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Jeudi 30 avril 2026, retrouvez Raphaël Thuin (Directeur des stratégies de marchés de capitaux, Tikehau Capital), Florian Ielpo (Responsable Macro au sein de l'équipe Multi-Asset, Lombard Odier IM) et Sophie Chauvellier (Gérante allocation d'actifs, Dorval AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:06Générique
00:103 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Sophie Chauvelier est à nos côtés, gérante allocataire chez Dorval Asset Management.
00:17Bonsoir Sophie.
00:17Bonsoir Grégoire.
00:18Florian Yelpo nous accompagne, responsable macro chez Lombard-Rodier IM.
00:22Bonsoir Florian.
00:23Bonsoir.
00:23Et Raphaël Thuin, responsable des stratégies de marché de capitaux chez Tikeo Capital.
00:27Bonsoir Raphaël.
00:28Bonsoir Grégoire.
00:29Bon je le disais, le triptyque qui anime les marchés, on va essayer d'évoquer chacune de ces dimensions,
00:34en commençant peut-être par la dimension la plus importante, le thème de l'IA, Raphaël,
00:39et les résultats de 4 hyperscalers critiques évidemment pour ce thème de l'intelligence artificielle,
00:48Microsoft, Alphabet Google, Meta et Amazon.
00:53Qu'est-ce que vous retenez des résultats, des annonces en matière de CAPEX,
00:57de la rentabilité associée à ces dépenses d'investissement ?
01:01Et puis venons-en ensuite aux price action, aux réactions de marché.
01:05Pourquoi est-ce qu'un Alphabet Google bondit de 5-6% quand un Meta décroche aujourd'hui de 10
01:10% par exemple ?
01:11Non, c'était une journée importante parce qu'effectivement ce facteur tech, ce facteur IA a justifié le rebond de
01:17marché.
01:17Il y a une forme de tension dans le marché entre l'Iran d'une part négatif et la tech
01:21qui semble vouloir porter le marché.
01:23Et donc on a levé un petit peu le voile, un petit peu sur la réalité de cette tendance.
01:27Et globalement quand on prend les chiffres à valeur faciale, ça a été des résultats extraordinaires au niveau des revenus,
01:34du chiffre d'affaires, au niveau de la profitabilité, des marges.
01:37On est vraiment sur des ovnis de la place en termes de trajectoire.
01:4120-30% de croissance pour ces groupes-là en termes de revenus sur un trimestre.
01:46C'est impensable, on a du mal à imaginer, vu la taille de ces entreprises, comment on arrive à ce
01:50type de croissance.
01:52Et on l'a vu évidemment sur la thématique IA, mais aussi sur la thématique IA qui finalement réverbère sur,
01:58on va dire, leur business historique.
02:00On va parler par exemple de la barre d'outils de recherche chez Google, sur la capacité pour Meta d
02:06'aller cibler la publicité en ligne.
02:08Ces investissements IA ruissellent sur l'ensemble de leur écosystème.
02:11Donc ça, c'est très encourageant.
02:14Sur la partie demande IA, demande de calcul, data center, là on a une confirmation de ce qu'on savait
02:20plus ou moins déjà.
02:21La demande est extraordinaire.
02:23Elle va de très loin démultiplier, en tout cas surpasser la capacité d'offres que ces entreprises proposent.
02:31Et donc là vraiment, on comprend, on a la confirmation que ces dépenses d'investissement finalement, elles sont justifiées.
02:36Il y a une demande qui est incommensurable.
02:38Et aujourd'hui, une partie de la réussite de ces entreprises et de ces valeurs, ça sera la capacité à
02:45monétiser ces demandes.
02:46Les carnets d'ordres en attente sont gigantesques.
02:49Maintenant, il va être question de mettre en ligne des capacités de calcul, d'ouvrir des data centers, d'investir.
02:56Et donc là où le discours était un petit peu sceptique il y a quelques mois sur la nécessité de
03:02ces dépenses d'investissement, de la taille de ces dépenses d'investissement,
03:06aujourd'hui quand on voit la demande et l'accélération de cette demande, on comprend mieux pourquoi.
03:10Donc là, ça a été un enseignement intéressant.
03:12Sur la demande, Raphaël, ils ont encore une visibilité, comment dire, confortable.
03:17Ce n'est pas une visibilité à un ou deux trimestres.
03:21J'entends certains, alors dans le secteur des semi-conducteurs en l'occurrence, je crois que c'était le management
03:26de SKINX ces derniers jours,
03:29qui parlent d'une visibilité sur la demande excédant l'offre, peut-être sur deux ou trois ans encore.
03:35Gigantesque.
03:35Ce qui d'ailleurs a justifié un repricing des dépenses d'investissement.
03:39Donc ça, c'est un sujet de marché important.
03:42Trois de ces quatre grandes techs ont repricé à la hausse leurs attentes d'investissement.
03:47C'est une surprise, y compris chez nous.
03:49On ne s'attendait pas à ce que ça vienne si tôt dans l'année, dès le premier trimestre.
03:53Ça en dit long sur la demande.
03:54Alphabet a même parlé d'augmentation significative de ces dépenses d'investissement l'année prochaine, en 2027.
04:00Ils sont déjà à 200 milliards.
04:02Je ne sais pas ce que c'est, augmentation significative, mais manifestement, ils voient de la demande.
04:06Et encore une fois, on est sur une crise existentielle.
04:09Il faut être capable de la monétiser avec des dépenses d'investissement.
04:13Donc c'est vraiment ça la thématique.
04:15Alors après, on va se rendre compte que chacune de ces valeurs a finalement des histoires assez singulières, idiosyncratiques.
04:22C'est difficile de trop généraliser non plus.
04:24Et vous avez mentionné des mouvements de marché qui diffèrent d'une valeur à l'autre.
04:28Donc il faut faire de la distinction.
04:29Mais c'est vrai que cette tendance globale, elle impressionne.
04:30Sur la demande, il n'y a pas de sujet.
04:33Et puis on écoute ce que disent les management et les opérationnels qui sont effectivement sur le terrain.
04:39Sur la capacité à servir cette demande, alors évidemment, il y a des tensions aujourd'hui, peut-être conjoncturelles liées
04:46à l'Iran.
04:47Mais est-ce qu'on se retrouve assez vite face à des limites, des contraintes d'offres, des pénuries de
04:52composants qui pourraient à un moment abîmer cette trajectoire de déploiement des CAPEX ?
04:59Raphaël, est-ce que c'est un sujet crispant pour le marché ?
05:02Est-ce que ça peut être un point de crispation pour le marché ?
05:04C'est un sujet d'inquiétude.
05:06Dans quelle mesure on va être capable d'exécuter ces ordres à l'attente ?
05:09Ça, c'est un vrai problème.
05:10Un data center, ça met du temps à être construit.
05:13On va parler de 18 mois pour construire un data center.
05:16On sait qu'il y a un temps de retard entre les dépenses d'investissement et la capacité de mettre
05:20en ligne.
05:21Souvenez-vous que, par exemple, ça a beaucoup pénalisé Amazon l'année dernière,
05:24qui avait été un petit peu lent à mettre en ligne cette capacité de calcul,
05:27qui cette année se retrouve, parce que ça y est, elle est devenue en ligne,
05:30mais on se rend bien compte qu'on est dans une espèce de course à l'échalote, course à l
05:34'infini,
05:34à le plus rapidement essayer d'exécuter.
05:37Et on se rend bien compte aussi que dans cette chaîne de valeurs, il y a des points de tension
05:41sur des composantes.
05:42Je ne parlerai pas des financements qui, de leur côté, sont infinis,
05:46mais sur certains composants, en particulier les composants mémoires,
05:49on est sur des points de tension qui sont difficiles.
05:52Donc, cette capacité d'exécuter cette demande à travers la possibilité de mettre en ligne de l'offre,
05:58elle est vraiment clé, et c'est là-dessus aussi qu'on jugera chacun de ces acteurs.
06:03– Oui, bon, comment vous regardez ce thème ?
06:05À l'aune des résultats qui ont été publiés, il y a ceux des hyperscalers,
06:08mais il y a eu déjà un certain nombre de fournisseurs, d'équipementiers,
06:11dans le secteur des semi-conducteurs, en Asie notamment, Sophie.
06:16Et puis, parlons aussi de ce que ça vaut sur les marchés aujourd'hui.
06:19Raphaël le disait, c'est le grand retour des GAFAM,
06:22et c'est la poursuite d'une hausse stellaire pour le secteur des semi-conducteurs,
06:27qui va boucler un mois d'avril, peut-être, avec, je ne sais pas, 20 ou 22 séances,
06:30ou une vingtaine de séances de hausse sur 24 jours de marché, ou quelque chose comme ça,
06:36et un price-earning qui est désormais autour de 60 pour le secteur des semi-conducteurs aux Etats-Unis.
06:41Est-ce que, comment on reste exposé à ce thème-là, sans prendre le risque de se brûler les doigts
06:46?
06:46– Alors, le thème, ça reste, nous, dans nos allocations internationales, ça reste le thème clé.
06:53Et quand le stress en Iran s'est manifesté, enfin, la guerre entre l'Iran et les Etats-Unis s
06:58'est manifestée,
07:00on a, effectivement, soldé tous les thèmes, sauf celui-là.
07:03Parce qu'effectivement, on reste dans, c'est un thème de construction beaucoup plus profond et plus durable.
07:14– Ça permet de regarder loin.
07:15– Voilà, et puis, ça permet aussi de s'abstraire un peu des questions de cyclicité,
07:20auxquelles on est confronté avec le choc pétrolier.
07:24Donc, on est, effectivement, dans cette logique-là aujourd'hui.
07:27C'est une chaîne de valeur qui est quand même très, très large.
07:29Et si on prend l'ensemble de cette chaîne de valeur, en fait, la valorisation relative a plutôt baissé.
07:34C'est-à-dire qu'on est beaucoup moins cher aujourd'hui qu'il y a six mois.
07:37– Les primes vont moins vite que la croissance des bénéfices.
07:39– Absolument. Donc, en fait, la valorisation relative est aujourd'hui plus attractive qu'il y a six mois.
07:45Et donc, ce qui continue, c'est aussi ça qui a ramené, je pense, les investisseurs vers cette question.
07:50Et puis après, c'est-à-dire que, en fait, tant que la musique joue,
07:54et quand on parle des semi-conducteurs, du SOX en antenne,
07:57on parlait de la spéculation, effectivement, qui a été mise en place par le marché des investisseurs particuliers
08:02sur le SOX, qui sont sur l'indice des semi-conducteurs,
08:07entre guillemets, c'est une question qu'on se pose quotidiennement,
08:09mais tant que la musique joue, on a cet avantage.
08:13Et c'est surtout le segment qui emporte la meilleure visibilité aussi,
08:19puisque les carnets de commandes sont pleins,
08:20puisqu'on parle maintenant de visibilité à horizon 2029, voire 2030.
08:24– Oui, c'est ça, oui.
08:26– C'est devenu un secteur acyclique.
08:28Moi, j'ai connu au début de ma jeune carrière, ma petite carrière.
08:31– Ça durait 18 mois.
08:32– C'était des cycles ultra courts,
08:34et puis une amplitude de mouvements d'une violence incroyable,
08:38surcapacité, sous-capacité, c'était en permanence.
08:40C'était le job de ces management, de gérer ces moments-là.
08:43– On le retrouvera, mais pas tout de suite.
08:45– Des cycles plus longs.
08:46– Voilà, exactement, pour le moment, le cycle s'allonge.
08:49Et c'est vrai qu'on imaginait que le pic des investissements allait être en 2026,
08:53et puis maintenant, on est en train de comprendre que le pic des investissements,
08:56ça ne sera pas 2026, ça va être plutôt 2027.
08:59Et puis, on va voir.
08:59Et on est en train de tirer, en fait, on est en train de tirer progressivement.
09:02Donc, c'est vraiment une des questions que nous, on se pose aujourd'hui du point de vue de l
09:05'investissement.
09:06C'est à quel moment, en fait, la dérivée seconde va commencer à s'infléchir réellement.
09:10Et pour l'instant, on ne le voit pas, puisque, enfin, c'était extrêmement bien expliqué.
09:14Mais pour le moment, on ne le voit pas.
09:18Et les chiffres qui sont présentés sont très, très impressionnants.
09:22Les carnets de commande des hyperscalers agrégés, dont je les ai vus aujourd'hui, c'est 1 500 milliards de
09:27dollars.
09:29Donc, c'est des investissements qui continuent d'augmenter.
09:31Et au début, on se posait la question du retour sur investissement que vous évoquiez.
09:36Et aujourd'hui, on ne se la pose plus.
09:37Voilà.
09:38Donc, le résultat aujourd'hui, c'est qu'on ne se pose plus cette question-là.
09:40Et que quand on voit l'incrément de CAPEX annoncé par Alphabet,
09:45et qu'on voit l'incrément de business, on se dit, bon, ben voilà, le retour sur investissement, il est
09:48là.
09:48D'accord.
09:49Et en plus, il va y avoir une accélération au fur et à mesure que le CAPEX va commencer à
09:55décélérer.
09:56L'intensité va se matérialiser quand le chiffre d'affaires va accélérer.
10:00Donc là, on reste effectivement dans cette logique-là.
10:03Il faut être honnête.
10:06Entre ça et, je dirais, quelque part, la souveraineté énergétique,
10:09puisque, en fait, ce sont les seuls thèmes qui, aujourd'hui, paraissent effectivement à peu près porteurs.
10:14Apporter de visibilité.
10:16Il y a quand même une phase des CAPEX qu'il ne faut pas oublier,
10:19alors que ces CAPEX arrivent à être monétisés aujourd'hui par les grands hyperscalers.
10:23Très bien, ils ont un savoir-faire en la matière.
10:25Google, notamment, ils savent vendre aux clients.
10:28Ils sont face aux clients.
10:29La phase comptable cachée, c'est qu'à un moment, il va falloir amortir, déprécier aussi,
10:34un certain nombre de ces investissements.
10:36Et pour l'instant, ça ne pèse pas beaucoup par rapport au chiffre d'affaires,
10:40mais ça va aller grandissant.
10:41C'est-à-dire que je voyais des projections, quand même, à un moment,
10:45les charges de dépréciation vont dépasser les 50%, 60% du revenu net global de ces entreprises.
10:56Il y aura des charges à un moment quand même.
10:58C'est tout à fait vrai, mais c'est normal.
11:00C'est-à-dire qu'en fait, le business model, probablement,
11:03on est passé d'un marché qui révérait les assets light,
11:07donc les gens qui avaient des immobilisations extrêmement faibles,
11:10donc le monde des softwares, a finalement un marché qui révérait l'investissement,
11:15le CAPEX, les arts d'assets.
11:17Donc on sort, c'est un autre paradigme.
11:19Maintenant, s'il y a beaucoup plus de chiffres d'affaires,
11:21même s'il y a un peu moins de marge, il y a toujours beaucoup plus de résultats.
11:25Donc ce n'est pas en tout cas la préoccupation du moment.
11:28Sur ce thème de l'IA, quelles sont vos réflexions, vos commentaires sur le plan du marché ?
11:34Et puis même sur le plan macro, Florian,
11:37puisqu'on a eu la première estimation de croissance américaine du premier trimestre,
11:40qui montre que 2% de croissance trimestrielle en rythme annualisé,
11:45derrière ces 2%, c'est bien ce qu'on vient de décrire,
11:48qui permet justement à l'économie américaine d'être encore à ce rythme-là de progression.
11:53Et ça n'est que le début, puisque a priori, d'après les projections,
11:57sur les 5 prochaines années, on serait à un peu plus de 3% de croissance américaine générée,
12:01rien que par l'investissement dans l'IA.
12:03Ça fait un sacré bouclier anti-récession devant soi.
12:07C'est aussi un bouclier anti-inflation,
12:09parce qu'on est censé générer des vagues de productivité.
12:13Cette productivité, elle doit permettre de faire baisser les coûts des entreprises,
12:17et du coup, c'est un facteur de désinflation.
12:19Ce sont des choses qui sont particulièrement dans l'air du temps.
12:23J'aime bien cette notion de quand est-ce que la musique s'arrête.
12:25La musique, elle s'arrête s'il n'y a pas d'option.
12:28En fait, ce qui compte dans une révolution technologique,
12:31c'est la vitesse de l'adoption.
12:33Les 4 dernières grandes vagues de changements technologiques,
12:40le chemin de fer, des vieilles histoires,
12:42le chemin de fer, l'électrification, le fordisme...
12:45En fait, la dernière, c'est justement Internet,
12:50et Internet, c'était la première fois que la décennie de changements technologiques
12:55s'accompagnait d'une amélioration de la productivité
12:57et d'une performance positive des marchés financiers.
13:00C'est-à-dire qu'au 19e siècle, les 4 grands changements technologiques...
13:03C'était destructeur net de valeur.
13:05Exactement.
13:05On a une moyenne de moins 3% sur les actions américaines par année,
13:09moins 3% par année, sur la décennie de changements technologiques.
13:13C'est quoi la différence entre Internet
13:15et ces vieux exemples sortis des grimoires ?
13:18Eh bien, c'est la vitesse de l'adoption, tout simplement.
13:21L'adoption du chemin de fer.
13:22Il faut construire le chemin de fer à une époque
13:24où construire le chemin de fer prend pas mal de temps.
13:26On parle de 18 mois pour construire un data center.
13:28C'est incroyable, cette vitesse en tout cas,
13:32la potentielle vitesse d'adoption.
13:34Pourquoi c'est important ?
13:35Pour que le reste des indices continuent à prospérer.
13:38Effectivement, on parle beaucoup de technologie.
13:40Dans l'ensemble, si on regarde la saison des résultats,
13:43où sont les surprises ?
13:44Pas du tout du côté de la croissance de la demande,
13:46plutôt du côté justement de l'amélioration des marges.
13:49Et l'amélioration des marges, c'est la productivité.
13:51La productivité, aujourd'hui, c'est l'IA.
13:53Donc ça commence à percoler, ça commence à se diffuser
13:55dans l'économie sous-jacente,
13:57dans le secteur des matériaux,
13:59chez certains industriels.
14:01On commence à évoquer l'amélioration potentielle.
14:05Il faut bien comprendre que cette vague de changements technologiques,
14:09elle est vraiment très particulière dans notre histoire.
14:12Normalement, on n'est pas censé, comment dire,
14:17se réjouir de ces changements
14:19qui vont justement modifier profondément notre société.
14:21Tout le monde ne s'en réjouit pas, je crois, Florian.
14:24Non, mais c'est un point sérieux.
14:26Mais parlons-en, parlons-en.
14:27Je pense que ça va devenir, oui, un sujet devant nous,
14:31entre ceux qui vont embrasser ces changements technologiques
14:34et ceux qui vont peut-être résister, d'une certaine manière.
14:37Parlons un peu emploi.
14:38Je pense que c'est une des questions qu'on a tous autour de la table.
14:41Alors, je n'ai pas beaucoup plus de réponses
14:43que la moyenne des économistes à vous apporter.
14:46Simplement, on s'est livré un petit jeu.
14:48On a sorti les 480 séries de données de création d'emploi par secteur aux Etats-Unis.
14:53Donc, on a quand même pas mal de granularité sur des périodes assez longues.
14:56Et puis, on a testé avant ChatGPT, après ChatGPT,
15:01quel est le pourcentage de ces secteurs qui ont affiché un changement de tendance ?
15:05À la hausse ou à la baisse ?
15:06Donc, on a tous en tête la technologie.
15:09Du coup, ça devrait être 5-10% des secteurs qui sont affectés.
15:12Non, c'est 80%.
15:1380% des secteurs, 80% des 980 secteurs
15:16affichent déjà un changement de direction.
15:19En 4 ans, 3-4 ans.
15:20Exact.
15:22En tenant compte du fait qu'avant, on a eu le Covid.
15:24Voilà, en gérant la spécificité du Covid.
15:27Maintenant, sur ces 80%, en fait,
15:31effectivement, 80% des 80%, c'est un changement de tendance à la baisse.
15:34On a effectivement une détérioration de l'emploi.
15:37C'est normal, il y a un changement, il y a un bouleversement
15:39qui affecte grandement le marché du travail.
15:41Mais il reste 20% des séries, 20% des secteurs
15:44qui, eux, affichent une accélération.
15:45Une accélération des créations d'emplois.
15:49Essentiellement, des secteurs à la personne, la construction,
15:52tous les secteurs, justement, qui vont être stimulés par l'activité de l'IA
15:56et dans lesquels on n'a pas nécessairement besoin de l'IA.
15:58Donc, il y a un momentum aujourd'hui de déversement.
16:01Et encore une fois, il est incroyablement rapide.
16:03Le déversement dans les années 40, post-Seconde Guerre mondiale,
16:07il y a un déversement en France, post-Seconde Guerre mondiale.
16:10Il est loin d'être aussi rapide.
16:12Et là, justement, crée davantage de chômage
16:14qu'on ne peut en voir aujourd'hui.
16:16Donc, c'est vraiment une particularité de ce changement technologique-là.
16:20On peut en avoir peur, on peut se sentir menacé.
16:23Il faut aussi garder en tête qu'il y a des éléments très positifs
16:25en termes de croissance, mais aussi en termes d'emploi.
16:28Et du point de vue macro, alors, vous dites que c'est un sacré socle de croissance
16:31devant nous pour les États-Unis.
16:33Ça ne rend pas cette croissance, comment dire, plus fragile ou moins équilibrée.
16:38C'est quand même une croissance qui va être particulière,
16:40tirée par l'investissement quand on a connu quand même le poids du consommateur.
16:44Sur ce seul premier trimestre, c'est un trimestre parmi les autres.
16:48Mais la contribution la plus positive vient justement de ces investissements
16:52en IT et en logiciel, plutôt que de la consommation américaine.
16:57Elle contribue positivement, mais la contribution de l'IA,
17:00c'est pour le dire ainsi, est plus importante sur ce trimestre aux États-Unis.
17:03C'est encore pire que ça.
17:04C'est que la croissance, effectivement, est tirée par l'investissement aujourd'hui.
17:08Mais demain, elle sera tirée par les conséquences de l'investissement.
17:11Les conséquences de l'investissement, c'est la productivité.
17:13Et la productivité, au cours de ces 30 dernières années,
17:17dans la poche de qui est-ce que cette productivité s'est retrouvée ?
17:20Dans la poche du salarié ou dans la poche du détenteur d'action ?
17:24Plutôt dans la poche du détenteur d'action ?
17:26Donc cette productivité, il faut garder en tête qu'elle est potentiellement incroyablement inégalitaire
17:30et que la seule façon de s'arroger les revenus de la productivité générée par l'IA,
17:36c'est aussi de devenir actionnaire des entreprises de l'IA.
17:39Et ça, c'est quelque chose qu'il faut bien avoir en tête.
17:42Encore une fois, le S&P, pour nous, le Nasdaq,
17:44sont des indices qui ont de beaux jours encore devant eux.
17:47Justement parce qu'ils monétisent ces gains de productivité.
17:50Vous êtes Team Warch, du coup ?
17:52Non ? On verra, on en parlera tout à l'heure.
17:55C'est le grand pari de Kevin Warch de dire qu'il y aura un choc de productivité réel
17:59et que ce choc permettra de peut-être baisser les taux à des niveaux un peu plus bas
18:05que ce qu'on imagine aujourd'hui.
18:06Tout ça ramène quand même le sujet de la concentration du marché, Raphaël.
18:10Alors que l'histoire de 2025 et de début 2026 était quand même l'idée de se projeter
18:16au-delà des seuls actifs américains, au-delà du seul dollar,
18:20d'aller chercher de la performance en Asie, en Europe.
18:23Et ça a payé.
18:24C'était le thème de 2025.
18:26Est-ce que cette guerre marque quand même un changement ou un retour à quelque chose de plus concentré ?
18:31Et quand je dis concentré, je pense forcément aux Etats-Unis.
18:34Oui, c'est un point très important ce que vous soulevez là.
18:36Il y a une forme de fragilité dans ce rebond du fait de cette concentration du leadership.
18:41Alors on se rassure de voir que les facteurs de concentration,
18:44à savoir la santé de l'IA, sont robustes.
18:47Donc probablement justifient cette performance.
18:49Mais on aimerait bien voir des relais de performance.
18:52Et là, vous abordez peut-être en diagonale la problématique de l'Iran
18:56pour que le cycle reprenne,
18:58pour que des secteurs un peu moins croissants puissent aussi contribuer.
19:03Il va falloir qu'on voit une désescalade en Iran.
19:05Il va falloir que les prix du pétrole baissent.
19:07Il va falloir que les taux d'intérêt baissent.
19:09Et c'est vrai qu'on est dans cette dichotomie de marché un petit peu mystérieuse
19:13où on a des marchés risqués au plus haut
19:15et une forme de tension, de scepticisme important
19:19sur le pétrole et sur les taux d'intérêt.
19:21Sur le long terme, on a envie de penser que tout ça n'est pas complètement compatible.
19:25Il va falloir que soit les marchés s'ajustent à cette réalité de taux et d'inflation,
19:29soit à l'inverse, que les taux d'intérêt puissent baisser
19:31dans un scénario de désescalade.
19:34Donc là, vous avez probablement mis le doigt sur la problématique iranienne.
19:37Bon, et alors si on parle de l'Iran,
19:39donc on a le levier économique qui est actionné à plein
19:42avec le blocus, le blocage des ports iraniens,
19:46renforcés, prolongés,
19:47et peut-être aussi de nouvelles options militaires
19:50proposées aujourd'hui à Donald Trump
19:53pour quoi ?
19:54Jouer une dernière phase d'escalade
19:57avant une phase de désescalade ?
20:00C'est le playbook de ce genre d'affaires ?
20:03Raphaël, désolé, ça tombe sur vous.
20:06Personne n'en sait rien, je la donne à qui veut.
20:10Non, on n'en sait rien.
20:11L'impression qu'on a, c'est que...
20:15Déjà, les nouvelles récentes n'ont pas été très bonnes.
20:17Ça, c'est une première chose.
20:18Il y a une semaine, on parlait de négociations,
20:20qu'on allait peut-être aboutir,
20:22de rendez-vous au Pakistan.
20:23On n'est plus du tout dans cette thématique-là.
20:25Maintenant, on a effectivement des articles de presse
20:27qui pointent plutôt vers davantage de tensions.
20:30Et donc, on a le sentiment d'être dans une forme d'impasse
20:33avec, d'une part, aucun appétit,
20:36aucun appétit de la part d'administration Trump
20:38de remettre de l'escalade,
20:40de remettre des actifs militaires
20:43et de reprendre une campagne de bombardement.
20:46Alors, il y a cet article d'Axio,
20:47ce qui a l'air de dire autre chose,
20:48c'est le seul, il n'a pas été confirmé.
20:51Et en parallèle, on entend qu'un porte-avions USS Ford
20:54est en train de quitter la zone.
20:55Donc, on ne sait pas trop,
20:57mais on a quand même tendance à penser
20:59qu'il n'y a pas vraiment beaucoup d'appétit
21:00pour relancer la machine militaire.
21:03Donc, pas possibilité d'escalader côté administration Trump
21:06et pas vraiment de possibilité de sortir,
21:08de juste laisser les choses en plan.
21:11Ça serait une victoire pour Téhéran,
21:13ça serait laisser le contrôle du Détroit
21:15à Téhéran également.
21:16C'est des conditions que personne n'a vraiment envie d'accepter
21:18quand même sur la durée.
21:19Donc là, cette forme d'impasse, elle inquiète.
21:21On a quand même envie de penser que, malgré tout,
21:24le sens du vent, c'est une forme d'accord qui arriverait.
21:29On croit comprendre qu'il y a malgré tout
21:30des négociations qui ont lieu.
21:32Par téléphone.
21:33Par téléphone, on s'en satisfait, dit le président Trump.
21:37Très bien.
21:37Et que finalement, sur les points d'achoppement,
21:39il y a un chemin.
21:40Alors, sur le nucléaire,
21:42on entend que des solutions sont discutées,
21:44une forme de moratoire peut-être,
21:46que finalement, l'urgence du nucléaire
21:48a beaucoup baissé avec les bombardements.
21:50Et que sur les garanties de sécurité,
21:53le détroit d'Ormuz,
21:54là aussi, il y a potentiellement de la place
21:56pour trouver une espèce d'accord.
21:58Ça ne nous en dit pas beaucoup sur le monde d'après.
22:01Un monde où, oui, il y aura probablement des tensions.
22:03Oui, il y aura des primes de risque
22:05sur les secteurs de l'énergie.
22:07Oui, sur l'acheminement de l'énergie,
22:10aussi, il y aura des problématiques.
22:11Mais on n'a pas complètement envie
22:13d'imaginer le scénario du pire pour tout de suite.
22:15Donc, peut-être une forme de désescalade.
22:17Mais enfin, qui en sait vraiment plus que ça ?
22:20L'inverse, demain ou après-demain ?
22:21Non, mais on suit ça au jour le jour,
22:23bien sûr, depuis plus de deux mois maintenant.
22:24Sophie, je ne sais pas si ça appelle des commentaires de votre part.
22:27En tout cas, si le marché actions lui regarde
22:30l'IA aujourd'hui,
22:33les marchés de taux, les marchés pétroliers
22:35restent quand même concentrés sur la situation d'Ormuz.
22:37Et par conséquence, les banques centrales.
22:40Et là, le discours cherche quand même
22:42un degré d'équilibre
22:44qui n'est pas facile à trouver.
22:46Ou même quand on voit le World Economic Outlook
22:48du FMI, par exemple.
22:50Non, il y a un vrai sujet.
22:51En fait, aujourd'hui,
22:52on est vraiment entre deux scénarios
22:54qui étaient le scénario de désescalade
22:56qui nous a fait racheter le marché, évidemment,
22:59il n'y a pas très longtemps.
23:00Et puis, le scénario d'enlisement
23:01qui nous a fait revendre les paris tactiques
23:03plus récemment.
23:04Et les cartes sont complètement rebattues.
23:08C'est vrai que la plupart des investisseurs
23:11ont commencé l'année assez pessimistes
23:13sur les Etats-Unis.
23:14Il fallait de l'Europe.
23:15Il fallait des émergents.
23:17Et si on fait abstraction
23:18de la partie technologie de l'Asie,
23:20bien entendu.
23:21Et là, on a complètement rebasculé
23:24dont finalement,
23:24on n'est pas si mal aux Etats-Unis.
23:26Il y a de la résilience.
23:28C'est un refuge qui reste confortable
23:29dans ce genre de période un peu troublée.
23:32Exactement.
23:33D'autant qu'il y a une sorte de rallye silencieux
23:35dont on n'a pas parlé.
23:36Mais aux Etats-Unis,
23:36il y a aussi un très très bon comportement
23:38des petites et moyennes capitalisations boursières
23:40qui saluent l'OBBA,
23:43qui saluent la résilience de l'économie américaine,
23:45etc.
23:46Et plutôt un retour de la défiance vis-à-vis de l'Europe
23:49qui est quand même fragile aujourd'hui.
23:51Et avec une BCE qui est dans une sorte de casse-tête.
23:54C'est-à-dire que la position banque centrale,
23:56elle est quand même très très compliquée.
23:57On parlait hors antenne de la question du mandat
23:59de la Banque centrale européenne.
24:01C'est une situation compliquée
24:04avec une croissance à tône ou pratiquement à tône
24:07et puis des tensions inflationnistes qui refont surface.
24:10La cicatrice, une cicatrice très forte
24:13de la guerre en Ukraine
24:14avec des réactions qui ont été un peu tardives
24:16et qui risquent peut-être de pousser la BCE
24:20vers une réponse un peu trop dogmatique,
24:24un peu trop dure.
24:25Donc c'est vrai qu'il y a cette fragilité
24:28et qui nous, nous a plutôt ramenés
24:32vers le marché américain.
24:34Je trouve qu'il y a eu beaucoup de discrimination.
24:35Quand même, il y a des sujets qui ont été reconsidérés.
24:37Voilà, il y a beaucoup de discrimination dans le marché.
24:40On commence à avoir les effets quand même
24:41sur les secteurs les plus cycliques,
24:43les carnets de commandes,
24:44sur les entreprises de cycle court.
24:46Les entreprises qui sont à la chaîne de valeur de l'IA,
24:48là, tout va bien.
24:50Mais les entreprises qui sont industrielles,
24:51qui sont plutôt dans les cycles courts,
24:53les carnets de commandes sont vraiment pas terribles.
24:56Donc, non, non, c'est par rapport à l'ambiance.
24:59Il y a de la discrimination
25:02et les scénarios sont pas mal rebattus.
25:03Et puis là, il y a effectivement
25:04cette période d'incertitude.
25:06Et on est à la frontière
25:07entre la désescalade et l'enlisement.
25:10Et c'est vrai que, bon,
25:11c'est bien joué aujourd'hui par le marché des taux,
25:14facialement au moins par le marché des actions.
25:16Et moi, je trouve que dans le détail,
25:17quand même assez bien.
25:18Oui, c'est ça.
25:19Il y a quand même des secteurs dans les marchés actions
25:21qui intègrent cette altération du scénario.
25:25Voilà, alors qui n'intègrent pas de récession.
25:26Aujourd'hui, il n'y a pas de récession payée.
25:29Mais un début d'enlisement plutôt pas mal intégré.
25:33Bon, du point de vue des banques centrales,
25:34alors la BCE, évidemment, c'était le jour.
25:38Quand même, il faut retenir quand même
25:40que la décision de maintenir les taux a été unanime.
25:43Il n'y a pas eu de dissidence.
25:45Mais en contrepartie, Christine Lagarde
25:47signale, alors avec les mots d'une bancaire centrale
25:49qu'elle est,
25:52que la hausse de taux a été discutée,
25:55que s'il n'a pas été délivré ce mois-ci,
25:57il y a des chances qu'elle puisse l'être
25:59à l'occasion du meeting du 11 juin.
26:01Elle ne le dit pas comme ça.
26:02Mais c'est quand même le message qu'on comprend, Florian.
26:04Elle ne le dit pas comme ça.
26:05Elle le dit quasiment comme ça.
26:07Elle ajoute simplement
26:08« Nous avons manqué de données pour nous décider.
26:12Et pour l'instant, ce n'est pas une stagflation. »
26:16Donc il y a quand même un effort, en tout cas,
26:19de réalisme de la part de la BCE
26:21dont on a peur, d'ailleurs, qu'elle soit dogmatique.
26:24C'est essentiellement parce qu'on a connu la BCE
26:26de Jean-Claude Trichet
26:27et on n'a juste pas très envie
26:29de se retrouver à nouveau confronté
26:31avec une BCE qui réagit du tac au tac
26:34pour chaque point de pourcentage d'inflation devant elle,
26:37alors qu'elle le dit très bien.
26:38La croissance au premier trimestre, 0,1%.
26:41C'est anémique.
26:44Soyons sacrés, n'ayons pas peur des mots.
26:46Donc, ce qu'il faut bien comprendre,
26:49c'est un choc de court terme.
26:51C'est probablement un choc de court terme, en tout cas.
26:53Aucun pays sur Terre n'a un intérêt
26:55à la poursuite de ce conflit-là.
26:58Mais il a des conséquences de moyen terme,
27:01tout simplement parce que,
27:02même si on réouvrait le Détroit aujourd'hui,
27:06inconditionnellement,
27:06on mettrait du temps à résorber, en fait,
27:09le choc d'offres auxquelles on a été confrontés.
27:11Il nous manque 10% à peu près de l'offre mondiale tous les jours,
27:14en ordre de grandeur.
27:16Et ça, généralement,
27:17ça a des conséquences de moyen terme.
27:19Le marché des taux, le price assez bien.
27:21Le marché des actions, un peu moins.
27:22Le marché des actions a décidé de faire le choix de la croissance
27:24plutôt que le choix de la value.
27:26On le comprend.
27:27On a fait le même choix de notre côté.
27:30Simplement, il ne faut pas oublier que,
27:32voilà, si en lisement il y a,
27:33c'est le scénario adverse,
27:36le scénario alternatif,
27:38le côté obligation, le côté taux,
27:41on pourrait voir, en fait,
27:42une accélération du repricing de ce risque d'inflation.
27:45Tout ce qu'on a vu, pour l'instant,
27:46sur la courbe américaine,
27:47c'est 17 points de base.
27:48Donc, 0,17% de progression de la prime inflation.
27:51Le reste, c'est plutôt réel.
27:52Donc, les marchés de 10, 40 à 10 ans,
27:55une progression de 17 points de base.
27:58On pourrait doubler, tripler, quadrupler
28:00cette prime de risque-là.
28:01Et là, on commencerait à ramener le problème,
28:04à décaler le problème de la value,
28:06c'est-à-dire des coûts,
28:06vers la croissance,
28:08c'est-à-dire le financement de la croissance
28:09de plus long terme.
28:10Donc, on n'est pas au bout de cette épopée-là,
28:13en fait, en lisement ou accélération du...
28:17En lisement ou résolution du conflit,
28:20ça laisse quand même planer le doute
28:21sur des conditions de financement plus strictes.
28:24Et ça ramène aussi, comme vous le disiez,
28:26l'église au milieu du village.
28:27C'est-à-dire qu'on faisait partie de ces gens-là
28:29qui aimaient bien l'Europe,
28:30qui aimaient bien le Japon,
28:32enfin, même depuis 2025.
28:35Clairement, les cartes ont été rebattues
28:37par ce choc-là.
28:38C'est-à-dire que ce choc,
28:39il a fait apparaître des faiblesses
28:42et des forces,
28:43des forces du côté américain,
28:44parce qu'ils sont producteurs de pétrole
28:45et parce que la technologie, aujourd'hui,
28:47est assez protégée de ce risque-là.
28:49Et des faiblesses, côté japonais,
28:51elles sont évidentes.
28:52Mais c'est peut-être un schéma durable.
28:53Et c'est peut-être...
28:54On revient à quelque chose...
28:56À être durgés.
28:57Aujourd'hui, on ne se dit pas
28:58tiens, j'attends que l'Europe rebondisse
29:00et on est prêts pour tabler
29:03sur un rebond de l'Europe.
29:04Alors qu'à votre antenne,
29:05on a été des turriféaires de l'Europe,
29:07on a été des défenseurs,
29:08encore une fois,
29:09de l'Asie,
29:10des défenseurs du Japon.
29:11Bien sûr.
29:12Là, clairement,
29:12les cartes sont rebattues.
29:14Toute l'Asie ne se ressemble pas.
29:15Il y a une forte discrimination,
29:17aujourd'hui,
29:17dans les portefeuilles,
29:18dans les choix de nos gérants,
29:19vis-à-vis de l'Asie, évidemment.
29:20On peut voir la technologie,
29:21soyons clairs.
29:23Et, clairement,
29:25une redirection des flux
29:27vers la zone dollar,
29:28vers les actions américaines.
29:29Il y a une problématique
29:31de banque centrale,
29:32il y a une problématique
29:32de taux de long terme,
29:33il y a une problématique...
29:34Et il y a un risque, en fait,
29:35pour ce narratif
29:36dans lequel on est en train...
29:37Enfin, j'ai l'impression
29:38qu'on est tous en train d'investir,
29:39c'est-à-dire
29:40le retour vers la tech américaine
29:41et la tech au sens large.
29:42Mais, du coup, oui,
29:44ce serait approprié
29:46pour une question
29:46de gestion du risque
29:47que la Banque Centrale Européenne,
29:49je ne sais pas,
29:50remonte une à deux fois
29:52ses taux cette année.
29:53Le marché pense
29:55que c'est la réponse
29:55que la BCE apportera.
29:57Alors, je veux
29:57une réponse d'économiste.
29:59Hein ?
30:00Une réponse d'économiste
30:01très claire.
30:03Aux Etats-Unis,
30:04on a combattu
30:04une vague d'inflation
30:05à 10%
30:06avec des taux à 5%.
30:08Aujourd'hui,
30:09on a 3% d'inflation
30:10qu'on va combattre
30:11avec 2% en Europe.
30:13Bon, 2%,
30:142,25,
30:152,50,
30:15c'est plutôt
30:16l'épaisseur du trait.
30:18Mais ça reste
30:19probablement,
30:20en fait,
30:20assez contraignant.
30:21Et on commence
30:22à lire
30:23dans les enquêtes.
30:24Les données
30:25publiées par la Commission
30:26européenne
30:27hier
30:27le montraient assez bien.
30:29On commence à voir
30:30un infléchissement
30:31des enquêtes,
30:31un infléchissement,
30:32pardon,
30:32des enquêtes
30:33côté industriel
30:34et côté service
30:35en même temps.
30:35Les plus inquiets,
30:37les plus inquiets,
30:37pardon,
30:37ce sont les consommateurs,
30:38évidemment,
30:39qui réagissent très fortement
30:40au prix du pétrole.
30:42Il faut commencer par ça.
30:43C'est habituel.
30:45Si le mandat,
30:46c'est lutter contre l'inflation
30:47avec la mémoire
30:47du choc inflationniste
30:48qu'une génération
30:49a traversée
30:50et qu'elle n'avait pas connue,
30:53c'est quand même bien
30:54les anticipations
30:54des ménages
30:55qui comptent aussi un peu.
30:57Absolument.
30:58La difficulté,
30:59c'est,
30:59lorsque votre mandat,
31:00c'est l'inflation
31:01et non pas la croissance
31:02et l'inflation,
31:03comment est-ce qu'on gère
31:030,1% de croissance
31:05et 3% d'inflation ?
31:06Donc des hausses modérées,
31:08c'est probablement
31:10la bonne réponse.
31:11Oui.
31:11Alors que ça a commencé bien
31:12quand même pour l'Europe,
31:13Christine Lagarde l'a rappelé.
31:15On démarrait bien
31:16quand même
31:16avec des vents porteurs
31:19pour le cycle européen.
31:21Sur les banques centrales,
31:22la BCE,
31:23si vous voulez compléter,
31:24Raphaël,
31:25et puis venons-en
31:25à la Fed,
31:26la dernière de Powell
31:27hier,
31:28qu'on peut saluer,
31:30et une transition
31:32avec un Kevin Warch,
31:33qui ne va pas être
31:34évidente.
31:36On a vu quand même
31:37des dissidences
31:39importantes
31:39au sein du comité
31:40que j'ai plutôt lues
31:42comme étant
31:42un espèce de message
31:44d'accueil
31:44en vue du prochain président.
31:46Pour lui sinaliser,
31:47M. Warch,
31:48si vous voulez baisser les taux,
31:50il faudrait une force
31:50de conviction
31:52importante.
31:53Oui,
31:53non,
31:53mais ça a été
31:54une réunion
31:55où finalement,
31:56quand on regarde
31:57les éléments nouveaux
31:58ou marquants,
31:59il y a pas mal
32:00de négatifs en fait
32:00dans cette réunion.
32:02on a déjà
32:03bien compris
32:04qu'il y avait
32:04de la dissidence,
32:06qu'on devenait
32:07de plus en plus
32:07défensif vis-à-vis
32:08de cette thématique
32:09de l'inflation.
32:10On veut quelque chose
32:10de plus symétrique,
32:11c'est ça,
32:12dans la communication
32:12de la Fed,
32:14qu'on puisse dire
32:14le prochain mouvement
32:15sera ou une baisse
32:17ou une hausse,
32:18de manière à peu près
32:19équivalente.
32:19Et ça,
32:20on l'a vu à travers
32:20la dissidence
32:21avec trois gouverneurs
32:22qui souhaitaient
32:23une hausse de taux.
32:24On l'a vu aussi
32:24avec une forme
32:25de consensus
32:26qui est en train
32:26de se construire
32:27autour d'une révision
32:28des anticipations monétaires,
32:30la forward guidance
32:31à la hausse.
32:32Ça,
32:32c'est une réalité.
32:34On a aussi entendu
32:35que finalement,
32:38le marché
32:38qui espère
32:39que les banques centrales
32:40vont regarder
32:41à travers
32:41cet épisode temporaire
32:44pourrait être déçus,
32:45que Jérôme Powell
32:46nous explique
32:47que finalement,
32:47déjà,
32:48on est en train
32:48de regarder
32:49à travers
32:50l'épisode temporaire
32:51des tarifs,
32:52qu'on a une inflation
32:53qui est au-dessus
32:54de la cible
32:55depuis cinq ans.
32:56Donc à un moment,
32:56on va pouvoir
32:56tout le temps regarder
32:57à travers.
32:58C'est un peu ça
32:58le message
32:59qu'on a entendu hier.
33:00Ça,
33:00c'est pas une très bonne nouvelle.
33:01Puis peut-être même
33:02dernière mauvaise nouvelle,
33:03c'est que Jérôme Powell,
33:05alors je dis ça
33:06très doucement,
33:08a, semble-t-il,
33:08décidé de rester.
33:09Ah bah c'est même sûr,
33:10oui, je vous confirme.
33:11Et ça rejoint
33:12aux prémices
33:13de votre question.
33:14On arrive donc
33:15dans une période
33:16d'incertitude absolue
33:17au niveau du bord
33:18de la Fed
33:19avec Kevin Warch
33:20qui arrive
33:21avec un mandat
33:22très clair
33:22et très,
33:23en tout cas,
33:24très explicitement
33:25articulé,
33:25dirons-nous,
33:26et qui semble aller
33:27en opposition
33:28avec le bord,
33:30la présence
33:31de Jérôme Powell,
33:32la dissidence.
33:33C'est pas une succession
33:34comme Bernanke
33:35et Hélène, quoi ?
33:36Non.
33:37On en est très loin.
33:38Et à un moment
33:39où les investisseurs
33:40ont sûrement besoin
33:41de beaucoup
33:42de visibilité,
33:43où il y a effectivement
33:44beaucoup d'incertitude,
33:45un choc inflationniste
33:46qui nous frappe,
33:46on va avoir très bientôt
33:48en plus de ça,
33:49cette incertitude
33:50de politique monétaire
33:51dont on n'avait pas besoin.
33:51Donc, effectivement,
33:52on ne ressort pas
33:53très rasséréné
33:55de cette réunion
33:56de la Fed.
33:56Bon, comment vous regardez
33:57la Fed ?
33:58Alors, la Fed d'hier,
34:00celle de Powell
34:00et la Fed de demain,
34:01celle de Kevin Warch ?
34:04Je reviendrai
34:04sur la BCE.
34:05Ah, la BCE,
34:06bien sûr !
34:07Peut-être sur juste
34:07un point qu'a mentionné
34:08Christiane.
34:09La garde est qui a attiré...
34:09Le vice-président
34:10qui s'en va aujourd'hui
34:10de la BCE, je crois.
34:11Mais qui a attiré mon attention
34:13et quand même
34:13dans le question-réponse,
34:16elle a quand même mentionné
34:17le fait qu'il n'y avait
34:18pas des faits de second tour.
34:20C'est pour ça
34:21qu'ils attendent des données.
34:22Non, mais c'est important
34:24parce que dans les anticipations
34:26de l'arché,
34:26et d'ailleurs c'est pour ça
34:27qu'aujourd'hui,
34:27il y a une forte détente
34:27obligataire quand même,
34:30ils essayent
34:32d'accompagner
34:33du mieux possible
34:34ces anticipations
34:35et ça aussi,
34:36c'est un outil
34:36de politique monétaire
34:37avant même de monter les taux.
34:38Comment est-ce qu'on accompagne ça ?
34:40Comment est-ce qu'on
34:41« accommode »
34:42les anticipations
34:44des investisseurs ?
34:45Sur la Fed,
34:46pour moi,
34:47l'incertitude est totale.
34:51le contexte est
34:52ultra compliqué
34:53et je pense que plus ou moins
34:54tout le monde avance à vue.
34:56Vous n'avez pas de pari
34:57sur le prochain mouvement ?
34:58Non, non, non.
34:59On est...
35:00Les deux sont possibles ?
35:01Les deux sont possibles.
35:02Alors, j'ai bien vu
35:03que le consensus
35:04des anticipations
35:04est en train de se décaler,
35:06que des baisses de taux
35:06sont anticipées maintenant,
35:07mais en début 2027,
35:09puisque c'est un petit peu
35:10l'idée que, en fait,
35:11le taux de chômage
35:12à un moment
35:12va commencer à remonter
35:13et qu'effectivement,
35:15début 2027,
35:15déjà, une partie
35:16du choc inflationniste,
35:17croisons les doigts,
35:18sera derrière nous
35:19et que le ralentissement
35:20de l'emploi fera que
35:21la Fed pourra baisser
35:22les toits à ce moment-là.
35:23Donc, on repousse, en fait.
35:24On est en train
35:25de repousser
35:27tranquillement l'horizon.
35:30Et j'aurais tendance
35:30à dire que ce n'est pas
35:31si problématique que ça
35:32pour le marché américain.
35:34Ce qui compte aujourd'hui,
35:35c'est la résilience
35:37et c'est ça qui domine.
35:38La croissance,
35:39le thème de l'IA.
35:40Dans l'esprit des investisseurs
35:42sur le marché américain,
35:43c'est ça qui domine.
35:43Bon, Warsh,
35:45ce ne sera pas facile
35:46pour lui de baisser les taux
35:47si c'était un de ses objectifs
35:51cachés,
35:51d'arriver avec,
35:52dès le premier meeting,
35:54un nouveau style,
35:55une nouvelle présidence
35:56et une baisse de taux.
35:5716-17 juin,
35:58ce ne sera pas facile.
35:59Ce ne sera pas facile.
36:00Et puis,
36:01il aurait bien besoin
36:02d'un compagnon de désinflation,
36:04celui qui l'anticipe d'ailleurs lui-même,
36:06qui est justement l'IA
36:07pour revenir au début
36:08de notre discussion.
36:10Très clairement,
36:11cet IA,
36:12ces gains de productivité,
36:13ce seraient potentiellement
36:14des inflationnistes.
36:16Alan Greenspan s'en frustrait d'ailleurs
36:19dans la seconde partie
36:20des années 90.
36:21Il était surpris
36:22que l'inflation ne progresse pas plus,
36:23l'économie allait bien
36:24et pourtant l'inflation
36:25ne décollait pas.
36:27Qu'est-ce que ?
36:28Alors, on a déjà...
36:29Le mystère, l'énigme.
36:30L'énigme, exactement.
36:31On a déjà été exposé à ça.
36:33Simplement,
36:33il n'était pas au milieu
36:34d'un choc pétrolier
36:35comme on l'a aujourd'hui.
36:36Donc, la difficulté,
36:37effectivement,
36:38ça va être
36:39de convaincre
36:41les 12 votants
36:42de l'urgence
36:44d'une baisse de taux.
36:47Notre vue, globalement,
36:48c'est un statu quo
36:49jusqu'à la fin de l'année,
36:50probablement.
36:51s'il ne trouvera pas
36:53de consensus
36:53et le choc se poursuit.
36:55Si le choc se poursuit.
36:56Alors, on est face
36:58à deux grandes incertitudes,
37:00en lisement au point d'interrogation
37:02et puis transmission
37:03de l'IA au gain de productivité
37:05et à la désinflation.
37:06Deuxième point d'interrogation.
37:08C'est terriblement difficile
37:09de jauger de l'impact
37:11de ces deux éléments-là.
37:13Un choc pétrolier classique,
37:14c'est plus 2% d'inflation.
37:16D'accord ?
37:17Ça, c'est à peu près
37:17sur une période de 12 mois.
37:19Un choc de productivité,
37:21c'est moins 1,5% d'inflation
37:25sur 12 mois.
37:26Donc, on serait à 0,5% de distance.
37:28Ça s'équilibre un peu près quand même.
37:29Ça pourrait potentiellement s'équilibrer.
37:31Ce ne sont que des moyennes.
37:32Voilà.
37:33Simplement, il y a un travail de fond.
37:34On a vu les dissidences d'hier.
37:36Vous savez qu'il l'attend de pied ferme quand même.
37:38Le message, il est très clair.
37:39Il va être difficile
37:40de former un consensus
37:41pour la baisse des taux.
37:42Il va falloir trouver
37:43des arguments relativement convaincants.
37:45En plus, cette dissidence,
37:47cette fronde,
37:48elle se produise
37:49sans qu'on ait eu
37:50de mise à jour
37:51des prévisions
37:52de la Réserve fédérale.
37:53C'est-à-dire que le staff
37:54des économistes
37:54n'a pas fait son travail de fond
37:56d'incorporer le prix du baril
37:59en-dessus de 110
38:00et les conséquences inflationnistes
38:02de moyen terme.
38:03Moi, j'ai l'impression même
38:04que Jérôme Powell,
38:04il n'était pas
38:06complètement inconfortable
38:07avec l'idée
38:08de ces trois dissidents.
38:09Alors, je mets Maheran de côté
38:10qui lui demandait
38:10des baisses de taux.
38:11Les trois autres dissidents
38:12ne demandaient pas explicitement
38:14une hausse de taux.
38:14ils voulaient modifier
38:16le statement,
38:18la déclaration introductive
38:20pour rééquilibrer les choses
38:22en limitant le biais
38:24dovish,
38:25le biais accommodant.
38:26Une manière de dire,
38:28il faut être plus équilibré
38:30dans notre communication
38:30entre la partie dure
38:31et la partie plus souple.
38:34Absolument.
38:35Et cette demande de rééquilibrage...
38:37Et je n'ai pas l'impression
38:37que Powell ait été
38:38très inconfortable avec ça.
38:39Peut-être même que
38:40cette dissidence,
38:40elle a été aussi
38:43mise en lumière
38:44pour préparer
38:45l'arrivée de Kevin Walsh.
38:46Je n'allais pas jusque-là.
38:47Ben, c'est comme ça
38:49que filent un peu les choses.
38:49Mais c'est une lecture intéressante.
38:52En tout cas,
38:53que ça ait été organisé ou pas,
38:54c'est un message intéressant.
38:56Le message est,
38:57en l'absence de révision,
38:58nous sommes capables
38:59de vous dire
38:59qu'on n'est pas pro
39:01baisse de taux.
39:02En tout cas,
39:02on a un mini consensus
39:03qui n'est pas pro baisse de taux.
39:05Et le fait que Powell reste,
39:06c'est important quand même ?
39:07Ça ajoute une voix de plus
39:09une voix réaliste.
39:11Après,
39:11Powell,
39:12c'est quand même quelqu'un...
39:13Ça a été un leader de la Fed
39:15qui a été relativement
39:17passif.
39:18Pragmatique ?
39:18Oui,
39:19je dirais plutôt passif
39:19vis-à-vis de la vague d'inflation.
39:21Il y a quand même
39:22pas mal de banquiers centraux
39:23qui l'ont précédé,
39:24qui confrontaient
39:24à une inflation à 10%,
39:25n'auraient pas mis les taux
39:26à 5,5%.
39:29J'en connais au moins un,
39:30en tout cas,
39:31qui aurait mis les taux
39:31en face
39:33aux alentours de 10%.
39:34Oui,
39:34c'est ça.
39:35Une bonne règle de Taylor
39:36et on ne se pose pas de questions.
39:38Exactement.
39:39On est face à un manqué central
39:40qui n'a jamais été
39:43en faveur
39:44de la destruction
39:45de l'emploi
39:46au service
39:47de la régularisation
39:48de l'inflation.
39:49L'emploi maximum.
39:50C'est un travail
39:51de 10, 15, 20 ans
39:52sur le sujet
39:53du côté de la Réserve
39:53fédérale américaine
39:54et c'est un point de critique
39:56de Kevin Walsh,
39:57justement,
39:57cette notion
39:58de maximum employment.
39:59est-ce que c'est bien
40:00une bonne définition
40:01d'une partie du mandat
40:02de la Réserve fédérale américaine ?
40:04Attention à ce jour.
40:05Prochain rendez-vous
40:06pour la fête,
40:0616 et 17 juin.
40:07Merci à vous trois.
40:08Merci d'avoir été
40:08les invités de Ménette Marché
40:09ce soir.
40:10Florian Lielpau,
40:10Lombard Odier IM,
40:11Raphaël Thuin,
40:12TK au Capital,
40:13Sophie Chevelier,
40:14Dorval AM.
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