech
09:16qui semble vouloir porter le marché.
09:18Et donc on a levé un petit peu le voile un petit peu sur la réalité de cette tendance.
09:22Et globalement quand on prend les chiffres à valeur faciale, ça a été des résultats extraordinaires
09:27au niveau des revenus, du chiffre d'affaires, au niveau de la profitabilité, des marges.
09:32On est vraiment sur des ovnis de la place en termes de trajectoire.
09:3720-30% de croissance pour ces groupes-là en termes de revenus sur un trimestre.
09:41C'est impensable.
09:42On a du mal à imaginer, vu la taille de ces entreprises, comment on arrive à ce type de croissance.
09:47Et on l'a vu évidemment sur la thématique IA,
09:49mais aussi sur la thématique IA qui finalement réverbère sur, on va dire, leur business historique.
09:55On va parler par exemple de la barre d'outils de recherche chez Google,
09:59sur la capacité pour Meta d'aller cibler la publicité en ligne.
10:03Ces investissements IA ruissellent sur l'ensemble de leur écosystème.
10:06Donc ça, c'est très encourageant.
10:09Sur la partie demande IA, demande de calcul, data center,
10:14là on a une confirmation de ce qu'on savait plus ou moins déjà.
10:16La demande est extraordinaire, elle va de très loin démultiplier,
10:22en tout cas surpasser la capacité d'offre que ces entreprises proposent.
10:27Et donc là vraiment, on comprend, on a la confirmation que ces dépenses d'investissement,
10:30finalement, elles sont justifiées.
10:32Il y a une demande qui est incommensurable.
10:34Et aujourd'hui, une partie de la réussite de ces entreprises et de ces valeurs,
10:38ça sera la capacité à monétiser cette demande.
10:41Les carnets d'ordre en attente sont gigantesques.
10:44Maintenant, il va être question de mettre en ligne des capacités de calcul,
10:49d'ouvrir des data centers, d'investir.
10:52Et donc là où le discours était un petit peu sceptique il y a quelques mois
10:56sur la nécessité de ces dépenses d'investissement,
10:59de la taille de ces dépenses d'investissement,
11:01aujourd'hui, quand on voit la demande et l'accélération de cette demande,
11:04on comprend mieux pourquoi.
11:05Donc là, ça a été un enseignement intéressant.
11:08Sur la demande, Raphaël, ils ont encore une visibilité, comment dire, confortable.
11:12Ce n'est pas une visibilité à un ou deux trimestres.
11:16J'entends certains, alors dans le secteur des semi-conducteurs en l'occurrence,
11:19je crois que c'était le management de SKINX ces derniers jours,
11:24qui parle d'une visibilité sur la demande excédent l'offre,
11:27peut-être sur deux ou trois ans encore.
11:30gigantesque, ce qui d'ailleurs a justifié un repricing des dépenses d'investissement.
11:35Donc ça, c'est un sujet de marché important.
11:37Trois de ces quatre grandes techs ont repricé à la hausse leurs attentes d'investissement.
11:43C'est une surprise, y compris chez nous, on ne s'attendait pas à ce que ça vienne si tôt
11:46dans l'année,
11:47dès le premier trimestre.
11:48Ça en dit long sur la demande.
11:49Alphabet a même parlé d'augmentation significative de ses dépenses d'investissement l'année prochaine, en 2027.
11:55Ils sont déjà à 200 milliards.
11:57Je ne sais pas ce que c'est, augmentation significative,
11:59mais manifestement, ils voient de la demande.
12:01Et encore une fois, on est sur une crise existentielle.
12:05Il faut être capable de la monétiser avec des dépenses d'investissement.
12:09Donc c'est vraiment ça la thématique.
12:11Alors après, on va se rendre compte que chacune de ces valeurs
12:13a finalement des histoires assez singulières, idiosyncratiques.
12:17C'est difficile de trop généraliser non plus.
12:19Vous avez mentionné des mouvements de marché qui diffèrent d'une valeur à l'autre.
12:23Donc il faut faire de la distinction, mais c'est vrai que cette tendance globale, elle impressionne.
12:26Sur la demande, il n'y a pas de sujet.
12:28Et puis on écoute ce que disent les management et les opérationnels qui sont effectivement sur le terrain.
12:34Sur la capacité à servir cette demande,
12:37alors évidemment, il y a des tensions aujourd'hui, peut-être conjoncturelles liées à l'Iran,
12:42mais est-ce qu'on se retrouve assez vite face à des limites, des contraintes d'offres,
12:47des pénuries de composants qui pourraient à un moment abîmer cette trajectoire de déploiement des CAPEX ?
12:54Raphaël, est-ce que c'est un sujet crispant pour le marché ?
12:57Est-ce que ça peut être un point de crispation pour le marché ?
12:59C'est un sujet d'inquiétude.
13:01Dans quelle mesure on va être capable d'exécuter ces ordres en attente ?
13:05Ça, c'est un vrai problème.
13:06Un data center, ça met du temps à être construit.
13:08On va parler de 18 mois pour construire un data center.
13:11On sait qu'il y a un temps de retard entre les dépenses d'investissement et la capacité de mettre
13:15en ligne.
13:16Souvenez-vous que, par exemple, ça a beaucoup pénalisé Amazon l'année dernière,
13:19qui avait été un petit peu lent à mettre en ligne cette capacité de calcul,
13:23qui cette année se retrouve, parce que ça y est, elle est devenue en ligne,
13:26mais on se rend bien compte qu'on est dans une espèce de course à l'échalote,
13:28course à l'infini, à le plus rapidement essayer d'exécuter.
13:32Et on se rend bien compte aussi que dans cette chaîne de valeurs,
13:35il y a des points de tension sur des composantes.
13:37Je ne parlerai pas des financements qui, de leur côté, sont infinis,
13:41mais sur certains composants, en particulier les composants de mémoire,
13:44on est sur des points de tension qui sont difficiles.
13:47Donc, cette capacité d'exécuter cette demande à travers la possibilité de mettre en ligne de l'offre,
13:54elle est vraiment clé, et c'est là-dessus aussi qu'on jugera chacun de ces acteurs.
13:58Oui. Bon, comment vous regardez ce thème ?
14:00À l'aune des résultats qui ont été publiés, il y a ceux des hyperscalers,
14:03mais il y a eu déjà un certain nombre de fournisseurs, d'équipementiers,
14:06dans le secteur des semi-conducteurs, en Asie notamment, Sophie.
14:11Et puis, parlons aussi de ce que ça vaut sur les marchés aujourd'hui.
14:14Raphaël le disait, c'est le grand retour des GAFAM,
14:17et c'est la poursuite d'une hausse stellaire pour le secteur des semi-conducteurs,
14:22qui va boucler un mois d'avril, peut-être, avec, je ne sais pas, 20 ou 22 séances,
14:26une vingtaine de séances de hausse sur 24 jours de marché, ou quelque chose comme ça.
14:31Et un price earning qui est désormais autour de 60 pour le secteur des semi-conducteurs aux Etats-Unis.
14:37Comment on reste exposé à ce thème-là sans prendre le risque de se brûler les doigts ?
14:41Alors, le thème, ça reste, nous, dans nos allocations internationales, ça reste le thème clé.
14:48Et quand le stress en Iran s'est manifesté,
14:52enfin, la guerre entre l'Iran et les Etats-Unis s'est manifestée,
14:54on a, effectivement, soldé tous les thèmes, sauf celui-là.
14:58Parce que, effectivement, on reste dans...
15:04C'est un thème de construction beaucoup plus profond et plus durable.
15:09Ça permet de regarder loin.
15:11Voilà. Et puis, ça permet aussi de s'abstraire un peu des questions de cyclicité,
15:15auxquelles on est confronté avec le choc pétrolier.
15:19Donc, on est, effectivement, dans cette logique-là aujourd'hui.
15:22C'est une chaîne de valeur qui est quand même très, très large.
15:24Et si on prend l'ensemble de cette chaîne de valeur,
15:27en fait, la valorisation relative a plutôt baissé.
15:29C'est-à-dire qu'on est beaucoup moins cher aujourd'hui qu'il y a six mois.
15:32Les primes vont moins vite que la croissance des bénéfices.
15:35Absolument. Donc, en fait, la valorisation relative est aujourd'hui plus attractive qu'il y a six mois.
15:40Et donc, ce qui continue, c'est aussi ça qui a ramené, je pense, les investisseurs vers cette question.
15:45Et puis après, c'est-à-dire que, en fait, tant que la musique joue,
15:49et quand on parle des semi-conducteurs, du SOX, en antenne,
15:52on parlait de la spéculation, effectivement, qui était mise en place par le marché des investisseurs particuliers
15:58sur le SOX, sur l'indice des semi-conducteurs,
16:02entre guillemets, c'est une question qu'on se pose quotidiennement.
16:04Mais tant que la musique joue, on a cet avantage.
16:08Et c'est surtout le segment qui emporte la meilleure visibilité aussi,
16:14puisque les carnets de commandes sont pleins,
16:15puisqu'on parle maintenant de visibilité à horizon 2029, voire 2030.
16:20Oui, c'est ça.
16:21Donc, bon, voilà.
16:22C'est devenu un secteur acyclique.
16:23Moi, j'ai connu au début de ma jeune carrière, ma petite carrière.
16:26Il s'adurait de 18 mois.
16:27Ah bah, c'était des cycles ultra courts.
16:29Voilà, 18 mois.
16:29Et puis, une amplitude de mouvement d'une violence incroyable.
16:33Surcapacité, sous-capacité, c'était en permanence.
16:35C'était le job de ces management, de gérer ces moments-là.
16:38On le retrouvera, mais pas tout de suite.
16:40Mais en tout cas, pour le moment...
16:41Les cycles plus longs, quand même.
16:42Voilà, exactement. Pour le moment, le cycle s'allonge.
16:44Et c'est vrai qu'on imaginait que le pic des investissements allait être en 2026.
16:48Et puis maintenant, on est en train de comprendre que le pic des investissements,
16:51ça ne sera pas 2026, ça va être plutôt 2027.
16:54Et puis, on va voir.
16:55Et on est en train de tirer, en fait.
16:56On est en train de tirer progressivement.
16:57Donc, c'est vraiment une des questions que nous, on se pose aujourd'hui du point de vue de l
17:00'investissement.
17:01C'est à quel moment, en fait, la dérivée seconde va commencer à s'infléchir réellement.
17:05Et pour l'instant, on ne le voit pas, puisque, enfin, c'était extrêmement bien expliqué.
17:09Mais pour le moment, on ne le voit pas.
17:13Et les chiffres qui sont présentés sont très, très impressionnants.
17:17Les carnets de commande des hyperscalers agrégés, dont je les ai vus aujourd'hui, c'est 1500 milliards de dollars.
17:24Donc, c'est des investissements qui continuent d'augmenter.
17:27Et au début, on se posait la question du retour sur investissement que vous évoquiez.
17:31Et aujourd'hui, on ne se la pose plus.
17:32Voilà.
17:33Donc, le résultat aujourd'hui, c'est qu'on ne se pose plus cette question-là.
17:36Et que quand on voit l'incrément de CAPEX annoncé par Alphabet,
17:40et qu'on voit l'incrément de business, on se dit, bon, ben voilà, le retour sur investissement, il est
17:44là.
17:44Et en plus, il va y avoir une accélération au fur et à mesure que le CAPEX va commencer à
17:50décélérer.
17:51Donc, l'intensité va se matérialiser quand le chiffre d'affaires va accélérer.
17:55Donc là, on reste effectivement dans cette logique-là.
17:58Et il faut être honnête.
18:01Entre ça et, je dirais, quelque part, la souveraineté énergétique,
18:04puisque, en fait, ce sont les seuls thèmes qui, aujourd'hui, paraissent effectivement un peu préporteurs.
18:10Apporter de visibilité.
18:10Oui.
18:12Il y a quand même une phase des CAPEX qu'il ne faut pas oublier,
18:14alors que ces CAPEX arrivent à être monétisés aujourd'hui par les grands hyperscalers.
18:18Très bien, ils ont un savoir-faire en la matière.
18:20Google, notamment, ils savent vendre aux clients.
18:23Ils sont face aux clients.
18:24La phase comptable cachée, c'est qu'à un moment, il va falloir amortir, déprécier aussi un certain nombre de
18:30ces investissements.
18:31Et pour l'instant, ça ne pèse pas beaucoup par rapport au chiffre d'affaires,
18:35mais ça va aller grandissant.
18:37C'est-à-dire que je voyais des projections, quand même, à un moment, les charges de dépréciation vont dépasser
18:45les 50%, 60% du revenu net global de ces entreprises.
18:51Il y aura des charges, à un moment, quand même.
18:53C'est tout à fait vrai, mais c'est normal.
18:56C'est-à-dire qu'en fait, le business model, probablement, on est passé d'un marché qui révérait les
19:02assets light,
19:03donc les gens qui avaient des immobilisations extrêmement faibles, donc le monde des softwares,
19:07à finalement un marché qui révérait l'investissement, le CAPEX, les arts d'assets.
19:12Donc on sort, c'est un autre paradigme.
19:14Maintenant, s'il y a beaucoup plus de chiffres d'affaires, même s'il y a un peu moins de
19:18marge, il y a toujours beaucoup plus de résultats.
19:20Donc ce n'est pas en tout cas la préoccupation du moment.
19:23Bon, sur ce thème de l'IA, quelles sont vos réflexions, vos commentaires sur le plan du marché,
19:29et puis même sur le plan macro, Florian, puisqu'on a eu la première estimation de croissance américaine du premier
19:35trimestre,
19:35qui montre que 2% de croissance trimestrielle en rythme annualisé,
19:41et derrière ces 2%, c'est bien ce qu'on vient de décrire,
19:44qui permet justement à l'économie américaine d'être encore à ce rythme-là de progression.
19:48Et ça n'est que le début, puisque a priori, d'après les projections,
19:52sur les cinq prochaines années, on serait à un peu plus de 3% de croissance américaine générée,
19:56rien que par l'investissement dans l'IA.
19:58Ça fait un sacré bouclier anti-récession devant soi.
20:02C'est aussi un bouclier anti-inflation, parce qu'on est censé générer des vagues de productivité.
20:07Cette productivité, elle doit permettre de faire baisser les coûts des entreprises,
20:12et du coup, c'est un facteur de désinflation.
20:14Donc ce sont des choses qui sont particulièrement dans l'air du temps.
20:18J'aime bien cette notion de quand est-ce que la musique s'arrête.
20:20La musique, elle s'arrête s'il n'y a pas d'option.
20:23En fait, ce qui compte dans une révolution technologique, c'est la vitesse de l'adoption.
20:28Les quatre dernières grandes vagues de changements technologiques,
20:35le chemin de fer, des vieilles histoires.
20:37Le chemin de fer, l'électrification, le fordisme.
20:41En fait, la dernière, c'est justement Internet.
20:45Et Internet, c'était la première fois que la décennie de changements technologiques
20:50s'accompagnait d'une amélioration de la productivité
20:52et d'une performance positive des marchés financiers.
20:55C'est-à-dire qu'au XIXe siècle, les quatre grands changements technologiques...
20:58C'était destructeur net de valeur.
21:00Exactement. On a une moyenne de moins de 3% sur les actions américaines par année,
21:04moins de 3% par année, sur la décennie de changements technologiques.
21:08C'est quoi la différence entre Internet et ces vieux exemples sortis des grimoires ?
21:14Eh bien, c'est la vitesse de l'adoption, tout simplement.
21:16L'adoption du chemin de fer, il faut construire le chemin de fer
21:19à une époque où construire le chemin de fer prend pas mal de temps.
21:21On parle de 18 mois pour construire un data center.
21:24C'est incroyable, cette vitesse en tout cas, la potentielle vitesse d'adoption.
21:29Pourquoi c'est important ?
21:30Pour que le reste des indices continuent à prospérer.
21:33Effectivement, on parle beaucoup de technologie.
21:35Dans l'ensemble, si on regarde la saison des résultats,
21:39où sont les surprises ?
21:39Pas du tout du côté de la croissance de la demande,
21:42plutôt du côté justement de l'amélioration des marges.
21:44Et l'amélioration des marges, c'est la productivité.
21:47La productivité aujourd'hui, c'est l'IA.
21:48Donc ça commence à percoler, ça commence à se diffuser dans l'économie sous-jacente,
21:53dans le secteur des matériaux, chez certains industriels.
21:56On commence à évoquer l'amélioration potentielle.
22:00Il faut bien comprendre que cette vague de changements technologiques,
22:04elle est vraiment très particulière dans notre histoire.
22:07normalement, on n'est pas censé se réjouir de ces changements
22:14qui vont justement modifier profondément notre société.
22:17Tout le monde ne s'en réjouit pas, je crois, Florian.
22:19Non, mais c'est un point sérieux.
22:21Parlons-en, parlons-en.
22:22Je pense que ça va devenir, oui, un sujet devant nous,
22:26entre ceux qui vont embrasser ces changements technologiques
22:30et ceux qui vont peut-être résister, d'une certaine manière.
22:33Parlons un peu emploi.
22:34Je pense que c'est une des questions qu'on a tous autour de la table.
22:37Je n'ai pas beaucoup plus de réponses que la moyenne des économistes à vous apporter.
22:41Simplement, on s'est livré à un petit jeu.
22:43On a sorti les 480 séries de données de création d'enclos par secteur aux Etats-Unis.
22:49Donc, on a quand même pas mal de granularité sur des périodes assez longues.
22:52Et puis, on a testé avant ChatGPT, après ChatGPT,
22:57quel est le pourcentage de ces secteurs qui ont affiché un changement de tendance.
23:00À la hausse ou à la baisse.
23:02On a tous en tête la technologie, du coup, ça devrait être 5-10% des secteurs qui sont affectés.
23:07Non, c'est 80%.
23:0880% des secteurs, 80% des 980 secteurs, affichent déjà un changement de direction.
23:14En 4 ans, 3-4 ans.
23:16Exact.
23:17En tenant compte du fait qu'avant, on a eu le Covid, en gérant la spécificité du Covid.
23:23Maintenant, sur ces 80%, en fait, effectivement, 80% des 80%, c'est un changement de tendance à la baisse.
23:30On a effectivement une détérioration de l'emploi.
23:32C'est normal, il y a un changement, il y a un bouleversement qui affecte grandement le marché du travail.
23:36Mais il reste 20% des séries, 20% des secteurs qui, eux, affichent une accélération.
23:41Une accélération des créations d'emplois, essentiellement des secteurs à la personne, la construction,
23:47tous les secteurs, justement, qui vont être stimulés par l'activité de l'IA
23:51et dans lesquels on n'a pas nécessairement besoin de l'IA.
23:54Donc, il y a un momentum, aujourd'hui, de déversement.
23:56Et encore une fois, il est incroyablement rapide.
23:59Le déversement dans les années 40, post-Seconde Guerre mondiale,
24:02il y a un déversement en France, post-Seconde Guerre mondiale.
24:05Il est loin d'être aussi rapide.
24:07Et l'ajustement crée davantage de chômage qu'on ne peut en voir aujourd'hui.
24:11Donc, c'est vraiment une particularité de ce changement technologique-là.
24:15On peut en avoir peur, on peut se sentir menacé.
24:18Il faut aussi garder en tête qu'il y a des éléments très positifs en termes de croissance,
24:22mais aussi en termes d'emploi.
24:23Et du point de vue macro, alors, vous dites que c'est un sacré socle de croissance devant nous pour
24:27les États-Unis.
24:29Ça ne rend pas cette croissance, comment dire, plus fragile ou moins équilibrée.
24:33C'est quand même une croissance qui va être particulière.
24:35tirée par l'investissement quand on a connu quand même le poids du consommateur sur ce seul premier trimestre.
24:41C'est un trimestre parmi les autres.
24:43Mais la contribution la plus positive vient justement de ces investissements en IT et en logiciel
24:49plutôt que de la consommation américaine.
24:52Elle contribue positivement, mais la contribution de l'IA, c'est pour le dire ainsi,
24:56est plus importante sur ce trimestre aux États-Unis.
24:58C'est encore pire que ça.
24:59La croissance effectivement est tirée par l'investissement aujourd'hui, mais demain elle sera tirée par les conséquences de l
25:06'investissement.
25:06Les conséquences de l'investissement, c'est la productivité.
25:08Et la productivité, au cours de ces 30 dernières années, dans la poche de qui est-ce que cette productivité
25:14s'est retrouvée ?
25:15Dans la poche du salarié ou dans la poche du détenteur d'action ?
25:19Plutôt dans la poche du détenteur d'action.
25:21Donc cette productivité, il faut garder en tête qu'elle est potentiellement incroyablement inégalitaire
25:26et que la seule façon de s'arroger les revenus de la productivité générée par l'IA,
25:31c'est aussi de devenir actionnaire des entreprises de l'IA.
25:35Et ça, c'est quelque chose qu'il faut bien avoir en tête.
25:37Encore une fois, le S&P, pour nous, le Nasdaq, sont des indices qui ont de beaux jours encore devant
25:42eux
25:42justement parce qu'ils monétisent ces gains de productivité.
25:46Vous êtes Team Warch, du coup ?
25:47Non, on verra, on en parlera tout à l'heure.
25:50C'est le grand pari de Kevin Warch de dire qu'il y aura un choc de productivité réel
25:54et que ce choc permettra de peut-être baisser les taux à des niveaux un peu plus bas que ce
26:00qu'on imagine aujourd'hui.
26:02Tout ça ramène quand même le sujet de la concentration du marché, Raphaël ?
26:06Alors que l'histoire de 2025 et de début 2026, c'était quand même l'idée de se projeter au
26:12-delà des seuls actifs américains,
26:14au-delà du seul dollar, d'aller chercher de la performance en Asie, en Europe, et ça a payé.
26:20C'était le thème de 2025.
26:22Est-ce que cette guerre marque quand même un changement ou un retour à quelque chose de plus concentré ?
26:27Et quand je dis concentré, je pense forcément aux États-Unis.
26:29Oui, c'est un point très important ce que vous soulevez là.
26:32Il y a une forme de fragilité dans ce rebond du fait de cette concentration de leadership.
26:36Alors on se rassure de voir que les facteurs de concentration, à savoir la santé de l'IA, sont robustes,
26:42donc probablement justifient cette performance, mais on aimerait bien voir des relais de performance.
26:47Et là, vous abordez peut-être en diagonale la problématique de l'Iran pour que le cycle reprenne,
26:53pour que des secteurs un peu moins croissants puissent aussi contribuer.
26:58Il va falloir qu'on voit une désescalade en Iran.
27:00Il va falloir que les prix du pétrole baissent.
27:02Il va falloir que les taux d'intérêt baissent.
27:04Et c'est vrai qu'on est dans cette dichotomie de marché un petit peu mystérieuse,
27:08où on a des marchés risqués au plus haut,
27:11et une forme de tension, de scepticisme important sur le pétrole et sur les taux d'intérêt.
27:16Sur le long terme, on a envie de penser que tout ça n'est pas complètement compatible.
27:20Il va falloir que soit les marchés s'ajustent à cette réalité de taux et d'inflation,
27:25soit à l'inverse, que les taux d'intérêt puissent baisser dans un scénario de désescalade.
27:29Donc là, vous avez probablement mis le doigt sur la problématique iranienne.
27:32Si on parle de l'Iran, on a le levier économique qui est actionné à plein,
27:38avec le blocus, le blocage des ports iraniens, renforcé, prolongé,
27:43et peut-être aussi de nouvelles options militaires proposées aujourd'hui à Donald Trump.
27:49Pourquoi ? Jouer une dernière phase d'escalade avant une phase de désescalade ?
27:55C'est le playbook de ce genre d'affaires ?
27:59Raphaël, désolé, ça tombe sur vous.
28:01Personne n'en sait rien, je la donne à qui veut.
28:05On n'en sait rien.
28:07L'impression qu'on a, c'est que...
28:09Déjà, les nouvelles récentes n'ont pas été très bonnes, ça c'est une première chose.
28:13Il y a une semaine, on parlait de négociations,
28:16qu'on allait peut-être aboutir de rendez-vous au Pakistan.
28:19On n'est plus du tout dans cette thématique-là.
28:20Maintenant, on a effectivement des articles de presse qui pointent plutôt vers davantage de tensions.
28:26Et donc, on a le sentiment d'être dans une forme d'impasse,
28:29avec d'une part, aucun appétit de la part d'administration Trump
28:33de remettre de l'escalade, de remettre des actifs militaires
28:38et de reprendre une campagne de bombardement.
28:41Alors, il y a cet article d'Axio, ce qui a l'air de dire autre chose, c'est le
28:44seul.
28:44Il n'a pas été confirmé.
28:46Et en parallèle, on entend qu'un porte-avions USS Ford est en train de quitter la zone.
28:51Donc, on ne sait pas trop,
28:52mais on a quand même tendance à penser qu'il n'y a pas vraiment beaucoup d'appétit
28:56pour relancer la machine militaire.
28:58Donc, pas possibilité d'escalader côté administration Trump
29:01et pas vraiment de possibilité de sortir, de juste laisser les choses en plan.
29:06Ça serait une victoire pour Téhéran.
29:08Ça serait laisser le contrôle du Détroit à Téhéran également.
29:12C'est des conditions que personne n'a vraiment envie d'accepter quand même sur la durée.
29:14Donc là, cette forme d'impasse, elle inquiète.
29:17On a quand même envie de penser que, malgré tout, le sens du vent,
29:21c'est une forme d'accord qui arriverait.
29:24On croit comprendre qu'il y a malgré tout des négociations qui ont lieu.
29:27Par téléphone.
29:28Par téléphone, on s'en satisfait, dit le président Trump.
29:32Très bien.
29:33Et que finalement, sur les points d'achoppement, il y a un chemin.
29:35Alors, sur le nucléaire, on entend que des solutions sont discutées,
29:39une forme de moratoire peut-être.
29:41dire que finalement, l'urgence du nucléaire a beaucoup baissé avec les bombardements.
29:45Et que sur les garanties de sécurité, le Détroit d'Ormuz,
29:49là aussi, il y a potentiellement de la place pour trouver une espèce d'accord.
29:53Ça ne nous en dit pas beaucoup sur le monde d'après.
29:56Un monde où, oui, il y aura probablement des tensions.
29:59Oui, il y aura des primes de risque sur les secteurs de l'énergie.
30:01Oui, sur l'acheminement de l'énergie aussi, il y aura des problématiques.
30:07Mais on n'a pas complètement envie d'imaginer le scénario du pire pour tout de suite.
30:10Donc peut-être une forme de désescalade.
30:12Mais enfin, qui en sait vraiment plus que ça ?
30:15Oui, peut-être qu'on dira l'inverse demain ou après-demain.
30:16Non, mais on suit ça au jour le jour, bien sûr, depuis plus de deux mois maintenant.
30:20Sophie, je ne sais pas si ça appelle des commentaires de votre part.
30:22En tout cas, si le marché actions lui regarde l'IA aujourd'hui,
30:29les marchés de taux, les marchés pétroliers restent quand même concentrés sur la situation d'Ormuz.
30:32Et par conséquence, les banques centrales.
30:35Et là, le discours cherche quand même un degré d'équilibre qui n'est pas facile à trouver.
30:41Ou même quand on voit le World Economic Outlook du FMI, par exemple.
30:45Il y a un vrai sujet.
30:46Aujourd'hui, on est vraiment entre deux scénarios qui étaient le scénario de désescalade
30:52qui nous a fait racheter le marché, évidemment, il n'y a pas très longtemps.
30:55Et puis, le scénario d'enlisement qui nous a fait revendre les paris tactiques plus récemment.
31:01Et les cartes sont complètement rebattues.
31:03C'est vrai que la plupart des investisseurs ont commencé l'année assez pessimistes sur les États-Unis.
31:09Il fallait de l'Europe, il fallait des émergents, il fallait machin.
31:13Et si on fait abstraction de la partie technologie de l'Asie, bien entendu.
31:16Et là, on a complètement rebasculé.
31:19Finalement, on n'est pas si mal aux États-Unis.
31:21Il y a de la résilience.
31:23C'est un refuge qui reste confortable dans ce genre de période un peu troublée.
31:27Exactement.
31:28D'autant qu'il y a une sorte de rallye silencieux dont on n'a pas parlé.
31:31Mais aux États-Unis, il y a aussi un très très bon comportement des petites et moyennes capitalisations boursières
31:36qui saluent l'OBBA, qui saluent la résilience de l'économie américaine, etc.
31:41Et plutôt un retour de la défiance vis-à-vis de l'Europe, qui est quand même fragile aujourd'hui.
31:45Et avec une BCE qui est dans une sorte de casse-tête.
31:49C'est-à-dire que la position banque centrale, elle est quand même très très compliquée.
31:52On parlait hors antenne de la question du mandat de la Banque centrale européenne.
31:56C'est une situation compliquée, avec une croissance à taux, ou pratiquement à taux,
32:02et puis des tensions inflationnistes qui refont surface.
32:05La cicatrice, une cicatrice très forte de la guerre en Ukraine,
32:09avec des réactions qui ont été un peu tardives,
32:12et qui risquent peut-être de pousser la BCE vers une réponse un peu trop dogmatique, un peu trop dure.
32:20Donc c'est vrai qu'il y a cette fragilité,
32:23et qui nous, nous a plutôt ramenés vers le marché américain.
32:29Je trouve qu'il y a eu beaucoup de discrimination.
32:30Quand même, il y a des sujets qui ont été reconsidérés.
32:32Voilà, il y a beaucoup de discrimination dans le marché.
32:35On commence à avoir les effets quand même sur les secteurs les plus cycliques,
32:38les carnets de commandes, sur les entreprises de cycle court.
32:42Les entreprises qui sont à la chaîne de valeur de l'IA, là, tout va bien.
32:45Mais les entreprises qui sont industrielles, qui sont plutôt dans les cycles courts,
32:48bon, les carnets de commandes sont vraiment, vraiment, vraiment pas terribles.
32:52Donc, non, non, c'est par rapport à l'ambiance,
32:54il y a de la discrimination,
32:57et les scénarios sont pas mal rebattus,
32:59et puis là, il y a effectivement cette période d'incertitude.
33:01Et on est à la frontière entre la désescalade et l'enlisement.
33:05Et c'est vrai que, bon, c'est bien joué aujourd'hui par le marché des taux,
33:10facialement au moins par le marché des actions,
33:11et moi, je trouve que dans le détail, quand même, assez bien.
33:13Oui, c'est ça. Il y a quand même des secteurs dans les marchés actions
33:16qui intègrent cette altération du scénario.
33:20Voilà, alors, qui n'intègrent pas de récession.
33:22Aujourd'hui, il n'y a pas de récession payée,
33:24mais un début d'enlisement plutôt pas mal intégré.
33:28Bon, du point de vue des banques centrales,
33:29alors, la BCE, évidemment, c'était le jour.
33:34Quand même, il faut retenir, quand même,
33:35que la décision de maintenir les taux a été unanime.
33:38Il n'y a pas eu de dissidence.
33:40Mais en contrepartie, Christine Lagarde signale,
33:43alors avec les mots d'une bancaire centrale qu'elle est,
33:48que la hausse de taux a été discutée,
33:50et que s'il n'a pas été délivré ce mois-ci,
33:53il y a des chances qu'elle puisse l'être à l'occasion du meeting du 11 juin.
33:56Elle ne le dit pas comme ça,
33:57mais c'est quand même le message qu'on comprend, Florian.
33:59Elle ne le dit pas comme ça.
34:01Elle le dit quasiment comme ça.
34:03Elle ajoute simplement,
34:04nous avons manqué de données pour nous décider,
34:08et pour l'instant, ce n'est pas.
34:10C'est une stagflation.
34:11Donc il y a quand même un effort, en tout cas,
34:14de réalisme de la part de la BCE,
34:17dont on a peur, d'ailleurs, qu'elle soit dogmatique.
34:20On a connu de la BCE de Jean-Claude Trichet,
34:22et on n'a juste pas très envie de se retrouver à nouveau confronté
34:26avec une BCE qui réagit du tac au tac
34:29pour chaque point de pourcentage d'inflation devant elle,
34:33alors qu'elle le dit très bien.
34:34La croissance au premier trimestre, 0,1%.
34:37C'est anémique.
34:39Soyons tagliés, n'ayons pas peur des mots.
34:43Ce qu'il faut bien comprendre, c'est un choc de court terme.
34:46C'est probablement un choc de court terme, en tout cas.
34:48Aucun pays sur Terre n'a un intérêt à la poursuite de ce conflit-là.
34:53Mais il a des conséquences de moyen terme,
34:56tout simplement parce que même si on réouvrait le Détroit
34:59aujourd'hui inconditionnellement,
35:02on mettrait du temps à résorber, en fait,
35:04le choc d'offres auxquelles on a été confrontés.
35:06Il nous manque 10% à peu près de l'offre mondiale tous les jours,
35:09en ordre de grandeur.
35:11Et ça, généralement, ça a des conséquences de moyen terme.
35:14Le marché des taux, le price, c'est assez bien.
35:16Le marché des actions, un peu moins.
35:17Le marché des actions a décidé de faire le choix de la croissance
35:20plutôt que le choix de la value.
35:21On le comprend.
35:23On a fait le même choix de notre côté.
35:26Simplement, il ne faut pas oublier que...
35:27Voilà.
35:27Si en lisement, il y a...
35:29C'est le scénario adverse, le scénario alternatif.
35:34Le côté obligation, le côté taux,
35:36on pourrait voir, en fait, une accélération du repricing
35:39de ce risque d'inflation.
35:40Tout ce qu'on a vu, pour l'instant, sur la courbe américaine,
35:42c'est 17 points de base.
35:43Donc, 0,17% de progression de la prime inflation.
35:46Le reste, c'est victoriel.
35:48Les marchés 10, 40 à 10 ans,
35:50une progression de 17 points de base.
35:53On pourrait doubler, tripler, quadrupler cette prime de risque-là.
35:57Et là, on commencerait à ramener le problème,
35:59à décaler le problème de la value,
36:01c'est-à-dire des coûts, vers la croissance,
36:03c'est-à-dire le financement de la croissance de plus long terme.
36:05Donc, on n'est pas au bout de cette épopée-là, en fait,
36:09enlisement ou résolution du conflit.
36:15Ça laisse quand même planer le doute
36:16sur des conditions de financement plus strictes.
36:19Et ça ramène aussi, comme vous le disiez,
36:21l'église au milieu du village.
36:22C'est-à-dire qu'on faisait partie de ces gens-là
36:24qui aimaient bien l'Europe, qui aimaient bien le Japon,
36:27enfin, même depuis 2025.
36:30Clairement, les cartes ont été rebattues par ce choc.
36:33C'est-à-dire que ce choc, il a fait apparaître
36:36des faiblesses et des forces,
36:38des forces du côté américain,
36:39parce qu'ils sont producteurs de pétrole
36:40et parce que la technologie, aujourd'hui,
36:42est assez protégée de ce risque-là.
36:44Et des faiblesses, côté japonais, elles sont évidentes.
36:47Mais c'est peut-être un schéma durable.
36:49Et c'est peut-être un schéma qui mettra du temps
36:51à être durgé.
36:52Aujourd'hui, on ne se dit pas,
36:53tiens, j'attends que l'Europe rebondisse
36:56et on est prêts pour tabler sur un rebond de l'Europe,
36:59alors qu'à votre antenne,
37:00on a été des turriféaires de l'Europe,
37:02on a été des défenseurs, encore une fois,
37:05de l'Asie, des défenseurs du Japon.
37:07Là, clairement, les cartes sont rebattues.
37:09Toute l'Asie ne se ressemble pas.
37:10Il y a une forte discrimination aujourd'hui
37:12dans les portefeuilles, dans les choix de nos gérants
37:14vis-à-vis de l'Asie, évidemment,
37:15vers la technologie, soyons clairs.
37:18Et clairement, il y a une redirection des flux
37:22vers la zone dollar, vers les actions américaines.
37:25Il y a une problématique de Banque centrale,
37:27il y a une problématique de taux de long terme,
37:29il y a un risque, en fait, pour ce narratif
37:31dans lequel on est en train, enfin, j'ai l'impression
37:33qu'on est tous en train d'investir,
37:34c'est-à-dire le retour vers la tech américaine
37:37et la tech au sens large.
37:38Mais du coup, oui, ce serait approprié
37:41pour une question de gestion du risque
37:42que la Banque centrale européenne,
37:44je ne sais pas, remonte une à deux fois
37:47ces taux cette année.
37:48mais le marché pense que c'est la réponse
37:51que la BCE apportera.
37:52Alors, je veux une réponse d'économiste.
37:55Une réponse d'économiste très claire.
37:58Aux Etats-Unis, on a combattu une vague d'inflation
38:01à 10% avec des taux à 5%.
38:03Aujourd'hui, on a 3% d'inflation
38:05qu'on va combattre avec 2% en Europe.
38:092%, 2,25%, 2,50%, c'est plutôt l'épaisseur du trait.
38:13Mais ça reste probablement assez contraignant.
38:17Et on commence à le lire dans les enquêtes.
38:19Les données publiées par la Commission européenne hier
38:23le montraient assez bien.
38:24On commence à voir un infléchissement des enquêtes
38:28côté industriel et côté service en même temps.
38:30Les plus inquiets, ce sont les consommateurs,
38:34évidemment, qui réagissent très fortement
38:36au prix du pétrole.
38:37Il faut commencer par ça.
38:38C'est habituel.
38:40Si le mandat, c'est l'Uté contre l'inflation
38:42avec la mémoire du choc inflationniste
38:44qu'une génération a traversée et qu'elle n'avait pas connue,
38:48c'est quand même bien les anticipations des ménages
38:50qui comptent aussi un peu.
38:52Absolument.
38:53La difficulté, c'est lorsque votre mandat, c'est l'inflation
38:56et non pas la croissance et l'inflation,
38:58comment est-ce qu'on gère 0,1% de croissance
39:00et 3% d'inflation ?
39:02Donc des hausses modérées, c'est probablement la bonne réponse.
39:07Alors que ça a commencé bien pour l'Europe.
39:08Christine Lagarde l'a rappelé.
39:09On en démarrait bien quand même avec des vents porteurs
39:14pour le cycle européen.
39:16Sur les banques centrales, la BCE,
39:18si vous voulez compléter Raphaël,
39:20et puis venons-en à la Fed.
39:22La dernière de Powell hier,
39:24qu'on peut saluer,
39:26et une transition avec un Kevin Warch,
39:29qui ne va pas être évidente.
39:30On a vu quand même des dissidences importantes au sein
39:35du comité, que j'ai plutôt lues comme étant un espèce de message
39:39d'accueil en vue du prochain président.
39:41Pour lui signaler, M. Warch, si vous voulez baisser les taux,
39:45il faudra une force de conviction importante.
39:48Oui, oui, non, mais ça a été une réunion où, finalement,
39:51quand on regarde les éléments nouveaux ou marquants,
39:54il y a pas mal de négatifs, en fait, dans cette réunion.
39:57On a déjà bien compris qu'il y avait de la dissidence,
40:01qu'on devenait de plus en plus défensif
40:03vis-à-vis de cette thématique de l'inflation.
40:05On veut quelque chose de plus symétrique, c'est ça,
40:07dans la communication de la Fed,
40:09qu'on puisse dire le prochain mouvement sera
40:12ou une baisse ou une hausse,
40:13de manière à peu près équivalente.
40:15Et ça, on l'a vu à travers la dissidence,
40:16avec trois gouverneurs qui souhaitaient une hausse de taux.
40:19On l'a vu aussi avec une forme de consensus
40:21qui est en train de se construire autour
40:22d'une révision des anticipations monétaires,
40:25à la forward guidance, à la hausse.
40:27Ça, c'est une réalité.
40:29On a aussi entendu que, finalement,
40:33le marché qui espère que les banques centrales
40:35vont regarder à travers cet épisode temporaire
40:39pour être déçus,
40:41que Jérôme Powell nous explique que, finalement,
40:43déjà, on est en train de regarder
40:44à travers l'épisode temporaire des tarifs,
40:47qu'on a une inflation qui est au-dessus de la cible
40:50depuis cinq ans.
40:51Donc, à un moment, on va pouvoir tout le temps regarder à travers.
40:53C'est un peu ça le message qu'on a entendu hier.
40:55Ça, c'est pas une très bonne nouvelle.
40:56Puis, peut-être même dernière mauvaise nouvelle,
40:59c'est que Jérôme Powell,
41:00alors je dis ça très doucement,
41:03a, semble-t-il, décidé de rester.
41:05Ah ben, c'est même sûr, oui, je vous confirme.
41:06Et ça rejoint aux prémices de votre question.
41:09On arrive donc dans une période d'incertitude absolue
41:13au niveau du board de la Fed,
41:14avec Kevin Warch,
41:16qui arrive avec un mandat très clair,
41:17et en tout cas, très explicitement articulé, dirons-nous,
41:22et qui semble aller en opposition
41:23avec le board, la présence de Jérôme Powell,
41:27la dissidence.
41:28C'est pas une succession comme Bernanke et Hélène, quoi.
41:31Non.
41:32On en est très loin.
41:34Et à un moment où les investisseurs
41:35ont sûrement besoin de beaucoup de visibilité,
41:38où il y a effectivement beaucoup d'incertitude,
41:40un choc inflationniste qui nous frappe,
41:42on va avoir très bientôt, en plus de ça,
41:44cette incertitude de politique monétaire
41:46dont on n'avait pas besoin.
41:47Donc, effectivement,
41:48on ne ressort pas très rasséréné
41:50de cette réunion de la Fed.
41:51Bon.
41:52Comment vous regardez la Fed ?
41:53Alors, la Fed d'hier, celle de Powell,
41:55et la Fed de demain, celle de Kevin Warch ?
41:59Je reviendrai sur la BCE.
42:00Ah, la BCE, bien sûr !
42:02Peut-être sur juste un point qu'a mentionné Christian.
42:04La garde est qui a attiré...
42:05Le vice-président qui s'en va aujourd'hui,
42:06de la BCE, je crois.
42:07Mais qui a attiré mon attention.
42:09Et quand même, dans le question-réponse,
42:11elle a quand même mentionné le fait
42:12qu'il n'y avait pas des faits de second tour.
42:15Non.
42:15Donc...
42:16C'est pour ça qu'ils attendent des données.
42:18Non, mais c'est important.
42:19C'est important parce que dans les anticipations de marché,
42:21et d'ailleurs c'est pour ça qu'aujourd'hui
42:22il y a une forte détente obligataire,
42:24quand même,
42:25ils essayent d'accompagner du mieux possible
42:29ces anticipations.
42:30Et ça aussi, c'est un outil de politique monétaire.
42:32Avant même de monter les taux,
42:34comment est-ce qu'on accompagne ça ?
42:35Comment est-ce qu'on...
42:36On « accommode » les anticipations des investisseurs ?
42:40Sur la Fed,
42:41pour moi, l'incertitude est totale.
42:46Le contexte est ultra compliqué
42:48et je pense que plus ou moins tout le monde avance à vue.
42:52Vous n'avez pas de pari sur le prochain mouvement ?
42:53Non, non, non.
42:55Les deux sont possibles ?
42:56Les deux sont possibles.
42:57J'ai bien vu que le consensus des anticipations est en train de se décaler,
43:01que des baisses de taux sont anticipées maintenant,
43:03mais à début 2027,
43:04puisque c'est un petit peu l'idée que, en fait,
43:06le taux de chômage, à un moment, va commencer à remonter
43:08et qu'effectivement, début 2027,
43:11déjà une partie du choc inflationniste,
43:13croisons les doigts, sera derrière nous,
43:14et que le ralentissement de l'emploi fera que la Fed pourra baisser les taux à ce moment-là.
43:18Donc on repousse, en fait.
43:20On est en train de repousser tranquillement l'horizon.
43:25Et j'aurais tendance à dire que ce n'est pas si problématique que ça pour le marché américain.
43:29Ce qui compte aujourd'hui, c'est la résilience,
43:32et c'est ça qui domine.
43:34La croissance, le thème de l'IA.
43:35Dans l'esprit des investisseurs sur le marché américain, c'est ça qui domine.
43:38Bon, Warsh, ce ne sera pas facile pour lui de baisser les taux
43:42si c'était un de ses objectifs cachés,
43:46d'arriver avec, dès le premier meeting,
43:50un nouveau style, une nouvelle présidence et une baisse de taux.
43:5316-17 juin, ce ne sera pas facile.
43:54Ce ne sera pas facile.
43:56Et puis, il aurait bien besoin d'un compagnon de désinflation,
43:59celui qui l'anticipe d'ailleurs lui-même,
44:01qui est justement l'IA, pour revenir au début de notre discussion.
44:05Très clairement, cet IA, ces gains de productivité,
44:08ce seraient potentiellement des inflationnistes.
44:11Alan Greenspan s'en frustrait d'ailleurs.
44:14Dans la seconde partie des années 90,
44:16il était surpris que l'inflation ne progresse pas plus,
44:18l'économie allait bien, et pourtant l'inflation ne décollait pas.
44:22Qu'est-ce à quoi ?
44:23Alors, on a déjà été exposé à ça.
44:28Simplement, il n'était pas au milieu d'un choc pétrolier
44:30comme on l'a aujourd'hui.
44:31Donc, la difficulté, effectivement, ça va être de convaincre
44:36les 12 votants de l'urgence d'une baisse de taux.
44:42Notre vue, globalement, c'est un statu quo jusqu'à la fin de l'année, probablement.
44:47Il ne trouvera pas de consensus et de marge manœuvre.
44:49Si le choc se poursuit, on est face à deux grandes incertitudes,
44:56enlisement en point d'interrogation,
44:57et puis transmission de l'IA au gain de productivité et à la désinflation.
45:01Deuxième point d'interrogation.
45:03C'est terriblement difficile de jauger de l'impact de ces deux éléments-là.
45:08Un choc pétrolier classique, c'est plus de 2% d'inflation.
45:11D'accord ?
45:12Ça, c'est à peu près sur une période de 12 mois.
45:15Un choc de productivité, c'est moins 1,5% d'inflation sur 12 mois.
45:21Donc, on serait à 0,5% de distance.
45:23Ça s'équilibre un peu près, quand même.
45:24Ça pourrait potentiellement s'équilibrer.
45:26Ce ne sont que des moyennes.
45:28Voilà.
45:29Simplement, il y a un travail de fond.
45:30Vu les dissidences d'hier,
45:32vous savez qu'ils l'attendent de pied ferme, quand même.
45:33Le message, il est très clair.
45:35Il va être difficile de former un consensus pour la baisse des taux.
45:38Il va falloir trouver des arguments relativement convaincants.
45:40En plus, cette dissidence, cette fronde,
45:43elle se produit sans qu'on ait eu de mise à jour des prévisions de la Réserve fédérale.
45:48C'est-à-dire que le Stable des économistes n'a pas fait son travail de fond
45:51d'incorporer le prix du baril en-dessus de 110
45:55et les conséquences inflationnistes de moyen terme.
45:58Moi, j'ai l'impression même que Jérôme Powell,
45:59il n'était pas complètement inconfortable avec l'idée de ces trois dissidents.
46:04Alors, je mets Maheran de côté, qui lui demandait des baisses de taux.
46:06Les trois autres dissidents ne demandaient pas explicitement une hausse de taux.
46:10Ils voulaient modifier le statement, la déclaration introductive
46:15pour rééquilibrer les choses en limitant le biais doviche, le biais accommodant.
46:22Une manière de dire, il faut être plus équilibré dans notre communication
46:26entre la partie dure et la partie plus souple.
46:29Absolument.
46:30Et cette demande de rééquilibrage...
46:32Je n'ai pas l'impression que Powell ait été très inconfortable avec ça.
46:34Peut-être même que cette dissidence, elle a été aussi mise en lumière
46:39pour préparer l'arrivée de Kevin Walsh.
46:42Je n'arriverai pas jusque-là.
46:43Ben, c'est comme ça que filent un peu les choses.
46:44Mais c'est une lecture intéressante.
46:47En tout cas, que ça ait été organisé ou pas,
46:50c'est un message intéressant.
46:51Le message est, en l'absence de révision,
46:54nous sommes capables de vous dire qu'on n'est pas pro baisse de taux.
46:57En tout cas, on a un mini-consensus qui n'est pas pro baisse de taux.
47:00Et le fait que Powell reste, c'est important quand même ?
47:03Ça ajoute une voix de plus, une voix réaliste.
47:06Après, Powell, c'est quand même quelqu'un...
47:08Ça a été un leader de la Fed qui a été relativement passif.
47:13Pragmatique ?
47:13Oui, je dirais plutôt passif vis-à-vis de la vague d'inflation.
47:16Il y a quand même pas mal de banquiers centraux qui l'ont précédé,
47:19qui confrontaient une inflation à 10%,
47:21n'auraient pas mis les taux à 5,5%.
47:24J'en connais au moins un, en tout cas,
47:26qui aurait mis les taux en face aux alentours de 10%.
47:29Oui, oui, c'est ça.
47:30Une bonne règle de Taylor et on ne se pose pas de questions.
47:33Exactement.
47:34Donc, on est face à un banquier central qui n'a jamais été en faveur
47:40de la destruction de l'emploi au service de la régularisation de l'inflation.
47:44L'emploi maximum.
47:45C'est un travail de 10, 15, 20 ans sur le sujet du côté de la Réserve fédérale américaine.
47:50Et c'est un point de critique de Kevin Walsh, justement,
47:53cette notion de maximum employment.
47:55Est-ce que c'est bien une bonne définition d'une partie du mandat de la Réserve fédérale américaine ?
47:59Bon, prochain rendez-vous pour la fête, 16 et 17 juin.
48:02Merci à vous trois.
48:03Merci d'avoir été les invités de Ménette Marché ce soir.
48:05Florian Yelpo, Lombard Odier IM,
48:07Raphaël Thuin, Tiquet au Capital,
48:08Sophie Chevelier, Dorval AM.
48:20Le dernier quart d'heure de Smart Bourse, chaque soir c'est le quart d'heure thématique.
48:23Le thème ce soir, c'est celui de cette crise du Golfe,
48:27de ce choc d'offres de la macroéconomie et des banques centrales.
48:31Puisqu'on est en train de conclure une séquence intense de 24-48 heures
48:37avec un déluge de données macroéconomiques, notamment,
48:40et de communication de banque centrale.
48:42Nadia Garbi est avec nous à distance pour évoquer ses sujets économistes
48:45chez Pictet Wealth Management à Genève.
48:47Bonjour et bienvenue Nadia.
48:49Merci beaucoup d'être avec nous.
48:51Commençons quand même avec la Banque Centrale Européenne.
48:54Comment est-ce que Christine Lagarde a réussi à obtenir une unanimité
48:58aujourd'hui au sein de son Conseil des Gouverneurs
49:01pour maintenir évidemment les taux directeurs ?
49:04Quel a été, si je puis dire, le prix de cette unanimité, de ce consensus, Nadia ?
49:11Oui, alors je dirais que c'était l'absence des faits de second tour
49:15pour le moment dans les données.
49:17Au fond, on avait un communiqué de presse qui a été très équilibré,
49:21qui balance un peu les risques sur l'inflation
49:24avec les risques de ralentissement de la croissance,
49:29un peu plus explicite sur les risques liés à l'inflation
49:32qui sont maintenant clairement à la hausse.
49:35Donc, somme toute, au fond, si on regarde,
49:37on n'avait pas assez de données pour réagir en tout cas maintenant.
49:41Oui, bon.
49:41Et donc, pas assez de données, une unanimité,
49:45met la promesse que non seulement on va rediscuter de la hausse de taux le 11 juin prochain,
49:52elle a été discutée au cours de ce Conseil des Gouverneurs,
49:55Christine Lagarde l'a dit explicitement,
49:57avec l'intuition que cette hausse pourrait bien quand même se matérialiser le 11 juin, Nadia.
50:04Est-ce que c'est votre scénario chez PICT Wealth Management ?
50:07Alors, effectivement, autant le communiqué de presse était balancé,
50:11autant la conférence de presse, en tout cas le ton, était plutôt, je dirais, au quiche.
50:15On a eu Christine Lagarde qui, expressivement, mentionnait qu'on s'éloigne du scélario central.
50:22On a aussi beaucoup débattu des potentielles hausses de taux à la BCE.
50:29Donc, je dirais qu'elle a été claire aussi sur le fait que tout dépend de l'évolution de ce
50:34conflit
50:35et des prix de l'énergie.
50:37Il nous reste six semaines.
50:38On est déjà fin avril.
50:40Ça paraît compliqué de voir une issue favorable très rapidement.
50:45Donc, je dirais que la Garde a clairement préparé le terrain pour une potentielle hausse de taux en juin
50:51et voir d'autres hausses de taux en fonction des données qui vont être publiées entre maintenant et les prochaines
50:59semaines.
50:59Christine Lagarde dit qu'on aura six semaines avant le rendez-vous du 11 juin.
51:04C'est bien le temps qu'il nous faudra pour prendre la mesure des conséquences de ce conflit,
51:09de ce choc d'offres générés par cette crise du Golfe.
51:12Christine Lagarde, et j'imagine derrière le staff des économistes,
51:15qui rejette, qui repousse l'idée de stagflation.
51:18Stagflation, alors je sais que c'est un débat qui fait rage chez les économistes,
51:21mais Christine Lagarde aimerait que ce concept, cette notion, soit rattachée au passé,
51:27notamment aux années 70.
51:29Elle estime que ce n'est pas un concept qui s'applique aujourd'hui.
51:33Pourtant, quand on voit la première estimation de croissance de la zone euro au premier trimestre,
51:36la France est à zéro, l'ensemble de la zone est à plus 0,1,
51:40avec une inflation en fin de trimestre ou au début de deuxième trimestre
51:44qui commence à courir à plus de 2% maintenant.
51:47Oui, alors effectivement, comme elle l'a mentionné,
51:50au début de l'année, on avait plutôt bien commencé en zone euro
51:53avec une demande domestique résiliente, assez forte dans certains pays.
51:59Effectivement, ce chiffre de croissance de 0,1% a déçu,
52:03est en dessous des attentes.
52:04Maintenant, c'est aussi lié à des effets un peu pays.
52:07Alors la France, effectivement, a déçu.
52:09L'Irlande aussi a pesé dans ce chiffre de la zone euro.
52:13On a tout de même une résilience de la demande domestique,
52:16notamment en Espagne et en Allemagne.
52:19Mais il est vrai qu'une croissance de 0,1%, ça reste très faible pour la zone euro.
52:25Et d'un autre côté, on a aussi plusieurs indicateurs.
52:28Dans les enquêtes, on a eu cette semaine l'enquête de la Commission européenne,
52:33la semaine dernière, les PMI, et tout se pointe vers une diminution du momentum de l'activité
52:41au début du deuxième trimestre.
52:43Donc on peut s'attendre à une croissance, au fond, qui va être proche de 0 au deuxième trimestre.
52:49Et d'un autre côté, vous avez des pressions inflationnistes,
52:52aussi dans les enquêtes, très clairement, notamment chez les consommateurs et dans l'industrie.
52:57Est-ce que cette modération de la croissance non voulue, Nadia,
53:02est-ce qu'elle permet de se rassurer sur le front de l'inflation à venir ?
53:06Ou est-ce que dans le sillage et la mémoire du choc inflationniste,
53:11il y a quand même un risque de voir cette inflation globale énergétique,
53:17essentiellement, se diffuser et pénétrer le cœur inflationniste, Nadia ?
53:22Et on sait qu'une fois que le cœur est touché, d'une certaine manière, on a du mal à
53:26en ressortir.
53:27Oui, alors c'est vrai que Christine Lagarde a beaucoup insisté sur les attentes d'inflation.
53:32Au fond, elle a dit que la BCE regarde un certain nombre de critères,
53:36mais il est vrai que les attentes d'inflation seront clés entre maintenant et les prochaines semaines.
53:42Mais elle a aussi mentionné le marché du travail.
53:44Et ici, au niveau des salaires, alors ils vont être très attentifs aux négociations salariales
53:49qui vont venir ces prochains mois.
53:52Et de ce côté-là, pour l'instant, la BCE ne voit pas vraiment de pression.
53:56Maintenant, je dirais que ce qui effraie un peu la BCE, au fond, c'est que 2022, c'est pas
54:00si loin.
54:01La BCE a plutôt réagi tardivement en 2022.
54:04On n'a pas vraiment envie de commettre cette même erreur.
54:08Les attentes d'inflation restent peut-être plus fragiles.
54:10Donc, la BCE, au fond, a envie de se dire, voilà, là, on est prêt, on ne va pas surréagir
54:14aujourd'hui,
54:15mais on est prêt à réagir en juin si les prix de l'énergie restent très élevés.
54:20Une BCE qui s'en tiendrait au mandat, rien qu'au mandat, et on peut l'imaginer,
54:26on peut le comprendre quand on regarde la BCE comme une institution telle qu'on la connaît, Nadia,
54:31et donc qui répondrait de manière préventive, en tout cas pour une question de politique de risque,
54:37qui répondrait avec une ou deux hausses de taux ?
54:39Qu'est-ce que ça coûterait à l'arrivée à la zone euro, Nadia ?
54:44Oui, alors c'est vrai que notre vue, ces six hausses de taux, il y a,
54:47elles seront relativement, je dirais, limitées.
54:50Effectivement, une, deux hausses en comparaison à 2022, où la situation était totalement différente.
54:56Il y a une grosse différence aussi, c'est que la réaction des gouvernements,
55:00la réaction fiscale est tout de même beaucoup plus modérée en 2026 qu'elle ne l'a été en 2022.
55:07Donc voilà, on se retrouve dans une situation où la BCE se dit,
55:11on va « manager » les attentes, même si peut-être ça va nous coûter un peu en croissance,
55:17mais pas tant que ça, une ou deux hausses.
55:20Donc manager un peu ces attentes d'inflation, je pense que là, c'est vraiment la clé,
55:25et ce que veut faire la BCE, c'est plutôt, voilà, même si ça nous coûte un peu en termes
55:29de croissance,
55:30on veut manager ces attentes d'inflation.
55:33Bon, du côté de la réserve fédérale américaine, Nadia, j'imagine que Kevin Walsh a suivi avec attention
55:39la dernière conférence de presse de Jérôme Poel hier.
55:42Il a sans doute remarqué le niveau de dissidence historique au sein du board,
55:46avec, alors, toujours un Stephen Myron qui demande des baisses de taux,
55:50mais à l'inverse, trois membres de Fed Régional, il est vrai,
55:55mais trois membres qui demandent un rééquilibrage de la communication vers quelque chose d'un peu plus hawkish,
56:01considèrent que la communication était encore peut-être trop doviche du côté de la réserve fédérale américaine.
56:06Si j'étais dans la tête de Kevin Walsh, je me dirais qu'il doit se préparer à un comité
56:11d'accueil sérieux
56:13pour la prochaine réunion qu'il présidera, celle du 16 et 17 juin.
56:18Oui, alors, tout à fait. Au fond, le consensus au sein de l'FOMC n'est pas si unanime.
56:25Donc, c'est vrai qu'effectivement, on a eu ces trois dissidents qui poussent vraiment vers une communication un peu
56:30plus symétrique.
56:31On doit parler des hausses autant que des baisses.
56:35Donc, effectivement, Kevin Walsh va se retrouver dans une situation, je dirais, un peu plus compliquée
56:41que si on avait ce consensus qui plaide pour un assouplissement de la politique monétaire.
56:47Maintenant, on le sait aussi, ce n'est pas un fan de la communication prospective.
56:52Donc, il va aussi vouloir un peu mettre sa patte, je dirais, sur ce sujet.
56:57Est-ce que chez PK Wealth Management, vous avez toujours une vue dans un sens ou dans l'autre
57:01sur ce que sera le prochain mouvement de la Fed ou est-ce que ça devient très compliqué désormais, Nadia
57:05?
57:06Oui, alors, pour l'instant, on a cette vue un peu de statu quo prolongé jusqu'à, en tout cas,
57:11la deuxième partie de l'année.
57:13On a toujours un biais plutôt à l'assouplissement.
57:16Mais il est vrai que, comme pour la BCE, tout dépend aussi de l'évolution de ce conflit, des prix
57:21énergétiques.
57:23Et si, effectivement, plus ce conflit se prolonge, plus on risque de voir plutôt des hausses de taux un peu
57:30partout,
57:31en tout cas dans les pays développés.
57:32Bon, à suivre, effectivement, mais c'est toujours ce facteur temps, cette durée du conflit
57:37qui influence beaucoup les scénarios encore très mouvants désormais pour la suite de l'histoire macroéconomique.
57:44Merci beaucoup, Nadia.
57:45Nadia Garbi qui était avec nous en visio à distance depuis Genève chez Piquetet Wealth Management.
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