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  • il y a 2 mois
De la cuisine de 8 m² de sa mère à une entreprise en pleine croissance : Marvin Ndiaye a créé Fresheo à 21 ans avec 1 500 euros. Depuis, il a développé son activité, racheté trois concurrents et fondé Ultra pour accompagner les dirigeants dans leur montée en puissance. Quel regard porte-t-il aujourd’hui sur son parcours et sur les clés pour transformer une activité en entreprise pérenne ? Nous le recevons dans SMART ÉCO.

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00:03De la cuisine à l'entreprise à plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires, il y a beaucoup d
00:09'étapes entre les deux.
00:10Et pour en parler, je suis ravi de recevoir Marvin Ndiaye. Bonjour.
00:13Bonjour, enchanté.
00:14Alors vous êtes fondateur de Fréchéo, qui est une foodtech de livraison de repas préparés.
00:19Fondateur aussi d'Ultra, qui accompagne les dirigeants dans leur montée en puissance.
00:23Et auteur de Fauché à 18 ans, millionnaire à 23 aux éditions Racine, que vous avez écrit en 2024.
00:31Justement, c'est ce storytelling aussi dont on va parler.
00:34Vous écrivez que vous avez créé Fréchéo en 2018, avec 1500 euros depuis la cuisine de 8 mètres carrés de
00:42votre mère.
00:44À quel moment, justement, vous avez compris que vous pouviez passer de ce petit laboratoire à une véritable entreprise qui
00:53fait plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires ?
00:55Alors, j'ai envie de dire la réalité. Déjà, merci beaucoup pour l'invitation.
00:59En fait, dès le début, parce que je pense qu'un rêve, on l'a dès le début.
01:03Et le plan, il s'est construit au fur et à mesure des années.
01:05Mais dès le début, on a toujours été, je dis on parce que j'ai commencé avec mon petit frère
01:08à l'époque, très rêveur dans notre ambition.
01:10On était très jeunes, très peu conscients des réalités économiques et de vraiment ce qu'était le marché, même l
01:16'entrepreneuriat.
01:16Donc, dès le début, on a été rêveur en réalité.
01:18Quelle a été l'étape la plus difficile dans ce passage de micro-entreprise à entreprise établie ?
01:26Je pense que le passage, ça n'a pas été là le plus compliqué.
01:29Le passage le plus compliqué, c'est que j'ai travaillé deux ans dans un restaurant comme salarié.
01:32Et passer de salarié à entrepreneur, ça a été un saut mental très compliqué.
01:37Parce que mes parents, du coup, avaient fait faillite.
01:40Dans cette faillite, il y avait la maison familiale à racheter.
01:42Et le fait, en fait, de me lancer comme entrepreneur, me retirer mon CDI.
01:45Donc, me retirer la potentielle chance de pouvoir se lancer.
01:49Et quand je me suis lancé, on a dit avec mon frère, écoute, c'est simple, la maison coûtait 200
01:52000 euros.
01:53Si on se lance, il faut qu'on arrive à faire 200 000 euros la première année de résultat.
01:58On n'y est pas arrivé, on l'a fait en 18 mois.
01:59Mais derrière, c'était vraiment notre vision et notre philosophie dès le début.
02:03C'est de se lancer sans ce filet de sécurité qui peut vraiment faire peur au début ?
02:06C'était ça qui faisait très peur. Alors qu'en réalité, quand on réfléchit bien, on a la chance d
02:11'être en Europe.
02:12Et donc, il y a toujours un petit filet de sécurité qui est caché quelque part, surtout en France et
02:15en Belgique.
02:15Oui, justement, on va bien reparler après de toutes ces aides qui peuvent soutenir cet écosystème.
02:19Et en plus, vous êtes lancé dans cet écosystème agroalimentaire.
02:22C'est quand même un secteur assez difficile. Il y a plein de règles, des normes et puis aussi vraiment
02:28des mastodontes qui occupent déjà le marché.
02:30Ça, c'était une question de savoir où se situer. C'était quelque chose que vous avez abordé très rapidement.
02:35Alors, on s'est lancé très naïvement en réalité.
02:38Bon voilà, il y avait les box de plus en plus qui fonctionnaient à ce moment-là et qui fonctionnent
02:43d'ailleurs toujours aujourd'hui.
02:44où on s'était dit, voilà, moi j'avais perdu 50 kilos, j'avais fait des études hôtelières en cuisine.
02:49Et donc, je m'étais dit avec les box qui se lancent, pourquoi pas en gros partir dans la livraison
02:54de repas à domicile ?
02:54La Belgique étant un micro-pays, on peut vite dire on lit flûte la Belgique parce qu'en vrai, il
02:58y a deux heures et demie de route entre les deux distances maximum.
03:02Donc, derrière, ça a été en fait la suite logique. On a commencé à faire du marketing sur les réseaux
03:05sociaux.
03:05On avait la cuisine pour commencer. Le rêve était temps de créer une chaîne de fast-food sain.
03:10On n'a pas pu le faire, mais on a du coup démarré comme ça en livrant du coup les
03:13repas directement à domicile chez les gens.
03:16Donc, vous avez quand même peut-être un tout petit peu dévié l'axe principal quand vous dites que votre
03:21rêve, c'était de faire des fast-food sain.
03:23Vous avez quand même dit, il y a un moment, il faut qu'on réfléchisse à la place qu'on
03:26veut trouver dans ce marché-là.
03:27Il y avait la place et il y avait les moyens surtout. En fait, on n'avait pas de moyens.
03:30Donc, quel était le moyen le plus simple ? Communication via les réseaux sociaux, production via l'outil qu'on
03:36avait qui était donc la cuisine familiale
03:37et ensuite, l'implémentation directement avec l'ouverture d'un premier numéro auto-entrepreneur pour pouvoir démarrer l'entreprise.
03:45Et du coup, la place dans ce secteur, ça s'est fait progressivement ? Il n'y a pas eu
03:48de moment où il y a eu une stratégie en particulier ?
03:51La stratégie a toujours été la même. J'applique la même avec Ultra qu'avec Fréchéo.
03:55Ça a été toujours de communiquer de manière super importante.
03:58C'est d'ailleurs un point que je le vois beaucoup avec les dirigeants qu'on accompagne aujourd'hui.
04:02énormément d'entrepreneurs sont dans un énorme, énorme savoir-faire.
04:06On le voit. Les gens sont extrêmement compétents, tellement techniques que même des fois, c'est passionnant de discuter avec
04:11eux.
04:11Maintenant, il y a un gros enjeu de faire savoir.
04:14Et ça, par contre, en France, on n'aime pas en fait la communication, on n'aime pas vendre.
04:19Et c'est vrai que moi, la chance que j'ai eue, c'est que je suis un bon cuisinier,
04:22mais je ne suis pas si bon que ça.
04:23En réalité, il y a énormément de personnes qui me surpassent dans cette discipline.
04:27Et donc, j'ai vite compris que si je voulais me démarquer, si je me basais uniquement sur mes compétences
04:31de cuisinier,
04:33ça allait être compliqué pour pouvoir, du coup, développer l'entreprise.
04:36Et donc, c'est dans cet état d'esprit-là que j'ai directement développé un marketing qui était très
04:39agressif,
04:40qu'on a toujours aujourd'hui, et qui derrière a, je pense, fait la différence à cette période-là de
04:44ma vie.
04:45Oui, la force du marketing, particulièrement dans notre génération,
04:47parce que aussi, c'est peut-être des réflexes que des dirigeants qui sont plus chevronnés ont moins.
04:53Aujourd'hui, on est obligé de passer par là, en fait.
04:56C'est devenu obligatoire, communiquer à travers les réseaux sociaux, pour moi,
05:01est un manque de responsabilité si l'entrepreneur ne le fait pas.
05:04Parce que vraiment, vous savez, aujourd'hui, on a la chance d'être sur plateau,
05:07mais la réalité étant, c'est qu'en prenant votre smartphone,
05:09vous avez toutes les chances aussi d'être aussi sur plateau.
05:12Il suffit juste de bien parler à la bonne typologie de personne,
05:14avec un angle différent, et qui va du coup apporter de la valeur à votre audience.
05:17Donc, le plateau, maintenant, est constant.
05:19Et il y a une redistribution constante des richesses,
05:21de la manière de pouvoir, du coup, mettre en avance l'entreprise.
05:24Et je sais, on n'aime pas se mettre en avant,
05:26on est toujours un peu timide, peur du regard des autres, etc.
05:29Surtout en France.
05:30Maintenant, en gros, je pense qu'il y a une phrase que j'adore,
05:33c'est que tu obtiendras ce que tu veux dans ta vie
05:35à partir du moment où faire ou vouloir ce que tu veux
05:38est plus important que le regard des autres.
05:40Et ça résume bien ça avec les réseaux sociaux.
05:42Et c'est ce que vous avez appliqué.
05:44Et peut-être après, au-delà quand même du marketing,
05:46il faut quand même consolider tout ça.
05:47Vous avez racheté trois de vos concurrents.
05:49Ça, c'était l'étape suivante.
05:52C'est justement de se consolider et de faire des acquisitions externes.
05:56Alors, j'aurais bien voulu que ça soit aussi beau que ça.
05:58La réalité, c'est que ce n'est même pas des concurrents directs.
06:00C'était plutôt des verticales différentes,
06:02mais qui restaient en fait dans le secteur B2B,
06:04qu'on n'adressait pas.
06:06En réalité, en fait, c'était qu'en 2023,
06:08donc moi, j'ai développé Free Show pendant des années.
06:10On avait plus ou moins, j'avais une centaine de personnes
06:11qui bossaient pour moi à 24 ans.
06:14Et en 2023, j'ai eu ma première crise.
06:17C'est que derrière, en fait, j'ai eu un ralentissement de croissance.
06:23On a dû monter les prix.
06:24Il y avait à ce moment-là, du coup, pas mal d'inflation qui est passée par là.
06:28Et derrière, du coup, c'est le moment de marché beaucoup plus faible.
06:30Il faut savoir qu'en Belgique francophone, on est sur 4,5 millions de personnes.
06:32Donc, c'est très faible comme échantillon de personnes.
06:34Et donc, dès que tu augmentes les prix, tu le reçois directement.
06:36Et donc, en juillet, je me retrouve chez mon comptable qui me dit
06:39« Écoute, si on garde la même masse salariale, en novembre, tu peux fermer la société
06:43parce que vous brûlez trop d'argent. »
06:45Et ça va très vite, en fait.
06:46Et ça va très, très vite.
06:47Et donc, je me retrouve, du coup, en juillet-août, déjà millionnaire.
06:52Mais au final, à retourner dans la cuisine, licencier 50% de ma masse salariale.
06:58Donc, c'était une des tâches, je pense, les plus désagréables que j'ai faites
07:01depuis le début que j'ai commencé à entreprendre rien.
07:02Parce que j'ai toujours eu des grosses croissances dans toutes les boîtes que j'ai entrepris.
07:07Mais parce que j'ai un profond amour pour les personnes qui m'aident
07:09et qui me donnent leur confiance au quotidien.
07:12Et le fait de devoir se séparer de gens qu'on aime, c'est très, très, très difficile.
07:17Je pense qu'il y a des gens qui n'ont pas de relation particulière avec leurs salariés.
07:19Moi, j'ai cette capacité, en tout cas, de vouloir toujours aller rechercher le meilleur chez les gens.
07:23Et donc, on se le rend mutuellement.
07:24Donc, c'était, je pense, la période la plus difficile.
07:26Et je pense que c'était dans les périodes difficiles qu'on se crée.
07:28Et donc, je me retrouve, en fait, avec la moitié de mes équipes en moins.
07:33On sauve la boîte.
07:34Tout va bien.
07:36Mais moralement, fatalement, c'est quand même pas très agréable à vivre.
07:39Et donc, on se retrouve, du coup, avec un ami.
07:42Donc, à l'époque, j'avais déjà créé Ultra.
07:43Parce qu'Ultra, à la base, c'était juste un cercle d'affaires pour me rencontrer, du coup, les gens.
07:47Qui me dit, mais Marvin, tu as toujours fait de la croissance interne.
07:50Est-ce que ça ne t'intéresserait pas de faire de la croissance externe ?
07:52Moi, pour moi, il me parle chinois.
07:54À mon avis, au même titre que j'explique aux gens de stratégie de marketing digital.
07:58Et il me dit, non, tu peux acheter des boîtes, etc.
08:00Et là, j'achète une boîte et je me rends compte que, boum, je double mon chiffre d'affaires.
08:03Je lui ai dit, mais c'est dingue, cette situation.
08:05Et donc, on a multiplié, multiplié, ce qui a dépassé les 10 millions de droits de chiffre d'affaires.
08:09Une fois 10 millions atteints, avec une marge qui est quand même assez confortable,
08:14je me suis dit, OK, bon, j'ai mes voitures de rêve.
08:17C'est la vie que je rêve.
08:20Mes parents, du coup, si je suis arrivé dans l'entrepreneuriat,
08:23c'est parce qu'avant tout, comme je disais au début, mes parents ont fait faillite.
08:25Mes parents ont fait faillite par manque de compétences, de connaissances et d'entourage.
08:28Et chercher du sens.
08:29Parce qu'une fois que tu as fait les beaux hôtels, les belles voitures, etc.,
08:32que tu as un peu de sous, que tu n'es pas vraiment très dépensé.
08:34En réalité, je ne suis pas très, très dépensé.
08:35Je voulais de l'argent pour du confort.
08:36Mais une fois que tu as du confort, c'est vite réglé.
08:38Je me suis dit, qu'est-ce que je peux faire qui a du sens ?
08:41Et mon papa en est décédé.
08:42Et ils ont fait faillite à cause de ça.
08:45Et une partie de ma vie a été traumatisée à cause de cet événement qui était assez dramatique.
08:49Et je me suis dit, OK, comment est-ce que ta vie peut être utile maintenant ?
08:52Et en fait, ce que je me suis dit, c'est donnons aux entrepreneurs
08:56un maximum de compétences, de connaissances et d'entourage.
08:58Et donne ton temps aux gens, en fait.
09:00Et sur les 12 derniers mois, j'ai été dans 15 pays.
09:03J'ai fait plus de 200 audits physiques.
09:05Et je n'ai jamais autant donné de ma personne.
09:06On a fait plus de 1 000 entreprises.
09:09Et on a pu aider des centaines d'entrepreneurs aujourd'hui à travers l'écosystème
09:12à pouvoir faire grandir leur TPE, PME, boulangerie, commerce physique, boucherie.
09:17L'un secteur que vous ne connaissez pas forcément.
09:19Non, c'est exceptionnel.
09:21Mais c'est ça qui était la beauté.
09:23C'est qu'au final, ils avaient tous le savoir-faire.
09:26Moi, j'ai le faire savoir.
09:27J'ai les comportements en tant qu'entrepreneur.
09:28On n'apprend pas à devenir entrepreneur.
09:29C'est ça qui est dramatique.
09:31C'est d'ailleurs pour ça que mes parents ne s'en sont pas sortis.
09:33Ils avaient le savoir-faire, mais aucun faire savoir.
09:36Et aujourd'hui, on a vraiment une volonté.
09:37Et sur le long terme, d'aider un maximum d'entrepreneurs.
09:40Exactement.
09:40Merci beaucoup, Marvin Hendeil.
09:42Vous allez rester avec nous.
09:43Justement, vous avez gardé cette casquette de fondateur d'Ultra.
09:46On passe tout de suite au débat éco pour parler justement de ces défaillances d'entreprise,
09:51mais aussi d'une grande création d'entreprise.
09:53Et comment est-ce qu'on peut trouver un équilibre entre tout ça ?
09:56Merci.
09:56Merci.

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