- il y a 7 semaines
Lundi 7 septembre 2026, retrouvez Benjamin Schapiro (CEO, UBP AM France), Alain Pitous (Senior Advisor, AI for Alpha) et Florian Ielpo (Responsable Macro au sein de l'équipe Multi-Asset, Lombard Odier IM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
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00:093 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché, Benjamin
00:14Shapiro, vous êtes CEO du BPAM France, bonsoir, Florian Yelpo, responsable macro au sein de l'équipe
00:21multi-assets de Lombardier IM, bonsoir, et Alain Pitzou, senior advisor AI4Alpha, bonsoir Alain.
00:27Bonsoir. Alors, je vous propose qu'on commence avec le pétrole, je le disais en intro, le pétrole qui est
00:32au plus haut depuis deux mois,
00:34donc ça fait suite évidemment à l'escalade des tensions au Moyen-Orient, dans le détroit d'Hormuz, qui ont
00:40mis fin d'ailleurs à un mois de calme relatif dans le secteur.
00:45Le baril de Brent qui s'établit aujourd'hui à 100 dollars, c'était auparavant stabilisé autour de 80 dollars.
00:52Comment les investisseurs réagissent, Florian, sachant que Donald Trump avait dit la semaine dernière
00:58que la reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran ne durerait pas trop longtemps ?
01:03C'est une histoire qui dure, malheureusement, désormais.
01:06Comment les investisseurs réagissent ? Il y a différents pensées de questions.
01:12Lorsqu'on est investisseur multiactif, comme c'est mon cas, en fait, cette histoire de pétrole, pour le moment,
01:18a plutôt fait une partie de la performance des fonds multi-assets, c'est-à-dire que beaucoup de fonds
01:23multi-actifs,
01:23aujourd'hui, détiennent une poche réservée aux matières premières.
01:27Ces matières premières sont venues amortir justement le choc de ce que j'appellerais l'inflation directe, l'inflation énergétique.
01:33Donc, ce n'est pas nécessairement une véritable source de souffrance.
01:36Ça a généré une vague de volatilité, vous le savez, en mars dernier.
01:40Mais dans l'ensemble, un portefeuille bien diversifié qui est conscient du fait que, sur l'histoire,
01:45on a environ 20% des périodes historiques qui sont des périodes inflationnistes
01:51et dont la moitié d'entre elles viennent justement des prix du baril.
01:54Cette préparation en amont, elle a supporté ses fruits.
01:58Est-ce que ça doit être une gêne pour la Banque centrale aujourd'hui ?
02:02Probablement pas, parce que c'est une inflation sur laquelle elle a assez peu de contrôle.
02:07Notre point de vue, on est conscient qu'on est plutôt devant des hausses de taux que des baisses de
02:11taux.
02:12C'est assez naturel dans cette situation-là.
02:14Mais on est aussi conscient que l'inflation cœur est aux alentours de 2,5% de part et d
02:18'autre de l'Atlantique
02:19et qu'au contraire, l'inflation est là.
02:21L'inflation globale, elle est à 3,3%.
02:22Donc vous voyez, on a vraiment cette espèce d'ambivalence.
02:25Finalement, l'inflation énergétique peine à se retrouver dans l'inflation totale.
02:31Et je pense que ça explique aussi une forme d'indifférence qui s'est développée dans les marchés financiers assez
02:35globalement.
02:36Si en mars, on a beaucoup réagi, en avril, monst,
02:39et puis devant la progression des résultats des entreprises,
02:42on en parlera probablement plus tard,
02:44on a globalement vu un désintérêt croissant des marchés pour cette situation.
02:51C'est du risque géopolitique.
02:53Et ce risque géopolitique, il dessine les contours de l'économie de demain,
02:57mais pas forcément de celle d'aujourd'hui.
02:58Oui, donc pas de risque majeur à ce stade, en tout cas pour les marchés.
03:03Alain Pithouz, vos commentaires sur ce pétrole
03:06et puis peut-être sur plus au global la situation dans le détroit d'Hormouz ?
03:11La situation dans le détroit d'Hormouz, je vais la laisser à Donald Trump et ses amis,
03:15parce que je pense que c'est eux qui peuvent faire quelque chose ou pas, je ne sais pas.
03:19En tout cas, ils se sont mis dans un guet-pied sans fin pour le moment.
03:23Donc ça, ce n'est pas très bon pour la visibilité.
03:26Donc on va dire que ce n'est pas très bon pour la visibilité sur le pétrole.
03:30Sur le pétrole, c'est ce que disait Florian.
03:31Moi, ce que je constate, c'est que les investisseurs les plus agressifs,
03:35ceux qui sont les CTA de Hedge Fund,
03:38les gens qui font vraiment globalement des paris plutôt tranchés,
03:43ont d'énormes positions sur le pétrole en ce moment.
03:45C'est-à-dire que si on regarde leur allocation de risques,
03:47alors il y a pas mal de choses où ils sont avec des risques mesurés
03:49par rapport aux S&P, par rapport au grand marché actions,
03:53mais là, il y a vraiment un pari assez tranché.
03:55Donc eux croient vraiment qu'on va continuer vers un pétrole plus élevé,
03:58ce qui perturbe quand même,
04:00parce qu'on évoquait les effets de bord sur l'inflation.
04:04Et moi, sur l'inflation, ça fait un moment que je pense ça.
04:08C'est-à-dire que la théorie de l'inflation,
04:10quand on regarde les penseurs de l'inflation,
04:12ils nous disent qu'il faut que ce soit auto-entretenu,
04:15que ce soit une mécanique comme ça qui se mette en route.
04:19On n'est pas dans cette situation-là.
04:20Clairement, on n'est pas dans la théorie de l'inflation.
04:22Simplement, on est sur des schémas
04:24où on a des pénuries qui se mettent en place par moment.
04:27Et la pénurie sur le détroit d'Hormuz,
04:29on parle beaucoup du pétrole,
04:30mais il y a énormément d'autres actifs qui sont concernés par ce blocage
04:34qui est loin d'être terminé.
04:35Il fallait écouter Pouyanné, il y a quelques semaines,
04:37le patron de Total qui disait que ça allait mettre des mois pour sortir les bateaux
04:40et ils n'étaient pas prêts d'en remettre dedans.
04:42Donc, on est quand même sur quelque chose qui va perdurer.
04:45Donc, on a cette forme de pénurie qui se met en place
04:49avec, sur la chaîne de valeur,
04:50d'autres pénuries qui vont être déclenchées par ça
04:52ou par autre chose comme on a eu ça en ce moment en France
04:54avec la canicule qui perturbe l'agriculture.
04:58Et on a El Nino qui arrive,
05:00qui va encore perturber assez fortement l'agriculture mondiale.
05:03Donc, on a comme ça autour de nous une forme...
05:07C'est comme quand vous êtes en montagne,
05:08quand vous voyez le rage qui tourne autour de vous.
05:10Vous ne savez pas trop quand est-ce que ça va craquer,
05:11mais vous voyez bien qu'il y a des endroits où ce n'est quand même pas terrible.
05:14Et moi, ce que je crains par rapport à ça,
05:16c'est l'attitude des banques centrales.
05:17C'est-à-dire que Florent l'a évoqué, il dit
05:19que le pétrole, ce n'est pas ça qui va faire forcément bouger la banque centrale.
05:22Moyennant quoi, une banque centrale,
05:23si elle laisse les prix monter à d'vitam,
05:26à un moment donné, on va lui dire
05:27qu'est-ce que vous avez fait ?
05:28Vous avez laissé l'inflation monter, ça perturbe toute l'économie.
05:31Ou bien, comme va le faire probablement
05:33la garde et ses amis la semaine prochaine,
05:36enfin cette semaine, pardon,
05:38ils vont monter les taux
05:39à un moment où ça ne me paraît pas évident
05:42de le monter, parce que c'est peut-être une erreur
05:43de les monter maintenant, parce que l'inflation,
05:45elle est passagère.
05:46Donc, on est dans une situation où cette hausse du pétrole
05:49est très problématique, parce que
05:51ça fait ouvrir des questions
05:53là où il ne devrait pas y en avoir.
05:54C'est-à-dire que l'économie n'est pas très flambarde.
05:56On a un problème de dette publique
05:58et on a ce pétrole qui monte.
05:59C'est un peu le trublion dans l'économie
06:02et c'est quand même très gênant, je trouve,
06:03dans la lecture à venir.
06:05Et on reparlera d'allocations après.
06:07J'ai plein de choses à dire sur l'allocations.
06:08Donc, je laisse la parole.
06:09On en reparlera.
06:09On va en parler après.
06:11Et on va aussi reparler des banques centrales
06:13juste après, évidemment.
06:14Juste un mot, Benjamin, peut-être.
06:16Le pétrole, il y a déjà pas mal de choses
06:18qui m'étaient dites,
06:19mais je veux bien qu'on dise peut-être
06:20un mot du gaz aussi.
06:23L'hiver arrive.
06:24Le gaz se négocie à près de 75 euros le mégawatt-heure.
06:29C'est son plus haut niveau depuis janvier 2023.
06:33Et c'est aussi plus du double
06:36comparé au début de l'année.
06:38Qu'est-ce qu'on peut penser de ce gaz, Benjamin ?
06:43C'est un sujet qui est important,
06:44mais surtout en Europe,
06:45parce que ce qu'on constate sur le gaz,
06:47c'est que les évolutions de prix
06:47sont encore plus locales que sur le pétrole.
06:50Donc, si on regarde l'évolution du prix,
06:52effectivement, en Europe,
06:52je crois qu'il a plus que doublé en un an.
06:55Là où, aux États-Unis,
06:56je crois que depuis le début de l'année,
06:57le gaz est en baisse de l'ordre d'une vingtaine de pourcents.
07:00Ce qui, évidemment, montre les problématiques différentes
07:05auxquelles on va faire face en Europe
07:07par rapport aux États-Unis
07:08sur les sujets d'énergie et d'inflation.
07:10Il faut maintenant se rappeler que les États-Unis,
07:12c'est un pays qui est largement exportateur en énergie,
07:14ce qui n'était pas le cas il y a quelques années.
07:16Et que, du coup, forcément, la réaction face à cette crise
07:19est très différente que ce qu'elle aurait été à l'époque
07:21où les États-Unis étaient des importateurs d'énergie
07:23comme l'Europe l'est aujourd'hui.
07:25Donc, c'est évidemment un sujet,
07:27avec l'arrivée de l'hiver,
07:28qui va être important,
07:29qui pourrait alimenter les sujets
07:32évidemment de décisions de banque centrale.
07:34Puisque si, au moment où la demande en énergie s'accroît,
07:39les prix continuent à augmenter de manière significative,
07:42ça va alimenter cette inflation qui n'est effectivement pas corps,
07:45mais que les ménages subissent tout de même.
07:50Et les banques centrales pourraient effectivement,
07:52je rejoins ce qui a été dit,
07:54prendre des décisions en fonction de ça.
07:56À un moment où il y a effectivement des sujets de coût de la dette,
07:58on est bien placé pour le savoir en France,
07:59qui deviennent majeurs,
08:01et qu'avoir des taux élevés en ce moment
08:04peut poser de grands problèmes macro-énomiques
08:06à certains pays,
08:07avec des niveaux de dette en ratio de PIB
08:10qui sont évidemment à des niveaux très élevés.
08:12Et sur le gaz, le problème qu'on a aussi,
08:13je trouve, c'est qu'on est très en retard sur notre stockage.
08:16Ah ben oui, en Europe.
08:18En Europe, oui.
08:19Et ça, ça fait partie du sujet.
08:20C'est-à-dire qu'évidemment, les vendeurs de gaz,
08:22ils vous regardent venir avec un fusil à pompe en ce moment
08:25pour en laisser monter.
08:27Ben oui, c'est quand même assez logique.
08:28Il y a un déficit d'un côté,
08:30vous êtes producteur de l'autre,
08:31vous laissez tranquillement monter le prix.
08:33Et on est vraiment très en retard.
08:35Ça pose quand même des questions aussi sur,
08:36là aussi,
08:38si en plus, la BCE s'amuse à monter ses taux,
08:41ce qu'elle va probablement faire,
08:43ça rajoute du coup à des coûts.
08:45Donc, je crois qu'on est à un moment donné
08:47où les banques centrales peuvent faire de belles erreurs.
08:48Je pense qu'on va avoir des choses assez spectaculaires
08:51dans les mois qui viennent.
08:52Eh ben justement, parlons-en.
08:54Parlons des banques centrales.
08:55On a pris connaissance vendredi,
08:57Florian,
08:58des chiffres du rapport américain sur l'emploi
09:01du mois d'août.
09:03Donc, il y a un rapport particulièrement solide
09:05au mois d'août avec 162 000 créations
09:09et aussi les chiffres des deux derniers mois
09:11qui ont été révisés à la hausse de 55 000 créations
09:14alors qu'initialement publié, par exemple,
09:16pour le juillet, c'était plutôt 23 000 destructions,
09:18il me semble.
09:20Qu'est-ce qu'on retient de ce rapport sur l'emploi, Florian ?
09:22Des créations d'emplois x3 par rapport aux attentes,
09:25c'est une anomalie ?
09:27C'est une vraie reprise ?
09:28Qu'est-ce qu'on peut retenir de tout ça ?
09:31C'est exactement un rapport qui décrit l'ère du temps.
09:35C'est-à-dire que, en tout cas, c'est notre analyse,
09:38il est en train de se passer quelque chose
09:40qui s'est déjà passé, je pense, il y a une vingtaine d'années.
09:43C'est-à-dire qu'on est un peu tous les enfants
09:44de cette espèce de période 2010-2020
09:47durant laquelle on a eu la progression de la production
09:52s'expliquait à moitié par la productivité
09:54et l'autre moitié par les embauches,
09:56l'augmentation du nombre d'heures travaillées totales.
10:002025-2026, la productivité explique 85 à 90%
10:06de la progression de la production.
10:09C'est-à-dire qu'en fait, on produit plus aujourd'hui
10:12mais on ne produit pas plus aujourd'hui
10:13parce qu'on utilise plus d'hommes.
10:15Alors, pourquoi je raconte ça ?
10:16Parce que, justement, 2000 à 2010,
10:19on avait à peu près la même dynamique.
10:21Et ce qui se passait, c'est qu'on avait des créations d'emplois
10:23en moyenne de 150 000 personnes par année.
10:27C'est à peu près le rythme qu'on est en train d'observer.
10:30La surprise, à 160, c'est quelque part
10:32une espèce de retour à cet espèce de niveau de long terme
10:35qui devrait être notre quotidien
10:39dans un monde où la productivité
10:41semble, en tout cas, dominer assez largement
10:45l'accroissement des efforts productifs.
10:47Donc, c'est plutôt un très bon rapport.
10:48C'est-à-dire que c'est mieux que prévu, déjà.
10:50Donc, on est content.
10:51On a des raisons de s'enthousiasmer
10:54parce que, voilà, plus d'emplois,
10:55surtout à une heure où on dit
10:56« Ah, mais l'IA est en train de détruire de l'emploi,
10:58vous ne vous rendez pas compte ».
10:59Ce n'est pas le cas.
11:00Même l'emploi public a progressé.
11:02Et ça, c'est un petit bout de temps que ce n'est pas arrivé.
11:04Il y a eu quelques mesures drastiques
11:07et on a plutôt vu, justement,
11:08des licenciements globaux côté public jusqu'à présent.
11:11Là, c'est l'un des premiers rapports
11:12où l'emploi public progresse.
11:13Donc, on a une jolie progression.
11:15Et pourtant, la progression des salaires,
11:18elle continue, en fait, de se tasser.
11:19Oui, donc 0,3% sur un mois
11:21et 3,1% sur un an, je crois.
11:24Exactement.
11:24Donc, ça se tasse.
11:25Ce qu'on disait, c'est ce dont on a besoin
11:26pour avoir une inflation qui ne prospère pas.
11:28C'est-à-dire que si l'inflation salariale
11:30ne permet pas d'entretenir l'inflation énergétique,
11:33oui, on va avoir peut-être quelques hausses
11:34qui a un risque d'erreur indéniable.
11:36Mais en tout cas, on n'est pas du tout en 2020, 2021
11:39où d'un coup, on devait monter les taux énormément
11:41pour essayer de ralentir l'économie
11:43et purger et éviter la transformation
11:46de l'inflation énergétique en une inflation tout court.
11:49La vraie inflation, celle qui est auto-entretenue.
11:51Bref, je veux dire que c'est un très joli rapport
11:53et qui nous parle, en fait, d'une autre économie,
11:55totalement d'une économie
11:57où les gains de productivité se sont mis à prospérer.
11:59On le lit dans les marges,
12:00on en parlera probablement plus tard,
12:02mais on le lit aussi dans l'économie elle-même.
12:03Donc, un bon rapport
12:05qui devrait aussi, en partie,
12:07limiter l'ampleur des hausses de taux
12:09côté Fed, au-delà des problèmes de dette,
12:12des problèmes de refinancement
12:13auxquels ils sont confrontés,
12:14bien pire que les nôtres.
12:15Si je peux me permettre de rebondir là-dessus,
12:17je suis complètement d'accord avec ce qui a été dit.
12:19Je pense qu'on est, d'une certaine manière,
12:20peut-être à un point d'inflexion
12:22sur la situation actuelle
12:23où il y a clairement,
12:24depuis quelques mois,
12:25une corrélation négative
12:26entre les niveaux de taux
12:27et les niveaux des actions.
12:28Et c'est ce qui s'est passé vendredi.
12:30Un rapport qui fait monter les taux
12:32va faire baisser les actions.
12:33Et on est dans ce mode des marchés
12:35où il y a une crainte, effectivement,
12:39de pousser à inflationnistes.
12:41Et donc, les bonnes nouvelles
12:42sont des mauvaises nouvelles.
12:43Donc, dès qu'on a des bonnes nouvelles,
12:44les marchés ont tendance à baisser,
12:45les taux ont tendance à monter.
12:48On se rapproche quand même
12:49de cette inflation
12:51cœur, aussi, des banques centrales.
12:53Et on pourrait imaginer,
12:54si cette tendance se confirme,
12:55c'est pour ça que les chiffres d'inflation
12:57de la fin de la semaine
12:57sont particulièrement importants.
12:58C'est que si on continue
12:59sur cette tendance-là,
13:01on pourrait,
13:02si les marchés actent le fait,
13:03finalement,
13:04que la cible d'inflation
13:05est en train d'être atteinte
13:07et qu'on y va tranquillement,
13:09les bons rapports d'emploi
13:10pourraient redevenir
13:11des bonnes nouvelles.
13:12Et on pourrait se retrouver
13:12dans une situation
13:13un peu du meilleur des deux mondes
13:15où on voit, effectivement,
13:17que l'IA produit ses effets
13:19avec des hausses de marge.
13:20Et on a encore vu
13:21une saison de résultats
13:21qui était très bonne.
13:22Qu'il n'y a pas, finalement,
13:23de destruction d'emplois
13:24et qu'on arrive quand même
13:25à avoir une création d'emplois
13:26qui n'est pas énorme
13:27mais qui est satisfaisante.
13:28Et en face de ça,
13:30que l'inflation est revenue
13:31vers son niveau d'équilibre.
13:33Et si on est dans ce monde-là,
13:35effectivement,
13:35on va revenir vers une corrélation
13:37finalement plus négative
13:38mais positive
13:38entre les niveaux de taux
13:39et les actions.
13:40Et c'est un environnement
13:42qui, pour le risque,
13:43pourrait être excellent
13:44dans une approche, effectivement,
13:45d'allocation, d'investissement.
13:46Si on va vers ce scénario,
13:48on a un scénario
13:49qui est très favorable
13:49aux actifs risqués.
13:50Oui, bien sûr.
13:51Et aux obligations.
13:51C'est-à-dire qu'on pourra vraiment
13:52aller à les deux classes d'actifs
13:53qui contribuent également
13:55à l'atteignement des portefeuilles.
13:56Ce serait...
13:57Mais alors,
13:58rapidement,
13:59et puis après,
14:00on passera sur l'allocation
14:01avec vous, Alain.
14:02Mais quelle lecture
14:04pourrait faire la fête
14:05de ce rapport sur l'emploi ?
14:07Sachant, vous l'avez dit,
14:08qu'on attend le CPI
14:09en fin de semaine.
14:10Est-ce que le CPI
14:12va être encore plus important ?
14:13Parce qu'on rappelle quand même
14:14que Kevin Warch
14:15a remis l'inflation
14:16vraiment au cœur
14:17lors de son discours
14:18à Jackson Hole.
14:18Est-ce que le CPI
14:20va être quasi aussi important
14:22que ce rapport sur l'emploi ?
14:24Quid des PPI aussi
14:25de jeudi
14:26qui fournissent des données
14:28peut-être moins volatiles
14:29aussi que l'inflation ?
14:30Florian ?
14:31Le dernier marqueur
14:33pour la décision
14:35de la prochaine réunion
14:36de la Réserve fédérale,
14:37c'est l'inflation elle-même.
14:38De toute façon,
14:39même si la cible
14:40est sur ce qu'on appelle
14:41le PCI,
14:41même si la cible
14:42n'est pas cette mesure-là
14:43de l'inflation,
14:44ça reste un proxy
14:45intéressant à suivre
14:46et de toute façon,
14:48il va marquer les esprits.
14:49On est dans la symbolique.
14:50Si on a une hausse de taux
14:51en septembre,
14:52ce serait une hausse de taux
14:52symbolique.
14:54Globalement,
14:54dès aujourd'hui,
14:55l'action de la Réserve fédérale
14:56en maintenant des taux élevés
14:57comme elle le fait,
14:58elle a une influence
14:59sur la dynamique
15:01de l'inflation.
15:02La Fed,
15:02elle est devenue
15:05facile à comprendre
15:06et difficile à prévoir.
15:07C'est-à-dire qu'on comprend
15:08assez bien la dynamique
15:09de la doctrine Warch,
15:11on comprend assez bien
15:11qu'en fait,
15:12il a des task forces
15:13qui vont venir lui expliquer
15:14que la productivité
15:15va enterrer l'inflation
15:16et donc qui pourra
15:17baisser les taux in fine.
15:18Et simplement,
15:19il faut arriver à relier
15:20ce point dans le futur
15:21au point aujourd'hui.
15:22Et probablement,
15:23ça va se faire
15:23avec une hausse,
15:24peut-être deux hausses maximum
15:25et qu'on devrait voir
15:27justement cette situation
15:28se normaliser.
15:29L'inflation énergétique,
15:30ça n'aide pas.
15:30On le lira probablement
15:32dans les PPI,
15:33justement dans les indicateurs
15:35des coûts à la production
15:36très clairement.
15:37Et puis ensuite,
15:39il faut avoir en tête
15:39qu'au sein des 12 votants
15:41de la Fed,
15:43vous avez trois votants
15:45qui sont des directeurs
15:46directeurs de FED de province
15:47qui vont changer
15:50d'ici la fin de l'année
15:51et qui, eux,
15:51sont extrêmement hauts.
15:52Donc vous avez déjà
15:53trois ténors hauts
15:54qui savent que,
15:55en gros,
15:55c'est pour eux,
15:55c'est maintenant ou jamais
15:56s'ils veulent tenter
15:57d'infléchir les décisions
15:58de la Fed.
15:58Donc il y a une espèce
15:59de fenêtre,
16:00ce sera une hausse
16:00d'autos symbolique,
16:01c'est notre vue,
16:02on pense qu'il y aura
16:02une hausse d'autos en septembre,
16:03elle sera symbolique,
16:04est-ce qu'elle change
16:04la dynamique des marchés ?
16:06Je ne crois pas.
16:07Les taux montent
16:07et les actions montent également.
16:09Oui, il n'y a pas forcément
16:10d'urgence à monter les taux
16:12du côté de la Fed.
16:13Si ce n'est pas en septembre,
16:14ça peut être en décembre,
16:15par exemple, Benjamin.
16:16Je pense qu'il y a un facteur
16:17quand même psychologique,
16:18c'est-à-dire que s'il y a
16:18un chiffre de l'inflation
16:19qui surprend la hausse,
16:20c'est ce qu'on voit d'ailleurs
16:22dans les anticipations.
16:22Mais donc c'est bien
16:23l'inflation qui va tout déterminer.
16:24Ah oui, c'est ce qui est clair
16:25et c'est ce qu'on voit
16:26depuis quelques jours,
16:27c'est qu'à chaque prise de parole,
16:29la probabilité pricée
16:30par les marchés
16:31de hausse de taux,
16:31elle varie,
16:32là elle est autour de 60%,
16:34elle a varié entre 45 et 60%
16:36ces derniers jours
16:37en fonction effectivement
16:38des différentes choses
16:39qu'on a entendues
16:40de Kevin Warge,
16:40de Christopher Waller
16:41qui justement la semaine dernière
16:42a dit que lui voyait
16:44plutôt un scénario
16:45où on pouvait maintenir
16:45les taux là où ils sont
16:47sauf s'il y a un chiffre d'inflation
16:50plus fort qu'attendu.
16:52Et donc on est dans ce scénario-là,
16:54c'est-à-dire que si le chiffre d'inflation
16:56ressort au-dessus des attentes
16:58et de manière marquée,
16:59il y aura un besoin psychologique
17:01de marquer une réaction
17:06en procédant à cette hausse de taux maintenant
17:07et puis ce sera dans la logique
17:09de ce que dit en tout cas Kevin Warge
17:11depuis qu'il a été élu,
17:12c'est-à-dire de ne plus donner
17:12de format de guidance.
17:14Donc on sent dans ces différentes interventions
17:16qu'il va dans un sens ou de l'autre
17:20au gré des marchés,
17:21on voit qu'il ne veut pas donner de clarté,
17:22c'est assez clair dans sa communication
17:25et c'est ce qu'il teste en fait les marchés
17:28et s'il voit que les marchés price
17:30avec une quasi-certitude d'ici la fin de la semaine
17:33selon les chiffres d'inflation
17:34que la hausse de taux est nécessaire,
17:37il sera certainement là pour donner
17:38ce que le marché attend.
17:39Bon, réponse donc jeudi pour les PPI,
17:42vendredi pour le CPI
17:44et la semaine prochaine pour tout simplement
17:46la décision monétaire de la réserve fédérale américaine.
17:49Alain Pitous, qu'est-ce que vous regardez
17:52en termes d'allocations d'actifs ?
17:54Vous vouliez nous en parler sur ce plateau ?
17:56Alors dites-nous.
17:56C'est mon moment là.
17:59Alors de tout ce que j'entends,
18:01il y a un truc dont on n'a pas trop parlé pour le moment,
18:03c'est le niveau du dollar.
18:04C'est-à-dire qu'en fait,
18:05et ça c'est assez paradoxal,
18:06c'est-à-dire qu'en Allemagne,
18:06avec des taux qui montent comme ça,
18:08on devrait avoir un dollar
18:09qui au moins aurait la décence de bien se tenir.
18:12Ce n'est pas le cas.
18:12Le dollar, il est quand même fragile depuis un moment
18:15et ça c'est quand même une nouvelle à prendre en considération.
18:19Je ne sais pas si elle est bonne ou mauvaise.
18:20En tout cas, il faut la prendre en considération.
18:23Alors il y a plein de facteurs qui mènent à ça,
18:25mais je pense que la faiblesse de la gouvernance américaine
18:33est un vrai problème pour le dollar.
18:35C'est-à-dire qu'en fait,
18:35on voit Bessen qui a essayé de faire baisser les taux longs.
18:38Ils ne sont pas arrivés
18:39parce que ce n'est pas une décision technique
18:40qui va faire baisser les taux longs.
18:41Il faut vraiment se mettre en route
18:45pour faire baisser ce déficit américain
18:48et le niveau de la dette, ce n'est vraiment pas le cas.
18:50Et donc tout ça avec un mouvement
18:52qui est quand même de la dédollarisation de l'économie
18:54qui est quand même un fait patent.
18:57Après, ça ne va pas très vite.
18:58On est passé le poids du dollar américain
19:02dans les échanges ou dans les réserves
19:04et quand même encore très élevé.
19:05Mais en tendance, il est quand même en train de baisser.
19:07Et ce mouvement ne devrait pas s'arrêter.
19:10Et c'est quand même un changement
19:12par rapport à ce qu'on a connu précédemment.
19:14Et ça va influencer les allocations d'actifs.
19:17C'est-à-dire qu'on est passé
19:18d'une allocation d'actifs riscone
19:20avec les actions à fond la caisse
19:21et les obligations un peu pénalisées.
19:24On vient de traverser quand même une période
19:25où je crois que sur 20 ans glissant,
19:28on est en négatif sur les obligations.
19:30Donc on est quand même sur des niveaux
19:31qui sont quand même historiquement très bas.
19:34C'est une performance qui est quand même particulièrement mauvaise.
19:36et on avait les performances qui étaient liées aux actions.
19:39Et on est peut-être en train de basculer.
19:41Alors ça ne va pas se faire en 5 minutes,
19:42mais en train de basculer vers un environnement
19:44un peu moins favorable au dollar.
19:46Donc un peu plus favorable aux émergents,
19:48un peu plus favorable aux matières premières,
19:50un peu plus favorable à des actifs
19:52qu'on avait un peu délaissés,
19:53les valeurs défensives, des choses comme ça
19:55qui ont été quand même délaissées depuis très longtemps.
19:58À côté de ça,
19:59alors c'est ça aussi qui est très troublant
20:00et c'est pour ça qu'il ne faut pas se précipiter
20:01pour faire ce mouvement.
20:02Mais je pense que ce mouvement-là,
20:03il doit être enclenché.
20:04L'autre mouvement, c'est qu'on a vraiment d'un côté
20:08la dette des États,
20:09qui est très pénalisée en Europe, aux États-Unis,
20:12voire au Japon,
20:13par le niveau de la dette
20:15et ce qui se passe sur les taux courts.
20:17Et ça va, je pense, continuer encore un petit peu.
20:19Et des résultats d'entreprises
20:21avec des marges exceptionnelles.
20:22C'est-à-dire qu'on l'évoquait tout à l'heure,
20:24c'est un peu ce que tu disais,
20:25avec le fait que les salaires sont contenus
20:27et les résultats montent.
20:29Donc ça se retrouve,
20:29c'est bien les marges qui montent très fortement.
20:31Ce qui permet aux entreprises de justifier
20:34un endettement massif.
20:35Et on a, comme ça, le crédit
20:37qui est quelque chose qui est très suivi,
20:39très regardé et très acheté,
20:41malgré des niveaux de taux
20:42qui ont tendance un peu à monter.
20:43Donc vous voyez,
20:43on est sur cette rotation en ce moment.
20:46On reste risk-on.
20:48avec toujours quand même,
20:49on favorise les actifs risqués
20:50qui étaient les actions tirées par la tech,
20:53le crédit.
20:54Et je pense que ça,
20:55ça va continuer au niveau du crédit.
20:57Je pense qu'il ne faut pas se précipiter
20:59pour aller acheter des obligations d'État
21:00parce qu'on va quand même traverser
21:01une période assez difficile.
21:03Et aller revenir un peu sur les émergents
21:06et les matières premières,
21:07les actifs tangibles.
21:08et ce n'est pas facile
21:09parce que ce n'est pas des marchés
21:11très accessibles et très faciles.
21:13Mais en tout cas,
21:13avoir un peu d'or
21:14parce que c'est quand même
21:15sur un horizon long,
21:17c'est quand même quelque chose d'intéressant.
21:18Graphiquement, il n'est pas terrible en ce moment.
21:19On vient de retracer, etc.
21:20Enfin, il y a toute une théorie là-dessus.
21:22Mais je pense qu'à moyen long terme,
21:24c'est quand même des actifs qu'il faut regarder.
21:25Donc risk-on, une rotation en cours
21:29avec du crédit,
21:30des actions un peu plus diversifiées qu'avant
21:31où on était quand même à fond la caisse
21:33sur la tech et la tech aussi.
21:37Parlons-en quand même un petit peu de la tech.
21:39Il nous reste deux minutes, Benjamin.
21:41Peut-être un mot de cette saison
21:43des résultats qui se terminent.
21:45On a pris connaissance des résultats
21:47de Broadcom et Dell la semaine dernière.
21:50On attend jeudi soir,
21:51après la clôture des marchés,
21:52ceux de Oracle.
21:53Qu'est-ce qu'on peut retenir
21:54de cette saison des résultats au global ?
21:57Et si vous voulez dire un mot de la tech
21:58ou de l'IA plus en particulier ?
22:00Je vais essayer d'être synthétique.
22:01Le temps qui nous reste,
22:02mais je pense que ce qu'il faut retenir principalement,
22:05c'est qu'on a quand même des publications
22:06qui sont excellentes.
22:07C'est ce qui nourrit la hausse des marchés,
22:08malgré tous les risques
22:09dont on a parlé plus tôt.
22:11En début d'année,
22:12je crois qu'on attendait
22:13un peu plus de 10% de croissance
22:14des résultats,
22:15que ce soit en Europe
22:16ou aux Etats-Unis.
22:17Après deux saisons
22:18de résultats trimestriels,
22:19on attend près de 30% aux Etats-Unis,
22:21près de 20% en Europe.
22:22Donc on a eu des révisions
22:23qui sont quand même très significatives.
22:26Et c'est ça qui fait que les marchés
22:28ignorent un peu d'une certaine manière
22:30les facteurs de risque
22:31qui ont quand même été nombreux.
22:32Donc c'est quelque chose
22:33qui est très positif
22:34pour le risque
22:35et notamment actions.
22:36Ce qui est intéressant,
22:37c'est qu'il y a aussi un phénomène
22:38de broadening,
22:39de diffusion de la performance.
22:41Ce n'est plus que la tech.
22:42On le voit notamment en Europe.
22:43Donc ça, c'est un facteur
22:44qui est je pense très important.
22:45C'est toujours mieux
22:46que les croissances de résultats
22:48ne soient pas trop concentrées
22:49sur un secteur.
22:50Donc on a un contexte
22:52qui est quand même favorable.
22:53On parle beaucoup du risque
22:54effectivement géopolitique
22:56et sur le pétrole.
22:57Mais globalement,
22:58la conclusion de cette saison
23:00de publication de résultats,
23:01c'est qu'on a encore été surpris
23:02positivement
23:03et que le contexte est bon
23:06dans ce sens-là
23:07pour les actifs risqués.
23:09Florian, vous avez 10 secondes
23:11pour conclure.
23:13Je voudrais ajouter qu'en plus,
23:14les obligations commencent
23:15à faire une sérieuse concurrence
23:17aux actions.
23:17La performance d'action long terme
23:19c'est entre 6 et 7%.
23:20Les obligations américaines
23:22à 30 ans,
23:22c'est 5,5%
23:24pour un niveau de risque
23:25qui n'est pas du tout le même.
23:26Donc nous,
23:26on est vraiment en train de se dire
23:27finalement,
23:29on est en train de revenir
23:30vers une allocation
23:31sur deux jambes.
23:32Deux jambes plus une
23:33la matière première,
23:33mais en tout cas,
23:34avec une jambe duration,
23:35une jambe obligation
23:37qui serait une source
23:39de performance
23:40à moyen terme.
23:41Pour autant,
23:41évidemment,
23:42on parle de certains états
23:43et notamment
23:44on parle de l'ATUS
23:45globalement.
23:45On pourrait avoir
23:46des obligations
23:47qui amènent de la performance
23:48à la place d'amener
23:49de la diversification.
23:50et c'est notre message
23:51très simple
23:52pour nos allocations.
23:53Très bien,
23:53ça fera peut-être
23:54l'objet d'une prochaine
23:55table ronde.
23:56Florian Yelpo,
23:57vous êtes responsable
23:58macro au sein de l'équipe
23:59multi-assets
24:00de Lombard-Rodier-Yem.
24:01Merci beaucoup.
24:02Benjamin Shapiro,
24:03CEO du BPAM France.
24:05Merci.
24:06Et Alain Pitou,
24:06Senior Advisor AI4Alpha.
24:09Merci Alain.
24:09Merci à tous les trois.
24:11On n'a pas parlé
24:12de la BCE,
24:14mais bon,
24:15c'est jeudi.
24:16Une hausse des taux
24:17de 25 points de base
24:18est pricée à 90%
24:19par le marché,
24:19donc peu de doute
24:21sur ce qui se passera jeudi.
24:23Merci à tous
24:24de nous avoir suivis
24:25et on se retrouve demain
24:26à midi et demi
24:27en direct sur Bsmart.