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  • il y a 18 minutes
Avec Hubert de Faletans, retaurateur à Blagnac, président de la branche restauration de l'UMIH
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##LA_VIE_EN_VRAI-2026-09-02##

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Transcription
00:04C'était un restaurant, ça, près de l'aéroport de Toulouse, Blagnac, après 17 années d'existence, l'esprit du
00:11Sud-Ouest a fermé ses portes définitivement.
00:13La fin d'une histoire pour son propriétaire qui est avec nous ce matin. Bonjour Hubert de Faltan.
00:19Bonjour M. Gleis.
00:20Et bienvenue sur Sud Radio, merci d'avoir accepté notre invitation pour témoigner, raconter ce que vous vivez.
00:25Vous êtes restaurateur, mais vous êtes également président de la branche restauration de l'UMI Haut-de-Garonne.
00:30Vous auriez dû rouvrir votre restaurant cette rentrée, ce ne sera donc pas le cas, fermeture définitive.
00:36Qu'est-ce qui vous a poussé à prendre cette décision, qui on l'imagine est une décision très difficile
00:40à prendre ?
00:42Oui, c'est une décision très difficile à prendre, 17 ans et demi d'activité.
00:47Un restaurant atypique dans sa décoration, enfin typique près de l'aéroport, on dirait d'Airbus,
00:53puisque l'intégralité de mes murs était recouverte d'artefacts, on peut dire, sur l'histoire de l'aérolotique,
01:00de témoignages, d'anciens pilotes, de gravures dans tous les sens depuis les avions.
01:06Et oui, un pincement au cœur, puisque Blagnac perd un lieu mémoriel,
01:12mais moi je perds 17 ans et demi d'un plaisir, de passion.
01:17Je perds bien sûr toutes mes économies, puisque c'est le premier projet de ma vie.
01:23Décision difficile, parce qu'on l'est sur le carreau des salariés.
01:27Même si je fais le maximum pour les replacer chez les confrères, leur trouver du travail.
01:33C'est un projet qui disparaît, qui ne disparaît pas sur le fait d'une mauvaise gestion,
01:40puisque nous avons un bilan au niveau des marges brutes qui était bonne,
01:44mais on a eu une contation qui a complètement fondu suite à différents problèmes factoriels.
01:50Ça veut dire quoi des problèmes factoriels ?
01:53C'est-à-dire pourquoi finalement c'est devenu aussi compliqué ?
01:56Vous étiez en redressement judiciaire depuis un an et demi,
01:59mais vous avez décidé, vous avez pris la décision vraiment d'accélérer tout cela
02:04en fermant votre restaurant.
02:08Alors, ce qui va être surprenant, c'est sur les derniers exercices fiscales,
02:12et même depuis que notre plan de redressement est accepté,
02:15on était à 11% de progression, jusqu'à du 1er octobre au 31 mars, 11% de progression.
02:22On récupérait, on retrouvait des couleurs après des années de Covid et des faits post-Covid,
02:28et d'autres facteurs qui se sont accumulés les uns après les autres.
02:31Comme je disais, l'essai de plaie d'Egypte.
02:34Chaque année, une calamité.
02:36Et est arrivée, bien sûr, la crise pétrolière avec le conflit américano-iranien.
02:43En avril, la hausse est plus du carburant.
02:45Là, on est passé de plus de 11% à moins 7% de fréquentation du chiffre d'affaires.
02:52Le mois de mai, qui était en plus un mois d'hier avec les jours fériés par semaine droite à
02:57gauche,
02:58plus le carburant qui continue à grimper et les premières vagues de canicule qui ont surpris tout le monde,
03:05ça a été moins 12% de fréquentation.
03:08Le mois de juin a été très bon, on a fait plus 10,
03:10ce qui veut dire que ce n'était pas notre histoire qui était en cause.
03:13Et moins 18% au mois de juillet.
03:16Et à partir de ce moment-là, quand vous n'avez plus de trésorerie,
03:18quand vous n'arrivez pas à payer l'intégralité des salaires du mois de juillet,
03:23vous vous dites qu'au mois d'août, ça n'a plus la peine d'ouvrir,
03:25parce qu'on ne sait pas où on va, on n'a aucune civilité en tant que chaleur surprise.
03:29On reprend encore une vague de chaleur pendant quelques jours,
03:32là, vous voyez, c'est sans fin, et on ne sait pas.
03:33Et on va en plus envisager une année 2027, année électorale,
03:37qui dans le CHF, café, hôtel, restaurant, sont des années à fort impact économique.
03:42Il faut arrêter le massacre, c'est ce que vous dites, Hubert de Falton ?
03:45Évidemment qu'il faut arrêter le massacre.
03:47Nous avons essuyé des crises énergétiques,
03:52qui n'auraient pas dû, parce que la France n'a pas dû sa souveraineté énergétique,
03:58et maintenant est obligée de se plier à un système de prix européen complètement ubuesque.
04:03Nous avons des décisions qui vont à l'encontre de l'emploi,
04:08à l'encontre de la visibilité nécessaire pour les chères entreprises.
04:12Moi, je pense que ça fait très longtemps que nous avons été trahis par nos hommes politiques.
04:16Ils résonnent en macroéconomie, mais c'est nous la vraie économie,
04:19ce sont les petites entreprises.
04:20Vous êtes oublié, complètement.
04:22En tout cas, vous n'êtes pas la priorité, selon vous.
04:24Vous avez le sentiment que vous n'êtes plus la priorité aujourd'hui de nos dirigeants ?
04:30Je crois que ça fait 60 ans que petit à petit, la priorité est ailleurs,
04:35et que nous, on n'est plus oublié.
04:37On nous demande de faire des efforts.
04:39On va encore en demander en 2027, même à des retraités qui ont déjà cotisé,
04:42payé tout ce qu'il fallait.
04:43Toujours des efforts, des efforts, des efforts.
04:47Il n'y a que la pompe à taxes qui marche.
04:52Par contre, les efforts demandés à notre classe politique,
04:56non, ils ne savent pas.
04:57Vous savez, je vais résumer le sentiment que j'ai.
05:00C'est imaginer un jardin bien vert,
05:02qui un jour, il y a un secteur du jardin qui est moins bien arrosé.
05:05Vous avez deux possibilités.
05:07Ou vous mettez une pompe plus forte,
05:09ou alors vous allez chercher des trous.
05:11Voilà, c'est des fuites quelque part.
05:13Je trouve que nos politiques,
05:14ils mettent une pompe plus forte à chaque fois qu'il y a un problème,
05:17mais ils ne vont pas chercher à réparer les fuites.
05:19En tout cas, constat, j'ai envie de dire,
05:24plutôt pessimiste,
05:25mais on le comprend avec ce que vous vivez,
05:28Hubert de Faltan.
05:29Rebondir ? Rebondir comment ?
05:32Alors, j'ai la chance d'avoir une autre activité,
05:34une brasserie artisanale,
05:35une vieille brasserie artisanale,
05:36puisqu'elle a 25 ans.
05:37À tout douce.
05:39Pas suffisant pour que mon épouse,
05:41nous avons 57 ans tous les deux,
05:43puisse y retrouver du travail.
05:46Voilà, on se pose la question.
05:47Nos retraites ne seront déjà pas terribles.
05:50On vient de perdre tout ce qu'on a mis dans le restaurant,
05:54les économies d'une vie entière,
05:56elle et moi.
05:57Plus on a perdu la plus-value qu'on a envisagé à la revente,
06:01pour le tout, pour arrondir notre retraite,
06:03pour la financer quasiment nous-mêmes.
06:05On n'a plus rien.
06:06Alors, on a encore la passion,
06:08l'envie de travailler,
06:08puisqu'on est d'une génération
06:09qui n'a pas peur de se retrousser les hanches,
06:12mais à un niveau d'épuisement,
06:14et puis, comme je vous le disais,
06:15sans avoir de vision du bout du tunnel.
06:18On n'a pas de vie, on ne sait pas.
06:20Hubert de Faltan,
06:21un grand merci en tout cas pour votre témoignage
06:23ce matin sur Sud Radio
06:24et bon courage à vous, bien évidemment,
06:26pour la suite.
06:27Il est 6h40 sur Sud Radio.
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