- il y a 6 mois
Jeudi 12 mars 2026, retrouvez Nathalie Benatia (Macroéconomiste, BNP Paribas Asset Management), Nicolas Forest (Directeur des investissements, Candriam) et Nicolas Brault (Directeur Associé, Hottinguer banque privée) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:03Générique
00:093 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Nathalie Benatia est à nos côtés, macroéconomiste chez BNP Paribas Asset Management.
00:17Bonsoir Nathalie.
00:18Bonsoir Grégoire.
00:19Nicolas Forrest nous accompagne, le directeur des investissements de Candriam.
00:22Bonsoir Nicolas.
00:23Bonsoir Grégoire.
00:24Et Nicolas Brault est également avec nous.
00:25Bonsoir Nicolas.
00:26Bonjour Grégoire.
00:27Vous êtes directeur associé chez Ottingre Banque Privée.
00:30Nathalie, je me tourne vers l'économiste que vous êtes.
00:33Et j'imagine que cette actualité amène à réfléchir à la possibilité de changer les scénarios macro de 2026.
00:40Est-ce qu'on en est déjà là Nathalie ?
00:42C'est exactement ça.
00:43On réfléchit beaucoup.
00:44On fait tourner les modèles et on attend de savoir si oui ou non on va vraiment bouleverser le scénario
00:51économique pour cette année
00:52qui était jusqu'à présent relativement positif, même très positif.
00:55et qui était étayée d'ailleurs par des indicateurs économiques plus que satisfaisants depuis le début de l'année.
01:01Bouleverser, qu'est-ce que ça veut dire ?
01:02On a compris que la durée du conflit était la variable clé à ce stade.
01:08S'il ne s'agit pas de juste ajuster à la marge, qu'est-ce qui peut se matérialiser ?
01:15Alors, pour le moment, on n'a pas l'impression qu'on va basculer vers un scénario de récession.
01:21Pour diverses raisons, évidemment, on a un choc pétrolier ou ce qui ressemble à un choc pétrolier.
01:28Et on le voit du point de vue des marchés, c'est surtout pour le moment un choc d'informations.
01:31C'est qu'est-ce qu'on fait de cette nouvelle information ?
01:34Et c'est comme ça que les marchés fonctionnent, on les a vus.
01:36Pour le moment, leur point d'attention, c'est l'inflation.
01:41C'est-à-dire que c'est le plus facile.
01:43Quand on prévoit l'inflation à partir du prix des matières premières,
01:46normalement, ça marche assez bien.
01:47Et nous, ce qu'on imagine, c'est que l'inflation dans la zone euro,
01:51si on reste à ces niveaux, pourrait assez rapidement repasser au-dessus de 2%,
01:55voire flirter avec 2,3%, 2,4% vers la fin du printemps, dirons-nous.
02:02Oui, dès les prochains mois.
02:02Voilà, dès les prochains mois, absolument.
02:05Sur la croissance, c'est plus compliqué, parce que ça dépend de beaucoup de phénomènes.
02:10Ça dépend de la confiance.
02:11C'est un mot qu'on a prononcé beaucoup ces dernières années,
02:14encore tout au long de l'année dernière,
02:16avec la question qui n'intéresse plus personne des droits de douane, d'ailleurs.
02:21La confiance va compter pour les consommateurs.
02:24Pour les consommateurs, que ce soit aux États-Unis ou en Europe,
02:28cette confiance, elle va passer d'abord par le prix à la pompe.
02:32Ça marche très, très bien, malheureusement, aux États-Unis.
02:35Les consommateurs, ils sont très sensibles.
02:37C'est d'ailleurs étonnant que Donald Trump ait déclaré
02:40que les variations du prix du pétrole, ce n'est pas très important,
02:45parce que l'inflation, c'est ce qui a fait perdre l'élection présidentielle à Joe Biden
02:50et c'est ce qui risque de faire perdre l'élection au Parti républicain.
02:55Donc, il y a l'histoire de la confiance.
02:57Qui dit baisse de la confiance ?
02:59Inflation dit normalement ralentissement de la consommation.
03:04Et du côté de l'investissement, ça devient plus compliqué, surtout aux États-Unis,
03:08parce qu'à des niveaux de pétrole, disons de sang, ça devient beaucoup plus rentable
03:14d'aller chercher du pétrole de schiste, d'augmenter la production, d'augmenter les investissements
03:18et donc de soutenir, de ce fait, la croissance.
03:22Donc, c'est pour ça qu'on a, face à la situation tellement mouvante à l'heure actuelle,
03:26vraiment, ce n'est même pas au jour le jour, c'est d'une heure sur l'autre,
03:29on hésite encore à bouleverser nos scénarios.
03:32Mais il y a l'idée qu'un choc d'offre pétrolier, à un moment,
03:36peut aussi se transformer en choc de demande,
03:38peut aussi, à un moment, abîmer la demande finale.
03:42Oui, alors, il y a cette idée, sachant qu'on a encore tous de vieux réflexes
03:47des grands chocs pétroliers, et la structure des économies développées
03:51est quand même très différente de ce qu'elle était il y a maintenant, mon Dieu...
03:5640, 50, 50, 50, 50, 50, 50 ans !
03:59En réalité, il y a 50 ans, la dépendance à l'énergie a bien sûr baissé,
04:03les États-Unis sont exportateurs nets de pétrole,
04:07même la dépendance de la zone euro a baissé, et...
04:11On comprend quand même que beaucoup d'intrants sont concernés,
04:13ce n'est pas juste le pétrole et les produits distillés à la pompe,
04:16c'est des intrants qui irriguent, j'allais dire,
04:19l'ensemble de nos économies aujourd'hui aussi, quand même.
04:21C'est tout simplement le plastique, par exemple,
04:23c'est un lien qui fonctionne encore.
04:25Les fertilisants, la chimie, etc.
04:28Le grand exemple de 2022, effectivement, les engrais,
04:33et si on pense à l'Europe, on pense aussi au gaz naturel,
04:37donc là, en regardant rapidement,
04:39qu'est-ce qui a été fait par rapport à 2022,
04:41où le choc a été de 40% de l'offre qui a été arrêtée du jour au lendemain,
04:46et ce n'était pas très compliqué de se dire à l'époque que ça allait durer,
04:50qu'on ne parlait pas d'un choc temporaire.
04:52Donc là, maintenant, c'est le gaz qui transite par le détroit d'Hormuz,
04:58donc le gaz produit au Qatar, gaz naturel liquéfié notamment,
05:03mais pour l'Europe, c'est 7% des importations européennes.
05:08C'est assez faible.
05:09Mais l'importance du gaz aussi dans la formation des prix d'électricité.
05:12Absolument, et puis tout simplement,
05:14si ce gaz naturel ne peut pas aller vers ses premiers clients qui sont en Asie,
05:18ses premiers clients vont se reporter sur le marché international
05:20et faire monter les prix.
05:21Donc on a vraiment une situation très, très, très, très compliquée.
05:25Je reprends juste le point sur l'économie américaine.
05:28Depuis que la révolution du shale
05:30et le fait que les États-Unis soient devenus exportateurs nets
05:33de produits pétroliers,
05:36le baril à 100 dollars,
05:38Donald Trump nous dit qu'on fait beaucoup d'argent.
05:40Net-net, quand on intègre...
05:42Oui, non, c'est quand même une question.
05:44Net-net, est-ce que ça reste une économie avant tout consommatrice
05:48ou est-ce que ça reste une économie productrice de pétrole ?
05:51Alors, net-net, c'est une économie productrice.
05:55D'accord.
05:55Oui, oui, ça, c'est vrai.
05:56Mais on fait beaucoup d'argent, surtout au Texas et ailleurs.
05:59On ne fait pas beaucoup d'argent, beaucoup d'argent partout.
06:02Non, non, et puis la dépendance énergétique des États-Unis,
06:04c'était vraiment 8 à 9% dans les années 80.
06:08C'est tombé à 1,5%.
06:09Et avec un baril à 100, 1,5% du pied.
06:12Avec un baril à 100, ça remonte vers 2%.
06:14Donc il y a encore énormément de...
06:16Donc c'est normalement la zone économique
06:18qui devrait le moins souffrir de ce choc ?
06:21Normalement, au bémol près très important
06:25de la confiance des consommateurs.
06:27Qui était déjà dans les enquêtes assez basses,
06:30même s'il y a toujours une différence entre les enquêtes
06:32et la réalité de la consommation américaine.
06:34Oui, mais là, j'ai l'impression qu'on risquait d'arriver,
06:37même sans ce choc, un petit peu à la fin de cette histoire,
06:40surtout si on imagine que l'emploi s'achemine vers un ralentissement
06:45dont une partie a peut-être déjà eu lieu.
06:48Nicolas Forrest et puis Nicolas Brault,
06:51quels sont les messages renvoyés par les marchés
06:52depuis le déclenchement de cette guerre d'Iran ?
06:56Il y a bientôt deux semaines maintenant.
06:58Alors je dirais qu'il y a aujourd'hui deux risques
07:02qui sont importants selon moi dans les marchés.
07:05Le premier, évidemment, c'est le risque géopolitique
07:07qui est revenu avec l'évolution du pays du pétrole.
07:09C'est assez clair.
07:10Ça crée de l'incertitude.
07:11Ça crée quand même des rotations sectorielles.
07:15Ça crée pas mal de volatilité
07:17et une grande incertitude sur ce qui se passe.
07:19Le deuxième, c'est quand même un choc lié au taux d'intérêt.
07:24Et ça, c'est sans doute le choc le plus intéressant à suivre.
07:28Il est évidemment lié aux perspectives d'une inflation plus élevée.
07:31La Banque Centrale Européenne ne semble pas attendre
07:35le même nombre de semaines pour l'instant que ce que vous faites
07:39pour déclarer ou faire des déclarations sur un possible risque inflationniste.
07:43Et le grand bouleversement, c'est qu'on est passé de risque de baisse de taux
07:46à des risques de hausses de taux en Europe.
07:49Et donc, pour moi, ce sont deux risques qui sont à suivre.
07:54Le risque géopolitique,
07:57il dépend évidemment de ce qui se passe sur la durée du conflit.
08:00Mais plus le temps passe,
08:01plus il y a de la pression sur l'inflation
08:03et plus on a ces taux d'intérêt qui montent.
08:05Donc, qu'est-ce qui peut être le plus surprenant peut-être sur le marché ?
08:10Évidemment, la baisse de la bourse, la remontée de la volatilité,
08:13on l'a tous vu.
08:14Ce qui est quand même plutôt intéressant pour moi,
08:16c'est la remontée significative des taux d'intérêt, notamment en Europe.
08:20Et ça, c'est un vrai changement.
08:22Parce qu'on sort de plusieurs mois, trimestres,
08:26de baisse de taux continue,
08:27une claire visibilité.
08:29Donc, on passe d'une situation où la Banque Centrale est dans une bonne place
08:32à une situation où la place n'est plus très bonne.
08:35Ni pour la Banque Centrale Européenne,
08:37ni même pour la Fed ou la Banque d'Angleterre.
08:39Et donc, si on est maintenant face à des remontées de taux d'intérêt,
08:43eh bien, ça change beaucoup de choses dans l'équation d'une allocation d'actifs.
08:46Ça change beaucoup de choses pour l'investisseur obligataire,
08:49pour l'investisseur action.
08:50Et puis, ça change aussi beaucoup de choses sur le relatif.
08:53Parce que quelle Banque Centrale peut le plus monter les taux dans ce contexte ?
08:57Oui.
08:58Et la réponse, elle est assez claire.
09:00C'est la Banque Centrale Européenne.
09:02Le marché a déjà pressé jusqu'à deux hausses de taux.
09:05Le marché, le price.
09:06Le marché, le price.
09:07Mais néanmoins, si vraiment on a une Banque Centrale Européenne...
09:10Ce serait pour vous une décision évidente de voir une BCE réagir,
09:14aussi rapidement que certains ou certaines le signalent,
09:19au sein du Conseil des Gouverneurs,
09:20à un choc d'offres pétroliers lié à la fermeture d'un passage stratégique,
09:26en l'occurrence le détroit d'Hormuz,
09:29on a l'impression qu'on revient un peu dans la conversation de 2022,
09:32que peut faire une Banque Centrale, avec ses taux d'intérêt,
09:35pour gérer un problème d'offres,
09:37sur lequel elle n'a finalement pas beaucoup de grippe.
09:39Revenons-nous en 2022 ? Revenons-nous en 2007 ?
09:42Ça, c'est la question.
09:43Mais quelque part, oui, par rapport à cette question,
09:46c'est certainement pas facile.
09:48Mais quand on regarde la Banque Centrale,
09:49il faut toujours distinguer deux choses.
09:51La première, c'est regarder ce qu'on aimerait qu'elle fasse,
09:54ce qui nous semble juste, mais ça, tout le monde s'en fout.
09:57La question, qu'est-ce qu'elle va faire ?
09:59Alors, on peut toujours dire, ça n'a aucun sens,
10:01mais la question, c'est qu'est-ce qu'elle va faire ?
10:03Et la Banque Centrale, comme mandat,
10:05elle a le principal mandat de veiller la stabilité des prix,
10:08de l'inflation.
10:08Donc, c'est un no-brainer.
10:09Et des anti-inflations d'inflation.
10:12Pour moi, je serais extrêmement surpris
10:15qu'elle monte les taux tout de suite.
10:16Et ça me semblerait un danger important.
10:19Mais il n'empêche que c'est le risque qui est sur la table,
10:22aujourd'hui, et les anti-inflations.
10:24C'est la manière dont est calibrée la Banque Centrale.
10:26Exactement.
10:26Et il y a plein de raisons pour l'expliquer.
10:29Regardez que juste dans certaines régions du monde
10:32et certains pays, ou en France, au Royaume-Uni,
10:34on parle déjà de mettre en place des chèques,
10:36potentiellement, pour aider les ménages
10:39et les consommateurs de métro.
10:42Si ça, ça se passe,
10:44ça alimente une pyrale potentiellement légèrement inflationniste.
10:47Et quand vous avez une Banque Centrale Européenne
10:49qui a fini son cycle de baisse de taux,
10:52ce n'est pas le cas des autres.
10:54Elle a potentiellement l'écartouche de le faire.
10:55Je ne dis pas qu'elle va le faire,
10:56mais je dis qu'aujourd'hui, par rapport au risque...
10:58Le débat existait avant même le déclenchement de la guerre d'Iran.
11:01Et puis, on a aussi un vide qui est laissé, sans doute,
11:04par la démission de Ville-Roi de Gallo.
11:06Et on a quand même beaucoup plus,
11:08on entend beaucoup plus les hauts qu'aujourd'hui,
11:09et les faucons que les colombes dans la Banque Centrale Européenne.
11:12Donc, c'est clair qu'ils en débattent.
11:14C'est clair qu'il y a une discussion.
11:17Et le risque politique, géopolitique,
11:19qui est important, mais qui, pour l'instant,
11:20n'est pas non plus...
11:23Ce n'est pas une crise, aujourd'hui.
11:25C'est juste un peu de vol.
11:26Ça peut aller beaucoup plus mal.
11:27Et les risques de remonter de taux,
11:29ce sont deux éléments qu'on regarde
11:31et qui peuvent faire dérailler
11:33certaines zones, certains segments de marché,
11:36aujourd'hui fragiles.
11:37Nicolas Brault, comment vous regardez la situation,
11:39là aussi du point de vue des marchés ?
11:41On peut parler des marchés actions, évidemment.
11:43Est-ce qu'il y a vraiment un risque
11:45de changement de tendance ?
11:47C'est vrai que là, sur ces quelques jours,
11:49on a l'idée quand même d'un contre-pied un peu général.
11:52Nicolas parlait des taux.
11:54Tout le monde était plutôt positionné
11:56pour des pontifications de courbes.
11:57Là, c'est quand même plutôt un phénomène d'aplatissement
11:59qu'on a vu, modeste.
12:01Pareil pour le dollar.
12:02Beaucoup étaient positionnés encore
12:04avec l'idée que le dollar pouvait poursuivre sa baisse
12:07petit contre-pied.
12:08Le dollar ne s'est pas envolé de 10% non plus,
12:10mais quand même, ça crée un petit contre-pied.
12:12Et puis sur les actions, là aussi,
12:14on a vu des thématiques value, hard assets,
12:19qui commençaient à être privilégiées
12:21par les investisseurs.
12:22Là aussi, ils se retrouvaient un peu en première ligne
12:24dans un événement qui crée un choc pétrolier
12:27ou un risque de crise énergétique.
12:31Je vais essayer d'attaquer sur d'autres sujets
12:34que ceux que vous avez tous les deux bien exposés.
12:40Mon impression est surtout que ça contrecart
12:44la façon que nous avions de nous projeter
12:47il y a un mois, deux mois, six mois,
12:49sur l'année 2026,
12:51avec un certain nombre de facteurs
12:54qui étaient plutôt des éléments favorables.
12:59Mais ça n'est pas un élément de rupture,
13:02à mon avis, modestement.
13:06Sur les politiques de taux d'intérêt,
13:08vous disiez à l'instant que le narratif
13:12ou les questions existaient déjà avant.
13:14Enfin, il y avait autant de gens qui disaient
13:16que les taux allaient baisser aux États-Unis.
13:18Oui, mais non.
13:18Oui, mais non.
13:19Oui, mais non.
13:19Là, c'est sûr que ça complique la feuille de route
13:23pour la passation de pouvoir à la Fed.
13:27Et franchement, le souvenir de M. Trichet,
13:30même si on lui doit respect,
13:32il serait tout à fait surprenant, pour dire le moins,
13:35pour ne pas utiliser d'autres termes,
13:37que la Banque centrale décide de,
13:40pour couper court,
13:41à une pression exogène liée au pétrole,
13:44comme on le connaît depuis 40 ans,
13:4740 fois ou 20 fois,
13:49ça ne sert, ça ne marche pas.
13:51Ça ne marche pas.
13:53Et le pétrole,
13:55mais je suis dans ce camp-là,
13:56et évidemment, c'est discutable,
13:59à chaque crise,
14:00chaque remontée violente du prix du pétrole
14:03a toujours fini par avoir un effet déflationniste
14:06après l'effet inflationniste immédiat.
14:17D'accord.
14:18Donc, ce que je retiens,
14:20c'est un terme que, je crois,
14:21Nathalie, c'est ça,
14:22vous avez évoqué tout à l'heure,
14:24c'est celui de la confiance,
14:25la confiance des agents économiques,
14:28la confiance des chefs d'entreprise
14:29qui ont des objectifs
14:31et des ambitions de développement,
14:34d'investissement,
14:35la confiance du consommateur
14:36qui est mise à mal depuis plus longtemps,
14:39il n'est pas besoin de ça.
14:40Marquez, nous, en tant qu'investisseurs,
14:42nous non plus,
14:42on n'avait pas besoin
14:43de ce nouvel épisode géopolitique,
14:46surtout que ce n'est pas le premier de l'année.
14:49Et espérons qu'il n'y ait pas un autre derrière.
14:51Et qu'on est seulement du Mars.
14:52Espérons qu'il n'y ait pas de Taïwan derrière,
14:54parce que là, en relatif,
14:57on changerait radicalement
14:59de méthode de pensée.
15:02Donc, peut-être à tort
15:04la façon d'appréhender
15:07ce conflit localisé,
15:10on a des réflexes anciens,
15:12ils sont peut-être sages,
15:13ou alors on est à côté de la plaque.
15:14Moi, je serais plutôt dans le côté
15:17qu'il n'y a pas d'embrasement.
15:18Il y a une volonté de faire embraser,
15:20mais il n'y a pas d'embrasement.
15:22Je n'ai pas vu les Irakiens
15:23aller au secours des Iraniens.
15:26Mais on a un président des États-Unis
15:28qui mène des conflits
15:30sur des coups,
15:32peut-être d'impulsion.
15:34En tout cas,
15:35on ne connaît pas tous ces motifs.
15:36Il y a le sujet nucléaire.
15:38C'est très bien de balancer
15:40des missiles toute la journée
15:41ou essayer de le faire
15:42sur les Émirats arabes unis
15:44et sur Qatar et Koweït,
15:47Bahayn, Arabie saoudite.
15:49On sait bien que le vrai sujet
15:50dans le conflit,
15:51c'est Israël,
15:53Netanyahou.
15:53Ce n'est pas l'avis de Ben Salman
15:55ou du chèque responsable
15:59des Émirats arabes unis.
16:00Donc, c'est compliqué
16:02puisqu'on ne connaît pas vraiment
16:03les raisons.
16:03Est-ce qu'il y a un autre agenda
16:05que l'uranium ?
16:08Changement de régime,
16:09ce n'est pas avec des bombes
16:10qu'on fait changer un régime
16:12qui a pris un contrôle
16:14très, très puissant
16:15depuis 45 ans.
16:16Profond, bien sûr.
16:18Ça, c'est un sujet interne
16:19qui est propre aux Iraniens.
16:21Je crois qu'il y a...
16:22Mais on peut le croire
16:23depuis 25 ans.
16:24Il y a la moitié
16:25de la société iranienne
16:26qui a envie de modernité
16:29et en tout cas de se sentir...
16:30C'est un grand peuple.
16:32C'est un grand pays.
16:33L'Amérique ne peut rien
16:34y faire là-dedans.
16:35On n'a qu'à perdre.
16:37Donc, sur le plan des marchés,
16:39on a un choc.
16:40Ça vient contrecarrer
16:42la tendance.
16:42Et vous ne voyez pas
16:43comme une rupture encore aujourd'hui ?
16:44Non.
16:46Mais ça préfigure
16:48d'une possible rupture
16:49si d'autres éléments
16:50se mettaient en place.
16:51Et là, les sujets
16:53qui me viennent à l'esprit,
16:55c'est les tensions
16:56qu'on voit
16:58plutôt s'amplifier
16:59sur le sujet du crédit
17:01aux Etats-Unis,
17:03le crédit,
17:04la dette privée,
17:06sur les taux de défaut
17:07et les hedge funds
17:10qui sont pris à contre-pied.
17:11Alors là, très violemment.
17:12Mais il y a une bonne façon
17:15de lire cette histoire-là.
17:16Peut-être.
17:17Peut-être.
17:17puisque on cherche
17:19notre boussole,
17:23les segments
17:23qui souffrent le plus
17:25sont ceux
17:26qui, souvent,
17:27avaient le mieux performé.
17:28Oui.
17:29Et en janvier,
17:30excusez-moi,
17:30il y avait eu un emballement
17:33littéral
17:34de tout ce qui était
17:35base metal,
17:37semi-conducteur,
17:38la Corée
17:39qui prend 40%.
17:40Tout ça,
17:41que tout ça baisse.
17:42Il y avait un peu trop
17:43de hot money,
17:43peut-être, aussi.
17:44En fait,
17:44il y a tout le temps
17:45plein de hot money.
17:46Il y a énormément
17:47de hot money,
17:48il y a énormément
17:49de spéculation
17:50et des stratégies
17:51qui se décroisent.
17:52c'est une forme d'écume
17:52qui a disparu.
17:53Non, non, non.
17:54Je fais des constats.
17:55Oui, oui, oui.
17:56Maintenant,
17:57en prospectif,
17:58court terme,
18:00court terme,
18:01si dans
18:03le reste du mois
18:05de mars,
18:07il y a un côté
18:08temporel ou pas,
18:09avant la visite
18:10de Trump
18:11chez Xi Jinping,
18:14si on continue
18:15à voir
18:16ce qui avait
18:17le mieux performé
18:19dans les trois mois
18:19précédents,
18:20consolidé,
18:21comme c'est le cas.
18:22Comme c'est le cas,
18:22les banques,
18:24voilà.
18:25Et à l'inverse,
18:26ce qui s'est fait
18:28très abîmer,
18:30software,
18:32se reconstruire,
18:33ça,
18:33c'est déjà à l'œuvre.
18:35Oui.
18:35On a déjà des...
18:36C'est ce qu'on constate
18:37sur dix jours.
18:38En relatif,
18:38sur dix jours,
18:39un espèce
18:40de rééquilibrage.
18:42C'est un bon message,
18:43ça ?
18:44Alors,
18:45quand c'est un choc
18:46exogène
18:47de marché,
18:49exogène,
18:51les corrections
18:52se terminent.
18:53Souvent,
18:55quand ce qui avait été
18:57le plus acheté
18:57corrige,
18:59ce qui avait été
19:00délaissé,
19:00jeté,
19:01parfois,
19:01puisqu'on était
19:02en mode panique,
19:03quand même.
19:03Résiste mieux.
19:04Le software va être
19:04détruit,
19:06résiste mieux,
19:06c'est clair,
19:07et il manque une chose,
19:09probablement,
19:09et là,
19:09on revient à des éléments
19:10plus macro-marchés,
19:12que le baril de pétrole
19:14et le dollar
19:14nous donnent un signe
19:15que ces risques off,
19:19que le stress se détendent.
19:22Si on a ces éléments-là,
19:23on aura un rebond.
19:25Et la vraie question
19:25qui se posera derrière,
19:26c'est,
19:28si ce rebond intervient,
19:29est-ce qu'on reste
19:30avec nos mêmes stratégies
19:32précédentes,
19:33qui sont constructives
19:34pour le reste de l'année,
19:35ou alors,
19:36on attaque sur autre chose ?
19:39Sur l'aspect crédit privé,
19:40alors qu'il fait toujours
19:41autant de bruit,
19:42ça reste quand même
19:43très anglo-saxon,
19:45mais on voit des banques
19:46européennes
19:46qui sont en train
19:47de communiquer,
19:47de passer en revue
19:48des portefeuilles,
19:49donc c'était Deutsche aujourd'hui
19:50qui nous donne son exposition,
19:51etc.
19:52Enfin,
19:54les choses restent à nouveau,
19:55c'est toujours la même question,
19:56Nicolas,
19:56mais est-ce que les choses
19:57restent suffisamment
19:59circonscrites
20:00à un marché
20:00de la dette privée,
20:01enfin du privé de crédit
20:02qui a atteint peut-être
20:03les 2 milliards de dollars,
20:052 trilliards de dollars aujourd'hui ?
20:07Ça n'en fait pas non plus
20:08le plus gros marché du monde,
20:09mais c'est un marché
20:10qui a connu beaucoup
20:11de croissance.
20:12Où est-ce qu'on en est ?
20:13Je ne sais pas la dernière fois
20:13qu'on s'est vu,
20:14mais où est-ce qu'on en est
20:14aujourd'hui au moment où
20:15on se parle ?
20:16La dernière fois qu'on s'est vu,
20:17on parlait de ça,
20:17on disait que c'était
20:18un sujet d'inquiétude,
20:18c'est quelque chose
20:19que nous on suit depuis...
20:20Et ça l'est toujours.
20:21C'est un sujet toujours.
20:22Alors,
20:22est-ce que nous pensons
20:23que c'est systémique ?
20:24Non.
20:25C'est 2 trilliards,
20:26c'est significatif.
20:27Je crois que pour donner
20:28un ordre d'idée,
20:28c'est la moitié du subprime
20:30américain possible,
20:31plus ou moins.
20:33En revanche,
20:33contrairement au subprime
20:34américain,
20:35on n'a pas...
20:36Le subprime a amené
20:37à une bulle sur l'immobilier.
20:38Ici, le pride crédit
20:40reste, nous semble-t-il,
20:41pas systémique.
20:42Est-ce que c'est un problème
20:43aux États-Unis ?
20:44Oui.
20:45Et est-ce qu'on a tout vu ?
20:46Certainement pas.
20:47Pourquoi c'est un problème ?
20:48C'est un problème
20:49parce qu'une grande partie
20:49des assureurs
20:50ont mis des sommes
20:52très importantes
20:53dans l'allocation
20:54dans du crédit privé.
20:56Entre 20 et 40%.
20:5940%.
21:00Et pour des raisons historiques,
21:01parce que certains
21:02private credit asset managers
21:03ont acheté des assureurs
21:04après la crise de 2007.
21:06Et que le business model
21:07était de dire
21:08on va vous mettre
21:0830-40% de dividend yield
21:12ou de yield
21:13d'entre 8 et 10%.
21:14Le problème,
21:15c'est que 40%
21:16du secteur du crédit
21:18américain
21:18est exposé au software.
21:19Alors même si moi
21:20je partage
21:21ce que vous dites
21:21qu'il y a des raisons
21:23que c'était sans doute exagéré.
21:25Mais essayons juste
21:26de réfléchir deux minutes.
21:27Si des grandes sociétés
21:28de software
21:29ont perdu
21:3030-40%
21:31de leur valeur
21:32et ont été secouées,
21:33sont face
21:34à des inquiétudes importantes,
21:36que pensez-vous
21:37des petits
21:38et moyennes capitalisations
21:39qui ont des EBITDA
21:40de 100 millions
21:42qui sont représentés
21:44en majorité
21:45dans du crédit privé,
21:46qu'est-ce que vous pensez
21:47de la qualité de crédit ?
21:49Ces émetteurs,
21:50forcément,
21:51le taux de défaut
21:52va progresser.
21:53Forcément.
21:54Il y aura forcément
21:55des pertes.
21:56Il y a forcément
21:57un sujet de liquidité.
21:58Et donc la question,
21:59ce n'est pas
22:00est-ce qu'il y a un problème
22:01sur le crédit américain
22:01ou pas,
22:02parce que ça,
22:02tout le monde le sait.
22:03Ce n'est pas la question
22:04du nombre de cafards.
22:05C'est quelle est
22:06la potentielle contagion
22:07entre le crédit
22:09private américain
22:11et le crédit
22:13européen
22:13ou le crédit public américain.
22:16Et donc là,
22:17il y a plusieurs questions.
22:18Est-ce que les sociétés
22:19qui ne pouvaient,
22:20qui ne peuvent plus se financer,
22:21parce qu'aujourd'hui,
22:22il y a quand même
22:23du crédit,
22:23le prêt de crédit
22:24qui reste ouvert aux Etats-Unis,
22:25mais il y a quand même
22:26des sociétés qui ne peuvent
22:26plus se financer
22:27avec du prêt de crédit.
22:28Est-ce qu'elles viennent
22:28sur le marché du haïd ou pas ?
22:30Point d'interrogation.
22:31Ce n'est pas si facile
22:32d'aller sur le marché public
22:34parce qu'il faut être traité,
22:35parce qu'il y a des conditions.
22:37Donc si elles ne viennent pas,
22:38elles ont un problème
22:38de financement.
22:39Si elles viennent,
22:40donc plus de supply,
22:42donc ça,
22:42c'est quand même
22:43un petit stress.
22:45Augmentation du taux de défaut,
22:46donc peut-être
22:46un petit peu stress.
22:47Donc nous, c'est vrai,
22:48dans ce monde-là,
22:50on est plus prudent
22:50sur le marché du crédit
22:52à haut rendement américain.
22:54On peut s'attendre
22:55à davantage de supply,
22:56on s'attend à davantage
22:57de taux de défaut.
22:59Et il nous semble
23:00que pour l'instant,
23:00ce n'est pas une histoire européenne,
23:01c'est une histoire américaine.
23:04Principalement.
23:05Oui.
23:05Par contre,
23:06c'est là où je reviens
23:06sur mes trois risques,
23:07sur mes deux risques,
23:08j'ai géopolitique
23:08et on peut en débattre.
23:09Moi, je ne vais pas
23:10donner mon point de vue,
23:11mais je le constate.
23:13Risques de taux
23:13et risques du privé.
23:14Et je reviens
23:15sur mon risque de taux.
23:16Pourquoi ?
23:17Parce que si les taux
23:18restent à ce niveau,
23:19ça va.
23:19Mais si les taux longs dérapent
23:20ou les taux 5 ans dérapent,
23:23eh bien,
23:23c'est toutes les conditions
23:24de financement
23:24de ces entreprises
23:25qui posent un petit problème.
23:26Sachant en plus
23:27que la beauté
23:28de tout ce prêt-être crédit,
23:29notamment à travers
23:30les business development
23:30de compagnie,
23:31c'est qu'ils ont acheté
23:33deux expositions
23:34au prêt-être crédit
23:35et eux-mêmes
23:35ont émis de la dette.
23:37Ah bah bien sûr,
23:37tout ça est le vrai jet, oui.
23:39Et le vrai jet
23:39qui est racheté par d'autres.
23:40Oui, oui.
23:40Donc ça, c'est la beauté
23:41du système
23:41qui est finalement,
23:43fondamentalement,
23:44les symptômes
23:46d'un système
23:47qui a été dérégulé,
23:49non régulé.
23:50Oui.
23:51Beaucoup de choses
23:51ont été faites
23:52avec très peu de transparence
23:53et avec une illusion
23:54de liquidité.
23:55Oui, oui.
23:55Et voilà,
23:56dans ce que vous dites,
23:57c'est aussi l'idée
23:58qu'on a des nouveaux
24:00acheteurs de crédit privé
24:01qui sont des clients
24:03privés eux-mêmes,
24:04qui n'est plus uniquement
24:05des institutionnels.
24:07Et la crise peut venir aussi
24:08de mains plus fragiles
24:10que les mains
24:11et les poches profondes
24:12des institutionnels.
24:13Je ne vais pas citer
24:14le nom de quelqu'un,
24:15mais une société
24:15qui a un nom
24:16de mission spatiale,
24:19qui, voilà,
24:20ils ont acheté en 2007
24:22des expositions
24:23sur des assureurs
24:24et ils en ont mis 40%.
24:25C'est comme si moi
24:27j'en mettais 40%
24:28dans votre contrat d'assurance.
24:31Je crois que la même société
24:31a communiqué hier
24:32en disant qu'ils allaient
24:33être capables
24:34avec l'ingénierie possible
24:36de proposer des liquidités
24:37ou des valeurs liquidatives
24:40au moins sur une base mensuelle
24:41pour ces portefeuilles.
24:42Voilà, on verra.
24:43Mais pour nous,
24:44je crois, voilà,
24:44pour nous,
24:45c'est américain,
24:45c'est pas européen.
24:46OK.
24:46Et la question,
24:47c'est qu'est-ce qui se passe
24:47sur le public ?
24:48Bon, donc il y a l'Atlantique
24:49entre les deux, quoi ?
24:50Pour l'instant.
24:52Nathalie,
24:52sur le sujet des taux,
24:53justement,
24:54alors la semaine prochaine,
24:55toutes les banques centrales
24:56G7 communiquent.
24:57Donc, ça va du Japon
24:58à la Suisse
24:59en passant par l'Australie,
25:00la Fed, bien sûr,
25:01la Banque Centrale Européenne,
25:02la Banque d'Angleterre.
25:03Qu'est-ce qu'elles vont nous dire ?
25:05Qu'est-ce qu'elles vont nous dire ?
25:07Dis-nous.
25:09Mais moi,
25:09ce qui me frappe
25:10sur les réactions de marché
25:11depuis lundi dernier,
25:13c'est que certes,
25:14les taux longs nominaux
25:15ont monté.
25:16Du côté des obligations
25:17indexées sur inflation,
25:18il ne se passe pas grand-chose.
25:20Si on regarde
25:23les anticipations
25:23que nous fournissent
25:24les marchés à 5 ans,
25:25ben non,
25:26ça n'a pas du tout suivi
25:27la hausse des cours du pétrole,
25:28alors que normal,
25:29enfin, c'est ce qui se passe
25:30habituellement.
25:31Donc, le marché anticipe
25:32quand même une fin à l'instant ?
25:33Pas une spirale ?
25:35Pas une spirale,
25:35une fin assez rapide.
25:37Ça reste le...
25:38C'était très clairement
25:40le consensus
25:41dans les jours
25:42qui ont suivi les frappes.
25:44Consensus qui s'est un peu étiolé
25:45puisque le temps passe.
25:47Mais ça reste,
25:47en tout cas,
25:48le message
25:48de cette partie
25:49du marché obligataire.
25:52Donc, ça,
25:52je trouve ça étonnant.
25:53Je ne dis pas que...
25:5450 points de base,
25:54quand même,
25:56sur un 50 français.
25:57Je pense aux Américains, là.
25:59Non, mais on parle des US.
26:00On parle des US, oui.
26:01Vous regardiez l'inflation
26:025 ans ?
26:03L'inflation, oui,
26:03c'est ça, absolument.
26:04Je ne parle pas du...
26:11Je ne parle pas du...
26:27étonnant la rapidité
26:28du repricing
26:30par les marchés,
26:31là encore.
26:32Ben, moi,
26:32je vous l'explique,
26:33Nathalie.
26:33Allez-y.
26:34Non, mais une explication.
26:37Non, mais on a tellement critiqué
26:39la Banque Centrale Européenne
26:40en 2022
26:41et parmi les critiques,
26:43celle étant de dire
26:44vous n'avez pas monté
26:44les taux assez vite
26:46et assez tôt
26:47dans cette affaire ukrainienne
26:49qu'aujourd'hui,
26:51certains, j'imagine,
26:52ont en tête ces critiques-là
26:53et n'ont pas envie
26:54de se retrouver à nouveau
26:55critiqués de la même manière.
26:57Vous voulez dire
26:57que le premier membre
26:59du conseil des gouverneurs
27:02qui prononce le mot temporaire
27:03paye le pot à peu fort ?
27:05C'est possible.
27:07Il y a très certainement
27:08un traumatisme autour de ça.
27:10Mais de là...
27:11C'est la responsabilité
27:13engagée vis-à-vis
27:14des populations
27:15qu'on est censé servir
27:16quand on est banquier.
27:17Absolument.
27:18Alors, un autre...
27:19Effectivement,
27:21c'est peut-être
27:21le début d'une stratégie
27:23visant à communiquer,
27:25à parler.
27:26On est là,
27:26on fera,
27:27sans avoir à agir.
27:29C'est possible aussi.
27:31Mais il va falloir
27:31que ça se déboucle
27:33parce que ça paraît
27:34quand même compliqué
27:34d'imaginer la BCE.
27:37Encore une fois,
27:38en l'état actuel,
27:39sous l'hypothèse
27:39que la situation
27:41ne s'enlise pas,
27:43remonter cette hausse.
27:45Ce que dit Christine Lagarde,
27:46mais c'est sûr
27:46qu'on lui posera la question
27:47sur le pricing de marché.
27:48Est-ce que vous êtes à l'aise,
27:49confortable avec ce pricing de marché ?
27:51Intéressant de voir la réponse.
27:52Christine Lagarde,
27:53elle-même,
27:53s'est exprimée
27:54dans les médias français
27:54en disant
27:55on ne laissera pas
27:56un scénario
27:57tel que celui de 2022
27:58se développer à nouveau.
27:59C'est le premier message
28:01porté aujourd'hui
28:02par la Banque Centrale Européenne.
28:03Sur la Fed,
28:04vous entendez beaucoup moins.
28:05Le marché a dépricé
28:06l'idée
28:07d'une baisse de taux pleine
28:09en 2026.
28:10On en attendait peut-être deux.
28:11Là,
28:12il n'y en a même plus une seule.
28:13Sur la Fed,
28:13ce qui est étonnant,
28:14c'est que ce pauvre Kevin Warsh,
28:16on ne sait même pas
28:17quand est-ce qu'il va être auditionné
28:18par le Sénat,
28:18sauf si ça a été décidé
28:20tout récemment,
28:21mais je n'ai pas l'impression.
28:23Donc oui,
28:23sur la Fed,
28:24c'est encore plus compliqué.
28:25Donc on a vraiment,
28:25mais ça c'est vrai
28:26depuis plusieurs mois,
28:28quasiment tous les présidents
28:29des banques régionales
28:31qui sont très inquiets
28:32de l'inflation
28:32et qui le font savoir
28:33depuis plusieurs mois,
28:35encore une fois.
28:36Le dernier print qu'on a eu,
28:37avant le déclenchement
28:38qui ne tient pas compte
28:39de la Guerre d'Iran,
28:41il n'est pas si rassurant que ça ?
28:42Si,
28:43mais je ne suis pas persuadé
28:44que ça leur suffise en fait.
28:47C'est d'autant plus
28:48que malgré tout,
28:50le shutdown,
28:52enfin pas celui de deux jours,
28:54le shutdown d'octobre dernier,
28:55laisse des traces
28:57vraisemblablement
28:58dans les données.
29:02L'attitude des entreprises,
29:06c'est de dire,
29:07nous si on peut monter
29:08les prix,
29:09on va le faire,
29:10pour résumer ce qui arrive
29:12des Bejbouk et compagnie.
29:14Et la politique de Donald Trump
29:16est inflationniste.
29:18Et en plus,
29:18une fois de plus,
29:20Donald Trump se retrouve
29:21dans une situation
29:24où s'il exige des baisses de taux,
29:26on va lui répondre,
29:27ça va faire monter les prix.
29:30Donc c'est une situation
29:30qui est un petit peu délicate.
29:32Donc là aussi,
29:33la communication va être
29:36très importante
29:36de la part de Powell,
29:38qui d'ailleurs n'a pas pu,
29:40enfin,
29:41sa traditionnelle audition
29:43semestrielle devant le Congrès
29:44n'a pas eu lieu.
29:45Les membres du Congrès
29:46ont dit,
29:46bah non,
29:47il a cette histoire judiciaire,
29:50donc on ne va pas l'entendre
29:52pour ne pas en rajouter,
29:53semble-t-il.
29:54Mais donc voilà,
29:55en termes de communication
29:56de la Fed,
29:57ça va devenir
29:57de plus en plus compliqué
29:58parce que dans son mandat
30:01de Jérôme Powell
30:02s'arrête le 23 mai,
30:05on va plus savoir
30:07qui écoute et qui est en charge,
30:10qui pilote.
30:11Ni l'un ni l'autre,
30:12je crois,
30:13ni Kevin Walsh
30:14ni Jérôme Powell
30:14ne se sont exprimés là
30:15au cours des derniers jours.
30:17Je n'ai pas vu passer
30:18de messages.
30:19Je n'ai pas l'impression
30:19et on va voir,
30:20ça pourrait être intéressant
30:21de voir comment
30:21Christopher Waller,
30:23qui était très doviche,
30:26va ou non adapter son message.
30:29Bon,
30:30dans ces moments-là,
30:30et vous avez cité
30:31la géopolitique,
30:32mais évidemment
30:33la question des marchés privés,
30:35la question de la disruption
30:37technologique apportée
30:38par l'intelligence artificielle,
30:39quand on a tous ces chocs
30:41qui se cumulent,
30:42qu'est-ce qui se passe
30:43en matière de gestion,
30:44Nicolas ?
30:45On passe en revue
30:46un peu toutes les positions,
30:47on essaye de se concentrer
30:48sur les convictions
30:51avec lesquelles
30:52on a le plus de certitudes,
30:53si je puis dire,
30:54ou en tout cas
30:54avec lesquelles
30:55on est le plus à l'aise.
30:56Qu'est-ce qui reste
30:57quand on fait ce travail-là ?
30:59On ne fait pas forcément
31:01grand-chose.
31:03Ce qui est une première
31:04attitude de gestion.
31:05Disons qu'il faut avoir
31:07du sang froid
31:07parce qu'on a changé
31:09de configuration
31:10à peu près
31:13trois fois en trois mois.
31:15À date,
31:16en fait,
31:16la performance
31:17s'est faite en janvier.
31:19Le marché était
31:21en ébullition.
31:23Ça s'était arrêté
31:24d'ailleurs le 1er février.
31:26Et puis le 1er mars,
31:28enfin le 28 février,
31:30on a un sujet géopolitique.
31:33Donc,
31:34au-delà de ce commentaire
31:35temporel,
31:37il est indéniable
31:39que c'est un point
31:40supplémentaire
31:41de stress,
31:42d'interrogation,
31:44qui est susceptible
31:44de mettre à mal
31:45la position constructive
31:47que chacun de nous
31:49pouvions avoir
31:50il y a encore peu de temps.
31:51on est dans un monde
31:52qui est fragile.
31:54Ce que je note,
31:56c'est que l'Europe,
31:57comme d'habitude,
31:59est assez mal positionnée
32:02pour ce type
32:02de problématiques.
32:04Néanmoins,
32:05avec le pétrole,
32:07l'Asie
32:08est en première ligne.
32:10Et donc,
32:11comme les émergents
32:13dans la diversification
32:14sont une zone
32:15qui ont très bien
32:16performé l'année dernière,
32:18avec laquelle
32:19on est plutôt à l'aise,
32:20nous,
32:21sur les émergents.
32:23Enfin,
32:25l'essentiel,
32:26et il nous manque
32:27vraiment
32:28de regarder le monde
32:29à partir d'Asie,
32:30à partir de Chine,
32:31à partir d'Inde,
32:32et pas toujours,
32:32à partir des États-Unis
32:33ou d'Europe.
32:35Et l'Inde
32:36est extrêmement sensible
32:38au sujet pétrolier,
32:39extrêmement sensible.
32:42Pour l'instant,
32:43il me semble
32:43que beaucoup de stratégies
32:44d'investissement,
32:46actions
32:46sur les emerging markets
32:48favorisait
32:50l'Asie hors Chine,
32:53qui n'a d'émergents
32:54d'ailleurs que le nom,
32:55parce que la Corée
32:56et Taïwan,
32:56c'est quand même
32:57du grand n'importe quoi
32:58de qualifier ça
32:58comme des émergents.
33:00En tout cas,
33:01si on le compare
33:02à notre vieille Europe.
33:04Et en fait,
33:04je trouve que
33:05de plus en plus
33:07en termes
33:09de balance,
33:11la Chine
33:12présente
33:13d'un profil
33:14qui est
33:16moins exposé
33:17à beaucoup
33:18de problématiques,
33:20alors que
33:20dans le même temps,
33:22décidément,
33:23l'histoire américaine
33:25qui est passionnante
33:26et qui a
33:27beaucoup d'atouts
33:28d'être meilleure
33:29qu'ailleurs,
33:30mais elle se dégrade,
33:31la gouvernance se dégrade,
33:32la prévisibilité se dégrade
33:34sur la politique monétaire,
33:35sur la géopolitique,
33:36sur la politique interne,
33:38sur les décisions
33:39qui sont prises,
33:39qui sont contraires
33:40à l'intérêt des Américains,
33:42contraires à la classe moyenne,
33:43contraires,
33:44évidemment.
33:44Donc en relatif,
33:45on n'est finalement
33:46pas si mal à l'aise
33:47que ça
33:47avec un pays
33:48comme la Chine
33:49par rapport
33:49à un pays
33:50comme les Etats-Unis.
33:50Le point,
33:52je m'emballe,
33:53mais c'est juste
33:53pour dire
33:54qu'on a des méga-cycles,
33:57l'Amérique a gagné,
33:58mais à plate couture
34:00depuis 20-30 ans
34:02et puis depuis
34:02que les marchés existent,
34:03pour être honnête,
34:04mais là,
34:05l'histoire
34:06de rebalancement géographique,
34:08ne serait-ce que
34:09dans un souci
34:10de plus grand équilibre
34:11alors que le poids
34:13de l'Amérique,
34:13alors que le poids
34:14de la technologie.
34:15Ça, c'est la conviction.
34:16Quand on nettoie
34:17tout ce qu'il y a autour
34:18et pour se concentrer
34:19sur les convictions fortes,
34:20ça, ça en fait partie.
34:21Disons que ça nourrit
34:23cette réflexion
34:24avec une implication positive.
34:27Se diversifier,
34:28diversifier ses risques.
34:29Peut-être, oui,
34:30un enseignement
34:31de cette étape géopolitique
34:33qui passera
34:35comme les autres.
34:36Nicolas,
34:37sur le plan
34:37des arbitrages
34:38de marché,
34:39qu'est-ce qui semble
34:40approprié de faire
34:41aujourd'hui ?
34:42Puisqu'on parlait
34:43des taux avec vous,
34:45je ne sais pas,
34:454,25 sur le 10 ans américain,
34:47enfin,
34:47si on a encore,
34:49je ne sais pas,
34:49si on revient
34:50sur des niveaux
34:514,25,
34:524,50,
34:52est-ce que ça représente
34:54des points ?
34:554,90,
34:56j'ai vu sur le 30 ans américain,
34:57on sait qu'à 5%,
34:58il y a quand même
34:59un seuil un peu critique,
35:01psychologique,
35:01en tout cas,
35:01qui fait bouger les choses.
35:03Est-ce qu'on a envie
35:04de justement reprendre
35:05un peu de longueur,
35:07de maturité,
35:08sur la courbe ?
35:09Alors, moi,
35:09évidemment,
35:09je souscris ce qui a été dit,
35:10il faut garder son sang-froid,
35:11néanmoins,
35:12nous,
35:13on a réagi,
35:14quand même,
35:14on a réagi,
35:15on a réagi,
35:16en fait,
35:16on avait déjà un peu réagi
35:18un peu avant le début
35:19de la crise du Moyen-Orient,
35:20on a continué,
35:21et on a fait un peu
35:22ce que vous avez dit,
35:23à savoir,
35:23mais,
35:24sauf qu'on n'arrive pas
35:25au moins au point d'arrivée,
35:25on était assez positifs
35:26sur les émergents,
35:27et donc,
35:27nous,
35:27on a pris profit.
35:28D'accord.
35:29Voilà.
35:30Moi,
35:30je trouve quand même
35:31que c'est un environnement
35:31qui est assez incertain.
35:33Il y a l'histoire
35:34du prix du pétrole,
35:35avec les économies
35:36que vous avez mentionnées
35:36qui sont dépendantes
35:37du prix du pétrole,
35:38bien sûr,
35:39mais il y a aussi
35:39les risques de hausse de taux
35:41et le risque d'un dollar
35:42un peu plus fort.
35:43C'est un environnement
35:43dans lequel il n'est plus
35:44quand même compliqué
35:45d'avoir des paris forts,
35:46surtout ces performances
35:48qui étaient gigantesques.
35:49Donc,
35:49nous,
35:49on avait réduit un peu
35:50Taïwan,
35:51Corée,
35:51on a pris profit,
35:52c'est grosso modo,
35:54quand même,
35:54pour l'instant,
35:54une respiration
35:55et on attend.
35:57Je crois que,
35:58voilà,
35:58c'est la sagesse
35:59sur les émergents,
36:00même si on a encore
36:01une conviction
36:01sur les émergents,
36:02sur tout ce qui est Brésil,
36:03on aime encore bien le Brésil.
36:05Producteur,
36:05là,
36:06en l'occurrence.
36:06Voilà,
36:07donc,
36:07prudent sur les émergents.
36:09Par rapport
36:10à la location régionale,
36:11je regrette,
36:12mais en effet,
36:13c'est une situation
36:14dans laquelle
36:15on est moins allé
36:16sur l'Europe,
36:16en relatif.
36:18Voilà,
36:19donc,
36:19là,
36:20sur le plan régional,
36:22on est plutôt prudent
36:24sur l'Europe.
36:25Et sur le plan obligataire,
36:27on était,
36:28là,
36:29pour le coup,
36:29on a été quand même surpris
36:30par cette remontée de taux,
36:32donc je rejoins ce que vous dites,
36:34ça paraît farfelu,
36:35mais bon,
36:36la Banque Centrale Européenne,
36:36elle peut tout faire,
36:37elle nous l'a montré.
36:39Donc,
36:39on a été,
36:40là,
36:40un peu surpris,
36:41donc à ces niveaux-là,
36:43oui,
36:43on essaye un petit peu
36:43de regarder.
36:44Peut-être ce qui est important,
36:45c'est de regarder
36:45le niveau de taux absolu.
36:47Et le niveau de taux absolu,
36:48si je regarde
36:48Investment Grade
36:50plus taux,
36:51on a,
36:52je crois,
36:52du 4-5 ans,
36:54on prend une société
36:55de bonne qualité,
36:57on a du 3-40,
36:583-35,
36:593-40.
37:00C'est pas assez.
37:01Non,
37:01c'est pas délirant.
37:02C'est pas délirant.
37:03Les assureurs,
37:04ils sont prêts à venir,
37:04mais il faut,
37:05allez,
37:05au moins du 3,5,
37:07entre 3,5 et 4.
37:08Donc,
37:08on n'est pas sur des niveaux
37:09qui sont rock'n'roll encore,
37:11qui nous disent,
37:11allez,
37:11on y va.
37:12C'est pas le screaming buy,
37:13là encore ?
37:13Donc,
37:14en fait,
37:14c'est ça.
37:15C'est-à-dire qu'en effet,
37:16il y a eu un nettoyage
37:17de ce qui avait super bien performé.
37:18Et donc,
37:19voilà,
37:19on peut faire,
37:21on peut ajuster
37:22et on doit faire
37:23plutôt des mesures
37:23de risk management.
37:25Par contre,
37:25il n'y a pas des choses
37:26qui se sont dégommées
37:27et dont la valorisation
37:28est super attractive.
37:30Et on se dit,
37:30il faut y aller à fond.
37:31C'est pas 2020,
37:33le Covid,
37:34où là,
37:34il y a un moment
37:35des valos
37:35qui appellent quand même
37:37des actions
37:38et des réactions.
37:39Pas du tout.
37:39Et par contre,
37:40le point surtout
37:40qui est important
37:41dans cette construction
37:42de portefeuille,
37:42c'est qu'on voit
37:43qu'il n'y a pas
37:44beaucoup de bon wedge.
37:45Et ça,
37:45c'est quand même un problème.
37:47Et qu'à part le bétrole,
37:48même l'or
37:49n'a pas beaucoup agi,
37:50même elle a baissé
37:50dans un premier temps.
37:53Nathalie,
37:53que disent les stratégistes
37:54chez vous ?
37:55Alors,
37:55les stratégistes,
37:56prise de bénéfices également
37:59puisqu'on était assez
38:00surexposés actions
38:00en début d'année,
38:01enfin,
38:02bonne partie de 2025
38:04et en début d'année.
38:05Donc,
38:05prise de profit tactique.
38:07L'idée,
38:07c'est que,
38:09encore une fois,
38:10s'il n'y a pas
38:10de bouleversements,
38:11alors ils ne vont pas écouter
38:12juste les économistes,
38:13je vous rassure,
38:14ils vont prendre en compte
38:15d'autres facteurs.
38:15Et s'il n'y a pas
38:16de bouleversements,
38:17l'idée,
38:17c'est de pouvoir revenir
38:18exploser sur les marchés.
38:22On suivra ça,
38:22évidemment,
38:23avec attention
38:24et dans cette émission,
38:25chaque jour,
38:26avec vous
38:27et les autres intervenants.
38:28Merci à vous trois
38:29d'avoir été invités
38:29de Planète Marché ce soir.
38:31Nathalie Benatia,
38:32BNP Paribas Asset Management,
38:33Nicolas Brault,
38:34Autingre,
38:34Banque privée
38:35et Nicolas Forest,
38:36Candriam.
38:37Merci à vous.
38:37Merci à vous.
38:37Merci à vous.
38:37Merci à vous.
38:37Merci à vous.
38:37Merci à vous.
38:37Merci à vous.
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