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  • il y a 16 minutes
Mardi 17 mars 2026, retrouvez Adrien Dumas (Directeur des investissements, Mandarine Gestion), Gustavo Horenstein (Responsable Recherche Macro et Allocation d'Actifs, Dorval AM), Marc-Olivier Strauss-Kahn (Directeur général honoraire de la Banque de France, Enseignant) et Laurent Martin (Trésorier Direction administrative et financière, CIBTP France) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:00...
00:07Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart for Change,
00:11pour rester à l'écoute des marchés.
00:13Chaque jour, vous nous suivez à 17h en direct, à la télévision, via vos box,
00:16et vous nous retrouvez chaque soir en rattrapage, en replay sur bsmart.fr
00:21ou en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:24Au sommaire de cette édition ce soir, toujours ce thème du pétrole
00:28qui drive le sentiment de marché et le sentiment des investisseurs
00:32avec une journée plutôt positive, on va le dire comme ça,
00:36pour les marchés d'action en Europe notamment,
00:38qui sont en train d'aligner une deuxième séance de reprise consécutive
00:42avec un baril de pétrole qui se maintient toujours autour des 100 dollars
00:47en fonction du baril qu'on regarde, le WTI américain est sous les 100 dollars
00:53et même sous les 95 dollars quand le baril de Brenne de la mer du Nord,
00:56celui qui est le plus communément utilisé chez nous, en Europe notamment,
01:00se maintient au-delà des 100 dollars, le pétrole qui reste néanmoins inférieur
01:05au pic qui avait été atteint aux premières heures et aux premiers jours
01:09du déclenchement de la guerre d'Iran.
01:12Cette crise iranienne augure-t-elle d'un changement de régime structurel pour les marchés
01:17ou est-elle simplement une parenthèse ou un choc jugé temporaire, transitoire ?
01:23C'est la question que nous poserons à nos invités de Planète Marché dans quelques instants.
01:27Nous n'oublierons pas le thème de l'IA avec la grande conférence annuelle
01:30qui se tient en ce moment aux Etats-Unis organisée par NVIDIA
01:34et une longue keynote hier de Jensen Young pour détailler tous les développements à venir
01:40et ajuster encore un peu plus les projections en matière de vente de puces dédiées à l'IA.
01:47Jensen Young nous avait déjà indiqué que 2026 verrait des ventes de l'ordre de 500 milliards de dollars ou
01:54plus.
01:55Désormais, NVIDIA est capable de se projeter jusqu'à fin 2027.
01:59Il n'y aura pas de recul de la demande en 2027, mais pas de franche accélération non plus
02:04puisqu'au global, sur ces deux années, Jensen Young attend 1 milliard de dollars de revenus
02:09générés par les équipements dédiés à l'intelligence artificielle.
02:13Enfin, dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse, nous marquerons le temps de la semaine dédiée à l
02:18'éducation financière
02:19qui se tient en ce moment et nous recevrons avec plaisir le directeur général honoraire de la Banque de France,
02:25Marc-Olivier Strauss-Kahn, enseignant également, qui viendra nous éclairer sur le concept,
02:30et plus que le concept, la réalité de la polycrise que nous vivons depuis quelques années maintenant.
02:36Cette polycrise qui est en train de muter en permacrise.
02:38Rendez-vous à 17h45, donc dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse.
02:53Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse, nous retrouvons Pauline Grattel
02:56qui vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
02:58Bonsoir Pauline.
02:59Bonsoir.
02:59Bonne en mal en, malgré des prêts du pétrole qui restent à des niveaux élevés,
03:02les indices actions en Europe notamment poursuivent leur rebond entamé hier.
03:06Oui, le Stoxx 600 et l'Eurostoxx 50 sont en hausse de 1%.
03:09En France, le CAC 40 revient sur le seuil de 8000 points au cours de la séance, également en hausse
03:15de plus de 1%.
03:16L'indice parisien est soutenu par Total Energy qui gagne 2% et qui est au plus haut historique,
03:21et par les banques et Stellantis également.
03:24En revanche, les valeurs du luxe sont dans le rouge.
03:26Aux Etats-Unis, les indices sont en hausse modérée,
03:28alors que la réserve fédérale entame sa réunion de politique monétaire aujourd'hui.
03:32Oui, la guerre dans le Golfe, la crise iranienne capte toujours une bonne partie de l'attention évidemment des investisseurs,
03:39avec une crise qui est entrée donc dans sa troisième semaine.
03:42Oui, sur le front diplomatique, Donald Trump a essuyé hier une fin de non-recevoir
03:46après avoir sollicité l'aide de ses alliés, la France et l'Allemagne entre autres,
03:50pour sécuriser le détroit d'Ormuz, Berlin à trancher.
03:54Ce n'est pas notre guerre, nous ne l'avons pas commencé,
03:57tandis qu'Emmanuel Macron a exclu toute participation française dans le contexte actuel.
04:01Cette instabilité maintient la pression sur les prix de l'énergie.
04:05Le Brent gagne 2% au cours de la séance et reste sur le seuil de 100 dollars,
04:09alors que le WTI demeure plus bas, sous 95 dollars.
04:13Le galon de diesel américain passe le seuil de 5 dollars.
04:16Du pétrole aux marchés obligataires, il n'y a qu'un pas.
04:19Pauline, quels sont les équilibres observés aujourd'hui sur les marchés de taux ?
04:23Le rendement américain à 10 ans reste sous surveillance.
04:25Aujourd'hui, il se détend autour de 4,20%.
04:29Le rendement allemand de même échéance se détend aussi autour de 2,90%
04:34après avoir frôlé les 3% la semaine dernière.
04:37Sur le marché d'échange, le dollar est en léger repli
04:40face à un panier de grandes devises avec un euro-dollar autour de 1,1530.
04:44Et puis c'est bien sûr la semaine des banques centrales
04:46et la Royal Bank d'Australie poursuit sur sa lancée.
04:48Oui, elle a en effet relevé ses taux directeurs de 25 points de base
04:52pour la deuxième fois consécutive pour les ramener à 4,10%,
04:55leur plus haut niveau depuis 10 mois.
04:57La décision a été très serrée, 5 voix pour, 4 contre.
05:01Il s'agit du vote le plus serré depuis que la Banque centrale détaille ses suffrages.
05:05Comment va le moral des investisseurs allemands ?
05:08Pas top si l'on en croit la dernière publication du ZEV allemand pour le mois de mars, Pauline.
05:13Oui, il s'effondre de manière inattendue en mars à moins 0,5 après près de 60 au mois de
05:19février.
05:20Bien que les analystes attendaient un repli, ils ne s'attendaient pas à autant
05:23puisqu'ils tablaient sur un chiffre de 39 en mars.
05:27Côté entreprises, effectivement, Nvidia est sous les feux de la rampe
05:29à l'occasion de cette grande conférence qui se tient pendant quelques jours
05:33et cette confiance affichée jusqu'à la fin de l'année 2027 au moins.
05:36Oui, Jensen Huang a annoncé prévoir 1 000 milliards de dollars de revenus cumulés d'ici 2027.
05:42Grâce à ces puces Blackwell et Rubin, auparavant, Nvidia avait indiqué tabler sur 500 milliards de dollars
05:48de ventes d'ici fin 2026. Le titre est à l'équilibre.
05:51Quels sont les temps forts programmés demain à l'agenda des investisseurs, Pauline ?
05:55Les investisseurs attendent demain la décision monétaire de la réserve fédérale américaine
05:59qui devrait opter pour le statu quo.
06:01On regardera aussi la décision monétaire de la Banque du Canada.
06:04Pour le reste, on attend les prix à la production aux Etats-Unis pour février
06:08et l'inflation de la zone euro en février en deuxième lecture.
06:12Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse, Pauline Grattel est à nos côtés
06:15et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
06:28Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
06:31Laurent Martin est à nos côtés, trésorier au sein de la direction administrative et financière
06:35de CI BTP France.
06:37Bonsoir Laurent.
06:37Bonsoir Laurent.
06:38Adrien Dumas nous accompagne, le directeur des investissements de Mandarine Gestion.
06:42Bonsoir Adrien.
06:42Bonsoir Laurent.
06:43Et Gustavo Rennstein est également à nos côtés le responsable de la recherche macro
06:46et de l'allocation d'actifs de Dorval Asset Management.
06:48Bonsoir Gustavo.
06:49Bonsoir.
06:50Changement de régime structurel ou simple choc temporaire ?
06:54Quels sont les messages renvoyés par le marché au début de cette troisième semaine
06:58de crise iranienne ?
07:00Gustavo, changement de régime structurel nécessite sans doute de modifier ses allocations.
07:06Choc temporaire nécessitant plutôt de se couvrir avant de décider de modifier en profondeur
07:11peut-être ses allocations d'actifs.
07:13Oui, effectivement, c'est difficile de distinguer pour l'instant entre les deux situations
07:18parce que ça a déjà été, je pense, évoqué dans les dernières semaines, mais parce
07:23que c'est une guerre un peu particulière puisqu'elle peut s'arrêter aussi vite qu'elle
07:27a commencé, elle dépend aussi beaucoup de choix politiques, notamment américains.
07:32Et donc ça crée cette impression de pouvoir être renversé tout d'un coup à n'importe
07:37quel moment, ce qui fait que c'est difficile évidemment de vendre massivement ou de se couvrir
07:41d'ailleurs énormément, et donc il faut essayer de trouver un bon équilibre dans les portefeuilles
07:46dans ce genre de situation.
07:48Ce qui est intéressant, c'est que toutes les grandes thématiques, je dirais, depuis
07:52quelques mois, ont été vraiment pris à revers par ce type de choc, puisqu'il y avait
07:59l'idée de la résilience, l'idée de la désinflation, l'idée qu'il fallait sortir des
08:03Etats-Unis pour aller dans le reste du monde, et tout ça a été effectivement, l'idée
08:08qu'il fallait vendre le dollar.
08:08Bon, tous ces grands thèmes ont été vraiment pris à revers par la nature du choc, et
08:16effectivement c'est ça qui explique aussi ce marché assez curieux, puisque quelque part
08:21le marché américain, si on prend juste l'indice S&P 500, est relativement proche de ses points
08:25hauts, et son drawdown est relativement faible, alors que si on prend au Japon ou en Europe,
08:31il y a des baisses beaucoup plus fortes.
08:32Et si on regarde à l'intérieur, il y a des secteurs qui ont vraiment fortement corrigé
08:36déjà, les bancaires européennes sont un exemple.
08:40Donc c'est vrai que ça crée un mélange assez curieux.
08:44Et puis il y avait également effectivement le marché obligataire qui, malheureusement,
08:47dans les portefeuilles, ne joue pas dans ce type de choc, son rôle d'amortisseur au
08:52contraire a plutôt augmenté les pertes.
08:55– Oui, sur les mouvements qu'on observe depuis le début de la crise iranienne, vous
09:00avez plutôt envie d'imaginer que ce sont des tendances qui pourraient se remettre en
09:05place si on était dans ce scénario central d'un conflit à durée limitée de quelques
09:11semaines, cinq, six semaines, nous disent les stratégistes, au-delà on change peut-être
09:15effectivement d'histoire.
09:17Mais tant qu'on reste dans cette histoire, on a envie de protéger, entre guillemets,
09:22ces positions de diversification en dehors des États-Unis, par exemple, Gustavo ?
09:27– Oui, ce n'est pas évident, c'est vrai qu'en tout cas nous, dans nos gestions, on
09:30a quand même bougé un peu pour essayer de réduire un petit peu, pas simplement la
09:35voilure, mais aussi, on va dire, les thèmes trop cycliques, pour essayer de réduire un
09:42peu le risque.
09:43Ce qui me frappe, et on en discutera je pense aussi, mais ce qui est frappant, c'est que
09:47dans tous les discours, il y a quand même une idée de résilience de l'économie mondiale,
09:51et ça, ça reste très très fort, cette résilience, et cette idée-là, d'où elle
09:55vient en fait, elle ne vient pas que de la nature du choc, elle vient de l'expérience
09:59que nous avons tous eue collectivement sur les marchés depuis 2020, je dirais depuis
10:02le Covid, et peut-être même avant, on a vu déjà des chocs tellement importants,
10:07tellement puissants, tellement forts sur l'économie internationale, le Covid, la guerre,
10:11les chocs, l'inflation, et tout ça avec une économie mondiale qui finalement traverse
10:16tout ça, sans trop de dégâts, des marchés financiers eux-mêmes qui ont continué à
10:23faire très bien, ce qui était logique avec le fait que l'économie mondiale était
10:25assez solide, et donc il y a une croyance quand même, je pense, qui est bien établie
10:29maintenant, d'une résilience de l'économie mondiale.
10:32Alors on comprend pourquoi on arrive à cette conclusion, mais notre impression, c'est
10:37que c'est aussi une fragilité, parce qu'on sait que les croyances, quand elles sont
10:39renversées, c'est souvent plus violent.
10:42Disons que si tout d'un coup, il y avait vraiment ces croyances très fortes d'une
10:46résilience disparaît, ça peut devenir...
10:49Quelque chose d'un peu indestructible, quoi.
10:50Voilà, exactement.
10:51Et ça, ce sont des croyances qui sont un peu fragilisées, mais encore une fois, comme
10:55je le disais au départ, si la guerre s'arrête demain, forcément, le scénario de résilience
11:00les semble le plus probable.
11:01Bon, faut-il encore définir ce que serait un arrêt de la guerre ? Est-ce que c'est un
11:05message
11:05de Donald Trump sur son réseau social qui nous dit que les États-Unis arrêtent
11:09la guerre ? Et qu'est-ce que ça implique dans la région ? Est-ce que le conflit s
11:12'arrête ?
11:12Est-ce que le détroit d'Hormuz redevient praticable pour tout le monde dans la seconde ? Ou
11:17est-ce que les choses sont plus graduelles et plus compliquées ? Effectivement, cette
11:22idée de résilience, Adrien, elle est encore justifiée, justifiable ? C'est vrai que
11:30des chocs de disruption, de chaînes de valeurs, on en a connu entre le Covid et la guerre
11:36en Ukraine. Est-ce que les entreprises ont acquis de l'agilité qui leur permet d'encaisser
11:41un choc comme celui qui est en train de se dérouler sous nos yeux ? Ou est-ce que c
11:44'est
11:44le choc de trop ?
11:45C'est une bonne question. Est-ce qu'elles sont agiles ? Oui, on nous l'a montré,
11:48effectivement. Là, le choc, il est de nature quand même un peu fort et sur un sujet énergétique
11:53et quand même aussi un sujet de compétitivité. Donc, je pense qu'il est peut-être un peu
11:56plus durable où ils posent plus de questions sur la nature des investissements. Imaginez une entreprise
12:00européenne qui est en train de créer une capacité de production en Europe. Elle vient de voir son coût énergétique
12:03lourdement augmenter, être beaucoup moins compétitif que d'autres zones géographiques.
12:07Donc, je pense qu'il y a un petit sujet quand même de réflexion sur la vague d'investissement
12:12qui est très lourde. Quand on parle de la croissance mondiale, cette année, la contribution
12:18de la partie investissement, on le voit au reshuring aux Etats-Unis, on le voit les plans
12:21d'investissement en infrastructures en Allemagne et dans plein d'autres pays, sont importants.
12:26Donc, ce moment de confiance et de visibilité sur les investissements que je suis en train
12:30de faire, je pense que c'est un élément important. Donc, moi, plutôt que de résilience,
12:33je trouve que le marché reste encore très complaisant. Parce qu'effectivement, je pense
12:37que l'idée que la guerre s'arrête rapidement et qu'il n'y ait pas de séquelles un peu
12:40plus durable sur la situation au Moyen-Orient me semble un peu complexe. Je pense, ayant
12:43en tête quand même que la majorité des pays du Moyen-Orient n'ont pas très bien
12:46apprécié le fait que les Etats-Unis n'étaient pas vraiment à leur côté pour les défendre.
12:49On l'a bien entendu de la part de l'Arabie Saoudite. Il y a quelques autres pays qui ont
12:52quand
12:52même manifesté cette idée que, bah oui, militairement, les Etats-Unis n'étaient pas vraiment
12:55totalement à leur côté. Et puis, j'allais dire, le cas moyen terme d'Israël est peut-être un peu
13:00différent. En tout cas, l'agenda semble un peu différent de celui des Etats-Unis. Donc,
13:06dit autrement, est-ce que si demain les Etats-Unis essayent de sortir du conflit, on a un pétrole
13:11qui redescend déjà à 60 ou 70 dollars ? Moi, j'ai un peu de mal à y croire. Et
13:14donc, je pense
13:14quand même qu'on a effectivement un sué d'inflation un peu plus durable. Il y aura forcément une forme
13:18d'hystérèse dans cette crise. Enfin, une persistance quand même, y compris à travers les cours
13:23du pétrole, quand bien même la tension retomberait franchement. Oui, je pense. Et puis, ça remet
13:28autour de la table d'autres sujets, d'autres priorités. On a parlé beaucoup de souveraineté
13:31militaire. Est-ce que la souveraineté énergétique redevient un autre sujet ? Donc, on rebalance
13:35aussi nos enveloppes d'investissement. On les redéploie différemment. Ça crée forcément
13:38un peu d'atteignement dans certains secteurs. Oui, comme vous le disiez, entre les lignes,
13:41oui, c'est une piqûre de rappel que l'enjeu d'indépendance énergétique de l'Europe et de
13:46souveraineté énergétique est loin d'être réglé. Quand bien même certains ajustements
13:50ont déjà eu lieu depuis la crise ukrainienne. D'ailleurs, l'affaire nous montre que le pivot
13:56vers le gaz ne peut être qu'une solution temporaire, désolé du terme, mais n'est
14:01pas une solution structurelle. Oui, tout à fait. Vous l'avez entendu dans la bouche
14:04de Ursula von der Leyen en reposant la question du nucléaire. Vous l'avez entendu de la part
14:07du Premier ministre belge parler de « est-ce qu'il faut rediscuter avec les Russes ? ». Vous
14:11le voyez côté italien où il y a une très très forte dépendance au gaz venant du
14:14Qatar et donc avec un vrai sujet d'autonomie. Donc oui, je pense que ce sujet, il est là
14:18clairement de nouveau sur la table et va nous poser quelques questions en termes de priorité
14:21d'investissement. Le plan d'infrastructure allemand, traité finalement très peu
14:24du sujet énergétique. Il y a certainement là aussi un enjeu de réallocation, en tout
14:28cas des décisions fortes à prendre sur le sujet énergétique.
14:31Laurent, on parlera en fin d'émission avec Marc-Olivier Strauss-Kahn de polycrise, de
14:35permacrise. Est-ce qu'effectivement dans ce contexte où les crises se succèdent, est-ce
14:40que nos systèmes, nos économies peuvent afficher une résilience presque structurelle
14:47ou est-ce que à force d'accumuler des chocs, Covid, guerre en Ukraine, risque de
14:52disruption autour de l'IA que je classe aussi dans la catégorie des chocs, guerre
14:59tarifaire, bien sûr. Est-ce qu'à un moment, phénomène de la goutte d'eau, quoi ? Pour
15:04les marchés, j'entends.
15:05C'est une excellente question. On se la pose. Alors, on constate quand même que la
15:12résilience, elle est là, et pas depuis 5 ans, elle est là depuis 15 ans. C'est-à-dire
15:16que quand vous regardez la croissance mondiale en moyenne depuis 15 ans, il y a très peu
15:21de variation d'une année sur l'autre, depuis la grande crise financière. Donc, il y a
15:28structurellement... Alors, est-ce que c'est lié au vieillissement de la population en particulier
15:31? Ou on a aussi des dépenses publiques partout dans le monde qui augmentent, c'est-à-dire
15:36des dépenses de retraite qui augmentent. Et donc, on a un socle de dépenses, puisque
15:42les dépenses des uns sont les recettes des autres qui font les dépenses. On a un socle
15:46de dépenses qui bouge très peu. On a également une économie, c'est mon analyse, qui est de
15:54plus en plus tournée vers les services et qui sont, eux, beaucoup plus résilients que
16:00l'industrie. On voyait, il y a 20-25 ans, une crise économique, c'est avant tout une crise
16:07de l'industrie qui se déclenche et qui se propage aux services. Et les services endogènes,
16:15parce que dans les services, vous avez de l'éducation, vous avez de la santé, essentiellement de l'éducation
16:19et de la santé, et ça, c'est pareil, ce sont des paquebots.
16:21Tous ces secteurs qui, jusqu'à peu encore, créent des emplois aux Etats-Unis, par exemple.
16:25Créent des emplois aux Etats-Unis et qui sont financés par de l'argent public. Donc, ça pose
16:30après la question de la soutenabilité des Etats-Unis. C'est un autre, enfin non, c'est le même sujet,
16:35c'est l'autre face. Donc, effectivement, on est dans cette résilience. On constate quand même
16:42que, dernier trimestre 2025, premier trimestre, le premier mois de 2026, les chiffres économiques
16:50étaient bons.
16:51Ah, mais on partait bien.
16:52On partait bien, on partait très bien en Europe. On a notre prisme français qui est toujours un petit
16:57peu pessimiste, mais en Europe, on partait très bien. Aux Etats-Unis, ça ralentissait
17:02a priori, mais ça restait quand même, on restait sur une tendance assez ferme. Donc,
17:09si cette crise en Iran se règle, à mon avis, la reprise économique, elle va peut-être être
17:19un petit peu décalée ou un petit peu plus molle que ce qu'on prévoyait, mais on a des raisons
17:27d'être optimistes.
17:27Ça reste la dynamique.
17:28Ça reste la dynamique. En revanche, là où je suis beaucoup plus dubitatif sur ce que
17:34le price le marché, c'est qu'aujourd'hui, il price le scénario du mieux. Qui peut affirmer
17:41que demain, dans une stratégie kamikaze, les Iraniens se disant, perdu pour perdu, on va
17:47aller bombarder les champs de pétrole un peu en Arabie saoudite, au Koweït, en Irak,
17:53où on aurait durablement des capacités de production qui seraient détruites. Ce n'est
17:58pas un scénario qu'on peut exclure a priori. Et là, oui, la résilience des marchés,
18:03elle va être testée et ça va être compliqué parce que ce seront des changements structurels,
18:09justement. Si le pétrole reste à... Je regardais en venant le contrat septembre-décembre,
18:16on est à peu près à 80 dollars. Sur le Brent, hein ? Sur le Brent. Donc 20 dollars de
18:20moins
18:20qu'aujourd'hui. Si on reste à 80 dollars jusqu'à la fin de l'année et qu'à partir
18:24de la fin de l'année... Le monde peut vivre avec. Le monde peut vivre avec. D'accord.
18:26Les entreprises ont des marges. Voilà. Elles peuvent certainement absorber un peu le choc
18:34inflationniste avec leurs marges. Je ne pense pas qu'on aura une flambée inflationniste
18:37parce qu'elles ont plus de mal, certainement, à passer les hausses de coûts dans les prix
18:41parce qu'il y a moins de excess savings qu'on avait après le Covid. Il y a moins
18:47de dynamique salariale, des masses salariales. Mais les entreprises peuvent, en moyenne,
18:54c'est toujours pareil, on résonne en moyenne, peuvent certainement absorber une bonne partie.
18:59Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les EPS vont soit stagner, soit un peu baisser.
19:04Et dans tous les cas, ce que disait Gustavo tout à l'heure, 3% de baisse sur le S
19:09&P
19:10depuis le début du mois, ça me semble hallucinant.
19:14C'est juste hallucinant.
19:17Tout le monde se positionne pour le rallye d'après-guerre.
19:21Après, on peut se dire que si tout le monde s'est positionné pour le rallye d'après-guerre,
19:25il n'y aura pas de rallye après-guerre.
19:28Tout le monde va se regarder et se dire « t'achètes maintenant que je revende ».
19:30Non, je voudrais revendre aussi.
19:32Et l'un dans l'autre, vous dites qu'il y aura quand même des marques de cette crise.
19:37Ou dans les marges, ou dans les prix, mais quelque part.
19:41Il y aura des marques. Est-ce qu'elles seront durables ? Est-ce qu'elles seront profondes ?
19:45Tout dépendra de combien de temps toute cette histoire va durer.
19:48Est-ce qu'il y aura des conséquences durables et structurelles sur le marché ?
19:53Alors, il n'y a pas que le pétrole d'ailleurs.
19:55Ah non, tous les produits dérivés du pétrole, bien sûr.
19:57Tous les produits dérivés du pétrole.
19:58Les fertilisants, les gaz.
20:02Ah, les fermiers des Etats-Unis commencent à grogner parce qu'ils sont en train de commencer à planter.
20:06Ils disent que mes engrais ont augmenté de 30 ou 40 %.
20:09Mon fuel, pour mes tracteurs, il a augmenté, il a doublé, quasiment.
20:13Enfin, pas tout à fait.
20:15Donc oui, il va y avoir des stigmates.
20:18Plus ou moins profonds, tout dépendra.
20:20Combien de temps ça dure ?
20:21Et quelles seront les conséquences structurelles ?
20:23Et peut-être que ces stigmates dépendront aussi de la manière dont les banques centrales gèrent la situation.
20:29Le marché est assez vite convaincu, Laurent, que la situation, ne serait-ce qu'au bout de trois semaines,
20:35appellera à une forme de réponse de politique monétaire.
20:38Soit en annulant ou en reportant des baisses de taux, soit en engageant peut-être,
20:42contre toute attente, ou en tout cas contre ce que certains imaginaient encore il y a quelques semaines,
20:47en engageant un mouvement de resserrement monétaire.
20:50On est dans une semaine cruciale sur les banques centrales.
20:54La Fed, la BCE ne sont pas vraiment exprimés sur ce qui s'est passé jusqu'à présent.
20:58La BCE, on a entendu ceux qu'on devait entendre.
21:02Voilà.
21:02Ceux qui veulent monter les taux au niveau.
21:04La Fed beaucoup moins, je suis d'accord.
21:08Le paradoxe, l'ironie de la chose, c'est que Trump veut que la Fed baisse ses taux.
21:12S'il n'avait pas déclenché le bousin, la Fed avait probablement une fenêtre pour baisser ses taux.
21:18Parce que l'économie ralentit, parce que le...
21:22Ce que je vais regarder très attentivement demain, la Fed,
21:27bon, ils ne vont pas bouger, est-ce qu'il va y avoir des dissidents ?
21:31Ça va être très intéressant de voir si Miran est encore dissident ou pas.
21:34Pour 50 points ?
21:35Non, non, même pour un changé.
21:39Même pour dire un changé, il y a 15 jours, Waller ne bougera pas.
21:45Waller a déjà dit pas de dissidents.
21:48Miran, il y a 15 jours, a dit « je ne sais pas si je vais être dissident ».
21:53Donc ça, c'est déjà un message.
21:55Ça veut dire quoi ?
21:56Ça veut dire que la Fed sera en pause pendant au moins 2-3 mois,
21:59le temps que la poussière retombe, qu'on en sache un petit peu plus.
22:03Pour la BCE, ça va être très intéressant.
22:05J'espère qu'on ne va pas avoir une conférence de presse lénifiante
22:10comme on peut avoir d'habitude.
22:12Et qu'en fait, ce qu'on attend des banques centrales dans des situations comme ça,
22:16à mon avis, c'est pas qu'ils donnent des directions de taux,
22:20dire « on va monter, on va baisser, on va faire ça »,
22:22c'est de donner des... qu'est-ce qu'on regarde ?
22:24Donner des encres.
22:26Décrire la fonction de réaction.
22:27Qu'est-ce qui peut nous faire réagir ?
22:29Quand les marchés sont dans l'incertitude,
22:31c'est là que les marchés peuvent partir un peu en cacahuètes.
22:36On attend un ancrage des BCE, des banques centrales.
22:39On n'attend pas de décision, évidemment, de la part de la Fed,
22:42de la BCE, ni même de la Banque d'Angleterre.
22:45Cette semaine, Gustavo, dans les messages et les communications,
22:49qu'est-ce qu'on peut imaginer ?
22:52Et qu'est-ce qui conviendrait à la situation actuelle ?
22:54Pas forcément exactement le même message de la Fed et de la BCE.
22:58Pour la Banque centrale européenne,
23:00c'est intéressant d'abord ce qui se passe sur les anticipations de marché,
23:03puisqu'autant la Fed, les anticipations maintenant,
23:05c'est effectivement un statut co-prolongé,
23:07et on déprice les baisses de taux,
23:10autant pour la BCE, c'est quand même des hausses de taux
23:12qui sont pricées aujourd'hui, une ou deux, dès cette année.
23:15Donc le marché a été quand même très très vite,
23:17ce qui montre qu'il y avait une fragilité au départ
23:19dans la position de la Banque centrale européenne,
23:22puisque quelque part, la Banque centrale européenne
23:23était dans un endroit où elle est à l'aise,
23:27elle est bien là où elle était,
23:29mais le prochain mouvement, c'était la hausse.
23:31C'était ça un peu ce qu'ils communiquaient.
23:32C'était déjà le débat très gardien.
23:35Voilà, donc il faut imaginer que maintenant,
23:36évidemment, ça ne fait que renforcer,
23:38et donc le débat va être vraiment très très difficile
23:41au sein de la BCE.
23:43Mais on voit très très vite,
23:44étant donné que le mandat unique de la BCE,
23:46c'est bien l'inflation,
23:46et que là, forcément, on ne peut imaginer
23:48que l'inflation accélérée.
23:50Donc ils vont avoir un discours,
23:51on imagine un discours assez rigoureux,
23:55on va dire, au quiche,
23:58pour la BCE,
24:00tout en rappelant qu'on va regarder
24:02les effets de second tour, etc.
24:04C'est ça qui compte,
24:05les anticipations d'inflation.
24:07Donc ça va être ce discours-là,
24:09mais forcément un discours qui va être un peu
24:11assez strict.
24:12Tout dépendra précisément de la résilience.
24:14Si l'économie, finalement, tient bien,
24:17alors oui, c'est vrai que la probabilité
24:18de hausse de taux devient assez élevée, quand même.
24:21Et par contre, il faudrait vraiment
24:23que les chiffres se détériorent beaucoup
24:25pour que la BCE hésite un peu, malgré tout.
24:28Donc on va voir,
24:29mais ça, c'est quand même quelque chose
24:30qui fragilise un peu le marché européen,
24:33on pense.
24:35Du côté de la Fed,
24:36c'est un petit peu différent,
24:37parce que le point de départ était différent.
24:39Ils étaient dans un mouvement baissier,
24:41avec un marché du travail qui ralentit,
24:43une inflation, effectivement,
24:44qui était déjà un petit peu au-dessus,
24:45mais bon an, mal an,
24:47très proche de la cible.
24:49Si c'est considéré, là aussi,
24:50comme un choc plutôt négatif
24:51pour la croissance,
24:54bon, ils vont être aussi embêtés,
24:55mais au moins une hausse de taux
24:58semble complètement exclue
24:59de la part de la Fed
25:02à horizon visite.
25:03Donc ce n'est pas exactement
25:03la même dynamique.
25:05Ce qui est vrai,
25:05c'est qu'un des points forts,
25:08un des piliers du bull market précédent,
25:10qui était le pout des banques centrales,
25:12ça s'est énormément éloigné,
25:14on va dire.
25:15Et ça va s'affragiliser également.
25:17Et ça fait partie des raisons
25:17pour lesquelles,
25:18tout en acceptant que ça peut aller très vite,
25:20que malheureusement,
25:21il va falloir racheter aussi vite
25:22qu'on a voulu,
25:24on a quand même plutôt eu tendance
25:25à sécuriser les portefeuilles,
25:27à se neutraliser un peu.
25:28Et l'Europe, vous le disiez,
25:29sur le plan énergétique,
25:31sur le plan monétaire,
25:32pourrait perdre un peu
25:34des avantages
25:34qu'elle commençait à regagner
25:36d'une certaine manière.
25:37Et c'est vrai qu'on voyait des flux
25:39revenir quand même sur l'Europe.
25:39Un mot des émergents,
25:40je crois qu'il y a la Banque Centrale du Brésil
25:42peut-être cette semaine,
25:43si je ne dis pas de bétine,
25:44enfin bon, bref.
25:44La situation des émergents,
25:47est-ce que là aussi,
25:48avec notamment une bonne partie de l'Asie
25:50très consommatrice d'énergie
25:51à travers le trafic d'Hormuz,
25:54est-ce que ça change l'histoire ?
25:57Pour beaucoup d'émergents,
25:58c'est quand même très très délicat.
25:59Je pense à l'Inde,
26:01le Vietnam avait déjà des difficultés,
26:03il avait dû demander de l'aide
26:05à des voisins
26:05pour s'alimenter en pétrole.
26:08Donc, ce sont des pays
26:09qui sont beaucoup plus fragiles
26:10et sensibles à ces questions énergétiques.
26:12Et donc, oui,
26:13je pense que pour beaucoup d'émergents,
26:14c'est probablement difficile.
26:16Après, il faut faire attention
26:16quand on parle du MSI émergent.
26:19Bon, il y a la Chine
26:19qui a sa propre histoire.
26:21La Corée,
26:21ce n'est pas un pays émergent.
26:23Et Taïwan,
26:24encore plus difficile à placer là-dedans,
26:26mais pas un pays émergent a priori.
26:27Donc, en fait,
26:28c'est un ensemble assez hétéroclite,
26:31mais il y a des exportateurs dedans d'énergie.
26:35Pour eux, c'est un peu moins mauvais.
26:36Mais je pense typiquement à l'Inde,
26:38encore une fois,
26:39c'est assez mauvais.
26:39Pour l'Indonésie,
26:40même si c'est un pays
26:41qui produit du pétrole,
26:43c'est vraiment difficile
26:43pour ces pays-là.
26:44Et dès qu'ils ont une inflation
26:46pas très ancrée,
26:48très vite,
26:49ça complique beaucoup
26:50le travail des banques centrales.
26:52Oui.
26:52Bon, je passe sur l'Europe,
26:54la BCE, effectivement.
26:55Enfin, bon,
26:56je crois que tous autour de la table,
26:57où vous avez vécu 2007-2008,
26:59juillet 2008,
27:01on a déjà refait toute l'histoire
27:02cette semaine
27:03avec d'autres invités.
27:05Non, mais on se dit
27:07que deux hausses de taux,
27:09certains appelant
27:10à des meetings ouverts
27:11dès avril-juin
27:13pour la Banque Centrale Européenne,
27:15par l'instant,
27:15c'est de la parole verbale.
27:17Mais c'est vrai
27:18que le track record
27:19montre que la BCE
27:20n'est pas avare parfois
27:22d'une petite sortie
27:24de petite erreur.
27:26Non seulement,
27:26elle n'est pas avare,
27:27mais moi,
27:28je trouve que le contexte
27:28s'y prête un petit peu.
27:29Il y a deux raisons à ça.
27:30Elle est toujours dans la question
27:31de est-ce qu'elle doit dégainer
27:32avant la Banque Centrale Américaine
27:34et on attend toujours
27:35Kevin Warch,
27:35il sera là qu'en trois mois.
27:37On ne sait pas,
27:38malgré tout ce qu'on connaît de lui,
27:39on ne sait pas non plus
27:40qu'elle va être sa priorité
27:41en termes de prise de fonction.
27:43Il y a un sujet
27:43un peu antagoniste
27:44avec M. Miran,
27:45qui est quand même, lui,
27:46l'architecte économique
27:47de Donald Trump
27:48et qui a vraiment l'envie
27:48de tirer plutôt
27:49les taux vers le bas.
27:51Là, je pense qu'il y a quand même
27:51un sujet qu'on attend
27:52et c'est difficile,
27:53je pense,
27:53en tant que banquier central européen
27:55de se dire
27:55comment je vais bouger
27:56avant de savoir
27:56comment ça va se positionner
27:57en face,
27:58premier élément.
27:59Et puis deux,
28:00moi, c'est quelque chose
28:00qui m'a marqué,
28:01mais on est quand même déjà
28:02dans la préparation
28:03de l'après-Christine Lagarde.
28:05Et dans la posture
28:05de certains banquiers centraux
28:07européens,
28:07il y a je veux me positionner.
28:09Et on entend beaucoup
28:10Isabelle Schnabel
28:10depuis un bout de temps
28:11avec son ton très au quiche.
28:12Je pense qu'on va
28:13beaucoup l'entendre là.
28:14Est-ce qu'elle sera
28:15la porte-parole
28:16de la banque centrale ?
28:17Compliqué de ne pas avoir
28:17de mandat, Schnabel.
28:18Non, mais bon,
28:20on sent bien que
28:21en tout cas,
28:21le sujet de qui sera
28:22le prochain banquier central
28:23en Europe
28:24et de l'influence
28:25de l'Allemagne
28:26versus l'influence
28:26de la France
28:27ou d'autres pays,
28:27à mon avis,
28:28est quand même
28:28un sujet pas neutre aussi.
28:30De nouveau,
28:30je pense que c'est un sujet
28:31sur lequel on va avoir
28:32des questions
28:32et ce ne sera pas simple
28:33de lire froidement
28:35ces moments de remplacement
28:36de postes
28:36peuvent aussi cristalliser
28:38ou durcir
28:39certaines positions.
28:40Exactement,
28:40et l'interprétation
28:41du coup,
28:41que les marchés
28:42peuvent en avoir
28:42parce que le sueur
28:43peut changer aussi
28:44un peu rapidement.
28:45Justement,
28:45sur les marchés émergents,
28:46je pense que Brésil
28:47et Chine
28:47sont quand même
28:47deux grands vaillants
28:48de la situation.
28:49Ça se voit d'ailleurs
28:50en termes de performance.
28:50Et dans les devises,
28:51je crois qu'il y a des devises.
28:53Il a quasiment pas subi
28:54le choc depuis trois semaines
28:56et le marché chinois
28:57performe plutôt bien
28:58avec d'autres moteurs.
29:00Mais pour nous,
29:01en tout cas,
29:01en termes d'allocation,
29:01c'est des pays
29:02sur lesquels
29:02on est resté plutôt bien investis
29:03en considérant
29:03qu'ils ont des histoires
29:04propres,
29:05assez intéressantes.
29:06Comment vous regardez
29:06dans la série des risques ?
29:08Alors évidemment,
29:08ce qui se passe
29:08dans les marchés
29:09de crédit privés
29:10aux Etats-Unis,
29:11c'est un sujet
29:12qu'on traite tous les jours
29:13dans cette émission.
29:14Mais je suis ravi
29:14d'avoir vos avis respectifs
29:16sur la situation.
29:18Jusqu'à présent,
29:19la ligne de défense
29:20étant de dire
29:21que ce qui se passe
29:21aux Etats-Unis,
29:22la structure de marché
29:23est très différente,
29:25beaucoup moins intermédiée
29:27par les banques,
29:28etc.
29:29La rétélisation
29:30est allée beaucoup plus vite.
29:32Néanmoins,
29:33on sait tous
29:33que quand un choc
29:35survient d'un côté
29:36de l'Atlantique,
29:37il a tendance
29:37à se propager
29:38à un moment ou à un autre
29:39de notre côté également.
29:40Toujours.
29:41Laurent, oui.
29:42Toujours.
29:42D'abord,
29:42ce n'est pas petit.
29:43Oui.
29:44Et l'une.
29:46Deux,
29:47c'est des choses
29:48qu'on a déjà entendues.
29:49En 2007,
29:49on entendait
29:50que dans les SOPRAM,
29:51il n'y a pas de problème,
29:53c'est des intermédiaires,
29:55c'est machin.
29:56Et c'était petit aussi
29:57pour rapport à la taille
29:57qui marchait au BNK ?
29:59A priori,
29:59c'était petit.
30:01Donc,
30:01pas de surprise.
30:02Les banques américaines,
30:04les grandes banques américaines
30:05disent,
30:05non,
30:05il n'y a pas de problème.
30:06Donc,
30:06on peut penser
30:07qu'ils ont certains portefeuilles
30:09et ils veulent s'en débarrasser
30:10avant de reconnaître
30:11qu'il y a des problèmes.
30:12Ça aussi,
30:13c'est du extrêmement classique.
30:17Bon,
30:17c'est quand même
30:18assez frappant.
30:20C'est-à-dire que
30:21BlackRock
30:22qui dit,
30:23non,
30:23je ne peux pas
30:23vous rembourser
30:259% de mon fonds,
30:26je me limite à 5.
30:29ça dit une chose,
30:30c'est qu'il va peut-être
30:32falloir arrêter
30:32un jour
30:33de vendre
30:34des choses
30:34e-liquides
30:36en disant
30:37que c'est liquide.
30:38Ça,
30:38c'est la première chose.
30:39Crédit privé,
30:40ce n'est pas liquide.
30:43Et deuxièmement,
30:44c'est que
30:44les fonds
30:45ne sont pas dimensionnés
30:46pour assurer
30:48de la liquidité.
30:48Alors,
30:49est-ce que c'est juste
30:49une question
30:50d'équilibrage
30:50d'actifs passifs
30:52parce que
30:53le retail
30:54est plus fragile
30:55que des investisseurs
30:56institutionnels
30:56sur des produits
30:57effectivement
31:00plus sophistiqués,
31:00moins liquides,
31:01etc.
31:02Ou est-ce qu'il y a
31:02un vrai sujet
31:03sur la qualité
31:03aussi des sous-jacents ?
31:07Essentiellement,
31:07c'est la première,
31:09c'est-à-dire...
31:10Ce qui n'est pas
31:10un petit sujet pour autant.
31:11Ce n'est pas un petit sujet,
31:12ce n'est pas des produits
31:13qu'on vend
31:14à des particuliers.
31:15Enfin,
31:16voilà,
31:17c'est des choses,
31:17c'est des produits
31:18de professionnels,
31:19ce n'est pas des produits
31:20qu'on vend à des particuliers
31:21parce que les particuliers,
31:23même s'ils sont conseillés,
31:24alors des fois,
31:24ils sont plus ou moins
31:25bien conseillés,
31:29n'ont pas la capacité
31:30à appréhender
31:31le risque
31:31de ce genre de placement.
31:33En Europe,
31:33on est allé
31:34beaucoup moins vite
31:35et beaucoup moins loin
31:35que ce qui s'est passé
31:36aux Etats-Unis.
31:37J'ai entendu
31:38des portefeuilles
31:39de...
31:39Alors,
31:40on dit
31:40wealthy clients,
31:41des clients privés
31:42quand même
31:42avec un peu
31:43de surface financière
31:44qui se retrouvent
31:45avec des 20-40%
31:46de crédits privés
31:47ou d'actifs illiquides
31:48dans leurs allocations
31:49aujourd'hui.
31:50Mais là encore,
31:51c'est pas nouveau,
31:54c'est malheureux à dire,
31:55mais l'appât du gain,
31:58l'appât du rendement
32:01supplémentaire
32:02fait perdre de vue
32:03le risque.
32:04Et surtout,
32:05quand on vous dit...
32:06parce que c'est des choses
32:07qui prennent beaucoup de temps,
32:08c'est-à-dire qu'on vous dit
32:09une semaine,
32:09non,
32:09il n'y a pas de risque,
32:10deux semaines,
32:10trois semaines,
32:11six mois,
32:11regarde,
32:12il n'y a pas de risque,
32:12un an,
32:13non,
32:13regarde,
32:13il n'y a pas de risque,
32:14deux ans,
32:14il n'y a pas de risque,
32:15bon,
32:15je vais y aller.
32:15C'est toujours comme ça.
32:18C'est toujours comme ça.
32:19Donc,
32:20est-ce que...
32:21Alors,
32:22ça,
32:22c'est un signe.
32:24Moi,
32:24ce que j'en retire aussi,
32:26ça veut dire que,
32:26est-ce que...
32:27ça aura forcément,
32:28là aussi,
32:29des impacts sur le crédit en général
32:32par la disponibilité du crédit.
32:35On ne connaît pas encore,
32:37évidemment,
32:38l'étendue des dégâts,
32:40mais les petites banques,
32:42les banques américaines régionales,
32:44certaines grandes banques américaines
32:46vont être obligées
32:47de prendre des provisions,
32:48ça va diminuer leur capacité
32:50à distribuer du crédit.
32:52Dans un contexte
32:54où les États empruntent
32:56de plus en plus,
32:57les...
32:58Adrien en parlera tout à l'heure,
33:00les géants de l'IA
33:01empruntent de plus en plus
33:02où il y a une demande de capital
33:03qui augmente.
33:04Donc,
33:05c'est à minima
33:05un resserrement
33:06des conditions de crédit
33:08quand même
33:08pour l'ensemble des acteurs.
33:10Je pense aussi.
33:10Je pense aussi,
33:11à minima.
33:12Est-ce que ça va déclencher
33:12une crise ?
33:14Je ne sais pas.
33:15Mais en tout cas,
33:16oui,
33:16c'est aussi un signe,
33:18d'ailleurs.
33:19En général,
33:20c'est des canaries
33:21dans la mine.
33:21C'est des canaries
33:23dans la mine,
33:23ces trucs-là.
33:24Quand ça commence à arriver,
33:26on dit,
33:26il se passe...
33:26Peut-être qu'il ne se passe
33:28pas quelque chose
33:28que l'ici.
33:29Il y a peut-être
33:29quelque chose ailleurs.
33:31Tout le sujet étant,
33:31effectivement,
33:32est-ce que ça peut
33:33se résorber dans le temps
33:35ou est-ce qu'il y a
33:35un risque de contagion
33:36à travers d'autres
33:37marchés de crédit,
33:38liquides,
33:38aux Etats-Unis,
33:39puis en Europe,
33:40etc.
33:40Mais ça,
33:41on ne le sait qu'après.
33:42Ah bah non !
33:43On sera là
33:44pour vous le raconter.
33:45On ne le sait qu'après.
33:47Ah bah oui,
33:48mais c'est vrai,
33:48il y avait le crédit privé,
33:49on a oublié.
33:50Si ça arrive.
33:51D'ailleurs,
33:51comment les marchés de crédit
33:53se sont écartés
33:54dans cette phase
33:55de stress,
33:56de crise iranienne ?
33:57On parlait des actions
33:58avec un S&P
33:59qui est à moins de 5%
34:00de ses sommets historiques.
34:01Sur le crédit,
34:02comment est-ce que les choses
34:03ont pu se développer,
34:04Gustavo ?
34:05Alors,
34:05par exemple,
34:06sur le crédit américain,
34:07il y a des choses,
34:08évidemment,
34:08par exemple,
34:09le parti pétrolière
34:10est importante,
34:11notamment dans le high yield.
34:12Ça avait fait très mal
34:13en 2014-2015.
34:14Bon bah là,
34:15évidemment,
34:15c'est super pour eux.
34:17Donc,
34:17en termes de cash flow,
34:18c'est fantastique.
34:19Du coup,
34:19le crédit ne s'écarte pas
34:20globalement,
34:20mais on sait qu'il y a
34:21des morceaux
34:22qui sont en grande souffrance.
34:23Les softwares,
34:24la partie logicielle
34:25est en souffrance
34:26depuis déjà maintenant
34:26plusieurs mois maintenant.
34:28Donc,
34:29oui,
34:29c'est vraiment,
34:30il y a des...
34:30Encore une fois,
34:31quand on prend les ensembles,
34:33on a l'impression
34:34qu'il ne se passe pas grand-chose
34:34mais à l'intérieur,
34:35il y a quand même
34:36des rotations
34:36et des changements
34:38relatifs très importants
34:39et c'est le cas
34:39notamment dans le high yield.
34:41La situation
34:42qu'on vient de décrire
34:43avec Laurent
34:43sur la partie privée,
34:45ça amène à réviser
34:47des positions
34:48ou des stratégies
34:49sur des marchés
34:49de crédits liquides
34:51en l'occurrence,
34:52Gustavo ?
34:53Oui,
34:53alors,
34:53il se trouve que nous
34:54dans nos portreaux
34:54on ne fait pas du crédit
34:55parce que mélanger du crédit
34:57avec des actions,
34:58c'est...
34:58C'est boulevé un peu le risque.
34:59Exactement,
35:00on a l'impression
35:00que c'est super,
35:01c'est décorrélé
35:01puis au pire moment
35:02c'est corrélé
35:03donc on ne fait pas ça.
35:05Donc,
35:06c'est pour ça que le crédit
35:06on n'est pas directement investi
35:07par contre,
35:08c'est un indicateur intéressant
35:09de ce qui se passe
35:11dans les marchés
35:12donc on regarde ça
35:12avec attention
35:13sur la partie
35:14de la question
35:14de la liquidité.
35:15Bon,
35:15j'ai passé ma carrière
35:16à gérer des fonds
35:17d'actifs liquides
35:18on ne nous parle plus
35:19depuis quelques années
35:20parce que tout le monde
35:21veut des actifs privés
35:22on dit oui,
35:22non,
35:22c'est très bien
35:23mais la liquidité
35:24c'est sympa
35:27de temps en temps
35:28voilà,
35:28oui,
35:28c'est sympa
35:29de temps en temps
35:30donc,
35:31voilà,
35:31j'ai un conflit d'intérêts
35:32donc je...
35:34mais bon,
35:35j'investis pas
35:35dans les actifs privés
35:36même pas à titre privé
35:37d'ailleurs
35:39mais bon,
35:39ça c'est...
35:40il faut être aussi à l'aise
35:41effectivement
35:41avec le fait
35:42que c'est pricé
35:42tous les jours
35:43et que c'est plus volatil
35:44en apparence
35:46donc c'est ça
35:46la chose
35:48ces questions de liquidité
35:49on les regarde de près
35:50pour l'instant
35:50sur le crédit
35:51il n'y a pas
35:51on voit pas trop de problèmes
35:54énormes
35:54enfin
35:56la dette privée
35:57alors j'ai pas les chiffres
35:58mais la partie
35:58qui est détenue
35:59par le retail
36:01et ces restes
36:01quelques centaines de milliards
36:02par rapport à un marché
36:03de 2 trillions aujourd'hui
36:04c'est plutôt
36:05les assureurs
36:06bon,
36:06normalement
36:07des institutionnels
36:08qui sont capables
36:09de tenir ces positions
36:10donc c'est pas...
36:12bon,
36:12pas en l'instant en tout cas
36:13mais bon,
36:14évidemment
36:15j'ai vécu aussi
36:16la 2007-2008
36:17tout ça
36:18oui, oui
36:18puis on a compris
36:18des liens incestueux
36:20où c'était formé
36:21entre des gérants d'actrices
36:23très privés
36:23et des assureurs
36:25les uns ayant racheté
36:26les autres
36:26ou vice-versa
36:27dans le siège
36:28de la crise financière
36:28donc on est très prudents
36:29mais bon,
36:30en l'instant en tout cas
36:30ça ressemble effectivement
36:31plutôt circonscrit
36:32mais ça ne veut pas dire
36:33qu'il n'y a pas des endroits
36:34qui souffrent beaucoup
36:34et encore une fois
36:35la partie logicielle
36:36se trouve dans les deux
36:37et là
36:38ça fait partie
36:39des contaminations
36:40un peu du moment
36:41D'ailleurs
36:42ça va nous amener
36:43à parler de Nvidia
36:43ça c'est...
36:44enfin
36:45ces deux semaines et demie
36:47de guerre du Golfe
36:48ou de crise iranienne
36:50ont un peu atténué
36:51la pression
36:52qu'il y avait
36:53sur cette idée
36:54de Sasmageddon
36:55on était très focus
36:56sur
36:57AI Winners
36:58AI Losers
36:59il y a trois semaines
37:00le thème est toujours là
37:01on va en discuter
37:02avec Nvidia
37:03mais en termes de réaction
37:04de marché
37:06le marché est un peu
37:07sur autre chose
37:08en ce moment
37:08pour dire
37:09oui et puis
37:10cherchant plutôt
37:10de la qualité
37:11de la visibilité
37:11ou du cash flow
37:12on se dit
37:12bon finalement
37:13l'actif de software
37:14maintenant qui s'est
37:14un peu déprécié
37:15finalement ça peut être
37:16un endroit pour se cacher
37:16un peu
37:16c'est un endroit pour se cacher
37:18un peu
37:19est-ce que fondamentalement
37:19c'est en train de changer
37:20le rythme de distribution
37:21je ne pense pas
37:21effectivement pour revenir
37:22à Nvidia
37:23parmi les annonces
37:24on voit clairement
37:25que la capacité
37:26des entreprises
37:27à créer leur propre
37:28vous pouvez les appeler
37:29comme vous voulez
37:30agent, power, automate
37:31tout ce qui permet
37:32d'automatiser
37:32des tâches du quotidien
37:33est en train de prendre
37:34un virage rapide
37:35et surtout Nvidia
37:36maintenant le propose
37:37en mode open source
37:38donc avec un coût marginal
37:39qui commence vraiment
37:40à baisser
37:41donc je ne pense pas
37:42que ça change
37:42la rhétorique
37:43autour du sujet
37:44du software
37:44je pense qu'effectivement
37:45c'est un des gros sujets
37:46quand même sur la qualité
37:46de l'actif
37:47pour revenir juste deux secondes
37:48sur la dette privée
37:49et sur parité equity
37:49il y a des portefeuilles
37:50dont 20-25%
37:52qui sont vraiment exposés
37:52à ce secteur
37:54et des petites boîtes
37:54c'est-à-dire
37:55quand vous voyez
37:55des sales force
37:56etc.
37:57qui ont vu leur cours de bourse
38:01penser à des petites boîtes
38:02de software
38:03qui font quelques dizaines
38:04de millions
38:04ou une centaine de millions
38:05de dollars d'ebit
38:06qui n'ont pas la capacité
38:07à se défendre
38:07en termes de R&D
38:08d'innovation
38:09par rapport à ces innovations
38:09clairement
38:12pour nous en tout cas
38:13le secteur du software
38:14reste un vrai sujet
38:15à risque et de disruption
38:16effectivement
38:16les plus grands
38:18ont peut-être plus de temps
38:19plus de moyens
38:19pour se défendre
38:20mais souvent dans le software
38:21quand la disruption arrive
38:22ou l'innovation arrive
38:24les legacy
38:26les entreprises existantes
38:27sur l'industrie
38:28souffrent longuement
38:29avant de pouvoir
38:29retrouver un peu
38:30de dynamique de croissance
38:31ou d'innovation
38:31donc l'innovation
38:33vient vraiment
38:33par des nouveaux modèles
38:34ou par la disruption
38:36oui
38:37l'événement d'NVIDIA
38:38il a plusieurs enseignements
38:40le premier
38:41c'est qu'NVIDIA
38:41étend vraiment
38:43son métier
38:44c'est-à-dire qu'on n'est plus
38:45que dans le hardware
38:46on fait autre chose
38:47Jensen Wang
38:48parle de ses 5 couches
38:49de l'IA
38:49il vise à minima
38:51à en couvrir 4
38:51donc évidemment
38:53les puces
38:53avec une nouvelle innovation
38:54la Vera Rubin
38:56on en a parlé
38:56depuis un petit bout de temps
38:57donc ça c'est vraiment
38:58le GPU
39:00la Rolls Royce
39:01de la puce
39:01c'est la puissance
39:02de calcul pur
39:03pour entraîner les modèles
39:04exactement
39:04entraîner les modèles
39:05et faire du codage
39:06vraiment net plus ultra
39:07ils ont sorti aussi
39:08une puce inference
39:09donc LPU
39:10nouvelle technologie
39:11nouvelle technologie
39:12pardon
39:13donc Language Processing Unit
39:14qui est un peu
39:15entre ce que Google
39:16a réussi à sortir
39:17avec la TPU
39:18Tensor
39:18c'est aussi pour faire
39:19de l'inference
39:19avec un coût plus faible
39:20mais là vraiment
39:21avec une capacité
39:22de réaction très rapide
39:23donc pour faire simple
39:24c'est reproduire la même chose
39:26standardisée
39:27avec un coût très faible
39:28et une capacité de réponse
39:29très très importante
39:29c'est l'exécution des modèles
39:31exactement
39:31donc là
39:32oui par rapport
39:33au dernier développement
39:35notamment de Google
39:36et de toute la chaîne
39:37Broadcom
39:37c'est un nouveau concurrent
39:39donc sous l'impression
39:39de la concurrence
39:40Nvidia aussi se déplace
39:41sur la chaîne
39:42côté puce
39:43exactement
39:44Inference
39:44et pourquoi ?
39:45parce qu'ensuite
39:45ils vont proposer
39:46en fait
39:47toute une offre de services
39:48et d'accompagnement
39:49sur l'inference
39:50donc d'abord
39:50il y a l'infrastructure
39:51CUDA
39:51donc qui est vraiment
39:52la plateforme
39:53qui est mise à disposition
39:54des développeurs
39:54des entreprises de software
39:55pour venir développer leurs outils
39:57leur puissance de calcul
39:58ou leur logiciel
39:59directement sur la plateforme
40:00et puis après
40:00on rajoute d'autres couches
40:01donc c'est NemoClo
40:03pour la partie animation
40:04des agents
40:05donc à partir du moment
40:06où vous développez
40:06des agents
40:07c'est-à-dire des skills
40:08c'est-à-dire des outils
40:09qui vous permettent
40:09d'automatiser
40:10certaines de vos activités
40:11après il faut
40:12qu'il y ait un agent
40:13ultime
40:14qui contrôle
40:15supervise
40:15c'est-à-dire
40:17ce troupeau d'agents
40:19donc il faut un chien de berger
40:21ça c'est NemoClo
40:23et avec
40:23pour aller jusqu'au bout
40:24son propre LLM
40:25donc NemoTron
40:26dont on a entendu parler
40:27pour la première fois hier
40:28et qui visiblement
40:30quand on le positionne
40:31par rapport
40:31au dernier LLM
40:33serait à peu près
40:34au même niveau
40:34que le dernier
40:35Gemini
40:36et donc par ridicule
40:37un peu en dessous de cloud
40:38mais vraiment aussi
40:38très efficace
40:39donc voilà
40:40en fait Nvidia
40:40vient avec une solution
40:41complète
40:42un stack complet
40:42un open source
40:43donc qui
40:44c'est pas nouveau
40:45je croyais peut-être
40:46déjà deux ou trois ans
40:46avec vous Adrien
40:47mais c'est une boîte
40:48qui va changer de statut
40:49qui va devenir
40:50une grande plateforme
40:52capable
40:52de répondre
40:54au moins
40:55à quatre
40:56des cinq grands besoins
40:57autant de dire
40:57et pas uniquement
40:58sur la partie hard
40:59oui parce qu'ils savent
41:00que la marge
41:01qui est faite sur le hardware
41:02et le rythme
41:03des négociations technologiques
41:04c'est un sujet
41:04qui met en risque
41:06le cash flow
41:07ou d'autres métriques financières
41:08rappelez-vous d'Apple
41:09qui pendant
41:10entre 2007 et 2010
41:11n'a fait quasiment
41:12que du hardware
41:12avant d'évoluer vraiment
41:14vers la monétisation
41:15de sa plateforme
41:15de ses outils
41:16pour devenir
41:17beaucoup plus
41:17qu'un fabricant
41:18ou un fournisseur
41:19de hardware
41:19parce que le modèle Nvidia
41:21effectivement
41:21serait en train de faire
41:22vers ça
41:23sur les four cases
41:23j'ai donné le chiffre
41:26de 1 milliard
41:27cumulé de vente
41:28il y a sur deux ans
41:30ça ne montre
41:31ni recul
41:32ni accélération
41:32en 2027
41:33c'est ce que je comprends
41:35après c'est hors chine
41:36de nouveau
41:36c'est hors chine
41:37c'est peut-être là aussi
41:38où l'hypothèse
41:38peut un petit peu changer
41:39et puis comme il y a
41:40plein d'autres choses
41:41qui viennent à côté
41:41effectivement ça c'est du chiffre
41:42d'affaires supplémentaires
41:43et de la monétisation
41:44supplémentaire
41:44mais clairement
41:45plus que le cours
41:47d'Nvidia peut réagir
41:48favorablement
41:49c'est un nouveau
41:50pavé dans la marde
41:50quand même
41:51de beaucoup de concurrents
41:52dont on pensait
41:52que leur écosystème
41:53était en train de changer
41:54je pense à Microsoft
41:55qui a fait un gros pas
41:56en avant
41:57il y a une quinzaine
41:57de jours
41:58en proposant
41:58son orchestrateur
41:59c'est à dire
42:00d'être moins dépendant
42:01de ChatGPT
42:01pour intégrer
42:02Cloud dans sa solution
42:03voilà typiquement
42:04en fait on a
42:05la même chose
42:06mais avec
42:07un nombre
42:08plus large
42:09de modèles
42:09et une capacité
42:10d'innovation
42:11qui semble plus forte
42:12avec Nemo Cloud
42:12donc voilà
42:13c'est la poursuite
42:15de l'innovation
42:16c'est très visible
42:17et on a 4-5 grands groupes
42:18qui ont décidé
42:19de se faire la course
42:21un des messages
42:21quand même
42:22c'est que là
42:22les Etats-Unis
42:23prennent quand même
42:24un pas d'avance
42:24vis-à-vis de l'écosystème chinois
42:25on avait beaucoup évoqué
42:27ensemble
42:27l'idée que la Chine
42:28essaie de rattraper
42:28progressivement la Chine
42:30les Etats-Unis
42:30sur le hardware
42:31ils sont en retard
42:32sur les LLM
42:33et sur les modèles
42:33ils semblaient
42:34commencer à rattraper
42:35un peu du retard
42:35là je pense
42:37qu'il y a
42:37un petit décalage
42:38de nouveau
42:38on conserve quand même
42:40un statut
42:40un peu de refuge
42:41dans un monde
42:42de polycrise
42:43ou de permacrise
42:44regardez les multiples
42:45de valorisation
42:46je trouve qu'ils sont
42:46toujours très attractifs
42:48Nvidia c'est pas très cher
42:49Microsoft et Google
42:50peuvent être un peu
42:51tensés sur certaines technologies
42:52mais dans l'ensemble
42:52c'est des modèles
42:53qui restent très générateurs
42:54de cash
42:54avec des multiples
42:55à moins de 25 fois
42:56pour les 3 titres
42:57que j'ai mentionnés
42:57je pense que ça permet
42:58de se mettre un peu à l'abri
42:59Gustavo effectivement
43:00dans des moments
43:01un peu troubles
43:01c'est vrai que la tech
43:02américaine baissait
43:03depuis octobre
43:04est-ce que
43:05dans ces moments
43:06un peu de crise
43:07est-ce qu'on a envie
43:08de retourner
43:09peut-être
43:10reconstruire
43:11ou remettre
43:11en position
43:12de la tech américaine
43:15oui
43:16c'est toujours un thème
43:17que nous avons
43:17dans les portefeuilles
43:18sur la chaîne
43:20plus largement
43:21la chaîne de valeur
43:21de l'IA
43:22même si c'est vrai
43:23que tous les différents
43:24morceaux de la chaîne
43:24ne sont pas du tout
43:25comportés
43:25de la même manière
43:26il y a eu
43:26énormément de divergences
43:30mais on essaie toujours
43:31de rester sur ce thème
43:32très diversifié
43:33ça reste un thème
43:35qui nous semble porteur
43:37voilà
43:37donc nous on n'a pas
43:38bougé
43:39ces types de thèmes
43:40en revanche
43:41on avait d'autres thèmes
43:42plus cycliques
43:42plus industrielles
43:44les financières
43:46européennes
43:47notamment
43:47et japonaises
43:48tous ces thèmes là
43:49on les a plutôt
43:50réduits
43:51ils sont très chahutés
43:53par la situation
43:54et effectivement
43:56ce n'est pas des moments
43:57où on a envie
43:58d'avoir des portefeuilles
43:59trop tôt
43:59ça permet d'enlever
44:00la volatilité
44:01dans les portefeuilles
44:02j'imagine
44:03on s'arrêtera là
44:04pour ce soir
44:04merci beaucoup
44:05à vous trois
44:05d'avoir été les invités
44:06de Planète Marché
44:07Gustave Orenstein
44:08Dorval
44:08Asset Management
44:09Adrien Dumas
44:10Mandarine Gestion
44:10et Laurent Martin
44:12CIBTP France
44:23Le dernier quart d'heure
44:24de Smartbourg
44:24chaque soir
44:25c'est le quart d'heure
44:25thématique
44:26et le thème
44:27qui nous anime
44:27ce soir
44:28c'est celui
44:28de l'éducation financière
44:29nous sommes en pleine
44:30semaine de l'éducation financière
44:32et nous accueillons
44:33avec grand plaisir
44:34Marc-Olivier Strauss
44:35à mes côtés en plateau
44:36Marc-Olivier
44:36bonsoir
44:37bonsoir
44:37on s'était parlé
44:38déjà l'an dernier
44:40à la même époque
44:41je crois que vous étiez venu
44:42également avec Anthony Benhamou
44:44il y a de ça
44:45un an ou deux maintenant
44:46j'ai plus la date précise en tête
44:48votre co-auteur
44:49vous êtes enseignant
44:50vous êtes directeur général
44:51honoraire de la Banque de France
44:52je le rappelle
44:53Marc-Olivier
44:54et vous aviez publié
44:55vous avez publié
44:56aux éditions Ellipse
44:57ce livre avec Anthony Benhamou
44:59qui est professeur d'économie
45:00lui aussi
45:00on parie que vous allez aimer
45:02l'économie
45:03qui est un livre
45:04qui reste à jour
45:05j'imagine
45:06dans le contexte actuel
45:07Marc-Olivier
45:09on avait
45:10vous aviez développé
45:12l'an dernier
45:13le thème de la polycrise
45:15avec un parallèle
45:17une comparaison
45:18entre
45:19alors
45:19cette polycrise
45:20cette crise aux multiples facettes
45:21qu'on vit depuis le Covid
45:22et l'épisode
45:24de la grande crise financière
45:252007-2009
45:272007-2008
45:29où est-ce qu'on en est
45:30de cette polycrise
45:31qui continue peut-être
45:32de se développer
45:33et qui vient
45:34percuter également
45:36la nouvelle administration
45:37Trump
45:37entrée en place
45:39au 1er janvier
45:40de 2025
45:41Marc-Olivier
45:43alors merci de m'accueillir
45:44à nouveau
45:44je précise
45:45comme l'année dernière
45:46que retraité
45:47je le suis
45:48honoraire
45:49c'est un mot gentil
45:50je n'engage donc pas
45:52la banque de France
45:52qui est l'opérateur national
45:54de l'éducation financière
45:56notamment avec
45:58la cité
45:58de l'économie
45:59et du Cuy
46:00alors
46:01l'analyse
46:03qu'on avait faite
46:04et qui est dans ce livre
46:05demeure valide
46:07même si
46:08Trump
46:08les Trumponomics
46:10je dirais souvent
46:11Trump 2.0
46:12bouscule tout
46:14notamment
46:15avec
46:15les guerres
46:17des tarifs
46:18et en Iran
46:19et
46:20je propose
46:21de focaliser
46:22sur trois points
46:23le premier
46:24c'est l'incertitude
46:25qui est exacerbée
46:26le deuxième
46:27c'est le rôle de l'IA
46:28qui est plus nouveau
46:30et le troisième
46:31c'est la géopolitique
46:32qui est dans toute sa splendeur
46:34le rôle de l'IA
46:35on ne l'avait pas
46:35par exemple
46:36pendant la grande crise financière
46:37pour dire les choses
46:38alors l'an dernier
46:39vous compariez
46:40effectivement
46:41pour revenir toujours
46:42à cette
46:43crise financière
46:44de 2008
46:46vous compariez
46:47le coronavirus
46:48le virus
46:49de la Covid
46:50au virus
46:51des subprimes
46:52à l'époque
46:53ces deux virus
46:54ayant élevé
46:55de manière
46:55très importante
46:57le niveau
46:57d'incertitude
46:58tout à fait
46:58et maintenant
46:59elle est encore
46:59plus haute
47:00alors un petit rappel
47:01c'est quoi en général
47:03ce qu'on appelle
47:04l'incertitude
47:04c'est un risque
47:05dont on ne peut pas
47:06facilement
47:08évaluer
47:08la probabilité
47:10et l'impact
47:11car il est souvent
47:13nouveau
47:13et il est plus haut
47:14que jamais
47:15alors bien sûr
47:16il peut y avoir
47:17ce parallèle
47:17donc il y avait
47:18le virus
47:20caché
47:20du subprime
47:21qui avait gelé
47:23l'activité financière
47:24et parmi les solutions
47:26il y avait eu
47:26l'injection
47:27de liquidités
47:28afin d'éviter
47:29une sorte
47:30de mort subite
47:31des banques
47:33le coronavirus
47:36lui
47:36il avait gelé
47:37l'activité marchande
47:39et la solution
47:40avait été
47:41un peu la même
47:41tout en mettant
47:43l'économie
47:44dans une sorte
47:45de coma artificiel
47:46afin de lui permettre
47:48de récupérer
47:50je n'ose pas dire
47:51le virus
47:52Trump
47:56accentue encore
47:57l'incertitude
47:58car il est
47:58totalement
47:59imprévisible
48:01et lui
48:02il a tendance
48:02à geler
48:03ou à reporter
48:04les investissements
48:05sauf dans le cadre
48:06de l'IA
48:07on le verra
48:07et là
48:08les solutions
48:09ne sont pas évidentes
48:10parce que
48:10son approche
48:11transactionnelle
48:13perturbe
48:13toutes les règles
48:14habituelles
48:15et les réactions
48:15on connaît
48:17comment est-ce que
48:18vous évaluez
48:20l'impact
48:21d'un Trump
48:212.0
48:22tel qu'on le connaît
48:23depuis plus d'un an
48:24maintenant
48:25sur les grandes
48:27métriques économiques
48:27que sont la croissance
48:28et l'inflation
48:29alors aux USA
48:31les tarifs
48:33et même
48:34la guerre en Iran
48:35va avoir
48:36un effet
48:36stagflationniste
48:37les tarifs
48:38pour focaliser là-dessus
48:39dans un premier temps
48:40c'est une taxe
48:41sur les importateurs
48:43ou les consommateurs
48:44américains
48:44et donc ça va avoir
48:46un effet à la baisse
48:47sur la croissance
48:47et un effet à la hausse
48:48sur l'inflation
48:49même s'il peut être retardé
48:51par des résorptions
48:53de marge
48:54etc
48:54c'est un effet
48:55qui peut se diluer
48:56dans le temps
48:56mais c'est un effet
48:57qui existe
48:58néanmoins
48:59et donc Trump
48:59espère que la substitution
49:01pourra se faire
49:01avec la production locale
49:03mais il y a des choses
49:04qu'il ne peut pas produire
49:05et ça prend du temps
49:08la guerre en Iran
49:11va avoir accentué
49:13cet effet là
49:13et va avoir aussi
49:14un effet inflationniste
49:16sur le reste du monde
49:17alors que les tarifs
49:19n'avaient qu'un effet
49:21récessionniste
49:21tant qu'il n'y avait pas
49:23de représailles
49:24Est-ce qu'on peut déjà évaluer
49:27l'impact effectivement
49:29de ces phénomènes
49:30la guerre tarifaire
49:32la guerre d'Iran
49:34sur l'aspect géopolitique
49:37disruption énergétique
49:38on a en tête évidemment
49:39le parallèle de 2022
49:40et l'invasion de l'Ukraine
49:42par la Russie
49:43Pour les tarifs
49:44c'était déjà pagailleux
49:45et maintenant
49:46avec la décision
49:47de la Cour suprême
49:48on ne sait même plus
49:49où on en est
49:49on ne sait pas
49:50pendant combien de temps
49:52les tarifs vont
49:53devoir s'appliquer
49:54et les économistes
49:55deviennent des spécialistes
49:56de cette fameuse loi américaine
49:57de 1977
49:58dont Trump peut jongler
50:00avec les différentes sections
50:03ensuite il y a aussi
50:04les procès qui démarrent
50:05pour des remboursements
50:06des remboursements d'ailleurs acquis
50:07aux importateurs
50:08ou aux consommateurs américains
50:10qui ont payé en gros
50:111000 dollars de plus
50:12en 2025
50:13ce qui correspond
50:15multiplié par la population
50:16aux 350 milliards
50:17que Trump se targue
50:19d'avoir récupéré
50:20mais sur le dos
50:21des américains
50:22et quant à l'Iran
50:23ce qu'on peut dire
50:24d'ores et déjà
50:25c'est que la hausse
50:26est plus rapide
50:27et plus nette
50:27que celle de 2022
50:29la situation n'est bien sûr
50:30pas exactement la même
50:33tout le monde s'accorde
50:34à dire que ça va dépendre
50:35de la durée
50:36de l'ampleur géographique
50:38et de l'intensité
50:40de la disruption
50:41dans les transports
50:43et dans la production
50:45Qu'est-ce qu'on imagine
50:47en matière de réaction
50:49des pouvoirs publics
50:51et je parle notamment
50:52des pouvoirs monétaires
50:53alors là on est pour le coup
50:54en pleine semaine
50:55banque centrale
50:56en même temps que cette semaine
50:57de l'éducation financière
50:58Marc-Olivier
50:59mais si je reprends
51:01la série
51:02grande crise financière
51:04liquidité pour tout le monde
51:05choc Covid
51:06là aussi
51:07avec un aspect budgétaire
51:09en plus
51:09qui a été très très important
51:11là on voit des banques centrales
51:13qui sont un peu plus coincées
51:14quand même aujourd'hui
51:14Alors elles ne sont pas
51:15nécessairement coincées
51:16mais elles sont dans l'attente
51:17on se serait rencontrés
51:18il y a un mois
51:19tout le monde s'attendait
51:19à ce que les taux baissent
51:21
51:22beaucoup s'attendent
51:23à ce que les taux remontent
51:24je suppose que
51:26je ne sais pas
51:27dans le secret des dieux
51:28mais les banques centrales
51:29vont attendre
51:30d'évaluer
51:31cette durée
51:32et cet impact
51:32avant de prendre
51:34des décisions
51:34qui pourraient être prématurées
51:35même si beaucoup s'attendent
51:36à ce qu'elles réagissent
51:38ensuite
51:38s'il y avait un désancrage
51:40des anticipations
51:41plus rapidement
51:42c'est ce qu'ils croient
51:42en 2021
51:43et 2022
51:44du côté des budgets
51:46qui ont été déjà
51:47trop sollicités
51:48notamment aux Etats-Unis
51:49il n'y a pas beaucoup de marge
51:50le paradoxe c'est que
51:52les bourses
51:52justement
51:53elles
51:54même si elles ont fait
51:55le yo-yo ce mois-ci
51:56restent relativement élevées
51:58et beaucoup attribuent cela
52:00au rôle de l'IA
52:02justement
52:02ça c'est la grande nouveauté
52:04enfin l'IA existe en 2008
52:06mais
52:06j'allais dire
52:07le développement technologique
52:09et le phénomène n'avait pas pris
52:11autant d'ampleur
52:12qu'aujourd'hui
52:13qu'amène l'IA
52:15qu'apporte
52:16le thème de l'IA
52:17et du développement technologique
52:18de l'IA
52:19dans ce monde de polycrise
52:20alors
52:21c'est peut-être
52:22une vraie révolution
52:23qui tranche avec
52:25la déception
52:25qu'on avait eue
52:26dans les années 90
52:27avec internet
52:28et ce qu'on appelait
52:28information, communication
52:30technologie
52:31l'éthique
52:31voilà
52:32au niveau microéconomique
52:33on l'utilise tous
52:34plus ou moins
52:35au niveau macroéconomique
52:37c'est pas encore évident
52:38d'en voir les effets
52:39même si aux Etats-Unis
52:40et à très court terme
52:41en 2025
52:41on peut dire que
52:43ça sauve Trump
52:44ça a permis
52:46un regain de croissance
52:47qui est dû à des investissements
52:48extrêmement onéreux
52:49dont on ne connaît pas d'ailleurs
52:51le retour sur investissement encore
52:53et qui est essentiellement
52:54financé par de la dette
52:56alors après
52:57on peut s'interroger
52:58sur l'impact
52:59sur la productivité
53:00l'emploi
53:01etc
53:02bon
53:03je crois que c'est
53:05monsieur Solo
53:06qui a travaillé
53:06sur
53:07sur
53:08sur ces histoires
53:09de productivité
53:10avec son prix Nobel
53:12bien sûr
53:13on voit des ordinateurs
53:14partout
53:14sauf dans les chiffres
53:15agrégés
53:16de macroéconomique
53:18et de productivité
53:20néanmoins
53:21est-ce qu'il y a
53:22quand même
53:22un chemin
53:23et une
53:25pré-intuition
53:27que l'IA
53:27va quand même
53:28développer des gains
53:29de productivité
53:30avec des effets
53:31derrière
53:31sur l'emploi
53:33et sur l'inflation
53:34à la fin
53:35Des gains de productivité, il y en aura sûrement, mais les amis divergent totalement.
53:39Vous avez cité des prix Nobel, enfin un prix Nobel, qui, là je vais en citer deux.
53:47Daron Assemoglou, 2024, pour lui, les gains de productivité sont très faibles,
53:53marginaux, 0,1% par an, etc.
53:57A l'inverse, 2025, Philippe Aguillon, qui a d'ailleurs eu la gentillesse
54:01de recommander la lecture de notre livre en quatrième de couverture,
54:05lui les voit bien au-dessus de 1%.
54:11On verra.
54:13Il y a aussi l'impact sur l'emploi, et cette fois-ci, tout le monde le sait,
54:17ça n'affecte pas que l'école bleue, mais l'école blanc.
54:20Je dois dire que j'en vois déjà l'impact sur mes étudiants en master de business,
54:25notamment qui cherchent des emplois dans les firmes de consulence,
54:29qui préfèrent l'IA, sacrifiant ainsi, hélas, leur leader.
54:34L'entrée sur le marché du travail est plus compliquée.
54:35Et le middle management, dans quelques années.
54:39Après, il y a aussi l'impact que ça va avoir sur l'inflation.
54:44Et là, logiquement, puisque l'impact sur la productivité, l'emploi et la croissance
54:50n'est pas évident, il n'est pas évident sur l'inflation.
54:54Certains soulignent les gains de production, la réduction des coûts de production
54:59qu'il peut y avoir, notamment humains, tandis que les autres soulignent
55:02l'importance des investissements, le coût énergétique qu'ils représentent
55:08et la dépendance, notamment européenne, aux big tech américaines
55:12qui vont avoir un pouvoir de marché, ou chinoises.
55:16Et donc ça, ça peut avoir un facteur inflationniste, et non pas déflationniste.
55:20Oui, très intéressant, effectivement, un grand débat.
55:22Deux prix Nobel que vous avez cités, qui disent l'inverse aujourd'hui.
55:28Le facteur géopolitique, alors lui, j'ai envie de dire,
55:31il est toujours un peu présent, 2010, 2020, 22, en tout cas,
55:38c'est un facteur qui est toujours là parmi nous.
55:41Mais de façon très différente. En 2010, on est encore dans ce que certains
55:46ont appelé l'hyperglobalisation. Maintenant, on est dans la fragmentation.
55:51Alors, on a déjà eu ça, quand on regarde l'histoire économique,
55:54il y a la grande période de protectionnisme qui va de 1929 à la Deuxième Guerre mondiale,
56:02auparavant, il y a une phase de mondialisation, et après, il y a de nouveau
56:05une phase de mondialisation. Là, pour être plus précis, des années 90,
56:10avec l'intégration de la Chine et de l'Inde, on a ce que certains ont appelé
56:14l'hyperglobalisation, avec l'émergence du G20 et le triomphe du multilatéralisme.
56:24Ensuite, on déchante, parce qu'en 2014, il y a l'annexion de la Crimée par la Russie,
56:31il y a les sanctions, il y a le Brexit, il y a Trump numéro un,
56:36et sa guerre des tarifs déjà. Et là, on a parlé de « slobalisation »,
56:41le fait que ça soit, ça continue, ralentit.
56:43Et maintenant, on ne doit pas parler de déglobalisation,
56:46on doit parler de fragmentation,
56:50qui se fait non seulement avec les BRICS,
56:54au sein du G20, et qui le divise par rapport au G7,
56:58mais même une rupture, en quelque sorte, au sein du G20.
57:01Il y a quand même une rupture dans ce phénomène de mondialisation,
57:06souligné par Marc Carnet, je crois, à Davos, il y a quelques semaines.
57:09Marc Carnet l'appliquait, à juste titre, aux quelques règles internationales qui subsistent.
57:15Elle s'applique en tout cas au sein du G7.
57:18Trump applique à ses alliés des tarifs,
57:21il les menace militairement,
57:23il met en cause l'OTAN,
57:27il a ce rôle de l'IA
57:30qui fait qu'on est dépendant des Magnificent Seven.
57:35Et donc, tout ça, ça crée une situation
57:38où il peut y avoir une perte de confiance
57:40à l'intérieur du G7,
57:42et pas simplement par les BRICS,
57:43vis-à-vis des États-Unis.
57:46Et la sécurité souveraine
57:48l'emporte sur l'efficience coopérative
57:52qui jouait jusqu'à maintenant,
57:53même si, à cause de la guerre de l'Iran,
57:55on observe une attitude un peu résignée
57:57de soutien ou de semi-soutien aux États-Unis.
58:01Et ça, pour certains, ça remet en cause, potentiellement,
58:04la centralité du dollar,
58:05dès lors que l'hégémon américain
58:07n'est plus ni stable, ni fiable.
58:10Et pourtant, Trump en a besoin
58:11pour financer sa dette
58:13avec des taux d'intérêt qui restent élevés.
58:15Bon, d'où le rôle des stable coins ?
58:17Mais ça, c'est le teaser pour demain, Marc-Olivier.
58:19Alors, on parlera demain
58:21du rôle des stable coins,
58:23mais ce qu'on peut dire,
58:24c'est qu'on observe actuellement
58:25une sorte de succession,
58:27d'accélération des crises,
58:29une permanence des crises,
58:31peut-être voulue d'ailleurs
58:32parce que ça permet d'étouffer les critiques.
58:34Et donc, on passe de la polycrise
58:36à la permacrise.
58:37Merci beaucoup, Marc-Olivier.
58:38Je vous dis à demain.
58:39Rendez-vous même heure,
58:4117h45 en direct dans Smart Bourse
58:43pour célébrer cette semaine
58:44de l'éducation financière avec vous.
58:46C'était Interview, et bien sûr,
58:47et toutes les autres à retrouver
58:49en replay sur bismart.fr
58:50ou en podcast
58:51sur toutes vos plateformes d'écoute préférées.
58:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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