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Lundi 7 septembre 2026, retrouvez Marvin Ndiaye (fondateur, Fresheo et Ultra) et Lisa Ducan (Avocate associée, Racine) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de Smart Eco.
00:12Smart Eco, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie.
00:16Retrouvez-nous tous les jours à l'antenne, mais aussi sur bismart.fr et sur toutes vos plateformes d'écoute.
00:22Et au programme d'aujourd'hui, nous retrouvons tout d'abord notre chef d'entreprise,
00:26ce sera Marvin Ndiaye qui va nous parler de son histoire d'entrepreneur
00:30et surtout de la manière dont on peut assurer la croissance de l'entreprise.
00:34Et ensuite, nous verrons les derniers chiffres de la Banque de France sur les défaillances d'entreprise,
00:39d'une légère baisse en juillet, mais avec toujours plus de 70 600 défaillances sur 12 mois glissants,
00:46des chiffres qui restent élevés, mais qu'il faut mettre en perspective avec la forte hausse de création d'entreprise.
00:51Alors, paradoxe français au renouvellement du tissu entrepreneurial, ce sera notre sujet du jour, c'est Smartéco.
01:01De la cuisine à l'entreprise à plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires, il y a beaucoup d
01:07'étapes entre les deux.
01:08Et pour en parler, je suis ravi de recevoir Marvin Ndiaye. Bonjour.
01:11Bonjour, enchanté.
01:12Alors, vous êtes fondateur de Fréchéo, qui est une foodtech de livraison de repas préparés,
01:16fondateur aussi d'Ultra, qui accompagne les dirigeants dans leur montée en puissance,
01:21et auteur de Fauché à 18 ans, millionnaire à 23 aux éditions Racine, que vous avez écrit en 2024.
01:28Justement, c'est ce storytelling aussi dont on va parler.
01:31Vous écrivez que vous avez créé Fréchéo en 2018, à 21 ans, avec 1500 euros depuis la cuisine de 8
01:39mètres carrés de votre mère.
01:41À quel moment, justement, vous avez compris que vous pouviez passer de ce petit laboratoire à une véritable entreprise
01:50qui fait plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires ?
01:53Alors, j'ai envie de dire la réalité. Déjà, merci beaucoup pour l'invitation.
01:57En fait, dès le début, parce que je pense qu'un rêve, on l'a dès le début, et le
02:01plan, il s'est construit au fur et à mesure des années.
02:02Mais dès le début, on a toujours été, je dis on parce que j'ai commencé avec mon petit frère
02:05à l'époque, très rêveur dans notre ambition.
02:07On était très jeunes, très peu conscients des réalités économiques et de vraiment ce qu'était le marché, donc même
02:13l'entrepreneuriat.
02:14Donc, dès le début, on a été rêveur en réalité.
02:17Quelle a été l'étape la plus difficile dans ce passage de micro-entreprise à entreprise établie ?
02:23Je pense que le passage, ça n'a pas été là le plus compliqué.
02:27Le passage le plus compliqué, c'est que j'ai travaillé deux ans dans un restaurant comme salarié.
02:30Et passer de salarié à entrepreneur, ça a été un saut mental très compliqué.
02:35Parce que mes parents, du coup, avaient fait faillite.
02:37Dans cette faillite, il y avait la maison familiale à racheter.
02:40Et le fait, en fait, de me lancer comme entrepreneur, me retirer mon CDI.
02:43Donc, me retirer la potentielle chance de pouvoir se lancer.
02:47Et quand je me suis lancé, on a dit avec mon frère, écoute, c'est simple, la maison coûtait 200
02:50000 euros.
02:51Si on se lance, il faut qu'on arrive à faire 200 000 euros la première année de résultat.
02:55On n'y est pas arrivé, on l'a fait en 18 mois.
02:57Mais derrière, c'était vraiment notre vision et notre philosophie dès le début.
03:00C'est de se lancer sur ce filet de sécurité qui peut vraiment faire peur au début.
03:04C'était ça qui faisait très peur.
03:05Alors qu'en réalité, quand on réfléchit bien, on a la chance d'être en Europe.
03:09Et donc, il y a Tur, un petit filet de sécurité qui est caché quelque part, surtout en France.
03:12Oui, justement, on va bien reparler après de toutes ces aides qui peuvent soutenir cet écosystème.
03:17Et en plus, vous êtes lancé dans cet écosystème agroalimentaire.
03:20C'est quand même un secteur assez difficile.
03:22Il y a plein de règles, des normes.
03:24Et puis aussi, vraiment des mastodontes qui occupent déjà le marché.
03:27Ça, c'était une question de savoir où se situer.
03:30C'était quelque chose que vous avez abordé très rapidement.
03:33Alors, on s'est lancé très naïvement en réalité.
03:36Bon, voilà, il y avait les box de plus en plus qui fonctionnaient à ce moment-là.
03:40Et qui fonctionnent d'ailleurs toujours aujourd'hui.
03:42Où on s'était dit, voilà, moi j'avais perdu 50 kilos.
03:45J'avais fait des études hôtelières en cuisine.
03:47Et donc, je m'étais dit, avec les box qui se lancent, pourquoi pas en gros partir dans la livraison
03:51de repas à domicile.
03:52La Belgique étant un micro-pays.
03:54On peut vite dire, on livre toute la Belgique.
03:55Parce qu'en vrai, il y a deux heures et demie de route entre les deux distances maximales.
03:59Donc, derrière, ça a été en fait la suite logique.
04:01On a commencé à faire du marketing sur les réseaux sociaux.
04:03On avait la cuisine pour commencer.
04:05Le rêve était temps de créer une chaîne de fast-food sain.
04:08On n'a pas pu le faire.
04:09Mais on a du coup démarré comme ça.
04:10En livrant du coup les repas directement à domicile.
04:13Chez les gens.
04:13Vous avez quand même peut-être un tout petit peu dévié l'axe principal quand vous dites que votre rêve
04:19c'était de faire des fast-food sain.
04:21Vous avez quand même dit, il y a un moment, il faut qu'on réfléchisse à la place qu'on
04:23veut trouver dans ce marché-là.
04:25Il y avait la place et il y avait les moyens surtout.
04:27En fait, on n'avait pas de moyens.
04:28Donc, quel était le moyen le plus simple ?
04:30Communication via les réseaux sociaux.
04:32Production via l'outil qu'on avait qui était donc la cuisine familiale.
04:35Et ensuite, implémentation directement avec l'ouverture d'un premier numéro auto-entrepreneur pour pouvoir démarrer l'entreprise.
04:42Et du coup, la place dans ce secteur, ça s'est fait progressivement ?
04:46Il n'y a pas eu de moment où il y a eu une stratégie en particulier ?
04:49La stratégie a toujours été la même.
04:50J'applique la même avec Ultra qu'avec Fréchéo.
04:53Ça a été toujours de communiquer de manière super importante.
04:56C'est d'ailleurs un point que je le vois beaucoup avec les dirigeants qu'on accompagne aujourd'hui.
04:59Énormément d'entrepreneurs sont dans un énorme, énorme savoir-faire.
05:03On le voit.
05:04Les gens sont extrêmement compétents, tellement techniques que même des fois c'est passionnant de discuter avec eux.
05:09Maintenant, il y a un gros enjeu de faire savoir.
05:12Et ça par contre, en France, on n'aime pas en fait la communication, on n'aime pas vendre.
05:17Et c'est vrai que moi, la chance que j'ai eue, c'est que je suis un bon cuisinier,
05:20mais je ne suis pas si bon que ça.
05:21En réalité, il y a énormément de personnes qui me surpassent dans cette discipline.
05:24Et donc, j'ai vite compris que si je voulais me démarquer, si je me basais uniquement sur mes compétences
05:29de cuisinier,
05:30ça allait être compliqué pour pouvoir du coup développer l'entreprise.
05:33Et donc, c'est dans cet état d'esprit-là que j'ai directement développé un marketing qui était très
05:37agressif, qu'on a toujours aujourd'hui.
05:39Et derrière, je pensais la différence à cette période-là de ma vie.
05:42Oui, la force du marketing, particulièrement dans notre génération, parce qu'aussi, c'est peut-être des réflexes que des
05:48dirigeants qui sont plus chevronnés ont moins.
05:51Aujourd'hui, on est obligé de passer par là, en fait.
05:54C'est devenu obligatoire, communiquer à travers les réseaux sociaux, pour moi, est un manque de responsabilité si l'entrepreneur
06:01ne le fait pas.
06:02Parce que vraiment, vous savez, aujourd'hui, on a la chance d'être sur plateau.
06:05Mais la réalité étant, c'est qu'en prenant votre smartphone, vous avez toutes les chances aussi d'être aussi
06:08sur plateau.
06:09Il suffit juste de bien parler à la bonne typologie de personne, avec un angle différent, et qui va du
06:13coup apporter de la valeur à votre audience.
06:15Donc, le plateau maintenant est constant.
06:17Et il y a une redistribution constante des richesses, de la manière de pouvoir du coup mettre en avance l
06:21'entreprise.
06:22Et je sais, on n'aime pas se mettre en avant, on est toujours un peu timide, peur du regard
06:26des autres, etc.
06:27C'est surtout en France.
06:28Maintenant, en gros, je pense qu'il y a une phrase que j'adore, c'est que tu obtiendras ce
06:32que tu veux dans ta vie à partir du moment où faire ou vouloir ce que tu veux est plus
06:36important que le regard des autres.
06:38Et ça résume bien ça avec les réseaux sociaux.
06:40Et c'est ce que vous avez appliqué.
06:41Et peut-être après, au-delà quand même du marketing, il faut quand même consolider tout ça.
06:45Vous avez racheté trois de vos concurrents.
06:47Ça, c'était l'étape suivante.
06:49C'est justement de se consolider et de faire des acquisitions externes.
06:53Alors, j'aurais bien voulu que ça soit aussi beau que ça.
06:56La réalité, c'est que ce n'est même pas des concurrents directs.
06:58C'était plutôt des verticales différentes, mais qui restaient en fait dans le secteur B2B qu'on n'adressait pas.
07:03En réalité, en fait, c'était qu'en 2023, donc moi, j'ai développé Frigio pendant des années.
07:07On avait plus ou moins une centaine de personnes qui bossaient pour moi à 24 ans.
07:12Et en 2023, j'ai eu ma première crise.
07:15C'est que derrière, en fait, j'ai eu un ralentissement de croissance.
07:20On a dû monter les prix.
07:22Il y avait à ce moment-là, du coup, pas mal d'inflation qui est passée par là.
07:25Et derrière, du coup, c'est le moment de marché beaucoup plus faible.
07:27Il faut savoir qu'en Belgique, francophones, on est sur 4,5 millions de personnes.
07:29Donc, c'est très faible comme échantillon de personnes.
07:32Et donc, dès que tu augmentes les prix, tu le reçois directement.
07:34Et donc, en juillet, je me retrouve chez mon comptable qui me dit
07:37« Écoute, si on garde la même masse salariale, en novembre, tu peux fermer la société parce que vous brûlez
07:42trop d'argent. »
07:42Et ça va très vite, en fait.
07:43Et ça va très, très vite.
07:44Et donc, je me retrouve, du coup, en juillet-août, déjà millionnaire.
07:50Mais au final, à retourner dans la cuisine, licencier 50% de ma masse salariale.
07:55Donc, c'était une des tâches, je pense, les plus désagréables que j'ai faites depuis le début que j
07:59'ai commencé en 3D.
08:00Parce que j'ai toujours eu des grosses croissances dans toutes les boîtes que j'ai entrepris.
08:04Mais parce que j'ai un profond amour pour les personnes qui m'aident, qui me donnent leur confiance au
08:08quotidien.
08:09Et le fait de devoir se séparer de gens qu'on aime, c'est très, très, très difficile.
08:14Je pense qu'il y a des gens qui n'ont pas de relation particulière avec leurs salariés.
08:17Moi, j'ai cette capacité, en tout cas, de vouloir toujours aller rechercher le meilleur chez les gens.
08:20Et donc, on se le rend mutuellement.
08:22Donc, c'était, je pense, la période la plus difficile.
08:24Et je pense que c'était dans les périodes difficiles qu'on se crée.
08:26Et donc, je me retrouve, en fait, avec la moitié de mes équipes en moins.
08:31On sauve la boîte.
08:32Tout va bien.
08:33Mais moralement, fatalement, ce n'est quand même pas très agréable à vivre.
08:37Et donc, on se retrouve, du coup, avec un ami.
08:39Donc, à l'époque, j'avais déjà créé Ultra.
08:41Parce qu'Ultra, à la base, c'était juste un cercle d'affaires pour me rencontrer, du coup, les gens.
08:45Qui me dit, mais Marvin, tu as toujours fait de la croissance interne.
08:47Est-ce que ça ne t'intéresserait pas de faire de la croissance externe ?
08:50Moi, pour moi, il me parle chinois.
08:51À mon avis, au même titre que j'explique aux gens de stratégie de marketing digital.
08:55Et il me dit, non, tu peux acheter des boîtes, etc.
08:57Et là, j'achète une boîte et je me rends compte que, boum, je double mon chiffre d'affaires.
09:01Je lui ai dit, mais c'est dingue, cette situation.
09:03Et donc, on a multiplié, multiplié, ce qui a dépassé les 10 millions de droits de chiffre d'affaires.
09:06Une fois 10 millions atteints, avec une marge qui est quand même assez confortable,
09:12je me suis dit, OK, bon, j'ai mes voitures de rêve.
09:15C'est la vie que je rêve.
09:18Mes parents, du coup, si je suis arrivé dans l'entrepreneuriat,
09:20c'est parce qu'avant tout, comme j'ai dit au début, mes parents ont fait faillite.
09:23Mes parents ont fait faillite par manque de compétences, de connaissances et d'entourage.
09:26Et chercher du sens.
09:27Parce qu'une fois que tu as fait les beaux hôtels, les belles voitures, etc.,
09:30que tu as un peu de sous, que tu n'es pas vraiment très dépensé.
09:31En réalité, je ne suis pas très, très dépensé.
09:33Je voulais de l'argent pour du confort.
09:34Mais une fois que tu as du confort, c'est vite réglé.
09:36Je me suis dit, qu'est-ce que je peux faire qui a du sens ?
09:38Et mon papa en est décédé.
09:40Et ils ont fait faillite à cause de ça.
09:42Et une partie de ma vie a été traumatisée à cause de cet événement qui était assez dramatique.
09:46Et je me suis dit, OK, comment est-ce que ta vie peut être utile maintenant ?
09:50Et en fait, ce que je me suis dit, c'est donnons aux entrepreneurs
09:53un maximum de compétences, de connaissances et d'entourage.
09:56Et donne ton temps aux gens, en fait.
09:57Et sur les 12 derniers mois, j'ai été dans 15 pays.
10:01J'ai fait plus de 200 audits physiques.
10:03Et je n'ai jamais autant donné de ma personne.
10:04On a fait plus de 1 000 entreprises.
10:06Et on a pu aider des centaines d'entrepreneurs aujourd'hui à travers l'écosystème
10:09à pouvoir faire grandir leurs TPE, PME, boulangerie, commerce physique, boucherie.
10:15L'un secteur que vous ne connaissiez pas forcément.
10:17Non, c'est exceptionnel.
10:18Mais c'est ça qui était la beauté.
10:20C'est qu'au final, ils avaient tous le savoir-faire.
10:23Moi, j'ai le faire savoir.
10:24J'ai les comportements en tant qu'entrepreneur.
10:25On n'apprend pas à devenir entrepreneur.
10:27C'est ça qui est dramatique.
10:28C'est d'ailleurs pour ça que mes parents ne s'en sont pas sortis.
10:30Ils avaient le savoir-faire, mais aucun faire-savoir.
10:33Et aujourd'hui, on a vraiment une volonté.
10:35Et sur le long terme, d'aider un maximum d'entrepreneurs.
10:37Exactement.
10:38Merci beaucoup Marvin Hendei.
10:40Vous allez rester avec nous.
10:41Justement, vous avez gardé cette casquette de fondateur d'Ultra.
10:44On passe tout de suite au débat éco pour parler justement de ces défaillances d'entreprise,
10:49mais aussi d'une grande création d'entreprise.
10:50Et comment est-ce qu'on peut trouver un équilibre entre tout ça.
10:58Le nombre de défaillances d'entreprises a très légèrement diminué en juillet,
11:02à plus de 70 600 en cumul sur 12 mois, selon les derniers chiffres de la Banque de France.
11:08Une très légère baisse, mais ces chiffres restent tout de même assez élevés.
11:12Et puis, ils sont à mettre en perspective avec la force hausse du nombre de créations d'entreprises.
11:16On est à environ 11% de plus sur ce semestre par rapport au semestre 2025, selon les chiffres de
11:22l'INSEE.
11:22Alors, comment interpréter ces chiffres ? Faut-il s'en inquiéter ?
11:25On va en parler tout de suite avec Lisa Ducani.
11:28Vous êtes avocate associée chez Racine. Bonjour.
11:30Bonjour à tous. Bonjour, Sybille.
11:31Merci beaucoup de nous avoir rejoints.
11:33Marjbin Ndiaye, vous êtes toujours en présence sur ce plateau,
11:36donc toujours fondateur de Fréchéo et fondateur d'Ultra.
11:40Merci de participer à cet échange.
11:42Alors, Lisa, quand on parle de plus de 70 000 défaillances,
11:46vous, est-ce que c'est un chiffre déjà qui vous inquiète ? Est-ce que c'est inquiétant ?
11:49Alors, c'est inquiétant et ce n'est pas surprenant.
11:52C'est-à-dire, comme vous l'avez dit au début, il y a une légère baisse en juillet,
11:55mais c'est à prendre avec des pincettes parce qu'en réalité,
11:58sur une année glissante, on tape les 70 000 défaillances
12:01et on est sur une tendance quand même haussière par rapport à juillet de l'année précédente.
12:06Ce petit creux, en réalité, depuis le début de l'année,
12:09on monte, on redescend, on stabilise.
12:11On n'est pas du tout sur une sortie de crise.
12:14et les chiffres ne devraient pas vraisemblablement s'améliorer sur le deuxième semestre.
12:21La réalité, c'est qu'en juillet, cette petite bosse,
12:24elle peut venir aussi du fait qu'il y a des vacations
12:27et qu'on a toujours un petit creux en réalité en juillet.
12:31En revanche, ce qu'il faut mettre en avant,
12:33c'est que les défaillances, aujourd'hui,
12:36on n'est pas sur les mêmes, on n'est pas dans le même écosystème
12:38que lors de la sortie de crise post-Covid,
12:41où on était vraiment sur une crise de liquidité
12:43avec des sociétés qui avaient des difficultés plutôt conjoncturelles
12:48et les PGE avaient répondu à ces difficultés à l'époque.
12:51Aujourd'hui, ce qui est un peu plus inquiétant,
12:53c'est que les entreprises font face à des difficultés
12:56qui sont plus structurelles.
12:58C'est-à-dire qu'il va falloir arriver à concilier
13:01un niveau d'endettement en adéquation avec la rentabilité.
13:07Et ce n'est pas évident parce qu'il y a le remboursement des PGE,
13:10parce qu'il y a la hausse des taux,
13:11parce qu'il y a un environnement économique assez contraint.
13:15Et Marvin, quand on met ces chiffres-là
13:17face au record de création d'entreprises,
13:21vous, ça vous rassure ?
13:22Est-ce que vous pensez justement que ces créations d'entreprises
13:24se font dans des bonnes conditions
13:25qui pourront répondre peut-être à ces difficultés de structure ?
13:29Alors, bizarrement, moi, je trouve ce chiffre très bien.
13:31Et pour une raison simple, c'est que j'ai la profonde conviction,
13:35et pour avoir, du coup, être entrepreneur depuis bientôt 10 ans,
13:37que les entrepreneurs qui font faillite
13:39ou qui, derrière, arrêtent,
13:41sont les entrepreneurs qui ont arrêté de se remettre en question
13:43ou qui n'ont pas, au bout d'un moment,
13:44cherché la bonne compétence, la bonne connaissance et le bon entourage.
13:47Parce que quand tu respectes profondément tes clients, tes équipes,
13:49au bout d'un moment, il y a toujours une issue.
13:51OK, comme on le voit, énormément d'entreprises pivotent
13:54et font d'autres choses.
13:55Par contre, le fait qu'il y ait de nouvelles personnes
13:58qui puissent se mettre sur le marché,
13:59je trouve ça hyper encourageant,
14:00parce qu'avec les outils qu'on a aujourd'hui,
14:02on peut vite rattraper.
14:04L'entrepreneuriat, c'était vraiment quelque chose, en fait,
14:06à l'époque, c'était, ton père était bouché,
14:08tu devenais bouché, et en fait, ainsi, c'est valable.
14:10Une transmission.
14:11Exactement.
14:12C'est très, ça restait quand même sectaire.
14:14Aujourd'hui, en gros, c'est ouvert à tout le monde.
14:16Aujourd'hui, en gros, on peut n'avoir aucune connaissance en boucherie
14:19et posséder cinq boucheries.
14:20C'est une possibilité.
14:22L'IA et tous les autres outils qui arrivent
14:24et qui sont mis à disposition
14:25nous permettent de vite comprendre des marchés, les enjeux.
14:28Et donc, moi, je trouve ça, au contraire, très positif,
14:30parce que ça veut dire que les mauvais entrepreneurs sortent.
14:32Les mauvais, ce n'est pas forcément les mauvaises personnes,
14:34mais les personnes qui arrêtent de vouloir se remettre en question
14:36ou de vouloir, du coup, développer ou faire grandir l'entreprise
14:39et de comprendre qu'en fait, le problème,
14:40ce n'est peut-être pas eux, mais leurs compétences.
14:42Et les nouveaux, du coup, arrivent.
14:44Et on va voir, du coup, si ça tient la route.
14:45Si ça tient la route.
14:46Lise, juridiquement, qu'est-ce que ça veut dire, en fait,
14:48une défaillance d'entreprise, concrètement ?
14:51Alors, quand on parle des défaillances d'entreprise,
14:53on parle, normalement, des procédures collectives.
14:55Et c'est hyper intéressant, effectivement, ce que vous dites,
14:57parce que je pense qu'il n'y a pas de mauvais entrepreneurs.
14:58Et je pense que ça fait partie, aussi, de la stigmatisation de l'entrepreneur.
15:03Et d'ailleurs, il y a un paradoxe un peu statistique.
15:05Quand on parle de défaillance,
15:06on parle souvent de redressement judiciaire,
15:08de liquidation judiciaire.
15:10Il faut savoir qu'il y a des procédures qui sont préventives,
15:12qui sont là pour accompagner les dirigeants,
15:14qui rencontrent des difficultés,
15:15qui doivent les aider à les traverser.
15:17On a des outils juridiques bien établis et qui fonctionnent.
15:21Et donc, le paradoxe, c'est que la procédure de sauvegarde,
15:23qui est un peu la procédure d'anticipation par excellence,
15:25ne représente que 2% des défaillances.
15:27Et pourquoi ?
15:28Ce n'est pas parce qu'elle est compliquée,
15:29ce n'est pas parce qu'elle est méconnue,
15:31c'est parce qu'en réalité,
15:31le pire ennemi du dirigeant, c'est souvent le dirigeant.
15:34Et ce qui est important,
15:36c'est d'expliquer que les difficultés économiques,
15:38ce n'est pas une fatalité,
15:39que très souvent, ce n'est pas dû à une mauvaise gestion,
15:41et qu'il y a des outils qui sont là pour les accompagner.
15:44Et c'est pour ça que je trouvais que c'était intéressant,
15:45ce que vous disiez,
15:46être accompagné et avoir un staff autour,
15:48que ce soit sur de la communication,
15:50mais également sur du pilotage de trésorerie.
15:52Avoir son pilotage de trésorerie,
15:54même quand on est une PME,
15:56c'est important.
15:57Et ça permet aussi d'éviter les défaillances,
15:59puisque redressement judiciaire et liquidation judiciaire,
16:02ce sont des procédures qui sont ouvertes
16:04quand la société est déjà en état de station des paiements.
16:06Oui.
16:07Justement, vous avez écrit dans les échos à une tribune,
16:10le recours préventif au tribunal est encore trop timide.
16:13Concrètement, comment est-ce qu'on peut aider ce dirigeant
16:16qui peut penser se retrouver face à un mur
16:19et qu'il n'y a aucune solution possible ?
16:21Je pense que c'est déjà, on parlait,
16:23et on parlait pas qu'entre praticiens,
16:26on parlait justement sur les internes,
16:28dites que ces procédures existent.
16:30Le gouvernement a mis en place d'ailleurs en février
16:32la charte confiance pour favoriser en fait
16:34ce recours aux procédures préventives,
16:36pour essayer de déstigmatiser
16:38les défaillances d'entreprise
16:40et les difficultés rencontrées par les dirigeants.
16:41Et il y a d'autres choses, là on est sur une simplification du livre 6,
16:45qui est le livre, nous, qui codifie
16:46toutes ces procédures-là dont on parle,
16:48donc quand elles sont très préventives,
16:50on a deux conciliations, sauvegardes dont je vous parlais.
16:53Donc le système existe,
16:54il faut savoir que ça existe,
16:56en discuter, déculpabiliser,
16:58parce qu'en réalité il y a beaucoup de dirigeants
17:00qui ont déposé le bilan,
17:03qui ont fait face à une procédure collective,
17:04et heureusement ce n'est pas un franc d'entrepreneuriat.
17:07Il faut aussi savoir, effectivement,
17:09être accompagné,
17:11parce que c'est comme ça aussi,
17:12effectivement, qu'on apprend,
17:13qu'on anticipe,
17:14qu'on sait regarder les signaux faibles,
17:16parce que c'est souvent dans les signaux faibles
17:17qu'on va déceler les crises,
17:19les impasses de trésorerie,
17:20des choses comme ça.
17:21Et donc ça, déjà, c'est important.
17:23Donc on a l'arsenal,
17:24il faut faire changer un petit peu les mentalités.
17:26Les mentalités.
17:26Marvin, quand les entrepreneurs viennent vous voir,
17:28ils sont déjà au bout,
17:30ils sont déjà presque proches de la faillite,
17:33ou en tout cas,
17:34ils arrivent à avoir le recul nécessaire
17:36pour vous dire,
17:37voilà, là, j'ai des difficultés,
17:38il faut en parler.
17:39Alors déjà, je rebondis,
17:40parce que pour moi,
17:41vraiment, changer de mentalité,
17:42c'est la parfaite phrase.
17:45Par rapport aux entrepreneurs
17:46qui s'accompagnent,
17:46en réalité, très peu sont proches de la faillite,
17:48parce qu'un accompagnement a un certain coût.
17:50Et donc derrière,
17:51c'est très compliqué de faire ça.
17:54En étant en faillite,
17:55on n'est plus sur des entrepreneurs
17:56qui, ça fonctionne,
17:58mais derrière, ont une frustration,
17:59se payent pas assez.
18:01Ou derrière,
18:02ils n'arrivent pas à déléguer.
18:04Ils aimeraient bien lancer une franchise,
18:06mais ils ne savent pas comment faire.
18:07On est vraiment sur des enjeux de développement,
18:09mais ils n'ont pas les clés,
18:10ils n'ont pas les comportements,
18:11ils ont beaucoup de doutes.
18:13Et derrière, en fait,
18:14c'est plus cette typologie de personnes,
18:15parce qu'en réalité,
18:16comme,
18:17enfin,
18:18on ne fait pas du redressement d'entreprise,
18:20à ce niveau-là,
18:21par contre,
18:21on fait du développement.
18:22C'est vraiment,
18:23la promesse,
18:23c'est assez simple,
18:24c'est-à-dire qu'à partir du moment
18:25où tu as une boîte qui fonctionne,
18:26donc un produit,
18:27un produit de market feed qui est trouvé,
18:29on t'aide, du coup,
18:30à communiquer plus,
18:31donc gagner plus d'argent,
18:32mieux déléguer,
18:33et surtout, en fait,
18:34valoriser la société.
18:35Parce qu'en fait,
18:35beaucoup de gens,
18:36aujourd'hui,
18:37et c'est ce qu'on a remarqué,
18:38beaucoup d'entrepreneurs,
18:38en fait,
18:39se perdent,
18:39parce qu'entrepreneurs,
18:41c'est le titre qu'on leur a donné,
18:42mais qu'eux-mêmes ne savent pas.
18:43Aujourd'hui,
18:43la plupart des gens sont salariés
18:44de leur business.
18:45Ils sont esclaves de leurs employés,
18:46esclaves de leurs clients,
18:47esclaves de leurs fournisseurs,
18:48mais...
18:49Ils s'oublient complètement.
18:49Ils s'oublient complètement.
18:50Et moi,
18:58aux enfants,
18:59non, non,
18:59ne fais pas comme moi,
19:00fais des études, etc.
19:01Alors qu'en fait,
19:02tu te rends compte plus tard
19:03que le boucher
19:04qui a cinq boucheries,
19:06il est mieux que le médecin,
19:07en fait.
19:07Mais vu que ce n'est pas très joli
19:08ou on ne le dit pas,
19:10en fait, derrière,
19:11tu ne le sais pas le savoir.
19:12Et toi, petit, jeune,
19:13moi, j'étais cuisinier,
19:14j'aurais aimé savoir
19:15qu'en fait,
19:15en ayant cinq restos,
19:16j'irais correctement,
19:17je pouvais avoir le même salaire
19:18éventuellement qu'un médecin.
19:19On dit souvent que des start-up,
19:22ça a une durée de vie
19:22de trois ans.
19:24En tout cas,
19:24la majorité dure
19:25entre trois et cinq ans.
19:26Qu'est-ce qui, pour vous,
19:28je vous pose la question
19:28à tous les deux,
19:29qu'est-ce qui, pour vous,
19:30permet d'être
19:31le lancement d'un business
19:32et l'entreprise qui dure ?
19:36Alors, start-up,
19:37il y a deux choses.
19:38Pour moi,
19:38aujourd'hui,
19:39start-up,
19:39il y a évidemment
19:39le modèle économique
19:41que beaucoup de gens connaissent.
19:42Pour moi, start-up,
19:43et c'est ce qu'il faut garder
19:44en tant qu'entrepreneur,
19:44c'est un état d'esprit.
19:46La start-up,
19:46c'est de la vitesse,
19:48de l'idération,
19:50de l'envie de croissance,
19:51l'envie de bien faire
19:52avec un produit
19:54qui est orienté
19:54autour des clients,
19:56des équipes
19:57et puis des investisseurs.
19:58Et pas autour d'un humain.
20:00Parce qu'être start-upper,
20:01c'est un comportement.
20:03Et aujourd'hui,
20:04je dis que c'est vraiment ça
20:04et ça va vraiment
20:05avec le fil de tout à l'heure,
20:07c'est qu'il faut changer
20:07les mentalités.
20:08Il faut changer les mentalités,
20:10il faut comprendre
20:10qu'une boîte,
20:11c'est un actif,
20:12que cet actif-là,
20:13il doit être bien traité,
20:14il faut des équipes,
20:15il faut des investisseurs.
20:16Et même si on a
20:17une petite boucherie,
20:18même si on a
20:19une petite boulangerie,
20:20il faut traiter ça
20:21comme un chef d'entreprise
20:21responsable parce que
20:22c'est ce qui nous permettra
20:23sur le long terme
20:23de comprendre
20:24qu'est-ce que c'est
20:24le métier d'entrepreneur
20:25et surtout de pouvoir
20:26valoriser ça plus tard
20:27et de ne pas être
20:27esclave de son business.
20:29Qu'est-ce que vous voyez,
20:29vous, Lisa,
20:30comme signe d'alerte
20:32quand on voit
20:33une business se développer ?
20:34Alors, sur les business
20:35qui se développent,
20:35vous avez raison,
20:37pour pivoter,
20:38il y a aussi le temps long.
20:39En fait, en réalité,
20:40la clé,
20:40c'est véritablement
20:41le pilotage.
20:42Le pilotage existe,
20:43c'est le pilotage de trésorerie
20:44puisque la trésorerie,
20:50pour pouvoir piloter,
20:50il faut aussi des équipes.
20:51C'est pour ça que
20:52l'accompagnement est important
20:53pour pouvoir pivoter
20:54et pour pouvoir aller
20:55sur quelque chose
20:56effectivement de plus pérenné.
20:57Est-ce que vous avez remarqué
20:59qu'il y a des différences
21:00entre des secteurs,
21:02des régions ?
21:03Est-ce qu'il y a...
21:04Alors, sur les secteurs,
21:07malheureusement,
21:08les défaillances,
21:09là, on est un peu
21:09sur tous secteurs confondus.
21:11Il y avait certains,
21:12effectivement,
21:13qui avaient été frappés
21:14de plein fouet,
21:15la restauration,
21:15l'hôtellerie,
21:17la construction.
21:18Là, ça se tasse un petit peu,
21:19mais c'est simplement
21:20qu'il y a eu
21:20beaucoup de restructuration.
21:22Et là, on voit,
21:22ce qui est assez affolant,
21:23c'est qu'on voit émerger
21:24des secteurs d'activité
21:25qu'on pensait plutôt préserver.
21:27Les services à la personne,
21:30les résidences seniors,
21:32mais également
21:33des entreprises
21:34dans la santé.
21:35Donc, on voit
21:35que malheureusement,
21:36il n'y a véritablement
21:38aucun secteur d'activité
21:39qui est en réalité épargné.
21:40Et sur le tissu géographique,
21:43en réalité,
21:43c'est plutôt cohérent
21:44avec l'économie du tissu
21:47et selon les situations géographiques,
21:48il y a des zones plus industrialisées,
21:51typiquement Nouvelle-Aquitaine,
21:53Auvergne,
21:53des choses comme ça.
21:54Le nombre de défaillances
21:55est plus important
21:56simplement parce que
21:57ces entreprises-là,
21:58elles,
21:58elles sont vraiment touchées
21:59de plein fouet
22:00par la hausse des taux,
22:02des matières premières,
22:03de l'énergie.
22:04Et pareil,
22:05en Ile-de-France,
22:06je crois que c'est
22:06une défaillance sur quatre,
22:07c'est simplement parce que,
22:08en numéraire,
22:10on a une forte concentration
22:11de défaillances.
22:11mais c'est plutôt homogène.
22:14Marvin,
22:15vous avez entrepris en 2018.
22:16Est-ce que vous sortez
22:17une grande différence
22:19dans cet accompagnement ?
22:20C'est vrai qu'on parle
22:20beaucoup de Startup Nation.
22:22Le président Emmanuel Macron,
22:23il a quand même poussé
22:24cette dynamique française.
22:26Est-ce qu'entreprendre aujourd'hui,
22:28c'est très différent
22:29d'entreprendre
22:29à l'époque où vous avez entrepris ?
22:31Je pense que oui,
22:32il y a beaucoup de choses
22:32qui ont changé.
22:33C'est vrai que moi,
22:33j'ai eu la chance
22:34de grandir dans cette ère
22:36un peu Startup,
22:37beaucoup.
22:38Et donc,
22:38avec les réseaux sociaux,
22:39on était tous un peu
22:41matrixés
22:41par l'idée
22:42de construire
22:43une très grande boîte.
22:44Et je me permets
22:44de rebondir
22:45parce qu'il y a un truc
22:45que je trouvais super intéressant,
22:46c'est qu'effectivement,
22:47il y a pas mal de secteurs
22:48qui sont en difficulté.
22:50Et moi,
22:50je le vois dans les entreprises
22:51qu'on accompagne.
22:52On a énormément de restaurants
22:53et de boîtes de la construction.
22:55Mais parce que ce sont des boîtes
22:56où les gens sont très courageux,
22:57travailleurs,
22:58mais en général,
22:58n'ont pas les bagages scolaires
22:59comme moi qui ai fait
23:00un CAP cuisine
23:00pour pouvoir avoir
23:02les bons comportements.
23:03Parler de pilotage
23:04de trésorerie,
23:05c'est vrai,
23:05mais en fait,
23:06on apprend ça où et quand.
23:07Et ça,
23:08c'est très compliqué.
23:08Et il y a un truc
23:09où moi,
23:10je suis quelqu'un
23:11qui prône vraiment
23:12le travail en Europe,
23:13en France,
23:14en Belgique,
23:14etc.
23:15Mais je trouve pas ça normal
23:16de donner des prêts PGE,
23:18mais de pas apprendre
23:18à comment on gère
23:19l'argent du PGE.
23:21Parce qu'il y a beaucoup
23:22d'entrepreneurs
23:22qui gèrent ça
23:23de manière de plus ou moins bien,
23:24mais il y a énormément
23:25d'entrepreneurs
23:25qui n'y arrivent pas.
23:26Et l'argent,
23:27là où ça pourrait être
23:27un cadeau,
23:28il y a des gens
23:29pour qui ça peut être
23:29une malédiction
23:30parce que le remboursement
23:31des prêts PGE,
23:31ça a été aussi
23:32juste un prolongement
23:34d'entreprises
23:34qui étaient déjà à l'agonie.
23:35d'entreprises zombies,
23:37etc.,
23:37qui finalement,
23:38en fait,
23:38après,
23:39ont dû fermer.
23:40Oui,
23:42exactement.
23:42Et justement,
23:43est-ce que vous trouvez
23:43qu'il y a un arsenal
23:44qui soutient assez
23:47ce nombre d'entreprises
23:48pour avoir plus d'informations,
23:51etc.,
23:51même des aides,
23:52tout simplement ?
23:53Alors,
23:53des aides,
23:53il y en a,
23:54il y a même le chèque prévention.
23:56Alors,
23:56c'est l'Ile-de-France,
23:57mais c'est 5 000 euros
23:58pour aider effectivement
24:00des assurances aussi,
24:01dirigeants,
24:02qui peuvent prendre en charge
24:03les coûts
24:04des procédures amiables.
24:06Mais la réalité,
24:07c'est,
24:08l'arsenal est là,
24:09il faut peut-être
24:10le simplifier,
24:11je pense qu'il faut encore
24:12continuer à dire
24:13la prévention,
24:14c'est important,
24:14la prévention,
24:15c'est important,
24:15vous pouvez vous faire aider.
24:17La grosse problématique,
24:18c'est qu'en effet,
24:19c'est que le dirigeant,
24:20très souvent,
24:21par définition,
24:22est optimiste.
24:22Donc,
24:22c'est pour ça que souvent,
24:23quand il vient nous voir,
24:24c'est assez tardivement
24:24parce qu'il se dise,
24:26là,
24:27je vais avoir une entrée,
24:29je vais peut-être décaler
24:30l'état de station des paiements,
24:31l'état de station des paiements,
24:32ce n'est pas un gros mot
24:33et l'anticipation,
24:34ce n'est pas un gros mot non plus.
24:35Donc,
24:35en fait,
24:35il vaut mieux
24:36aller se mettre sous la protection
24:37du tribunal
24:38et pas forcément en avoir besoin
24:39et faire une petite négociation,
24:41c'est peut-être avec ces banquiers,
24:42les banquiers ne sont pas vos ennemis,
24:44le président du tribunal,
24:45ce n'est pas votre ennemi non plus,
24:46ces gens-là,
24:47et notamment dans les banques
24:48et les affaires spéciales,
24:48sont là aussi
24:49pour accompagner
24:49le retournement d'entreprise.
24:51Et ça,
24:51je pense que c'est important
24:52et peut-être que le dirigeant
24:53ne s'est pas assez
24:53en se disant
24:54je vais peut-être perdre la main
24:55en allant pousser
24:56la porte du tribunal,
24:57c'est faux,
24:58parce que les procédures amiables,
24:59c'est à la main du dirigeant,
25:00c'est totalement confidentiel,
25:02vous y entrez,
25:03c'est à votre main,
25:04vous y sortez effectivement,
25:05si vous décidez,
25:05je ne veux plus,
25:06vous en sortez comme vous voulez
25:07et ça fonctionne.
25:09On a vu là du coup
25:10qu'il y avait énormément
25:10d'entreprises créées,
25:12mais pour les années à venir,
25:14est-ce que tous ces va-et-vient,
25:17ce terrain peut-être
25:18un peu incertain,
25:19soit politique, économique,
25:20est-ce que ça va réduire
25:22la volonté de prise de risque ?
25:25Je pense qu'en tant qu'entrepreneur,
25:26en tout cas,
25:27aujourd'hui en 2026,
25:28le risque est quand même faible.
25:30C'est d'ailleurs ça
25:31le vrai problème qu'on a aujourd'hui.
25:32Beaucoup d'entreprises se ferment
25:33parce qu'à l'époque,
25:34la vraie barrière,
25:35c'était d'avoir le courage
25:35de se lancer.
25:37Parce qu'en réalité,
25:37quand tu lançais ta boucherie
25:38il y a 30 ans,
25:40il n'y avait personne
25:41ou très peu de gens
25:42autour de toi.
25:43Là aujourd'hui,
25:43la boucherie,
25:44tu peux la lancer très vite.
25:45Tu ne vas pas mettre
25:46à risque de ta famille,
25:47ta réputation,
25:48bon, ok,
25:48ça fait toujours mal une faillite,
25:50mais bon,
25:50je pense que plus les générations
25:51avancent et plus en vrai,
25:53enfin moi,
25:53un entrepreneur qui fait faillite,
25:54je ne vais pas le juger,
25:54je ne vais pas dire
25:55oh mon Dieu,
25:55c'est une catastrophe,
25:56etc.
25:56Qu'est-ce qui s'est passé ?
25:57Pourquoi tu as fait faillite ?
25:58Tu as appris tes leçons ?
25:59Ok, super,
25:59allez, on recommence.
26:00Comme aux Etats-Unis
26:01ou comme dans plein d'endroits.
26:02Donc on est juste en retard
26:02par rapport à certaines mentalités.
26:04Donc je me dirais,
26:06je pense que c'est très positif.
26:08Je pense que derrière,
26:09ça va amener pas mal de choses
26:11et surtout de nouvelles manières
26:12de penser.
26:13Mais quand même,
26:13on pourrait se dire,
26:14là,
26:15situation économique
26:17assez défavorable,
26:17je ne vais pas me lancer
26:18tout de suite dans mon entreprise.
26:19Non,
26:19mais ça ne doit pas être un frein.
26:20Et puis en fait,
26:20de toute façon,
26:21l'entrepreneuriat,
26:21c'est un risque.
26:22Mais le risque,
26:23il peut être mesuré
26:24si justement,
26:24vous anticipez,
26:25vous pilotez.
26:26L'idée,
26:26ce n'est pas de contracter
26:27un honnêtement
26:28complètement décorré
26:30effectivement avec vous
26:30votre propre renta.
26:31C'est-à-dire que
26:32parce qu'on est un entrepreneur,
26:34qu'on n'est pas,
26:35on va dire,
26:36les pieds sur terre
26:37sur la gestion
26:38de son business.
26:39Donc le risque,
26:39il est inhérent
26:40à l'entrepreneuriat.
26:41Fort heureusement,
26:41les défaillances,
26:42on le voit,
26:43ce n'est pas un frein.
26:44Et tant mieux.
26:45Et ça doit fonctionner
26:45comme ça.
26:46Parce que dans 99% des cas,
26:49ce n'est pas du tout
26:50de la faute du dirigeant.
26:51C'est de la faute de quoi,
26:52alors ?
26:52C'est une conjoncture
26:54de plein de choses.
26:54Ça va être une conjoncture
26:55effectivement économique.
26:57Ça peut être
26:59un manque de visibilité.
27:02Donc le dirigeant,
27:03par définition,
27:03il fait de toute façon
27:04de son mieux.
27:05Et l'idée,
27:06en tout cas nous,
27:06professionnels de restructuring,
27:07c'est de changer
27:08ces mentalités-là
27:09pour que le dirigeant,
27:10puisqu'on est assez seul
27:11quand on est dirigeant,
27:12se sentent moins seul.
27:13Lisa ?
27:14Moi, je me permets
27:14d'intervenir quand même.
27:15Je pense quand même
27:16que c'est un peu
27:17de leur faute.
27:18Objectivement,
27:18en tant qu'entrepreneur,
27:19on doit se responsabiliser.
27:20C'est-à-dire la première
27:21des choses.
27:22Et je pense que vraiment,
27:23aujourd'hui, en 2026,
27:26il y a 30 ans,
27:26j'aurais tenu un lien du score
27:27qui était totalement différent
27:28parce qu'il n'y avait
27:28aucune information.
27:29Aujourd'hui,
27:30ne pas vouloir l'information,
27:31malgré que des fois,
27:37c'est de la responsabilité.
27:38Il y a possibilité
27:39avec Claude,
27:41ChatGPT,
27:41les réseaux sociaux,
27:42il y a possibilité
27:43d'aller chercher
27:43un peu d'infos
27:44et de trouver des solutions
27:45comme ça.
27:46Parce que c'est
27:46des super solutions.
27:47Et c'est vrai que c'est
27:47dommage.
27:50Malheureusement,
27:50c'est très lié à la France.
27:52Les entrepreneurs
27:53n'ont pas le temps
27:53de se responsabiliser.
27:55Deux minutes,
27:55si vous voulez réagir.
27:56Non, je disais que
27:59effectivement,
28:00la responsabilité,
28:01c'est de ne pas prendre
28:01la mesure
28:02et de ne pas en tirer
28:02les conséquences.
28:03En réalité,
28:04après,
28:05la hausse des matières
28:06premières,
28:06la hausse des matières
28:08avant d'avoir une bouillet cristal.
28:09On subit quand même
28:09des conséquences exogènes
28:11dans son business.
28:11Exactement,
28:12c'est savoir réagir.
28:13C'est là,
28:13là est la responsabilité
28:14du dirigeant.
28:15Mais ce n'est pas
28:15de la mauvaise gestion.
28:16C'est de se dire
28:16il faut que je tire
28:17les conséquences de tout ça.
28:18Et on terminera le débat
28:19là-dessus,
28:19Lisa Ducani.
28:20Merci beaucoup
28:20d'avoir été avec nous.
28:21Vous êtes avocate associée
28:22chez Racine,
28:23Marvin,
28:23Ndiaye,
28:24vous êtes fondateur
28:24de Fréchéo
28:25et fondateur d'Ultra.
28:26Merci à tous les deux
28:27et merci à vous tous
28:28et de nous avoir suivis.
28:29C'était Smartéco.
28:37Sous-titrage Société Radio-Canada
28:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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