Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Jeudi 19 mars 2026, retrouvez Merav Griguer (Associée, Franklin) dans LEX INSIDE, une émission présentée par Arnaud Dumourier.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00...
00:10Artiste virtuel créé par une intelligence artificielle qui détient les droits.
00:16On en parle tout de suite avec mon invité, Mérave Grieger, associée chez Franklin.
00:20Mérave, bonjour.
00:21Bonjour.
00:22Alors, pour commencer, comment définir un artiste virtuel créé par l'intelligence artificielle ?
00:30Alors, on l'appelle artiste, mais ce n'est pas un humain, c'est une création.
00:35Et comme c'est une création, c'est potentiellement, s'il répond à certains critères qui sont bien définis par
00:40la loi, une œuvre.
00:42Un artiste virtuel est finalement une œuvre.
00:45Alors, c'est quoi les critères pour que ce soit une œuvre ?
00:49Pour que ça puisse être éligible à ce fameux titre d'œuvre de l'esprit,
00:53Il faut que ce soit original, qu'on puisse traduire l'empreinte de la personnalité de l'auteur ou des
01:01auteurs.
01:02Et donc, il faut être en mesure de justifier d'un apport créatif.
01:07Alors, on voit que l'apport créatif est important.
01:09Et dans l'IA, justement, comment on va distinguer ce qui est de la part humaine de la part de
01:16l'intelligence artificielle ?
01:17Alors, autant dire que c'est une usine à gaz, que c'est particulièrement complexe.
01:22C'est beaucoup plus sophistiqué que dans la vie, on va dire, réelle.
01:28Et c'est là tout l'enjeu, même la réglementation peine à définir si le résultat généré par une IA
01:36est éligible au droit d'auteur
01:38et peut être qualifié d'œuvre de l'esprit.
01:40Oui, tout va être dans l'apport, l'élément probatoire, l'apport de cette preuve qui peut être faite notamment
01:48par les promptes.
01:49Donc, l'IA qui va donc générer un artiste virtuel qui potentiellement peut caractériser une œuvre de l'esprit,
01:55c'est le Frankenstein que l'on produit, qui peut être très beau et qui peut très belle et savoir
02:01chanter et peut-être même danser.
02:03Et bien, il va falloir être en mesure que dans les promptes, les requêtes qui vont permettre la génération de
02:10ce résultat,
02:11il y a un effort intellectuel que l'on n'instruit pas la machine pour réaliser elle-même
02:18avec juste des indications particulièrement vagues, peu originales.
02:24Donc là, c'est la partie justification de l'apport créatif qui est particulièrement importante,
02:30donc bien conserver et documenter tous ces efforts intellectuels qui ne vont donc pas répondre à une logique,
02:38qui ne vont pas être générés automatiquement et uniquement de manière autonome par la machine
02:43avec simplement des petites indications génériques.
02:46Là, on ne serait pas dans la qualification d'une œuvre de l'esprit,
02:49alors que si on a un prompt bien sophistiqué, et peut-être pas sophistiqué,
02:54ça peut être même en des mots assez simples, mais quelque part innovants qui sortent de l'air du temps.
03:00Ça veut dire qu'il faut bien guider l'intelligence artificielle avec des promptes,
03:06précisément pour que ce soit vraiment une œuvre de l'esprit.
03:10Oui, le monde de l'intelligence artificielle dans l'art appartient à ceux qui savent raconter des histoires.
03:19Dans les promptes, on doit être en mesure de raconter une histoire originale
03:22qui va générer un résultat grâce à cette machine, c'est une certitude.
03:26Alors, si on a plusieurs personnes qui font ces promptes,
03:30est-ce qu'on peut avoir une œuvre collective, par exemple ?
03:34Alors, la question qui va se poser, c'est est-ce qu'on est dans une œuvre collective ou collaborative
03:39même ?
03:39Parce qu'effectivement, il va y avoir un millefeuille de contributeurs,
03:44et la question va être, est-ce qu'on est en mesure d'identifier, de rendre autonome chacun des apports
03:53créatifs ?
03:55Alors, si ce sont des contributions autonomes, on va être dans une œuvre collective,
03:59si c'est collaborative, et si c'est fondu, ce sera une œuvre collective.
04:04Mais, bien évidemment, et puis mon petit lapsus le révèle,
04:08même dans une œuvre collaborative ab initio, c'est-à-dire dès le départ,
04:12qui a été voulue comme telle, en définitive, on ne saura pas très bien définir
04:17qui a dit quoi, qui a instruit quoi, qui a défini quoi,
04:22et on peut, en phase finale, se retrouver dans une œuvre collective au service d'une personne morale.
04:28Donc, on voit que cette question n'est pas simple.
04:32Est-ce que, quand il y a beaucoup d'intelligence artificielle,
04:35quid de la protection ?
04:36Il faut vraiment avoir quelque chose qui est guidé avec beaucoup de promptes,
04:41comme vous l'avez signalé, pour avoir une protection ?
04:44C'est vraiment ça, la clé ?
04:45Oui, c'est-à-dire que dès le départ, on doit conserver ces promptes,
04:49conserver les documentés,
04:51et s'assurer qu'on y apporte du développement,
04:56de quelque chose de différent, pas quelque chose qui existe.
04:59Donc, c'est la question de l'antériorité.
05:00Il ne faut pas qu'il y ait une œuvre qui préexiste et qui soit la même.
05:04Et c'est particulièrement difficile, parce que la machine en question,
05:07l'intelligence artificielle, on n'est jamais à l'abri,
05:10même avec des promptes sophistiqués, innovants,
05:14qui sortent des idées actuelles et qui vont créer un nouveau trend,
05:18de nouvelles tendances,
05:19qu'en définitive, le résultat soit parfaitement identique ou similaire
05:25à des résultats qui préexistaient ou à des œuvres qui préexistaient.
05:29Donc, la machine, parfois, même avec des promptes très sophistiqués,
05:32très développés, peut arriver à un résultat très simple
05:35qui existait auparavant.
05:37Donc, c'est là où les créatifs,
05:39notamment dans les grandes maisons de luxe
05:40qui recourent à ce type d'outils innovants,
05:43doivent injecter de l'humain jusqu'au bout,
05:46en amont, pour s'assurer que l'on apporte une contribution
05:52révélant un effort intellectuel,
05:54nouveau, qui n'est pas antérieur,
05:57et ensuite que le résultat, de manière objective
05:59et non pas subjective, c'est-à-dire que ce n'était pas volontaire,
06:02mais qu'en définitive, in fine, pardon,
06:05on se retrouve avec une œuvre qui est similaire
06:08à une œuvre préexistante sans avoir voulu.
06:10On va s'intéresser à la réglementation.
06:12Est-ce que le règlement sur l'IA aborde cette question
06:17et impose des obligations par rapport à l'utilisation de ces outils ?
06:22Alors, sur cette question, il botte en touche,
06:24très clairement.
06:25Il botte en touche, mais je trouve que c'est
06:28non pas un aveu de faiblesse, mais de raison,
06:31puisqu'il appartiendra au juge, au cas par cas,
06:34de définir si on est dans un prompt
06:37qui va qualifier un effort créatif, nouveau, original,
06:42qui mérite d'être éligible à ces fameux droits d'auteur
06:48et bénéficier de la qualification d'œuvre de l'esprit.
06:50Donc oui, il appartiendra au juge,
06:51c'est pourquoi la réglementation botte en touche sur ce point.
06:54Il y a d'autres obligations qui sont particulièrement intéressantes
06:57au titre de la transparence.
06:59L'obligation de transparence à un double niveau.
07:01L'obligation de dire, quand on recourt à ces artifices,
07:06à cette virtualité, un marquage, une honnêteté.
07:09Dans les deepfakes, on a cette obligation d'indiquer
07:11qu'on recourt à l'IA.
07:13C'est comme dans les publicités précédemment,
07:16on indiquait avec retouche.
07:18Désormais, c'est avec IA, il faut le mentionner.
07:21Et une autre obligation de transparence
07:22qui est encore plus importante, précieuse,
07:26c'est sur la façon dont on alimente la machine.
07:29Puisque l'IA en elle-même peut avoir été entraînée
07:33avec des éléments qui sont protégés
07:35au titre de la propriété intellectuelle.
07:38Et donc, vous faites confiance quand vous promptez,
07:41quand vous recourez à ces outils, à la machine
07:43qui peut-être a elle-même été nourrie, élevée
07:46avec des éléments de contrefaçon.
07:49Et vous devenez vous-même auteur de contrefaçon.
07:52Donc, il faut être particulièrement attentif
07:54à comment ces outils ont été, non pas seulement mis au monde,
08:00créés, mais comment ils sont nourris préalablement au quotidien.
08:04Et cette obligation de transparence est censée lever le voile
08:07sur la façon dont ces machines sont nourries.
08:11Or, on nous impose simplement un résumé
08:14sur les éléments qui alimentent la machine.
08:17Et ça, ce n'est pas suffisant pour atteindre
08:19un véritable niveau de transparence
08:20et limiter les risques de contrefaçon par ailleurs.
08:23On va conclure là-dessus et puis on va attendre
08:25des jurisprudences qui vont peut-être éclairer
08:28justement cette question.
08:29Absolument.
08:30Merci, Mérat Grieger.
08:31Je rappelle que vous êtes associée chez Franklin.
08:34C'est la fin de cette émission.
08:35Merci pour votre fidélité.
08:38Restez curieux et informés.
08:40À demain sur Bsmart for Change.
08:41Sous-titrage Société Radio-Canada
08:46Sous-titrage Société Radio-Canada
08:50Sous-titrage Société Radio-Canada
08:51Sous-titrage Société Radio-Canada
08:52Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations