- il y a 5 jours
Jeudi 12 mars 2026, retrouvez Olivier Ducatillion (président, Union des industries textiles), Fabienne Delahay (fondatrice, Salon MIF Expo), Pierre Cesarini (directeur général, Silae), Olivier Lluansi (professeur, CNAM) et Mathieu Brulais (lieutenant-colonel, Armée de Terre) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.
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00:08Bonjour à tous, ravi de vous retrouver dans SmartJob, votre rendez-vous emploi RH Management.
00:12Aujourd'hui, bien dans son job, maîtriser la haute technologie dans l'armée.
00:16Oui, des métiers à haute technologie, avec évidemment des tensions sur ces métiers.
00:21On va en parler avec Mathieu Brûlé, lieutenant-colonel de l'armée de terre.
00:25Il est recruteur et il va justement nous parler de ces métiers sous tension.
00:29Le cercle RH, une alliance pour le Made in France avec des acteurs venus de divers horizons pour justement sauver
00:39notre industrie.
00:39On va en parler dans notre débat. Nous accueillerons Fabienne Delay, les fondatrices du salon MifExpo.
00:44Olivier Ducatillon, il est président de l'Union des industries textiles.
00:48Et puis on accueillera Olivier Luanzi, il est professeur au CNAM pour parler à la fois de l'industrie, mais
00:53aussi de cette alliance pour le Made in France.
00:56Et on terminera notre émission avec l'égalité salariale.
00:59Et on va en parler, il reste encore du chemin, même si cela a progressé.
01:02On fera le point avec Pierre Cesarini, directeur général de CILÉA.
01:07Voilà le programme, tout de suite, c'est bien dans son job.
01:21Bien dans son job pour parler du recrutement dans l'armée française, dans un contexte qui n'aurait échappé à
01:28personne, un contexte de guerre, de déploiement de nos troupes,
01:32et notamment nos troupes navales aux abords du détroit d'Ormouz, avec des enjeux très forts.
01:38Et on va en parler avec vous, cher Mathieu Brûlé.
01:40Bonjour.
01:40Bonjour.
01:41Merci d'avoir répondu à notre invitation.
01:42Alors vous êtes déjà venu il y a quelques mois sur notre plateau.
01:45Vous êtes lieutenant-colonel de l'armée de terre et vous êtes en charge du recrutement,
01:49avec une équipe évidemment au sein de l'armée de terre, recrutement pour nos armées de terre.
01:56D'abord un petit mot sur les métiers sous tension, parce que vous avez envie de nous parler de technologie.
02:01Quand on parle de technologie, c'est quoi ? C'est de l'informatique, c'est tous les enjeux de
02:05computer, c'est la guerre numérique, c'est les drones.
02:07C'est ça la technologie ?
02:08C'est effectivement tout ça.
02:10L'armée de terre recrute 16 000, à peu près 16 000 jeunes par an.
02:16Dans ce recrutement assez important, on recrute 7 météorologues, 9 spécialistes en programmation de maintenance.
02:25Vous voyez que ce sont des petites niches, mais néanmoins qui sont capitales pour nous.
02:30Qui sont capitales parce que toute cette grosse mécanique qu'est l'armée de terre ne peut pas tourner sans
02:33elle.
02:34Sans ces spécialistes qui viennent entretenir nos matériels les plus pointus.
02:38L'armée de terre est une armée très technologique.
02:40Ce n'est pas suffisamment su.
02:42Aujourd'hui on opère des technologies de pointe.
02:45Vous avez parlé du cyber, mais il n'y a pas que.
02:47Les chars qu'on dépose aujourd'hui sur le terrain, le char Leclerc, typiquement, est quelque chose de très pointu.
02:52Il y a de l'optronique, on a besoin de mécaniciens pour maintenir cette optronique.
02:58Tout ça ce sont des compétences très pointues dont nous avons un très grand besoin.
03:03On n'est pas les seuls, puisque l'ensemble de l'économie française a besoin de ces compétences,
03:08a besoin de ces jeunes très qualifiés, de ces experts.
03:10Donc la bataille est assez rude sur le marché de l'emploi pour venir toucher ces compétences.
03:18On déploie des trésors d'ingéniosité dans nos communications,
03:23ce qui est mon métier propre, à l'origine, pour aller chercher, par exemple,
03:28des spécialistes du monde cyber parmi la communauté des gamers, par exemple.
03:32On va sur ce terrain-là pour aller leur parler, pour leur dire, voilà, venez chez nous,
03:35on peut proposer des débouchés à des passionnés d'informatique.
03:38Je vois un analyste image, chef, on évoquait les blindés, un chef d'engin blindé,
03:42un mécanicien armament de petit calibre.
03:45Donc vous allez chercher par communauté, là vous parlez des gamers,
03:48en leur disant, si tu viens chez nous, c'est intéressant parce que tu vas avoir du débouché,
03:52tu vas pouvoir pratiquer, tu vas pouvoir grandir, parce que, précisons que l'armée forme aussi.
03:56Exactement, donc on commence dès l'amont, dès la phase amont,
04:01avec par exemple les journées défense citoyenne, où tout jeune doit passer aujourd'hui.
04:05Il se trouve que, durant cette journée, il y a ce qu'on appelle un forum des métiers,
04:08l'après-midi, où on peut montrer concrètement nos matériels, nos métiers, etc.
04:12Donc dès là, dès ce moment, on peut toucher les jeunes sur des spécialités pointues que l'on recherche.
04:17Ensuite, on a tout un dispositif de bourse.
04:22On peut donner des bourses à des jeunes étudiants, en leur disant, voilà,
04:26on vous finance vos études, vous rejoindrez nos rangs ensuite,
04:29pour apporter votre expertise, vos compétences, mais on forme également en interne.
04:34On a deux écoles, à titre d'exemple, ce ne sont pas les seules,
04:37mais pas très loin d'ici, à Saint-Cyr-l'école, dans les Yvelines,
04:40il y a un lycée militaire qui offre un BTS, des places sur BTS.
04:44Par exemple, en 2026, il y a 30 places dans un BTS cyber,
04:48qui forment, au sein d'une institution militaire, des gens pour le cyber sur un BTS.
04:52Là, vous réussissez à remplir à chaque fois,
04:54ou vous êtes obligé d'aller au contact des jeunes pour leur dire,
04:57l'armée, là, on existe, on a plein de métiers géniaux ?
05:00Est-ce que c'est ça l'enjeu ?
05:01C'est ça l'enjeu, tout à fait.
05:02C'est de faire connaître au plus grand nombre cette technologie
05:06que peut permettre l'armée de terre.
05:08Et que l'armée, ce n'est pas qu'un soldat et un fusil.
05:10Exactement, ce n'est pas cette image d'épinal, c'est beaucoup plus que cela.
05:12L'armée est technologique, l'armée de terre en particulier,
05:14mais en œuvre des matériels très sophistiqués,
05:17qui réclament des compétences très pointues.
05:19Donc, votre présence dans les médias est aussi cette volonté
05:23de médiatiser, de faire connaître.
05:25Qu'est-ce que vous leur proposez ensuite, comme plan de carrière ?
05:27Parce qu'aujourd'hui, les jeunes, pour certains, en tout cas sur certains postes extrêmement prisés,
05:31il faut être en capacité de pouvoir, et vous faites du recrutement,
05:34de pouvoir négocier des choses.
05:35Effectivement.
05:36Donc, il y a cette phase avant dont je viens de parler,
05:37où on forme en interne, ou alors avec des partenariats,
05:40avec des écoles d'ingénieurs.
05:42Et une fois que les jeunes rejoignent nos rangs, on les forme.
05:45Parce qu'on opère des matériels assez spécifiques,
05:48certes de haute technologie, qui peuvent être du haut,
05:50mais quand même globalement assez spécifiques et dédiés à notre métier.
05:53Donc, on forme les gens en interne sur ces matériels,
05:57sur ces équipements de pointe,
05:58et rapidement, on leur donne des responsabilités,
06:01rapidement, on leur propose de prendre différentes filières.
06:05Il y a un parcours de carrière très dynamique au sein de l'armée de terre.
06:08Donc, le jeune qui, aujourd'hui, s'engage dans nos rangs
06:11en tant que, admettons, spécialiste cyber,
06:15puisque c'est le sujet dont on parlait tout de suite,
06:16eh bien, au bout de quelques années,
06:18si d'autres domaines connexes peuvent l'intéresser,
06:22au sein de l'armée de terre, il peut se réorienter,
06:24on peut lui proposer vraiment des parcours très intéressants,
06:26très valorisants pour lui.
06:27Ce que je trouve intéressant dans ce que vous décrivez,
06:28quand on a un peu de recul historique,
06:30c'est qu'on voit aussi l'armée française
06:31qui s'est totalement réformée dans sa manière
06:34à la fois de recruter et de faire des RH.
06:37Bien sûr.
06:37Et donc, au-delà de tous ces différents postes qu'on propose,
06:41toute cette offre armée de terre qui est très, très riche,
06:44on s'adapte en permanence.
06:46Pour des contrats d'engagement qui peuvent osciller
06:48entre un an, deux ans, trois ans.
06:49C'est ça. Il y a beaucoup de formules.
06:50Voilà. C'est à la carte.
06:52C'est quand même très dynamique tout ça.
06:53Là aussi, je parlais du service national.
06:56Dix mois aujourd'hui, on peut faire un galop d'essai
06:58de dix mois dans nos rangs.
06:58OK, ça me plaît, je reste, je peux continuer
07:00sur un contrat de soldat professionnel de un, deux, trois, cinq ans.
07:05Si ça ne me plaît pas, eh bien tant pis,
07:07je peux m'engager dans la réserve.
07:08Et là, j'ai une vie professionnelle de mon côté
07:11dans le milieu civil, on va dire,
07:12tout en continuant à servir mon pays
07:15au sein des armées, mais de manière...
07:16On est dans les armistes.
07:17Voilà.
07:17Merci pour ce message.
07:19L'armée de terre recrute, vous l'aurez compris,
07:22et pas que des soldats, plein, plein de métiers.
07:24Allez voir, il y a des bureaux dans vos villes de recrutement.
07:26Sur s'engager.fr, vous trouverez tout ce que vous avez besoin
07:29de savoir sur ces métiers de technicien dans l'armée de terre.
07:32Et peut-être aurez-vous le plaisir de croiser
07:33Mathieu Brûlé, lieutenant-colonel de l'armée de terre,
07:35en charge du recrutement, très occupé,
07:37et en tout cas très engagé sur ces sujets.
07:38Merci de nous avoir rendu visite.
07:40C'était un vrai plaisir dans ce contexte,
07:42rappelons-le, de tensions, pour ne pas dire mondiales,
07:46en tout cas pour le moins au Moyen-Orient.
07:48Merci et à très très bientôt.
07:49On tourne une page, on s'intéresse à l'industrie,
07:52dans le cercle RH, avec la création d'une alliance
07:55pour le Made in France.
07:56On va essayer de savoir à quoi elle va servir,
07:59cette alliance, de qui elle est composée,
08:02quelle est sa mission.
08:03On va en parler avec justement des acteurs de l'industrie.
08:06Sauver l'industrie, c'est évidemment sauver nos emplois.
08:09On en parle dans notre débat et j'accueille mes invités.
08:23Le cercle RH pour parler de l'industrie française,
08:26de notre industrie, et donc de nos emplois,
08:29puisqu'il y a vraiment un enjeu de maintien des emplois
08:32ici sur le territoire, avec la création d'une alliance
08:35pour le Made in France.
08:36On va en parler, on va essayer de comprendre à quoi elle va servir,
08:39quelle va être sa mission, et on va en parler évidemment
08:42avec les acteurs de cette alliance.
08:45Fabienne Delay, ravie de vous accueillir sur le plateau de Bismarck,
08:48dans l'émission Smart Job.
08:49Fondatrice du salon Made in France Expo,
08:52qui est un très beau salon, très médiatisé.
08:55Il s'y passe plein de choses.
08:57Bravo, membre, en tout cas, cheville ouvrière de cette alliance.
09:01Bien sûr.
09:02Et à vos côtés, quelqu'un que vous connaissez bien,
09:04parce que vous êtes une petite famille,
09:05tous ceux qui sont engagés pour sauver notre industrie.
09:09Olivier Ducatillon, président de l'Union des industries textiles.
09:12Et vous y tenez beaucoup, membre du COMEX de la CPME,
09:16en charge justement du Made in France.
09:18Et puis avec nous, Olivier Luanzi.
09:20Bonjour Olivier, ravi de vous retrouver.
09:22De même.
09:22On avait fait un débat passionnant et passionné sur l'industrie
09:26et la manière de sauver notre industrie et ses emplois.
09:29professeur au CNAM, titulaire de la chaire industrie décarbonée.
09:34Merci d'être là.
09:36Concrètement, cette alliance, alors quand on regarde l'alliance, on se dit,
09:39bon, il y a déjà les forces françaises de l'industrie,
09:42il y a Origine France Garantie,
09:43puis quand on regarde de plus près, on se dit,
09:45ah mais ils sont à l'intérieur de l'alliance.
09:47Mais la grande nouveauté, je me tourne vers vous,
09:49puisque vous en êtes les créateurs parmi quelques autres,
09:52on y retrouve Arnaud Montebourg,
09:54on y retrouve François Omryl de la CFECGC,
09:57Cyril Chabagné.
09:58Est-ce que ce n'est pas ça un peu la nouveauté ?
10:00C'est de se dire, non seulement on embarque les patrons,
10:03il faut embarquer les partenaires sociaux.
10:04Est-ce que c'est ça l'esprit ?
10:06Eh oui, tous ensemble, on est beaucoup plus forts.
10:08El Ploé Blou, Unido.
10:09Non, j'arrête.
10:11Mais effectivement, c'est vrai que c'est une initiative d'Olivier
10:16et de la CPME, il me semble, au départ.
10:20Et en quelques heures, je dirais même pas 24 heures,
10:23il a réussi à réunir tout l'écosystème.
10:26Et évidemment, on est tous partants.
10:28On est tous partants pour cette alliance
10:30qui a une vocation,
10:34qui est de flécher la commande publique
10:38vers des entreprises qui fabriquent en France.
10:41Voilà, vous rentrez dans le concret, là.
10:42Oui, je suis désolée.
10:43Mais c'est essentiel.
10:44Et on est tous, tous, tous, tous d'accord.
10:47Et peu importe d'où on vient, ce qu'on pense,
10:50sur cette thématique-là,
10:52on ne peut pas ne pas être d'accord
10:53alors que la réindustrialisation,
10:56au moins un thème qui fait consensus,
10:57de droite, de gauche, du centre.
10:59Elle pique un peu du nez.
11:01Olivier Ducatillon,
11:02parce que je ne vois pas oublier le i de votre nom,
11:04vous, en tant que président de l'Union de l'industrie textile,
11:07s'il y a bien un secteur aujourd'hui qui souffre,
11:09on voit des fermetures,
11:10on voit des dépôts de bilan,
11:11on voit des redressements judiciaires,
11:13on voit des boîtes qui ferment
11:14et des salariés qui partent,
11:16parce que, bah, Chine...
11:17Dans une partie du textile,
11:19j'insiste, ça me donne l'occasion de préciser,
11:21c'est que dans le textile,
11:22vous avez l'habillement, certes,
11:23on ne renie pas,
11:24mais il y a 35% qui souffrent terriblement
11:26avec tout ce que vous avez décrit.
11:28Et c'est un constat qui est là
11:31et qu'on ne peut pas éluder.
11:32Et c'est clair que les plateformes chinoises
11:33ont une grande responsabilité
11:35et qu'il faut, là aussi, réagir très fortement.
11:37Mais vous avez aussi 50% de cette industrie textile,
11:40dont personne ne parle,
11:41qui est très peu connue,
11:42qui intervient sur votre santé,
11:44sur le sport,
11:45sur la défense,
11:45sur l'aéronautique.
11:47C'est de l'industrie de haute technologie.
11:49De haute technologie,
11:50mais c'est 50% de notre industrie aujourd'hui.
11:52On en parle peu,
11:53mais c'est des gens qui vont beaucoup mieux
11:55que l'habillement
11:56et qui se portent plutôt pas mal
11:57et qui, surtout, ont su se réinventer.
11:59– Je vais vous poser la question sur l'alliance,
12:01mais puisqu'on est sur le sujet,
12:02vous êtes un expert de ce sujet.
12:03Moi, j'ai une vingtaine d'années,
12:05on nous disait, de toute façon,
12:06l'industrie française ne pourra survivre
12:08que parce qu'elle devient très spécialisée,
12:10de très haut niveau,
12:11de très haute qualité.
12:13Et en lisant des papiers récemment,
12:15je découvrais que les Chinois
12:15étaient aussi devenus très très bons
12:17sur un certain nombre de sujets
12:18de très haute qualité.
12:19On se dit, on est dans l'impasse ou pas, là, Olivier ?
12:22– Je pense qu'il faut qu'on revoie notre logiciel.
12:24C'est-à-dire que si on dit
12:25qu'on ne va faire que de la high-tech,
12:27d'abord, on est dépassé par les Chinois.
12:28Je ne vous fais pas le dessin
12:29sur les voitures électriques, par exemple.
12:31– C'est vrai, c'est vrai.
12:32– Mais il y a plein d'autres…
12:33– Les panneaux solaires.
12:34– Les panneaux solaires, n'en parlons pas.
12:36Et donc, même si on ne voulait faire
12:37que de la haute technologie, quand même,
12:39comment est-ce que vous voulez être souverain,
12:40par exemple, si vous ne faites pas d'acier ?
12:42Comment vous voulez être souverain
12:43si vous n'avez pas la chimie de base ?
12:44Donc, on a une vision qu'on a développée
12:47pendant 40 ans, qui est un peu dans l'impasse,
12:49même qui est beaucoup dans l'impasse,
12:50et qu'il faut revoir.
12:51Et l'une des premières clés, encore une fois,
12:53pour réindustrialiser,
12:54on peut aider des entreprises, c'est bien,
12:56on peut accompagner des formations,
12:58on ne le fait pas assez,
12:59mais il faut des commandes.
13:00On ne produit pas pour produire,
13:01on produit pour vendre.
13:02Et quand on a une commande publique
13:04comme celle de la France,
13:06où on a à peu près 60%
13:08dans la commande publique de biens
13:09qui sont des biens importés,
13:11que l'Italie et l'Allemagne,
13:13qui sont nos voisins,
13:14qui ont les mêmes directives européennes
13:15que notre, eux y sont à 40%,
13:17la différence, c'est 15 milliards d'euros
13:20pour les entreprises françaises.
13:22C'est, dans la situation actuelle,
13:2415 milliards de commandes supplémentaires
13:26qui nous tendent les bras.
13:27C'est le mieux-disant,
13:28on est au mieux-disant financier,
13:30parce qu'en fait, on voit bien l'UGAP,
13:31je pense à l'UGAP,
13:32mais il y a d'autres acheteurs publics,
13:34il n'y a pas que l'UGAP,
13:35qui vont parfois aller plutôt préférer
13:37un produit 30 centimes moins cher
13:40au profit d'un produit français
13:41de 30 centimes plus cher.
13:42C'est culturel, le problème,
13:44c'est que ça a été toujours
13:45le mieux-disant au niveau du prix.
13:47Maintenant, ce qu'on est en train
13:48d'essayer de leur démontrer,
13:49c'est que le prix facial
13:51n'est pas une fin en soi.
13:53Les externalités.
13:54Il y a des externalités,
13:55il y a aussi le fait,
13:56l'impact des retombées directes
13:59et indirectes sur l'économie
14:01et sur les rentrées,
14:03les dépenses publiques,
14:04TVA, charges sociales,
14:06mais aussi tout ce qui peut retomber
14:07sur une chaîne de sous-traitance,
14:09ça représente un chiffre incroyable
14:10et si on tenait compte de ça
14:13dans les bonus-malus
14:15et dans les notes qu'on donne
14:18pour les appels d'offres,
14:20je peux vous dire
14:21qu'il y aurait beaucoup plus
14:22qui se réfléchit plus facilement,
14:23sauf que nos acheteurs
14:24n'osent pas parce qu'ils ont peur
14:26et parce qu'ils veulent être
14:26les meilleurs élèves de la classe
14:28et parce qu'ils sont pénalement responsables.
14:31Vous voulez intervenir rapidement ?
14:32Je donne la parole à Fabienne.
14:33Tout à fait.
14:33Pour dire le même message,
14:35c'est que si les Allemands
14:36et que les Italiens le font,
14:38en fait, ce n'est pas une question
14:40de directive européenne.
14:41C'est des sujets que nous avons,
14:43je dirais, à la maison.
14:44C'est domestique.
14:45C'est lié à une clause pénale
14:46très particulière et très spécifique
14:48qu'on vient d'évoquer.
14:50Et puis surtout,
14:51à une culture de l'achat public
14:53où on a 80 à 90 %
14:55des acheteurs publics
14:56qui sont d'une formation de droit.
14:58Donc, quand on a étudié le droit,
15:00on applique la procédure.
15:01Quand on est un peu plus ingénieur
15:03ou économiste,
15:04on applique aussi la procédure,
15:05il le faut.
15:06Mais on peut avoir une vision plus large
15:07et notamment des emplois,
15:09des richesses qu'on va créer
15:11en achetant du Made in France.
15:13Fabienne, vous avez mis
15:13les pieds dans le plat
15:14au début de l'émission.
15:15Ah ?
15:15Sur la commande publique,
15:16c'est vous qui avez lancé
15:17cette alliance.
15:19Quand je préviens...
15:20Elle est comme ça.
15:21Elle met les pieds dans le plat.
15:22Elle met les pieds dans le plat.
15:22C'est pour ça qu'on l'aime.
15:24Mais ça dépend du plat.
15:25Ça dépend du plat
15:26et de la question.
15:27Mais je me disais
15:28en préparant l'émission,
15:28je voyais vos noms,
15:30Gilles Attaf,
15:30que je connais bien,
15:31Arnaud Montebourg,
15:32Tristan de Witt,
15:33Luanzi,
15:34Chabagné,
15:35Aubry,
15:35bref,
15:35plein de gens formidables.
15:37Qu'est-ce que vous allez faire ?
15:38Vous allez partir en délégation,
15:39vous allez avoir des banderoles,
15:40vous allez faire des sit-in
15:41devant le ministère de l'Industrie.
15:43Moi, ce qui m'intéresse,
15:43c'est comment vous réussissez
15:45à transformer l'ESSEC,
15:46que cette alliance devienne
15:47un outil pour ne pas dire une arme.
15:49Comment on fait ?
15:51C'est ce qu'on fait en ce moment
15:52avec vous.
15:53Je vois que vous nous donnez
15:53aussi plein d'idées.
15:56donc, bienvenue.
15:57L'idée,
15:58c'est de faire de la pédagogie,
16:00notamment auprès,
16:01c'est ce que je voulais dire
16:01tout à l'heure,
16:02justement, Olivier,
16:03c'est de faire de la pédagogie
16:04auprès de ces acheteurs publics
16:06qui, aussi parce qu'ils sont juristes,
16:09qui ne sont pas forcément
16:11au fait
16:13de vraiment connaître
16:14les enjeux qui se jouent
16:16avec le Made in France,
16:17je pense, oui,
16:17en termes notamment d'emploi.
16:20Qui sait, par exemple,
16:21nous, bien sûr,
16:21on le sait, nous, ici,
16:22mais qui sait que
16:23lorsque vous achetez
16:24un produit qui est fabriqué
16:25en France,
16:26vous créez trois fois
16:27plus d'emplois
16:28que lorsque vous achetez
16:29un produit concurrent apporté.
16:31Trois fois plus d'emplois
16:32uniquement immédiats,
16:35plus les emplois induits
16:37liés au service.
16:38Parce que, forcément,
16:40vous avez besoin
16:40d'avocats,
16:41de comptables.
16:42Alors, en rappelant
16:43peut-être quelques chiffres,
16:46en plus, peut-être,
16:47en le faisant peut-être
16:47un peu culpabiliser,
16:49ça, ça ne me dérange pas,
16:50et puis, en montrant,
16:51tu parlais des premiers
16:52de la classe.
16:53Alors, oui,
16:54premiers de la classe
16:54pour respecter ces règles-là,
16:56mais alors, les derniers.
16:59J'étais à une conférence
17:00avec que des directeurs d'achat
17:03de très grandes boîtes.
17:04Vous nous avez enfermés
17:05dans la salle ?
17:06Pas du tout.
17:07Pas du tout.
17:08J'ai simplement écouté
17:09l'une des...
17:12Nous, on intervenait
17:12sur le Made in France,
17:13et en fait,
17:14il y a quelqu'un dans la salle
17:15qui est franco-allemande
17:17et qui faisait toute sa carrière
17:19à la direction de Tchad
17:20de très, très grandes entreprises.
17:22Et elle a dit
17:22« Je suis très, très étonnée.
17:23Depuis que je suis arrivée en France,
17:24c'est le seul pays
17:25à la travailler en Allemagne,
17:26en Italie,
17:27et je crois aussi en Estralien. »
17:29Le seul pays, justement...
17:29Ça manque de patriotisme.
17:31Absolument.
17:31Qui se targue
17:32de faire travailler
17:33des entreprises
17:36d'autres territoires,
17:37alors qu'en Allemagne,
17:38en Italie,
17:39tout en respectant
17:40les règles européennes,
17:42eh bien,
17:42ils chassent en meute.
17:44Bien sûr.
17:44L'exception culturelle française.
17:46Et voilà.
17:47Il nous reste peu de temps,
17:48mais vous avez une vue aussi
17:49de professeur,
17:49et c'est intéressant
17:50parce que vous souriez,
17:51on parle de la concurrence chinoise,
17:52mais on a quand même
17:53des pays plus souverains
17:54et plus patriotes.
17:55Chez nous, en France,
17:56c'est compliqué.
17:56Vous qui observez
17:57la décarbonation
17:58de notre industrie
17:59et de l'industrie en général.
18:00Comment vous l'expliquez,
18:01ce phénomène ?
18:01Alors là,
18:02vous faites rentrer
18:03dans une question
18:03de sociologie
18:04qui est compliquée.
18:05Moi, je préfère avoir
18:06des leviers assez simples
18:08pour faire évoluer
18:09les choses petit à petit.
18:11Belle esquive !
18:11Ah, si vous voulez,
18:12mais je ne suis pas sociologue
18:13non plus.
18:14Non, c'est vrai,
18:14c'est une question très sociologique.
18:15Et vraiment, je veux dire,
18:16là, on parle de la commande publique,
18:17c'est à notre portée.
18:18C'est-à-dire qu'on peut le changer.
18:20On n'a pas besoin
18:21d'aller faire un accord
18:22à 27 avec Bruxelles.
18:23Il suffit qu'on applique
18:24intelligemment les textes
18:25de la loi,
18:26comme le font les Allemands
18:27et comme le font les Italiens.
18:27Vous l'avez dit, Olivier,
18:28pour faire des métaux
18:31ou des voitures
18:32faux de l'acier,
18:32on avait ce débat
18:33sur le textile
18:34puisque le made in France
18:35a quasiment 100%
18:36n'existe pas
18:37puisqu'on n'a plus
18:38les machines à tisser.
18:40On les a encore ?
18:41Ça, c'est encore un mythe.
18:43Ça a été dit,
18:44il y a trop de gens
18:44qui disent
18:45le textile est déjà parti.
18:46Non, on a encore cette chance.
18:47C'est pour ça que
18:48ce n'est pas trop tard
18:49parce qu'on a encore
18:49tous les savoir-faire en France.
18:50J'ai coupé la parole, Olivier.
18:52Non, mais vous alliez me dire
18:53justement,
18:53sur le made in France...
18:55Le made in France,
18:56globalement,
18:56c'est compliqué de dire
18:57qu'on fait 100% made in France
18:58parce qu'on n'a pas...
18:58Mais non,
18:59mais ce n'est pas le but non plus.
19:00Ce n'est pas l'objectif
19:01de dire on va faire 100%.
19:02Je savais que j'avais fait engueuler.
19:04Chaque pourcent
19:04qui est fait en France
19:05c'est une petite victoire.
19:06Donc, il y a l'importance
19:07des chaînes de valeurs.
19:08La chaîne de valeurs,
19:09là où aujourd'hui
19:09il y a zéro
19:10qui est fait sur le territoire,
19:12si demain on arrive
19:12à faire une étape,
19:14deux étapes,
19:15trois étapes,
19:15ça sera une petite victoire.
19:16Et ce qui est important,
19:17vous l'avez dit au début,
19:18vous avez dit concret.
19:19C'est un mot
19:19qui doit qualifier cette alliance.
19:21On n'est pas là
19:21pour faire de la com',
19:22on est là pour prendre
19:24des mesures
19:25et des décisions rapides,
19:27efficaces,
19:27mais sur un laps de temps court
19:30et qui ne coûtera pas à l'État.
19:32Parce qu'on a bien conscience
19:33de la situation de nos finances.
19:34Donc, on n'est pas là
19:35pour dire
19:35il faut dépenser des milliards
19:36et tout ira mieux demain.
19:37C'est le contraire.
19:38On va créer de la richesse.
19:39C'est le contraire.
19:40il y a quand même l'idée aussi
19:43pour les Français
19:44et les consommateurs
19:45je garde bien en tête
19:46que le pouvoir d'achat
19:48est complexe,
19:48de pouvoir aussi faire ce geste
19:50patriote, souverain,
19:51de dire
19:51je vais acheter français.
19:53Deuxième droit de vote.
19:54Voilà.
19:54Deuxième droit de vote.
19:55C'est ça.
19:55C'est le deuxième droit de vote.
19:56Alors, oui.
19:57Je fais ce geste.
19:59Oui.
19:59Un témoignage très concret
20:00sur le salon chaque année
20:02et notamment l'année dernière
20:04de personnes,
20:05je pense à deux femmes modestes
20:08qui avaient un très petit salaire,
20:10le SMIC,
20:11et qui disaient
20:11malgré mon petit salaire,
20:12je viens chaque année
20:13sur le salon
20:14pour acheter
20:15une paire de chaussettes,
20:16une brosse à dents,
20:17un dentifrice,
20:18peu encore.
20:18C'est une contribution.
20:19Parce que je viens du Nord,
20:20j'ai vu ce que faisait
20:21la désindustrialisation.
20:23Voilà.
20:23Et je ne veux pas participer à ça.
20:25Et c'est quelqu'un
20:26qui gagnait moins de 2000 euros
20:27par mois.
20:28Juste,
20:29sans de nouveau
20:30vous prendre au piège
20:30par une question trop sociologique,
20:32on peut la sauver notre industrie
20:33puisqu'on voit quand même
20:34que ce qui est détruit aujourd'hui
20:35est supérieur à ce qui est créé.
20:37C'est les mauvais chiffres
20:38évidemment du dossier
20:39pour la première fois
20:40depuis très longtemps.
20:41On n'a pas le choix.
20:42On n'a pas le choix.
20:42Si on regarde l'industrie
20:43seulement en création
20:44de valeurs ajoutées
20:45et d'emplois,
20:46ce qu'on défend là,
20:47c'est très bien.
20:48Mais si vous n'avez pas
20:49d'industrie,
20:49vous n'avez pas de souveraineté.
20:51Vous voulez laisser
20:52à vos enfants un pays
20:53qui n'a pas la maîtrise
20:54de son destin.
20:55Si vous n'avez pas d'industrie,
20:56vous n'avez pas de cohésion
20:57territoriale.
20:58Parce que vous pouvez mettre
20:59des super services
21:00à haute valeur ajoutée,
21:01des avocats d'affaires,
21:03de la finance
21:04dans les métropoles,
21:05mais vous ferez quoi
21:06des autres territoires ?
21:07Des déserts.
21:08Des déserts.
21:09Alors qu'une belle usine 4.0,
21:11c'est des carrières,
21:12c'est de la technologie,
21:13c'est de l'ouverture
21:13sur le monde
21:14que vous offrez
21:15à ce que j'appelle
21:16les territoires
21:16de sous-préfectures.
21:17Et puis la troisième chose
21:18que fait l'industrie
21:19et qu'on ne met pas
21:20dans nos équations économiques
21:21et c'est dommage,
21:22je suis bien placé
21:23pour le parler,
21:24c'est la question
21:24de l'empreinte environnementale.
21:27Tant qu'on a délocalisé
21:28notre production,
21:29on a aussi délégué
21:30nos pollutions.
21:31Et si on veut réduire
21:32notre empreinte environnementale,
21:33il faut d'abord,
21:34la première chose
21:34pour réduire...
21:35C'est en reprendre la maîtrise,
21:37ça passera par la réindustrialisation.
21:39Mais comme vous l'avez indiqué,
21:40je pense que tout ce taux de la table...
21:41On ne rentre pas
21:41dans le débat des territoires,
21:42parce que tout le monde
21:42veut une industrie,
21:43mais surtout chez le voisin quand même.
21:45Oui, de moins...
21:45Non, ce n'est pas tout à fait vrai.
21:47Sur 2500 dossiers d'usines nouvelles
21:49sur, je crois,
21:50les cinq dernières années,
21:51il y a eu 61 cas
21:53avec un conflit.
21:54Donc effectivement...
21:54Alors on en fait,
21:55on épingle dans les médias.
21:58Et un autre,
21:59un dernier point
21:59sur lequel je souhaite insister,
22:01c'est que là,
22:01vous avez des gens
22:02qui sont fanats du Made in France,
22:04mais on est tout à fait
22:05pour un monde
22:06qui reste ouvert.
22:07On ne veut pas vivre en autonomie.
22:09On veut défendre notre économie,
22:11créer des emplois,
22:12créer de la valeur ajoutée,
22:13assurer notre souveraineté,
22:15mais encore une fois,
22:16dans un monde
22:17qui respire encore.
22:18Fabienne,
22:19dix secondes ?
22:20Alors, juste dix secondes
22:21d'optimisme.
22:22C'est qu'au moins,
22:23le sujet a quand même
22:24fait conscience juste.
22:25On n'a jamais autant parlé
22:26de réindustrialisation
22:27et tous les politiques.
22:29Donc...
22:30Maintenant, il faut passer à l'histoire.
22:32On est là pour ça.
22:33Merci Fabienne Delay,
22:34fondatrice Salon Mif Expo.
22:35Merci à Olivier Ducati-Lyon,
22:37président de l'Union des industries.
22:39Pas facile à prononcer
22:40le I entre les L,
22:41des industries textiles.
22:42Membre du Comex,
22:43CPME,
22:44membre de cette alliance
22:44et évidemment Olivier Duanzi,
22:45membre aussi de cette alliance.
22:46Il y a les partenaires sociaux,
22:48la CFTC,
22:49notamment Cyril Chabani
22:50et François Ombril
22:50de la CFECGC.
22:52Merci à vous.
22:52On tourne une page.
22:53Ce sujet de l'industrie
22:54est un sujet qu'on va traiter
22:55et qu'on va continuer
22:56à traiter sur le plateau
22:57de Smart Job.
22:58On s'intéresse
22:59à notre invité.
23:00C'est Fenêtre sur l'emploi
23:01et je l'accueille tout de suite.
23:15Fenêtre sur l'emploi
23:15pour terminer notre émission
23:17pour parler de l'écart salarial,
23:19un sujet casse-tête en 2026
23:21d'ailleurs pour les DRH
23:22entre les femmes et les hommes.
23:24Et j'accueille Pierre Cesarini
23:25parce que ne perdons pas de temps.
23:26Vous êtes le directeur général
23:27de Stilae.
23:28Alors, j'ai regardé les chiffres.
23:30Vous êtes une licorne.
23:31Vous avez plus d'un million
23:32d'entreprises clientes
23:33pour resituer un tout petit peu
23:34et qu'on comprenne la base de data.
23:368 millions de bulletins de paix
23:37édités par mois
23:38avec 6 000 partenaires.
23:39Bref, vous êtes incontournable.
23:42Et justement,
23:42parce que vous êtes incontournable,
23:44vous possédez des datas brutes
23:46sur l'égalité de salaire
23:48entre les hommes et les femmes.
23:49Ce n'est pas du déclaratif.
23:50Ce n'est pas je gagne tant.
23:51Vous avez les chiffres.
23:52Et vous nous êtes dit,
23:53tiens, on va travailler
23:55sur une étude très approfondie.
23:58Qu'est-ce qui ressort
23:58de votre étude ?
23:59D'abord,
24:00on voit qu'il y a un désavantage
24:01très intéressant
24:02qui s'accumule.
24:03Exactement.
24:04Ça, c'est incroyable.
24:05Qu'est-ce qui se passe concrètement ?
24:06Il y a un écart plus important
24:08contre les femmes et les hommes.
24:09Alors, on va repartir
24:10peut-être de la base.
24:11Alors, partons de la base.
24:11Donc, aujourd'hui, effectivement,
24:13ce qui est tout à fait nouveau
24:14dans ce baromètre,
24:15c'est qu'on a traité
24:167 millions de fiches de paye.
24:18Donc, on est le plus gros,
24:20simple, je ne sais pas
24:21comment dire en français,
24:23pour traiter cette dimension-là.
24:24Et sur ces 7 millions,
24:26ce qu'on est capable de dire,
24:27c'est d'un point de vue moyen,
24:28vous avez à peu près
24:298,47% d'écart salarial
24:32entre les hommes et les femmes.
24:34Alors ça, c'est une valeur moyenne
24:35sur 7 millions de bulletins.
24:37Et après, ce qui est amusant,
24:38c'est que vous avez
24:38des disparités extrêmement importantes
24:41à peu près à tous les niveaux.
24:42L'âge, de toute évidence.
24:45Donc, au début,
24:46sur les premières embauches,
24:47donc pour les moins de 25 ans,
24:48vous avez une disparité
24:49qui est à peu près de 2,5%.
24:51Quand vous montez à plus de 50 ans,
24:53vous arrivez à 15%.
24:55D'accord ?
24:56En Lauser,
24:57les femmes gagnent plus que les hommes.
24:58Mais en Pyrénées-Atlantique,
25:00l'écart est de 38%
25:01entre les hommes et les femmes.
25:03C'est extravagant ce que vous dites.
25:04C'est extravagant.
25:05Mais écoutez, donc on a,
25:06à part avec ce volume-là,
25:07on a toutes ces informations.
25:10Dans les éléments que vous portez
25:11et qui sont des sujets
25:12qu'on a traités sur ce plateau
25:13et qui viennent être éclairés
25:14par votre baromètre,
25:15le temps partiel contraint,
25:172,25 fois plus subi par les femmes.
25:19Bien évidemment.
25:19Voilà, ça c'est votre donnée
25:20et ça c'est vérifié
25:21par d'autres études
25:22qui sont corroborées.
25:23Une entrée dans l'emploi
25:24plus précaire,
25:25ça aussi c'est un élément important,
25:28précarité contractuelle
25:29qui touche davantage,
25:29encore une fois, les femmes.
25:31Donc si vous regardez
25:32à peu près l'impact,
25:33vous avez 3, 4 éléments importants.
25:36Bien évidemment, la maternité
25:37qui a un impact fort
25:38sur la carrière des femmes.
25:40Vous avez également
25:42ce plafond de verre.
25:44Vous avez factuellement
25:44beaucoup moins de femmes
25:45cadre dirigeant
25:46qui augmente
25:47cette disparité de salaire.
25:48Vous avez une plus grande précarité
25:50également chez les femmes
25:51que chez les hommes.
25:52Donc c'est ce cumul d'éléments
25:54qui fait que vous arrivez
25:55à cette valeur moyenne
25:56de 8%,
25:56mais également avec
25:58des écartis très importants.
25:59Entre les territoires
26:00et entre les métiers,
26:01parce que votre étude révèle aussi
26:02par secteur d'activité.
26:04Alors moi, quand j'ai préparé
26:05l'émission,
26:06j'ai été très surpris.
26:07C'est le secteur financier
26:08et l'assurance.
26:0946%.
26:1146%.
26:11Donc là, c'est un message
26:12que vous envoyez évidemment
26:14à vos clients.
26:15J'étais un peu halluciné.
26:16Je pensais que c'était des secteurs
26:17qui pour le coup
26:18étaient très très vigilants.
26:19Non, parce que pourquoi
26:20il y a beaucoup de femmes
26:20qui travaillent sur des emplois
26:21je dirais subalternes ?
26:23Je pense.
26:24Après, c'est le secteur.
26:25J'aurais du mal à vous expliquer.
26:26Il y a un autre élément
26:26que je trouve presque
26:27encore plus surprenant
26:29sur cette étude
26:30qui est la disparité
26:31extrêmement importante
26:32entre les toutes petites sociétés
26:33où vous avez à peu près
26:353% de disparité
26:36et si vous regardez
26:37à une entreprise
26:37qu'on appelle une ETI
26:38c'est-à-dire supérieure
26:39à 250%
26:41vous arrivez à 18%.
26:42Alors que paradoxalement
26:45intuitivement
26:45on pouvait imaginer le contraire.
26:46Donc on sait bien tous
26:47que vous avez cette égalité
26:48homme-femme.
26:49Peut-être la partie
26:50qui m'a le plus surpris
26:51c'est ça.
26:51C'était qu'effectivement
26:52alors qu'une ETI
26:53est censée être plus contrôlée
26:55plus structurée
26:56avoir un directeur
26:57des ressources humaines
26:57qui fait attention
26:58à ce genre de choses
26:59en fait vous avez
27:00une disparité
27:00qui est vraiment extrêmement
27:02plus importante
27:03x6
27:04entre une petite structure
27:05et une grosse structure.
27:06Votre étude
27:07tend le coup aussi
27:07à un certain nombre de choses.
27:08Elle valide
27:09des éléments
27:10qu'on avait en tête
27:11et elle les contredit
27:12à certains égards.
27:13On a comparé
27:13la Lauserre
27:14et les Pyrénées-Atlantiques
27:15c'était plutôt amusant
27:16mais là vous avez aussi
27:17dans le baromètre
27:19un paradoxe
27:19c'est l'accès des femmes
27:21au statut cadre.
27:22Alors on a plutôt tendance
27:23à dire sur ce plateau
27:24que les femmes sont
27:24moins bien traitées.
27:25Là dans votre étude
27:26et votre baromètre
27:27vos datas disent l'inverse.
27:29L'accès au cadre
27:30à la position de cadre
27:31est plus fréquente
27:33chez les femmes
27:34alors pas grand-chose
27:35mais effectivement
27:36elle est plus fréquente
27:37par contre
27:38bien évidemment
27:40vous avez ce plafond de l'air
27:41qui fait que les cadres dirigeants
27:42sont majoritairement des hommes.
27:44Donc on laisse
27:44on permet aux femmes
27:45d'accéder aux postes de cadre
27:47en revanche
27:47là où le chemin reste à faire
27:49et ça ça vous échappe
27:50c'est de leur permettre
27:51d'accéder à des postes de direction.
27:52De toute façon
27:52nous on ne porte pas de jugement
27:54ce qui est intéressant
27:55c'est de pouvoir
27:57transmettre cette information
27:58mais par exemple
27:59si je prends le cas
28:00de SILAE
28:01donc société française
28:02à peu près 450 personnes
28:04donc on est dans ce secteur
28:05des ETI
28:06on va être à peu près
28:07à 5,9%
28:08donc on a vu
28:08on était un peu surpris
28:09on pensait qu'on aurait été
28:10mieux que ça
28:11et donc
28:11à vous de jouer
28:12merci en tout cas
28:13ce qui est intéressant
28:14c'est qu'avoir cette information
28:15va permettre aux entreprises
28:16d'ajuster les choses.
28:18Aller sur le site de SILAE
28:19l'étude est passionnante
28:20et elle est parfois
28:21un peu orthogonale
28:22et disruptive
28:22parce qu'on a des idées
28:24on a des biais
28:24parfois elles sont contredites
28:26ces idées
28:27par les études
28:28de data pure
28:29de SILAE
28:30merci d'être venu
28:30nous rendre visite
28:31cher Pierre Cesarini
28:33directeur général
28:33de cette belle entreprise française
28:35merci à vous
28:36merci de votre fidélité
28:37évidemment
28:38et pour vos messages
28:38et votre accompagnement
28:39merci à l'équipe
28:40merci à Nicolas Juchat
28:41merci aujourd'hui
28:42à Pierre Lou
28:43à la réalisation
28:44et merci à Paul
28:45au son
28:45et je vous dis
28:46à très très bientôt
28:47d'ici là portez-vous bien
28:54Sous-titrage Société Radio-Canada
28:57Sous-titrage Société Radio-Canada
28:58Sous-titrage Société Radio-Canada
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