- il y a 2 mois
Plus de 70 000 défaillances d’entreprises sur douze mois, malgré une légère baisse en juillet. Dans le même temps, les créations d’entreprises continuent de progresser fortement. Comment expliquer ce paradoxe ? Quels secteurs sont les plus fragiles et comment prévenir les difficultés avant qu’elles ne conduisent à la faillite ? Décryptage avec Lisa Ducani, avocate associée chez Racine, et Marvin Ndiaye, entrepreneur et accompagnateur de dirigeants.
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00:04Le nombre de défaillances d'entreprises a très légèrement diminué en juillet, à plus de 70 600 en cumul sur
00:1212 mois, selon les derniers chiffres de la Banque de France.
00:14Une très légère baisse, mais ces chiffres restent tout de même assez élevés.
00:18Et puis ils sont à mettre en perspective avec la force hausse du nombre de créations d'entreprises.
00:22On est à environ 11% de plus sur ce semestre par rapport au semestre 2025, selon les chiffres de
00:28l'INSEE.
00:28Alors comment interpréter ces chiffres ? Faut-il s'en inquiéter ?
00:31On va en parler tout de suite avec Lisa Ducani. Vous êtes avocate associée chez Racine. Bonjour.
00:36Bonjour à tous. Bonjour, Sybille.
00:37Merci beaucoup de nous avoir rejoints. Marjbine Ndiaye, vous êtes toujours en présence sur ce plateau, donc toujours fondateur de
00:43Fréchéo et fondateur d'Ultra.
00:46Merci de participer à cet échange.
00:48Alors Lisa, quand on parle de plus de 70 000 défaillances, vous, est-ce que c'est un chiffre déjà
00:53qui vous inquiète ? Est-ce que c'est inquiétant ?
00:55Alors, c'est inquiétant et ce n'est pas surprenant. C'est-à-dire, comme vous l'avez dit au
00:59début, il y a une légère baisse en juillet, mais c'est à prendre avec des pincettes.
01:02Parce qu'en réalité, sur une année glissante, on tape les 70 000 défaillances et on est sur une tendance
01:08quand même haussière par rapport à juillet de l'année précédente.
01:12Ce petit creux, en réalité, depuis le début de l'année, on monte, on redescend, on stabilise.
01:17On n'est pas du tout sur une sortie de crise et les chiffres ne devraient pas vraisemblablement s'améliorer
01:24sur le deuxième semestre.
01:27La réalité, c'est qu'en juillet, cette petite bosse, elle peut venir aussi du fait qu'il y a
01:32des vacations et qu'on a toujours un petit creux, en réalité, en juillet.
01:37En revanche, ce qu'il faut mettre en avant, c'est que les défaillances, aujourd'hui, on n'est pas
01:42sur les mêmes, on n'est pas dans le même écosystème que lors de la sortie de crise post-Covid,
01:47où on était vraiment sur une crise de liquidité, avec des sociétés qui avaient des difficultés plutôt conjoncturelles et les
01:54PGE avaient répondu à ces difficultés à l'époque.
01:57Aujourd'hui, ce qui est un peu plus inquiétant, c'est que les entreprises se font face à des difficultés
02:02qui sont plus structurelles.
02:04C'est-à-dire qu'il va falloir arriver à concilier un niveau d'endettement en adéquation avec la rentabilité.
02:12Et ce n'est pas évident parce qu'il y a le remboursement des PGE, parce qu'il y a
02:16la hausse des taux, parce qu'il y a un environnement économique contraint.
02:20Et Marvin, quand on met ce chiffre-là face au record de création d'entreprises, vous, ça vous rassure ?
02:28Est-ce que vous pensez justement que ces créations d'entreprises se font dans des bonnes conditions qui pourront répondre
02:32peut-être à ces difficultés de structure ?
02:35Alors, bizarrement, moi, je trouve ce chiffre très bien.
02:37Et pour une raison simple, c'est que j'ai la profonde conviction, et pour être entrepreneur depuis bientôt 10
02:42ans,
02:43que les entrepreneurs qui font faillite ou qui, derrière, arrêtent, soient les entrepreneurs qui ont arrêté de se remettre en
02:49question
02:49ou qui n'ont pas, au bout d'un moment, cherché la bonne compétence, la bonne connaissance et le bon
02:52entourage.
02:53Parce que quand tu respectes profondément tes clients, tes équipes, au bout d'un moment, il y a toujours une
02:57issue.
02:57OK, comme on le voit, énormément d'entreprises pivotent et font d'autres choses.
03:01Par contre, le fait qu'il y ait de nouvelles personnes qui puissent se mettre sur le marché, je trouve
03:05ça hyper encourageant.
03:06Parce qu'avec les outils qu'on a aujourd'hui, on peut vite rattraper.
03:10L'entrepreneuriat, c'était vraiment quelque chose, en fait, de...
03:12À l'époque, c'était...
03:13Ton père était bouché, tu devenais bouché, et en fait, ainsi va la vie.
03:16Les transmissions.
03:17Exactement.
03:18C'est très...
03:19Ça restait quand même sectaire.
03:20Aujourd'hui, en gros, c'est ouvert à tout le monde.
03:22Aujourd'hui, en gros, on peut n'avoir aucune connaissance en boucherie et posséder cinq boucheries.
03:26C'est une possibilité.
03:28L'IA et tous les autres outils qui arrivent et qui sont mis à disposition nous permettent de vite comprendre
03:33les marchés, les enjeux.
03:34Et donc, moi, je trouve ça, au contraire, très positif.
03:36Parce que ça veut dire que les mauvais entrepreneurs sortent.
03:38Les mauvais...
03:39Ce ne sont pas forcément les mauvaises personnes, mais les personnes qui arrêtent de vouloir se remettre en question
03:42ou de vouloir, du coup, développer ou faire grandir leur entreprise.
03:44Et de comprendre qu'en fait, le problème, ce n'est peut-être pas eux, mais leurs compétences.
03:48Et les nouveaux, du coup, arrivent.
03:50Et on va voir, du coup, si ça tient la route.
03:51Si ça tient la route.
03:52Lisez, juridiquement, qu'est-ce que ça veut dire, en fait, une défaillance d'entreprise, concrètement ?
03:57Alors, quand on parle des défaillances d'entreprise, on parle, normalement, des procédures collectives.
04:00Et c'est hyper intéressant, effectivement, ce que vous dites, parce que je pense qu'il n'y a pas
04:04de mauvais entrepreneurs.
04:04Et je pense que ça fait partie, aussi, de la stigmatisation de l'entrepreneur.
04:08Et d'ailleurs, il y a un paradoxe un peu statistique.
04:11Quand on parle de défaillance, on parle souvent de redressement judiciaire, de liquidation judiciaire.
04:15Il faut savoir qu'il y a des procédures qui sont préventives, qui sont là pour accompagner les dirigeants, qui
04:20rencontrent des difficultés, qui doivent les aider à les traverser.
04:23On a un outil, on a des outils juridiques bien établis et qui fonctionnent.
04:27Et donc, le paradoxe, c'est que la procédure de sauvegarde, qui est un peu la procédure d'anticipation par
04:31excellence, ne représente que 2% des défaillances.
04:33Et pourquoi ? C'est pas parce qu'elle est compliquée.
04:35C'est pas parce qu'elle est méconnue.
04:36C'est parce qu'en réalité, le pire ennemi du dirigeant, c'est souvent le dirigeant.
04:40Et ce qui est important, c'est d'expliquer que les difficultés économiques, c'est pas une fatalité, que très
04:45souvent, c'est pas dû à une mauvaise gestion,
04:47et qu'il y a des outils qui sont là pour les accompagner.
04:50Et c'est pour ça que je trouvais que c'était intéressant ce que vous disiez, être accompagné et avoir
04:53un staff autour,
04:54que ce soit sur de la communication, mais également sur du pilotage de trésorerie, avoir son pilotage de trésorerie, même
05:00quand on est une PME.
05:02C'est important, et ça permet aussi d'éviter les défaillances, puisque redressement judiciaire et liquidation judiciaire,
05:07ce sont des procédures qui sont ouvertes quand la société est déjà en état de station des paiements.
05:12Oui. Justement, vous avez écrit dans les échos à une tribune, le recours préventif au tribunal est encore trop timide.
05:19Concrètement, comment est-ce qu'on peut aider ce dirigeant qui peut penser se retrouver face à un mur et
05:25qui n'a aucune solution possible ?
05:27Je pense que c'est déjà, on parlait, et on parlait pas qu'entre praticiens, on parlait justement sur les
05:34internes, dites que ces procédures existent.
05:36Le gouvernement a mis en place d'ailleurs en février la charte confiance pour favoriser en fait ce recours aux
05:41procédures préventives,
05:42pour essayer de déstigmatiser les défaillances d'entreprise et les difficultés rencontrées par les dirigeants.
05:47Et il y a d'autres choses, là on est sur une simplification du livre 6, qui est le livre,
05:51nous, qui codifie toutes ces procédures-là dont on parle.
05:54Donc, quand elles sont très préventives, on a de conciliation, sauvegarde dont je vous parlais.
05:59Donc, le système existe, il faut savoir que ça existe, en discuter, déculpabiliser,
06:04parce qu'en réalité, il y a beaucoup de dirigeants qui ont déposé le bilan, qui ont fait face à
06:10une procédure collective.
06:11Et heureusement, c'est pas un franc d'entrepreneuriat.
06:13Il faut aussi savoir, effectivement, être accompagné, parce que c'est comme ça aussi, effectivement, qu'on apprend,
06:19qu'on anticipe, qu'on sait regarder les signaux faibles,
06:21parce que c'est souvent dans les signaux faibles qu'on va déceler les crises, les impasses de trésorerie, des
06:26choses comme ça.
06:27Et donc, ça, déjà, c'est important.
06:29Donc, on a l'arsenal, il faut faire changer un petit peu les mentalités.
06:32Les mentalités. Marvin, quand les entrepreneurs viennent vous voir, ils sont déjà au bout,
06:36ils sont déjà presque proches de la faillite, ou en tout cas, ils arrivent à avoir le recul nécessaire
06:42pour vous dire, voilà, là, j'ai des difficultés, il faut en parler.
06:45Alors, déjà, je rebondis, parce que pour moi, vraiment, changer de mentalité, c'est la parfaite phrase.
06:51Par rapport aux entrepreneurs qui s'accompagnent, en réalité, très peu sont proches de la faillite,
06:54parce qu'un accompagnement a un certain coût.
06:56Et donc, derrière, en fait, c'est très compliqué de faire ça.
07:00En étant en faillite, on n'est plus sur des entrepreneurs, en fait, qui, ça fonctionne,
07:04mais en fait, derrière, ont une frustration, se payent pas assez.
07:07Ou derrière, n'arrivent pas à déléguer.
07:10Aimerait bien lancer une franchise, mais ne savent pas comment faire.
07:12On est vraiment sur des enjeux de développement, mais ils n'ont pas les clés,
07:16ils n'ont pas les comportements, ils ont beaucoup de doutes.
07:19Et derrière, en fait, c'est plus cette typologie de personnes,
07:21parce qu'en réalité, on ne fait pas du redressement d'entreprise.
07:26À ce niveau-là, par contre, on fait du développement.
07:28C'est vraiment, la promesse, c'est assez simple.
07:30C'est-à-dire qu'à partir du moment où tu as une boîte qui fonctionne,
07:32donc un produit, un produit de market feed qui est trouvé,
07:35on t'aide, du coup, à communiquer plus, donc gagner plus d'argent,
07:38mieux déléguer, et surtout, en fait, valoriser ta société.
07:41Parce qu'en fait, beaucoup de gens, aujourd'hui, et c'est ce qu'on a remarqué,
07:44beaucoup d'entrepreneurs, en fait, se perdent,
07:45parce qu'entrepreneurs, c'est le titre qu'on leur a donné,
07:48mais qu'eux-mêmes ne savent pas.
07:49Aujourd'hui, la majorité sont salariés de leur business.
07:51Ils sont esclaves de leurs employés, esclaves de leurs clients,
07:53esclaves de leurs fournisseurs.
07:54Ils s'oublient complètement.
07:55Ils s'oublient complètement.
07:56Et moi, le truc qui était dramatique, et je le voyais quand j'étais plus jeune,
07:59c'est que je voyais des gens qui étaient entrepreneurs,
08:02petite boîte, un à cinq personnes,
08:03et à chaque fois, ils disaient à leurs enfants,
08:05« Non, non, fais pas comme moi, fais des études, etc. »
08:07Alors qu'en fait, tu te rends compte plus tard que le boucher qui a cinq boucheries,
08:12il est mieux que le médecin, en fait.
08:13Mais vu que ce n'est pas très joli ou on ne le dit pas,
08:16en fait, derrière, tu ne le sais pas le savoir.
08:18Et toi, petit, jeune, moi, j'étais cuisinier,
08:20j'aurais aimé savoir qu'en ayant cinq restos, j'irais correctement,
08:23je pouvais avoir le même salaire éventuellement qu'un médecin.
08:25On dit souvent que des startups, ça a une durée de vie de trois ans.
08:30En tout cas, la majorité dure entre trois et cinq ans.
08:32Qu'est-ce qui, pour vous, je vous pose la question à tous les deux,
08:35qu'est-ce qui, pour vous, permet d'être le lancement d'un business
08:38et l'entreprise qui dure ?
08:42Alors, startup, il y a deux choses.
08:43Pour moi, aujourd'hui, startup, il y a évidemment le modèle économique
08:47que beaucoup de gens connaissent.
08:48Pour moi, startup, et c'est ce qu'il faut garder en tant qu'entrepreneur,
08:50c'est un état d'esprit.
08:52La startup, c'est de la vitesse, de l'idération.
08:56De l'envie de croissance, l'envie de bien faire,
08:58avec un produit qui est orienté autour des clients,
09:02des équipes et puis des investisseurs.
09:04Et pas autour d'un humain.
09:06Parce qu'être startup, c'est un comportement.
09:09Et aujourd'hui, je dis que c'est vraiment ça,
09:10et ça va vraiment avec le fil de tout à l'heure,
09:13c'est qu'il faut changer les mentalités.
09:14Il faut changer les mentalités,
09:16il faut comprendre qu'une boîte, c'est un actif,
09:18que cet actif-là, il doit être bien traité,
09:20il faut des équipes, il faut des investisseurs.
09:22Et même si on a une petite boucherie,
09:24même si on a une petite boulangerie,
09:26il faut traiter ça comme un chef d'entreprise responsable,
09:28parce que c'est ce qui nous permettra sur long terme
09:29de comprendre qu'est-ce que c'est le métier d'entrepreneur
09:31et surtout de pouvoir valoriser ça plus tard
09:33et de ne pas être esclave de son business.
09:35Qu'est-ce que vous voyez, vous, Lisa,
09:36comme signaux d'alerte, en fait,
09:38quand on voit une business se développer ?
09:40Alors, sur les business qui se développent,
09:41en fait, vous avez raison,
09:43pour pivoter, il y a aussi le temps long.
09:45En fait, en réalité, la clé,
09:46c'est véritablement le pilotage.
09:48Le pilotage existe,
09:49c'est le pilotage de trésorerie,
09:50puisque la trésorerie, c'est le nerf de Daguerre
09:52et d'avoir, effectivement, le coup d'après.
09:55Donc, pour ça, pour pouvoir piloter,
09:56il faut aussi des équipes.
09:57C'est pour ça que l'accompagnement est important,
09:59pour pouvoir pivoter
10:00et pour pouvoir aller sur quelque chose,
10:02effectivement, de plus pérennée.
10:03Est-ce que vous avez remarqué
10:05qu'il y a des différences entre des secteurs,
10:08des régions ?
10:10Alors, sur les secteurs,
10:13malheureusement, les défaillances,
10:15là, on est un peu sur tous secteurs confondus.
10:17Il y avait certains, effectivement,
10:18qui avaient été frappés de plein fouet,
10:20la restauration, l'hôtellerie,
10:22la construction.
10:24Là, ça se tasse un petit peu,
10:25mais c'est simplement qu'il y avait
10:26beaucoup de restructuration.
10:28Et là, on voit, ce qui est assez affolant,
10:29c'est qu'on voit émerger des secteurs d'activité
10:31qu'on pensait plutôt préserver.
10:33Les services à la personne,
10:36les résidences seniors,
10:38mais également des entreprises dans la santé.
10:41Donc, on voit que, malheureusement,
10:42il n'y a véritablement aucun secteur d'activité
10:45qui est en réalité épargné.
10:46Et sur le tissu géographique,
10:49en réalité, c'est plutôt cohérent
10:50avec l'économie du tissu.
10:53Et selon les situations géographiques,
10:54il y a des zones plus industrialisées,
10:57typiquement Nouvelle-Aquitaine,
10:59Auvergne, des choses comme ça.
11:00Le nombre de défaillances est plus important
11:02simplement parce que ces entreprises-là,
11:04elles, elles sont vraiment touchées de plein fouet
11:06par la hausse des taux,
11:08des matières premières, de l'énergie.
11:10Et pareil, en Ile-de-France,
11:12je crois que c'est une défaillance sur quatre.
11:13C'est simplement parce qu'en numéraire,
11:15on a une forte concentration de défaillance.
11:18Mais c'est plutôt homogène.
11:20Marvin, vous avez entrepris en 2018.
11:22Est-ce que vous sentez une grande différence
11:24dans cet accompagnement ?
11:26C'est vrai qu'on parle beaucoup de Startup Nation.
11:28Le président Emmanuel Macron,
11:29il a quand même poussé cette dynamique française.
11:32Est-ce qu'entreprendre aujourd'hui,
11:34c'est très différent d'entreprendre
11:35à l'époque où vous avez entrepris ?
11:37Je pense que oui.
11:38Il y a beaucoup de choses qui ont changé.
11:39C'est vrai que moi, j'ai eu la chance
11:41de grandir dans cette ère un peu Startup.
11:44Et donc, avec les réseaux sociaux, etc.,
11:45on était tous un peu matrixés
11:47par l'idée de construire une très grande boîte.
11:50Et je me permets de rebondir
11:51parce qu'il y a un truc que je trouvais super intéressant,
11:52c'est qu'effectivement,
11:53il y a pas mal de secteurs
11:54qui, ici, sont en difficulté.
11:56Et moi, je le vois dans les entreprises
11:57qu'on accompagne.
11:58On a énormément de restaurants
11:59et de boîtes, du coup, de la construction.
12:01Mais parce que ce sont des boîtes
12:02où les gens sont très courageux,
12:03travailleurs,
12:04mais en général,
12:04n'ont pas les bagages scolaires
12:05comme moi qui ai fait un CAP cuisine
12:06pour pouvoir, en gros,
12:08avoir les bons comportements.
12:09Parler de pilotage de trésorerie,
12:11c'est vrai,
12:11mais en fait, on apprend ça où et quand.
12:13Et ça, c'est très compliqué.
12:15Et il y a un truc
12:15où moi, je suis quelqu'un
12:17qui prône vraiment le travail
12:19en Europe, en France, en Belgique, etc.
12:21Mais je trouve pas ça normal
12:22de donner des prêts PGE,
12:24mais de pas apprendre
12:24à comment on gère l'argent, en fait, du PGE.
12:27Parce qu'il y a beaucoup d'entrepreneurs
12:28qui gèrent ça
12:29de manière de plus ou moins bien,
12:30mais il y a énormément d'entrepreneurs
12:31qui n'y arrivent pas.
12:32Et l'argent, là où ça pourrait être un cadeau,
12:34il y a des gens
12:35pour qui ça peut être une malédiction.
12:36Parce que le remboursement des prêts PGE,
12:37ça a été aussi juste un prolongement
12:40d'entreprises qui étaient déjà à l'agonie.
12:40Oui, on a beaucoup parlé d'entreprises zombies, etc.
12:43qui finalement, en fait,
12:44après, ont dû fermer.
12:46Oui, oui, oui, oui.
12:48Exactement.
12:48Et justement, est-ce que vous trouvez
12:49qu'il y a un arsenal
12:50qui soutient assez
12:53ce nombre d'entreprises
12:54pour avoir plus d'informations, etc.
12:57Même des aides, tout simplement ?
12:59Alors, des aides, il y en a.
13:00Il y a même le chèque prévention.
13:02Alors, c'est Ile-de-France,
13:03mais c'est 5 000 euros
13:04pour aider effectivement les entrepreneurs.
13:06Il y a des assurances aussi,
13:07dirigeants,
13:08qui peuvent prendre en charge
13:09les coûts des procédures amiables.
13:12Mais la réalité, c'est...
13:14L'arsenal est là.
13:15Il faut peut-être le simplifier.
13:17Je pense qu'il faut encore
13:18continuer à dire
13:19la prévention, c'est important,
13:20la prévention, c'est important.
13:21Vous pouvez vous faire aider.
13:23La grosse problématique,
13:24c'est qu'en effet,
13:25c'est que le dirigeant,
13:26très souvent, par définition,
13:27est optimiste.
13:28Donc, c'est pour ça que souvent,
13:29quand il vient nous voir,
13:30c'est assez tardivement
13:31parce qu'ils se disent
13:32là, je vais avoir une entrée,
13:35je vais peut-être décaler
13:36l'état de station des paiements.
13:37L'état de station des paiements,
13:38ce n'est pas un gros mot
13:39et l'anticipation,
13:40ce n'est pas un gros mot non plus.
13:41Donc, en fait,
13:41il vaut mieux
13:42aller se mettre sous la protection
13:43du tribunal
13:44et pas forcément en avoir besoin
13:45et faire une petite négociation.
13:47C'est peut-être avec ces banquiers.
13:48Les banquiers ne sont pas vos ennemis.
13:50Le président du tribunal,
13:51ce n'est pas votre ennemi non plus.
13:52Ces gens-là,
13:53et notamment dans les banques,
13:54les affaires spéciales,
13:54sont là aussi
13:55pour accompagner
13:55le retournement d'entreprise.
13:56Et ça, je pense que c'est important
13:58et peut-être que le dirigeant
13:59ne s'est pas assez
13:59en se disant
14:00je vais peut-être perdre la main
14:01en allant pousser
14:02la porte du tribunal.
14:03C'est faux
14:04parce que les procédures amiables,
14:05c'est à la main du dirigeant.
14:06C'est totalement confidentiel.
14:08Vous y entrez,
14:09c'est à votre main.
14:10Vous y sortez, effectivement.
14:11Si vous décidez,
14:11je ne veux plus,
14:12vous en sortez comme vous voulez
14:13et ça fonctionne.
14:15On a vu là, du coup,
14:16qu'il y avait énormément
14:16d'entreprises créées.
14:18Mais pour les années à venir,
14:20est-ce que tous ces va-et-vient,
14:23ce terrain peut-être un peu incertain
14:25sur la politique, économique,
14:26est-ce que ça va réduire
14:28la volonté de prise de risque ?
14:31Je pense qu'en tant qu'entrepreneur,
14:32en tout cas,
14:33aujourd'hui, en 2026,
14:34le risque, il est quand même faible.
14:36C'est d'ailleurs ça
14:37le vrai problème qu'on a aujourd'hui.
14:38Beaucoup d'entreprises se ferment
14:39parce qu'à l'époque,
14:40la vraie barrière,
14:41c'était d'avoir le courage
14:41de se lancer.
14:43Parce qu'en réalité,
14:43quand tu lançais ta boucherie
14:44il y a 30 ans,
14:45il n'y avait personne
14:47ou très peu de gens
14:48autour de toi.
14:49Là, aujourd'hui,
14:49la boucherie,
14:50tu peux la lancer très vite.
14:51Tu ne vas pas mettre
14:52à rester ta famille.
14:53Ta réputation,
14:54bon, ok,
14:54ça fait toujours mal une faillite,
14:56mais bon,
14:56je pense que plus les générations
14:57avancent et plus,
14:58en vrai,
14:59moi, un entrepreneur
14:59qui fait faillite,
15:00je ne veux pas le juger,
15:00je ne veux pas dire
15:01« Oh mon Dieu,
15:01c'est une catastrophe,
15:02etc. »
15:02Qu'est-ce qui s'est passé ?
15:03Pourquoi tu as fait faillite ?
15:04Tu as appris tes leçons ?
15:05Ok, super,
15:05allez, on recommence.
15:06Comme aux Etats-Unis
15:07ou comme dans plein d'endroits.
15:08Donc, on est juste en retard
15:08par rapport à certaines mentalités.
15:09Donc, je me dirais,
15:12je pense que c'est très positif.
15:22économique assez défavorable,
15:23je ne vais pas me lancer
15:24tout de suite dans mon entreprise.
15:25Non, mais ça ne doit pas
15:25être un frein.
15:26Et puis, en fait,
15:26de toute façon,
15:27l'entrepreneuriat,
15:27c'est un risque.
15:28Mais le risque,
15:29il peut être mesuré
15:29si justement,
15:30vous anticipez,
15:31vous pilotez.
15:32L'idée, ce n'est pas
15:32de contracter un honnêtement
15:34complètement décorréler
15:35effectivement avec vous
15:36votre propre renta.
15:37C'est-à-dire que
15:38ce n'est pas parce qu'on est
15:38un entrepreneur
15:40qu'on n'est pas,
15:41on va dire,
15:42les pieds sur terre
15:43sur la gestion de son business.
15:45Donc, le risque,
15:45il est inhérent
15:46à l'entrepreneuriat.
15:47Fort heureusement,
15:47les défaillances,
15:48on le voit,
15:49ce n'est pas un frein.
15:50Et tant mieux.
15:51Et ça doit fonctionner
15:51comme ça.
15:52Parce que dans 99% des cas,
15:55ce n'est pas du tout
15:56de la faute du dirigeant.
15:57C'est de la faute de quoi alors ?
15:58C'est une conjoncture
16:00de plein de choses.
16:00Ça va être une conjoncture
16:01effectivement économique.
16:03Ça peut être
16:05un manque de visibilité.
16:08Donc, le dirigeant,
16:09par définition,
16:09il fait de toute façon
16:10de son mieux.
16:11Et l'idée,
16:11en tout cas nous,
16:12professionnels de restructuring,
16:13c'est de changer
16:14ces mentalités-là
16:15pour que le dirigeant,
16:16puisqu'on est assez seul,
16:17quand on est dirigeant,
16:18se sentent moins seul.
16:19Lisa ?
16:20Moi, je me permets
16:20d'intervenir quand même.
16:21Je pense quand même
16:22que c'est un peu de leur faute.
16:24Objectivement,
16:24en tant qu'entrepreneur,
16:25on doit se responsabiliser.
16:26C'est-à-dire la première des choses.
16:28Et je pense que vraiment,
16:30aujourd'hui, en 2026,
16:31il y a 30 ans,
16:32j'aurais tenu la Rien du Score
16:33qui était totalement différente
16:34parce qu'il n'y avait
16:34aucune information.
16:35Aujourd'hui,
16:36ne pas vouloir l'information,
16:37malgré que des fois,
16:38je peux comprendre
16:38qu'il y en a qui sont
16:39dans un brouillard,
16:39etc.
16:41Ne pas prendre le temps
16:42de l'information,
16:42en fait,
16:43c'est la responsabilité.
16:44Il y a possibilité
16:45avec Claude,
16:46ChatGPT,
16:47les réseaux sociaux,
16:48il y a possibilité
16:49d'aller chercher un peu d'infos
16:50et de trouver des solutions
16:51comme ça.
16:52Parce que c'est des super solutions.
16:53Et c'est vrai que c'est dommage.
16:55De toute façon,
16:56malheureusement,
16:56c'est très lié à la France.
16:58Les entrepreneurs
16:59n'ont pas le temps
16:59de se responsabiliser.
17:00Deux minutes,
17:01si vous voulez réagir.
17:02Non, je disais que
17:05effectivement,
17:06la responsabilité,
17:07c'est de ne pas prendre la mesure
17:08et de ne pas en tirer
17:08les conséquences.
17:09En réalité,
17:10après,
17:11la hausse des matières premières,
17:12la hausse de l'énergie,
17:14avant d'avoir une boule de cristal...
17:15On subit quand même
17:15des conséquences exogènes
17:17de son business.
17:17Effectivement,
17:17c'est savoir réagir.
17:19C'est là,
17:19là est la responsabilité du dirigeant.
17:20Mais ce n'est pas
17:21de la mauvaise gestion.
17:22C'est de se dire
17:22il faut que je tire
17:23les conséquences de tout ça.
17:24Et on terminera le débat là-dessus.
17:25Lisa Ducani,
17:26merci beaucoup
17:26d'avoir été avec nous.
17:27Vous êtes avocate associée
17:28chez Racine Marvin Endia
17:29et vous êtes fondateur
17:30de Fréchéo
17:31et fondateur d'Ultra.
17:32Merci à tous les deux
17:33et merci à vous tous
17:34et de nous avoir suivis.
17:35C'était Smartéco.