- il y a 12 heures
Mardi 24 février 2026, retrouvez Hervé Amourda (Économiste, ProBTP Finance et membre de BSI Economics), Thomas Veit (Head of Fixed Income, Senior Portfolio Manager, Spirit Asset Management) et Laurent Deydier (Directeur Général Délégué, Hottinguer Banque Privée) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:05Générique
00:103 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Hervé Amourda est à nos côtés, le responsable de la recherche de ProBTP Finance.
00:17Bonsoir Hervé.
00:18Bonsoir Hervé.
00:18Thomas Vett nous accompagne également.
00:20Bonsoir Thomas.
00:21Bonsoir.
00:21Vous êtes responsable Fixed Income chez Spirit Asset Management.
00:24Et Laurent Dédier est également à nos côtés.
00:26Bonsoir Laurent, vous êtes directeur général délégué chez Ottingre Banque Privée.
00:30Laurent, comment vous regardez ces mouvements de marché ?
00:33Donc l'idée que le thème IA est en train de se disperser,
00:37que l'ensemble du marché est en train de vivre peut-être une rotation assez intense.
00:43Le travail sur l'IA, le travail du marché j'entends, c'est un travail salutaire, nécessaire, même si douloureux.
00:51Ou est-ce que c'est un sujet qui peut amener une crise de marché un peu plus globale que
00:56ce qu'on observe aujourd'hui ?
00:57Je rappelle, les indices restent au sommet, proche de leur sommet historique.
01:02La bonne nouvelle, c'est qu'on a enfin un peu de rotation.
01:04Et ça fait longtemps qu'on attendait un peu de rotation.
01:07Donc ça, c'est la première bonne nouvelle.
01:09Après, est-ce que le marché a raison sur les attaques, par exemple, sur le secteur des softwares,
01:13tout à l'heure cité par Pauline ou par d'autres sujets ?
01:15J'ai envie de dire, on verra, à mon avis, dans quelques trimestres, s'il y a une inflexion dans
01:19les ventes
01:20ou si, au contraire, il y a une accélération ou aucun changement.
01:23Et je pense que secteur par secteur, on pourra un peu trier le bon grain de livret,
01:27mais il est probablement vraiment trop tôt pour utiliser dans une vision court-termiste
01:32ces opportunités ou ces cours déprimés comme des opportunités.
01:38Maintenant, ce que nous, on pense, la bonne nouvelle, c'est qu'aujourd'hui,
01:42cette rotation, elle amène le marché à regarder d'autres secteurs.
01:45On a parlé des financiers en Europe, aujourd'hui, c'est les télécoms, c'est les utilities,
01:49donc les services aux collectivités, qui sont considérés comme des valeurs refuge
01:52parce qu'elles présentent des caractéristiques qui sont normalement difficiles à disrupter.
01:56Est-ce que demain, l'IA va pouvoir remplacer un réseau électrique ?
02:01Probablement pas tout de suite.
02:04Mais on est aussi prudent parce que, quand on cherche des valeurs refuge,
02:07on peut avoir l'exagération dans l'autre sens,
02:09de donner trop de valeurs à des valeurs refuge et d'abandonner les bonnes valeurs.
02:12Donc nous, on garde un équilibre dans nos portefeuilles
02:16et on s'intéresse plutôt à qu'est-ce que l'IA nous dit aujourd'hui.
02:20Je crains qu'un des messages qu'il faille retenir à très court terme,
02:24c'est que c'est un sujet pour les... c'est magnifique,
02:26c'est un sujet pour tous les hyperscalers,
02:28les sociétés qui vivent dans l'écosystème, les industriels, etc.
02:31Mais quand on mesure la réelle volonté d'investissement des small,
02:37des petites et moyennes entreprises aux Etats-Unis,
02:40qui sont très visibles dans la capacité à mesurer le CAPEX
02:43dans un indicateur qui s'appelle le NFIB aux Etats-Unis,
02:48aujourd'hui, je vois aucune accélération des dépenses
02:52des petites et moyennes entreprises sur ce segment.
02:55Donc attention, ne restons pas, entre guillemets,
02:59floutés par une belle image avec une résonance immense
03:03des hyperscalers, mais la réalité, c'est peut-être
03:05que l'économie, elle est quand même légèrement différente.
03:08Puis je rappellerai que ChatGPT, ça existe maintenant
03:11depuis quasiment 4 ans, c'est live.
03:14Je me suis amusé à regarder hier l'évolution des gains
03:17de productivité dans l'économie américaine.
03:19Ça ne fait qu'un temps, quatre ans que la productivité américaine
03:22est en dessous de sa moyenne de 20 ans.
03:24Donc, la démonstration des gains de productivité liés à l'IA
03:28est à venir, elle est probablement possible,
03:32mais elle n'est pas encore aujourd'hui factuellement actée.
03:35Bon, il y a toujours cette idée d'une économie à plusieurs régimes,
03:38à deux régimes au moins peut-être aux Etats-Unis,
03:40on pourra y revenir, mais je reviens sur l'aspect rotation du marché.
03:44C'est une rotation avant tout parce qu'on est content
03:48d'avoir des valeurs refuge, ou citier utilities, télécom, entre autres.
03:53Est-ce qu'il y a derrière cette histoire d'une rotation des fondamentaux
03:56qui laissent entendre que cette rotation peut encore se développer devant nous ?
04:00Est-ce que c'est encore bon marché d'aller sur ces secteurs ?
04:03Est-ce que les perspectives de croissance bénéficiaire de ces secteurs
04:07sont à la hauteur de l'intérêt qu'on leur porte aujourd'hui, Laurent ?
04:10Alors, on ne va pas faire le tour de tous les secteurs,
04:13mais je pense qu'il faut que fondamentalement les auditeurs retiennent
04:16qu'il y a un facteur très important qui soutient l'accélération des marchés,
04:20et cette rotation.
04:21Vous avez au même moment trois stimuli qui évoluent ensemble.
04:27Le monétaire, globalement on a plutôt des banques centrales qui sont accommodantes,
04:30on sait que celle du Brésil a une vision un peu différente,
04:33mais qui devrait baisser ses taux,
04:34et celle du Japon est dans une interrogation,
04:36mais l'ensemble des banques centrales mondiales sont plutôt avec des bilans
04:39qui sont aujourd'hui encore ouverts,
04:42et des taux qui n'ont pas encore eu de tendance haussière.
04:45On verra ce qui se passe avec la Fed dans les prochains trimestres.
04:49Vous avez une relance budgétaire mondiale,
04:51que ce soit l'OBB Act aux Etats-Unis,
04:54que ce soit les plans de relance en Allemagne,
04:55vous avez la même chose au Japon,
04:57donc vous avez une relance budgétaire,
04:59et vous avez aussi une relance et un stimulus
05:02dans les infrastructures au niveau mondial.
05:04Ce qui veut dire que vont converger au même moment
05:07trois vagues, plus ou moins importantes,
05:09d'investissement,
05:10donc d'argent,
05:11qui vont normalement stimuler l'économie réelle,
05:14qui vont générer un multiplicateur économique,
05:16et donc qui devraient,
05:18pour nous investisseurs,
05:20et vos auditeurs passionnés par l'investissement,
05:23générer de l'intérêt,
05:23c'est une accélération de la croissance des bénéfices en 2026.
05:27C'est ce qu'on attend,
05:28c'est ce qu'on observe,
05:29c'est les messages que les entreprises commencent à nous envoyer,
05:31et donc cette rotation,
05:33et entre guillemets,
05:34cet éclatement,
05:35entre guillemets,
05:35de cette hyper consanguinité autour de l'IA,
05:39est plutôt une bonne nouvelle.
05:41On a des relais de performances dans les marchés,
05:43qui commencent à être visibles.
05:44Et après, on peut parler des différents secteurs,
05:46bien évidemment.
05:46Il y a d'autres actifs,
05:47que les seuls actifs tournés vers l'IA,
05:50mais alors,
05:50Goldman Sachs a, je crois,
05:51mis sur pied un nouvel acronyme,
05:53donc c'est HALO,
05:53c'est le Hivi Asset,
05:55on aime les entreprises qui ont des actifs lourds,
05:58beaucoup d'actifs,
05:59télécoms, utilities, etc.
06:00Et low obsolescence,
06:02c'est-à-dire des actifs qui ne peuvent pas se faire disrupter,
06:04comme vous dites rapidement.
06:05Ça, c'est le schéma du moment.
06:08Par exemple,
06:09les sociétés des services aux collectivités
06:10semblent intéressantes aujourd'hui,
06:12parce qu'elles sont une partie de la réponse
06:14pour l'électrification de l'économie,
06:16et donc la powerisation,
06:17si on peut utiliser cet anglicisme,
06:20de data center et donc de l'IA.
06:22Donc quand on voit les capitales marketés,
06:24et donc les annonces auprès des investisseurs,
06:25des sociétés de l'Europe du Sud,
06:27qu'on a eues aujourd'hui,
06:28hier, ces dernières semaines,
06:29c'est plutôt des tendances à l'accélération,
06:31c'est une bonne nouvelle.
06:32Et quand on regarde le prix d'électricité
06:34à peu près partout,
06:35surtout aux États-Unis en tendance,
06:36il accélère, vraiment.
06:38Donc c'est des gens qui vont gagner plus d'argent.
06:40Donc on aime bien ces actifs.
06:42Puis après, nous, on a la conviction,
06:43et je pense qu'elle sera peut-être partagée tout à l'heure
06:45par les équipes,
06:47on est dans un super cycle d'investissement.
06:49Et donc les industriels,
06:51après on peut discuter des industriels,
06:53la partie infrastructure,
06:54la partie équipementie électrique,
06:57la partie aéronautique, défense, etc.
06:59Mais le monde des industriels,
07:01aujourd'hui, est une source d'opportunités très large.
07:03Avec une visibilité historique, peut-être,
07:05dans les carnets de commandes de ces entreprises.
07:07Assez exceptionnelle, effectivement,
07:08pour les secteurs que vous avez cités.
07:10Je reviens à mon thème de l'IA et au marché,
07:13et au risque de marché, bien sûr, Thomas.
07:16Je parle avec vous, notamment, du risque crédit.
07:18Ce n'est pas la première fois qu'on aborde le sujet.
07:20Donc l'IA est devenu un sujet crédit, évidemment.
07:22Les seuls cash flows, y compris ceux des hyperscalers,
07:25ne suffiront pas à couvrir l'ensemble des dépenses de CAPEX
07:28à venir pour les 5, 10 prochaines années, au moins.
07:33Et puis, il y a la question du financement via le secteur privé.
07:37Et donc, on a des petites vigies, comme ça, dans le marché.
07:40Vous entendez peut-être un peu ou beaucoup parler de Bluehall,
07:44qui est une compagnie qui met à disposition des véhicules cotés
07:47qui permettent aux particuliers de s'exposer, justement,
07:50au crédit privé, qui a connu une croissance spectaculaire
07:53au cours de ces dernières années.
07:55Crédit privé qui est lui-même lourdement exposé
07:57au thème de l'IA en général,
07:59et notamment au secteur des softwares.
08:02Bref, il y a quand même un risque qui est en train de se diffuser,
08:05de se disséminer et de tourner dans des marchés
08:08qui ne sont pas forcément des marchés faciles à lire,
08:10des marchés privés.
08:11Et évidemment, tout le monde se demande
08:12quelle est l'ampleur du risque qu'on peut trouver dans ces marchés.
08:15Beaucoup de questions dans cette question.
08:18Non, non, effectivement, c'est un vrai sujet.
08:19On en a déjà parlé ici du sujet crédit pour l'IA.
08:23Là, c'est vrai qu'on peut le splitter un peu en deux
08:25entre, c'est pareil que sur les marches actions,
08:27entre les gros hyperscalers
08:29qui émettent directement sur le marché obligataire.
08:31On pourra reparler après des émissions de Google
08:33qui sont rentrées à 30 milliards sur le début d'année
08:39et les plus petites, les moyennes entreprises
08:44qui émettent plus via la dette privée.
08:46Et dans ce cas-là, il y a plus, effectivement,
08:47le côté software.
08:50Sur la dette privée, on a vu ce qui s'est passé
08:51avec Bluehole, 1,4 milliard qui a dû être liquidé
08:55à cause du retail qui voulait sortir.
08:57C'est le risque quand on ouvre au retail
08:59des fonds de dette privée
09:01avec des fenêtres de liquidité assez fréquentes.
09:04Là, en l'occurrence, ça s'est plutôt bien passé,
09:06la liquidation, puisqu'ils ont vendu ça
09:08à des fonds de pension, des assureurs,
09:11vendus proche du PER, 99,70, je crois,
09:13sur la globalité.
09:14Donc, ça s'est bien passé, mais c'est un vrai risque.
09:17Il y a beaucoup de leviers aussi dans cet environnement.
09:19Donc, de futurs retraits pourraient engendrer
09:22la même chose, voire pire,
09:24si le prix des actifs venait à réellement baisser.
09:28Ça, c'est un premier point.
09:29Et le point, moi, qui m'intéresse le plus
09:31côté crédit, c'est ceux qui émettent
09:33sur le marché obligataire.
09:34Effectivement, vous l'avez dit, les CAPEX,
09:36on estime pour 2026 à peu près 700 milliards
09:39de besoins de CAPEX dans l'IA.
09:42Une partie sera financée avec les free cash flow.
09:44Une grosse partie aussi,
09:45elle sera financée via le marché obligataire.
09:49On voit déjà sur le début d'année l'impact.
09:51Si on prend les émissions en euros, dollars,
09:55GBP et CHF,
09:56les quatre gros marchés d'émissions crédit,
09:58il y a eu 100 milliards sur la tech,
10:01de nouvelles émissions tech.
10:03Ça fait à peu près 7% au global
10:05de ce qui a été émis sur l'ensemble des secteurs.
10:10Un secteur qui vient de zéro quasiment.
10:13Qui vient d'assez bas.
10:14Ce n'est pas un gros émetteur de tech jusqu'à présent.
10:16Non, sur l'indice...
10:17Mais ça représente 7% aujourd'hui des émissions.
10:19Sur le début d'année et ce qui est à peu près en lien
10:21avec le poids du secteur dans l'indice.
10:23D'accord.
10:24L'indice tech, c'est 6,5% du global aggregate corpo.
10:28Donc les émissions crédit,
10:29c'est à peu près...
10:31Les 7% émis, c'est à peu près dans la normale.
10:36Sur les 7% globalement d'indice corpo,
10:39il y a 2% de software, dont 0,60% d'oracle.
10:42D'accord.
10:44Oracle pèse beaucoup aussi dans l'indice,
10:46mais là, c'est en train de se diversifier avec Google
10:49qui viendrait mettre en 3 devises,
10:52dont une obligation à 100 ans.
10:53Oui, en Sterlin.
10:54En Sterlin, exactement.
10:56Qui a rappelé l'émission autrichienne d'il y a 6 ans.
10:59Bien que ce soit complètement différent.
11:01J'ai entendu beaucoup de choses là-dessus aussi.
11:03Moi, je suis assez positif sur ce type d'émission.
11:05Google à 100 ans versus ce qu'on pourrait être...
11:07Vous avez envie d'acheter du 100 ans Google ?
11:09Alors, il faut...
11:10J'ai OK.
11:11Alors, il faut différencier plusieurs choses.
11:13En Sterlin ?
11:14Alors, c'est les 3 questions.
11:17Déjà, le carry est bon.
11:18Il y a plus de 6% de carry sur Google en Sterlin.
11:21Pour moi, vous savez, ma vue sur le Sterlin,
11:22ça fait quelques fois que je vous l'expose.
11:23Je pense que la Banque Centrale Anglaise
11:25va continuer à baisser les taux.
11:26C'est celle qui est le plus en retard des économies développées.
11:28Il y a une prime de risque, en plus, sur les parties longues,
11:30du fait du problème budgétaire, politique.
11:32Donc, le point de courbe, il n'est pas inintéressant.
11:34Et le point super important, à mon sens,
11:36et qu'il ne faut pas négliger,
11:37c'est un point plus technique du marché obligataire.
11:39Ils ont émis un 100 ans, c'est vrai, c'est la maturité,
11:41mais avec un coupon de 6, 6 et quelques.
11:44Oui !
11:44Non, mais ça fait que la duration de cette obligation,
11:46elle est de 17.
11:47Une duration de 17, c'est quoi ?
11:49C'est un 30 ans allemand, un 30 ans UK, pas plus.
11:52Ce n'est pas du 100 ans en termes de sensibilité prix.
11:54Le 100 ans autrichien, c'était de la duration de 99.
11:57Donc là, vous avez une sensibilité au prix qui était extrême,
11:59sans carry, là, on n'y va pas.
12:01D'accord.
12:01Là, une duration de 17...
12:03Il y a un peu de buffer, quand même.
12:04Il y a du buffer et une duration qui est, malgré tout,
12:08l'équivalent d'un 30 ans.
12:09Oui, oui.
12:09Donc...
12:10Non, mais que Google ait eu raison d'émettre ça à 100 ans,
12:12s'il pouvait se le permettre, il n'y a pas de doute.
12:16À voir.
12:17Oui.
12:17Ils auront peut-être des...
12:18Je ne suis pas sûr que le point d'entrée soit idéal,
12:20surtout en Sterling, pour Google.
12:23En euros, je n'aurais pas eu le même discours.
12:24Mais en Sterling, je pense qu'ils auraient pu émettre...
12:28Ils ont émis à plus de 100 points de base sur l'État UK,
12:31qui est déjà sur un niveau de pente, de courbe assez pentue,
12:36avec une BOE qui peut encore baisser les taux.
12:39Mais pour vous, d'un point de vue crédit,
12:40il y a des opportunités, il y a, qui vont intéresser le marché, là.
12:44Bien sûr.
12:45Et on voit encore l'exemple Google, la demande sur ces souches.
12:51Cette fameuse 100 ans, elle a été 10 fois sur souscrite.
12:53Ils ont levé 1 milliard.
12:54Il y avait 10 milliards de demandes.
12:56On voit l'intérêt aujourd'hui du marché et l'appétit pour...
12:59Ça veut dire qu'il y en aura moins pour d'autres ?
13:00Pas forcément.
13:01Les gros...
13:02Ce que ça peut shifter un petit peu aussi,
13:04c'est le rating moyen de l'indice.
13:06Parce que ces gros émetteurs sont très bien notés.
13:09Google, c'est double A.
13:11Et les méta et compagnie, c'est dans la même trempe.
13:14Quand vous avez un indice qui est plus dans le haut du triple B de rating moyen,
13:18d'avoir des grosses émissions sur du singulé ou du double A,
13:23ça va faire monter aussi la qualité de l'indice.
13:26Donc, il peut y avoir un vrai intérêt sur ces souches.
13:28Dans un premier temps, en tout cas.
13:30Hervé, comment vous regardez l'histoire, il y a, d'un point du macro ?
13:32Alors, je reprends ce que disait Laurent tout à l'heure.
13:35La productivité américaine, finalement, est plutôt en dessous de sa moyenne historique,
13:39malgré l'arrivée et l'avènement du GPT depuis bientôt 4 ans maintenant.
13:45Est-ce que le boom est à venir ?
13:47Ou est-ce que c'est plutôt une crise qui est à venir ?
13:49Crise économique ou boom économique que nous réserve l'IA dans les prochaines années ?
13:52Merci.
13:53Merci pour cette question.
13:54Merci d'être venu, Hervé.
13:57Comment botter en touche ?
13:59Non, non, mais moi, je suis tout à fait d'accord avec le fait que,
14:02pour l'instant, on n'a aucun impact de l'IA dans les chiffres de productivité.
14:06Ceci étant, on a eu un point d'inflexion sur la productivité au T2 et au T3 de l'année
14:10dernière.
14:11A priori, on n'a pas encore les chiffres du T4,
14:13mais on devrait avoir plutôt un affaiblissement de la productivité
14:16parce que la croissance a surpris à la baisse pour des raisons un petit peu techniques
14:19et l'emploi s'est relativement stabilisé.
14:22Donc, l'un étant au numérateur et l'autre au dénominateur,
14:24on devrait avoir quelque chose qui ralentit un peu au niveau productivité.
14:28Mais l'ordre de grandeur, c'est quoi ?
14:29J'ai 1,5% de croissance de la productivité, par exemple,
14:31sur une année pleine aux États-Unis en 2025, c'est cet ordre de grandeur ?
14:35Je pense qu'on peut aller sur du 2%, sans chipoter sur les chiffres,
14:39mais globalement, ça pourrait être la norme.
14:41D'ailleurs, je pense qu'en variation annuelle, on est autour de 2%.
14:43Sur le trimestriel annualisé, on doit être autour de 4,9%.
14:46Donc, c'était effectivement très fort sur le T3,
14:48mais voilà, en lissant un peu, on doit être autour de 2%.
14:52L'idée, c'est qu'en fait, cette progression-là de la productivité,
14:57elle vient essentiellement du numérateur.
14:58Elle vient essentiellement de la croissance.
15:01Alors, je n'ai pas envie de dire que c'est totalement décorrélé de l'IA,
15:03parce que dans la croissance, il y a eu de l'investissement,
15:05et quand on regarde à l'intérieur de l'investissement,
15:07dans la comptabilité nationale,
15:09on retrouve les histoires micro que l'on a sur les marchés,
15:12et donc le fort investissement de CapEx sur la tech et sur ce secteur-là.
15:15Donc, l'histoire est liée, l'histoire est là.
15:17Maintenant, ce n'est pas ça les gains de productivité qu'on attend.
15:20Les gains de productivité qu'on attend,
15:21c'est ceux, finalement, qui vont découler de ces investissements-là.
15:25Dans toutes les ruptures technologiques, on parle de courbe en J.
15:28Aujourd'hui, pour moi, on n'est pas encore dans le creux du J.
15:31Donc, il y a d'abord un moment où ça se passe moins bien,
15:33il y a un moment où ça se passe mal, et on ne l'a pas encore vu.
15:35Donc, avant d'avoir les bienfaits de l'IA sur le long terme et sur la croissance,
15:39il va d'abord falloir passer par cette phase-là,
15:41et aujourd'hui, on ne l'a pas.
15:43Donc, est-ce qu'on peut être positif sur l'IA à moyen-long terme ?
15:46Probablement, c'est vrai que c'est une technologie qui a l'air disruptive
15:50et qui pourrait avoir un impact majeur.
15:53On n'a pas de vraie base de comparaison.
15:54Moi, je n'ai pas envie de comparer avec le chemin de fer
15:57ou les autres, la bulle Internet, pardon, l'Internet, l'Internet des objets.
16:02Je ne voulais pas parler de bulle.
16:03L'Internet des objets, etc.
16:04La bulle qui a permis la démocratisation d'Internet.
16:09Mais voilà, je n'ai pas envie de faire de comparaison
16:11parce que, justement, on est dans un cadre un petit peu différent.
16:14Ce qui est important pour savoir, finalement,
16:16l'horizon à partir duquel on aura ces gains de productivité,
16:19c'est de voir le taux d'absorption.
16:20Le taux d'absorption, il est relativement faible.
16:22Il y avait cette fameuse enquête de Microsoft.
16:25C'est quoi le taux d'absorption ?
16:26Le taux d'adoption ?
16:27Alors, d'absorption des entreprises.
16:30D'accord.
16:31Et d'absorption, c'est-à-dire d'utilisation vraiment de la technologie
16:34dans les moyens de production.
16:35D'accord.
16:36Donc, comment est-ce que notre outil productif absorbe cette technologie
16:39pour produire davantage, pour produire mieux, peut-être ?
16:42Et dans ces cas-là, si c'est produire mieux,
16:43ça ne se verra pas dans les chiffres.
16:44Donc, ça, c'est aussi le bémol.
16:46Et quand on regarde ça,
16:48effectivement, il y avait ces chiffres de Microsoft
16:49en fin d'année dernière
16:50qui nous disaient que l'Europe était plutôt bien placée
16:53et la France était très bien placée.
16:5544% des entreprises utilisent l'IA.
16:57Mais quand on regarde dans le détail,
16:58le nombre d'employés à l'intérieur de ces entreprises
17:01qui utilisent vraiment l'IA
17:02ont tombé en dessous de 10%.
17:04Très faible.
17:05Et donc, ça veut dire que ça concerne
17:06des catégories très spécifiques de métiers
17:09qui, certes, quand on est codeur,
17:12quand on programme, quand on est développeur,
17:13on peut comprendre effectivement
17:14qu'il y a une utilité majeure
17:16et qu'il y a un gain de temps
17:17et qu'il y a des vrais gains de productivité.
17:19Pour le reste, aujourd'hui,
17:21ça reste encore accessoire
17:22et donc on a du mal à se projeter sur plus long.
17:24Mais il y a un risque à l'arrivée
17:25qu'effectivement, il y ait une petite partie
17:28du monde du travail qui capte une énorme partie
17:30de la productivité, des gains de productivité
17:33et des bénéfices de l'IA ?
17:34Oui, oui.
17:36Et ça, on commence à le voir.
17:37En fait, on l'a vu au T3 et au T4 aux États-Unis.
17:40Mais on ne l'a pas vu en temps réel.
17:42On l'a vu grâce à la révision de janvier
17:45sur les non-formes payrolls.
17:46Et donc, avec l'enquête démographique
17:48qui a été revue,
17:49moins 1 million de créations nettes d'emplois.
17:51Donc, ça, c'est le chiffre global.
17:53Mais par secteur, on se rend compte
17:55que l'industrie, c'était catastrophique.
17:57Et il y a vraiment eu des destructions d'emplois en net
17:59sur le deuxième semestre de l'année 2025.
18:02Et ça, c'est majeur.
18:03C'est-à-dire que d'un côté,
18:04on a des entreprises qui sont responsables
18:06des gains de croissance et de productivité,
18:08je dirais, mécaniques.
18:09Et en même temps, ce sont des entreprises
18:10qui ont licencié assez fortement.
18:13Donc, cet impact-là, on le voit.
18:16Est-ce que c'est un impact durable ?
18:17Est-ce que c'est une transformation
18:18du marché de l'emploi ?
18:19Je pense qu'on assiste à une transformation
18:21du marché de l'emploi,
18:22mais probablement pas uniquement liée à l'IA.
18:24Je pense que c'est quelque chose
18:25que l'on observe depuis 2020,
18:27sur lequel on travaille beaucoup, d'ailleurs.
18:29Et on se rend compte que l'appariement
18:30offre-demande de travail
18:32et la conception, le rapport que l'on a au travail
18:34a totalement été bouleversé.
18:36Quand on fait ce travail en profondeur,
18:37quel est l'état des lieux que vous dressez
18:39justement du marché du travail américain ?
18:41Est-ce que ce chiffre de création d'emplois
18:44est un peu plus élevé qu'attendu en janvier ?
18:47Est-ce que c'est un chiffre qui peut marquer
18:48le début d'une inflexion ?
18:50Après les fortes révisions de 2025
18:52qui ont montré finalement que l'économie américaine
18:54n'avait pas créé d'emploi l'an dernier,
18:56voire peut-être qu'elle en a détruit
18:58d'une certaine manière,
18:59en tout cas dans une bonne partie des secteurs
19:00et de l'industrie, notamment Hervé.
19:04Est-ce qu'il y a un point d'inflexion là,
19:05peut-être, cyclique devant nous ?
19:07Sur le point de janvier,
19:08il faut vraiment être très très prudent.
19:11D'abord, le BLS nous le dit,
19:12dans l'enquête de janvier,
19:14normalement il y a trois ajustements démographiques
19:15qui sont faits,
19:16notamment un sur le contrôle de la population.
19:18Cette fois-ci en janvier, ça n'a pas eu lieu.
19:20Donc en février,
19:21quand on aura la révision du mois de janvier,
19:22on peut avoir des surprises.
19:23C'est un point, on sait la qualité des péroles.
19:26Nous, on a tendance à le regarder
19:27en lissant sur trois mois.
19:29Et en lissant sur trois mois,
19:30alors certes, on a un léger point d'inflexion,
19:32mais juste pour remettre en face,
19:34on a parlé des révisions sur l'année 2025.
19:36Si on regarde la révision uniquement
19:38du mois de janvier 2025,
19:39on passait à plus 130 et quelques,
19:42à moins 30.
19:43Oui, bien sûr.
19:44C'est un des chiffres les plus révisés au monde,
19:45de toute façon,
19:46ce chiffre de création d'emploi aux États-Unis.
19:47Du mois de janvier.
19:48Sur un seul mois.
19:49Donc c'est vraiment quelque chose de particulier.
19:51Si on regarde plus en détail le marché de l'emploi,
19:54on est dans une situation historique
19:56que l'on n'a jamais vue.
19:57Depuis les années 50,
19:58on n'a jamais connu une situation
19:59où la distance entre le point bas du marché de l'emploi,
20:03sa dégradation et la première récession
20:05étaient aussi longues.
20:07Actuellement, on est à 32 mois à peu près.
20:10La moyenne, c'est 8.
20:11Sans récession.
20:12Sans récession.
20:13Pas 32 mois sans récession.
20:1432 mois sans récession.
20:15La moyenne, c'est 8.
20:16Le max, c'est 15.
20:17Et aujourd'hui, 32.
20:18Donc il se passe quelque chose d'assez inhabituel
20:20de ce point de vue-là.
20:22Votre lecture de l'économie américaine
20:23chez OTAN que banque privée,
20:24c'est qu'il y a quand même une partie
20:25de cette économie qui s'affaiblit
20:28et cette situation va avoir des conséquences
20:30en matière de politique monétaire, par exemple.
20:34Alors, qui s'affaiblit certainement,
20:35mais nous, on n'est pas du tout
20:36dans le catastrophisme vis-à-vis de l'économie américaine
20:40parce qu'on l'analyse aussi
20:41avec différents segments.
20:43Le premier, c'est de se dire que
20:44peut-être que cette économie,
20:46elle a moins besoin de création d'emploi
20:47qu'elle n'en avait besoin par le passé
20:49parce que la structure du marché
20:52ne nécessite pas aujourd'hui
20:53autant de création d'emploi.
20:55La deuxième, et c'est plutôt quand même
20:57une bonne nouvelle,
20:58c'est que si elle était très forte,
21:00on a quand même un choc de l'offre aujourd'hui.
21:02Il n'y a quand même pas beaucoup de salariés
21:03qui sont disponibles.
21:05Sans parler des décisions et des lois
21:06de M. Trump et de son administration
21:08vis-à-vis de l'immigration,
21:10si jamais il y avait beaucoup de création d'emploi
21:12dans les prochaines semaines, mois ou trimestres,
21:14ça nous inquiéterait
21:15parce que ça aurait tout de suite
21:16une corrélation vis-à-vis de l'accélération
21:20des salaires et donc de l'inflation.
21:22Et ça, la Fed, elle n'en a pas du tout envie.
21:24Donc aujourd'hui, si on regarde l'économie américaine,
21:27et je suis d'accord, je partage,
21:30ce n'est pas un phénomène surprenant,
21:33mais elle est d'une résistance,
21:34d'une résilience exceptionnelle.
21:36Je pense qu'il ne faut pas s'inquiéter
21:38outre mesure aujourd'hui
21:39de la trajectoire de la croissance.
21:41Ils sont autour du potentiel,
21:43peut-être un petit peu au-dessus ces derniers temps.
21:45On a un cycle d'investissement majeur
21:47qui va drainer, entre guillemets,
21:49de la croissance en nominale.
21:52Après, la question qu'il va falloir débattre,
21:55peut-être pour fermer la parenthèse,
21:57qui pourrait être immense sur l'IA,
21:59c'est est-ce que tous ces progrès,
22:00ils vont être conservés par le fournisseur ?
22:03Ou est-ce qu'à un moment, à un autre ?
22:05Parce que tout le monde va comprendre
22:06que si tout d'un coup,
22:07vous facturiez 10 heures de travail
22:09pour tel projet,
22:11et qu'après-demain, vous pouvez les facturer,
22:13vous dites c'est 7 et c'est que 3
22:14et l'économie change,
22:16il y a un moment, le client, il va comprendre.
22:18Et donc, il va y avoir un jeu de négociation
22:20qui sera dans un deuxième temps.
22:22C'est quand on verra les marges
22:23de certains fournisseurs,
22:25il y a des clients qui vont taper à la porte
22:26et qui vont dire, on va peut-être tout renégocier
22:27parce que je peux t'arbitrer.
22:30Tu es déflationniste là-derrière.
22:31Je pense qu'il y aura quand même
22:32un sujet déflationniste à moyen terme.
22:34Mais là, on est en train de faire
22:35de la science-fiction finale
22:38à 28, à 29, à 2030.
22:40On a beaucoup de temps de devenir nous
22:41et le marché, il faut rappeler
22:43qu'il est quand même toujours à regarder
22:45sa stratégie d'investissement
22:47par la lorgnette
22:48ou par un tout petit zoom.
22:49C'est quoi le next quarter,
22:51le prochain trimestre, le prochain semestre ?
22:53Se poser des questions sur la trajectoire
22:54du déficit en 27,
22:56de la croissance en 28
22:57ou de l'impact de la productivité en 2029.
23:00Le marché, il n'en a pas grand-chose à faire aujourd'hui.
23:03Il est très réactif au court terme.
23:05Un mot en lien avec la macro,
23:06d'ailleurs, américaine.
23:08Peut-être, Thomas,
23:10comment on explique 25 points de base
23:12de baisse des taux longs
23:13du 10 ans américain
23:14en quelques semaines ?
23:15Je ne dis pas que ça bouge beaucoup
23:16sur les marchés obligataires,
23:18mais quand même une tendance
23:19qu'on a vue s'affirmer
23:22au cours des derniers jours
23:24et des dernières semaines.
23:25Les trois dernières semaines,
23:25la moitié de l'avril, globalement.
23:27On est à 4.30 quasiment.
23:29On est à 4.03.
23:31C'est ça, autour de 4.00.
23:34C'est un mouvement
23:35qu'on n'avait pas vu depuis longtemps,
23:36quand même, je trouve,
23:38sur le marché américain.
23:40On avait eu,
23:41après la forte remontée des taux,
23:43une résurgence liée,
23:46comme sur la partie courte,
23:47plutôt à la politique monétaire,
23:48baisse des taux de la Fed.
23:51Malgré tout, les courbes
23:51s'étaient quand même quantifiées
23:52pendant cette période-là.
23:53Les taux courts avaient baissé assez fort,
23:55les taux longs avaient baissé moins fort.
23:57Et là, effectivement,
23:58ce qu'on voit depuis trois semaines,
23:59on peut qualifier ça
24:01de fly to quality.
24:02Un peu comme on avait avant
24:04toute cette période.
24:04Ça existe encore ?
24:05Sur les taux, alors ?
24:07Là, sur les trois semaines
24:08qu'on vient d'avoir,
24:10c'est l'explication la plus plausible.
24:12Pourquoi ?
24:13Parce que la courbe aussi
24:15s'est raplatie.
24:16Donc, il n'y a pas cet effet.
24:17On pense que les taux vont baisser
24:19plus fort que ce qui est déjà anticipé.
24:21Et quand on regarde la structure
24:22de cette baisse de, globalement,
24:2425 points de base,
24:25c'est 15 points de base de baisse
24:28de prime de terme,
24:29donc, de manière d'incertitude
24:31ou de peur,
24:33et 10 points de base
24:34d'ajustement de politique monétaire.
24:35Donc, le gros de la baisse,
24:37c'est quand même
24:37de la prime de terme.
24:39Et en termes break-even,
24:41taux réels,
24:42c'est pas une grosse baisse
24:44des break-even,
24:45une dizaine de points de base,
24:46une dizaine de points de base
24:47des break-even,
24:48et les taux réels ont suivi.
24:50Donc, c'est vraiment cet aspect
24:51plutôt fly to quality,
24:54achat de valeur refuge,
24:55achat de la dette longue.
24:56Mais, ça veut dire que
24:58quand Donald Trump
25:00réagit immédiatement
25:01comme il l'a fait
25:01à la décision de la Cour suprême
25:03qui invalide une partie
25:04de ses tarifs,
25:05quand il réagit en réinjectant
25:07de l'incertitude tarifaire,
25:08en essayant de remettre
25:09une couche de tarifs,
25:11quand bien même
25:11elle ne serait que temporaire,
25:13le marché décide
25:14que ça ne vaut pas
25:15reconstitution d'une prime de terme.
25:16Alors, le marché
25:17restait très calme là-dessus,
25:18c'est vrai.
25:19Il a plus, pour le moment,
25:21parce que dans ce même temps,
25:22il y a eu le GDP,
25:23il y a eu beaucoup de choses
25:23en même temps.
25:24Toujours là,
25:25on le dit, en l'occurrence,
25:27la croissance un peu inférieure
25:28aux attentes aux Etats-Unis
25:29et, dans la foulée,
25:32la décision de la Cour suprême.
25:33Voilà, donc il y a eu
25:33beaucoup de choses,
25:34le marché a arbitré
25:36entre toutes ces informations
25:37et, pour une fois,
25:38il a choisi
25:39de ne pas attaquer Trump.
25:41Pour combien de temps ?
25:42J'en sais rien,
25:43puisque 4% sur le disant américain,
25:45c'est quand même le bas du range
25:45qu'on a depuis trois ans,
25:46ce 3,80, 4,80.
25:48On arrive sur le bas du range.
25:50Et ce que le marché a acheté,
25:52je pense,
25:53pour que les taux ne remontent pas
25:56sur la partie longue
25:56suite à la décision de Trump
25:57de remettre une couche,
25:59c'est que, finalement,
26:00le fait de remettre une couche
26:02et de conserver la possibilité
26:04de mettre des tarifs,
26:05c'est plutôt bon pour le budget
26:08et pour tout ce qu'il a à financer.
26:09Le marché, au contraire,
26:11s'inquiéterait, à mon avis,
26:12de voir ces 175 milliards
26:14de tarifs encaissés
26:16devoir être remboursés,
26:17ne pas pouvoir être remplacés.
26:19Ce serait quasiment,
26:21selon les études,
26:22entre 0,75 et 1%
26:24de déficit en plus
26:25si c'était complètement abandonné.
26:27Donc ça,
26:27les parties longues de courbe
26:28n'apprécieraient pas.
26:29Pour le moment,
26:30ce n'est pas le sujet
26:31puisque Trump veut remplacer
26:32par d'autres sections.
26:34On verra,
26:34ça va créer de l'incertitude,
26:35clairement,
26:37rien que la section 122
26:38qu'il est en train
26:38de mettre en place.
26:40Comme vous l'avez dit,
26:41il est passé de 10 à 15,
26:42il est revenu à 10 aujourd'hui.
26:44Mais cette section 122,
26:45normalement,
26:46c'est en cas de grave problème
26:47sur la balance des paiements,
26:49pas sur la balance commerciale.
26:50Il y a un an,
26:51il avait déjà essayé
26:52de la mettre en place.
26:52Les avocats de la Maison Blanche
26:53avaient dit
26:54que ce n'est pas le bon argument.
26:56C'est un correctif temporaire,
26:56normalement,
26:57là aussi,
26:57150 jours.
26:58Oui,
26:58c'est 150 jours maximum.
27:00Et il sait très bien
27:00que même si...
27:01Avant une décision du Congrès.
27:02Même si c'est infondé,
27:04parce que potentiellement,
27:05la section 122,
27:05comme il l'évoque,
27:06elle pourrait ne pas être fondée,
27:07le temps que le process judiciaire
27:09se mette en place,
27:10et les 150 jours seront passés.
27:12Donc,
27:13voilà,
27:13maintenant,
27:13il va chercher
27:14à continuer ça.
27:16Est-ce que ça revient
27:17une affaire macro,
27:18cette histoire de tarifs,
27:19ou pas,
27:20Hervé ?
27:20Alors,
27:21c'est avant tout
27:21une affaire politique.
27:23On prend dit
27:24des arguments macro
27:25pour pouvoir justifier,
27:26effectivement,
27:27les tarifs.
27:28Mais clairement,
27:29ça a été clairement dit,
27:30la balance des paiements,
27:31ce n'est pas un sujet...
27:32En réalité,
27:33ce n'est pas du tout
27:34un sujet
27:34depuis qu'on est passé
27:36en change flexible.
27:37Donc,
27:38depuis la fin de l'étalon or,
27:39tout simplement,
27:40cette section 122,
27:41elle avait été créée
27:42exactement pour ça,
27:43pour éviter une forte
27:44dépréciation du dollar.
27:45On a eu une dépréciation
27:46du dollar l'année dernière,
27:47mais on n'est pas
27:48à un niveau du tout...
27:49Pas dans une crise
27:50de balance des paiements.
27:51C'est ça.
27:52Ceci étant,
27:53quand il faudra arbitrer
27:54sur l'argument économique
27:55et la volonté
27:56du président des États-Unis,
27:58je pense que ce sera
27:59moins facile
27:59que la décision
28:01de la Cour suprême,
28:01où là,
28:02il fallait simplement
28:04spécifier que
28:05dans l'article utilisé
28:06dans l'IEPA,
28:07les tarifs
28:08ne faisaient pas partie
28:09des outils utilisables.
28:11Donc voilà,
28:12il va y avoir
28:12un sujet d'interprétation.
28:14Je pense que sur un sujet
28:15déjà très clair,
28:16on était à 6-3
28:17sur la décision
28:18de la Cour suprême.
28:20Donc, je me dis que
28:21déjà, il y a le délai
28:23et même au-delà du délai,
28:24peut-être que ça pourrait
28:25ne pas être invalidé.
28:26J'entends que c'est
28:27une dimension politique
28:28avant tout.
28:29Néanmoins,
28:29ces tarifs,
28:30ils existent.
28:30Il y a une réalité.
28:32Il y a un péage moyen,
28:33un taux effectif moyen
28:34qui a quand même
28:35été multiplié par 5 ou 6
28:36aux États-Unis
28:37depuis que Trump
28:39est revenu au pouvoir.
28:39Il y a donc quand même
28:40un sujet macroéconomique
28:42derrière.
28:43Il devrait y en avoir un.
28:45Pour l'instant,
28:46en tout cas,
28:46depuis l'implémentation
28:48au mois d'avril,
28:48alors certes,
28:49il y a eu le moratoire
28:49de 90 jours.
28:51Donc, ça rajoute du délai,
28:52ça rajoute un petit peu
28:53de bruit dans la transmission
28:54aux prix finaux.
28:56Ce que l'on voit,
28:57c'est que les prix finaux,
28:58aujourd'hui,
28:58l'inflation sous-jacente
28:59de 2,5,
29:01globalement,
29:01il n'y a pas péril
29:02dans la demeure.
29:04Les estimations
29:05exemptées,
29:05donc avant la mise en place
29:07des droits de douane,
29:07quand on simulait
29:09tous les modèles,
29:09etc.,
29:10on arrivait à des impacts
29:11sur l'inflation
29:12autour de 1 point de PIB,
29:14pardon,
29:14pas 1 point de PIB,
29:15autour de 1 point de pourcentage.
29:16Donc, on n'y est pas,
29:17on ne les a pas vus,
29:18ce point de pourcentage.
29:19Ça a probablement été absorbé
29:20dans les marges,
29:21ça a probablement été absorbé
29:22dans les différentes étapes
29:23de la chaîne de valeur,
29:24puisqu'on est sur l'industrie,
29:25l'industrie est très découpée,
29:27très partagée
29:28dans toutes les chaînes de valeur.
29:29C'est très compétitif,
29:30également,
29:31comme secteur.
29:32Donc, voilà,
29:32il y a plein d'explications,
29:34finalement,
29:35au fait qu'on n'ait pas vu
29:36ces impacts-là.
29:37Maintenant,
29:38à moyen-long terme,
29:39on a de bonnes raisons
29:39de penser
29:40que ces tarifs
29:41vont passer,
29:42effectivement,
29:43dans l'économie,
29:44vont être payés
29:45par le consommateur.
29:46Il y a quand même
29:46un bémol.
29:47Sur la décision
29:48de la Cour suprême
29:49de justice,
29:51ils actent le fait
29:52que c'est illégal,
29:53ils ne forcent pas
29:55le gouvernement
29:55à rembourser.
29:56D'autres juridictions
29:58qui auront à se prononcer
29:58sur cet aspect-là.
30:00Et j'ai envie de dire,
30:01malheureusement,
30:02pour le consommateur américain,
30:04les démocrates
30:05se sont emparés du sujet.
30:06Ce qui veut dire
30:07qu'aujourd'hui,
30:08si Donald Trump
30:09veut effectivement
30:10appliquer et rembourser
30:12les droits de douane,
30:13il doit de facto
30:14donner raison
30:15aux démocrates
30:15en pleine année électorale.
30:17Ça me paraît
30:17assez compliqué.
30:19Scott Besson
30:19s'est déjà exprimé dessus
30:21en disant que pour lui,
30:22ça prendrait plusieurs années,
30:23Donald Trump également.
30:24Donc,
30:24ils n'ont pas vraiment
30:25l'intention
30:25d'arriver à cette situation-là.
30:27Pour moi,
30:28ces 175 milliards
30:29pourraient ne jamais
30:30revenir dans la main
30:31des consommateurs.
30:33Ils pourraient revenir
30:34dans la main
30:35de l'importateur direct
30:36parce que là,
30:37il y a une mesure
30:37plus rapide
30:38que la procédure de justice.
30:40On peut aller voir
30:41directement le bureau
30:41des douanes
30:42et demander un remboursement,
30:44notamment sur les six
30:45derniers mois.
30:45La procédure est passée.
30:46que ces remboursements
30:48aillent bien au-delà
30:48des entreprises importatrices
30:50qui feraient la demande
30:51ou qui se mettraient
30:52en litige d'ailleurs
30:52peut-être pour obtenir
30:54réparation.
30:55C'est ça.
30:55Donc,
30:55ça limite l'impact économique.
30:57Comment vous avez pris
30:58avec une logique d'investisseur,
30:59bien sûr,
30:59la décision de la Cour suprême,
31:01ce que ça implique ?
31:02Ce que ça implique aussi
31:03peut-être
31:05du capital
31:07Trump
31:07aujourd'hui ?
31:09Je suis en veux dire
31:10que c'était presque
31:10un non-événement.
31:12Je crois que le marché
31:12était assez préparé
31:13globalement à cette issue.
31:15Le score est plutôt
31:15très surprenant.
31:17On aurait pu imaginer
31:17un poil plus serré.
31:18Je crois que le marché
31:19n'a pas réagi.
31:21Nous,
31:21ce qui,
31:21dans notre boussole
31:22de marché,
31:23nous intéresse,
31:24c'est plutôt
31:26la vision
31:26sino-américaine.
31:28Vous allez avoir
31:29beaucoup de chance.
31:29Dans quelques semaines,
31:30vous allez beaucoup parler
31:31de la rencontre
31:31des deux présidents
31:32à la fin du mois de mars.
31:34Donc,
31:35on s'en rapproche
31:36quand même maintenant
31:36à grande vitesse.
31:38Et ça,
31:38en revanche,
31:38c'est un vrai sujet
31:39parce qu'on sait très bien
31:41qu'il y a énormément
31:42de jeux politiques
31:43et de jeux stratégiques
31:45et géopolitiques
31:46qui sont autour
31:46de cette rencontre,
31:47que ce soit l'IA,
31:49mais ça peut être
31:50bien évidemment Taïwan.
31:51Il y aura beaucoup
31:52de sujets
31:52qu'on peut imaginer.
31:54Je trouve que ça,
31:54c'est plus intéressant.
31:55Mais sinon,
31:56globalement,
31:57je pense que l'administration
31:58Trump n'a pas vraiment
31:59perdu de crédibilité.
32:00Sinon,
32:00le marché aurait envoyé
32:01d'autres messages.
32:01On voit plutôt un dollar
32:02qui est plutôt sage.
32:04Et d'ailleurs,
32:04je crois tout à l'heure,
32:05il était même plutôt
32:05en train de regagner
32:06un tout petit peu
32:07de force contre l'euro,
32:08donc de revenir
32:09au point de départ.
32:10On voit que les tons
32:11sont restés sages
32:11et ils sont plutôt restés
32:12dans une trajectoire.
32:13Il n'y a pas eu
32:14vraiment de révision.
32:14Donc,
32:15je pense que le marché
32:16est quand même aussi
32:16habitué à tous ces événements.
32:20Si on doit se projeter
32:21à des sujets plus
32:22moyen-long terme,
32:24j'ai envie de dire,
32:25Trump et son administration
32:26vont tout faire
32:27pour ne pas vraiment
32:28perdre les élections.
32:29La question qu'on pourrait
32:30se poser si vraiment
32:31j'avais envie de mettre
32:32les pieds dans le poids
32:33violemment,
32:33c'est est-ce que l'élection
32:35aura bien le comme il le veut ?
32:37Là,
32:38on a beaucoup de temps,
32:38on aura l'occasion
32:39d'en reparler,
32:40on aura le temps
32:40de brainstormer.
32:41Mais ça,
32:42c'est un vrai signe
32:43potentiellement un peu noir
32:44pour le marché.
32:45Alors,
32:45le vrai signe noir,
32:46on ne le connaît pas,
32:47donc il arrive quand...
32:48Mais voilà,
32:49ça,
32:49ça peut être un sujet.
32:50Mais sinon,
32:51sur le reste,
32:51en termes de stratégie
32:52d'investissement
32:53et de colonne vertébrale
32:54qu'un investisseur doit avoir,
32:56j'ai envie de dire,
32:56il y a beaucoup de bruit,
32:57mais on voit que la trajectoire
33:00la plus puissante,
33:00c'est celle que je décrivais
33:01tout à l'heure,
33:02c'est que tant qu'on a
33:03de la croissance de bénéfices
33:04et une accélération,
33:06ce n'est pas le moment encore
33:07de quitter le navire.
33:08bien évidemment,
33:09il ne faut pas être
33:09le dernier à le quitter,
33:10mais aujourd'hui,
33:11on est plutôt dans un même temps
33:12où on voit qu'il y a
33:12des révisions à la hausse.
33:14Entre testiques et fondamentaux,
33:15la partie fondamentale
33:17plaide pour être encore...
33:18Voilà,
33:19restons calmes,
33:20essayons de ne pas écouter le bruit
33:21et après,
33:22on se pose des questions
33:23sur deux,
33:23trois sujets dangereux.
33:24Sur votre point
33:24des élections de mi-mandat,
33:26je crois que j'ai vu circuler
33:27des notes de brokers,
33:28alors des brokers américains
33:29qui doivent expliquer
33:30à des clients internationaux,
33:31étrangers,
33:32comment fonctionne
33:33le système politique américain.
33:34Il y a eu un redécoupage.
33:36Non,
33:36le président ne peut pas annuler
33:37ou interdire
33:38les élections de mi-mandat
33:39tout seul.
33:41Ce sont les pouvoirs locaux
33:44qui ont une vue
33:45et une supervision
33:46des outils de vote,
33:48des urnes,
33:48etc.
33:48Il faut tout réexpliquer.
33:50Sauf si les générales des armées
33:51et que les Etats-Unis
33:52sont en conflit ouvert.
33:53Voilà,
33:53on ne va pas le souhaiter
33:54mais ça fait partie
33:55de ces protections.
33:57Bon,
33:57donc l'idée qu'il faut rester investi
33:59avec l'idée de cette rotation,
34:00on redécouvre
34:01un certain nombre de secteurs
34:02et de géographie aussi
34:03peut-être en dehors
34:04de l'épicentre américain,
34:07c'est ça ?
34:07Toujours l'idée ?
34:08La définition pour tout le monde,
34:10globalement,
34:10les marchés de croissance
34:11et de qualité,
34:11c'est en général la croissance,
34:13c'est les Etats-Unis,
34:13c'est le Nasdaq.
34:14Donc quand on a envie
34:15de jouer de la croissance,
34:16folle est aux Etats-Unis.
34:17Quand on veut rejouer
34:18et s'indexer
34:19à une reprise cyclique
34:20et un retournement
34:21de l'investissement
34:21et de la croissance des bénéfices,
34:23je viens de dire
34:23que l'ensemble
34:24des autres marchés mondiaux
34:25sont plus intéressants
34:26que le marché américain,
34:27que ce soit l'Europe,
34:28le Japon et les émergents.
34:30Chacun va un peu trier
34:31son marché
34:32par rapport à ses préconisations
34:33et ses connaissances.
34:35En tout cas,
34:35nous,
34:35on aime beaucoup l'Europe
34:36parce qu'on a une locomotive allemande
34:37mais on s'intéresse aussi
34:38aux émergents
34:39à travers le prisme de l'Inde.
34:41Par exemple,
34:41on avait déjà parlé
34:42qu'il y a un marché
34:43qui est en retard
34:43après une petite performance
34:45voire une vraie sous-performance
34:46l'année dernière.
34:47Il y a des indicateurs
34:48qui laissent à penser
34:48qu'il faut peut-être y retourner.
34:50Oui,
34:50c'est vrai que l'Inde
34:51a été aussi un peu pénalisée
34:54par le fait
34:55qu'on a redécouvert la Chine
34:56comme étant investissable
34:57d'une certaine manière.
34:58On a commencé l'année dernière
34:59avec des tarifs à 50%.
35:00C'est assez mal au début.
35:01Ils ont d'abord pris
35:02un petit chaos.
35:03Dans l'univers crédit,
35:05comment on navigue aujourd'hui
35:06alors que là aussi,
35:08tout est un peu cher.
35:09En tout cas,
35:09tout s'est considérablement
35:10renchéri depuis au moins
35:11trois ans maintenant,
35:12Thomas.
35:13Non,
35:13clairement,
35:13les spreads de crédit,
35:14eux,
35:14n'ont pas bougé.
35:16Ils sont toujours
35:17quasiment au tapis.
35:18300 points de base
35:19sur le high yield
35:20globalement,
35:21euro-dollar.
35:22À peine 100
35:22sur l'investment grade,
35:24euro-dollar.
35:24Donc,
35:24on est sur des niveaux
35:26très bas.
35:26C'est pareil,
35:27il faut essayer de trouver
35:27des relais de caries,
35:30de rendement.
35:31L'émergent,
35:32c'est aussi sur la partie
35:33obligataire crédit,
35:34un relais qui est intéressant.
35:36Avec des devises
35:37qui s'apprécient aussi
35:38dans l'univers émergent,
35:40asiatiques notamment.
35:41Exactement,
35:41et des fondamentaux
35:42qui sont plutôt bons.
35:44à rating équivalent,
35:46vous avez des rendements
35:48proches du high yield
35:49sur de l'émergent,
35:50juste parce que
35:51c'est de l'émergent,
35:52mais avec des fondamentaux
35:53d'endettement
35:54qui sont bien meilleurs,
35:56des bilans bien meilleurs
35:57que des sociétés...
35:59Contre-intuitifs.
36:00Oui,
36:00c'est contre-intuitif.
36:02Les boîtes émergentes
36:02sont quand même mieux gérées
36:03que leurs pairs développés.
36:05Il y a ça,
36:06il y a l'aspect
36:06banque centrale aussi.
36:07Les banques centrales
36:08peuvent encore baisser les taux,
36:09au Brésil notamment.
36:11les taux réels
36:12sont encore bien positifs
36:14dans certaines zones émergentes,
36:16et aussi sectoriellement parlant.
36:19L'Amérique latine,
36:20c'est plutôt tout ce qui est...
36:22La matière première.
36:22La matière première,
36:23c'est plutôt en vogue en ce moment.
36:24L'Asie,
36:25c'est plutôt batterie
36:26et tech,
36:28c'est aussi les fournisseurs
36:30de semis et compagnie.
36:32En plus de ça,
36:33sectoriellement parlant,
36:34c'est des zones
36:34qui sont intéressantes.
36:36Il y a un double pouvoir
36:38diversifiant
36:39à aller dans ces zones-là
36:41aujourd'hui.
36:42Qu'est-ce qui vous intéresse
36:44globalement
36:44chez ProBTP Finance
36:45en matière de logique
36:46d'investissement aujourd'hui ?
36:49Nous,
36:50on est vraiment
36:50sur toutes les classes actives
36:52très vanilles.
36:54Je pense que
36:54ce que l'on regarde
36:56en particulier,
36:56c'est vraiment
36:57les market movers,
36:58les drivers potentiels
36:59pour cette année 2026.
37:00On n'a pas beaucoup parlé
37:02de la Fed,
37:02alors qu'habituellement,
37:03c'est des thèmes
37:03vraiment de l'année.
37:06Et c'est quand même,
37:07je pense,
37:08un sujet
37:08parce que c'est un sujet
37:09qui pourrait impacter
37:10le monétaire.
37:11On parlait des taux,
37:12donc effectivement,
37:13baissier taux,
37:13choisi par Trump,
37:14là-dessus,
37:15il n'y a pas de sujet.
37:16Et parce que, justement,
37:17il croit à des gains
37:18de productivité
37:19et donc le fait
37:20que ça pourrait être
37:21des inflationnistes
37:22et ça libérerait
37:24finalement le chemin
37:24pour baisser les taux,
37:25donc OK,
37:26pour ce sujet.
37:27Il y a aussi un sujet
37:28de baisse,
37:29de réduction
37:29de la taille du bilan
37:30et ça,
37:31ça peut avoir
37:31un impact majeur
37:32sur le marché du repo.
37:34Qui, jusque-là,
37:35allait plutôt bien,
37:36en tout cas jusqu'à
37:37la décision de décembre
37:38de racheter 40 milliards
37:39de T-Bills
37:41jusqu'au mois d'avril au moins
37:42et ensuite de poursuivre
37:43à un rythme plus faible.
37:44Voilà,
37:45c'était un sujet intéressant.
37:47Et moi,
37:47ce que j'aime finalement
37:48dans cette approche,
37:49c'est qu'il y a deux choses.
37:50D'abord,
37:51on a quelque chose
37:52qui est mesurable
37:53de la part de Kevin Warsh,
37:55c'est-à-dire que,
37:55voilà,
37:56sur les baisses de taux,
37:57il y a la productivité.
37:57Si ça ne se réalise pas,
37:59alors il n'y a plus de sujet,
37:59plus de justification
38:00dans son wording,
38:04dans son argumentaire.
38:06Côté taux,
38:07c'est un petit peu
38:07la même chose.
38:08C'est-à-dire que,
38:08lui, son sujet,
38:09ce n'est pas de créer
38:11un choc sur les réserves
38:12et de ne pas de créer
38:13un choc sur le repo
38:14et le marché monétaire.
38:14C'est vraiment d'avoir
38:16un peu ce qu'on a connu
38:18au moment de la crise de 2008,
38:19les opérations twists.
38:20Et donc,
38:21de changer,
38:22finalement,
38:22avoir la duration
38:23du portefeuille de la Fed
38:24qui est réduite
38:25et on passe sur des T-Bills
38:26au lieu d'avoir des...
38:27Ce n'est pas forcément
38:27une réduction
38:28de la quantité du bilan,
38:30c'est plus une modification
38:31de sa composition, peut-être.
38:33Exactement.
38:33Ce qui m'inquiète,
38:34moi, davantage,
38:36c'est que la Fed
38:37et les banques centrales,
38:38d'une manière générale,
38:38des pays développés,
38:39ont souvent été
38:40au secours de la croissance.
38:41On n'a pas de sujet
38:42de croissance en ce moment
38:43parce que la politique budgétaire
38:44est abondante.
38:45On risque de ne pas en avoir
38:46cette année.
38:47Enfin, on pourrait ne pas
38:47en avoir cette année
38:48parce qu'on est en année électorale.
38:50Mais en cas de choc,
38:51on sait que Kevin Warch,
38:52il est farouchement opposé
38:53au quantitative easing.
38:55Et ça, pour moi,
38:56ça fait partie des drivers,
38:58des market movers,
38:59quelque part.
39:00Est-ce que le poudre de la Fed
39:01est en train de disparaître
39:02avec Kevin Warch ?
39:02C'est le sujet.
39:03Bon, on verra.
39:05Réponse dans les prochains épisodes,
39:07je vois déjà que le poudre de la Fed
39:09est toujours là.
39:09Il est capable de changer d'avis
39:10comme de chemise.
39:11Bon, et puis là,
39:1211 personnes à convaincre.
39:13C'est quand même comme ça
39:15que fonctionne encore
39:16la réserve fédérale américaine aujourd'hui.
39:17Merci beaucoup, messieurs.
39:18On sera là pour ce soir.
39:19Hervé Amourda,
39:20Pro BTP Finance,
39:21Thomas Vett,
39:22Spirit Asset Management
39:23et Laurent Dédié,
39:24Ottingre Banque privée.
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