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  • il y a 6 semaines
Jeudi 7 mai 2026, retrouvez Bastien Drut (Responsable des études et de la stratégie, CPR AM), Nicolas Forest (Directeur des investissements, Candriam) et Pierre Bismuth (Directeur Général et Responsable des Gestions, Myria AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:05Générique
00:103 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:14Bastien Dru est à nos côtés, bonsoir.
00:16Bonsoir.
00:16Vous êtes responsable des études et de la stratégie chez CPRAM, pardon.
00:20Nous accueillons également Nicolas Forest, bonsoir.
00:23Bonsoir Pauline.
00:24Directeur des investissements de Kandriam et Pierre Bismuth, directeur général et responsable des gestions de Myria AM.
00:30Bonsoir.
00:30Bonsoir Pauline.
00:31Bonsoir messieurs.
00:32Alors je vous propose de tout de suite commencer dans le vif du sujet, à savoir Iran, le détroit d
00:39'Hormuz, vers une sortie de crise.
00:42En tout cas les marchés eux veulent y croire.
00:44Peut-être on peut retourner un petit peu sur la séance d'hier avec des mouvements violents.
00:48Est-ce que c'est légitime selon vous, Bastien, que les indices actions soient au plus haut aujourd'hui ?
00:55Euh, oui.
00:57Non, mais en fait ce qui s'est passé hier, c'est qu'on a eu finalement une sorte de
01:05nouvelle confirmation qu'il y aurait un accord qui se confirmerait entre l'Iran et les Etats-Unis.
01:12Mais bon, ça en fait, on a déjà eu ce genre d'avancée entre guillemets plusieurs fois dans les dernières
01:20semaines.
01:20Donc on pourrait dire que c'est que la énième fois.
01:22Peut-être que ce qu'il y a de différent cette semaine, c'est qu'on a vu que les
01:25deux parties n'avaient pas vraiment d'appétit pour relancer des opérations militaires.
01:30Et donc, je pense que cette semaine, ce qu'on évacue un peu, enfin ce que les marchés évacuent un
01:37peu, c'est un scénario de risque où il y aurait de nouveau une confrontation militaire et une nouvelle escalade.
01:46Et que finalement, ça c'est quelque chose qui a moins de probabilité d'arriver que ce qu'on pouvait
01:50penser il y a une semaine, disons.
01:52Et c'est ça qui crée de l'appétit pour le risque, tout simplement.
01:57Nicolas, vos commentaires, votre analyse sur cette séquence ?
02:01Alors, merci pour cette question et c'est une bonne réponse que vous faites, mais vous me permettrez d'ajouter
02:06un point de vue un peu différent.
02:11Moi, si je tire un bilan de ce qui s'est passé sur les deux derniers mois, c'est que
02:18même si on commande beaucoup ce qui se passe sur les trois dormous, dans le fond, c'est pas si
02:22important.
02:23Alors pourquoi ?
02:26Si l'on observe la performance des marchés actions, ce qui a le plus performé depuis environ deux mois, deux,
02:33trois mois, c'est évidemment la tech américaine.
02:36Bien sûr.
02:36C'est la tech américaine, tout le monde le sait, mais c'est important de le dire.
02:40Cette tech américaine qui avait connu quand même quelques difficultés à l'automne et en fin d'année 2025 et
02:45qui a formidablement bien rebondi.
02:49Donc, le point qui est important et qui explique aujourd'hui la très bonne performance, c'est cet formidable rebond
02:55de la tech américaine.
02:56Et dans le fond, la question pour la tech américaine, c'est pas de savoir si le détroit dormous est
03:00ouvert ou pas ouvert.
03:01Elle, ce n'est pas le sujet.
03:04Donc, comment je lis ce qui s'est passé ? C'est qu'une réouverture du détroit dormous et des
03:09bonnes nouvelles là-dessus qui sont, ma foi, moi je n'en sais rien.
03:13On peut toujours avoir des grandes discussions, mais c'est extrêmement délicat.
03:18Je peux prendre juste acte du fait que nous sommes dans une situation où il y a des volontés des
03:24différentes parties d'avoir un accord et où on vit quand même dans un environnement où la probabilité d'une
03:31escalade a diminué.
03:33S'il y a une solution à ce conflit et si on a vraiment des bonnes nouvelles, qu'est-ce
03:37que nous observons ?
03:39Une très bonne performance de la bourse européenne.
03:42Donc, dans le fond, cette histoire d'ouverture du détroit dormous et toute cette question sur la géopolitique qui est
03:47une question, honnêtement, à 1000 euros dont personne n'a la réponse,
03:51elle peut nous permettre d'avoir une bonne réponse sur savoir est-ce que j'achète la bourse européenne ou
03:54pas la bourse européenne.
03:56Mais moi, ce qui m'intéresse aujourd'hui comme investisseur, c'est de sortir de ce débat-là.
03:59C'est pas que je n'aime pas votre question, mais c'est que pour moi, ce n'est pas
04:03la question.
04:04Pour moi, la question, c'est après le formidable rallye qu'on a sur la tech américaine, est-ce que
04:08ce rallye va perdurer ?
04:10Pour moi, la question des 6 prochains mois et des 24 prochains mois, c'est est-ce que ce formidable
04:15rallye qui est lié à une histoire de capex d'investissement massif va durer, oui ou non ?
04:21Est-ce que les entreprises de la technologie vont continuer à être profitables, oui ou non ?
04:26Est-ce que les inquiétudes qu'on a sur le crédit privé de financement va avoir un impact, oui ou
04:33non ?
04:33Est-ce que le modèle capitalistique qui est intermédé va, oui ou non, avoir des incidences ?
04:38Et donc pour moi, c'est ça le sujet.
04:40Si la croissance des capex continue à rester solide et que nous pouvons observer que la croissance des earnings et
04:47des résultats et des revenus des entreprises technologiques continue à être importante,
04:51eh bien le thème de la technologie restera fort.
04:53Les entreprises de la technologie performeront, les actions américaines performeront, quoi qu'il se passe sur le détroit d'Hermouse.
04:59Même si c'est un tel risque, il faut le prendre en compte.
05:02Mais il me semble que la leçon que je tire, c'est qu'on a une économie américaine qui est
05:07suffisamment forte pour pouvoir tenir quoi qu'il se passe sur le détroit d'Hermouse.
05:12Maintenant, soyons clairs, ce que je dis sur la tech n'est pas vrai du reste du marché américain, car
05:17si vous enlevez la tech sur les entreprises américaines, ça n'a pas performé.
05:22C'est la tech qui tire en fait tous les marchés ?
05:25Exactement, la tech tire tous les marchés et la résolution du détroit d'Hermouse, et ce que vous avez très
05:29bien décrit, peut être favorable à l'investissement dans les actions européennes,
05:33qui ont un peu sous-performé et qui sont évidemment menacées par différents risques.
05:39Mais nous, dans ce contexte-là, la question numéro une qu'on se pose est celle de la technologie, sur
05:43laquelle nous étions positifs,
05:44et sur laquelle pour l'instant nous restons positifs, malgré la situation du détroit d'Hermouse.
05:49C'est une façon de répondre, mais un peu d'évacuer aussi la question.
05:52On va revenir plus en détail évidemment sur la tech, les publications des entreprises de la tech américaine.
05:59Juste avant, votre avis, Pierre Bismuth, sur ce sujet, sur tout ce qui a été dit, si vous voulez rajouter
06:04quelque chose sur peut-être la situation en Iran ou sur la tech américaine ?
06:09Je trouve que le conflit, au contraire, est assez étonnant et qu'il n'y a plus aucun régime qui
06:16soit intouchable.
06:17Et je trouve que d'un point de vue géopolitique, ça nous donne énormément d'informations, et plutôt de bonnes
06:24informations.
06:24C'est-à-dire qu'on a vu au début de l'année une adduction d'un dirigeant au Venezuela.
06:33On en pense ce qu'on veut, mais on ne peut pas dire que ça soit objectivement une mauvaise nouvelle.
06:38On a un conflit israélo-americano-iranien qui a débuté alors qu'on pensait tous que le régime iranien était
06:47intouchable.
06:48Et on voit une réaction des marchés, au pire, qui est deux fois inférieure à ce qui s'est passé
06:55avec le Liberation Day.
06:57Et donc, on a un sentiment que la géopolitique est plus stable, paradoxalement.
07:06Et ça, je trouve que c'est vraiment une information extrêmement importante.
07:10Alors, je ne parlerai pas du traitement de l'information en Europe par rapport aux États-Unis,
07:14où la dépression des commentateurs sur le conflit m'a personnellement très étonné,
07:22parce qu'on dirait que les Iraniens sont en meilleure posture qu'il y a deux mois.
07:28Alors, dans ce contexte de géopolitique qui, de mon point de vue, et je pense du point de vue du
07:31marché, est plus stable,
07:34on a finalement un risque qui disparaît.
07:37On n'a plus de risque géopolitique sur l'Iran, puisque l'Iran a déjà été attaqué.
07:42Donc, il n'y a plus de risque.
07:44Mais c'est plus sur le détroit d'Hormuz, non ?
07:46Et du coup, sur le pétrole qui transite ?
07:47Justement, le détroit d'Hormuz, c'est extrêmement intéressant,
07:50parce que ça me rappelle le début du conflit russo-ukrainien.
07:55Au début du conflit russo-ukrainien, on avait une crainte sur les approvisionnements,
08:01on avait également une crainte en pétrole, on avait une crainte sur les pénuries, etc.
08:05Et en fait, ça ne s'est jamais matérialisé.
08:07Ça ne s'est jamais matérialisé parce que les politiques ont fait de la politique et ont fait leur job.
08:12On a quand même de l'inflation significative.
08:14On a de l'inflation significative, mais encore une fois, sur les marchés, on se fiche de l'inflation publisée.
08:22Ce qui compte, c'est l'inflation anticipée.
08:24Et en fait, l'inflation anticipée par les marchés ne bouge pas.
08:29Et donc, c'est ça qui rend très, très, très tranquille le marché.
08:32Si on avait eu une contamination de la hausse du prix du pétrole aux anticipations d'inflation,
08:38là, ça aurait fait complètement dérailler les marchés.
08:40Mais heureusement, quoi qu'il se passe sur la volatilité des taux nominaux,
08:45en tout cas, les anticipations d'inflation ont été remarquablement stables, compte tenu de la crise.
08:51En Europe, oui, tout à fait, mais surtout en Europe.
08:53Et donc, c'est ça, c'est ça le plus important.
08:55Et la dernière fois que je suis venu, j'ai dit qu'on avait un boulot simple.
08:57Il fallait juste vérifier les anticipations d'inflation, qu'elles ne sortent pas des écarts-types.
09:03C'est exactement ce qui s'est produit.
09:05Et c'est pour ça que nous, on a toujours été extrêmement confiants sur la prise de risque dans ce
09:09conflit.
09:09Parce qu'objectivement, quand on vit en démocratie, ce conflit est plutôt une bonne nouvelle.
09:14Une bonne nouvelle humaniste.
09:16Alors, on ne fait pas de l'humanisme sur les marchés.
09:17Mais en tout cas, quand on a un risque géopolitique qui s'effondre,
09:22parce qu'en fait, le fait est avéré,
09:25c'est plutôt une bonne nouvelle pour la prise de risque.
09:30Donc, le détroit d'Hormuz, là, on manque de stats.
09:32On a des stats historiques.
09:34On n'a pas de statistiques en live
09:36qui nous permettent de dire si la disruption est en marche
09:40ou si finalement, on a des approvisionnements
09:42qui vont se mettre en place et qui sont déjà mis en place.
09:46Ce qu'on sait, c'est qu'il y a 25% du pétrole mondial qui transite par là
09:51et que du coup, il ne transite plus.
09:52Il ne transite plus, mais en même temps, c'est une estimation annuelle.
09:57C'est une estimation annuelle.
10:00Et en fait, là, ça fait deux mois.
10:01Donc, on voit bien.
10:03On a eu tout.
10:04On est passé partout sur les nouvelles.
10:08On a eu des craintes de pénurie dans les aéroports.
10:11Mais il se passe pour le moment.
10:14C'est une éventualité.
10:16Mais pour le moment, il ne se passe rien.
10:18Vous pouvez prendre l'avion.
10:19Ce n'est pas parce qu'il y a 400 vols transavia low cost qui sont annulés
10:23que ça remet en jeu le trafic de l'aviation mondiale.
10:29Donc, je pense que les craintes, c'est au départ, c'est normal.
10:32On joue le scénario du pire.
10:34Et après, tout le monde redevient rationnel.
10:36Il nous manque des stats.
10:37Et il nous manque aussi les actions des différents pays
10:42pour sécuriser l'approvisionnement.
10:43Ce que je remarque, c'est que notre président a qualifié de maboule
10:47les gens qui voulaient se brouiller avec l'Algérie.
10:51Ça me semble assez rationnel comme position,
10:55compte tenu des hydrocarbures qu'il y a là-bas.
10:58OK.
10:58Mais du coup, en fait, si je comprends bien,
11:01ça veut dire que tout dépend de la durée du conflit.
11:03Parce que si ça s'éternise encore,
11:05est-ce qu'on n'est pas sûr que dans 48 heures,
11:08il y ait une solution qui soit trouvée ?
11:10Il y a un risque.
11:11Mais comme il y avait un risque avec la Russie,
11:13et pourtant, souvenez-vous, l'hiver 2022,
11:17c'était du délire où on pensait que les gens
11:19n'avaient pas chauffé en Allemagne,
11:22qu'on n'allait plus avoir de pétrole.
11:24Et en fait, il ne s'est rien passé.
11:26Il ne s'est rien passé parce qu'on est heureusement
11:29dans une économie mondialisée capitaliste
11:32et qu'il y a toujours des solutions de repli.
11:39Peut-être juste une dernière question sur le conflit.
11:44Sur la baisse des prix du pétrole,
11:47hier, ça perdait 10%, Bastien.
11:50Aujourd'hui, 4% à peu près.
11:52Les taux, eux, ils n'ont pas énormément baissé.
11:55Qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
11:57Moi, je pense que la corrélation...
11:59D'ailleurs, on peut faire un graphique très simple
12:01avec les prix du pétrole et puis le taux de 10 ans américain
12:04ou allemand, si on veut, depuis le début du conflit.
12:07Il y a une corrélation qui est presque parfaite.
12:09Donc, en ce moment, les taux sont complètement dirigés
12:14par les prix du pétrole.
12:16Et il me semble que ce qui s'est passé sur les dernières 48 heures,
12:20c'est à peu près cohérent quand on regarde la baisse des taux.
12:24Là, j'ai regardé juste avant le taux de 2 ans allemand, par exemple.
12:28Il a perdu presque 20 BP en 2 jours.
12:31C'est complètement cohérent avec l'amplitude du mouvement
12:34sur les prix du pétrole.
12:35Mais le 10 ans américain a perdu quand même moins que...
12:38Enfin, on va en prendre base depuis...
12:39Il a perdu moins, mais en fait, l'échelle de corrélation,
12:42elle est un petit peu moins forte avec le taux de 10 ans américain.
12:45Mais bon, pour moi, je ne vois pas d'incohérence
12:48dans le mouvement des taux de 10 ans qu'il y a pu y avoir hier.
12:51Vous êtes d'accord, Nicolas ?
12:53Oui, non, moi, je trouve que c'est intéressant ce que vous dites.
12:55Dans le sens, effectivement, il faut s'habituer.
12:57Il y a une forme d'inquiétude au départ.
13:00Et donc, je souscris en partie.
13:03Et je reviens à mon commentaire.
13:04C'est que les marchés tiennent parce qu'il y a des résultats qui sont là, malgré tout.
13:09Et la hausse du prix du pétrole, si elle continue à se matérialiser,
13:14elle a quand même des conséquences dans le signal prix.
13:18Il y a quand même un...
13:19Et le signal prix, c'est-à-dire une augmentation du prix à la pompe,
13:22tant aux États-Unis qu'en Europe, un impact sur la consommation.
13:25Si vous regardez la consommation aux États-Unis,
13:27la consommation, elle est quand même un peu en ralentissement.
13:29En Europe, elle est aussi un peu en ralentissement.
13:32Donc, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas d'effet.
13:33Mais je rejoins ce que vous avez dit.
13:35Ce n'est pas le cataclysme que certains pouvaient annoncer.
13:38Il y a un effet sur la consommation.
13:40Et les économistes, quand vous discutez avec eux, disent beaucoup
13:43« Oui, mais il y a une non-linéarité du prix du pétrole. »
13:45Moi, je ne sais pas ce que ça veut dire.
13:46Mais en gros, ça veut dire que si ça continue comme ça,
13:49à un moment donné, ça pète.
13:50Et alors, on a Armageddon, comme vous le décrivez,
13:53un scénario auquel le marché ne croit pas.
13:55Puisqu'à la fin, on revient à la normale.
13:58Mais moi, ce que je dirais, là où je mitige un peu,
14:00c'est que tout ceci tient grâce à des résultats solides
14:03de certaines entreprises.
14:04Oui, bah parlons-en.
14:06Et sur les taux d'intérêt, juste pour dire,
14:09pour moi, par rapport à ce que vous avez dit,
14:11il y a quand même une différence notable
14:13entre les États-Unis et l'Europe.
14:15Oui, bien sûr.
14:15Pourquoi ? Parce que si les anticipations d'inflation
14:18sont très mitigées en Europe,
14:20il y a quand même une hausse aux États-Unis.
14:23Et pourquoi les anticipations d'inflation en Europe
14:25sont contenues ?
14:26Parce qu'on a aussi une banque centrale
14:28qui, malgré les critiques et tous les pseudos
14:33banquiers centraux, puisque chacun se voit un peu
14:35à la place de Christine Lagarde,
14:37et chacun dit ce qu'il pense.
14:38Mais à la fin, cette capacité de la Banque centrale
14:41à monter les taux, affiche une crédibilité forte
14:43vis-à-vis du marché, et donc une force de rappel.
14:46Et c'est plutôt positif pour la duration européenne,
14:49c'est plutôt positif pour les taux européens.
14:51Alors qu'aux États-Unis, même si je suis d'accord avec vous
14:54que ça n'a pas dérapé, il y a quand même une remontée.
14:56Et sur ces taux américains, il y a aussi une interrogation
14:59qui va être un sujet dans les six prochains mois,
15:02c'est qu'est-ce que va faire Walsh,
15:03puisqu'on a un nouveau chairman à la Fed,
15:06qui a des positions dans le passé
15:08qui étaient assez, on va dire, plus hétérodoxes,
15:12et qui a un mandat potentiellement
15:13d'être un peu plus soutenant pour l'activité,
15:17et ce qui va aussi, lui, maintenir les anticipations d'inflation.
15:19Donc ça reste quand même un sujet,
15:21mais c'est une nuance que j'apporte
15:23par rapport aux deux commentaires.
15:23Pierre Bismuth, vous vouliez réagir ?
15:26Absolument, je rebondis d'ailleurs
15:27sur cette histoire de prix du pétrole,
15:29et ça c'est une hypothèse que j'apporte au débat,
15:32c'est que pourquoi les taux à 10 ans notamment
15:35ne baissent pas autant que vous auriez pu l'anticiper ?
15:39C'est que, et on l'a vu avec les annonces
15:42de notre Premier ministre,
15:43c'est qu'au bout d'un moment,
15:45on a des gouvernements qui,
15:47malgré un fardeau de dette stratosphérique,
15:52sont obligés, sous la pression de l'opinion publique,
15:56de lâcher les cordons de la bourse.
15:57Et ça, je pense que le marché le sait très bien.
16:00Et la France n'est pas représentative du monde entier,
16:03mais quand même, sur cette histoire de prix du pétrole
16:05et de prix à la pompe,
16:06on voit qu'on a fait des mesurettes au départ,
16:09et puis tout d'un coup,
16:10Sébastien Lecornu parle de changement d'échelle
16:13la semaine prochaine.
16:14Donc je pense qu'il ne doit pas se pousser
16:15à un ouf de soulagement avec la baisse du prix du pétrole.
16:17Mais en tout cas, on a des gouvernements
16:19qui ne sont pas du tout crédibles
16:20sur la maîtrise des trajectoires de dette publique.
16:23Et à mon avis, c'est pour ça que le marché
16:27joue un saut sur l'évaluation des taux d'intérêt.
16:31C'est-à-dire qu'on a une crise
16:33qui fait que le pétrole augmente.
16:35On a effectivement une grosse pression d'inflation.
16:37Et quand je disais qu'on se fichait
16:38du prix de l'inflation spot,
16:40c'est sur la dynamique des marchés.
16:42Mais évidemment, sur les taux,
16:44on peut avoir cette puissance-là.
16:47Et donc, cette forme de populisme
16:51qui essaie d'adoucir au travers de la dette publique
16:56un événement exogène qu'il faut financer.
17:00Bon, passons aux résultats, peut-être à la micro.
17:05Nicolas, peut-être pour commencer,
17:07Nicolas Forrest,
17:08qu'est-ce que vous retenez
17:09des publications du premier trimestre ?
17:12On peut parler de la tech américaine.
17:15Moi, j'ai noté depuis début avril,
17:18AMD gagne environ 80%.
17:21Intel gagne 125%.
17:23Et Micron, à peu près 75%.
17:26Qu'est-ce que ça veut dire ?
17:27Et comment on arbitre ?
17:29Comment on explique ?
17:29Ça veut dire qu'il y a beaucoup de dispersion.
17:31Il y a une grande dispersion entre les secteurs.
17:33Et au sein du secteur de la tech,
17:35il y a une grande dispersion aussi.
17:36Avec les semi-conducteurs ?
17:39Avec la question des softwares,
17:41il y a des gagnants, il y a des perdants.
17:42Donc, c'est vrai que ce n'est pas évident.
17:45La grande question numéro 1,
17:47ces grands investissements qui sont faits,
17:50de CAPEX,
17:52sont-ils soutenables ?
17:54Pour la deuxième partie de l'année,
17:56nous pensons que oui.
17:57D'accord.
17:58Deuxième question,
17:59est-ce que des entreprises
18:00qui sont liées à l'intelligence artificielle
18:02comme Anthropic, OpenAI,
18:04sont profitables ?
18:05Et la réponse est oui.
18:05Il y a quand même des sociétés,
18:07je crois que c'est Anthropic,
18:08qui ont gagné 0 euro il y a 3 ans.
18:11Et on est à 25 milliards de dollars de earnings.
18:14C'est gigantesque.
18:15Voilà.
18:16Par contre,
18:17dans cette course d'intelligence artificielle
18:20qui, à un moment donné,
18:21aura certainement des sujets structurels,
18:24il y a quand même au sein de ce rallye
18:29des gagnants et des perdants des sujets.
18:31Les softwares sont un sujet.
18:33Les résultats sur ces entreprises-là
18:35n'ont pas complètement rassuré,
18:36n'ont pas pleinement rassuré.
18:37Et puis, il y a toute la question
18:38sur les semi-conducteurs,
18:40sur les puces,
18:41sur effectivement les potentiels substituts
18:45qui amènent comme ça
18:46à des performances assez intéressantes
18:48et assez dispersées.
18:49Je vois aussi qu'il y a des grandes compagnies
18:51comme Meta
18:51qui n'ont pas complètement convaincu
18:53et dont le business model aussi
18:54est un point d'interrogation.
18:57Donc, je pense que sans remettre en cause
18:59la révolution qui est en place
19:00sur la technologie
19:01qui reste très favorable
19:02au secteur de la tech,
19:03plus le temps passe,
19:04plus, c'est vrai,
19:06qu'on va sans doute distinguer
19:07des gagnants et des perdants.
19:08Mais par exemple, sur Meta,
19:09pourquoi ?
19:09Parce que Meta avait dépassé
19:11quand même les attentes du marché
19:12et a été sanctionné
19:13après sa publication.
19:15Tout à fait.
19:16Mais il y a des interrogations aussi
19:17sur ce business model AI
19:18et comment, effectivement,
19:19l'intelligence artificielle
19:20va vraiment être utilisée
19:21pour Meta.
19:22C'est quand même des vraies questions
19:23là-dessus.
19:23Donc, il y aura des gagnants,
19:24il y aura des perdants.
19:25On a aussi tout ce qui est émergent
19:27qui gagne très bien.
19:28Nous, on reste positif
19:29sur la tech
19:29et on aime la tech,
19:30on aime le robotique,
19:31on aime tout cela.
19:32Mais on voit quand même
19:33beaucoup plus de dispersion.
19:35Il n'empêche,
19:36il y aura des entreprises
19:37qui vont être intéressantes,
19:38des entreprises de software
19:39ou Microsoft
19:40qui a un peu sous-performé.
19:41Pour nous,
19:42c'est des opportunités
19:42d'investissement.
19:43Mais il y aura quand même
19:44beaucoup de volatilité,
19:44beaucoup de dispersion.
19:45Et il nous semble
19:46que ça va s'accélérer.
19:48Ça va s'accélérer dans le temps
19:49parce qu'avec ces investissements
19:51massifs qu'il y a,
19:52il y a des gens
19:53qui ne vont pas réussir
19:54à faire de l'argent.
19:55Quand je parle
19:55à mes gérants obligataires
19:57de High Yield,
19:58toutes les semaines,
19:58il y a des nouvelles émissions
19:59qui viennent massives
20:00d'entreprises
20:01dont on n'a jamais entendu parler
20:02qui émettent
20:04des centaines de millions
20:05pour financer des data centers.
20:07Est-ce que vous pensez
20:08que tous ces data centers
20:09vont être profitables ?
20:10Je ne le crois pas.
20:11Donc, il y aura forcément
20:14des cadavres
20:15dans le placard.
20:15Mais ça n'empêche pas
20:16qu'il y a
20:17un long terme investment
20:18qui est positif,
20:19un cas qui est positif
20:20sur lequel nous sommes positifs
20:21avec de la sélectivité
20:24sur le software.
20:25On fait quelques
20:26stock picking
20:27par-ci, par-là.
20:28On n'est pas encore
20:28massivement long.
20:29Et les entreprises,
20:30oui,
20:30qui vont plus ou moins
20:33être impactées,
20:34plus ou moins
20:34être disruptées,
20:36plus ou moins
20:37pouvoir tirer
20:37leur épargne du jeu.
20:38C'est vraiment comme ça
20:40qu'on fait
20:40la gestion active.
20:42Si Andrew,
20:43vous êtes d'accord
20:44avec cette analyse
20:45sur la tech
20:46précisément américaine
20:47du coup,
20:49des gagnants,
20:50des perdants,
20:50les softwares,
20:51les semi-producteurs.
20:51C'est évident.
20:51C'est des choses
20:52qu'on a vu
20:53de toute façon.
20:54C'est des choses
20:55qui sont objectives.
20:56Après,
20:56ce qu'on peut ajouter,
20:57c'est que,
20:58pour rebondir
20:58sur ce que vous disiez
20:59tout à l'heure,
21:00sur le fait que
21:00c'est vraiment
21:01la force de rappel
21:02du marché.
21:03C'est qu'il y a eu
21:05des doutes
21:06à partir de la fin octobre
21:07sur le secteur
21:09de la tech
21:09en général,
21:10avec des doutes
21:11sur la rentabilité
21:12de OpenAI,
21:12des doutes
21:13sur la capacité
21:14d'avoir suffisamment
21:15d'électricité,
21:16sur le financement,
21:17etc.
21:17Et finalement,
21:18depuis six mois,
21:19la tech
21:20ne marchait pas
21:21vraiment très bien.
21:22sous-performait un peu
21:23et on arrivait
21:24à des niveaux
21:25de valorisation
21:25finalement qu'on n'avait
21:26pas vus
21:27depuis trois ou quatre ans
21:28et en fait,
21:31le cessez-le-feu
21:32du 7 avril
21:33a vraiment été
21:35une sorte de top départ
21:36du marché
21:37qui est revenu,
21:38qui s'est réemparé
21:39de ce thème-là
21:40et ça a été en plus
21:42quand même
21:43très soutenu
21:43par les publications
21:45qu'on a pu voir
21:46sur les dernières...
21:47Ça s'est bien
21:48goupillé,
21:49disons,
21:49et on voit
21:50que ces craintes
21:51qu'il pouvait y avoir
21:52à un moment
21:52sur tout le secteur
21:54de la tech
21:54en général
21:55se sont quand même
21:56largement dissipées
21:57devant la forte progression
21:59des profits
21:59parce qu'en fait,
22:00on parle énormément
22:01des CAPEX
22:01mais il faut aussi
22:02parler des profits.
22:03Les profits
22:04ont très fortement
22:06augmenté.
22:07Si on regarde
22:07les profits
22:08des hyperscalers,
22:09c'est très impressionnant.
22:11Et puis,
22:13ce qui finalement
22:14tire beaucoup
22:15le segment
22:16des semi-conducteurs
22:16qui est super important
22:17pour beaucoup d'indices,
22:20c'est quand même
22:20ces CAPEX
22:22qui seront encore
22:23plus forts
22:24sur les années
22:24qui arrivent.
22:26Là,
22:26les analystes
22:27parlent maintenant
22:27de plus de 1000 milliards
22:29sur 2027
22:30et ça,
22:31c'est quelque chose
22:32qui est quand même
22:32très porteur
22:33pour beaucoup d'acteurs
22:35dont les semi-conducteurs.
22:36Donc ça,
22:37c'est un élément
22:38qui est intéressant.
22:38Et après,
22:38dans ce qu'on peut voir
22:39aussi dans les communications
22:41de certaines entreprises,
22:42c'est le fait
22:43qu'elles disent
22:44que les carnets de commandes,
22:45notamment les hyperscalers,
22:46disent généralement
22:47que les carnets de commandes
22:47de toute façon
22:48sont pleins
22:50pour plusieurs années
22:51et il y a même
22:52des acteurs
22:54des semi-conducteurs
22:55qui disent
22:55qu'ils n'ont jamais eu
22:56autant de visibilité
22:59sur les années
23:00qui arrivent
23:00parce qu'ils savent
23:01que de toute façon,
23:01des puces,
23:02ils pourront en vendre
23:03très très facilement
23:03et c'est encore plus
23:04le cas pour les puces mémoires
23:05parce que là,
23:06la pénurie est très forte.
23:08D'ailleurs,
23:09c'est difficile
23:09d'évaluer
23:10les impacts macro
23:11de ça
23:12parce qu'on peut voir
23:13que le prix des puces
23:15exportés par la Corée du Sud
23:16en quelques mois
23:17ça a doublé
23:19même si c'est qu'une petite partie
23:21peut-être
23:23d'un téléphone portable
23:25ou d'un ordinateur
23:26ça peut avoir
23:27des conséquences
23:28finalement
23:28sur les prix de vente
23:29de ces biens-là.
23:32Moi,
23:32c'est ce que j'ai regardé
23:33notamment dans le PCE,
23:34l'inflation PCE
23:35s'était publiée
23:35la semaine dernière,
23:36je regardais que sur trois mois
23:37le prix des ordinateurs
23:39aux Etats-Unis
23:39ça a augmenté
23:40de plus de 10%
23:42en trois mois
23:43et ça,
23:43ça ne s'est simplement
23:44jamais vu
23:45depuis qu'il y a des stats
23:46sur le prix des ordinateurs
23:47aux Etats-Unis
23:47depuis les années 60.
23:49Donc bon,
23:50on ne sait pas encore très bien
23:51les conséquences
23:52que ça va avoir
23:52sur la macro
23:53mais ça fait partie
23:54des choses
23:55qu'il faudra regarder aussi.
23:56Mais plus généralement,
23:59oui,
23:59c'est des choses
24:00que les publications
24:00de la tech
24:01c'était quand même
24:01plutôt rassurant
24:02et ça a réemmené
24:03le marché à la hausse
24:04et ça me fait un peu penser
24:06à ce que vous disiez
24:07tout à l'heure
24:08sur le Liberation Day
24:09de l'année dernière.
24:10Le marché baisse beaucoup,
24:12c'était à peu près
24:12les mêmes dates,
24:13mars-avril,
24:14il y a un très fort rebond
24:15et qu'est-ce qui avait rebondi
24:17le plus à l'époque
24:17c'était largement
24:18les secteurs de la tech.
24:20La tech avait surperformé
24:22sur les mois
24:22de mai,
24:23juin,
24:23juillet je crois,
24:24c'était très très impressionnant.
24:26Là,
24:26on revoit la même chose
24:27tout simplement
24:28sur cette année 2026.
24:30Pierre Bismuth,
24:31vos commentaires,
24:32beaucoup de choses
24:32ont été dites déjà
24:33mais si vous voulez
24:34rajouter quelque chose
24:35sur les publications
24:37des tech US
24:38de la semaine
24:39des dernières semaines ?
24:40À part que
24:41tout se fait
24:42et c'est très bien,
24:44le marché évalue
24:45les titres
24:46en fonction
24:46des prévisions futures.
24:48On va dire
24:48que les résultats
24:49spots sont importants
24:50mais c'est vraiment
24:51ce qui importe,
24:52c'est vraiment
24:52les perspectives
24:53et ce sont les perspectives
24:54qui ont véritablement
24:56enflammé les marchés
24:56et ça,
24:57c'est très...
25:00en tout cas,
25:01ça donne beaucoup
25:02de confiance
25:02pour l'année
25:03et même en Europe
25:04parce qu'on a fait
25:06notre comité d'allocation
25:07et à ma grande surprise,
25:08on estime en fait
25:11le prix actuel
25:13des actions
25:14en fonction
25:16d'un historique
25:17de 10 ans
25:18en fonction
25:18du price earning
25:19à 3 ans.
25:20Enfin,
25:20du price earning
25:20à 3 ans.
25:21Et alors,
25:22force est de constater
25:22que même en Europe,
25:24on a des prévisions
25:25de résultats
25:26à 3 ans
25:26qui se sont
25:28largement inflattées.
25:29C'est-à-dire que
25:30même les prévisions
25:31d'analystes
25:32sont extrêmement
25:33confiantes
25:34pour les 3 prochaines années.
25:36C'est-à-dire que
25:36vous avez un marché
25:37qui ne fait rien
25:39en 4 mois
25:39et avec cette manière
25:43d'estimer les choses,
25:44si vous regardez
25:45la cherté relative
25:46du marché
25:47entre décembre
25:48et avril,
25:49en fait,
25:49on est moins cher.
25:51Donc ça veut dire
25:51que les prévisions
25:53de résultats futurs
25:54sont beaucoup plus importantes
25:56qu'ils n'ont été.
25:57Donc je pense
25:58que le marché
25:59est véritablement
26:00sur une tendance
26:01assez forte,
26:02alors certes
26:03emmené par la tech américaine,
26:05mais en Europe,
26:06on a moins de tech
26:07et ce sont vraiment
26:08des secteurs
26:10assez divers,
26:11à commencer par les banques
26:12qui se reprennent enfin,
26:15qui donnent beaucoup
26:17de confiance
26:17dans le marché européen
26:18pour rejoindre
26:20ce que vous avez dit.
26:21Et parlons des banques
26:21parce que les banques
26:22en France,
26:24par exemple,
26:24elles ont publié
26:25la semaine dernière,
26:25je crois,
26:26ou la semaine d'avant,
26:27mais je crois
26:27la semaine dernière,
26:27et toutes ont été
26:29sanctionnées quand même
26:30assez gourdement
26:30après leur publication
26:32trimestrielle.
26:33Elles ont été
26:34sanctionnées déjà
26:35avec l'arrivée
26:37de la guerre
26:38et ça,
26:39c'est une vraie ligne.
26:40Moi,
26:40j'ai quand même
26:40l'impression
26:41que le marché européen,
26:43on est vraiment
26:43les émergents
26:44des marchés développés
26:45et on ne comprend pas
26:47cette fébrilité
26:49sur les secteurs
26:51au plus fort bêta,
26:52c'est-à-dire qu'on a
26:53vraiment des banques
26:54qui ont perdu
26:55sur l'annonce
26:55de la guerre
26:5620%,
26:57alors qu'on a du mal
27:00à voir le lien
27:02entre les résultats
27:03prévisionnels
27:04des banques
27:05et un vecteur
27:08de volatilité.
27:10On pourrait penser
27:11que c'est extrêmement bon
27:13pour le trading
27:14et qu'à partir du moment
27:16où on est relativement loin
27:18de la zone de conflit
27:19et politiquement
27:20et géographiquement,
27:22on a quand même
27:22beaucoup de mal à voir
27:25en quoi ça va
27:27pénaliser l'économie.
27:29Et c'est pour ça
27:29qu'on parlait des peurs.
27:30C'est que je pense
27:31que les banques européennes
27:34ont une taille
27:37beaucoup plus importante
27:39en termes de rapporter
27:40au PIB
27:41que les banques américaines
27:42sur leur solde domestique.
27:44Et à chaque fois
27:45qu'on a un événement
27:47géopolitique qui arrive,
27:48on se dit
27:48attention,
27:49tout le marché du crédit,
27:51même qu'ils soient
27:52des intermédiés
27:53ou intermédiés,
27:54va péricliter
27:56sous l'effet
27:57d'un événement
27:59exogène géopolitique.
28:00La réalité,
28:01c'est qu'à l'instar
28:03de ce qui se passe
28:04sur les bénéfices
28:06des entreprises
28:06et sur les marchés actions,
28:08en fait,
28:08la microéconomie
28:09n'est pas tellement
28:10dépendante
28:11de la géopolitique.
28:12Elle est beaucoup plus
28:12dépendante
28:13de la politique
28:14et des droits de douane,
28:16par exemple,
28:17et des échanges commerciaux
28:19qu'une vraie géopolitique
28:20au sens,
28:21y a-t-il des guerres
28:22ou y en a-t-il pas ?
28:24C'est plutôt
28:25comment les blocs
28:26arrivent à s'entendre
28:27sur le commerce mondial.
28:29C'est ça qui fait vraiment,
28:30qui pilote véritablement
28:31l'économie.
28:32Et c'est vrai
28:33que les craintes géopolitiques
28:34sont toujours plus importantes
28:36en Europe
28:37plutôt que sur les autres
28:38marchés développés.
28:38Et sur le commerce mondial,
28:40on peut peut-être dire
28:40un mot aussi
28:41des droits de douane
28:43relevés
28:43cette semaine ?
28:44Est-ce qu'il y a
28:45quelque chose à dire ?
28:46Ce n'est pas relevé,
28:47c'est une menace.
28:48Une menace de 15% à 25% ?
28:50Oui, mais je veux dire,
28:52des phrases de ce genre,
28:54il en sort plusieurs
28:55par semaine.
28:56Enfin, je veux dire,
28:57on parlait juste avant
28:58l'émission du fait
28:59que pour les politiques,
29:02souvent,
29:02ce qui compte,
29:03c'est d'avoir dit des choses
29:04et pas forcément
29:05de les avoir faites.
29:06Et là,
29:07on est complètement là-dedans.
29:08Donc, menaces ?
29:10Oui, je pense que c'est
29:11des menaces
29:12complètement dans le vent
29:13et qu'on n'est pas reparti
29:15pour avoir une hausse
29:16de droits de douane
29:16prochainement.
29:17Sur l'automobile,
29:18c'est bien plus
29:19la Commission européenne
29:21qui a causé des problèmes
29:22que les droits de douane
29:23de Donald Trump
29:24sur l'automobile européenne.
29:26Et là,
29:26on a quand même
29:26une erreur politique
29:29spectaculaire.
29:29Bon,
29:31je vous propose
29:32de passer un peu
29:33à l'allocation,
29:35à ce que vous faites,
29:35vous,
29:36dans vos sociétés
29:37différentes.
29:38Au-delà de la Tech US,
29:40Bastien,
29:41est-ce que,
29:42on parlait des banques,
29:43est-ce que vous regardez
29:43d'autres secteurs
29:45ailleurs qu'aux Etats-Unis,
29:46peut-être même en Chine,
29:48en Asie,
29:48les émergents ?
29:49Qu'est-ce que vous regardez
29:51en ce moment ?
29:52Ce qu'on aime bien,
29:53c'est les émergents
29:53parce que,
29:53de toute façon,
29:54dans l'indice,
29:57par exemple,
29:57le MSCI émergent,
29:59les plus grosses fondérations,
30:00c'est des fondérations
30:00qui sont très mémoire,
30:03semi-conducteurs.
30:04Donc,
30:04même quand on parle
30:04d'émergents,
30:05finalement,
30:05on parle un peu de tech.
30:08Ça,
30:08c'est plutôt
30:09des indices
30:10qu'on aime bien regarder.
30:12sinon,
30:13plus généralement,
30:14si on va regarder
30:14sur d'autres classes d'actifs,
30:16on est aussi
30:17très intéressé
30:18par tout ce qui peut être
30:19comme le high-illide européen,
30:21par exemple,
30:21avec des taux,
30:23des rendements
30:23qui ont très fortement
30:24augmenté.
30:25Finalement,
30:25une des perspectives
30:25de récession
30:26qui sont très faibles,
30:28finalement,
30:29par rapport aux craintes
30:30qu'on a pu avoir
30:31récemment.
30:32Donc,
30:32ça,
30:32ça peut faire partie
30:33de choses
30:33qui nous intéressent
30:35également.
30:36et de manière générale,
30:39sur l'obligataire,
30:40on pense plutôt,
30:42mais on peut se tromper,
30:43qu'on devrait avoir
30:45une résolution
30:46de ce conflit
30:48et que finalement,
30:49ça devrait amener,
30:50malgré tout,
30:52à un prix du pétrole
30:53qui baisse un peu
30:53et un peu mécaniquement,
30:55on s'attend
30:56à ce qu'on ait
30:57des taux
30:57qui rebessent un peu
30:58et on a plutôt eu
31:00tendance à remettre
31:00de la duration
31:01quand on avait
31:02des taux
31:02qui remontaient beaucoup.
31:04D'ailleurs,
31:04il y a un truc
31:05qui est marrant
31:05et qui marche presque
31:06à chaque fois
31:06depuis maintenant
31:0815 mois
31:08qu'il est de retour
31:09à la Maison-Blanche,
31:10c'est quand on a
31:11le 10 ans américain
31:12qui arrive à 4,50
31:14ou quand le 30 ans
31:15qui arrive à 5%,
31:17c'est là que finalement
31:18il y a une résolution
31:19de crise,
31:20qu'il y a finalement
31:22des exemptions
31:22de droits de douane
31:23l'année dernière.
31:24Là,
31:25ça y ressemble beaucoup.
31:26Le 7 avril,
31:27c'était exactement
31:28la même chose.
31:28Le 7 avril,
31:29quand les annonces
31:30le cessez-le-feu,
31:31c'est que le taux
31:32de 10 ans américain
31:32était aux entreprises
31:33autour de 4,40,
31:344,50,
31:35on a l'impression
31:35que c'est une sorte
31:36de signal qui marche.
31:38Donc,
31:39quand on est
31:39sur ces niveaux-là,
31:40c'est intéressant
31:41de remettre
31:41de la duration
31:42finalement.
31:43Je suis qu'Andriam,
31:44Nicolas Forest,
31:46je risque de redire.
31:48Non,
31:48pas de redire,
31:48mais il y a beaucoup
31:49de choses sur lesquelles
31:50nous sommes d'accord.
31:50Vous l'avez compris
31:51puisque je l'ai répété
31:52déjà, je crois,
31:5310 fois qu'on aime bien
31:53la tech,
31:54donc je ne vais pas
31:54le redire,
31:56ça vous fait rigoler.
31:58Du côté des marchés émergents,
32:00oui,
32:00on aime les marchés émergents,
32:01mais il faut être assez sélectif.
32:04Il y a des grands gagnants
32:05et des grands perdants.
32:06Il y a un thème
32:06que tout le monde décrivait
32:07pendant des années,
32:08c'était l'Inde.
32:09Aujourd'hui,
32:09la situation de l'Inde,
32:10elle n'est pas du tout rassurante.
32:12D'accord.
32:12D'ailleurs,
32:13ce qui se passe
32:13sur l'intelligence artificielle
32:14et tout le business model
32:15de l'Inde
32:16qui consistait
32:16à délocaliser
32:18énormément
32:20d'infrastructures
32:23à une main d'oeuvre
32:23pas chère
32:24peut être quand même
32:25menacée
32:25par l'intelligence artificielle.
32:27C'est une économie
32:28qui n'a pas pris
32:31non plus le virage
32:31de la tech.
32:32Donc oui,
32:33il y a des marchés émergents
32:34qu'on aime beaucoup
32:34et on a des stratégies émergents
32:36qui performent très bien.
32:36On aime bien ça.
32:37On aime le Brésil.
32:38Voilà.
32:39Du côté de la duration,
32:40eh bien,
32:40je partage ce qui a été dit.
32:42Pourquoi ?
32:43Surtout la duration européenne.
32:44Quand on est dans une situation
32:45où les taux ont monté,
32:47où la BCE s'apprête
32:48à monter les taux,
32:48mais que la croissance
32:50est en ralentissement
32:51parce que c'est comme ça,
32:52malgré tout,
32:53la croissance européenne
32:55ralentit.
32:56On disait qu'il n'y avait
32:57pas d'impact,
32:57qu'il y a quand même
32:58des impacts.
32:59La consommation,
33:00les indices d'activité
33:01de consommation en Europe
33:03ralentissent.
33:03Eh bien alors,
33:04c'est le duo gagnant
33:05parce que vous avez
33:06les taux qui montent,
33:07la Banque centrale européenne
33:08qui garantissent
33:09les installations d'inflation
33:11sous contrôle.
33:11Une économie qui ralentit,
33:13c'est plutôt l'opportunité
33:15d'acheter la duration longue
33:16et donc on aime
33:17la duration longue
33:18plutôt de bonne qualité
33:19et là c'est peut-être
33:20un point différent,
33:21même si on a
33:22des très belles expertises
33:23à yield,
33:24nous on aime aussi
33:24plutôt le crédit
33:25de bonne qualité
33:27puisque quand même
33:27on est à des niveaux
33:28de spread super tight.
33:29Ce qui est intéressant
33:30dans l'obligataire,
33:31c'est le taux en absolu.
33:32Le niveau de spread,
33:33il est super serré.
33:36On n'a jamais vu
33:37un niveau de spread
33:38aussi serré aux Etats-Unis
33:39sur le marché du rendement
33:40depuis des décennies.
33:41donc il n'y a pas du tout
33:42du tout de risque.
33:44Donc c'est comme
33:45un environnement
33:47où malgré le fait
33:49que moi je dis
33:50oui on aime la tech,
33:51on va prendre de la duration,
33:52c'est comme un environnement
33:53où il faut faire attention.
33:55Les indices sont
33:55au plus haut,
33:56les spread sont
33:57au plus tight,
33:58il faut chercher
33:58de la décorrélation
33:59et ce n'est pas si facile.
34:01Et donc nous
34:02on rajoute un peu
34:02des stratégies alternatives
34:05qui offrent
34:06de la convexité,
34:07qui offrent
34:07de la décorrélation
34:08parce que
34:09même si on aime la tech
34:10et même si
34:11on aime la duration,
34:13il faut faire attention,
34:14les niveaux de valorisation
34:15sont quand même assez élevés.
34:16Il faut se protéger en fait.
34:17Voilà, il faut se protéger.
34:18Il y a deux mois,
34:19tout le monde
34:19sur les plateaux
34:20disait attention
34:21ce que vous décrivez.
34:22Et bon,
34:23même si
34:23il y a peut-être
34:24un ou de super gérants
34:26ou super traders
34:27qui ont acheté
34:29au bottom,
34:30il n'y a pas beaucoup.
34:31Celui qui a le mieux géré
34:32c'est celui qui n'a rien fait
34:33en fait,
34:34qui est parti en vacances
34:34pendant deux mois
34:35et qui n'a pas trop bougé.
34:36Mais pour le reste,
34:37oui,
34:37on a mis des titres
34:39mais quelque part,
34:39il faut quand même considérer
34:40qu'il y a pas mal de risques.
34:41Les valorisations
34:43sont quand même
34:43à des niveaux
34:44à surveiller.
34:45Donc nous,
34:46on prend des paris,
34:46des paris fondés
34:47sur des stratégies
34:48long terme
34:49comme la tech,
34:50comme aussi les utilities,
34:52comme les énergies renouvelables.
34:54Nous croyons aux énergies renouvelables
34:55parce que
34:57l'électricification,
34:58c'est un thème
34:59qui vient visuellement
34:59sur les high.
35:00On aime la duration
35:01mais restons quand même prudents
35:03et prenons aussi profit
35:05quand il y a des profits à faire
35:06parce qu'il y a eu
35:06des très très beaux profits
35:07en quelques semaines simplement.
35:09Enfin,
35:09pour conclure,
35:10chez Myria,
35:11Asset Management.
35:13C'est un peu différent.
35:15C'est un peu différent
35:16parce que
35:17mon analyse
35:18depuis le Covid,
35:20c'est que
35:20les actifs risqués
35:22sont finalement
35:24de vraies valeurs refuge.
35:27et je pense qu'en fait
35:28le marché
35:29l'évalue comme ça
35:32parce que c'est
35:32beaucoup plus simple
35:33d'évaluer
35:34le risque de crédit
35:35d'une entreprise
35:36que
35:38les errements
35:40budgétaires
35:41d'un pays.
35:42Et
35:43je peux me tromper,
35:45en tout cas,
35:45c'est mon hypothèse,
35:46c'est que
35:46si je me fie
35:47au passé récent,
35:49ça ne m'étonne pas
35:50que les hauts rendements
35:51performent
35:52largement mieux
35:53que les emprunts
35:54d'État.
35:56Et parce que
35:56rationnellement,
35:58on peut avoir
35:59plus de convictions
36:00sur une entreprise,
36:01de convictions
36:02et même de certitudes
36:03compte tenu
36:04de la recherche
36:05qu'il y a
36:06sur les entreprises
36:08et donc
36:09la microéconomie.
36:11Pareil,
36:11il me semble
36:12que les actions,
36:14ce sont
36:15des vraies valeurs refuge.
36:16Et alors,
36:17on en a parlé
36:18toute l'émission.
36:20la tech
36:20est bien
36:21une révolution
36:23technologique
36:23et ça,
36:25il y en a peu
36:25des révolutions
36:26et ça date depuis,
36:27ça dure depuis 25 ans
36:29et c'est une révolution.
36:30Donc,
36:30c'est vraiment
36:30l'arrivée d'Internet
36:31qui a complètement
36:33révolutionné
36:33tous nos usages
36:34et qui continue
36:36en fait de les révolutionner.
36:37Mais là,
36:37on a une accélération.
36:38C'est comme si vraiment
36:39on avait
36:39une sorte d'exponentiel
36:42qui se met en place.
36:43Et donc,
36:45on a des banques centrales
36:47qui sont extrêmement lisibles
36:48et ces banques centrales
36:50extrêmement lisibles,
36:51vous avez des secteurs
36:52entiers de l'économie
36:53qui sont par conséquent
36:55hyper lisibles.
36:56Je pense aux banques européennes.
36:58Pour moi,
36:58c'est vraiment...
36:59Alors là,
36:59il n'y a même pas besoin
37:00de réfléchir.
37:01En fait,
37:02les banques ne font que
37:04rester au même prix
37:05malgré leurs performances
37:07si on les évalue
37:07sur des critères
37:08d'analyse financière.
37:10Donc,
37:11c'est vrai que
37:11notre manière
37:12de voir les choses
37:12sur Myriacet Management,
37:14c'est que
37:14de notre point de vue,
37:15les valeurs refuge,
37:16et les valeurs
37:17les plus sécurisées,
37:19ce sont en fait
37:20ce qu'ils sont qualifiés
37:21d'actifs risqués
37:22et les anciens
37:24actifs dérisqués
37:26comme les emprunts
37:27d'État,
37:28c'est vrai que
37:28on est très précautionneux
37:31avec ça.
37:32On trouve qu'il y a
37:32beaucoup trop de volatilité
37:34sur les taux
37:37et le nouveau VIX,
37:38si on parle
37:39de l'indice
37:40de la volatilité,
37:41pour nous,
37:41c'est vraiment le pétrole
37:43et en fonction du pétrole,
37:45vous pouvez avoir
37:46des signaux
37:47de prise de risque.
37:48Là,
37:48vous en avez eu un,
37:49c'est un boulevard
37:49pour l'instant.
37:51En revanche,
37:51si le pétrole repasse
37:52au-dessus des 100 dollars,
37:53vous aurez un signal
37:54de couverture.
37:55Mais sur le long terme,
37:57compte tenu de tout
37:58ce qu'on a dit
37:58au cours de l'émission,
37:59la visibilité
38:00sur les marchés risqués
38:02est quand même
38:03très très très forte.
38:04Donc,
38:05on est plutôt
38:06au minimum neutre,
38:08voire surexposé
38:09sur tout ce qui est
38:10thématique risque,
38:10que ce soit émergent
38:12au rendement
38:13sur la partie obligataire
38:14et actions
38:15des pays développés
38:16et japonaises
38:17qui performent largement
38:19sur les marchés
38:20développés actions.
38:22Merci beaucoup
38:23à tous les trois messieurs.
38:25Pierre Bismuth,
38:25directeur général
38:26et responsable
38:27des gestions
38:27de Myria Asset Management.
38:29Merci beaucoup.
38:30Merci Bastien Drue,
38:32responsable des études
38:33et de la stratégie
38:34de CPRAM
38:35et Nicolas Forest,
38:37directeur des investissements
38:38de Candriam.
38:39Merci à mes Tipeurs et sous-titrage Société Radio-Canada,
38:40merci à mes Tipeurs et sous-titrage Société Radio-Canada,
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