Passer au playerPasser au contenu principal
Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Il est 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour Face à Mathieu Bocoté.
00:04Cher Mathieu, bonsoir.
00:05Bonsoir.
00:05Bonsoir Arthur de Vatrigan.
00:07Bonsoir Yves.
00:07Vous n'êtes pas venu avec l'Incorrect ?
00:10Non, il ne sort que la semaine prochaine.
00:11Ah, il sort la semaine prochaine.
00:13Mais vous voyez, j'ai l'œil parce que c'est le premier mai.
00:16Je vais vous oublier.
00:16C'est le premier week-end du mois de mai.
00:18Mais on découvrira donc l'Incorrect la semaine prochaine.
00:23A la une de Face à Mathieu Bocoté.
00:26Le libéralisme a le vent en poupe dans une France ralentie par une administration obèse.
00:33Une technocratie aveugle.
00:35Des figures émergent.
00:36David Lysnard, Guillaume Gasbarian ou encore Alain Madeleine.
00:39Mais les Français sont-ils prêts à casser les murs de l'hyper-étatisme ?
00:44On en parle dans cette émission.
00:46A la une également, un champ marin se dirait-il devenu suspect en France.
00:50Un béret, une baguette, un bon vin aussi.
00:52Jusqu'où les procès en extrême-droitisation peuvent-ils aller à force de voir des nazis partout ?
00:59L'extrême-gauche et l'extrême-centre en perdent-ils le sens de la fête ?
01:03Là aussi, on en parle dans cette émission.
01:05Enfin, vous recevez ce samedi soir Nicolas Mirkovic pour son livre « Déclin et renouveau.
01:11Comment les Français se relèveront » à découvrir en deuxième partie d'émission.
01:16Cher Mathieu, le Figaro, il y a quelques jours, s'intéressait à la renaissance du libéralisme
01:22à l'horizon de la prochaine élection présidentielle.
01:25De nombreux articles ont approfondi cette hypothèse dans les jours qui ont suivi.
01:29Est-ce le cas ?
01:31Car il est d'usage de dire que les Français sont allergiques, pour ne pas dire réfractaires, au libéralisme.
01:37Que comprendre Mathieu Bocoté ?
01:38Alors, il y a effectivement dans la vie publique des indices de libéralisme dans l'air.
01:44C'est-à-dire que cette idéologie que l'on peine à définir, mais qui existe néanmoins,
01:48je reviendrai sur sa définition dans un instant,
01:50nous voyons dans l'espace public de plus en plus de gens qui critiquent l'étatisme,
01:56qui critiquent le surendettement, qui critiquent une société surbureaucratisée.
02:01Donc, il y a un créneau libéral qui se dégage.
02:05Et on le voit aussi avec la multiplication des candidats ou des figures
02:09qui s'en réclament d'une manière ou de l'autre.
02:11La candidature de David Lysnard est évidemment le premier signe.
02:14C'est-à-dire que David Lysnard croit possible d'occuper un créneau libéral.
02:19Jusqu'où peut-il le pousser ? Nous verrons.
02:21Mais il arrive en brandissant clairement l'étendard du libéralisme dans cette présidentielle.
02:27David Lysnard, qui, je le précise, n'est pas un libéral gaga.
02:32On n'est pas un libéral qui dit qu'il suffirait que le marché régule tout pour que tout aille
02:36bien.
02:36Il a le sens de l'ordre, de la civilisation, de la propriété.
02:39Il est en guerre contre le wokisme.
02:41Donc, c'est une pensée qui ne s'épuise pas dans une version caricaturale du libéralisme.
02:45Mais son fagnon, c'est le libéralisme.
02:48Guillaume Gasbarian, l'ancien ministre, il a lancé son parti, le parti de la liberté.
02:52Lui, il se veut le milleil français.
02:54Ils veulent tous quelque chose aujourd'hui.
02:57Ils ont tous la tronçonneuse.
02:58Oui, je pense que M. Ciotti, elle veut plutôt la déchiqueteuse.
03:01Mais bon, d'une manière ou de l'autre.
03:02On déchiquette ou autre, on sonne, mais on fait ce qu'on peut.
03:06M. Gasbarian, lui, c'est le parti de la liberté, donc au singulier.
03:10Il ajoute à cela un engagement net pour une cause vraiment importante, je pense.
03:14C'est la lutte contre le squat, c'est-à-dire cette négation militante du droit de propriété.
03:21Gasbarian dit que c'est insensé qu'il soit possible de s'emparer du bien d'autrui.
03:26Et plus encore, quand il s'agit d'associations militantes qui organisent le squat parce qu'elles sont philosophiquement hostiles
03:33au droit de propriété.
03:34Donc, Gasbarian existe là-dedans.
03:36Autre facteur, alors je rends hommage parce que c'est son anniversaire aujourd'hui, si je ne me trompe pas.
03:40Édouard Balladur a 97 ans aujourd'hui.
03:42Et on se demande, moi j'entends ça de plus en plus souvent des gens qui en 95 ont voté
03:45Chirac,
03:46parce que Chirac c'était l'aventure, alors que de l'autre côté c'était le libéralisme orléaniste bourgeois.
03:51Eh bien, on se demande quelquefois que se serait-il passé si Balladur l'avait emporté plutôt que Chirac.
03:55Et combien sont-ils aujourd'hui à se dire, finalement, est-ce que la France n'a pas manqué une
03:59occasion importante à ce moment ?
04:02Chirac qui était finalement un homme de droite par le style et l'apparence, mais pas par les convictions.
04:07Alors qu'Édouard Balladur incarnait aussi ce libéralisme conservateur d'ordre.
04:11Alors, je ne reviendrai pas éternellement sur Balladur, mais mentionner que le retour de son nom dans l'espace public
04:16témoigne d'une nostalgie légitime.
04:18Le retour d'Alain Madelin parmi les commentateurs les plus appréciés des Français sur les plateaux télé.
04:23Alors, Madelin, c'est la tendance libérale optimiste.
04:26Mais il est intéressant, Madelin, parce que c'est quelqu'un qui a voulu faire, c'est une forme de
04:29pré-David Lissnard.
04:30Il a voulu dégager un espace en 2002 sur le créneau libéral.
04:35Il a été vaincu, mais il a témoigné de la persistance de cette tradition.
04:40Alors, on pourrait dire, qu'est-ce qui nous pousse aujourd'hui vers cette espèce de moment libéral français ?
04:43Il y a un contexte international qui est favorable assurément.
04:46Un peu partout en Occident, et je reviendrai dans un instant,
04:49on constate à quel point nous vivons dans des sociétés suradministrées,
04:53des sociétés surendettées, des sociétés écrasées par la dette,
04:56des sociétés dominées par les bureaucrates et les technocrates.
04:59Et devant tout cela, il y a une exaspération du commun des mortels
05:03qui a l'impression de se faire vampiriser à temps plein
05:06par le corps bureaucratique, qui est une forme de corps étranger
05:09qui vide la société de ses forces.
05:13Mais, puis j'ajoute une chose, il y a aussi évidemment des éléments comme Millet et ainsi de suite,
05:17donc un peu partout, on voit des partis qui revendiquent le libéralisme
05:21ou même le libertarialisme quelquefois.
05:24Pourtant, c'est très étonnant, en France, dans le discours public dominant,
05:27j'entends par là le service public financé par l'argent des Français,
05:30mais pas que, on entend l'idée que la France serait un pays hyper-libéral,
05:35ultra-libéral, néo-libéral, maxi-libéral, géga-libéral, cro-cro-libéral,
05:39c'est-à-dire un pays qui serait absolument libéral dans un pays
05:42où 58% des dépenses publiques, le PIB dit, c'est 58% de dépenses publiques.
05:49C'est quand même immense.
05:50Qu'est-ce qui peut amener les Français à croire aujourd'hui
05:53qu'ils vivent dans un pays ultra-libéral alors qu'ils vivent dans le pays
05:57qui a le plus poussé le socialisme en Occident ?
06:01Alors, l'explication générale, pourquoi on nous dit que les Français sont réfractaires au libéralisme ?
06:05On l'entend souvent.
06:06L'explication, ça consiste à dire que c'est l'État qui a construit la France,
06:10que la France sans l'État n'existerait pas,
06:13donc les Français auront un rapport particulier, sensible à l'État.
06:18Mais ce à quoi il faut répondre tout de suite, on se calme les enfants.
06:21Quand on pense à l'État, version Louis XIV,
06:24quand on pense à l'État même napoléonien,
06:26quand on pense à l'État, version générale de Gaulle,
06:29on ne pense pas à l'État socialiste mitterrandien qui domine depuis 40 ans.
06:33Il y a une forme de vol de mémoire de la part des socialistes et des étatistes
06:38qui s'empare de la mémoire longue de l'État en France
06:40pour justifier un étatisme malade, conquérant, abusif, intrusif,
06:46tel qu'on le connaît aujourd'hui.
06:48Donc, ce n'est pas l'histoire longue de la France
06:51qui nous conduit aujourd'hui à l'allergie au libéralisme,
06:53c'est une histoire beaucoup plus récente.
06:55Et de ce point de vue, je pense qu'il faut revenir à l'après-guerre
06:58avec une espèce de coup de force sur la société civile,
07:03sur l'édition, sur la vie de l'esprit, sur la vie intellectuelle,
07:06sur la vie médiatique, qu'ont opéré alors les communistes.
07:09Alors, on me dirait, le communisme, ça y est, je sors les mots
07:11pour faire peur aux enfants.
07:12Mais le fait est qu'après la guerre, le Parti communiste français,
07:15aux ordres de Moscou à l'époque,
07:17le Parti communiste français s'empare véritablement
07:19de tout l'appareil culturel en France,
07:21avec le consentement, soit dit en passant, d'une partie des gaullistes,
07:24ne l'oublions pas.
07:25Donc, il va y avoir une colonisation de la société française
07:29par un imaginaire communiste.
07:30Et le fait est que plusieurs des verrous
07:33qui dominent la France encore aujourd'hui
07:35nous viennent de cette époque.
07:37Pour la petite histoire, n'oubliez pas
07:38qu'au début des années 50,
07:41le poujadisme, qu'on a un peu oublié aujourd'hui,
07:43c'est une insurrection des commerçants et des indépendants
07:45et de tous ceux qui vivent de leur travail
07:47plutôt que de l'argent public
07:49contre cet étatisme croissant.
07:51Pour le plaisir de le rappeler, soit dit en passant,
07:54avec De Gaulle, il y a un moment libéral en 1958,
07:56mais ça va durer une décennie pour l'essentiel.
07:58Vous noterez, en 2000,
08:00en 2000, Maurice Druon,
08:02un nom qu'on a un peu oublié aujourd'hui,
08:03l'ancien secrétaire perpétuel de la Caménie française,
08:07avait écrit « La France aux ordres d'un cadavre ».
08:09Et c'était quoi son cadavre en 2000 ?
08:11Il dit « Le communisme d'après-guerre
08:12domine encore nos mentalités ».
08:15Plusieurs personnes dénoncent aujourd'hui
08:16le socialisme mental qui commanderait les esprits en France.
08:19François-Olivier Gisbert a publié il y a quelques semaines
08:22« La France était un pays communiste ».
08:24Alors, ce que je note, c'est que tout le monde constate
08:26qu'il y a un tel encrassement bureaucratique aujourd'hui,
08:29une telle kleptocratie,
08:31une telle capacité à dérober le fruit des Français
08:33pour alimenter la classe bureaucratique,
08:34qu'il y a une vraie lassitude.
08:36Et par ailleurs, pourtant, à droite,
08:38le mot « libéralisme » en mauvaise réputation.
08:40J'ai une amie, que je ne nommerai pas,
08:42mais qui est sur cette antenne,
08:43mais qui, globalement, quand on parle,
08:45elle est hostile aux impôts trop élevés,
08:47même si elle s'en fout un peu.
08:49Elle est hostile à la bureaucratie.
08:50Elle est hostile aux lois liberticides.
08:52Elle est favorable à l'école libre.
08:54Favorable, dis-je, à l'école libre.
08:55Et pourtant, à la fin de tout cela,
08:56elle ne se veut pas libérale.
08:58Parce que, qu'est-ce que c'est le mot « libéral » ?
08:59C'est un mot plastique, un mot, aujourd'hui,
09:01on peut lui donner n'importe quelle signification.
09:03Et il est vrai qu'aujourd'hui,
09:05au nom du « libéralisme »,
09:05on justifie la dictature progressiste
09:08de la technostructure européiste.
09:10On justifie le faux état de droit
09:12qui, dans les faits, piétine la démocratie.
09:14On justifie, aujourd'hui, l'oligarchie,
09:17la surbureaucratie.
09:18Donc, le mot « libéralisme »,
09:19aujourd'hui, trop souvent en France,
09:21sert à dire le contraire
09:22de ce qu'il veut dire historiquement.
09:23Je comprends que plusieurs s'en détournent.
09:25Mathieu Bocoté, la pensée libérale
09:27a pourtant trouvé des partisans
09:29assez combattifs ces dernières décennies.
09:31Les a-t-on oubliés, en quelque sorte ?
09:33Il y a une tradition qu'il faut retrouver.
09:35Vous savez, quand on veut mener
09:36un combat politique intelligent,
09:37il ne faut jamais avoir la saut idée
09:39de croire qu'on est le premier à le porter.
09:41Quand on veut porter un combat politique,
09:43qu'est-ce qu'il faut faire ?
09:44Il faut se rappeler la mémoire longue
09:46qui nous anime.
09:47De ce point de vue, dès l'après-guerre,
09:49Bertrand de Jouvenel,
09:50qui a vu un passé plus complexe,
09:51j'en conviens,
09:52Bertrand de Jouvenel écrit,
09:53juste au lendemain de l'après-guerre,
09:54« du pouvoir ».
09:55« Du pouvoir »,
09:56et il voit comment le pouvoir,
09:57on est autour de 48, je pense, 47,
09:59peut-être un peu dans ces années-là,
10:00il montre comment le pouvoir
10:01dans les systèmes modernes
10:02s'empare de tous les domaines
10:04de l'existence.
10:05À quoi penserait-il aujourd'hui ?
10:07Il y a les revues, contrepoints,
10:08commentaires qui ont porté
10:09les standards du libéralisme.
10:10Le club de l'horloge,
10:11qu'on a un peu oublié aujourd'hui
10:12dans les années 70 et 80,
10:13se veut national-libéral.
10:16Dans les années 80 aussi,
10:17Louis Powell porte un libéralisme
10:18de combat.
10:19Et ça, je pense que c'est important
10:20de le dire, trop souvent,
10:21le libéralisme est une doctrine
10:22à prétention aristocratique.
10:23C'est-à-dire qu'il regarde les masses
10:25avec beaucoup de méfiance.
10:26Or, Louis Powell,
10:27dans le Figaro magazine des années 80,
10:28disait que le libéralisme
10:29est une doctrine de combat
10:31et on ne doit pas consentir,
10:33en fait, à être une forme
10:34de doctrine de privilégié aristocratique.
10:36Ça doit être une doctrine populaire.
10:38Jean-François Revelle,
10:39qui a mené bataille
10:40contre le socialisme et l'étatisme
10:42au temps de la Guerre froide
10:43et qui, après la Guerre froide,
10:44lui aussi, s'inquiétait
10:45du socialisme mental
10:46qui domine encore la France.
10:48Certains économistes,
10:49Pascal Salin,
10:50Christian Saint-Étienne,
10:51d'une autre école, cela dit,
10:53des gens aujourd'hui,
10:53plus récemment,
10:54Mathieu Hélène, Guy Sormand,
10:55des gens,
10:56Guy Sormand, c'est un peu
10:56des années 80,
10:57des gens qui ont fait
10:57un travail aussi
10:58de réanimation
11:00d'une culture des libertés.
11:02Mathieu Hélène,
11:02pendant la crise COVID,
11:03a publié un papier
11:04en nous mettant en garde
11:05contre la tentation
11:06de l'État nounou,
11:07de l'infantilisation.
11:08Et là, vous voyez,
11:09le libéralisme,
11:09ce n'est pas simplement
11:10une lubie économique,
11:12c'est contre l'État nounou
11:13qui vous infantilise
11:14en prétendant vous aider.
11:16Il y a aussi Charles Gave
11:17et l'équipe
11:17de l'Institut des libertés
11:19qui portent aujourd'hui
11:20ce libéralisme insurgé,
11:22insurrectionnel,
11:23virulent et nécessaire,
11:24qui nous rappellent une chose,
11:25c'est que le libéralisme
11:26n'est pas qu'une doctrine
11:27flottante dans le ciel des idées.
11:28C'est aussi l'occasion
11:29de critiquer
11:30cette espèce d'appareil
11:32technocratique
11:32qui a colonisé
11:33l'ensemble de la société
11:34et qui a transféré
11:35tant et tant de pouvoirs
11:36qui devraient revenir
11:37aux individus,
11:38aux communautés
11:39et aux familles
11:40à un appareil,
11:41une expertocratie
11:42qui ne se dit pas militante,
11:44qui se veut scientifique,
11:46mais qui, dans les faits,
11:46soumet notre société
11:47à un travail de,
11:48on pourrait dire,
11:50de rééducation
11:51à temps plein.
11:52Par ailleurs,
11:52je le rappelle,
11:53le libéralisme
11:53n'est intéressant
11:54que s'il y ait
11:55avec un trait d'union.
11:55Vous savez,
11:56le libéralisme
11:57de ceux qui sont
11:57des adorateurs
11:58fous du marché,
11:59c'est plus ou moins intéressant.
12:01Le libéralisme
12:01vient avec un trait d'union.
12:02Donc, la tradition,
12:03la culture,
12:04la mémoire,
12:04le patriotisme
12:05de civilisation,
12:06l'histoire,
12:07l'identité,
12:08et tout ça
12:08forme une politique
12:09de civilisation
12:10dont le libéralisme
12:11est l'expression
12:11la plus sophistiquée.
12:12Alors,
12:13si ce nouveau
12:14ou renouveau libéral
12:16est véritable,
12:17autour de quels enjeux
12:18devraient-ils
12:19s'articuler,
12:20Mathieu Bocoté ?
12:21Alors,
12:21il faut voir
12:22à quel point,
12:22je reviens sur ça,
12:24nos sociétés
12:24n'ont jamais été
12:25aussi administrées.
12:26Qu'on se comprenne bien,
12:28nos sociétés
12:29sont des sociétés
12:30d'économie planifiée.
12:31Voyez la part prise
12:32par l'État
12:33dans l'organisation
12:35de l'économie.
12:36Voyez le rôle
12:36que veut se donner
12:37l'État
12:37dans tant et tant
12:38de domaines.
12:39Donc,
12:39il faut d'abord
12:39nommer correctement
12:40la situation.
12:41Nous vivons aujourd'hui
12:42dans une société
12:43suradministrée,
12:44écrasée par la technostructure,
12:46qui considère
12:46que l'initiative privée
12:48est une initiative
12:50résiduelle
12:50qui ne doit pas avoir
12:51trop de place.
12:52Donc,
12:52si on a le bon diagnostic
12:53au début,
12:54on peut se dire ensuite
12:55quels sont les créneaux.
12:56La révolte antifiscale,
12:57évidemment,
12:58contre les charges sociales,
12:59les impôts.
13:00Le thème du consentement
13:02à l'impôt revient,
13:02vous l'aurez noté.
13:03La défense du droit
13:04de propriété,
13:05au sens large.
13:06Mais aussi,
13:07ça doit aller au-delà de ça.
13:08La lutte pour le désendettement,
13:10évidemment,
13:10mais contre ce que j'ai appelé
13:11la société suradministrée,
13:13le remplacement du bon sens
13:15par des normes
13:15produites par les administrations,
13:17la défense
13:18de la société civile,
13:19la défense
13:19de l'école libre,
13:20la défense
13:21de la liberté d'expression
13:22la plus complète.
13:23Je sais qu'une nouvelle
13:24loi Yadam
13:25est en préparation
13:26qui a comme objectif,
13:27notamment,
13:27de condamner
13:28à l'inéligibilité
13:29ceux qui ont été condamnés
13:30pour propos
13:30à incitation à la haine raciale.
13:32Quand on voit
13:32la définition
13:33qu'on met
13:33dans de telles condamnations
13:35aujourd'hui,
13:35on cherche à bannir
13:36juridiquement
13:37l'opposition nationale
13:38dans ce pays.
13:39Les gens qui prétendent
13:41se dire libéraux
13:42veulent aujourd'hui
13:43condamner les gens
13:44à l'inexistence civique
13:45parce qu'ils auront mal pensé.
13:46Un dernier point,
13:47cela dit,
13:48donc vous savez,
13:48c'est un programme plus large,
13:50mais un dernier point,
13:50vous noterez que
13:51si le libéralisme renaît,
13:52la tentation
13:53ou l'hypothèse communiste
13:54renaît aussi,
13:55c'est quand même étonnant
13:56qu'un parti comme LFI
13:57ait un tel poids
13:59dans notre société
13:59aujourd'hui.
14:00LFI,
14:00ce n'est pas un parti
14:01de gauche ordinaire,
14:02c'est un parti révolutionnaire.
14:03C'est un parti
14:04de révolutionnaire professionnel.
14:06Ça s'inscrit
14:06dans une autre histoire,
14:08une histoire
14:08où Lénine a un rôle
14:09à jouer,
14:09où Trotsky a un rôle
14:10à jouer,
14:10et tout ça existe
14:11encore aujourd'hui.
14:12Et regardez la fascination
14:13qu'exerce Mamdani
14:14aux Etats-Unis.
14:15Mamdani qui se revendique
14:17du socialisme
14:18à sa manière,
14:18qui est par ailleurs
14:19dans une logique
14:20qui flirte
14:21avec le racisme anti-blanc.
14:22Ça aussi,
14:23ça fait partie
14:23des enjeux
14:24qui marquent l'époque.
14:26Arthur de Vatrigan,
14:27sur le libéralisme,
14:29cette nouvelle vague libérale,
14:31est-ce que c'est un tsunami
14:34ou est-ce que finalement
14:35c'est une vague
14:36qui va,
14:36comme tant d'autres,
14:38s'écrouler sur la plage
14:39et en laisser passer
14:40une nouvelle ?
14:41C'est vrai qu'il y a
14:41une représentation
14:43d'un courant dit libéral
14:45plus important,
14:45en tout cas plus exposé
14:46depuis quelques temps.
14:48Alors il y a ceux
14:48qui font un travail de fond,
14:49Mathieu l'a rappelé,
14:50l'économiste Charles Gave,
14:51mais il y a ceux
14:52qui veulent l'incarner
14:52politiquement,
14:53donc les figures étant
14:54David Lissnard
14:55ou Guillaume Casbarian.
14:57Sans oublier évidemment
14:58un à la main de l'un
14:58mais qui revient
14:59sur le devant de la scène
15:00en effet depuis quelques temps.
15:02Alors est-ce que c'est
15:02un renouveau ?
15:03J'ai quand même
15:04de sérieux doutes.
15:05Politiquement,
15:06il est présent médiatiquement,
15:07la preuve on en parle,
15:08la preuve Le Figaro
15:09en a parlé,
15:09mais je ne suis pas certain
15:10qu'il l'imprime dans la population.
15:12Alors c'est vrai
15:12que si on regarde
15:13du côté de Charles Gave,
15:14ses livres se vendent beaucoup.
15:15A chaque intervention
15:17médiatique,
15:17il réunit beaucoup de monde.
15:19Son université de l'épargne
15:20est un succès
15:20et son public
15:21est assez hétéroclite.
15:23Mais cependant,
15:24il y a quand même
15:24plusieurs choses
15:24et plusieurs indicateurs
15:26quand on regarde
15:26ce qui s'est passé
15:27dans les derniers événements
15:28en France
15:28qui sont assez contradictoires.
15:30J'en prends deux importants.
15:32Les gilets jaunes,
15:33à lesquels je vais ajouter
15:34la crise des agriculteurs
15:35et la crise sanitaire.
15:37Les gilets jaunes et agriculteurs,
15:38le point commun,
15:39dans leurs revendications,
15:40c'est que le travail ne paie pas
15:41et il faut que l'État
15:43arrête de nous emmerder
15:44si vous me permettez l'expression.
15:46Donc c'est vrai
15:46qu'on a une inclinaison
15:48un peu plus libérale
15:49et qui a été suivie
15:50par une majorité de Français,
15:52du moins jusqu'à ce que
15:53pour les gilets jaunes,
15:54jusqu'à ce que l'extrême gauche
15:55récupère le mouvement.
15:57Et concernant la crise sanitaire,
15:58au contraire,
15:59on a eu un sommet
16:00de mesures étonnantes
16:01et notamment celle
16:02de signer une auto-assessation
16:04pour pouvoir circuler librement.
16:05Ces mesures ont été
16:07majoritairement sinon approuvées,
16:09du moins respectées.
16:10Et on est quand même
16:11assez loin du libéralisme,
16:13si vous me permettez.
16:14Donc j'ai quand même
16:14plutôt le sentiment
16:15que dans ce giga bazar
16:18qu'est devenu la France,
16:19le pays est de plus en plus
16:20traversé par des courants contraires.
16:22Et dans ces courants contraires,
16:23parmi eux,
16:24il y a peut-être
16:25une petite vague d'être libérale.
16:27Mais je crois que ça reste
16:28encore très marginal.
16:29et si vous regardez
16:30le premier réflexe
16:31d'un pays
16:32à l'avenir incertain
16:33et qui voit
16:34l'horizon arriver
16:36d'une manière
16:36très inquiétante,
16:38ce n'est pas la révolution,
16:38c'est le statu quo.
16:39Aujourd'hui,
16:40le statu quo,
16:41ça s'appelle le recours
16:42à l'État.
16:42Pas très libéral.
16:44Autre sujet à présent,
16:45peut-on encore
16:46entonner des champs
16:47de marins
16:48en France ?
16:49Peut-on encore
16:50entonner ces champs
16:51en France ?
16:51C'est la question
16:52qui peut sembler
16:53effectivement un peu folle,
16:54lunaire,
16:55absurde,
16:55pourquoi pas ?
16:56Mais elle est devenue
16:57concrète hier
16:57quand le député
16:58Jérémy Patrier-Lettus
16:59qui s'en est pris
17:00à Marion Maréchal,
17:01je n'ai même pas vu
17:02cette polémique,
17:02pour avoir chanté
17:03au 31 du mois
17:05un chant marin ?
17:06Au 31 du mois d'août,
17:07vous connaissez la chanson ?
17:08Oui, bien sûr, pardonnez.
17:09Du mois d'août,
17:09c'est magnifique ça.
17:11J'adore ça.
17:11Faites gaffe quand même.
17:12Non mais j'ai résisté.
17:13Je n'ai pas chanté.
17:14J'ai dit à l'Éloël, Marcel.
17:15Alors quoi qu'il en soit,
17:17c'est une polémique
17:18absolument lunaire
17:19qu'on a eue devant nous
17:20sur les réseaux sociaux
17:21mais qui en dit
17:21beaucoup sur l'époque
17:22et je pense qu'il faut
17:23s'intéresser à ces petites
17:24polémiques qui en disent
17:25beaucoup sur l'époque.
17:27Le point de départ,
17:28on va dire l'arrière-fond
17:29de tout cela,
17:29vous l'aurez noté,
17:30c'est la guerre menée
17:31en ce moment
17:32contre tout ce qui relève
17:34du banquet français,
17:35qu'il s'agisse du...
17:37Le canon français.
17:37Le canon français.
17:38On a reçu ce matin.
17:39Bien sûr.
17:40Mais la culture
17:41du banquet français,
17:42c'est-à-dire, vous savez,
17:43le côté paillard,
17:43le côté joyeusement grivois,
17:45le plaisir de l'excès,
17:46le plaisir des chants,
17:47le plaisir de la table.
17:48Tout ça, mais ensemble,
17:49il y a une culture.
17:50En fait, vous voudrez,
17:51chaque pays a sa manière
17:52de fêter, soit dit en passant.
17:53Chaque culture a sa manière
17:54de fêter.
17:55Chaque peuple a sa manière
17:57de témoigner de sa joie
17:58de l'existence.
17:59Et se pourrait-il
18:00que les chants paillards,
18:01les chants de marins,
18:02par ailleurs,
18:03soient aujourd'hui
18:04des chants suspects?
18:05Alors, ça se passe
18:06le 1er mai.
18:07C'est une vieille tradition
18:08de la droite nationale.
18:09C'est dans ce cas-là,
18:10c'est pas le canon français
18:12du tout.
18:12C'est Marion Maréchal
18:13avec l'IDL,
18:14son parti,
18:15institut des identités
18:16et libertés,
18:18qui fait un banquet.
18:20Et dans ce banquet
18:20pour Jeanne d'Arc,
18:21donc le banquet
18:22pour Jeanne d'Arc,
18:23oui, c'est bien ça,
18:24il y a,
18:26pardon,
18:26il y a, dans ce cadre-là,
18:28il y a des chants,
18:28des chants paillards,
18:29des chants joyeux,
18:30et il y a notamment
18:30le fameux,
18:32le 31 du mois d'août,
18:33au 31 du mois d'août,
18:34que je ne chanterai pas
18:34pour vous,
18:35mais qui est ce chant
18:36absolument magnifique
18:37et joyeux
18:38qui raconte des événements
18:39du début du 19e siècle
18:41et qui met en scène
18:41globalement des corsaires
18:42qui s'en vont lutter
18:44contre le roi d'Angleterre
18:45qui nous a déclaré la guerre.
18:46Bon, vous connaissez la chanson.
18:48Dans le cadre
18:48de ce banquet,
18:49soit dit en passant,
18:50on chante aussi
18:50la Madeleine,
18:51on chante aussi,
18:52je parle du banquet
18:53encore une fois
18:53de Marion Maréchal,
18:54on chante aussi
18:55Chevalier de la Table Ronde
18:56que vous connaissez
18:57probablement,
18:58Amie Elliott,
18:59Chevalier de la Table Ronde.
19:00C'est magnifique ça aussi.
19:02Quoi qu'il en soit,
19:02quoi qu'il en soit,
19:04on est véritablement
19:05dans le champ de base
19:07de la joie française.
19:08Des trucs qui ont traversé
19:09l'Atlantique,
19:10moi, de mon point de vue,
19:10j'aurais pu penser
19:11parce qu'on connaissait ça
19:13au Québec aussi.
19:14Chevalier de la Table Ronde,
19:15je chantais ça
19:15quand j'étais enfant.
19:17Tout ça pour dire
19:18que ça ne devrait pas
19:19nous inquiéter.
19:20Quand soudain,
19:21un personnage
19:21qu'on a découvert
19:22ces dernières semaines
19:23à la télévision,
19:25enfin ces derniers mois,
19:26Jérémie Patrier-Lettus,
19:27qui était une figure centrale
19:29de la Commission
19:29sur l'audiovisuel public,
19:31s'en prend à Marion Maréchal
19:33sur Twitter
19:34sur le mode de la sanction.
19:37Ou il dit à Marion Maréchal
19:39à propos de...
19:40parce qu'on la voit chanter
19:41le 31 du mois d'août.
19:42On la voit chanter
19:42au 31 du mois d'août
19:43avec joie et enthousiasme.
19:46Il dit simplement
19:47à titre d'information,
19:48Marion Maréchal,
19:49la royauté a été abolie
19:51en 1792.
19:52En 2026,
19:54la France est une république.
19:56Fin de la citation.
19:57Là, je me dis,
19:58oh,
19:59là, il y a deux éléments.
20:00Premier élément,
20:01il faut rappeler quand même
20:02à M. Patrier-Lettus,
20:04qu'il y a quand même
20:05eu deux restaurations.
20:06Premier élément.
20:07Je le dis à tout hasard,
20:08ça peut servir pour info.
20:10Deuxième élément,
20:11je tiens à rappeler
20:11que le général de Gaulle
20:12lui-même pense,
20:14dans son action institutionnelle,
20:15a même pensé
20:16à restaurer la monarchie
20:16en France.
20:17Je dis ça comme ça.
20:18Je veux par ailleurs savoir
20:20s'il est possible
20:20de chanter en ce pays
20:22des chants
20:23qui ne réfèrent pas
20:24exactement aux valeurs
20:26du régime actuel
20:27sans être immédiatement
20:28sanctionnés
20:29par un commissaire politique
20:31de l'extrême centre
20:32qui a vu,
20:33si j'ai bien compris,
20:34dans le fait de chanter
20:35au 31 du mois d'août,
20:36quelque chose
20:37comme un acte
20:38de déviance
20:39anti-républicain.
20:40Vous chantez
20:41au 31 du mois d'août,
20:42M. Patrier-Lettus
20:43intervient pour dire
20:44un instant,
20:45nous sommes en République.
20:47Comment osez-vous
20:48se chanter?
20:48En République,
20:49on ne chante pas
20:49au 31 du mois d'août.
20:51Alors là,
20:52la toile,
20:52je ne dirais pas
20:52c'est enflammé,
20:53mais c'est amusé.
20:54Vous savez,
20:54de temps en temps
20:55devant des déclarations absurdes,
20:56il ne faut pas se scandaliser,
20:58il faut rire méchamment
20:59et cruellement.
21:00Ce qu'a fait notamment
21:00Jean-Christophe Buisson,
21:01Jean-Christophe Buisson,
21:02l'excellent journaliste
21:03du Figaro Magazine,
21:05un homme de culture
21:05qu'on a eu le plaisir
21:06de recevoir souvent ici,
21:08qui dit à Patrier-Lettus
21:10« Ne paniquez pas,
21:11il s'agit juste
21:12d'un champ de marins
21:13traditionnel
21:14à la gloire de Surcouf.
21:16La République n'est pas menacée. »
21:19Et là,
21:20Patrier-Lettus,
21:21Pierre Sautarelle
21:22de F2Souches
21:23fait aussi remarquer
21:24qu'on était sous la République
21:25au moment de ce champ.
21:28Patrier-Lettus
21:29pourrait à ce moment précis
21:30faire acte d'humilité.
21:31de contrition.
21:33Il pourrait se dire
21:33« Ouais, j'ai un peu,
21:34franchement, j'ai déconné,
21:35j'aurais pas dû dire
21:36quelque chose comme ça,
21:37je me suis trompé,
21:37j'efface mon tweet. »
21:39Mais non,
21:39l'extrême-centre
21:40ne recule jamais
21:41quand vient le temps
21:41de persécuter
21:42les déviances antirépublicaines.
21:44Donc,
21:44que dit-il
21:45à ce moment
21:46avec Marion,
21:47je cite,
21:48« Avec Marion Maréchal,
21:49on ne sait jamais
21:51prudence et mère
21:52de sûreté. »
21:54Parce que Marion Maréchal
21:56a chanté
21:56dans un banquet
21:57du 1er mai
21:59au 31 du mois d'août,
22:01« Patrie et l'étude,
22:02ça intervient,
22:03on le corrige en disant
22:04un instant,
22:04c'est même pas
22:04un chant monarchiste,
22:05bonhomme,
22:06c'est pas grave,
22:07monsieur le député,
22:07pardon,
22:08c'est même pas
22:08un chant monarchiste. »
22:10Eh bien,
22:10il répond,
22:11« Ah ah,
22:11non, non, non,
22:12on ne me connaissera pas
22:13avec Marion Maréchal,
22:14on ne sait jamais,
22:15prudence et mère
22:16de sûreté. »
22:17Alors,
22:17il y a deux choses
22:18là-dedans.
22:19Le premier élément,
22:20c'est la volonté
22:20de trouver
22:20l'extrême-droite
22:21partout.
22:23Vraiment,
22:23partout.
22:24Si je comprends bien,
22:26il y a quelques chants
22:26qui étaient des chants
22:27qui sont inscrits
22:29dans l'ancienne mémoire
22:31du peuple français.
22:32Le simple fait
22:32de les chanter
22:33vous marque publiquement
22:34comme un suspect
22:35possible d'extrême-droite.
22:37Donc,
22:38ne détournez-vous
22:39du canon français,
22:41du banquet français,
22:41du chant français,
22:42de la mémoire française,
22:44de l'esprit paillard français.
22:46Je peux me permettre,
22:46en passant,
22:47un chant monarchiste,
22:48mais on dit
22:49dans ces chants-là
22:49« Et merde,
22:50au roi d'Angleterre
22:51qui nous a déclaré la guerre,
22:52c'est un chant
22:52anti-monarchiste anglais.
22:54C'est quand même
22:54pas si mal à tout le monde.
22:55Vous savez,
22:56moi,
22:56en tant que sujet
22:56du roi d'Angleterre,
22:57je n'ai pas de tendresse
22:58à exagérer pour lui. »
22:59Et le deuxième élément
22:59qui est assez inquiétant
23:00dans ça,
23:01c'est le rappel
23:01à l'ordre républicain.
23:02Vous vous rendez compte
23:03que pour une chanson,
23:04vous pouvez être rappelé
23:04à l'ordre publiquement
23:05aujourd'hui,
23:06il y a matière
23:07à s'inquiéter.
23:08Alors,
23:09la question qu'on se pose,
23:10c'est est-ce qu'il n'y a
23:11pas un lien à faire
23:13entre cette réaction
23:14et celle entourant
23:15le canon français
23:16qui est l'ennemi
23:17de l'extrême-gauche
23:18et non de l'extrême-centre.
23:19Eh bien, voilà.
23:20Vous me conduisez
23:21exactement au bon point.
23:22L'extrême-gauche,
23:23la gauche radicale,
23:24on est habitué
23:24à la voir malheureuse
23:25quand les gens sont heureux.
23:26C'est terrible.
23:27Pour un homme de gauche,
23:28quand quelqu'un fête,
23:30c'est quelqu'un
23:30qui est fondamentalement
23:31un inconscient
23:32devant un monde
23:33commandé par l'injustice,
23:34devant un monde
23:35qui serait si imparfait,
23:36devant un monde
23:37qui serait patriarcal,
23:39hétérosexiste,
23:40hétéronormatif,
23:40probablement raciste blanc
23:42et tout ça,
23:42comment osez-vous rire?
23:44Le rire est scandaleux.
23:46Le rire est atroce.
23:47Le rire est inacceptable.
23:48Donc, on sait
23:49que la gauche radicale
23:50n'aime rien tant
23:51que maudire
23:53ceux qui font la fête,
23:54la fête sur un signe
23:55d'inconscience
23:56en ce monde.
23:58Mais là,
23:58ce qu'on voit,
23:59c'est que l'extrême-centre
24:01partage le même réflexe.
24:03L'extrême-centre
24:04est aussi dans un état d'esprit
24:05de diabolisation
24:07de ceux qui fêtent.
24:08L'extrême-centre
24:09est aussi dans une logique
24:10de suspicion idéologique
24:12généralisée.
24:12Ce sont des traqueurs
24:14de dérapages compulsifs.
24:16Et je pense
24:17qu'on est à travers cela
24:18témoin de ce qu'on peut appeler
24:19l'idéologisation
24:20de toute chose.
24:21C'est-à-dire qu'il n'y a plus rien
24:22qui se dérobe à l'idéologie.
24:24Plus rien ne se dérobe
24:25au contrôle politique.
24:26Plus rien ne se dérobe.
24:27La plus petite fête,
24:28la plus petite blague,
24:29le plus petit clin d'œil,
24:31le plus petit moment de joie
24:32peut être transformé
24:34en un qui est en signe
24:35de transgression,
24:37de dérapage,
24:39de déviance
24:39et dès lors,
24:40peut-être source
24:40de sanctions.
24:42Donc, il y a une forme
24:43dans notre temps, je pense,
24:44de haine du plaisir,
24:46une haine de la fête,
24:47une haine de la joie
24:48qui domine cette époque
24:50terriblement pyritaine
24:51qui est la nôtre.
24:52Et on oublie par ailleurs
24:53le plaisir immense
24:54qu'on peut avoir
24:54à faire des chants
24:56même qui ne sont pas
24:56exactement les nôtres.
24:58J'adore chanter
24:58l'international.
24:59Franchement,
25:00j'aime chanter l'international.
25:01Je trouve ça merveilleux
25:02et pourtant,
25:03ça n'a jamais fait
25:04le moins communiste.
25:05Arthur de Vatrigan,
25:06vous chantez parfois
25:08des chants marins,
25:09des chansons paillardes,
25:10vous mettez un béret
25:11peut-être parfois ?
25:12Une baguette sous le mar.
25:13Et une baguette...
25:14Vous êtes d'extra-droite.
25:15Je suis complètement
25:16d'extra-droite
25:16et je ne chante pas
25:17à l'international.
25:18C'est plutôt
25:18la royale, mon truc.
25:19Mais bon,
25:20pour rien de vous cacher,
25:22j'ai d'abord cru
25:22à une blague du député,
25:25une blague centriste,
25:26quelque chose
25:27d'un peu fadasse,
25:28un peu mou,
25:29mais une blague quand même.
25:30Et en fait,
25:31on s'est rendu compte
25:32avec ses réponses
25:33qu'il était très sérieux.
25:34Et c'est là
25:35où la chose devient drôle,
25:37malgré lui,
25:37peut-être même contre lui.
25:38Donc on a Marion Maréchal
25:40qui, comme l'a rappelé Mathieu,
25:41qui chante et qui danse
25:43sur le 31 du mois d'août,
25:44qui est une chanson,
25:45je rappelle,
25:45qui célèbre le grand surcouf,
25:47qui est quand même
25:47une fierté française,
25:49contre les Anglais.
25:50Donc c'est un hymne
25:50qui généralement
25:52ragaillardit tout le monde,
25:53même les députés horizon,
25:54même les plus lâches.
25:55Et un hymne quand on chante,
25:56qu'on chante
25:57dans des fêtes familiales,
25:58qu'on chante
25:59dans des fêtes de village,
25:59qu'on chante.
26:01Voilà, c'est un truc simple,
26:02populaire, français,
26:02qui rend heureux.
26:03Et là, donc,
26:04branle-bas le combat
26:05chez Jérémy Patry-Lettus.
26:06Le député horizon
26:07sort la longue vue constitutionnelle
26:09et prévient gravement
26:10« Attention,
26:11la royauté a été abolie
26:12en 1792.
26:14La France est une république. »
26:15Merci, monsieur le député,
26:16on n'avait pas remarqué.
26:17Alors, imaginez
26:18si Marion Maréchal
26:19avait voulu chanter
26:20une berceuse à sa fille
26:21comme il était un petit navire.
26:22Je suis sûr que le député
26:23aurait dégainé un tweet
26:24en disant
26:25« Pour info,
26:25le cadimialisme maritime
26:26a été interdit par la loi,
26:29demandée aux sages,
26:30de vérifier si tous les refrains
26:32sont conformes à la Constitution. »
26:33Ça devient complètement lunaire.
26:34Mais au-delà du ridicule de l'affaire,
26:36on le sent quand même
26:37pas trop serein le député.
26:38Parce que si,
26:39même un peu paranoïaque
26:40si vous me permettez,
26:41parce que si la République
26:42est menacée
26:43par une chanson de corsaire
26:44et si le simple mot « roi »
26:46fait apparaître
26:46les bourbons
26:47aux portes du Parlement,
26:49je ne donne pas très cher
26:49de notre peau
26:50à l'heure où les empires
26:51contre-attaquent en ce moment.
26:52Et si j'étais taquin,
26:53je dirais que bien
26:54que la Convention nationale
26:55ait en effet aboli
26:57la royauté le 21 septembre 1792.
27:00Ça n'a pas empêché ensuite
27:01Louis XVIII
27:02et puis Charles X
27:03de monter sur le trône.
27:04Je ne parle pas de Louis-Philippe
27:04parce que, bref.
27:06Et c'est quand même
27:06assez fascinant,
27:08cette façon de réduire
27:09toute la profondeur française,
27:10un espèce de vieux tampon humide
27:12et trois procès-verbaux.
27:13Et une dernière note,
27:15parce que l'histoire
27:16s'écrit en direct,
27:17chers amis.
27:17Alors Marion Maréchal
27:18s'était moqué
27:19de patrier les suces
27:21en tweetant
27:22des militaires
27:23chantant le 31 du mois d'août
27:25et le président de la République
27:26qui est témoin.
27:27Et qui ne semble pas croire
27:28à ce moment-là
27:29craindre je ne sais quelle guillotine,
27:31qui semble croire
27:31qu'il est très heureux
27:32en République
27:33avec ce chant néanmoins.
27:34Et patrier les suces
27:35qui manifestement
27:36a l'esprit de sérieux
27:37d'un maoïste des années 70
27:39répond à Marion Maréchal
27:40il y a quelques minutes.
27:42Marion Maréchal,
27:43si vous n'étiez pas saoulé,
27:44je cite,
27:45saoulé par les valeurs
27:46de la République,
27:46c'est une vieille déclaration,
27:47incapable de dénoncer
27:48l'action française
27:49et admiratrice de Maurras,
27:51vous voir entonner
27:52des chants populaires
27:52des hymnes marins
27:53serait anodin.
27:55Avec vous,
27:55les paroles
27:55prennent un tout autre sens.
27:57Je comprends dès lors
27:58que si vous voulez chanter
27:58au 31 du mois d'août,
27:59vous devez cocher
28:00les bonnes cases idéologiques,
28:02cocher les bonnes cases
28:03d'admiration,
28:04témoigner de votre
28:04pleine adhésion
28:05à l'esprit républicain
28:06porté probablement
28:07par M. Patrier les suces
28:08et d'autres.
28:09Sinon,
28:09le simple fait
28:10de faire de telles chansons
28:11vous classe parmi
28:12les ennemis de la République
28:13encore.
28:14C'est drôle, non ?
28:15C'est drôle.
28:16Effectivement,
28:16ça nous donne envie de chanter.
28:18Nicolas Mirkovitch
28:18est avec nous.
28:19Merci d'être avec nous.
28:20Vous avez écrit
28:21Déclin et Renouveau.
28:23Comment les Français
28:24se relèveront ?
28:26On va imaginer
28:27un peu
28:27un message d'espérance,
28:29un message positif,
28:30Mathieu Bocoté.
28:31Exactement.
28:32Vous qui êtes un pessimiste
28:33heureux, joyeux.
28:34Joyeux, heureux.
28:35Non, heureux,
28:35comme je dis,
28:35heureux,
28:36c'est un truc bizarre,
28:36mais joyeux,
28:37c'est mieux.
28:39Justement,
28:39souvent,
28:40sur ce plateau
28:41et plus largement
28:41souvent dans la société,
28:42nous travaillons
28:43à mener le diagnostic
28:45le plus fin
28:46de notre décadence,
28:48de notre décomposition.
28:49rares sont ceux
28:49qui nous disent
28:50et pourtant,
28:51il est possible
28:51de renaître.
28:52Et dans ce livre,
28:53Nicolas Mirkovitch,
28:54donc Déclin et Renouveau,
28:56cherche à voir
28:56la possibilité
28:57d'une renaissance française
28:58qui dépasse
28:59une simple victoire électorale
29:01et ainsi de suite,
29:02qui cherche à penser
29:03ce que pourrait être
29:03une renaissance
29:03et c'est sur cet accent
29:04du livre
29:05que nous mettrons l'accent
29:06dans cette conversation
29:07pour voir quel pourrait être
29:08le visage
29:09de cette renaissance française.
29:10Nicolas Mirkovitch,
29:10bonsoir.
29:11Bonsoir.
29:11Alors,
29:12vous nous présentez
29:12un ouvrage
29:13où,
29:13en première partie,
29:14vous faites le portrait
29:15d'une France
29:16vassalisée,
29:17en perte d'identité,
29:18une France
29:19qui s'est transformée
29:21en province
29:22de l'Empire américain,
29:23qui a peut-être
29:23un peu perdu de son âme,
29:24perdu de son esprit,
29:25mais dans toute
29:26la deuxième partie du livre,
29:28vous répondez
29:28à la question de Lénine,
29:29que faire,
29:30et vous y répondez
29:31avec une forme d'optimisme,
29:32vous croyez
29:33la renaissance possible.
29:34Est-ce que je me trompe
29:35en disant que vous,
29:35lisant,
29:36vous êtes de ceux
29:36qui pensez
29:37que la France
29:38n'est pas condamnée
29:39au déclin,
29:40la décadence,
29:40l'effacement,
29:41elle peut renaître
29:41si elle le veut.
29:43Exactement.
29:43Si on lit
29:44l'histoire de France,
29:45c'est une succession
29:47de déclins,
29:47de pertes de gloire,
29:48de périodes noires,
29:49c'est ce que disent Michelet,
29:50c'est ce que dit Bainville,
29:51on a toute une série
29:53d'événements
29:53qui se succèdent
29:54avec des beaux moments
29:54et des moins bons moments.
29:56Si vous regardez
29:56la France au Moyen-Âge,
29:57la guerre de Cent Ans,
29:59on est occupé
29:59par les Anglais,
30:00Charles VI est fou,
30:01il y a Charles VII
30:02qui se cache,
30:02on a les Armagnacs
30:03et les Bourguignons
30:04qui se battent
30:04les uns contre les autres,
30:05et pourtant,
30:06on a une petite bergère
30:06de Lorraine
30:07qui arrive
30:08et qui va voir Lorraine
30:08et qui dit
30:09je vais prendre
30:09la tête des armées
30:10parce que vous imaginez
30:11cette scène
30:11complètement incroyable
30:12et puis elle y arrive,
30:14elle libère Orléans,
30:15elle redonne espoir
30:15aux Français
30:16et les Français
30:17ensuite vont finir
30:17par gagner,
30:18par goûter les Anglais
30:19en dehors de France,
30:20on revient sur le sujet
30:21précédent
30:21et donc du coup,
30:23c'est cette période
30:24qui se succède
30:26de beaux moments,
30:26de moins beaux moments.
30:28On va un peu plus loin,
30:29vous allez au 18e siècle,
30:31fin du 18e siècle,
30:32on a une révolution,
30:33on a une guerre civile,
30:34on a deux coups d'État,
30:35deux empires,
30:36on a trois monarchies constitutionnelles,
30:38deux républiques
30:38et on finit par,
30:39à la fin du 19e siècle,
30:40être occupés par les Allemands
30:41qui nous piquent
30:42l'Alsace et la Lorraine.
30:43Je peux vous dire
30:44qu'un Français
30:44qui vit à cette époque-là,
30:45il a de bonnes raisons
30:46de croire que la France
30:47va disparaître
30:48et pourtant en 14-18,
30:50les Français se retrouvent
30:51et malgré les différends
30:52du 19e,
30:53catholiques,
30:54athées,
30:54monarchistes,
30:55républicains,
30:56se retrouvent dans les tranchées
30:57derrière le drapeau
30:58bleu blanc rouge
30:58pour se battre
30:59et devinez quoi ?
31:00Cette petite héroïne
31:01de Lorraine,
31:02Jeanne d'Arc,
31:03elle est déclarée
31:04héroïne nationale
31:05par la Troisième République,
31:06elle est canonisée
31:07par l'Église catholique.
31:09C'est l'histoire de France,
31:10on est dans une période
31:11de crise,
31:12on est dans une période
31:12difficile
31:13et si on revient
31:14à l'étymologie du mot
31:15crise,
31:15qu'est-ce que cela signifie ?
31:16C'est une manifestation
31:18soudaine
31:19quand on part d'une maladie,
31:19si on regarde
31:20l'origine latine du mot,
31:21donc on peut dire
31:21qu'il y a une crise politique
31:23et une crise économique
31:23que nous traversons,
31:25oui,
31:25mais si on remonte
31:26à l'étymologie grecque,
31:28le mot crise
31:28veut dire prise de décision.
31:29Donc dans cette crise
31:31que nous traversons,
31:32nous devons prendre
31:33les bonnes décisions
31:34pour remonter la pente.
31:35L'histoire de France
31:36regorge de bons moments
31:38où on a réussi
31:39à redresser cette pente,
31:40c'est en ce moment même
31:41qu'il faut prendre
31:42le bon chemin.
31:43Alors,
31:43quand on vous dit cela ici,
31:44c'est à la différence
31:45d'ailleurs de plusieurs
31:45ouvrages politiques
31:46qu'on peut lire.
31:47Un ouvrage politique,
31:48c'est les cinq mesures
31:49pour redresser la France,
31:50les quatre décisions gouvernementales
31:51en 2027,
31:52en 2032,
31:53en 2037.
31:53Vous vous dites un instant,
31:54il y a le politique,
31:55c'est important,
31:56mais il y a aussi
31:56une dimension spirituelle
31:57qu'on ne peut sacrifier
31:59comme de fond
32:00qui traverse votre ouvrage,
32:02c'est que la France
32:02paierait le prix
32:03d'une forme,
32:04vous me direz,
32:04d'échristianisation,
32:05d'espiritualisation,
32:08horizontalisation
32:08de l'existence.
32:09J'ai l'impression
32:09que pour vous,
32:10il n'y a de renaissance,
32:11pas que spirituelle,
32:13mais qu'il y a
32:13un élan spirituel
32:14qui est indissociable
32:15de toute renaissance.
32:16Pour moi,
32:16c'est fondamental
32:17depuis 496
32:18et le baptême de Clovis,
32:19c'est ce que dit De Gaulle,
32:20la France est chrétienne,
32:22la religion chrétienne catholique
32:24a accompagné les Français
32:26dans tous ces moments difficiles.
32:27Sainte Geneviève
32:28qui défend les Parisiens
32:29contre les Huns,
32:30on a Saint Vincent de Paul
32:32qui aide les Français
32:32les plus miséreux,
32:33on a un accompagnement spirituel
32:35qui, à partir du moment
32:36où il s'effondre,
32:37on voit que les Français
32:38sont un peu perdus
32:38et dans tous ces grands moments
32:40comme dans les moments difficiles,
32:41même quand la France
32:42est occupée,
32:43même sous la Troisième République,
32:44même quand l'Église
32:44est pourchassée,
32:46le christianisme
32:48accompagne ces Français
32:48et je pense que c'est important
32:49et ça serait complètement fou
32:51d'avoir une institution
32:52aussi ancienne
32:53que l'Église catholique
32:54qui a écrit
32:55sur tous les misères de l'homme,
32:56sur ces beaux moments,
32:57sur ces moments difficiles,
32:58qu'est-ce qu'il y a dans le haut-delà,
32:59comment est-ce que je peux
33:00être une meilleure personne,
33:01comment est-ce qu'on peut
33:01mieux vivre ensemble,
33:02faire fi de ces 2000 ans
33:04d'enseignement,
33:05d'éducation,
33:06d'accompagnement
33:07et complètement suicidaire.
33:08On voit bien que ceux
33:08qui sont au pouvoir aujourd'hui
33:10ont voulu faire du passé
33:11table rase
33:12et ils n'y arrivent pas
33:13et je dis, je pense
33:14et c'est très important
33:15que les Français
33:16doivent renouer
33:17avec leur foi.
33:18Vous savez,
33:18Bernanos dans
33:18La France contre les robots
33:20dit on ne comprend pas
33:20le temps moderne
33:21si on ne comprend pas
33:22qu'il est avant tout
33:23une conspiration
33:24contre toute forme
33:25de vie intérieure.
33:26J'invite les Français
33:27à renouer avec cette vie intérieure,
33:29à renouer avec le spirituel,
33:31à pousser la porte des Églises
33:32et je dis que ce message
33:34s'adresse à tous les Français
33:35et il y a une chose
33:36qui est importante
33:37dans le peuple français,
33:38ce mot franc
33:39qui veut dire libre.
33:40C'est-à-dire la reconnaissance
33:41que chacun peut faire
33:42comme il veut.
33:42Personne n'est obligé
33:43de devenir chrétien
33:44ou catholique.
33:45La liberté
33:46présuppose qu'on est libre
33:47mais je pense que c'est important
33:49de se dire que
33:50savoir qu'il y a une institution
33:51aussi importante
33:52dans l'histoire de France
33:53quel que soit le moment
33:54et bien faire comme si
33:55cette institution n'existait pas
33:57et complètement je pense
33:59est une erreur
34:00et d'ailleurs
34:01le fait que de plus en plus
34:02de Français adultes
34:03demandent le baptême
34:04est un signe.
34:05La société de consommation
34:07aujourd'hui n'apporte pas
34:07le bonheur.
34:08De plus en plus de Français
34:09reviennent à la foi.
34:10Des jeunes chrétiens
34:11sont en train de restaurer
34:13des calvaires.
34:14Il y a de plus en plus
34:15de personnes dans les pèlerinages
34:16qui sortent de partout.
34:17Il y a une quête
34:18de spiritualité
34:19qui est extrêmement importante
34:20et je pense que ça
34:21c'est un bon signe,
34:22c'est le prouroom
34:23d'un redressement.
34:24Donc il y a le pôle souveraineté,
34:26le pôle politique,
34:27il y a le pôle spiritualité,
34:28on vient de l'explorer
34:29et on verra tout ce qui se trouve
34:30entre ces deux pôles.
34:31Arthur Dematrigan.
34:32Est-ce que vous avez dit
34:33à Patrice Léthus
34:34qui va dégainer un tweet,
34:35je vous préviens ?
34:37Qu'il dégaine ?
34:38Vous avez dit
34:38qu'il y a eu plusieurs déclins
34:41dans l'histoire
34:41et donc plusieurs renouveaux
34:43sinon on ne serait plus là.
34:44Et selon vous,
34:45quelle est l'origine
34:46de nos déclins
34:48qui nous conduit
34:48à la situation
34:50dans laquelle nous sommes aujourd'hui ?
34:51Quels sont les principaux tournants
34:52de ces dernières décennies
34:53qui nous amènent
34:54dans la crise
34:55qu'on connaît aujourd'hui ?
34:56Je pense que dans
34:57les dernières décennies,
34:58on a eu le tort
34:59de croire que les constructions
35:00supranationales
35:01allaient nous sauver.
35:02Je pense que
35:02cette construction européenne
35:04qui était un beau projet
35:05sur le papier
35:05et à l'époque,
35:06beaucoup d'Européens,
35:07Churchill,
35:09Monet évidemment,
35:09d'autres personnes
35:10voulaient cette construction
35:11parce que les Européens
35:12n'ont pouvait plus
35:12de ces guerres suicidaires
35:14entre nous.
35:15Malheureusement,
35:15cette construction européenne
35:16est dans l'impasse.
35:18Aujourd'hui,
35:18la paix,
35:19la prospérité,
35:20la solidarité,
35:22la protection
35:22qui était garantie
35:23par l'Union européenne
35:24ne sont clairement pas là.
35:26On vit une société
35:26qui est de plus en plus divisée.
35:28On part de guerre
35:29aux portes de l'Europe.
35:30On ne retrouve pas
35:31cette Europe puissance
35:32qui était censée nous aider
35:33à faire la concurrence
35:35contre la Chine,
35:36contre les États-Unis,
35:37contre le reste du monde.
35:38On ne fait pas ça.
35:39Et donc,
35:39je pense que le fait
35:40d'avoir cru
35:40que l'Union européenne
35:42d'un point de vue politique
35:42ou que l'OTAN,
35:43qui est une construction
35:44supranationale aussi quasiment
35:45d'un point de vue militaire,
35:47allait nous sauver.
35:47Et on s'est reposé
35:48sur ces deux institutions
35:49qui n'ont pas apporté
35:50les promesses attendues.
35:52Alors, justement,
35:53j'ai l'impression,
35:53vous lisant,
35:54que vous dites que la France
35:56est en quelque sorte
35:56dans son statut
35:57de double province.
35:59Quelquefois province militaire
36:00de l'Empire américain
36:01ou province administrative
36:03de l'Empire européen.
36:05Donc, à travers ça,
36:05finalement,
36:05il y a un mot qui nous...
36:06Je l'ai évoqué,
36:07il y a le mot manquant,
36:08c'est le mot...
36:08Pas manquant de votre livre,
36:10mais c'est la souveraineté.
36:11C'est-à-dire la souveraineté
36:12qui est normalement
36:12le bien le plus précieux
36:13pour une nation,
36:14si je vous comprends bien,
36:15a été sacrifiée,
36:17abandonnée,
36:17laissée de côté,
36:18mais sans qu'on ne s'en aperçoive.
36:20Oui, je pense que
36:21par mitra d'étisation,
36:22cette idée de construction européenne,
36:24on allait faire ça progressivement,
36:25qu'on a juré tous les grands dieux
36:27qu'on garderait notre souveraineté,
36:29que les lois européennes
36:29ne seraient pas au-dessus
36:30des lois françaises,
36:31que les Français
36:32auraient toujours le dernier mot.
36:33Petit à petit,
36:33on se réveille
36:34avec une sacrée gueule de bois
36:35et on se rend compte
36:36qu'il y a beaucoup de choses
36:36qui sortent de Bruxelles
36:37qui nous sont imposées
36:38et on ne peut pas défendre
36:39nos propres intérêts.
36:40Or,
36:41quelle est la prérogative
36:42principale d'un peuple ?
36:43C'est la défense de la souveraineté.
36:46C'est ce qui est écrit
36:46en noir et sur blanc
36:47dans notre Constitution,
36:48c'est la défense
36:49de la souveraineté des Français
36:50parce qu'il faut que
36:51les intérêts des Français
36:52soient défendus
36:53avant les intérêts des autres.
36:54Ce n'est pas que les autres
36:54n'aient pas d'intérêt des Français,
36:56mais si on n'arrive pas
36:56à défendre nos propres intérêts,
36:57comment voulons-nous
36:58nous défendre
36:59dans un monde
36:59qui est de plus en plus
37:00difficile et compliqué ?
37:01Le mot souveraineté
37:02vient souvent
37:02avec le mot identité.
37:03Et là,
37:04je vais vous amener
37:04sur l'actualité,
37:05vous me le pardonnerez,
37:05mais tous les débats
37:06autour justement
37:07du canon français,
37:08les banquets français
37:09qui sont présentés
37:09comme des fêtes racistes
37:11parce qu'apparemment
37:11on y mange des trucs
37:12qui seraient discriminatoires
37:14et exclusifs.
37:15Est-ce que la part,
37:17est-ce que,
37:17comment dire,
37:18depuis quelques années,
37:20est-ce que tous nos débats
37:20sur l'identité
37:21n'ont pas été trop abstraits ?
37:22Est-ce qu'on n'a pas oublié
37:23qu'une identité
37:23s'aborde un mode de vie,
37:25un art de vivre,
37:26une manière d'habiter l'existence,
37:27une littérature,
37:28une gastronomie,
37:29une manière de prier
37:30probablement aussi ?
37:31Est-ce que,
37:31de ce point de vue,
37:32dans l'identité,
37:33un débat comme celui
37:34qui entoure le canon français
37:35ne nous en dit pas beaucoup
37:36sur là où nous en sommes rendus
37:37et ce qui nous manque aussi ?
37:38Mais le chant est indispensable
37:40à la société.
37:42C'est fondamental.
37:42Et il y a plein de peuples
37:43européens qui chantent
37:44et moi qui suis d'origine serbe
37:45par mon père,
37:46je peux vous dire
37:46qu'on chante tout le temps,
37:47qu'on boit ou qu'on ne boive pas.
37:48C'est extrêmement important.
37:49Vous allez en Belgique,
37:50les étudiants chantent.
37:50On a perdu cette notion du chant
37:52et c'est extrêmement triste
37:53et ce n'est pas de la propagande,
37:55ce n'est pas politique.
37:56On chante.
37:56Pourquoi est-ce qu'on chante ?
37:57Parce qu'on rassemble
37:57différentes personnes
37:58dans une communion.
37:59On va passer un bon moment ensemble.
38:01On peut chanter un chant triste,
38:02un chant gay,
38:02un chant heureux.
38:03Ça anime nos soirées
38:04et les Français doivent renouer
38:06avec ça.
38:06Et j'espère qu'au contraire,
38:07les Français vont chanter
38:09de plus en plus
38:10pendant la résistance française.
38:13Les résistants chantaient
38:14pour faire face au désespoir,
38:16pour faire face à la difficulté.
38:17Ils n'avaient pas des écrans partout.
38:19Ils chantaient.
38:20C'est extrêmement important.
38:21On doit retrouver
38:21cet esprit de résistance
38:22et chanter.
38:23Ce n'est pas une pancarte politique.
38:25Ce n'est pas une affirmation identitaire.
38:27C'est juste un moment
38:28de bien-être
38:29qu'on passe avec d'autres personnes.
38:30C'est fondamental.
38:31Vous savez,
38:31je vais vous donner un exemple.
38:32Je vais parler du peuple serbe
38:34quelques instants,
38:34même si le but,
38:35c'est de sauver le peuple français.
38:37Le peuple serbe
38:38a eu jusqu'à cinq siècles
38:39d'occupation ottomane.
38:41Ursula von der Leyen
38:42fait peur de nombreuses reprises,
38:44mais ce n'est rien
38:44par rapport à l'occupation
38:46des sultans.
38:47Et Jacob Grimm,
38:48un des,
38:49comment dire,
38:49des fanbeurs,
38:51compteur européen,
38:52disait,
38:52quand il avait visité
38:53ce peuple serbe,
38:53il avait dit
38:54qu'un peuple qui chante,
38:55qui danse
38:55et qui est animé
38:57d'un tel esprit,
38:58on ne peut pas dire
38:59qu'il soit tout à fait asservi.
39:00Vous voyez,
39:01l'importance
39:02de la défense culturelle
39:05qui est plus forte
39:07que la soumission
39:07jusqu'à cinq siècles.
39:08Alors,
39:08j'espère que les Français
39:09vont se réveiller
39:10avant cinq siècles,
39:11mais c'est dans l'expression,
39:12non pas d'une identité politique,
39:15mais d'une identité
39:16qui est juste le fait
39:16qu'on chante des chants
39:17qui nous rassemblent,
39:18que ce soit des chants religieux,
39:19des chants grivois,
39:21on passe ces moments ensemble
39:22et c'est ce qui a permis,
39:23entre autres,
39:24ça,
39:24la foi,
39:25j'y reviens,
39:25et la solidarité.
39:26Ce sont les trois piliers
39:27qui ont permis
39:28aux Serbes
39:29de s'affranchir.
39:29Et donc,
39:30je souhaite aux Français,
39:30non seulement qu'ils n'écoutent pas
39:31les censeurs,
39:32mais qu'ils chantent
39:32de plus en plus.
39:33Arthur Levatrigan.
39:34Vous l'avez dit,
39:35l'un des points importants,
39:36les leviers importants
39:37et les causes,
39:39la cause principale
39:40de notre déclin,
39:40c'est la perte de souveraineté,
39:41donc il faut recouvrir
39:42la souveraineté
39:43pour pouvoir se relancer.
39:44Mais heureusement,
39:45comme l'a rappelé
39:45le député Patry Lettus,
39:46parce qu'on avait oublié,
39:47on est en République,
39:48j'ajouterais même
39:49que nous sommes en démocratie,
39:50donc les Français votent.
39:51Et les Français ont voté pour,
39:53alors sauf si vous voulez me dire
39:54que nous ne sommes pas
39:54vraiment en démocratie,
39:55mais ils ont voté
39:56pour les différents présidents,
39:57pour les différents députés
39:58qui ont voté successivement
40:01la découpe,
40:01on va dire,
40:02de la France.
40:02Donc comment,
40:04quel est votre regard sur ça ?
40:05Comment on peut articuler ça ?
40:06Est-ce que c'est finalement
40:07pas un choix
40:07d'une majorité de Français ?
40:09Alors j'ai un petit chapitre
40:11qui parle de la démocratie,
40:12est-ce qu'on est vraiment
40:13en démocratie ou pas ?
40:14Mais je vous laisse
40:14les lecteurs le découvrir.
40:16Oui, on a voté,
40:17mais ce que je suis en train
40:18d'expliquer dans le livre,
40:19c'est que ce n'est pas
40:20que par les élus,
40:21il ne faut pas compter
40:22sur les élus,
40:22c'est important.
40:23On a vu le travail
40:24de Charles Lalonde,
40:25fantastique,
40:25sur justement le travail
40:27entre le pouvoir
40:28et les médias,
40:30mais il ne faut pas
40:30reposer là-dessus.
40:31On peut vivre
40:32comme un Français
40:33sans attendre le retour
40:33du politique
40:34en s'engageant
40:35dans la vie associative,
40:36dans le tissu social.
40:37C'est ça la vie des Français
40:38pendant des siècles.
40:39On l'a vécu
40:40sans avoir des députés parisiens
40:41qui nous disaient
40:42ce qu'on avait le droit
40:42de dire ou pas dire.
40:44On chante,
40:44on s'immisce,
40:44on peut faire des maraudes
40:46et aider les plus pauvres
40:47sans attendre que l'État
40:48dépense de l'argent
40:49pour l'aider les plus pauvres.
40:50On peut être investi
40:51dans une troupe de théâtre,
40:53on peut être investi
40:53dans des clubs de foot.
40:54Moi j'ai des amis
40:55qui ont des familles nombreuses
40:56ou moins nombreuses
40:57qui vont s'investir
40:57pour aider les jeunes
40:58à faire du sport.
40:59Ils prennent leur temps,
41:00ils font vivre
41:01ce tissu social.
41:02Et moi j'invite
41:03tous ceux qui aiment la France,
41:04qui vivent pour la France,
41:05qui ont la France chevillée au cœur
41:06et qui ont envie
41:07de plus la découvrir,
41:08de s'immiscer,
41:09de rentrer dans ce tissu social.
41:11Et quel que soit
41:12le mot d'ordre
41:13qui vienne de Paris,
41:14tant que dans les régions,
41:15dans nos provinces,
41:16on fera vivre
41:16cette âme française.
41:18Et j'irai même plus loin
41:18en disant
41:19cette âme régionale,
41:20provinciale
41:20qui est extrêmement importante.
41:22Et bien la France
41:23va revivre.
41:24La France survivra
41:24à n'importe quel ou cas
41:26venant de Paris.
41:27Alors, pourtant
41:28à la fin de votre livre,
41:29vous rappelez une chose importante
41:30qu'on pourrait dire
41:30ce ne sont pas vos mots,
41:31mais le populisme,
41:33même si certains
41:33l'accueillent possiblement,
41:34ne suffit pas.
41:35Pourquoi ?
41:35Parce qu'il faut,
41:36je vous cède,
41:36contre l'élite en place,
41:38il nous faut une contre-élite.
41:39Donc vous ne dites pas
41:40contre l'élite en place,
41:41il faut jeter les élites
41:43hors de la vie publique.
41:44Vous êtes une contre-élite.
41:45Quels seraient les traits,
41:47selon vous,
41:47de cette contre-élite
41:48qui porterait la renaissance
41:50telle que vous la représentez ?
41:51Je pense qu'il faut
41:52une contre-élite
41:53qui soit une élite
41:54déjà au sens noble du terme.
41:55Ce n'est pas juste
41:55une élite qui est placée,
41:56qui profite de ses prémandes.
41:57Il faut vraiment
41:58des spécialistes,
41:58des experts,
41:59et dont la mission principale
42:01est servir les intérêts
42:02des Français.
42:03Ministres,
42:04je rappelle,
42:04l'étymologie du mot ministre,
42:05c'est servir,
42:07pas se servir.
42:08Et cette élite
42:09doit être comme
42:09de nombreuses élites
42:10que nous avons eues
42:11dans le passé,
42:11une nouvelle caste
42:12de personnes
42:13qui sont des personnes
42:14tout simplement déjà vertueuses.
42:16Des personnes qui ne vont pas,
42:17je vous rappelle
42:17que le général de Gaulle
42:18payait ses timbres
42:19quand il était à l'élise.
42:20Vous voyez ?
42:20Donc des personnes
42:21qui ont cette envie
42:23d'aider les autres,
42:23qui ont la conscience
42:24de la charge publique,
42:25comme le disaient
42:28de nombreux auteurs.
42:29Si ces personnes,
42:30une fois arrivées
42:31au pouvoir,
42:32se servent elles-mêmes
42:33au lieu de servir
42:33les Français,
42:34on a une charge
42:35qui est extrêmement importante
42:36quand on va servir
42:36le REC des Français.
42:37Donc la vertu,
42:39comme le disait Aristote,
42:40il faut renouer
42:41avec la vertu,
42:42le bien commun,
42:43la vérité,
42:43la justice.
42:44Il faut être imprégné
42:45par ces choses-là
42:46pour pouvoir gérer
42:47le pays correctement.
42:49Malheureusement,
42:49on ne le voit pas aujourd'hui.
42:50On voit beaucoup
42:50de politiciens
42:51à droite comme à gauche
42:52qui pensent
42:53aux prochaines élections,
42:54qui ne rendent pas des comptes.
42:55Moi, je suis tout à fait,
42:56je propose dans le livre
42:57que les politiciens
42:58et même certains
42:59hauts fonctionnaires
42:59rendent des comptes
43:00au peuple français.
43:01Et je vous rappelle
43:02que dans l'idée
43:02de la révolution,
43:03il y avait cette idée
43:04de rendre des comptes.
43:05Qu'est-ce que j'ai promis ?
43:06Qu'est-ce que j'ai fait ?
43:07Que les personnes
43:08soient redevables,
43:09que les personnes
43:09soient responsabilisées.
43:11Si on devaient utiliser
43:12un terme pour décrire
43:13l'état de la France
43:14aujourd'hui,
43:16à vous entendre,
43:16à vous lire,
43:16j'ai l'impression
43:17que le terme,
43:17c'est dépossession.
43:18Certains diraient peut-être
43:19désespérance,
43:20vous me direz
43:20si c'est le bon terme,
43:21mais entre dépossession
43:22et désespérance,
43:23est-ce que ces termes
43:23définissent bien
43:24l'état d'esprit
43:24de la France ?
43:25Très clairement,
43:25les Français doivent retrouver
43:26le pouvoir
43:27dans leur propre pays.
43:28Il y a une caste dominante
43:29aujourd'hui
43:30qui impose ses valeurs,
43:31qui impose le wokisme,
43:32qui impose la construction
43:34supranationale
43:34et le reste de la population
43:36est un peu à bras raccourcis
43:37parce que aussi
43:38cet état dominant
43:39a fracassé,
43:40a brisé
43:40les corps intermédiaires
43:41qui permettaient
43:42aux Français d'avoir
43:43la densité de la société.
43:44Exactement,
43:45qui est extrêmement important.
43:46Jean Baudin,
43:47déjà dès le 16e siècle,
43:48disait que sans corps
43:49intermédiaires,
43:49on est tombé dans la tyrannie.
43:51Or, on doit reconstituer
43:52ces corps intermédiaires
43:53pour reprendre le pouvoir
43:54et pour reprendre le pouvoir,
43:56vous savez,
43:56la France est une terre
43:57qui est aujourd'hui
43:58malheureusement aride.
43:59Il faut la recultiver,
44:00il faut la retravailler
44:01et de ce sol retravaillé
44:03vont sortir des spécialistes,
44:04des nouveaux chefs,
44:06les Tom Morel vont sortir,
44:07les De Gaulle vont sortir,
44:08les gendars qui vont
44:09de nouveau nous aider.
44:10Moi, je ne me repose pas
44:11sur l'homme ou la femme
44:12providentielle,
44:13mais je dis,
44:13si on tire tous
44:14dans la même direction
44:15et qu'on reprend le pouvoir
44:17qui est le nôtre,
44:18parce qu'on leur a donné
44:19un chèque en blanc
44:19et malheureusement,
44:20ils ne nous le rendent pas,
44:21ils ne nous rendent pas
44:21cette confiance qu'on leur a donnée,
44:23on doit reprendre ce pouvoir
44:24par une circulation des élites.
44:26Vous savez,
44:26c'est ce que disent
44:26les spécialistes du CG
44:28comme Wilfredo Pareto
44:29à la fin du début
44:30du 20e siècle
44:30qui dit que ces élites
44:32qui sont au pouvoir,
44:32au bout d'un moment,
44:33elles s'ennuient,
44:34elles ont fait le tour du sujet
44:35et même s'ils ont été convaincus
44:36au départ de prendre le pouvoir
44:38pour une cause
44:39dans laquelle elles croyaient,
44:40au bout d'un moment,
44:40elles défendent toutes ces causes.
44:41Toute classe politique,
44:42quelle qu'elle soit,
44:43même la meilleure,
44:43un jour finit par s'encrasser.
44:45Toute.
44:46Arthur Levatrigan.
44:46C'est amusant que vous parliez
44:47de terre aride,
44:49c'est une diagnostique
44:49que faisait également
44:50Éric Orsena.
44:51Mais est-ce que vous partagez
44:52les mêmes remèdes
44:53la grande irrigation
44:54par l'Afrique ?
44:55Je propose
44:56que les Français
44:57reprennent possession
44:58de leur souveraineté,
45:00c'est-à-dire qu'ils s'immiscent
45:01dans la société
45:01qui n'attendent pas
45:03un retour,
45:05on va dire,
45:05miraculeux de la part
45:06des politiciens
45:08et je pense que c'est
45:09extrêmement important
45:09que les Français
45:10reprennent possession
45:11et de leur village
45:11et de leur région
45:13et qu'ils s'activent.
45:14Vous savez,
45:15moi je connais des personnes
45:15qui sont dans différentes
45:17strates de la société,
45:18des personnes qui sont
45:19toutes, on va dire,
45:19avec des salaires moyens
45:20et des personnes
45:21qui ont des salaires
45:21qui sont plus élevés,
45:22qui s'investissent
45:23dans la société
45:24et qui font des choses
45:24incroyables
45:25et qui ne dépendent
45:26pas du tout de l'État.
45:27Alors si on peut recevoir
45:28de l'aide de l'État
45:28pour faire quelque chose
45:29de bénéfique,
45:30de bien,
45:30si on peut veiller
45:31au bien commun,
45:31si on peut aider
45:32les plus diminués,
45:32si on peut aider
45:33à défendre la culture française,
45:35faisons-le,
45:35mais on doit se prendre en main
45:36et surtout ne pas dépendre
45:38des autres,
45:38ni des empires,
45:39ni de la main-d'oeuvre
45:39qui proviendrait
45:40de l'étranger.
45:41Alors votre livre,
45:42par ailleurs,
45:42je le disais au tout début
45:43de notre échange,
45:44touche la dimension spirituelle.
45:46Moi, c'est ce qui me frappe,
45:46vous nous dites,
45:47dans une époque
45:48qui est très sécularisée,
45:49une part du monde
45:50nous échappe.
45:51Et là, je vous cite,
45:52page 350,
45:54il est impératif,
45:55on en parle à propos
45:55de l'Église,
45:56mais au-delà de l'Église,
45:57il est impératif
45:57que l'Église de France
45:58se sanctifie,
45:59se redresse
46:00et redevienne
46:00un lieu de mystère,
46:02de sacré,
46:03de rencontre,
46:04d'élévation,
46:09d'une époque
46:09qui croit
46:09à une forme
46:10de rationalisme intégral.
46:11Tout peut être objet
46:12de connaissances scientifiques
46:13intégrales,
46:14tout peut être normé,
46:16encadré.
46:16Et là, vous nous dites
46:17des mots
46:17qu'on doit redécouvrir
46:18le mystère,
46:20redécouvrir le silence.
46:20Est-ce que certains
46:21ne voudraient pas
46:21que la recherche du mystère
46:23c'est l'autre nom
46:23d'un désert d'obscurantisme ?
46:25La recherche du mystère
46:26est fondamentale.
46:28On est dans un monde
46:29qui est bruyant,
46:29on est occupé
46:30par des écrans,
46:31par du son,
46:31par du bruit tout le temps,
46:32on n'arrive pas
46:33à se recentrer,
46:34on n'arrive pas
46:39sur des antidépresseurs,
46:40ça il faut aller voir
46:40tel gourou.
46:41Non, les personnes
46:42à travers,
46:43je le redis,
46:44je me fonde
46:45sur l'histoire de France.
46:46L'histoire de France,
46:47ce sont des moments
46:48où les Français
46:48ont renoué
46:49avec cet esprit spirituel,
46:51avec la foi,
46:52où les Français
46:52ont su se mettre à genoux
46:53parce qu'ils ont su
46:54reconnaître
46:55une puissance
46:55qui les dépasse,
46:56une puissance supérieure,
46:57une verticalité.
46:59La France est effondrée,
47:00il faut la retirer
47:01vers le haut
47:01et l'élément spirituel
47:03n'est pas l'unique
47:03mais un des éléments
47:04fondamentaux
47:05et donc ce moment spirituel
47:06il ne va pas se réaliser
47:08dans le brouhaha ambiant,
47:10il se réalise
47:11dans le silence,
47:12peut-être avec un peu
47:13d'encens,
47:13dans le silence,
47:14dans la prière,
47:15dans le fait
47:16qu'on puisse se retrouver
47:16et je rappelle
47:17qu'il y a un élément
47:17qui est important,
47:18cela on peut le faire
47:19chez soi,
47:19on peut prier chez soi
47:20et on peut aussi
47:21se retrouver
47:22dans une église,
47:23dans des processions,
47:23des mouvements collectifs
47:25où les Français
47:25de tous horizons
47:27peuvent se retrouver,
47:28c'est fondamental.
47:29Alors maintenant,
47:30pendant un instant,
47:30évoquons ce qui est
47:31pour certains
47:31la chose la plus probable,
47:33c'est que tout soit foutu.
47:34C'est-à-dire
47:34le sentiment dominant
47:35c'est qu'il est trop tard,
47:37même pas très tard,
47:38mais trop tard.
47:39Est-ce qu'il vous arrive,
47:40vous aussi,
47:40de vous dire,
47:41malgré que vous avez fait
47:41un ouvrage consistant,
47:43dense,
47:43est-ce que de temps en temps
47:44vous vous dites
47:44c'est un cri d'espérance
47:45mais au fond de moi-même,
47:46il m'arrive de penser
47:47que tout est foutu ?
47:48Non, parce que si je me bats,
47:50c'est pour gagner.
47:50Donc du coup,
47:51je gêne.
47:51Et peut-être que je ne verrai pas
47:52la victoire,
47:53mais je me bats
47:53pour que moi,
47:54mes enfants voient peut-être
47:55la victoire,
47:56ou mes petits-enfants.
47:57Vous savez,
47:57le redressement,
47:58il se fait sur le temps long,
47:59on s'est comporté
48:00comme des cigales
48:01pendant plusieurs générations
48:02et là,
48:03du jour au lendemain,
48:03on voudrait se transformer
48:04en fourmi.
48:05Non,
48:05ça va prendre du temps,
48:06il va falloir travailler,
48:07il va falloir s'investir,
48:08mais il faut commencer tout de suite,
48:09il faut se retrousser les manches,
48:10il faut travailler
48:10et je ne me bats pas
48:11pour la victoire
48:12que je vais voir de mes yeux
48:13parce que comme vous le disiez
48:14il y a quelques instants,
48:14combien même on mettrait
48:15un meilleur pouvoir en place
48:16et je pense que ce n'est pas compliqué,
48:18eh bien,
48:18ce pouvoir durerait un temps.
48:20Donc c'est un travail perpétuel
48:21à faire sur soi-même,
48:22de remise en cause
48:23et je crois
48:24dans cette destinée de la France
48:25qui s'écrit de cime en abîme,
48:27je crois que c'était extrêmement important
48:28tant que chrétien,
48:28je pense qu'elle seule victoire,
48:29elle est au ciel
48:30et on verra ce jour-là
48:31si je suis vainqueur ou pas,
48:32ça c'est une autre histoire
48:33et je pense qu'on doit contribuer à ça
48:34et surtout ne pas être effétiste.
48:36Vous imaginez
48:36une équipe de basket,
48:38je vais changer du foot,
48:38qui arriverait sur le terrain
48:39et qui dirait
48:40je vais participer à ce tournoi
48:42mais je pense que je vais perdre,
48:43c'est fichu,
48:44mais l'histoire,
48:44et ruisselle
48:47de moments
48:48qui étaient complètement perdus
48:49et où les Français
48:50ou les Français
48:51ou d'autres personnes,
48:52d'autres peuples
48:52se sont retrouvés
48:53et réussis
48:54à gagner contre
48:55toutes les statistiques,
48:56contre tous les pronostics.
48:57Donc il faut se battre
48:58parce qu'en se battant
48:59qu'on peut gagner.
49:00Si on ne se bat pas,
49:01on a perdu déjà.
49:02Vous êtes assez différent
49:03de mon ami Arthur de Vatrigan
49:04qui a la passion
49:05des batailles glorieuses et perdues.
49:07Arthur ?
49:08Pas du tout,
49:09ça fait l'honneur monsieur.
49:10Alors juste une question très rapide,
49:12c'est concrètement
49:13quel serait le premier chantier
49:14à mettre en oeuvre ?
49:14Je pense que la défense de la famille,
49:16c'est le pilier de la société.
49:17Aristote le dit,
49:17même Proudhon le dit,
49:19il dit tout attaque,
49:20tout attentat
49:20contre la famille et le mariage
49:21est une profanation de la justice.
49:23Il dit même que c'est une attaque
49:24contre la République.
49:25Donc c'est extrêmement important.
49:26On est dans une société
49:27qui a mis à mal la famille.
49:28Or la famille,
49:29c'est ce pilier qui est fondamental.
49:30Je pense qu'il faut à tout prix
49:30s'attaquer à ce sujet,
49:32faire en sorte,
49:32c'est difficile d'avoir une famille.
49:34Je ne suis pas en train
49:35de donner une leçon de morale,
49:36mais on doit au moins
49:37oeuvrer dans une société
49:38qui donne envie
49:38de maintenir la famille,
49:39de garder la famille.
49:40Comme le dit
49:42l'excellent philosophe français
49:43Fabrice Hadjad,
49:44la famille c'est le lieu
49:45du premier amour,
49:46c'est le lieu de l'éducation,
49:47c'est le lieu
49:49où on arrive
49:49à connaître l'autre.
49:51Donc si on a des familles stables,
49:52si on arrive à encourager
49:53ces familles stables,
49:54si on a fait en sorte
49:54que les Français
49:55dans ce cocon,
49:56dans ce pilier de la société,
49:58apprennent à bien vivre ensemble
49:59avec les membres
50:00de leur propre famille,
50:01ce qui n'est pas toujours facile,
50:02on le fera mieux
50:03avec le reste de la société.
50:04Donc je pense que
50:05la famille est extrêmement importante
50:06et derrière,
50:06je ne mettrai pas loin derrière ça,
50:08la défense de la vérité,
50:10qu'on fasse en sorte
50:10que la vérité soit vraiment
50:11quelque chose d'extrêmement
50:14Un grand merci
50:15d'être venu nous voir ce soir
50:16Nicolas Mirkovic
50:17pour votre livre
50:18Déclin et Renouveau
50:19Comment les Français
50:20se relèveront ?
50:23C'était un vent positiviste
50:24qu'on a pu avoir
50:26pendant une demi-heure
50:27sur notre antenne.
50:28On revient dans un instant
50:30pour l'heure des pros
50:31avec une exclusivité
50:33du journal du dimanche
50:34et la réponse
50:35de Bruno Retailleau
50:36à Emmanuel Macron
50:38avec une question.
50:39Monsieur Bruno Retailleau,
50:40vous êtes un maboule ?
50:41Réponse dans quelques instants
50:43de l'ancien ministre
50:43de l'antérieau.
50:45Sous-titrage Société Radio-Canada
50:47de l'antérieau.
50:47Sous-titrage Société Radio-Canada
50:48...
50:48...
50:48...
Commentaires

Recommandations