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  • il y a 15 minutes
Mardi 12 mai 2026, retrouvez Thomas Veit (Head of Fixed Income, Senior Portfolio Manager, Spirit Asset Management), Hervé Goulletquer (Senior Economic Advisor, Accuracy) et Vincent Lequertier (Gérant Senior, responsable de l'allocation d'actifs, WeSave) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:093 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Thomas Vett est à nos côtés le responsable du Fixed Income chez Spirit Asset Management.
00:17Bonsoir Thomas.
00:18Bonsoir Grégoire.
00:18Vincent Lequartier nous accompagne, gérant senior et responsable de l'allocation d'actifs de WeSave.
00:23Bonsoir Vincent.
00:24Bonsoir Grégoire.
00:25Et bonsoir Hervé Gouletker à nos côtés également, conseiller économique d'Accuracy.
00:28Bonsoir Hervé.
00:29Bonsoir Grégoire.
00:30Hervé, je dévoile un peu de la discussion qu'on avait avant de prendre l'antenne sur l'inflation américaine,
00:36puisque c'est quand même le chiffre du jour que tout le monde regarde.
00:40Rien ne sert de se casser la tête, comme vous le disiez Hervé.
00:45Les chiffres ne sont pas bons.
00:47Non, ils ne sont pas bons.
00:49Près de 4% sur l'indice d'ensemble, près de 3 sur le noyau dur.
00:54Hors énergie, hors produits alimentaires, on peut les tordre comme on veut.
00:59Ce n'est pas bon.
01:01Et puis si vous regardez même le cœur, en ne le regardant pas sur un an, mais de 3 mois
01:06à 3 mois, on est même au-delà de 3%.
01:08Donc en fait, il y a une réalité qui n'est pas bonne.
01:12Alors, l'énergie, c'est parti.
01:14Les produits alimentaires, par les engrais, par le gaz, ça va suivre.
01:20Donc ça, on le sait.
01:21Il reste le noyau dur.
01:24Dans le noyau dur, il y aura une petite contamination par l'énergie, dans un contexte où les services n
01:33'étaient pas très sages jusqu'à maintenant.
01:36Et donc, ça ne va pas servir à la sagesse des services.
01:40Donc, le constat premier, c'est que ce n'est pas très bon.
01:45Et que le temps que tout ça se normalise, alors en fonction des incertitudes que l'on a sur la
01:50situation géopolitique, ça va prendre plusieurs mois.
01:54La traduction en termes de politique monétaire, si on en cherche une, c'est que pour le moment, c'est
02:00un peu gelé.
02:01Et je pense que le comité de politique monétaire, aujourd'hui, envoie ce message-là.
02:07Alors, ce n'est pas le message du futur président Warch.
02:11Ce n'est pas le message voulu par la Maison-Blanche.
02:14Mais c'est cela.
02:15Si on fait un pas en arrière, tout n'est quand même pas mauvais dans l'histoire de la dynamique
02:20des prix aux États-Unis.
02:21Il faut savoir que les coûts salariaux unitaires, donc en fait, combien on met de travail dans la création de
02:29richesses
02:29et quelle est la dynamique de coût de ce volume de travail que l'on injecte.
02:34En fait, on est aujourd'hui sur une tendance autour de 1,5%.
02:39Donc, en fait, le socle, il est bon.
02:41Et en fait, on voit bien que c'est la périphérie qui n'est pas bonne.
02:44Alors, la périphérie, on peut regarder du côté, on en a parlé, l'énergie, les produits alimentaires.
02:49Il faut aussi regarder du côté des profits par unité produite.
02:53Parce que si tout est sage et que les prix ont tendance à vagabonder au-delà des coûts,
02:59ça fait se poser une question sur les profits.
03:03Et moi, j'ai quand même envie de dire que du côté du marché,
03:08alors soit on privilégie une approche action en se disant, finalement, les profits unitaires, c'est bien,
03:14soit on privilégie une approche taux et en se disant, tout ça, ce n'est pas très bien,
03:18ça fait un peu de l'attention qu'on observe aujourd'hui.
03:20Et en fait, il va falloir trouver le juste milieu entre les deux.
03:24Pour le moment, on ne l'a pas, c'est tout à fait clair,
03:27sachant que sur les profits, en plus, il y a à boire et à manger.
03:30Très bon ici, honorable seulement ailleurs.
03:34Mais je pense que le message à retenir, au-delà de l'embarras,
03:38c'est que le volontarisme d'assouplissement de la politique monétaire,
03:45aujourd'hui, il est compromis.
03:47Oui.
03:47Est-ce qu'on en est juste à dépricer des baisses de taux aux Etats-Unis, Thomas ?
03:52Ou est-ce que, partant de la situation qu'on constate,
03:56il va falloir se demander si le prochain mouvement ne sera pas aussi un mouvement à la hausse ?
04:01Quand je dis aussi, parce que d'autres banques centrales sont déjà reparties dans des mouvements à la hausse.
04:05Alors, l'Australie, le Japon est peut-être un cas à part,
04:08mais la Banque Centrale Européenne, sans doute, dès le mois de juin,
04:12et peut-être également la Banque d'Angleterre.
04:13Tout à fait.
04:16Les US étaient un petit peu, la Fed était un peu la seule Banque Centrale
04:20où les anticipations étaient passées de baisses de taux sur l'année à un statu quo.
04:27On voit que depuis la séance d'aujourd'hui et le chiffre d'inflation,
04:30on s'attend maintenant quand même potentiellement à des hausses de taux,
04:34ou à une hausse de taux, pas à horizon 2026,
04:37sur un horizon plutôt un an, un an et demi.
04:39Le prochain mouvement pourrait être une hausse de taux.
04:42Voilà, c'est juste une tendance.
04:44Mais sacré changement quand même par rapport aux anticipations de début d'année.
04:47Dépriser des baisses de taux, ce n'est pas facile.
04:49Et se mettre à pricer une prochaine hausse de taux, aussi lointaine soit-elle,
04:53ce n'est pas non plus évident.
04:54Il y a eu quand même un choc extraordinaire.
04:55Donc, les marchés réagissent.
04:58Ils ont réagi très fort en zone euro.
05:01Là, on est sur plus de trois hausses de taux pricées jusqu'à la fin de l'année.
05:05En zone euro, on est revenu à plus de trois hausses de taux pricées.
05:08Au UK, pour la BO, c'est la même chose.
05:10Plus de trois hausses pricées jusqu'à la fin d'année.
05:12Donc, les marchés réagissent assez vite.
05:14Aux US, je trouve qu'ils sont encore assez, pas complaisants, mais plus tendres.
05:20Il y a des raisons.
05:22Les US aussi sont un peu moins impactés par les prix de l'énergie que ce qu'on peut l
05:25'être en zone euro.
05:26Ils sont exportateurs nets, on est importateurs.
05:29Et Kevin Warch.
05:31Kevin Warch qui a une doctrine qu'on connaît, plutôt sur les baisses de taux, réduction de bilan.
05:36Je pense que le dernier FOMC, plus ce qui est en train de se passer en ce moment sur l
05:42'inflation
05:43et même sur l'emploi.
05:44Les derniers chiffres de l'emploi étaient plutôt corrects.
05:46Les deux dernières lectures étaient plutôt corrects.
05:48Ce n'est pas un effondrement.
05:49Ce n'est pas un effondrement.
05:51Ce n'est plutôt pas mal pour Warch pour débuter sans faire ce qu'il avait vraiment envie de faire.
05:57Il va pouvoir se conformer au comité en disant,
06:00vous voyez, j'ai des vraies raisons pour maintenir les taux pour le moment
06:04et attendre soit un revirement sur le marché de l'emploi un peu plus tard dans l'année,
06:08soit une accalmie sur les prix de l'énergie liés au déblocage du étroit d'or.
06:13La situation en Iran pour baisser les taux plus tard dans l'année.
06:17Mais pour le moment, il a plutôt facile de dire statu quo.
06:21Il s'achète une crédibilité à moindre coût.
06:24Il va pouvoir s'acheter une crédibilité à moindre coût parce que c'est là que le marché l'attendait.
06:28Il va falloir qu'il démontre sa crédibilité à la tête de la Fed.
06:32C'est beaucoup plus simple aujourd'hui avec les données macro,
06:35plus le conflit états-unis-iran.
06:38Cette histoire d'inflation, Vincent, avec la mémoire évidemment du choc de 2022.
06:46On a beaucoup expliqué que les situations étaient différentes,
06:48les points de départ étaient différents.
06:51Reste que quand l'inflation énergétique commence à s'élever et se diffuser,
06:58quand l'inflation pénètre le cœur,
07:00c'est compliqué quand même de revenir vite en arrière.
07:03C'est compliqué quand on n'a qu'un seul mandat.
07:05Quand on en a deux, c'est plus facile à gérer, à piloter.
07:09D'où le fait que le marché anticipe moins de restrictions du côté de la Fed aujourd'hui.
07:14Quand Hervé parlait tout à l'heure de coût de production qui restait maîtrisé,
07:19ça sous-entend productivité, ça sous-entend qu'on rentre dans le schéma de Warch,
07:25c'est-à-dire qu'on a potentiellement une certaine justification
07:28à en tout cas ne pas être dure et à pouvoir potentiellement derrière être même de nouveau accommodant.
07:34Juste précision, coût de production maîtrisé,
07:36par rapport au prix qu'on voit en hausse de quasiment 4% sur un an,
07:40ça veut dire qu'aujourd'hui les prix vont plus vite que les salaires.
07:42Ça veut dire que le salaire réel, qui avait quand même regagné,
07:45repris de la hauteur depuis un an,
07:47là en deux mois, il est en train de revenir à zéro.
07:53C'est ça que ça veut dire, coût de production maîtrisé.
07:56Bien sûr, bien sûr, mais on reste globalement dans une situation
07:59où il n'y a pas d'effet de second tour, ça ne se voit pas sur les salaires,
08:02vu que les salaires ont tendance à avoir une dynamique plus faible que celle de l'inflation.
08:07Donc derrière, si vous rentrez dans le schéma,
08:10l'intelligence artificielle va bel et bien ajouter de la productivité dans le système,
08:17graduellement, et les entreprises américaines sont a priori les premières à devoir en profiter,
08:22vu que vous êtes, entre guillemets, dans le cœur du moteur.
08:26Donc vous avez plus facilement une justification à ne pas remonter les taux,
08:30contrairement à d'autres banques centrales,
08:32donc à reporter plutôt à 2027, on ne sait pas quand exactement, les futures baisses de taux.
08:39Donc ensuite, l'avantage pour Warch, c'est effectivement de se donner du temps,
08:43quelques mois, pour essayer de convaincre les deux, trois dissidents
08:48qu'on a eus sur la dernière réunion, qui disaient, non, non, il faut,
08:52le biais ne doit pas être accommodant, il faut revenir à quelque chose d'un peu plus équilibré,
08:57voire même dur, donc qui va se donner un petit peu de temps pour les convaincre.
09:02La seule question, c'est de savoir quelle va être la pression que Trump va lui mettre,
09:06sachant qu'il y a les élections en fin d'année.
09:09Donc il faudrait quand même que les choses s'apaisent au niveau énergétique.
09:14Quand on regarde la situation dans le Golfe, c'est un peu compliqué,
09:17mais ça ne donne pas pour autant l'impression de vouloir escalader de nouveau.
09:22On est plutôt dans une situation où les deux belligérants
09:25ne sont pas d'accord sur le point d'entente,
09:31mais n'ont pas forcément envie de redémarrer un conflit actif.
09:37Et Hormuz n'est toujours pas ouvert.
09:39Enfin, j'allais dire, il n'y a presque que ça qui compte pour les marchés, d'une certaine manière.
09:44Oui, on est en train, si on est bel et bien dans ce qu'on peut voir en Inde,
09:47par exemple, avec des autorestrictions qui sont en train de s'imposer,
09:51ça veut dire que la demande, la consommation finale de pétrole va décliner,
09:58et donc l'équilibre offre-demande, même s'il vous manque de l'offre de pétrole,
10:02la demande est en train de s'ajuster.
10:04Donc au final, est-ce que c'est si grave que ça de voir que le D3 ne tourne pas
10:11?
10:12Si la demande s'est ajustée de 7%, ce n'est pas très grave s'il y a moins de
10:167% d'offres qui manquent.
10:19Je vous laisse la parole, Hervé, mais c'est le chiffre que Sébastien Lincornu a communiqué aujourd'hui,
10:23donc sur l'exécution budgétaire du mois de mai, je crois, ou d'avril, et puis les premières semaines de
10:30mai,
10:31sur les 10 premiers jours du mois de mai, Sébastien Lincornu nous dit que la consommation de carburant s'est
10:35effondrée de 30%.
10:37Le chiffre m'a paru vertigine.
10:40Mais il faut, enfin, il y a deux choses, il y a l'ajustement comptable,
10:46et puis après, il y a la réalité physique du marché.
10:49L'ajustement comptable, si on se dit que la demande va s'ajuster à un prix plus élevé,
10:56dans ce cas-là, il faut que l'on revoie tout, il y aura moins de croissance économique,
11:00il y aura moins de profit, et pour le moment, on n'a pas bien intégré cela.
11:05Et puis, la réalité physique du marché du pétrole, c'est qu'aujourd'hui, on consomme des stocks,
11:12bon, ça ne sera pas éternel, aujourd'hui, on a eu quand même un soutien assez important
11:18par les exportations de pétrole américain, de pétrole et de produits,
11:24avec la driving season, comme on dit là-bas, la capacité d'exporter va être moins bonne,
11:30les Chinois qui avaient plein de stocks, ils ont moins importé,
11:34donc ça a permis aussi de faire que la tension sur les prix soit moins forte,
11:38mais ça, c'est un phénomène qui n'est pas durable, donc en fait, on a peut-être quelques petites
11:43semaines
11:44face à nous pour régler une question dont on sait, par ailleurs, qu'on ne sait pas comment faire.
11:51Et donc, en fait, on est face à un conflit qu'on pensait court,
11:55on pense toujours que les guerres seront courtes, d'abord, et puis en fait, qui est en train de s
11:59'éterniser.
12:01Alors, est-ce qu'on va aller vers la paix ? On ne sait pas.
12:03Est-ce qu'on va aller vers un conflit gelé ? C'est possible,
12:06mais un conflit gelé qui laisse le détroit fermé, c'est embêtant.
12:11Et comment ouvrir le détroit sans repartir vers une approche guerrière ?
12:18Et donc là, on est quand même un peu dans un corner dans cette histoire.
12:23Je pense qu'il ne faut pas, en première analyse, à mon avis, avoir un scénario sympa.
12:34Oui, il ne faut pas être aveugle sur ce qui se passe.
12:38Quand vous dites que la demande s'ajuste, Vincent, là aussi, ça veut dire que très vite,
12:43ou à un certain stade, le risque inflationniste va devenir un risque économique,
12:48un risque sur l'activité, et donc plutôt une baisse d'activité qui va l'emporter
12:54face à un risque inflationniste persistant, durable.
12:58Je pense que, comme d'habitude, les pays riches ou des pays qui ont envie de se donner
13:05la capacité de continuer de produire, paieront le prix cher pour le produit,
13:10et vous aurez un certain nombre de pays ou de zones, d'activités ou de secteurs
13:15qui, eux, resteront sur le côté.
13:17C'est ce qu'on a vu en Asie dès le départ.
13:20Je pense que ça va être, de nouveau, très inégalitaire.
13:23Je pense que le cas qu'on observe aux États-Unis, vous pouvez le translater sur le reste du monde.
13:34Je pense que c'est exactement la même chose.
13:36Mais au final, si vous avez bel et bien une baisse de demande qui se fait sur ces produits,
13:43est-ce qu'on est dans une situation qui reste très inflationniste ?
13:46Ce n'est pas si sûr que ça. Il y aura des neutralisations qui vont se produire.
13:50Et dans cette idée-là, Thomas, vous évoquiez les anticipations que le marché a
13:54vis-à-vis de la Banque Centrale Européenne ou de la Banque d'Angleterre.
13:57Trois plus, trois hausses de taux au moins cette année pour la Banque Centrale Européenne.
14:01C'est-à-dire, si on n'en a qu'une ou deux, ce sera donc un moindre mal, alors
14:04?
14:04Ça sera un moindre mal.
14:06Et de toute façon, pour gérer la crédibilité qu'elles doivent conserver,
14:10après tout ce qu'elles ont dit, il va falloir agir.
14:12Les chiffres d'inflation ne sont pas bons, aux Etats-Unis, on l'a vu.
14:17En Europe, ça monte également.
14:19Peut-être un petit peu moins fort dans un premier temps, mais c'est en train de monter aussi.
14:23Pour garder de la crédibilité, la hausse au mois de juin, elle est quasi actée.
14:28Après, est-ce qu'ils iront plus loin ?
14:30Ça reste à voir, mais pour le moment, c'est un discours qui est assez dur.
14:34Depuis le début du conflit, le lendemain ou la semaine après le début du conflit,
14:39et Christine Lagarde a été assez dure dans les paroles tout de suite.
14:43Le discours, c'est un peu équilibré par la suite.
14:45Peut-être pour éviter les critiques de 2021 sur l'effet transitoire de l'inflation.
14:51Peut-être aussi pour gérer...
14:52On n'hésitera pas, voilà ce qu'elle disait.
14:54Le langage permet aussi de gérer les anticipations de marché
14:59sans avoir à monter les taux et à agir plus directement sur le consommateur
15:04ou sur l'activité économique.
15:06Donc, je pense que c'est un petit peu l'enjeu aujourd'hui.
15:09C'est d'être assez dur dans les paroles, de garder de la crédibilité quand même
15:12en agissant, mais en faisant les choses de manière intelligente
15:15parce que la situation économique, elle n'a rien à voir avec celle de 2021.
15:18Au niveau du marché de l'emploi, à plein de niveaux.
15:22Même dit au départ, on en a discuté tout à l'heure, c'est plus la même histoire.
15:25Vous évoquiez également la Banque d'Angleterre.
15:28Le marché attend peut-être trois hausses de taux de la Banque d'Angleterre,
15:30qui est une des banques centrales qui n'est même pas allée au bout de sa normalisation post-choc inflationniste
15:37ukrainien.
15:38Thomas, on pourrait avoir une Banque d'Angleterre qui se mettrait à monter, remonter les taux
15:42en pleine crise politique dans le pays ?
15:45C'est le sujet du jour, c'est le sujet brûlant.
15:48C'est ce qui bouge aujourd'hui.
15:49C'est deux sujets différents, le sujet politique et le sujet Banque centrale.
15:54On va évoquer les deux.
15:57Sur le premier, sur le sujet Banque centrale, effectivement, le marché est assez dur aussi avec le UK.
16:06Comme vous le disiez, on est à 3,75 sur les taux UK, les taux directeurs.
16:10Directeurs ?
16:10Directeurs, bien sûr, on en parlera tout à l'heure.
16:13Mais les taux directeurs à 3,75, le taux neutre sur cette zone, il est autour de 3,25 peut
16:20-être.
16:20Donc on avait encore 50 à 75 points de base d'assouplissement possible pour revenir au taux neutre.
16:25On n'y était pas encore.
16:26Et là, c'est sûr que la guerre en Iran remet une épine dans le pied de la BOE,
16:30qui est dans une situation extrêmement complexe,
16:33parce que le taux de chômage remonte assez fortement en Grande-Bretagne,
16:37ce qui n'est pas le cas en zone euro pour le moment.
16:39On est passé de 3,5% de chômage à quasiment 5% en quelques années.
16:46Le moral des consommateurs, il est très bas.
16:50On a eu les retail sales qui sont tombés tout à l'heure en négatif.
16:53La situation, elle est quand même assez compliquée.
16:56Sur un niveau de taux qui est déjà au-dessus du...
17:01Le taux directeur, ce n'est pas stratosphérique, je pense.
17:03Le taux directeur, ce n'est pas encore stratosphérique,
17:04mais si on remonte trois fois les taux directeurs,
17:07on sera quasiment à peu de choses près au même niveau
17:10que le pic inflationniste de 2022.
17:12Et les marchés, par contre, eux, les taux marchés sont vraiment très hauts.
17:16Et avec ce qui s'est passé aujourd'hui au UK,
17:19ils sont vraiment très hauts.
17:20Le 10 ans à 5,10, le 30 ans à 5,80, quasiment à 6%.
17:26À nuancer quand même, je mettrai une nuance aussi sur la séance d'aujourd'hui,
17:31les taux montent partout aujourd'hui.
17:33Les taux de 10 ans au UK montent de 10 points de base,
17:36le taux de 10 ans au Italien monte de 9 points de base.
17:39Les taux de 2 ans au UK montent de 9 points de base,
17:42le taux de 10 ans de 10 points de base.
17:43Donc quand on a un vrai choc politique,
17:47comme on a déjà eu avec l'E-Stress ou même plusieurs fois avec Kirstarmer,
17:51c'est les parties longues qui se font fortement impacter.
17:53Là, c'est toute la courbe.
17:54Donc le gros du mouvement d'aujourd'hui,
17:56c'est quand même un repricing des hausses de taux,
17:59un repricing inflationniste généralisé,
18:02avec de surcroît pour le UK,
18:04cette petite prime en plus qui s'ajoute.
18:07Mais ne pas oublier aussi que par rapport à l'E-Stress,
18:09qu'on faisait le parallèle aussi,
18:10et on peut faire le parallèle entre l'E-Stress et ce qui est en train de se passer,
18:13l'E-Stress, de septembre à octobre 2022,
18:17les taux de 2 ans et 10 ans étaient à 2%,
18:19ils sont montés à 4,5%.
18:21250 points de base en un mois et demi.
18:23C'est la vitesse du mouvement.
18:24La vitesse du mouvement, on partait de plus bas,
18:26et la vitesse du mouvement était très forte.
18:28Le 2 ans, et le 10 ans est à 4,5%.
18:30Aujourd'hui, on en est où ?
18:31Le 2 ans est au même niveau quand l'E-Stress est parti, à 4,5%.
18:34Le 10 ans, il est à 5,10%.
18:35Donc ce risque politique,
18:37il est quand même déjà en grande partie dans les cours.
18:40Même si Kerstarmer venait à sortir à un moment donné,
18:44ça pourrait chahuter encore un petit peu,
18:46mais à 5,10% sur le 10 ans, à 5,80% sur le 30 ans...
18:48On intègre quand même beaucoup de choses.
18:52C'est un marché que j'aimais bien.
18:53Ça a marché que j'aime bien, je suis acheteur déjà sur des niveaux un petit peu plus bas.
18:57Sur les niveaux-là, je trouve que c'est vraiment intéressant à tout niveau.
19:00Bon, qu'est-ce qu'il y a d'intéressant à retenir de ce qui se passe au Royaume-Uni
19:04?
19:04Il y a toujours des choses intéressantes à retenir de ce qui se passe au Royaume-Uni, Hervé ?
19:07C'est une vraie leçon de choses, voire même une morale.
19:12La morale, elle est économique.
19:15C'est-à-dire que depuis 11 ans maintenant,
19:19depuis le référendum...
19:2116, oui c'est ça.
19:2310 ans, pas 11, 11, 10.
19:26Vous avez raison.
19:27Depuis 10 ans, bon, finalement,
19:30le Royaume-Uni a perdu sa boussole économique.
19:34Aller se priver de son principal marché à l'exportation,
19:39de son principal partenaire commercial,
19:42c'est vrai que c'est un non-sens.
19:44On a perdu 5 points, 8 points de PIB dans cette histoire,
19:49on n'en sait rien.
19:50Donc c'est un pays qui a un problème de niveau de vie, si j'ose dire,
19:55de manque de croissance,
19:56qui n'a pas de stratégie pour remplacer l'accroche à l'Europe.
20:02Donc ça, c'est pas bon.
20:04Politiquement, il y a 3 points.
20:06Il y a le même point que partout ailleurs en Occident,
20:09c'est-à-dire que les politiciens sont rejetés,
20:13ceux au pouvoir ne sont pas aimés.
20:16Ça ne sert pas à faire un mandat.
20:18Et là-dessus, vient se greffer deux choses.
20:22La première chose, c'est qu'en fait,
20:29électoralement, le système britannique,
20:31à un tour, est fait pour le bipartisme.
20:34C'est-à-dire, il y en a un qui gagne, il y en a un qui perd.
20:36Celui qui gagne, il n'y a peut-être pas 50%, mais pas loin de 50%.
20:40Donc, au-delà du nombre de députés majoritaires à la Chambre,
20:45il a une légitimité par le score qu'il a fait.
20:49Il ne faut pas oublier que Starmer, il a été élu avec 33%, je crois,
20:54aux dernières élections.
20:55Il a une majorité écrasante aux communes,
20:58mais n'empêche qu'il n'a que 33%.
21:00Et aujourd'hui, le prochain, il va être majoritaire avec quel poids dans l'électorat.
21:06Donc, en fait, la règle électorale, elle ne vaut plus.
21:11Et donc, il faut faire attention à cela.
21:13Et le deuxième point, qui est un peu dans le sillage des deux premiers,
21:18c'est que les tauris, les conservateurs ont été sanctionnés, et c'est normal.
21:25On a donné la main aux travaillistes, et il y a une impatience de la population
21:30qui fait qu'il n'y a pas aujourd'hui de retour du vote pour les travaillistes,
21:35du changement de gouvernement, et donc on n'est pas content.
21:38Donc, la situation politique est grave, dans un contexte économique qui n'est pas facile.
21:43Trouver une porte de sortie, avec en plus le contexte international que l'on connaît,
21:48non, hélas, les Britanniques ne sont pas bien.
21:51Ce n'est pas une bonne nouvelle pour eux, et il ne faut pas se tromper.
21:54L'égard au poids du Royaume-Uni dans notre environnement européen,
21:59c'est une mauvaise nouvelle pour tout le monde.
22:01Vincent, le marché britannique, il présente quand même de l'intérêt,
22:05la code britannique présente de l'intérêt,
22:07ou est-ce que quand vous voyez le développement d'une nouvelle crise politique
22:11moins de 4 ans après l'E-Strauss, vous dites qu'il y a de mieux à faire ?
22:16Il y a beaucoup de matières premières dans les indices,
22:19donc en conjoncturel en tout cas, c'est intéressant.
22:23En diversification, moi je trouve qu'on peut trouver à peu près le même type de société
22:27dans le reste de l'Europe sans prendre le risque de change.
22:30Le risque de change, on est en train de voir la livre sterling redécrocher
22:34du fait des événements politiques en cours.
22:36Donc je ne suis pas sûr que s'il faille investir en Angleterre,
22:40il faille prendre en plus le risque de change.
22:41Ça risque d'être négatif.
22:44Risque de change signifie aussi importation d'inflation, potentiellement.
22:49Donc la problématique des taux d'intérêt,
22:52elle peut être renforcée par ce genre de dynamique.
22:55Donc je dirais qu'à part la motivation matière première,
23:01je ne suis pas très chaud sur le Royaume-Uni à l'heure actuelle,
23:05et je pense que les matières premières,
23:06on peut en trouver ailleurs dans le monde,
23:08sans trop de difficultés.
23:11Donc ce n'est pas un must-have imminent en ce qui me concerne.
23:15Il n'y a pas de caractéristique idiosyncratique
23:17qui ferait qu'on se ruerait sur le marché britannique.
23:20On n'est pas sur un marché ultra décoté.
23:22Donc pour moi, il n'y a pas d'urgence à s'y précipiter.
23:25Parlons du Japon, si vous voulez bien garder la parole, Vincent.
23:27Alors pour parler du marché japonais,
23:29là, un marché action japonais qui performe encore
23:32de manière spectaculaire depuis le début de l'année,
23:34avec un Yen qui reste particulièrement faible,
23:36et un marché obligataire qui est toujours un peu vibrillonnant au Japon.
23:42On parle du Japon parce que Scott Bessent est en ce moment au Japon
23:45avant de rejoindre Donald Trump pour la grande rencontre
23:48de milieu et de fin de semaine avec Xi Jinping en Chine.
23:51Scott Bessent, je le racontais hier, il aime beaucoup le Japon.
23:54Il a réussi à y gagner visiblement beaucoup d'argent
23:57lors de sa carrière de gérant de hedge funds.
24:00C'est un marché qu'il connaît très bien.
24:01Et c'est surtout un partenaire stratégique pour les Etats-Unis
24:05sur le plan financier, sur le plan militaire,
24:09dans cette zone asiatique non moins stratégique.
24:14Alors en théorie, Trump est relativement supposé être relativement proche
24:18de la Première Ministre, même si ce n'est pas toujours très clair, en théorie.
24:23Quand on regarde les actifs obligataires détenus,
24:28ça représente grosso modo 3-4% de l'ensemble des dettes américaines.
24:34Donc 1 200 milliards de dollars quand même détenus par les Japonais.
24:37Donc c'est quand même une vraie somme.
24:39Donc on respecte.
24:40On se parle.
24:41Même le créancier.
24:41On se parle.
24:42On se parle.
24:45Il n'y a pas beaucoup de pays dans la zone
24:48sur lequel les Etats-Unis peuvent encore s'appuyer.
24:51Et s'il faut essayer de défendre la problématique des semi-conducteurs
24:55qui est quand même essentielle
24:56pour le développement de l'intelligence artificielle aux Etats-Unis,
25:01il faut quand même essayer d'avoir quelques soutiens géopolitiques locaux.
25:05Les entrages, quoi.
25:06Voilà.
25:06Et donc je pense que le Japon, c'est une évidence.
25:09Il faut impérativement rester allié du Japon.
25:14Quand on regarde en plus dans les dynamiques industrielles,
25:17le Japon est extrêmement bien positionné sur tout ce qui est robotique.
25:21Et imaginez que robotique plus intelligence artificielle
25:25pourrait faire des choses sympathiques à l'avenir.
25:28Il y a physique, comme disent les spécialistes.
25:30Donc ça semble assez logique de rester quand même proche de ce pays
25:35pour de nombreuses raisons.
25:39Donc moi, je trouve que c'est...
25:40Sur l'investissement, le risk reward est intéressant toujours au Japon ?
25:42Surtout si...
25:44Alors nous, on est convaincus que c'est une bonne chose.
25:47On y alloue grosso modo 10% de nos actions structurellement.
25:52Donc c'est déjà une vraie conviction.
25:55La deuxième conviction, c'est que...
25:57Et on le voit par les interventions répétées de la Banque du Japon sur la devise.
26:02Il y a un stop qui est donné maintenant sur la dépréciation de la devise.
26:06Je gêne ça.
26:07Ça a coûté quand même...
26:08Enfin, j'ai cru voir que ça avait coûté quand même pas mal de milliards
26:11pour empêcher le Yen de crever les 160 de la Yen.
26:15Ça a rapporté combien de milliards sur les dernières décennies
26:18d'avoir un Yen qui s'effondre ?
26:20Donc je pense que le retour sur l'investissement, on peut remettre une pièce dans la machine.
26:26C'est pas très grave.
26:27Donc je pense que clairement, il y a la nécessité désormais au minimum de stabiliser.
26:34Donc je pense que ce risque-là, maintenant, il est plutôt derrière nous.
26:38Et avec un peu de chance, ça pourrait être une cerise sur le gâteau
26:41d'être investi au Japon avec en plus potentiellement un Yen qui s'apprécie.
26:47À condition que ça n'aille pas trop vite.
26:48Alors c'est ça, ma question.
26:49Est-ce que l'appréciation du Yen viendrait manger toute la performance
26:52qu'on pourrait espérer sur les actions ?
26:54Si ça se fait graduellement, je pense que c'est pas un sujet.
26:57Si ça se fait vite, là par contre, effectivement,
26:59les industriels auraient du mal à s'adapter rapidement à cette donne.
27:02Et là, ça pourrait poser problème.
27:04On n'a pas vu beaucoup d'infos sortir.
27:07Si ce n'est que le Japon a estimé, a indiqué,
27:09que Scott Besson s'était montré compréhensif
27:12sur la manière dont il gérait le Yen avec des interventions.
27:16Scott Besson, s'il est plutôt avocat d'un Yen qui doit se renforcer
27:19et de taux qui doivent monter au Japon,
27:22avec toujours l'idée que si les Japonais continuent
27:24d'acheter un peu de dette américaine au passage, c'est aussi bien.
27:27C'est aussi bien.
27:28C'est exactement ça.
27:29Après, même Besson lui-même, je voyais tout à l'heure,
27:32a dit qu'il y avait une coordination conjointe,
27:34je ne sais plus exactement les termes,
27:38pour stabiliser la devise sur ces niveaux-là.
27:40Parler et coordonner les choses,
27:41ça permettait de contrôler la volatilité de ces marchés-là.
27:46Il n'est pas très pour les interventions directes
27:49sur le marché des devises,
27:50mais il serait plus pour que la Banque Centrale monte les taux,
27:52mais en même temps, pas trop détruire le Caritrade
27:54pour qu'il continue à acheter des taux américains.
27:58Ça marche quand même plutôt bien depuis qu'il est là.
28:02Vincent disait tout à l'heure
28:031 200 milliards de dettes américaines détenues par les japonais.
28:06Fin 2021, il y avait 1 300 milliards.
28:09Jusque fin 2024,
28:11toute cette période inflationniste remontée des taux,
28:13ils sont descendus à 1 050 milliards,
28:15donc 250 milliards de ventes.
28:19Parce qu'ils détiennent des taux longs.
28:20Ils ne détiennent pas du 2 ans,
28:22ils détiennent des taux longs américains.
28:23Donc ils ont vendu.
28:24Ils sont sortis de la dette américaine.
28:27C'est pas qu'ils n'ont pas renouvelé les achats.
28:29Et depuis début janvier,
28:31qui correspond plus ou moins à l'arrivée
28:33du nouveau gouvernement,
28:36Trump et Besant.
28:40Et Besant y est allé 3 fois,
28:42ils sont passés de 1 050 milliards à 1 250 milliards.
28:45Donc c'est pas pour rien qu'il y va non plus.
28:47Ça fonctionne et on le voit quand même sur le marché.
28:50200 milliards sur un an et demi,
28:52c'est un beau contributeur
28:54au trésor américain.
28:55On est content quand on est secrétaire du trésor américain.
28:58C'est ça, et il ne doit pas lâcher ce flux-là à mon avis.
28:59Bon, Hervé ?
29:01Je pense que,
29:02on sait bien quelle est la stratégie américaine sur le sujet.
29:07On veut un dollar qui ne soit pas fort
29:10et on veut des taux d'intérêt bas.
29:14Et en fait,
29:15le point de Besant,
29:16il ne faut pas oublier que c'est un nom français,
29:18donc Besant,
29:20je pense que Besant,
29:22ce dont le trésor américain s'est aperçu,
29:25c'est que comme c'est le premier porteur étranger
29:29de titre long d'État américain,
29:34en fait,
29:34le trésor le regarde beaucoup
29:36et il s'est aperçu
29:37que quand ça tanguait un peu sur les taux longs américains,
29:41il y avait une réverbération
29:43sur les taux longs américains.
29:45Quand ça tangue sur les taux longs japonais,
29:47japonais, pardon.
29:48C'est exactement la remarque
29:50que Besant avait faite en janvier.
29:54Alors, c'était l'épisode groenlandais
29:55et donc les taux américains
29:57s'étaient tendus
29:59sous cette affaire groenlandaise.
30:01Besant avait rappelé,
30:02non, non, ça commence au Japon.
30:04Oui, exactement.
30:05Et je pense qu'il y a une vigilance très forte
30:08des États-Unis à cela
30:10parce qu'ils savent très bien
30:11qu'avoir à la fois un dollar faible
30:15et des taux longs qui ne montent pas,
30:17ce n'est pas quelque chose de très facile.
30:20Et en fait, le Japon,
30:22aujourd'hui, pour des raisons géopolitiques,
30:25est forcé d'être à l'écoute des Américains
30:28parce que Trump va en Chine.
30:31On ne sait pas du tout
30:32ce qui va sortir de cette réunion.
30:34Quelles vont être les implications
30:35pour les pays d'Asie, pour le Japon ?
30:38Donc, en fait, le Japon a des choses
30:40à demander aujourd'hui aux États-Unis
30:42et les États-Unis, sur l'aspect financier,
30:45ont des choses à demander aux Japonais.
30:47Donc, pour le moment,
30:48ils sont faits pour s'entendre,
30:50ils ont des intérêts communs.
30:51Est-ce que ça durera ?
30:52On n'en sait rien.
30:53Mais je pense que oui.
30:55Et Besson, en la matière, c'est vrai,
30:57c'est un financier.
30:59Il comprend les choses
31:00et donc, c'est la bonne personne
31:03pour porter le message.
31:04Et le potentiel de perturbation du Japon
31:07vis-à-vis du reste du monde,
31:09quand on change de régime,
31:10de régime d'inflation,
31:12notamment après plusieurs décennies
31:14de risques déflationnistes importants.
31:17Cette transition, ce changement de régime,
31:19on a déjà connu, justement,
31:20des épisodes de volatilité
31:22autour des marchés japonais
31:23depuis deux ans maintenant.
31:25Ce changement de régime,
31:26il est accepté par le reste
31:28des marchés mondiaux, là ?
31:29En fait, c'est compliqué.
31:33C'est compliqué parce que
31:34la normalisation monétaire au Japon
31:38a des implications
31:39sur la détention de titres
31:41par les investisseurs japonais,
31:44en commençant par la Banque centrale,
31:45de titres domestiques
31:47et de titres étrangers.
31:49Et donc, en fait,
31:50il y a un pas de deux
31:53qui n'est pas facile.
31:54D'ailleurs, on voit bien
31:55qu'au niveau de la Banque centrale,
31:56on y va avec des baguettes,
31:58avec des pincettes.
32:01Après l'été 2024,
32:02on a retenu un peu l'exemple.
32:03Parce que le jeu est dangereux
32:05et aujourd'hui,
32:06il est particulièrement dangereux.
32:07L'affaire du carry trade,
32:09elle est encore présente
32:10ou elle est derrière nous,
32:11quand même, Thomas ?
32:12Je pense qu'il y a une grosse partie
32:13qui a été bouclée en 2024.
32:15C'est la confusion
32:15à laquelle on arrivait hier.
32:17Oui, je suis assez d'accord
32:18avec ça.
32:21Midway est resté sûrement
32:23un petit peu,
32:24mais le gros a été bouclé
32:25en 2024.
32:26Plus dans une ampleur systémique
32:27qui mettrait en péril,
32:29éventuellement,
32:29le système économique mondial.
32:31Ça peut continuer à peser
32:34à la hausse sur les taux
32:36des pays sur lesquels
32:38ils détiennent des titres,
32:39mais plus de manière systémique
32:40comme ça pouvait être le cas
32:41il y a deux ans.
32:43Bon.
32:44Vincent,
32:44sur la logique d'investissement
32:45qui vous anime,
32:46là il nous reste quelques minutes
32:47pour en discuter.
32:50le marché se reconcentre
32:52quand même très très vite
32:53à la faveur de cette crise d'Hormuz.
32:57En tout cas,
32:58concomitamment avec cette crise d'Hormuz,
32:59le marché se reconcentre
33:01sur des acteurs safe,
33:03les géants de la tech américaine
33:06qui se remettent
33:07à retrouver un niveau
33:08de surperformance impressionnant
33:09par rapport au reste du monde.
33:11Ce qui est un peu
33:11l'histoire inverse de 2025
33:13où justement,
33:14on avait après des années
33:16de rallye de tech américaine,
33:18on avait le début
33:20du commencement
33:21d'un élargissement
33:22de la performance
33:23en dehors des seuls actifs
33:24en dollars
33:25et en dehors
33:25de la seule tech américaine.
33:26Là, on a l'impression
33:27qu'on revient un petit peu
33:28à cette case-là.
33:29On est à 16% de progression
33:31sur le Nasdaq,
33:338% sur le S&P,
33:356% sur le S&P équipondéré.
33:39Donc déjà,
33:40on voit bien
33:40qu'il y a une hiérarchie
33:41qui se fait.
33:42Il y a quelques contributeurs
33:44très forts
33:44qui tirent la cote.
33:46Mais l'ensemble
33:48du marché américain
33:49n'est pas euphorique.
33:50Si on est à 6%
33:51sur les couilles pondérées,
33:53c'est que l'ensemble
33:54de la cote
33:55n'est pas euphorique.
33:57Si vous êtes convaincu
33:58que l'intelligence artificielle
34:01doit fonctionner,
34:02logiquement,
34:03c'est l'ensemble
34:04des secteurs
34:05qui finira
34:05par en profiter.
34:07Donc pour moi,
34:08il est logique
34:09de jouer l'étape suivante
34:10puisque le marché
34:11joue toujours quand même
34:12l'étape d'après
34:13et pas juste
34:14l'étape en cours.
34:15La deuxième chose
34:16qui m'inquiète un petit peu
34:17dans l'euphorie actuelle
34:19autour de l'intelligence artificielle,
34:21c'est que
34:21c'est très bien
34:22de voir les budgets
34:25des hyperscalers
34:26s'envoler.
34:27Mais
34:29moi,
34:29ce que je constate,
34:30c'est qu'il y a énormément
34:31d'augmentation de prix
34:32des semi-conducteurs.
34:33Donc je ne suis pas certain
34:34que derrière
34:36la hausse des budgets,
34:37il n'y ait pas en réalité
34:38simplement la traduction
34:39d'une hausse des coûts.
34:41Deuxième chose,
34:43je vois passer
34:44de plus en plus
34:45d'États américains,
34:46je pense aux États-Unis
34:47en particulier,
34:48mais
34:49qui exigent
34:50désormais
34:51que
34:51les hyperscalers
34:52contribuent de plus en plus
34:54au développement
34:55énergétique
34:56qui va avec
34:57le développement
34:57des data centers.
34:59Autrement dit,
34:59je ne suis pas certain
35:00qu'au final,
35:01quand je vois
35:02les budgets
35:02des hyperscalers
35:03s'envolaient,
35:04je ne suis pas certain
35:05qu'ils aient une puissance
35:06de calcul
35:07beaucoup plus forte
35:08que ce qu'on pouvait imaginer
35:10il y a un an,
35:10il y a deux ans.
35:10Le prix des plus
35:11a pris 50% entre-temps.
35:13Voilà.
35:13Donc en clair,
35:14je pense que
35:15je comprends parfaitement
35:17la logique
35:17des marchés
35:18qui est de se concentrer
35:19sur les palais-pioches,
35:21donc les semi-conducteurs,
35:23se rappeler quand même
35:24qu'ils ont besoin
35:25de gaz
35:26ou des choses
35:27un peu techniques
35:29qui proviennent
35:30notamment
35:31du Moyen-Orient,
35:32du Golfe.
35:33Donc est-ce qu'on est bien sûr
35:34que l'exécution
35:35qui va être faite
35:36des carnets de commandes
35:38sera à la hauteur
35:40des espérances ?
35:41Moi je me méfie
35:41un petit peu de l'euphorie,
35:42on est quand même
35:43à 60% de hausse
35:45sur le SOX.
35:46Oui,
35:46les semi-conducteurs.
35:47Voilà,
35:47donc mon...
35:48Quand je regarde
35:50le détail
35:51un petit peu
35:52des valorisations
35:52des sociétés,
35:54on va dire
35:55que les leaders,
35:56Corée du Sud,
35:58Taïwan,
35:58Nvidia,
35:59tout ça en termes
36:00de PEG,
36:01donc le ratio
36:02du PER
36:03rapporté à la croissance,
36:04tout ça reste très raisonnable
36:06autour de 1,
36:06donc c'est pas rien à dire.
36:08Une Qualcomm,
36:09une Intel
36:10qui est à 2,
36:11là je commence
36:12à dire attention.
36:13Mais c'est pas l'ensemble
36:15du secteur vous dites ?
36:16Je pense que le marché
36:18est dans une forme
36:19d'emballement,
36:21de faux mots
36:22autour de cette thématique
36:24et qu'un certain nombre
36:25de flux ne sont plus
36:26assez discriminants.
36:27Oui.
36:28Bon,
36:28petite parenthèse au passage,
36:29je ne sais pas si vous avez vu,
36:30la bourse de CME Chicago
36:31va lancer des futures
36:32sur Compute,
36:33sur la puissance de calcul.
36:34On va pouvoir avoir
36:36des instruments de couverture
36:37sur le prix des GPU
36:38mais qui deviennent
36:39des actifs clés
36:41évidemment
36:41de notre nouvelle économie.
36:43Sur la logique
36:44d'investissement
36:44chez Spirit AM,
36:46qu'est-ce qui vous intéresse
36:47aujourd'hui ?
36:47Où est-ce que vous êtes
36:48confortable Thomas ?
36:49Où est-ce qu'on l'est moins
36:50peut-être ?
36:51C'est sûr que sur l'obligataire
36:52en ce moment,
36:52tout ce qui est taux
36:54est un peu challengé
36:55malgré des niveaux
36:56qui redeviennent
36:57quand même très intéressants
36:58sur les parties longues
36:59pour moi.
36:59Les parties courtes,
37:00on verra comment
37:01se déboucle leur mousse
37:02le temps que ça se déboucle.
37:04Les courbes se sont
37:04beaucoup réaplaties.
37:06Réplaties
37:06et ce qui est normal,
37:07ce qui est normal
37:08quand on commence
37:08à repricer des hausses de taux,
37:10c'est plutôt les parties
37:10courtes qui remontent,
37:11les parties longues,
37:12on le disait aussi
37:14ensemble tout à l'heure,
37:16le 10 ans américain
37:17est supérieur
37:18au niveau
37:19auquel il était
37:20au pic inflationniste
37:21de 2022.
37:23Donc voilà,
37:24malgré que les courbes
37:25se réplatissent,
37:25les taux longues
37:26sont quand même
37:26sur des niveaux
37:27qui sont assez hauts.
37:28Donc dans la logique
37:29d'investissement,
37:30on favorise quand même
37:30le crédit
37:31malgré des spreads bas,
37:32on reste quand même
37:32plutôt sur l'investment grade
37:33que sur du high yield.
37:34Le high yield,
37:35on vient de retoucher
37:36des niveaux
37:38presque record bas,
37:39on est en dessous
37:39de 300 points de spread
37:40sur le high yield européen.
37:41Oui, c'est cher.
37:42C'est extrêmement cher
37:43et ça price un petit peu
37:44comme certains pans
37:46du marché actions,
37:46aucun risque.
37:48Donc on fait attention
37:49à ces niveaux-là.
37:50Par contre,
37:51l'investment grade
37:52aujourd'hui devient
37:53un petit peu
37:53le nouveau segment refuge
37:56qu'était l'Allemagne,
37:58le Bund
37:58ou d'autres courbes étatiques
38:01à cause des déficits,
38:03à cause de tout ce qu'on connaît
38:04en ce moment
38:04sur la volatilité
38:05sur les taux.
38:06Donc plutôt se concentrer
38:07sur l'investment grade
38:07et remettre un peu
38:08de duration
38:09sur les niveaux actuels.
38:10Merci beaucoup messieurs.
38:11Merci d'avoir été
38:12les invités de Planète Marché
38:13ce soir.
38:14Thomas Vest,
38:14le responsable du Fixed Income
38:15chez Spirit Asset Management,
38:17Hervé Gouletker,
38:18conseiller économique
38:19d'Accuracy
38:19et Vincent Lequartier,
38:20responsable de l'allocation
38:21d'actifs de WeSave.
38:22Nous accompagnais.
38:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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