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  • il y a 10 minutes
Lundi 16 mars 2026, retrouvez Thierry Guille (Président, Raymond James France), Frédéric Tassin (Responsable Gestion Actions Globales et Thématiques, Ofi Invest Asset Management), Véronique Riches-Flores (Présidente, RF Research) et Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart for Change pour rester à l'écoute des marchés.
00:13Chaque jour, vous nous suivez à 17h en direct à la télévision via vos box et vous nous retrouvez chaque
00:18soir en rattrapage, en replay sur bsmart.fr ou en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:24Au sommet de cette édition ce soir, le monde, les marchés qui entrent dans la troisième semaine de guerre avec
00:32l'Iran et un pétrole qui s'installe sur des niveaux élevés.
00:37100 dollars et plus pour le baril de Brent de la mer du Nord alors que le baril américain WTI
00:43lui se détend un petit peu plus aujourd'hui et retombe sous le seuil de 95 dollars.
00:49Pauline Grattel vous donnera plus de détails sur les mouvements en cours de cette séance mais le sentiment de marché
00:56est guidé depuis plus de deux semaines maintenant par les cours du pétrole.
01:00Avant tout, tous les autres sujets sont mis en pause pour quelques temps et c'est donc bel et bien
01:06le pétrole qui dicte le sentiment des investisseurs.
01:09En ce début de semaine, nous aurons l'occasion d'y revenir bien sûr avec nos invités de Planète Marché
01:14dans un instant au démarrage d'une semaine qui sera cruciale pour les messages envoyés par les grandes banques centrales
01:21aux investisseurs et aux marchés.
01:23Et le marché en ce sens a une conviction qui se forge jour après jour.
01:29L'impact de la crise iranienne appellera une réponse de politique monétaire.
01:34Le marché qui a déjà décalé un certain nombre de baisses de taux qui pouvaient être attendues de la part
01:39de la réserve fédérale américaine ou de la part de la banque d'Angleterre par exemple.
01:43Et de l'autre côté, le marché n'hésite plus à anticiper désormais un certain nombre de hausses de taux
01:49concernant d'autres banques centrales à commencer par la banque centrale européenne.
01:53La prise de parole de Christine Lagarde ce jeudi sera une des prises de parole très attendues cette semaine.
01:59Voilà donc pour les sujets de discussion que nous allons aborder avec nos invités dans un instant.
02:05Et puis dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse, nous resterons à l'heure américaine comme chaque lundi
02:08avec Pierre-Yves Dugas, notre correspondant américain qui sera en visio avec nous à partir de 17h45.
02:15Nous reviendrons sur les conséquences de la crise iranienne possibles sur l'économie américaine.
02:20Et puis tiens, cette possibilité qui est en train de s'ouvrir peut-être, Jérôme Powell pourrait rester quelque temps
02:26encore président de la réserve fédérale américaine au-delà de la date limite de son mandat.
02:31Avec cette affaire judiciaire qui se complique encore un peu plus puisqu'un juge de district a invalidé les demandes
02:37d'informations qui avaient été émises par le département de la justice auprès de la réserve fédérale américaine.
02:43Dans cette tentative de criminalisation de la FED, le DOJ va faire appel de cette décision et qui pourrait donc
02:51reporter encore un peu plus la validation de la nomination de Kevin Warche comme successeur de Jérôme Powell.
02:58Si vous n'avez pas tout compris à mon explication, je vous recommande d'écouter Pierre-Yves Dugas à 17h45
03:04tout à l'heure qui sera avec nous comme chaque lundi dans ce quart d'heure américain.
03:18Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse, nous retrouvons Pauline Grattel qui vous apporte les infos clés
03:22du jour sur les marchés.
03:23Bonsoir Pauline. Les indices qui tentent un rebond en ce début de semaine.
03:27Oui, le conflit au Moyen-Orient entre aujourd'hui dans son 17ème jour sans aucun signe d'apaisement.
03:32Malgré ce contexte de tension, le CAC 40 progresse à Paris au-delà de 7900 points tirés par Wall Street
03:39où les indices ont ouvert en hausse de plus de 1%.
03:42L'indice VIX cède près de 15%.
03:45Alors que s'ouvre une semaine cruciale marquée par les réunions des banques centrales, le regain d'inflation pèse sur
03:51le moral des ménages et inquiète les marchés.
03:53Conséquence directe, les investisseurs revoient désormais à la baisse leurs espoirs de voir les taux diminuer prochainement.
03:59Oui, effectivement. Grosse semaine banque centrale. Toutes les banques centrales du G7 entre autres vont communiquer.
04:05L'Australie demain. Mercredi ce sera autour du Canada et de la Fed bien sûr.
04:09Et jeudi grosse journée avec les décisions attendues de la Banque du Japon, de la Banque Nationale Suisse, de la
04:13Banque d'Angleterre et de la Banque Centrale Européenne.
04:16Sur le front du pétrole Pauline, l'Agence Internationale de l'Énergie indiquait hier que les 400 millions de barils
04:21libérés seraient bientôt disponibles.
04:24Oui, pourtant ces annonces restent pour l'instant sans grand effet sur les marchés pétroliers.
04:28Si l'Agence Internationale de l'Énergie confirme le déblocage des stocks en Asie-Océanie, ceux de l'Europe et
04:34de l'Amérique ne seront disponibles qu'à la fin du mois.
04:37Résultat, le baril de Brent stagne au-dessus du seuil symbolique de 100 dollars quand le WTI retombe à moins
04:43de 95 dollars.
04:44En parallèle sur le front diplomatique, Donald Trump sollicite l'appui de la France, du Royaume-Uni, du Japon, de
04:51la Corée du Sud et de la Chine pour sécuriser le détroit d'Hormuz.
04:54Oui, 100 réponses favorables à ce stade de la part des parties prenantes.
04:58En lien direct avec l'évolution des cours du pétrole, les marchés obligataires et notamment la partie longue des courbes
05:04de taux,
05:05quels sont les équilibres que l'on peut observer en ce début de semaine Pauline ?
05:08Le rendement américain à 10 ans se détend de 5 points de base au cours de la séance pour évoluer
05:12entre 4,20 et 4,25%.
05:15En Europe, le rendement allemand de même échéance se détend légèrement autour de 2,95%.
05:21Les rendements grecs et portugais à 10 ans ont inscrit des plus hauts d'un an avant de se détendre.
05:26Sur le marché d'échange, le dollar recule aujourd'hui ramenant l'euro dollar autour de 1,1480.
05:31Un mot des entreprises et Unicredit, l'italienne est à nouveau à la une.
05:35Oui, Unicredit manifeste officiellement son intention de reprendre les discussions avec Commerzbank via une offre non sollicitée.
05:43L'objectif est clair, franchir le seuil des 30% du capital pour inciter la banque allemande à sortir d
05:49'une impasse qui dure depuis un an et demi.
05:51Au final, le gouvernement allemand et la direction de Commerzbank ont rejeté l'offre de rachat.
05:56Cette annonce profite tout de même à Commerzbank dont l'action grimpe de 10%, tandis que celle d'Unicredit reste
06:02stable.
06:03Et puis on suit le feuilleton au trou de notre star française de la biotech, Abivax, après qu'un article
06:09de la lettre ces derniers jours faisait part d'un potentiel intérêt d'AstraZeneca.
06:14Oui, Abivax a formellement démenti ce matin les spéculations de rachats circulant sur le marché.
06:20Ces rumeurs faisaient suite à des informations de la lettre publiée jeudi, évoquant l'ouverture de données confidentielles à AstraZeneca
06:26en vue d'une acquisition.
06:27Si la direction réfute ces allégations, l'enthousiasme des investisseurs ne faiblit pas.
06:32Le titre progresse de 3,5% en séance et affiche une envolée exceptionnelle de près de 2000% sur
06:38les 12 derniers mois.
06:40Et le programme de demain, bien sûr, Pauline ?
06:42Demain, on attend l'indice Zou allemand du mois de mars.
06:46Les investisseurs suivront également la décision monétaire de l'Australie, qui a déjà relevé ses taux lors de sa dernière
06:51réunion.
06:51Les investisseurs seront également attentifs aux annonces faites par Nvidia à l'occasion de sa grande conférence mondiale sur l
06:58'IA, qui débute aujourd'hui et pour 4 jours.
07:00Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse, Pauline Grattel vous apporte les infos clés du jour sur
07:05les marchés.
07:153 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
07:19Frédéric Tassin est à nos côtés ce soir, le responsable des gestions actions globales et thématiques d'Ophi Invest Asset
07:25Management.
07:25Bonsoir Frédéric.
07:32Bonsoir Yago.
07:34Et Véronique Riche-Flores qui nous accompagne, économiste indépendante et présidente de RF Research.
07:39Bonsoir Véronique.
07:40Bonsoir.
07:41Parole à l'économiste Véronique, au démarrage de cette troisième semaine de nouvelle guerre du Golfe, crise iranienne, je ne
07:47sais pas comment vous la qualifiez vous-même.
07:50Qu'en est-il déjà peut-être des premiers impacts macroéconomiques auxquels il faut s'attendre,
07:55après deux semaines de conflits et deux semaines de blocage du détroit d'Hormuz ?
08:01Et puis, je le disais en introduction, le marché semble convaincu que cette situation appellera une réponse de politique monétaire
08:06de la part des banques centrales.
08:08Ça tombe bien.
08:09Elles vont toutes parler au cours des prochains jours.
08:12Eh oui, et on ne sait pas ce qu'elles vont dire.
08:15Parce qu'effectivement, elles peuvent à peu près nous dire tout et son contraire et chacune à sa manière.
08:21Donc, effectivement, en revanche, je pense que ce sera très instructif, précisément, de les écouter.
08:26Alors, je ne suis pas sûre que beaucoup aillent très loin et se prononcent sur la suite, mais on va
08:35indiscutablement sentir les sensibilités.
08:38La BCE, notamment à travers les prises de parole de son chef économiste, a quand même lancé des messages un
08:45peu inquiétants, enfin préoccupants.
08:47Il y a de cela quasiment deux semaines, mettant davantage l'accent sur le risque d'inflation plutôt que celui
08:56de la croissance.
08:57Bien évidemment, ça nous rappelle des épisodes un petit peu fâcheux, 2008, quand effectivement la BCE avait remonté ses taux
09:06d'intérêt,
09:07en plein début d'été, après une escalade des prix du pétrole.
09:10Et c'était assez malvenu, en l'occurrence. Je pense que la BCE a mûri depuis. Il n'en reste
09:17pas moins que leurs préoccupations.
09:19Et Mme Lagarde, comme les communiqués récents, n'ont cessé de revenir sur ce point.
09:24Nous faisons des progrès, mais avec des niveaux d'inflation sur les parties sous-jacentes qui restent problématiques
09:33et qui risquent d'être exposés à des chocs d'offres. Rappelez-vous, ce leitmotiv sur les risques de chocs
09:39d'offres.
09:39Or, nous sommes aujourd'hui face effectivement à tout ce qui caractérise un choc d'offres sur le plan pétrolier,
09:46sur ce que ça peut signifier pour un certain nombre de produits, bien évidemment.
09:51Et on ne parle pas encore trop de produits agricoles. Je redoute quand même beaucoup d'éléments.
09:59On regarde la situation des fertilisants et des engrais, qui sont des intrants cruciaux évidemment pour l'agriculture.
10:04Alors il y a cette problématique du détroit d'Hormuz, mais il y a également cette problématique de la globalité
10:10des marchés des matières premières.
10:11On a déjà vu les précieux, après on a vu les métaux industriels.
10:15Le pétrole, à notre avis, était très sous-évalué par rapport à tous ces mouvements.
10:21C'était le facteur qui nous poussait à la fin de l'année dernière en disant, attention quand même,
10:26c'est difficile d'envisager que les cours des métaux industriels continuent sur leur lancée ou restent à leurs niveaux
10:33actuels.
10:33Sans être rejoints par la partie énergétique.
10:35Exactement. Donc c'est ce que le conflit est en train de produire.
10:40Ça nous amène aussi à conclure, nous, que même s'il y a une fin de conflit relativement rapide,
10:45il restera sans doute une prime de risque qui empêchera, à notre avis, les cours de baisser significativement
10:52sous les 80-85 dollars, on ne sait jamais exactement, mais dans l'épaisseur du tout.
10:56En tout cas, ce n'est certainement pas un scénario de retour aux niveaux antérieurs.
11:00Et si c'est ça, alors on a beaucoup de mal à ne pas envisager que les softs,
11:07les matières premières agricoles, suivent la tendance avec un certain délai.
11:12Donc le risque inflationniste, il est là.
11:14Alors je vous dis ça, il y a tellement d'incertitudes, mais ça nous dit bien, probablement,
11:19ça nous donne une partie de la lecture que peuvent avoir beaucoup de nos banquiers centraux,
11:24en particulier à la BCE.
11:26Si nous le voyons, eux aussi ont probablement des signaux ou des analystes qui les mettent sur cette longueur d
11:34'onde.
11:34Donc on voit bien, effectivement, ce qui risque de se produire,
11:38et qui pourrait être assez malvenu du côté de la BCE,
11:42parce qu'en réalité, on va avoir un choc de croissance immédiat.
11:46Pour l'instant, pas trop violent, pour l'instant, digérable.
11:51Les estimations et les élasticités nous font dire qu'à priori, en tout cas dans l'immédiateté,
11:57l'impact sur l'inflation est plus important que l'impact sur la croissance, si j'ai bien compris.
12:02Oui, mais il faut, enfin, on a tendance à dire, attention d'où on vient.
12:08On vient dans l'environnement, je n'ai pas publié notre petit baromètre mensuel là,
12:11parce que c'était la semaine dernière, le film où ça n'a pas trop d'intérêt, c'est celui
12:14du mois de février.
12:16Il est en général un peu avancé, mais là, en l'occurrence, pas du tout.
12:20Et donc, je ne l'ai pas publié, mais j'ai presque regretté,
12:23parce qu'il nous donnait des messages intéressants, c'est-à-dire que le truc, il ne bouge pas.
12:27Il n'arrive pas à prendre une direction.
12:29Il y a deux, trois mois où la dynamique des exportations et de l'investissement
12:34tire l'indicateur global,
12:36et puis deux mois derrière, la consommation tire le truc à la baisse.
12:39Et finalement, c'est un indicateur qui fait une synthèse de différents indices,
12:46incluant la Chine, les États-Unis, le Japon, les grandes régions.
12:50Et puis, on essaye d'avoir une approche par secteur,
12:53consommation, investissement, etc.
12:54Et finalement, c'est ça.
12:57Ce qu'on voit, c'est probablement la résultante de cette situation d'une croissance en cas,
13:03qu'on a plutôt eu l'impression de voir se propager, plutôt que l'inverse.
13:09C'est-à-dire qu'on parlait de cette situation aux États-Unis il y a trois, quatre mois.
13:12Oui, oui, bien sûr.
13:12C'était clair, on comprenait bien les tenants et aboutissants.
13:16La question, c'est est-ce que c'est le modèle qui va se propager au reste du monde ou
13:20pas ?
13:20Et on a plutôt l'impression que c'est cette voie-là.
13:23Ça veut dire quoi ?
13:23Ça veut dire qu'on a des consommateurs qui restent très fragiles.
13:27Et que la dynamique de l'investissement, même si on l'aperçoit, est indéniable,
13:31eh bien celle-là, elle a du mal à tirer l'ensemble de l'activité économique.
13:34Donc c'est un environnement qui reste fragile, effectivement,
13:38donc susceptible d'être davantage sensibilisé par le choc.
13:43Mais vous avez raison, tant qu'on s'arrête à 100 dollars,
13:46on a envie de dire même pas mal, surtout si on revient à 90, 85, même dans deux mois.
13:53Mais cette limite, ce seuil de 100 dollars, il est quand même sensible.
13:57On voit bien que toutes les estimations, dès qu'on monte un petit peu,
13:59d'abord 100 dollars, ce n'est pas un niveau confortable, incontestablement.
14:03On sait très bien que si, in fine, c'est le niveau moyen,
14:06ça veut dire sans doute beaucoup d'oscillations autour de ces niveaux
14:09et potentiellement des embardés imprévisibles en fonction de...
14:13Et puis ça veut dire un impact sur les niveaux des taux d'intérêt.
14:17Donc ça, c'est la dernière roue.
14:19Je ne parle pas des banques centrales, mais à la limite,
14:21si les banques centrales ne font pas leur job ou qu'elles le font.
14:24Le marché le fera sur la partie longue.
14:28Et la sensibilité de notre économie,
14:30soit par les secteurs de la tech ou du cycle d'investissement
14:33à cette partie longue des taux d'intérêt,
14:35elle est très importante.
14:37À 100 dollars, le 30 ans américain revient à 4,90 ?
14:40Tout à fait.
14:41Alors, il ne passe pas les 5.
14:42Non.
14:43Mais voilà, il suffit qu'on aille titiller les 110 pendant quelques fois,
14:47qu'il y ait des effets de relais ou des blocages sur certains approvisionnements.
14:54Et ça va très vite.
14:56Donc effectivement, ce niveau des 5, il est regardé de très près.
15:00Frédéric, quelle évaluation vous faites ?
15:02Alors, des marchés actions globaux, puisque c'est ceux que vous regardez.
15:07Depuis le début du conflit, bien sûr, il faut reprendre là aussi
15:12où est-ce qu'on en était avant le déclenchement de la crise iranienne.
15:17Il y avait cette idée assez consensuelle de diversification,
15:21en dehors des actifs en dollars en général,
15:25en dehors de la tech américaine en particulier.
15:27et un consensus qui payait plutôt bien,
15:31puisque l'Asie, les places développées ou émergentes asiatiques
15:35s'en sortaient bien, voire très bien.
15:37L'Europe trouvait également sa place dans cette stratégie de diversification
15:43accompagnée par des flux, le thème value, le thème des infrastructures,
15:48le thème de la défense, bien sûr.
15:50Depuis deux semaines, on a l'impression que les choses sont un peu mises en pause.
15:53Est-ce que c'est juste une pause ?
15:54Où est-ce que le marché est en train de réfléchir à une nouvelle manière
15:58de bouger dans ce contexte-là ?
16:01Pour l'instant, c'est une pause, puisque tant que le conflit ne dure pas,
16:05c'est quand même l'hypothèse centrale aujourd'hui.
16:07Quand on voit les marchés qui montent,
16:08l'hypothèse centrale, c'est que ça dure quelques semaines,
16:11ça ne dure pas quelques mois.
16:12Ça l'est toujours aujourd'hui.
16:13Quand on regarde à travers des produits optionnels,
16:15des marchés dérivés, etc.,
16:16il y a quand même l'idée qu'à horizon de quelques semaines ou quelques mois,
16:21les choses pourraient encore rentrer dans l'ordre.
16:23On n'a pas eu une correction des valeurs industrielles aujourd'hui
16:25qui laisse supposer...
16:26Qu'on a changé de monde.
16:27Voilà, qu'on a changé de monde.
16:29Donc on a un peu consolidé sur certains types de valeurs.
16:31Effectivement, vous aviez raison, c'était le thème du broadening.
16:34Donc on arrêtait d'acheter que de la tech.
16:36On diversifiait ses actifs sur quasiment toute la cote,
16:39notamment aux États-Unis,
16:39puisque le reste allait supporter la croissance des résultats
16:43et donc devait subir une revalorisation des actifs.
16:46Et puis c'était un peu la fin également d'un modèle très hégémonique américain
16:51où on concentrait 100% des investissements des non-résidents.
16:55Et puis voilà, on avait plutôt tendance à voir le reste du monde
16:58prendre un peu le relais en termes de croissance économique,
17:00alors avec des plans budgétaires très bien installés un peu partout.
17:03Donc il y avait également le soutien des gouvernements en Europe,
17:07plus récemment au Japon.
17:08Mais quand même l'idée que la croissance n'était pas qu'américaine
17:11et qu'elle allait se disperser un peu partout sur la planète
17:13et que quand on gardait la valorisation des actifs financiers,
17:16les US étaient plutôt très chers.
17:17Le reste était quand même encore relativement abordable,
17:21donc autant diversifier ses actifs.
17:23Depuis 15 jours, tout ça est un peu en pause.
17:25Tout ça est un peu en pause, d'une part parce que quasiment tous les pays
17:28hors les États-Unis sont dépendants du pétrole,
17:31donc les US sont relativement autosuffisants en gaz et en pétrole.
17:35Donc si le conflit venait à durer un peu plus longtemps,
17:38ils devraient pouvoir continuer à produire un peu plus longtemps que les autres.
17:42Ce n'est pas tout à fait la même problématique pour l'Asie et pour l'Europe.
17:47Et puis surtout, on voit que dans les actifs,
17:49des titres qui avaient très très bien marché,
17:51notamment sur la partie industrielle,
17:52on a vu un très bon rebond des petites et moyennes capitalisations
17:55qui depuis deux ans ne faisaient plus rien,
17:58qui était le principal actif en termes de performance aux États-Unis
18:02depuis le 1er janvier.
18:03On a vu tout ça se détricoter
18:06et des titres qui étaient un petit peu oubliés,
18:08voire même qui avaient été jetés aux sorties par le marché,
18:10notamment la partie software,
18:12reprendre un peu de couleurs.
18:14Il y a une chose en revanche qui est intéressante,
18:16c'est qu'en règle générale, quand les marchés doutent,
18:19ils ont tendance à se réfugier vers des valeurs refuge.
18:22Et ces valeurs, en règle générale, c'est plutôt de l'agroalimentaire,
18:25de la consommation courante bien installée.
18:27Et ce coup-ci, ça ne marche pas.
18:29Et ça ne marche pas probablement parce que le marché se dit
18:32si on a un prix du galon aux États-Unis,
18:34on a un prix du baril d'essence en Europe
18:35qui reste un peu perché un peu longtemps,
18:39une partie des ménages vont devoir faire des arbitrages.
18:41Et notamment aux États-Unis,
18:42on parlait de la consommation en cas,
18:44avec d'un côté du cas des ménages plutôt aisés
18:48qui ne sont pas sensibles au prix du baril.
18:50En revanche, de l'autre côté,
18:52et de l'autre côté, c'est grosso modo 50% de la population américaine
18:55qui a tendance à tirer un petit peu le diable par la queue aujourd'hui,
18:59ces gens-là sont sensibles à un prix du baril qui monte,
19:01sont sensibles à un prix du gaz qui monte,
19:03et donc devront faire des arbitrages de consommation
19:05puisque les salaires ne devraient pas monter
19:07à du concurrence de cette inflation des matières premières.
19:12Un point majeur de différence quand même
19:14par rapport au choc Covid, post-Covid et au choc ukrainien.
19:19Vous dites cette fois qu'il y a moins de place
19:20pour ce qu'on a appelé à l'époque la « gridflation »,
19:23l'inflation par les marges.
19:26Les groupes profitant d'une ambiance inflationniste
19:29un peu généralisée pour effectivement
19:31augmenter peut-être un peu plus leur prix de sortie
19:34et ainsi augmenter leur marge.
19:36Ça a été beaucoup documenté,
19:37beaucoup décrit par les banques centrales en l'occurrence.
19:40Vous dites qu'il y a beaucoup moins de place
19:42quand même pour ce phénomène aujourd'hui.
19:43On a cette impression-là.
19:44En fait, on a regardé de très près
19:46les communications des entreprises américaines
19:48au dernier trimestre.
19:50Sur l'architecte annuel, on a quand même vraiment l'impression
19:54qu'on a une espèce d'élasticité négative
19:57qui s'installe au niveau des prix.
19:59Donc si on continue à monter les prix,
20:00on détruit la demande.
20:01Et si vous vous souvenez de ce qui s'était passé
20:03lors du Covid, il y avait des excédents d'épargne,
20:05les politiques budgétaires étaient à la manœuvre.
20:07On avait des supply chains qui étaient en disruption,
20:10donc ce n'était pas très compliqué pour les entreprises
20:12de monter les prix.
20:13Après le 2 avril, après les tarifs,
20:14ça a été un peu plus compliqué.
20:16Ce qu'ont fait les entreprises,
20:17elles ont énormément négocié avec les fournisseurs,
20:20donc elles ont vraiment cherché à préciser
20:21les fournisseurs avant de commencer
20:23à passer des hausses de prix.
20:24Et les hausses de prix n'ont pas été passées
20:26de manière immédiate,
20:27elles ont été linéarisées.
20:28Il y en a encore dans le tuyau au moment où on parle.
20:30Donc on parle d'un phénomène qui a quasiment un an,
20:32il y a encore des entreprises aux Etats-Unis
20:33qui ont pour projet de continuer à monter légèrement les prix
20:37pour pouvoir pallier à l'impact tarifaire.
20:40Donc nous, ce qu'on se dit,
20:42c'est qu'à un choc supplémentaire,
20:44aujourd'hui, les entreprises n'ont pas forcément
20:45la capacité à continuer à faire monter les prix
20:48ou si elles cherchent à le faire,
20:50destruction de la demande.
20:51Donc il y aura un arbitrage entre destruction de la demande
20:53et les marges à faire.
20:54Donc in fine, des prix du baril qui restent élevés
20:57trop longtemps, des prix des entrants
20:59qui restent élevés trop longtemps,
21:01ce n'est pas une bonne nouvelle pour les marchés financiers.
21:03Soit ça se retrouve dans l'inflation et donc dans les taux
21:05et ça peut abîmer les marchés actions,
21:07soit ça se retrouve dans les marges des entreprises directement.
21:09C'est ça ?
21:09Exactement.
21:11Thierry, votre évaluation de la situation
21:13et notamment sur le plan du marché américain.
21:17Alors réunion de la Fed cette semaine,
21:22est-ce que la Fed a encore des arguments
21:24pour signaler de possibles baisses de taux ?
21:27C'était quand même un des grands projets
21:31de cette année 2026, Thierry, pour la Fed.
21:34Alors du côté de la Fed,
21:35il y a peu de chances qu'on observe
21:36une baisse des taux dans un court terme,
21:38surtout compte tenu de la situation actuelle.
21:41nos économistes et nos stratégistes pensent plutôt
21:43qu'on est sur une situation qui devrait afficher un statu quo,
21:47avec possiblement, et c'est un des sujets
21:49qu'on commence à avoir point
21:50autour de ce que peut dire certaines personnes
21:54proches de la Fed,
21:55de possible éventuellement montée de taux.
21:57Je rappelle toujours que le président de la Fed
21:59n'est pas seul à décider la matière de taux.
22:01Ce qui serait intéressant de savoir,
22:03c'est les attendus de Powell
22:06et éventuellement comment il peut aborder
22:09la hausse récente des cours de l'énergie.
22:12Et s'il pense prendre cela en compte
22:15par rapport à sa politique en matière de taux courts.
22:18Mais pour l'instant, pas un statu quo.
22:21C'est un point très différent de l'économie américaine
22:24par rapport à il y a 10 ou 15 ans.
22:25C'est qu'il y a eu la révolution du shale,
22:27du gaz de schiste, du pétrole de schiste,
22:29et que, de fait, les États-Unis sont exportateurs nets
22:33de produits pétroliers, de pétrole au sens large aujourd'hui.
22:38Ça change complètement la donne
22:40par rapport au réflexe même qu'on avait
22:42il y a 10 ou 15 ans ?
22:44Très clairement.
22:45Ce sont les premiers producteurs mondiaux.
22:46Ils produisent près de 14 millions de barils au jour.
22:48Et à 100 dollars, c'est en fait des producteurs marginaux,
22:52potentiels, pour venir accommoder, j'allais dire,
22:55le marché si nécessaire ?
22:57On l'a évoqué hors plateau tout à l'heure.
22:59Non, je ne pense pas.
23:00Encore une fois, ce que l'on...
23:02Aujourd'hui, il y a eu, comme on l'évoquait tout à l'heure,
23:06il y a eu un changement de paradigme
23:07dans l'univers de l'énergie.
23:08C'est-à-dire qu'en fait, les producteurs américains
23:10pensent d'abord à la génération de cash flow.
23:13Moi, quand j'ai commencé le métier, il y a quelques décennies,
23:15l'idée, c'était en fait que ces acteurs-là
23:18fassent des découvertes de gisements.
23:20C'est le drill, baby drill.
23:21Oui, c'était ça.
23:23Mais le drill, baby drill, en fait, finalement,
23:25c'est là aussi un sujet sur lequel Trump a échoué,
23:27parce qu'en fait, ils ne l'ont pas suivi.
23:29Et ça, mais nos analyses, c'est ce qu'ils ont dit.
23:31Ils n'ont pas de raison aujourd'hui d'augmenter la production,
23:34même si on pourrait imaginer un petit peu de...
23:36À 100 dollars, c'est peut-être plus la même histoire.
23:38Quand le pétrole était à 60, pourquoi pas ?
23:40Mais à 100 dollars, il y a peut-être une histoire différente, non ?
23:43La question, c'est le temps.
23:44C'est ce qu'on évoquait tout à l'heure,
23:45c'est savoir combien de temps vous allez vous retrouver
23:46dans une situation actuelle avec un baril élevé.
23:48Alors, je rejoins les deux propos qui ont été évoqués précédemment,
23:51c'est-à-dire que je pense qu'on va être durablement
23:55sur un taux du cours du baril au-delà de ce qu'il était avant la crise,
23:58enfin, avant la guerre,
23:59donc probablement sur des niveaux 80 dollars,
24:01ce qui a été évoqué tout à l'heure.
24:03Et en même temps, une accélération au-delà de 100 dollars.
24:05Encore une fois, on peut tout imaginer,
24:08mais il y a peu de chances que ce soit le cas.
24:09En tout cas, aux États-Unis, on voyait ce que disait Pauline tout à l'heure,
24:12il y a un écart qui est en train de se recréer entre l'Ouest Texas et le Brent.
24:15On a 5 dollars, ils étaient quasiment apartés.
24:17Ça prouve bien que les Américains ont des ressources
24:19qui n'ont pas ni les Asiatiques ni les Européens.
24:22Sur la partie taux d'intérêt, là, comment vous regardez les mouvements ?
24:26Alors, on parle beaucoup des taux longs, effectivement,
24:28qui se rapprochent de seuils un peu critiques,
24:314,25, 4,30, 4,50 sur 10 ans américains.
24:33Mais ce qui a beaucoup bougé aussi, c'est les parties courtes de courbes,
24:38avec un phénomène d'aplatissement des courbes de taux qu'on a pu observer.
24:42Alors que le phénomène antérieur à la crise iranienne
24:45était plutôt un phénomène de pontification.
24:48Quel est le message renvoyé par ces mouvements-là ?
24:50Il n'est pas clair.
24:52Comme vous le disiez, on était retourné dans une pontification de la courbe des taux.
24:56Et c'est pour ça qu'une des raisons était qu'en fait,
24:59il y avait un certain nombre de valeurs, en l'occurrence les valeurs bancaires
25:01qui se tenaient bien aux États-Unis,
25:02ont retombé dans un système un peu normal.
25:04Et là, on a observé un phénomène, je lisais un papier ce matin de notre stratégiste,
25:08qui faisait le constat qu'effectivement, c'est assez étonnant.
25:10On a eu un mouvement de montée des taux longs.
25:13On est passé en gros de 4 à 4,26, 4,27.
25:15On a monté presque de 30 BP sur le taux long, disons, US.
25:19Et en fait, il est allé voir ce qui s'était passé
25:21durant par exemple la guerre entre la Russie et l'Ukraine il y a 4 ans.
25:24On avait eu un phénomène où, à l'époque,
25:26les taux avaient commencé à baisser, crainte de récession.
25:30Et au bout de quelques semaines, c'est-à-dire au bout de 2 à 3 semaines,
25:33les taux ont commencé à se réaccélérer
25:34pour monter de presque 300 BP.
25:36Ce n'est pas rien dans les mois qui ont suivi.
25:39Le même phénomène, on l'a observé au moment du carry trade sur le Yen, en 24.
25:44Même phénomène qu'on observait l'année dernière,
25:47au moment du début avril sur...
25:49Libération Day.
25:50Libération Day.
25:51Alors là, c'était l'inverse.
25:52Les taux avaient d'abord monté comme ils le font aujourd'hui,
25:55puis ils avaient baissé rapidement.
25:56D'où la question du moment.
25:58Est-ce que la montée récente du taux 10 ans à 4,27, 4,30
26:02présage d'une poursuite de la montée ?
26:03On ne le pense pas.
26:04On pense que ça va rebaisser.
26:05Alors, la lecture immédiate...
26:06Il faut qu'il est au monde pour qu'il baisse.
26:08Oui.
26:08Alors, il n'y a pas, vous savez,
26:10parce que c'est ce que je vous dis depuis plusieurs mois,
26:11nous, chez Raymond James,
26:12on est très partisans d'une rotation sectorielle
26:15qu'on a vue depuis le mois d'octobre
26:17avec un papier remarquable
26:18qui a fait mon stratégiste en décembre dernier
26:20en privilégiant les cycliques et les small cards.
26:22Oui.
26:23On reste sur ce schéma.
26:24C'est un reste valable.
26:25Après deux semaines de crise iranienne,
26:26il n'y a pas de raison encore
26:27de remettre ce call en question.
26:29Alors, vous parliez tout à l'heure
26:31de qu'est-ce qui se passe
26:32quand on est en situation de crise.
26:33Aux Etats-Unis, de plus en plus,
26:34quand vous avez les situations de crise
26:35et les gérants du monde entier
26:36vont venir chercher de la large cap tech.
26:39On avait vu, on en avait parlé
26:40la dernière fois qu'on s'était vu,
26:43sur le décrochement du secteur des softwares.
26:46Et on a eu cet arbitrage, en fait,
26:47où les gens étaient beaucoup plus longs
26:49sur les semis et très défensifs sur les softwares.
26:51Ça a été dit tout à l'heure,
26:53les softwares ont repris un peu du...
26:55Hard versus Digital Assets.
26:56Oui, c'est ça.
26:57C'est un peu deux mondes
26:58qui s'opposent dans l'univers de la tech.
27:00C'est compliqué aujourd'hui
27:02parce que dans la thématique de l'IA,
27:04qu'est-ce qu'il faut privilégier ?
27:05Et il y a beaucoup d'acteurs.
27:07Entre le soft, l'airware dans les semis,
27:10au sein des semis, qu'est-ce que vous jouez ?
27:12Pareil dans les softs,
27:13est-ce que vous allez jouer
27:13des softwares de service ?
27:15Est-ce que vous allez jouer
27:16de la cybersécurité ?
27:17Est-ce que vous allez jouer
27:17des logiciels d'infrastructure ?
27:19Il y a des sous-secteurs.
27:20J'ai fait plusieurs cours
27:20avec les analystes.
27:22La réponse n'est pas claire.
27:23Non, il faut une finesse
27:25et un peu de granularité, sans doute,
27:26dans l'approche et dans l'analyse.
27:29Mais là-dessus,
27:29je vous fais rebondir, Frédéric.
27:31Dans quel état on va retrouver
27:32le thème IA ?
27:34Partant dans l'hypothèse,
27:36évidemment, que cette crise
27:37atteindra un pic
27:38et se détendra peut-être
27:41d'ici quelques semaines.
27:43Je rappelle là aussi,
27:44on était en plein AI winners
27:46versus AI losers,
27:47avec parfois des vues de marché
27:49très exacerbées,
27:51très définitives.
27:52Est-ce que cette crise géopolitique
27:54permet aussi de refroidir
27:57un peu les esprits
27:58par rapport à ce thème IA ?
28:00Et de quelle manière
28:02on va retrouver ce thème
28:03dans les prochaines semaines ?
28:04En fait, on voit que le marché
28:06arbitre très rapidement
28:07ces deux thèmes,
28:08AI winners et AI losers,
28:09en fonction des conditions
28:10de température et de pression
28:11du moment.
28:11C'est ça.
28:12Donc, on n'est même pas
28:13dans la semaine,
28:13on est dans l'instant T.
28:14Les taux montent,
28:15les taux baissent,
28:16les pertrades fonctionnent.
28:19Donc, il n'y a pas du tout
28:19de prospective.
28:20En tout cas, on a l'impression
28:21qu'on est dans la réaction immédiate
28:23et on n'est pas du tout
28:23dans la prospective.
28:25Alors, sur le thème de l'IA,
28:26ça va rester un thème qui va...
28:27Sur le thème de l'investissement,
28:29il y a les hyperscalers,
28:30on a un peu le sentiment
28:31qu'on continuera à avoir des chiffres
28:34pendant un moment
28:34qui vont rester importants.
28:35Donc, clairement,
28:36on est dans une course à l'armement.
28:38Ces gens-là ont besoin
28:38de mettre en place
28:42et on n'est pas du tout sortis
28:43de cette phase-là.
28:46Donc, la demande en puissance de calcul,
28:49la demande en puissance de NVIDIA,
28:50la demande en puissance de mémoire,
28:52on devrait avoir quelques trimestres
28:54encore de visibilité.
28:55On va avoir NVIDIA
28:56qui va communiquer très prochainement.
28:58Sachant qu'ils ont déjà déclaré
28:59lors de leur dernière publication
29:01des résultats qu'ils étaient en avance
29:02par rapport au plan de marche
29:03qu'ils avaient annoncé la fois précédente.
29:05Donc, on voit bien que cette dynamique-là,
29:07pour l'instant,
29:07elle reste complètement allumée.
29:09Il n'y a pas grand-chose
29:10au moment précis où on parle
29:12qui puisse faire dérailler
29:13cette tendance-là.
29:14D'autant qu'on a quand même
29:15un peu le sentiment,
29:16et également,
29:17qu'on cherchait des exemples
29:19de monétisation de l'IA.
29:20Les dernières publiquations
29:21de résultats, là aussi,
29:23que ce soit chez Meta,
29:24que ce soit chez Alphabet
29:25ou chez Microsoft,
29:27on donnait quelques exemples,
29:28enfin, quelques preuves concrètes
29:30que ce n'était pas juste
29:32une vue de l'esprit
29:33et qu'on commençait vraiment
29:34à monétiser une partie
29:36des investissements.
29:37Ensuite, il y a le thème
29:39des logiciels.
29:40Effectivement,
29:41dans les logiciels,
29:42il y a quand même
29:43beaucoup de choses
29:43qui se sont bien fait toucher
29:46depuis le début de l'année.
29:48Et même des entreprises
29:50de cybersécurité
29:51dont on pourrait imaginer
29:52qu'elles seraient
29:53les grandes gagnantes
29:54qui ont perdu
29:55entre 20 et 30 % également.
29:56Nous, on fait une hypothèse,
29:57on trouve que le marché
29:58va vite et un peu loin
29:59en besogne.
30:00Notamment sur des logiciels
30:02ERP et CRM
30:03qui sont très installés
30:04avec des grosses bases
30:05de clientèle
30:06qu'on trouve
30:07à des niveaux
30:07de valorisation aujourd'hui
30:08qu'on a vus, je crois,
30:09trois fois dans l'histoire
30:10ou d'autres dans l'histoire
30:11que lors des très très grandes...
30:13La ligne de démarcation
30:14n'est pas la bonne.
30:15Ce n'est pas tant
30:16le modèle SaaS
30:18qui est remis en cause,
30:20mais...
30:20Il y a trois interrogations
30:21du marché aujourd'hui.
30:22Il y a un,
30:22la disruption.
30:23Est-ce que l'IA
30:24va disrupter les grands modèles ?
30:25Deux, il y a les licenciements.
30:28Si on dit que l'IA
30:29remplace les cols blancs
30:30comme ce sont des boîtes
30:31qui facturent au poste,
30:33s'il y a 40 %
30:33de poste en moins,
30:34potentiellement,
30:35il y a 40 %
30:35de durations en moins.
30:36Et le troisième élément,
30:37c'est le modèle de rémunération
30:38puisqu'on va avoir
30:39des modèles de rémunération
30:40qui vont être hybrides
30:40avec de la data,
30:41du fixe,
30:42ce genre de choses.
30:42Donc, il y a beaucoup
30:43d'interrogations.
30:44Mais en revanche,
30:45ce n'est pas la première
30:46révolution industrielle
30:46que ces entreprises-là
30:47connaissent.
30:48Ils sont passés au cloud.
30:51Il y a eu là aussi,
30:52à cette époque-là,
30:53beaucoup d'interrogations.
30:54Les multiples avaient d'irrêté
30:56pour ensuite rebondir.
30:59Ce sont des entreprises
30:59qui sont riches,
31:00qui ont plutôt des gens
31:01qui ont des têtes bien faites
31:02sur une nouvelle technologie
31:04qui, à notre avis,
31:06ils seront là mettre
31:06en application
31:08pour le plus grand bien,
31:09le plus grand service
31:10de leurs clients.
31:11Donc, on ne voit pas
31:12aujourd'hui les gens
31:13sortir de SAP
31:14ou sortir de Salesforce
31:15pour aller mettre
31:17un logiciel relativement inconnu
31:19en espérant faire
31:19des économies.
31:20D'autant qu'il faut garder
31:22à l'esprit
31:22que la vraie barrière
31:23à l'entrée dans ce métier-là,
31:24c'est la data.
31:25Et la data bien rangée,
31:26bien administrée.
31:27Et ces entreprises
31:27ont réussi à démontrer
31:28dans l'histoire
31:29qu'elles avaient plutôt
31:30eu tendance quand même
31:31à bien faire les choses
31:32auprès de leurs clients.
31:33Donc, il y a des interrogations,
31:34on ne le nie pas.
31:36Mais de là à avoir
31:37un secteur qui traite
31:38aujourd'hui à quasiment
31:399% de fric-lash-field,
31:40là, pour le coup,
31:41on ne l'a quasiment jamais vu.
31:44Je pense que c'est allé
31:45assez vite en besoins.
31:46Et un peu de stress de marché,
31:47désolé d'être un peu
31:48presque cynique,
31:49mais un peu de stress de marché
31:50comme on le vit
31:51depuis deux semaines,
31:51ça permet peut-être
31:53de réajuster un peu le tir
31:55sur ce secteur
31:57des logiciels ?
31:58S'il y a un choc pétrolier,
32:00enfin, ça ne consomme pas
32:01de pétrole,
32:01il n'y a pas de prix
32:02des entrants,
32:03donc assez naturellement,
32:05ça devient défensif.
32:05On redécouvre un certain
32:06nombre de qualités
32:07à ce secteur.
32:08Ça devient défensif.
32:10Donc, à chaque fois
32:11qu'on a des interrogations
32:12sur la longueur de la crise
32:14ou des gains d'événements
32:15dans le détroit,
32:16c'est un secteur
32:16qui reprend des couleurs.
32:17Nous, on aimerait bien
32:18le voir reprendre des couleurs
32:19pour des raisons fondamentales,
32:21juste à cause
32:22du prix de baril,
32:23parce que c'est vrai
32:23que pour l'instant,
32:24la relation de causalité
32:26est quand même
32:27un petit peu biscrandue.
32:29Mais encore une fois,
32:30ce sont des entreprises
32:31qui avancent,
32:32qui vont communiquer,
32:33qui ont déjà commencé
32:34à communiquer
32:35sur la façon
32:36dont elles allaient
32:37adapter leur business model
32:39aux nouveaux impératifs
32:40de l'IA.
32:41Ce que l'on croit à nous,
32:43c'est qu'une grande,
32:45grande partie
32:45de leur base de clientèle
32:46fera le choix
32:47de les accompagner
32:48et d'attendre
32:49qu'ils migrent
32:49vers des solutions
32:50toutes IA.
32:51Donc, voilà.
32:52Sur la partie logiciel,
32:54même si je reconnais
32:55que ce n'est pas blanc
32:55ou ce n'est pas noir,
32:57nous, on trouve quand même
32:57qu'en termes de valorisation,
32:58ça, elle est très loin.
33:00Et on commence à avoir
33:00des entreprises
33:01qui rachètent leurs actions.
33:03Salesforce, c'est ça ?
33:04C'est 50 milliards,
33:0525 milliards de...
33:06Pas rien, hein ?
33:09On lève de la dette
33:10pour racheter les actions.
33:11Parce qu'on a confiance
33:12dans le business model.
33:13Oui, oui,
33:13non, mais c'est ça.
33:14Effectivement,
33:14c'est un signal.
33:15On va survivre
33:16et qu'on va continuer
33:17à générer du cash flow.
33:18Oui, j'ai pas mal
33:19de ces bottes.
33:20Comme vous dites,
33:20on a traversé
33:21d'autres révolutions technologiques,
33:23quand bien elles étaient
33:23peut-être moins disruptives
33:25que l'IA,
33:26mais c'est des boîtes
33:27qui ont eu la capacité
33:28à s'adapter.
33:29Sur ces contre-pieds de marché,
33:30qu'est-ce que vous dites,
33:31Véronique ?
33:31Alors, on parlait
33:31du thème de l'IA,
33:32mais le dollar
33:33est aussi un petit contre-pied,
33:35l'aplatissement
33:36des courbes de taux.
33:38On a parlé des métaux
33:39tout à l'heure.
33:40C'est vrai que l'or
33:41ne fait pas grand-chose
33:42quand même
33:42depuis le début du conflit.
33:44Il y a beaucoup de questions.
33:45D'abord,
33:46la première question
33:46est le gros contre-pied,
33:47c'est le dollar.
33:49Le dollar,
33:50puisqu'il y avait quand même
33:51un consensus de marché
33:52très très fort
33:53il y a un début d'année,
33:54comme quoi le dollar
33:55allait baisser,
33:56la Fed allait finir
33:57par baisser ses taux,
33:58etc.
33:59Et à l'origine
34:00de stratégies
34:01d'investissement
34:04très importantes
34:05qui elles aussi
34:05s'étaient beaucoup développées.
34:07Je pense notamment
34:08au regain d'appétit
34:09pour les pays émergents
34:11qui plus est producteurs
34:13de matières premières
34:13en général
34:14et très sensibles
34:15à la devise
34:16et au taux américain.
34:17Donc toute cette histoire
34:18des pays émergents,
34:19je pense qu'elle devient
34:21beaucoup plus complexe.
34:22Ce n'est pas
34:23qu'elle disparaît,
34:25mais j'avais fait un papier
34:27quelques semaines
34:28avant l'éclatement
34:29de la guerre
34:29en disant
34:30attention,
34:30le monde émergent
34:31c'est quand même
34:32un melting pot
34:33avec des caractéristiques
34:34très hétérogènes
34:36et on le voit bien.
34:38L'Inde, par exemple,
34:39est quand même
34:39très durement touchée
34:41dès que les prix du pétrole
34:43dont ils sont très dépendants
34:46augmentent.
34:46il y a en plus
34:47la problématique
34:47des engrais,
34:48agriculture,
34:49etc.
34:50Vous avez beaucoup
34:51de pays
34:51traditionnellement
34:52avec des déficits courants
34:54et qui sont fragiles
34:55en matière d'inflation.
34:56Donc le thème dollar
34:57est très important.
34:58Et aujourd'hui,
34:59je vous avouerai
35:00que moi,
35:01je manque de conviction
35:02vraiment
35:02sur cette histoire
35:03du dollar
35:04et de la parité
35:05du dollar.
35:06fondamentalement,
35:07j'ai écrit un papier
35:08à deux semaines
35:08en disant
35:09« Or contre dollar,
35:10non mais vous voulez rire,
35:11rien ne peut soutenir
35:12le dollar ».
35:15Sauf que là,
35:16on est en train
35:17d'envisager
35:18que Jérôme Powell
35:19reste plus durablement
35:20en place,
35:21que même s'il est,
35:23si Kevin Walsh
35:24finit par prendre
35:25des commandes,
35:26il aura peut-être bien
35:26les pieds et mains liés
35:29parce que si l'inflation
35:30pendant au moins
35:31quelques mois
35:33dérape à la hausse,
35:34ce sera quand même
35:34extrêmement difficile
35:35de faire ce qu'il a promis,
35:36c'est-à-dire des baisses de taux.
35:38Et par ailleurs,
35:40il y a les facteurs
35:41la moindre exposition
35:43d'économie américaine
35:44quand même à ce qui se passe.
35:44Donc tous les facteurs
35:45jouent à la fois
35:45le différentiel de taux
35:46et le différentiel de croissance,
35:48potentiellement.
35:49Potentiellement,
35:49voilà.
35:50Et puis vous rajoutez
35:50une petite couche de productivité
35:52avec l'IA aussi
35:53qui joue son rôle
35:54quand même sur la parité,
35:56indiscutablement,
35:57au bémol près
35:58que les perspectives américaines
36:00ce n'est pas que la puissance
36:01d'être premier producteur mondial
36:04de pétrole,
36:05c'est aussi le consommateur.
36:06Et lui, le consommateur,
36:07il a quand même
36:08beaucoup de mal
36:08à digérer un prix
36:10durablement
36:11du pétrole
36:12durablement sur le prix du pétrole.
36:13Et net pour l'économie américaine
36:14une fois qu'on a dit
36:15qu'elle est exportatrice
36:16de produits pétroliers,
36:17un choc sur les cours du pétrole,
36:21en net pour l'économie américaine...
36:23En net pour l'économie américaine...
36:24Ça n'a rien à voir
36:25avec le même choc pour les...
36:26D'accord.
36:27Exactement.
36:27Mais c'est positif ou négatif ?
36:30On ne sait plus trop...
36:31Non, c'est négatif.
36:32D'accord, ça reste négatif quand même.
36:33Ça reste négatif.
36:35L'impact sur la consommation
36:36l'emporte quand même
36:37sur le facteur
36:38production pétrolière.
36:39D'accord.
36:40Par contre, voilà...
36:41Mais l'ampleur est moins.
36:42Évidemment.
36:43Donc,
36:45voilà,
36:45ça c'est un gros sujet.
36:46L'autre gros sujet,
36:48effectivement,
36:48c'est,
36:49vous l'avez mentionné,
36:50la courbe des taux.
36:52Moi, je trouve que quand même
36:53c'est allé très vite.
36:54Vous vous rappelez
36:55quand les consumers staples
36:56l'avaient repris,
36:57là, il y a quelques semaines
36:57et ça reprenait très vite.
36:59Bon,
37:00la guerre en France
37:01a coupé court immédiatement.
37:04Et donc,
37:05ça,
37:06c'est le thème
37:06qu'on a évoqué tout à l'heure,
37:08cette fragilité quand même
37:09de la moitié,
37:10à peu près,
37:10de la population
37:11des consommateurs américains
37:12qui risque d'être attrapée
37:14très rapidement.
37:15fondamentalement,
37:16c'est la partie longue.
37:17Moi, on avait toujours
37:18un scénario,
37:19nous, depuis deux ans,
37:20de tension
37:22sur la partie longue
37:23des taux d'intérêt,
37:24donc qui s'est très bien développé
37:25jusqu'à maintenant.
37:27Nous,
37:27il nous semblait
37:28qu'on devait dépasser
37:28les 5%
37:29sur 10 ans américains
37:31à horizon fin 2026.
37:33Moi,
37:33je n'ai jamais eu
37:33de baisse de taux
37:34de la fête
37:34dans mon scénario.
37:36C'est vrai.
37:37Parce que j'avais
37:38un scénario
37:38de maintien
37:40de la croissance également.
37:41Donc,
37:41je ne sais pas pourquoi,
37:42comment on arrivait
37:43à des baisses de taux.
37:43et si on est arrivé,
37:46si jamais
37:47ça se présentait,
37:48pour moi,
37:48c'est un facteur
37:48de tension additionnelle
37:50sur la partie longue
37:51de la courbe.
37:52Donc,
37:52tout ceci
37:53me semble extrêmement important
37:54pour l'équipe des marchés
37:56et peut-être
37:56pour les cours des précieux.
37:57L'or,
37:58comme je disais tout à l'heure,
38:00j'ai quand même
38:01un peu le sentiment
38:02que l'or a commencé
38:03à marquer le pas
38:05de sa hausse
38:05à partir du moment
38:06où, certes,
38:07les prix du pétrole
38:07ont monté,
38:08mais où, du coup,
38:09les taux d'intérêt
38:10se sont repris.
38:11Là,
38:11il y a un jeu
38:12avec des taux d'intérêt
38:13réels qui, quand même,
38:15ont plutôt tendance
38:16à reprendre un petit peu
38:17une tendance à la hausse
38:19qui pourrait stopper
38:20l'appétit
38:23et qui pourrait peut-être
38:25casser la dynamique
38:26sur les métaux précieux.
38:27Donc,
38:27cette partie
38:29du diagnostic,
38:30elle est cruciale
38:31à bien des égards
38:32et je vous avoue
38:34qu'aujourd'hui,
38:35on a beaucoup de mal
38:36à faire
38:38la part des choses
38:39parce qu'il y a
38:39ce risque conjoncturel
38:41qui peut décaler
38:42dans le temps.
38:44Pour avoir une remontée
38:45des taux longs
38:46tels qu'on avait,
38:46il nous faut
38:47un socle conjoncturel
38:48qui tienne.
38:49Il nous faut
38:49de l'IA
38:50et de l'investissement
38:51dans l'IA
38:51qui vient souffler
38:53sur les braises
38:53de marchés.
38:54Il ne faut pas
38:54de trou d'air
38:54sur ces tendances-là.
38:55qui sont déjà
38:56bien échaudées
38:57et une banque centrale
38:58qui soit relativement,
39:01ne soit pas trop
39:01inquiète
39:02des tensions
39:02sous-jacentes
39:03inflationnistes.
39:04Voilà.
39:04Et en fait,
39:05chacun de ces trois points
39:06est aujourd'hui
39:06un peu en suspens.
39:08Donc, je dirais
39:09attendons un petit peu
39:10d'y voir
39:11un petit peu
39:12plus clair.
39:13Je pense que
39:13nous, on a plutôt
39:14tendance à conserver
39:15notre scénario
39:16antérieur,
39:17c'est-à-dire qu'on dépasse
39:17ces 5% à 10 ans
39:19d'ici la fin de l'année.
39:21On peut encore reprendre
39:22l'histoire d'avant.
39:23On peut peut-être attendre
39:23un petit peu
39:24avant de créer
39:25ces scénarios.
39:26On ne vous forcera pas
39:27à avoir des convictions
39:28définitives à ce stade.
39:30On verra d'ailleurs
39:30ce que nous disent
39:31les banquiers centraux
39:32et comme vous disiez,
39:32sans doute qu'ils aient
39:33son beauté en touche
39:34au maximum,
39:35mais il faudra bien
39:36quand même qu'ils se prononcent.
39:37C'est la préjibité
39:37de Kevin Walsh
39:38qui est là.
39:40Enfin, pour l'instant,
39:41ce n'est pas encore lui
39:42qui est en charge
39:43et c'est encore Jérôme Poel
39:44qui nous fera
39:45la communication
39:46de mercredi soir.
39:47Comment on navigue
39:48dans ce genre
39:49d'ambiance ?
39:51À quoi on se raccroche
39:52entre guillemets,
39:53Thierry ?
39:53Et si ces moments
39:54de tension de marché
39:56sont toujours propices
39:57à réévaluer
39:58les convictions,
39:59sur quoi est-ce
40:00qu'on se recentre ?
40:01S'il faut recentrer
40:02un peu les thèmes
40:03d'investissement
40:04ou les portefeuilles
40:05en l'occurrence ?
40:06Alors, nous,
40:07les thèmes n'ont pas
40:08beaucoup varié,
40:09c'est-à-dire qu'on est toujours
40:09sur ce que je vous disais
40:10tout à l'heure,
40:11sur une thématique
40:11plutôt cyclique,
40:12mid-small américaine.
40:14C'était le call
40:15de nos stratégistes
40:16en octobre dernier,
40:16on en avait parlé,
40:17on avait été des rares maisons
40:19qui étaient plutôt
40:20boules de l'art
40:20parce qu'il y a quand même
40:21un consensus global
40:22de gens qui étaient
40:23plutôt négatifs de l'art.
40:25Si je suis tout à fait honnête,
40:26j'ai envie de dire
40:26qu'on a eu raison
40:27sur le mouvement
40:28de la devise,
40:28mais pas forcément
40:29sur les bonnes raisons
40:31bien que les raisons
40:32invoquées par l'économiste
40:34et les stratégistes
40:34étaient vraiment basées
40:35sur une croissance économique.
40:37En fait,
40:37ce qu'on a du mal à comprendre,
40:38c'est pourquoi le dollar
40:38avait autant baissé,
40:39pour être tout à fait sincère.
40:40On peut toujours l'expliquer,
40:42les variations des devises
40:44que j'ai vécues
40:45depuis un certain nombre
40:45de décennies,
40:46c'est assez compliqué
40:47d'évaluer une devise
40:48parce que les mêmes raisons
40:49à un instant T
40:49ne se répètent pas forcément
40:50en T plus 1.
40:51C'est compliqué.
40:52Mais là,
40:52les raisons étaient basées
40:53sur une croissance,
40:54je parle des économies développées,
40:56une des plus fortes
40:56qu'on avait au monde
40:57et c'est le cas aux Etats-Unis.
40:58Trois années de croissance
40:59avec des croissances PIB
41:00entre 2,2 et 2,7.
41:01Un taux de chômage
41:02qui est quand même très bas.
41:03Il a été à 3,5,
41:04mais il est à 4,2.
41:05Ça reste encore
41:05tout à fait acceptable.
41:07Des commandes de biens durables
41:07qui étaient fermes
41:08et la mise en place
41:09du One Big Beautiful Bill Act
41:11de Trump,
41:12tout ça conjugué
41:13faisait qu'on avait
41:15un scénario boule dollar.
41:17Je ne sais pas
41:18où ça ira.
41:20Personne ne imagine
41:21qu'on retourne
41:21sur des niveaux de parité
41:22mais voilà.
41:23Et sinon,
41:24sur les thématiques sectorielles,
41:26je vous le disais,
41:26on reste un petit peu
41:27sur les mêmes choses
41:28avec bien évidemment
41:29de saisir les opportunités.
41:30On évoquait tout à l'heure
41:32les secteurs des logiciels.
41:33On n'est plus vendeurs
41:34et on cherche plutôt
41:35des opportunités.
41:36D'accord.
41:38Salesforce en est une,
41:39il y en a d'autres
41:40à regarder.
41:41On reste très favorable
41:42aussi sur l'univers
41:43des sociétés
41:44de semi-conducteurs.
41:45On aura mercredi soir
41:46la publication de Micron,
41:47très importante.
41:48Ils font des mémoires
41:49à bande large
41:50très importantes
41:51dans l'univers de l'IA.
41:52On verra
41:52ces accords au bord
41:53ce que devait déclarer
41:54dans sa keynote
41:54ce soir le CEO
41:56d'NVIDIA.
41:57Oui,
41:58Jensen Wang,
41:58effectivement,
41:59ces trois à quatre journées
42:00intenses
42:01avec une grande conférence mondiale
42:02sur l'IA
42:03organisée par NVIDIA
42:06aujourd'hui
42:06aux Etats-Unis.
42:08sur les grandes thématiques
42:09sur les grandes thématiques
42:09de marché.
42:10Là aussi,
42:12à quelles convictions
42:13les plus solides
42:14est-ce qu'on se raccroche
42:14aujourd'hui, Frédéric ?
42:17Nous, on fait un peu
42:17l'hypothèse quand même
42:18qu'on vit une période
42:19un peu compliquée
42:20mais que ça ne fait pas
42:20complètement dérailler
42:21le scénario qu'on avait
42:22en début d'année.
42:22Donc, il était plutôt
42:23une accélération
42:23de la croissance
42:26avec des plaques tectoniques
42:28qui prennent le relais.
42:29Donc, l'Asie
42:31et l'Europe.
42:32Pour l'instant,
42:32on est toujours
42:33dans ce scénario-là.
42:34Et donc, on a plutôt tendance
42:35également à avoir envie
42:36de renforcer les valeurs
42:37industrielles
42:37avec les cycliques.
42:38Oui, je comprends.
42:39Les valeurs cycliques
42:39et industrielles
42:40et sensibles
42:42à la consommation.
42:43Et on est toujours
42:44dans cette optique-là.
42:45Donc, là,
42:45la volatilité,
42:47ça nous donne
42:47l'opportunité
42:48de reprendre des dossiers
42:50avec des perspectives
42:51de croissance intéressantes
42:52à moyen terme
42:53et de les reprendre
42:53avec 20% de solde.
42:55Oui, oui.
42:56Le thème de la reprise cyclique
42:57y compris en dehors
42:59de l'économie américaine
43:00est un thème
43:00qui reste encore valable.
43:01Pour l'instant,
43:02nous, la centrale
43:02n'a pas bougé.
43:04Encore une fois,
43:04on fait partie
43:06de ceux qui,
43:07croyant que cet épisode-là
43:08sera de courte durée.
43:11Personne n'a l'intérêt
43:12de voir un baril
43:13qui s'installe
43:14au date de 100 dollars
43:15durablement.
43:16Et donc,
43:16pour l'instant,
43:17le scénario reste d'actualité.
43:19Oui.
43:19Bon.
43:20Effectivement,
43:20la situation
43:21est encore résorbable.
43:23On parlera peut-être
43:24de quelques séquelles,
43:25mais pas de cicatrices profondes,
43:27peut-être,
43:28dans quelques semaines,
43:28Oui, je pense qu'on est dans une...
43:30Enfin, moi, j'adhère
43:31à ce qui vient d'être dit.
43:32Oui, nous aussi,
43:33on a un scénario de reprise.
43:34Sauf que c'est une reprise
43:35très particulière.
43:36C'est une reprise industrielle,
43:38de secteurs
43:39qui n'étaient pas forcément...
43:40Alors, on met
43:40la problématique
43:42technologique de côté,
43:43mais c'est vraiment
43:45de l'investissement lourd,
43:47c'est...
43:48Ah, mais c'est plus
43:48les cycles de consommation
43:49qui font le cycle.
43:51Oui, oui.
43:52Et je pense,
43:53moi, si j'avais
43:55à souligner
43:56des points d'ancrage,
43:57nous sommes dans un monde
44:00à court
44:01de matières premières,
44:02et ça, je pense
44:03que c'est incontournable.
44:05On ne peut pas l'ignorer
44:06dans le scénario...
44:07Donc, c'est une limite
44:08à la croissance ?
44:08Dans un cycle d'investissement
44:10où c'est l'investissement
44:11en infrastructures
44:12qui porte la croissance,
44:13vous dites,
44:13la limite des ressources,
44:14c'est...
44:15Exactement.
44:16Qui va de pair
44:17avec des hausses de taux.
44:18Et moi, ma préoccupation,
44:20c'est qui va plus vite
44:21à un moment donné
44:22dans cette course ?
44:23C'est ça.
44:24Est-ce qu'à un moment donné,
44:27l'accélération
44:28à la hausse des taux
44:29vient casser la dynamique
44:30de l'investissement
44:31et la reprise industrielle ?
44:32Je ne crois pas,
44:33mais je crois que tout ceci
44:34se paye in fine
44:35par des matières premières
44:36bien plus élevées.
44:37Et on revient
44:37à la problématique de l'or.
44:39Du coup, ah mais oui,
44:39non, mais dans ce cas,
44:40il faut rester long, précieux.
44:42C'est une opportunité,
44:44là, peut-être,
44:44sur les pressions.
44:45Et là, je reviens sur
44:46la crédibilité
44:47des politiques monétaires.
44:49Kevin Walsh
44:51dira, dictera
44:52cette histoire-là.
44:53Il est crédible,
44:54les taux longs
44:55sont contenus
44:57et les cours
44:58de matières premières
44:59probablement
45:01évoluent
45:02dans des zones
45:02supportables.
45:04Il est trop politique.
45:05Compliqué,
45:06parce qu'on ne l'a pas
45:06beaucoup entendu,
45:07Kevin Walsh,
45:08on ne l'a pas beaucoup
45:09entendu en 2026,
45:10donc on se réfère tous
45:11à son passé,
45:12le passif qu'il a eu
45:13déjà à la Banque Central,
45:15américaine,
45:15ses prises de position
45:16à l'époque.
45:18Il a été décrit
45:19comme un faucon,
45:20d'autres le décrivent
45:20comme quelqu'un
45:21de plus pragmatique,
45:23on va dire.
45:23Positionnement sur le bilan.
45:26Sur le quantitative easing,
45:27effectivement.
45:29On verra comment tout ça évolue,
45:31en tout cas,
45:31grosse séquence
45:32Banque Central devant nous,
45:33vous l'avez compris,
45:33avec dès demain,
45:34sans doute,
45:35ou en tout cas,
45:36une possible nouvelle
45:36hausse de taux
45:37de la Royal Bank of Australia,
45:39la Banque Central d'Australie
45:40qui a déjà monté ses taux
45:41lors de son précédent meeting.
45:42Merci à vous trois,
45:43merci d'avoir été les invités
45:44de PNF Marché ce soir.
45:46Frédéric Tassin,
45:46Offi Invest AM,
45:47Thierry Guil,
45:48Raymond James France
45:49et Véronique Riff-Flores,
45:50RF Research.
45:55Chaque lundi,
45:56nous restons à l'heure américaine
45:57dans le dernier quart d'heure
45:58de Smart Bourse,
45:59le quart d'heure thématique
46:00qui est notre quart d'heure
46:01américain hebdomadaire
46:02avec la présence à distance
46:05de Pierre-Yves Dugas,
46:06notre correspondant américain.
46:08Bonsoir et bienvenue Pierre-Yves.
46:09Merci beaucoup d'être avec nous
46:10chaque lundi
46:11pour décrypter les enjeux
46:12de l'économie,
46:15de la politique
46:15ou de la finance américaine
46:17avec cette question simple
46:19comment est-ce que
46:20l'économie américaine
46:21telle qu'on la comprend
46:22et telle qu'on l'observe aujourd'hui,
46:24comment cette économie
46:25peut-elle absorber,
46:26encaisser, digérer
46:28un possible choc pétrolier
46:29s'il faut se mettre
46:30dans cette hypothèse ?
46:33C'est la grande question.
46:35Nous sommes mi-mars.
46:36Cette campagne
46:39qui a provoqué
46:41une envolée du prix de l'essence
46:43va-t-elle se transformer
46:44en véritable choc pétrolier
46:45ou bien si,
46:46comme beaucoup le croient,
46:48d'ici deux semaines,
46:50les choses retrouvent
46:53un cours plus normal,
46:55notamment, bien sûr,
46:55dans le détroit d'Hormuz.
46:57On aura juste
46:59une grosse, grosse frayeur.
47:01Chaque jour qui passe,
47:02évidemment,
47:03ajoute sa dose d'anxiété.
47:06Pour l'américain moyen,
47:09qui est le moteur
47:09de l'économie américaine,
47:11la consommation,
47:11c'est plus de 75%
47:14du PIB américain,
47:16si je ne m'abuse.
47:17Pour l'automobiliste américain
47:19moyen,
47:20ça va moins bien
47:20cette semaine
47:21que la semaine dernière.
47:22Nous avons en moyenne
47:24le gallon d'essence,
47:26un gallon,
47:26c'est 3,8 litres,
47:29à 3,7 dollars,
47:30c'est-à-dire qu'on est
47:31encore en dessous
47:32d'un dollar le litre.
47:33Il y a une semaine,
47:34nous étions à 3,5 dollars
47:36et il y a un mois,
47:37nous étions en dessous
47:38de 3 dollars.
47:40Si vous êtes californien,
47:41vous êtes déjà
47:42au-dessus de 4 dollars,
47:43mais les californiens
47:44sont habitués
47:45à payer l'essence
47:46très chère,
47:47ils ne veulent pas
47:47de raffinerie
47:48sur la côte ouest,
47:49donc ils sont obligés
47:51de payer cher l'essence.
47:55Cette augmentation
47:56a immédiatement
47:57une répercussion
47:58sur les prix
47:58des billets d'avion,
47:59risque d'en avoir
48:01sur le prix
48:02du transport
48:03de marchandises,
48:04mais va-t-elle modifier
48:06les anticipations
48:07inflationnistes ?
48:08Je crois que la réserve
48:09fédérale,
48:10mercredi soir,
48:11va nous dire
48:11qu'ils attendent,
48:12ils attendent
48:14et ils espèrent
48:15que ces bombardements
48:17vont bientôt cesser
48:18et qu'une solution
48:18sera trouvée
48:19à la libre circulation
48:21du pétrole
48:22dans le détroit d'Hormuz.
48:24Il nous manque
48:24en gros 20 millions
48:26de barils par jour
48:27et même si on autorise
48:29le retour sur le marché
48:31d'une partie
48:32de la production russe,
48:35cela ne suffira pas
48:36à équilibrer les choses.
48:37L'effet récessionniste
48:40n'est pas certain.
48:42Tout de même,
48:43la réserve fédérale
48:44se rend compte
48:45que la différence
48:47de ce que l'on avait
48:47anticipé au tout début
48:49de cette campagne
48:49le 28 février,
48:50l'économie américaine
48:52est certainement
48:53du point de vue
48:53de l'emploi
48:54et de l'inflation
48:55qui sont ces deux mandats
48:56plus fragiles
48:58qu'on ne le croyait.
49:00Nous avons eu
49:01une destruction nette
49:02d'emplois en février,
49:04nous avons eu
49:05une révision
49:06très négative
49:07des créations
49:07d'emplois
49:08des mois précédents
49:09avec une destruction
49:10nette d'emplois
49:11également au mois
49:12de décembre
49:13qui nous conduit
49:15d'ailleurs
49:15à probablement
49:17faire l'impasse
49:18sur l'examen
49:20au premier degré
49:21des chiffres mensuels
49:22de l'estimation
49:23des créations
49:24d'aides d'emplois
49:25par le bureau
49:25du travail
49:26parce que la qualité
49:28de la statistique
49:29est vraiment
49:29trop décevante
49:30et la réponse
49:31tardive
49:32des entreprises
49:33au questionnaire
49:34fait qu'il vaut mieux
49:35maintenant se juger
49:36de l'état
49:37du marché américain
49:38de l'emploi
49:38sur une moyenne
49:40glissante
49:41des trois derniers mois.
49:42Donc du point de vue
49:43de l'emploi,
49:44on est quand même
49:45en clignotant orange,
49:47du point de vue
49:48de l'inflation aussi
49:49parce que l'inflation
49:51continue de ne plus baisser
49:53voire de grimper
49:54un petit peu.
49:55On est en dessous
49:55de 3%
49:56mais on est très près
49:57de 3%
49:57et on ne peut pas
49:58imaginer que la réserve
49:59fédérale mercredi
50:01abaisse son taux
50:02et de plus en plus
50:04je viens de consulter
50:05les probabilités
50:06induites par le marché
50:08des futures
50:10du CMI
50:1240% maintenant
50:13de probabilités
50:14pour que la fête
50:15ne fasse rien
50:16avant le mois d'octobre.
50:18Ce qui conduirait
50:19bien sûr
50:20à une quasi-trahison
50:22de la part
50:23de Kévin Noir
50:24si jamais ce dernier
50:26parvient à être
50:27confirmé par le Sénat
50:29à la tête
50:29de la réserve fédérale.
50:30Je crois qu'on va
50:31en reparler un peu plus.
50:32Oui, blague à pas.
50:33Oui, effectivement
50:33le marché n'a fait
50:35que reporter
50:36pour l'instant
50:36l'idée de baisse
50:37de taux
50:38de la réserve fédérale
50:38américaine
50:39mais ça reste quand même
50:40le sens
50:40que privilégie le marché.
50:42Il faudrait que je revérifie
50:43mais je crois
50:44qu'au début des années 90
50:45on a la guerre d'Irak
50:47un choc pétrolier
50:48là aussi
50:49Alan Greenspan
50:50en charge
50:52grâce au mandat
50:53dual
50:53de la réserve fédérale
50:55américaine
50:55ne se prive pas
50:57alors ne monte pas
50:57les taux déjà
50:58mais je crois même
50:59qu'il délivre
51:00quelques baisses de taux
51:01également au début
51:02des années 90.
51:03Je ne sais pas
51:03si vous avez la réponse
51:04précise Pierre-Yves
51:05mais je vérifierai ça.
51:07Oui
51:08c'est ce qui avait été fait
51:10avec quand même
51:10deux différences importantes
51:12que nous avons évoquées
51:13la semaine dernière
51:14c'est que l'économie
51:15américaine a beaucoup changé
51:16et beaucoup moins dépendante
51:17du prix de l'essence
51:18et du prix de l'énergie
51:19en général
51:19que dans les années 90.
51:22La deuxième différence
51:23ça on n'en avait pas parlé
51:25la semaine dernière
51:26mais il n'est pas trop tard
51:26pour le coup
51:27aujourd'hui
51:27c'est que
51:30le trésor américain
51:31continue de souligner
51:32que de l'argent
51:33va être restitué
51:34aux consommateurs américains
51:35sous la forme de remboursement
51:37de trop perçu
51:38de baisse d'impôt
51:40quelques 100 milliards
51:41de dollars
51:42vont être réinjectés
51:43directement dans la poche
51:44des consommateurs américains
51:46de quoi compenser
51:48au moins en partie
51:49pour les foyers
51:51les plus riches
51:53en tout cas
51:54les effets de ponction
51:56sur le revenu
51:57de cette hausse d'impôt
51:59malheureusement
52:00comme tous les tax refund
52:02comme tous les remboursements
52:03d'impôt
52:03ça ne concerne que les gens
52:05qui ont payé
52:05des impôts
52:06c'est-à-dire que
52:07les américains
52:08les moins riches
52:10qui payent très peu d'impôts
52:11voire pas du tout
52:11d'impôts
52:12sur le revenu
52:13au niveau fédéral
52:13ne percevront pas
52:15cette manne
52:16bon l'arrivée de Kevin Walsh
52:17sur la tête
52:17de la réserve fédérale américaine
52:19commence à devenir
52:19une arlésienne
52:21Pierre-Yves
52:22avec alors
52:22une affaire judiciaire
52:24autour de Jérôme Powell
52:25qui est en train
52:25de rebondir
52:27plutôt dans le bon sens
52:29d'ailleurs
52:29pour Jérôme Powell
52:30mais ces rebondissements
52:31pourraient retarder
52:32encore un peu plus
52:34la validation par le Congrès
52:36de la nomination
52:37de Kevin Walsh
52:38à la tête de la Fed
52:39Vous savez qu'on apprend
52:42aujourd'hui
52:43que deux choses
52:45importantes
52:46la première
52:47c'est que
52:48tous les documents
52:49nécessaires au sénateur
52:50pour examiner
52:51la sélection
52:52de Kevin Walsh
52:53n'ont pas encore
52:54été communiqués
52:55donc on est loin
52:56de programmer
52:57les premières auditions
52:58publiques
53:00qui devraient mener
53:01normalement
53:02à sa confirmation
53:03assez facilement
53:04il manque
53:05des informations
53:06sur sa situation
53:07financière
53:08et vous savez
53:09ce que c'est
53:10quand on est
53:10très très riche
53:11Grégoire
53:12et c'est le cas
53:13de Kevin Walsh
53:14il est très très riche
53:15parce qu'il a gagné
53:15de l'argent
53:16et puis il a épousé
53:17quelqu'un de très très riche
53:19Jane Lauder
53:21qui est l'héritière
53:22de la fortune
53:23de l'empire
53:24des cosmétiques
53:25Estée Lauder
53:26et donc
53:26c'est assez compliqué
53:27d'expliquer tout ça
53:28dans des documents
53:29et ces documents
53:30ne sont pas parvenus
53:31Autre élément important
53:32dont nous avons
53:33la confirmation
53:34aujourd'hui seulement
53:35à l'occasion
53:36de la lecture
53:37des documents
53:38qui ont été publiés
53:39par le juge
53:40Bosberg
53:41de la cour
53:44du district
53:44de Colombie
53:46dans sa décision
53:46rendue vendredi
53:47les avocats
53:49de Jerome Powell
53:49ont dit
53:50il est hors de question
53:51que
53:52Jerome Powell
53:54quitte
53:54la réserve fédérale
53:55si
53:56ces poursuites
53:57contre lui
53:58continuent
53:59il peut rester
54:00au-delà du 15 mai
54:01il ne sera plus
54:02président du conseil
54:04des gouverneurs
54:04il deviendra
54:05simple gouverneur
54:06poste dont le mandat
54:08continue de courir
54:09jusqu'à la fin
54:10du mois de janvier
54:112028
54:12et on aurait
54:13une situation
54:14inédite
54:15à ce moment-là
54:15où Jerome Powell
54:16serait toujours
54:17autour de la table
54:18parce qu'il ne veut
54:19pas partir
54:19en donnant l'impression
54:21qu'il l'a fait
54:22sous la menace
54:23de poursuites judiciaires
54:25le juge
54:28Bosberg
54:28lui
54:29de son côté
54:29dans une décision
54:31de 27 pages
54:32a pulvérisé
54:33littéralement
54:34il n'y a pas
54:34d'autre mot
54:35l'argumentation
54:36de Janine Pirro
54:37la procureure
54:38du district
54:40de Columbia
54:44en disant
54:45que manifestement
54:47cette démarche
54:47était transparente
54:48il ne s'agissait
54:49absolument pas
54:50de soupçons
54:50crédibles
54:51qui pesaient
54:52sur la personne
54:53de Jerome Powell
54:53mais
54:54d'un coup
54:56monté
54:56pour affaiblir
54:57la personnalité
54:58du patron
54:58de la Fed
54:59et pour
55:00le harceler
55:01et le pousser
55:02à démissionner
55:03mais Janine Pirro
55:05qui est une ancienne
55:07intervenante
55:07de Fox News
55:08c'est d'ailleurs
55:09pour ça
55:09semble-t-il
55:10qu'elle a été
55:10sélectionnée
55:11à ce poste
55:13va faire appel
55:14ce qui va faire
55:15traîner cette histoire
55:16il suffirait
55:17que le président
55:17Trump
55:18passe un coup
55:18de téléphone
55:19au département
55:21de la justice
55:21pour que
55:22cette procureure
55:24abandonne
55:25toute poursuite
55:26et le problème
55:26serait résolu
55:27en 5 minutes
55:28c'est peut-être
55:29comme ça
55:30que ça va finir
55:30en tout cas
55:30c'est ce qui est
55:31à souhaiter
55:31parce que
55:32ça n'arrange pas
55:33les affaires
55:33de Kevin Warsh
55:34de voir que
55:35déjà dans une situation
55:37où le brouillard
55:38ne fait que s'épaissir
55:39sur la lecture
55:40de la conjoncture américaine
55:41il y a par ailleurs
55:42un autre brouillard
55:44judiciaire
55:44oui
55:44bon
55:45en même temps
55:46il est peut-être
55:46un peu moins pressé
55:47avec la crise iranienne
55:49d'accéder
55:50aux fonctions
55:51de président
55:53de la réserve
55:53fédérale américaine
55:54parce que le casse-tête
55:55en matière de politique monétaire
55:56c'est quand même
55:57considérablement renforcé
55:58et les belles
55:59et superbes
56:00baisses de taux
56:01qu'il allait dérouler
56:03seront peut-être
56:04moins faciles
56:05à délivrer
56:05que ce qu'il pouvait espérer
56:07Pierre-Yves
56:08alors il y a
56:09une vingtaine de minutes
56:11dans sa conférence de presse
56:12que j'écoutais
56:13avec attention
56:15le président Trump
56:16n'a pas raté
56:18l'occasion
56:18de dire
56:19en ce moment même
56:20la réserve fédérale
56:21devrait avoir
56:21un meeting d'urgence
56:22pour baisser les taux d'intérêt
56:25ça tombe bien
56:26elle commence
56:28demain
56:28un meeting
56:29normal
56:30régulier
56:30qui va durer deux jours
56:32qui permettra
56:33la mise à jour
56:33des projections économiques
56:35et des projections de taux
56:36des banquiers centraux américains
56:37ainsi qu'une communication
56:39qui sera parfaitement délivrée
56:40par Jérôme Powell
56:42mercredi soir
56:43merci beaucoup Pierre-Yves
56:44Pierre-Yves Duguay avec nous
56:44chaque lundi
56:45dans ce quart d'heure américain
56:47pour évoquer les enjeux
56:48de la vie politique
56:49économique
56:49et financière américaine
56:51dans Smart Bourse
56:52sur Bsmart for Change
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