Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 heures
Céline Alonzo et André Bercoff reçoivent Judith Magre et Éric Naulleau qui célèbrent Aragon sur la scène du Théâtre de Poche Montparnasse de Paris / Nicole Bertolt, mandataire de l'oeuvre de Boris Vian et du patrimoine de ce génie. Elle publie " Ma vie en Vian" chez Fayard.

Retrouvez La culture dans tous ses états tous les vendredis avec Céline Alonzo et André Bercoff à partir de 13h.

---

🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————

☀️ Et pour plus de vidéos de La culture dans tous ses états : https://youtube.com/playlist?list=PLa...
https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDTe09kK1slhxHoVwjdwngkr

##LA_CULTURE_DANS_TOUS_SES_ETATS-2026-05-22##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Terre de France.fr, le premier site d'articles français et patriotes, présente
00:06La culture dans tous ses états, André Bercoff, Céline Alonso
00:33C'était un temps déraisonnable, on avait mis les morts à table, on faisait des châteaux
00:38de sable, on prenait les loups pour des chiens, tout changé de pôle et d'épaule, la pièce
00:43était telle ou mon drôle, moi, si j'y tenais mal mon rôle, c'était de n'y comprendre
00:48rien.
00:49Et oui, Léo Ferré qui rend hommage à Aragon, André Bercoff, cet immense poète, est actuellement
00:55célébré sur la scène du Théâtre de Poche, Montparnasse, par la très grande comédienne
01:06Judith Margre et l'essayiste et journaliste Éric Nolot, un duo détonnant, André Bercoff.
01:12Un duo, je vais vous dire, un duo qui fait plaisir, je dois dire que si vous êtes à Paris
01:16et si
01:17vous venez à Paris, et si vous venez à Paris, et bien c'est tous les lundis, c'est bien
01:21ça, tous les lundis jusqu'à 6 juillet, tous les lundis à 19h, au Théâtre de Poche-Montparnasse,
01:3275 boulevard du Montparnasse, s'il y a un spectacle que vous devez aller voir, c'est
01:37celui-ci, c'est Judith Margre et Éric Nolot qui rendent hommage à Aragon.
01:43Et quoi qu'on puisse penser d'Aragon, et heureusement, on peut penser beaucoup de choses,
01:46il est immense, immense, immense, il est absolument illimité, et c'est pour ça qu'on
01:52va passer notre émission culturelle à parler notamment de lui et aussi d'un autre qui
01:58s'appelle Boris Vian, et ce n'est pas par hasard.
02:01Boris Vian, effectivement, André Bercoff, un livre bouleversant, vient de sortir sur
02:05ce génie aux multiples talents, l'auteur Nicole Berthold, et bien sera avec nous aussi
02:10dans un instant sur Sud Radio, alors restez avec nous, on revient dans quelques minutes,
02:15juste après cette petite pause.
02:16terre-de-france.fr, le premier site d'articles français et patriotes, présente
02:23La culture dans tous ses états, André Bercoff, Céline Alonso.
02:29J'aimais des chats, les étrangères, quand j'étais un petit enfant.
02:43Celle-ci parla vite, vite, de l'odeur des magnolias.
02:51Et ma robe tomba tout de suite, Kamat, l'Adélia.
02:55En ce temps-là, j'étais crédu, l'amour était promission, et je prenais les campanules
02:59pour les fleurs de la passion.
03:01Aragon, l'étrangère.
03:02Et oui, Léo Ferré, André Bercoff, qui chante et qui a mis en musique, effectivement, ce sublime poète d'Aragon.
03:07Et Judith Magre et Éric Nolot, nous font plaisir d'être aujourd'hui notre, nos invités en direct sur Sud
03:14Radio.
03:15Bonjour à vous.
03:16Alors, tous les lundis, à 19h, au Théâtre de Poche Montparnasse, à Paris,
03:20vous nous faites découvrir, sinon redécouvrir, l'œuvre et la vie d'Aragon.
03:26L'amour est le fil rouge de votre spectacle, Éric Nolot.
03:29Et pour cause, il faut le dire, l'amour a vraiment été la grande affaire de la vie de ce
03:34poète, Éric.
03:35Oui, c'était difficile d'embrasser l'œuvre d'Aragon en général.
03:39Je crois que dans la Pléiade, il y a sept volumes.
03:41Donc, il fallait trouver un fil rouge.
03:43L'amour m'a semblé le fil rouge adéquat.
03:46D'ailleurs, pour le meilleur comme pour le pire.
03:47Il a dit qu'il n'y a pas d'amour heureux.
03:49Il n'y a pas d'amour heureux.
03:51En effet, je crois quand même que c'est à prendre au pied de la lettre.
03:55Car, pour parler de la fin de la vie, je pense qu'il a été en accord avec lui-même,
04:00c'est-à-dire avec son homosexualité sur le tard.
04:03Je pense qu'il a assez mal vécu, en fait, toute sa vie de devoir cacher cette homosexualité.
04:07Ça, c'est la première chose.
04:08Ensuite, l'amour, il a aimé des choses contradictoires.
04:12Il a aimé la France libre, mais il a aimé aussi le stalinisme.
04:15Donc, ce n'est pas une âgéographie.
04:17Dans le spectacle, on montre les côtés très lumineux d'Aragon.
04:20Pour moi, c'est un immense poète de la Résistance.
04:22On montre aussi les mauvais côtés d'Aragon, les côtés plus sombres.
04:25Il y a quand même une ode à la GPU, c'est-à-dire la police politique de Staline,
04:29qui a envoyé les gens au goulag.
04:31Enfin, quel que soit le poème, vous êtes emporté par le souffle, par l'inspiration, par la musicalité.
04:39Et je dois dire que Judith dit les textes que j'ai choisis au sein de l'œuvre d'Aragon,
04:44mais ceux qui me touchent le plus sont les poèmes de la Résistance.
04:46Alors, La Rose et Drézéda, c'est le plus connu,
04:48mais il y a aussi Le Musée Grévin, qui est un poème qui me touche infiniment,
04:54parce que vous ressentez presque physiquement ce que c'est que la France sous occupation nazie.
04:59Donc, écoutez, c'est Aragon, d'un bout à l'autre de sa vie, pour le meilleur comme pour le
05:04pire,
05:05tout ça qu'on compressait en 1h15, voilà.
05:08Et oui, Aragon, qui était un amoureux de l'amour, Judith Margre,
05:13et qui vous a beaucoup aimé, et vous aussi, vous l'avez beaucoup aimé,
05:17vous dites qu'il a été l'un des plus grands amours de votre vie.
05:20Racontez-nous comment vous l'avez rencontré, Judith.
05:23J'ai rencontré Aragon, d'abord chez Elsa Triolet,
05:28qui donnait des petites soirées chez elle, avec des tas de poètes russes,
05:32que j'ai retrouvées après à Moscou, quand j'y suis allée avec Aragon.
05:36Et, alors, lui passait en tenue sévère, ne nous parlait pas,
05:44et puis je l'ai rencontré après, quand j'ai joué une pièce de son ami Yadis Ritsos,
05:48et qui m'a demandé si je voulais venir.
05:51Je voulais aller à Moscou avec lui,
05:55qui allait être fêté, parce qu'Aragon le fête,
06:01où qu'il soit.
06:02Où qu'il soit.
06:03Et qu'il y aurait Ritsos aussi.
06:07Alors, moi, Aragon, Ritsos et la Russie,
06:11et bien j'ai dit d'accord, j'étais très contente.
06:13Ah oui, Aragon était vraiment très très beau.
06:17Et ça s'est bien passé ?
06:18Et ça s'est bien passé à Moscou ?
06:21C'est la meilleure période de ma vie.
06:24Ah oui, à ce point.
06:25À ce point.
06:26Vous avez été à Moscou à l'époque, et à Leningrad aussi.
06:29Racontez-nous, Judith.
06:31Leningrad, ça s'appelait Saint-Béthensbourg.
06:33Et j'ai fait, enfin, j'ai rencontré des gens merveilleux,
06:37des acteurs, des danseuses,
06:39Maria Plessiskaya, plein de gens.
06:43J'étais reçue comme une princesse, que je ne suis pas.
06:49Ah, mais enfin, c'était formidable.
06:52J'ai passé à des meilleurs moments de ma vie
06:55avec Aragon pendant un mois et demi.
06:57Donc, c'était quelqu'un de très...
06:59Vous le ressentez comment ?
07:00C'était quelqu'un à l'heure du doux ?
07:01Il n'était plus froid, il était...
07:03Ah, il n'était pas froid du tout.
07:04Du tout.
07:05Non, non, je ne suis pas en train de dire que j'ai eu une histoire d'amour.
07:07Non, non, on n'est rien, on n'est rien.
07:10Oui, je peux parler d'une histoire d'amour.
07:11On n'est pas obligé d'aller au lit avec quelqu'un
07:13pour que ce soit une histoire d'amour.
07:15Non, non.
07:16Eh bien, j'ai eu une vraie histoire d'amour avec Aragon.
07:19Il m'a récité des poèmes, il inventait des poèmes
07:21parce qu'il était un sombiac, moi aussi.
07:24Donc, on se retrouvait avec de la vodka dans sa chambre la nuit,
07:27mais très gentiment, dans deux fauteuils,
07:29éloignés l'un de l'autre.
07:31Mais il m'a récité des poèmes.
07:32Il a inventé des poèmes.
07:34C'était formidable.
07:35Vous avez résisté à son charme
07:37parce qu'il était très beau, Aragon, il faut le dire.
07:39Il avait un charme fou, cet homme.
07:41Comment j'ai résisté ? Je n'ai pas résisté, je l'adorais.
07:43Ben oui, enfin, il n'a pas résisté.
07:45C'est pas que vous parlez d'amour.
07:47Vous pouvez coucher ensemble que ce n'est pas d'amour.
07:52Incroyable, ça.
07:52Éric Nolot, l'œuvre poétique, effectivement, vous l'avez dit,
07:56poétique et romanesque d'Aragon.
07:57Il faut le dire, elle a vraiment été
07:59l'une des plus importantes du XXe siècle.
08:02Quelles ont été ses principales sources d'inspiration ?
08:06C'est-à-dire qu'au départ, Aragon est dans le groupe surréaliste.
08:10Déjà, ça commençait assez mal parce que le surréalisme avait proscrit roman.
08:14Donc, ça a été un hérétique du surréalisme très vite.
08:16Mais ça a été quand même un ami très très proche de Breton.
08:19Donc, le pas du surréalisme avant une brouille aussi terrible
08:22que leur amitié avait été profonde.
08:24Donc, il est passé du côté du roman.
08:26Et puis, très vite, il est passé du côté de la littérature engagée.
08:30Voilà.
08:30Il a adhéré au Parti communiste en 1926.
08:33Il a toujours été un peu, à la fois, militant
08:36et puis, ruant un peu dans les brancards.
08:39Surtout sur la fin de sa vie, il en avait un peu marre
08:40de servir, de gondole à toutes les manifestations, etc.
08:44Voilà.
08:44Alors, justement, après, il y a eu le palace et la fin de sa vie.
08:47Oui.
08:47Mais justement, c'est intéressant de raconter pour nos auditeurs aussi.
08:51Au fond, vous dites 1926, mais en 1928, il a écrit cet extraordinaire...
08:57On en parle très peu, le traité du style.
08:59Cet essai fameux, quand même.
09:01C'est un chef-d'oeuvre absolu, effectivement.
09:04Et donc, si vous voulez, à l'époque, c'est là où il parle des journalistes
09:08quand il en parle.
09:10C'est là où il finit en...
09:11Il conchit les journalistes, André.
09:13Non, non.
09:13C'est là où il dit la dernière phrase de son bouquin.
09:16C'est, et pour finir, je dis dans mon livre, ici, à cette place,
09:19je conchis l'armée française dans sa totalité.
09:22Sur les journalistes, il n'a pas l'air d'ici.
09:24Si vous rencontrez un journaliste, une fois que vous l'avez serré la main,
09:27allez, vous lavez les mains tout de suite.
09:28Mais vous pétrole !
09:29Il est très de con, de fiant et de cochon, André Bercoff, dans ce texte-là, effectivement.
09:34Non, mais c'était très...
09:34Vous savez, c'était très violent à l'époque.
09:36Moi, dans le spectacle, je fais allusion à une scène d'émeute
09:40qui a lieu à la Closerie des Lilas.
09:41Il y a un banquet qui est donné en l'honneur du poète Saint-Paul-Rou.
09:45Les surréalistes débarquent et c'est l'émeute.
09:47C'est-à-dire qu'il y a un surréaliste qui s'accroche aux...
09:51Je crois que c'est Soupo, qui s'accroche aux lustres et qui dit
09:54« Ah ben la France ! »
09:55L'hérisse à la fenêtre qui dit « Vive l'Allemagne ! » etc.
09:58Bon, j'allais dire Apollinaire, c'était notre précédent spectacle.
10:01Mais Aragon, lui aussi, apporte sa voix à la polyphonie.
10:04Et la manière dont il s'attaque à Claudel, par exemple,
10:07en l'accusant de soutenir le colonialisme...
10:09On ne peut pas être ambassadeur de France et poète !
10:11Oui, voilà. Donc c'est extrêmement violent.
10:12Après, cette violence a été canalisée dans l'action politique.
10:16Mais il y a toujours eu une part de liberté chez lui.
10:19Il n'a jamais été un surréaliste orthodoxe.
10:21Il n'a jamais été un communiste orthodoxe.
10:23Cela dit, il a été fasciné par la Révolution.
10:26Il a commis quand même quelques textes que moi je juge impardonnables.
10:29Enfin, par rapport à l'ensemble de l'œuvre qui est vraiment génial,
10:31que ce soit le roman, les poèmes ou les essais,
10:34tout ça mérite d'être cité,
10:36mais ne jette pas une ombre sur toute cette œuvre formidable.
10:38Cette œuvre extraordinaire, notamment la guerre de 14-18,
10:42lui a vraiment inspiré l'un de ses plus beaux poèmes,
10:45à savoir celui-ci interprété par Léo Ferré,
10:48« Tu n'en reviendras pas ».
10:50« Tu n'en reviendras pas, toi, qui courais les filles,
10:53jeune homme dont j'ai vu battre le cœur à nu,
10:57quand j'ai déchiré ta chemise,
10:59et toi non plus,
11:00tu n'en reviendras pas,
11:02vieux joueur de manie. »
11:06Très beau.
11:07Et d'ailleurs, vous le récitez,
11:09Judith Mag,
11:10dans le spectacle, c'est magnifique.
11:12Ah oui, il est extraordinaire ce poème, Judith Mag,
11:16il a été traumatisé par la Première Guerre mondiale à Ragon.
11:19Il y a beaucoup de choses qui le traumatisaient.
11:21C'était un être ultra sensible,
11:25et donc, au cours de la vie,
11:27quand on est un peu sensible,
11:31on est traumatisé par beaucoup de choses.
11:33Vous aussi, peut-être.
11:34Il faut dire que sur le front,
11:36il était médecin auxiliaire,
11:38il a été confronté à ses gueules cassées,
11:40ça a été terrible pour lui.
11:42Non, on oublie un peu ça,
11:43mais ce que ça a été que cette guerre
11:45et de la vivre de l'intérieur.
11:48C'est-à-dire, quand il parle des gueules cassées,
11:49en effet, c'est bouleversant.
11:50Tu ne reviendras pas,
11:52toi dont j'ai vu battre le cœur à vivre
11:54quand j'ai déchiré ta chemise,
11:55tu ne reviendras pas,
11:56toi qui vivra sans visage et sans yeux.
11:58Enfin, c'est des...
11:59C'est dur.
12:00Oui, vous savez,
12:00ce n'est pas la guerre...
12:02Ce n'est pas apollinaire comme la guerre était jolie.
12:04Là, c'est comme la guerre est moche,
12:06c'est comme on en garde les séquelles
12:07pendant des siècles et des siècles.
12:08Et à la fin, déjà,
12:11c'est incroyable.
12:12C'est terrible.
12:13Il ne suffit pas de ressentir l'émotion et l'horreur,
12:16il faut savoir la mettre en mots.
12:17Et puis ensuite,
12:18il a connu la Deuxième Guerre mondiale,
12:20alors pas sur le front, évidemment,
12:21mais enfin, il a connu la clandestinité,
12:23la résistance,
12:24une autre forme de guerre.
12:26C'est quelqu'un qui a vécu quand même dans sa chair
12:28tous les grands événements historiques du XXe siècle.
12:30Ça nourrit sa poésie, bien sûr.
12:32Oui, il a mis sa plume, effectivement,
12:33au service de la résistance.
12:35Oui, ça, c'est indiscutable.
12:37Aragon, vous a parlé, effectivement,
12:39de ses expériences,
12:40de ses souvenirs traumatisants de la guerre, Judith ?
12:43Non.
12:43Jamais, oui.
12:44Est-ce qu'il parlait politique un peu avec vous ?
12:46Non.
12:47Parce qu'il sait que, dans ce domaine,
12:49je suis absolument nul,
12:50que j'y connais rien,
12:51que j'ai des goûts
12:54quelquefois bizarres
12:55aux yeux de mes amis.
12:57Mais enfin, on ne le prendra pas.
12:59Quel goût bizarre ?
13:00Dites-moi, quel goût bizarre, par exemple ?
13:06Non, je ne vais pas en parler,
13:08parce qu'ils sont bizarres pour certains,
13:11ils ne seront peut-être pas bizarres pour vous.
13:12Ah non, vous pouvez, sur Sud Radio,
13:14parlons-nous vrai, effectivement.
13:16Dans les filles de la bizarrerie.
13:17Juste un mot.
13:17Vous, par exemple, Aragon,
13:19ses poèmes,
13:21que vous récitez formidablement,
13:23dans ce spectacle avec Eric Nolo,
13:25qu'est-ce qui vous inspire ?
13:27Qu'est-ce qui vous touche le plus,
13:29dans les poèmes d'Aragon ?
13:31Moi, quand il s'agit d'amour,
13:32mais pas seulement d'amour d'une femme,
13:36ou d'un homme,
13:37ou l'amour de tout.
13:41C'était, comment expliquer ?
13:44C'était un être qui était,
13:47on a l'impression que quand il parlait,
13:49quand il était avec vous,
13:50il vous ouvrait le monde.
13:52Quand il me mettait mon manteau,
13:57ma pelisse sur les épaules,
14:00c'était le plus grand geste d'amour
14:02qu'on ait pu avoir avec moi.
14:05Et cet été, il n'y avait aucun...
14:09Aucune ambiguïté.
14:10Aucune ambiguïté.
14:11Mais on passait des nuits,
14:14parce que, comme je vous l'ai dit,
14:17on ne dort pas,
14:18il ne dormait pas moi non plus,
14:19on buvait beaucoup de vodka,
14:21et les poèmes qu'il inventait
14:23au cours de la nuit,
14:25il s'agissait toujours d'amour.
14:27Ah oui, ça me plaisait.
14:29Il est récité, il est improvisé.
14:31Oui, oui.
14:31Il est improvisé, c'est ça.
14:33Et il a écrit, justement,
14:35de nombreux poèmes d'amour pour sa femme.
14:37Elle les a triolées.
14:38Oui, enfin bon.
14:39Oui, alors justement.
14:40Pourquoi bon ?
14:42Racontez-nous, pourquoi bon Judith Mack ?
14:44Dites-nous alors.
14:45Je ne suis pas sûre qu'elle s'est triolée.
14:47Je pense qu'il l'a admirée,
14:48qu'il y a eu de complicité,
14:50mais je ne pense pas
14:51qu'elle les fait grimper aux lustres.
14:54Et quand il a aimé Nancy Cunard,
14:57c'était autre chose, quand même.
14:59Ah oui, il a voulu se suicider.
15:01C'était Nancy Cunard.
15:02Oui, il a voulu se suicider,
15:03effectivement, après cette structure.
15:04Oui, le grand amour, c'est Nancy Cunard,
15:05très certainement.
15:07Il a voulu se suicider pour elle.
15:09Il a détruit...
15:11Il a détruit un très grand roman
15:15dont n'a subsisté que quelques fragments.
15:17C'est un des poèmes, d'ailleurs,
15:18qui est récité par Judith.
15:20Donc non, ça a été un amour très destructeur.
15:25Qui a capoté parce qu'il y en avait une
15:27qui était milliardaire
15:28et l'autre qui était très fauchée.
15:29Donc ça posait des problèmes.
15:30Et puis, la jalousie.
15:32Nancy Cunard était très libre
15:34d'un point de vue sentimental et sexuel.
15:36Et Aragon ne l'a pas bien vécu.
15:38Mais pour revenir juste à ce que vous disiez,
15:40vous demandiez à Judith
15:40en quoi les poèmes la touchent.
15:42Je vous mentirais en vous disant,
15:44en prétendant que je l'ai fait exprès,
15:46mais le dernier poème du spectacle
15:47qui s'intitule
15:47La valse aux adieux,
15:48c'est un texte d'Aragon
15:49qui aurait pu être composé par Judith elle-même.
15:52Quand il dit arrêtez de me bassiner avec ma légende,
15:54je ne suis pas celui que vous croyez,
15:56je n'ai pas eu une vie aussi extraordinaire.
15:58C'est un peu toujours ce que me dit Judith,
16:00arrêtez avec ma légende,
16:01je ne suis pas ce personnage.
16:02Je n'ai pas de légende.
16:03Voilà, c'est ça.
16:04C'est bien ça, vous voyez,
16:05on retombe là-dessus.
16:06Non, mais ça n'a rien à voir avec Aragon.
16:09La légende d'Aragon,
16:10moi, qu'est-ce que j'ai comme légende ?
16:11Je suis une pauvre petite comédienne.
16:13Aragon, c'était un génie.
16:15Alors, vous ne pouvez pas faire de comparaison.
16:18Vous êtes modeste, Judith.
16:19Vous avez joué avec et pour les plus grands.
16:24Oui, mais ce n'est pas moi
16:26qui leur ai donné leur grandeur.
16:28Mais vous, vous avez donné
16:30une certaine grandeur à leur texte,
16:32comme vous le faites tous les soirs,
16:34effectivement,
16:34enfin tous les lundis soirs
16:35au Théâtre de Poche-Montparnage.
16:37À partir du moment où on sait lire,
16:40où on ne bafouille pas trop,
16:41où on a une voix,
16:42on vous met un texte sous le nez,
16:44pas la peine de prendre des cours.
16:47Quand on sait que les verts,
16:48ça a douze pieds,
16:50on respecte les douze pieds,
16:51puis voilà.
16:52Ceux qui ont six pieds,
16:53ils ont six pieds.
16:54Donc, vous dites que le métier de comédien
16:56est vraiment tout vert
16:57à tout le monde, en quelque sorte.
16:59À tout le monde,
16:59à la condition qu'il y a un talent.
17:01Il faut quand même du talent, Judith,
17:02comme vous.
17:03Je ne sais pas si j'ai du talent,
17:05mais en tout cas,
17:05à partir du moment
17:08où on a envie de...
17:11envie de quoi ?
17:12De quoi j'avais envie
17:13quand j'ai été comédienne.
17:15Je me demande
17:16de me sentir moins moche,
17:17d'apprendre des beaux textes,
17:20de rencontrer des acteurs.
17:22Ce n'est pas les gens
17:23les plus formidables du monde.
17:25Enfin, il y en a qui sont quand même
17:26extrêmement sympathiques
17:27et que j'aime beaucoup.
17:29Et je ne sais pas,
17:31puis je ne savais pas faire autre chose.
17:33Alors, je suis tombé là-dedans
17:35un peu par hasard.
17:36C'est formidable,
17:37parce que ce qu'elle dit,
17:38tu sais, ça me rappelle.
17:39Ça va peut-être vous étonner,
17:41mais je ne pense pas
17:41que ça va vous décevoir.
17:44Vous savez que
17:45on fait chaque fois
17:46des revues littéraires
17:47demandent aux écrivains
17:48pourquoi écrivez-vous ?
17:49C'est ça le grand truc.
17:51Alors, ils font des pages entières
17:52en disant
17:53j'écris parce que ceci,
17:54j'écris.
17:54Et on a demandé
17:55à Samuel Beckett.
17:56Et Samuel Beckett
17:57a répondu en trois mots
17:58« Bon Kassa ».
17:59Voilà.
18:00« Bon Kassa ».
18:03Oui, mais en face
18:04à Samuel Beckett,
18:05il était vraiment bon.
18:06C'est clair.
18:07Moi, bon, ça,
18:09je ne sais pas.
18:10Pas toujours.
18:11Parlons, Éric Nolot,
18:12vous en avez parlé
18:13il y a quelques instants
18:14sur Sud Radio,
18:15effectivement,
18:15du Aragon des années 70.
18:17C'est vraiment
18:18un nouvel homme kiné
18:20à cette période ?
18:21Le Dondi stalinien
18:23de l'époque qu'il était ?
18:25Non, mais ça a frappé
18:26de stupéfaction
18:27tous ses proches
18:29parce que ça a été
18:30une métamorphose
18:31alors à la fois
18:32sur le plan de la sexualité
18:33mais enfin sur le plan
18:34de l'apparence
18:35où d'un coup,
18:36Aragon,
18:36on peut le vérifier
18:37sur des photos,
18:38s'est transformé
18:38dans une forme
18:39de Dondi
18:40mais un peu extravagant
18:41un petit peu
18:42de manière très très ostentatoire.
18:45D'ailleurs,
18:45les proches
18:46étaient non seulement stupéfaits
18:47mais il faut bien le dire
18:48ils ont été un peu écartés
18:49du cercle amical
18:50au profit d'un tout autre
18:52environnement,
18:52d'un tout autre entourage
18:54comme on dit en anglais
18:54entourage.
18:55L'entourage avait muté
18:58et Aragon a commencé
18:59à entretenir
19:00une petite cour
19:01avec beaucoup de générosité
19:02mais qui avait très peu à voir
19:04alors d'abord
19:04avec ses précédents amis
19:06puis même avec ses idéaux
19:07communistes,
19:08vous voyez.
19:08Donc,
19:08on se demande
19:09si Aragon n'a pas fini
19:10par coïncider
19:11avec lui-même
19:12seulement dans les dernières
19:13années de sa vie
19:13et c'est ce que je vous dis
19:14sur la valse aux adieux.
19:15Il dit
19:15j'ai raté ma vie
19:17arrêtez de me dire
19:18que ma vie a été formidable
19:19j'ai raté ma vie.
19:20mais est-ce qu'il ne retrouvait pas
19:21alors évidemment
19:23mutatis,
19:23mutandis,
19:24en comparaison
19:24on n'est pas raison,
19:25est-ce que le dandy,
19:26le mec du palace
19:27qui se retrouvait
19:28à discuter avec Roland Barre
19:29et les mignons,
19:31est-ce qu'il ne retrouvait pas
19:32son côté dadaïste
19:34de l'époque,
19:35je ne sais pas,
19:35je veux dire,
19:36sans retourner au côté dadaïste
19:37parce qu'il avait ce côté
19:40la crinière,
19:42etc.,
19:42le dandy et tout ça
19:43et c'est vrai que c'est intéressant
19:44mais juste,
19:45j'ai une autre question
19:46à poser à Éric Nolot
19:48et à Judith
19:48mais quand même,
19:49il faut parler aussi
19:51les poèmes le disent
19:52il y a eu l'Aragon
19:53quand même
19:53le notable communiste
19:55l'Aragon était incontournable
19:56c'était l'institution
19:58il a été ça
19:59pendant 30 ans
20:00oui,
20:00ils le vivaient plus ou moins bien
20:01parce qu'en effet
20:03il y avait certaines règles
20:04quand même artistiques
20:06du côté du communiste
20:07il y avait le réalisme socialiste
20:08alors de temps en temps
20:09il se sacrifiait
20:10même jusqu'à l'excès
20:11j'ai cité cette ode au Gué Péou
20:12qui s'appelle
20:14Prélude au temps des cerises
20:15mais à chaque fois
20:16il excédait
20:17à chaque fois
20:18l'écrivain arrivait
20:20à semer
20:21si j'ose dire
20:22le militant
20:22c'est ça qui est très beau
20:24et d'ailleurs à la fin
20:25bon,
20:25je vous l'ai dit
20:26il en avait vraiment marre
20:27d'être un militant communiste
20:28il se cachait
20:29les jours de manifestations
20:30parce que le parti communiste
20:30voulait toujours
20:31le mettre en tête
20:32de défiler
20:33je crois que
20:34chez lui
20:35il y a toujours une tension
20:36entre ce qu'on attendait de lui
20:37que ce soit les surréalistes
20:38et les communistes
20:39c'est ce qu'il était
20:40vraiment lui
20:40et c'est pour ça
20:41que l'oeuvre demeure
20:42c'est pour ça que l'oeuvre
20:43est une des plus grandes
20:44du XXe siècle
20:45alors que
20:46je trouve qu'elle est un peu
20:47sous-estimée
20:48non pas que ce soit
20:48un auteur méconnu
20:49mais quand on vous dit
20:50quels sont les plus grands auteurs
20:51du XXe siècle
20:52c'est pas si fréquent
20:52qu'on vous cite Aragon
20:54or pour moi
20:55c'est indiscutable
20:57Judith Magre
20:57les auditeurs de Sous de Radio
20:59qui nous écoutent
20:59et qui veulent soit découvrir
21:01ou redécouvrir
21:02l'oeuvre d'Aragon
21:03qu'est-ce que vous leur conseillez
21:05niveau lecture ?
21:07je sais pas
21:08ils achètent tout Aragon
21:10et puis
21:11ils se mettent au boulot
21:12et ils lisent
21:14et puis quand ça leur plaît pas
21:15ils laissent tomber
21:16et puis quand ça leur plaît
21:17ils continuent la lecture
21:18moi je ne donne pas de règles
21:20à qui que ce soit
21:22je ne sais pas
21:23qu'on leur donne non plus
21:23c'est vrai
21:24moi j'ai une question scientifique
21:25à poser à Judith Magre
21:26quelle a été avec vous
21:28d'après vous
21:29l'influence de la vodka
21:30dans l'oeuvre d'Aragon
21:33et dans la vôtre d'ailleurs
21:35oui
21:36moi j'adore
21:37moi j'adore boire
21:39je n'ai jamais été
21:40saoule de ma vie
21:41je n'ai jamais titubé
21:43j'ai
21:44j'ai
21:45j'ai un bon comportement
21:47vis-à-vis de l'alcool
21:48j'adore ça
21:50et
21:50je dois dire qu'en Russie
21:52et ailleurs
21:53j'ai bu beaucoup de vodka
21:54et beaucoup de champagne
21:56et beaucoup d'autres choses
21:57et la preuve
21:58vous êtes là
21:59et ben voilà
22:00je suis un vieux truc
22:01quand même
22:02qui peut parler
22:02qui peut raconter des trucs
22:05qui peut dire
22:06beaucoup de bêtises
22:07et
22:08bon
22:08et quel plaisir
22:10et quel plaisir
22:10quel personnage
22:11on vous aime
22:12on vous aime vraiment
22:13Judith Magre
22:14c'est vrai que vous bébé ?
22:15ah moi je vous adore
22:16depuis toujours
22:16vous êtes une femme
22:17et que j'adore
22:18votre franc parler
22:20et je
22:21et encore
22:22vous n'en avez qu'un échantillon
22:23non mais
22:24ce qui est extraordinaire
22:25Judith
22:26cette année
22:26vous allez être centenaire
22:28vous croyez
22:29ça me fait plaisir
22:30mais c'est exceptionnel
22:31c'est dégueulasse
22:33c'est dégueulasse
22:34ça me fait horreur
22:36ça se passait bien
22:37c'est dommage
22:37pourquoi c'est dégueulasse
22:40mais c'est pas dégueulasse
22:41si c'est dégueulasse
22:42quand on est vieux
22:43on est moche
22:44on est tarte
22:45mais la preuve
22:46vous êtes l'exemple contraire
22:48de tout ce que vous dites
22:49Judith
22:50vous me voyez
22:51alors vous avez pourtant
22:52des lunettes
22:52vous ne voyez pas clair
22:53non
22:54elle a les yeux de l'amour
22:55c'est ça
22:56non je vois vraiment
22:58le talent
22:58et l'immense
22:59l'immense effectivement
23:00comédienne que vous êtes
23:01et vous avez aussi été
23:03une très grande chanteuse
23:04il faut le dire
23:04vous avez une très belle voix
23:05vous avez chanté
23:07notamment Boris Vian
23:08on va vous écouter
23:10chanter dans un instant
23:11sur Sud Radio
23:12une chanson de Boris Vian
23:14la complainte de Bono
23:16on va parler
23:17la complainte de Bono
23:18et dans un instant
23:19on va rendre hommage
23:20à Ragon
23:21mais surtout
23:21à Boris Vian
23:22avec Nicole Berthold
23:24qui est directrice
23:26de l'oeuvre de Vian
23:27depuis 45 ans
23:28elle gère son patrimoine
23:30et elle publie
23:31un livre remarquable
23:32Ma vie en Vian
23:33chez Fayard
23:34alors restez avec nous
23:35et je dirais juste un mot
23:36avant de
23:37avant de dire
23:39que Boris Vian
23:39massera à la postérité
23:41pour énormément de choses
23:42mais notamment
23:43pour avoir dit
23:43ce dicton
23:44la question ne s'oppose pas
23:45il y a trop de vent
23:48à tout de suite
23:49sur Sud Radio
23:50terre-de-france.fr
23:52le premier site
23:53d'articles français
23:54et patriotes
23:55présente
23:57la culture
23:58dans tous ses états
23:59André Bercoff
24:00Céline Alonso
24:02Bono
24:04ils t'ont eu mon vieux
24:06ils étaient mille
24:07contre deux
24:08toi et ton chien
24:10rien que vous deux
24:14Bono
24:17il y a longtemps
24:17il y a longtemps déjà
24:18qu'ils t'ont flingué
24:19oui mais crois-moi
24:20il y en a
24:21qui ont toujours
24:22peur de toi
24:27Eh oui
24:28la complainte
24:29de Bono
24:29Couem
24:30Ah on peut encore l'écouter
24:32vas-y vas-y
24:32écoute encore un peu
24:33Dans l'histoire de France
24:34et d'ailleurs
24:37Il en est un
24:39qu'a tout perdu
24:43Mais qu'a vraiment l'air
24:46d'un vainqueur
24:54Eh oui
24:55la complainte de Bono
24:56poème de Boris Vion
24:57chantée par l'immense
24:59comédienne Judith Magre
25:00vous aviez enregistré
25:02effectivement ce titre
25:03en 1972 exactement
25:05et c'est le producteur
25:0754 ans
25:08Et oui
25:08c'est le producteur
25:09Jacques Canetti
25:10qui vous avait proposé
25:11effectivement d'enregistrer
25:12cette chanson Judith
25:14Oui
25:14il m'a proposé
25:15de faire un disque
25:17et Louis Bessière
25:19qui était un ami
25:20a fait les musiques
25:22Henri Sauguet
25:23m'a fait un petit texte
25:25sur la pochette du disque
25:28enfin c'était très gay
25:30et j'ai bien travaillé
25:32avec Canetti
25:33avec Bessière
25:34c'était une période
25:34très très amusante
25:35Vous avez connu
25:36Boris Vion ?
25:37Ah bah oui
25:38Ah bah oui
25:39Non mais attendez
25:42Ah bah oui
25:43je veux dire que
25:44quand on vivait
25:48enfin à Saint-Germain-des-Prés
25:50Vous aviez 21 ans
25:52à la Libération
25:53Je sais plus
25:54Non vous avez 21 ans
25:56Puisque vous le dites
25:57je vous crois
25:57Mais je veux dire
25:59oui bien sûr
26:00tout le monde connaissait
26:00Maurice Vion
26:01c'était un ami
26:02c'était un grand ami
26:04de mes soeurs
26:05qui a habité d'ailleurs
26:06moi-même
26:07j'ai habité
26:08chez Maurice Vion
26:08parce que quelquefois
26:09quand on n'avait pas d'argent
26:10pour payer l'hôtel
26:12Maurice
26:12on pouvait aller dormir
26:13chez Maurice
26:14mais enfin c'était
26:15on n'était pas des mondiales
26:17puis c'était une espèce
26:18de vie
26:19où on faisait
26:20des trucs marrants
26:21et on ne se couchait pas
26:23alors s'il était
26:24trop trop tard
26:24pour rentrer chez soi
26:26ou pour bon
26:27d'aller chez Maurice
26:28Eh oui
26:29Alors justement
26:30Nicole Berthold
26:31vient de nous rejoindre
26:32sur Sud Radio
26:33Bonjour à vous Nicole
26:34Bonjour
26:35Vous êtes directrice artistique
26:36de l'oeuvre de Vion
26:38depuis 45 ans
26:39et vous gérez
26:40tout son patrimoine
26:41et il faut le dire
26:42c'est aussi Jacques Canetti
26:43qui a poussé
26:44Boris Vion
26:44sur scène
26:46car à l'époque
26:46personne ne voulait
26:47interpréter ses chansons
26:49Nicole
26:49Oui tout à fait
26:51c'est une belle histoire
26:52c'est une histoire
26:53qui a commencé
26:54quelques années avant
26:56quand Boris
26:56effectivement déjà
26:57s'était vu
26:58refuser tous ses livres
27:00il a dit
27:01vous ne voulez pas lire
27:02mes livres
27:02vous aurez mes chansons
27:04alors il s'est mis
27:05à écrire des chansons
27:06et pas qu'une
27:06par centaines
27:07et Jacques Canetti
27:09avait une immense admiration
27:11et vraiment
27:12une immense amitié
27:13envers Boris
27:14et il était tout à fait
27:16dépité de voir
27:16que personne ne voulait
27:17chanter ses chansons
27:19alors il y a un jour
27:20il est arrivé chez lui
27:21à la cité Véron
27:22et il lui a dit
27:24écoutez Boris
27:25je ne vois qu'une chose
27:26il faut que vous chantiez
27:27vous-même
27:28vos chansons
27:29il ne l'a dit jamais
27:30et il le fera
27:32il montra sur scène
27:33il faut dire qu'effectivement
27:35sa fameuse chanson
27:36le déserteur
27:37on va l'écouter maintenant
27:38sur Sud Radio
27:38et bien personne
27:39voulait l'interpréter au début
27:41monsieur le président
27:43je vous fais une lettre
27:48que vous lirez peut-être
27:51si vous avez le temps
27:54je viens de recevoir
27:57mes papes
27:59quand cette chanson
28:00exactement
28:01très exactement
28:04janvier 54
28:05avant
28:05d'il y en a une faux
28:07attendez
28:07c'est pas encore
28:09le début
28:09de la guerre d'Algérie
28:10c'est encore
28:11la guerre d'Indochine
28:12oui
28:12c'est très intéressant
28:13c'est en pleine guerre
28:14d'Indochine
28:15c'est très important
28:16déjà le début
28:17de la guerre d'Algérie
28:18et donc
28:19elle a été censurée
28:20dès sa sortie
28:22cette chanson
28:23tout à fait
28:25il en vomissait
28:27tellement il haïssait
28:29la guerre
28:30c'était quelque chose
28:31vraiment qui le brisait
28:33qui le
28:34qui lui faisait
28:35beaucoup de mal
28:36c'est intéressant
28:37parce que monsieur le président
28:39et Mouloudji
28:39avaient changé
28:40avec messieurs
28:41qu'on nomme grand
28:42messieurs qu'on nomme grand
28:43c'était d'une façon
28:44effectivement
28:44de ne pas interpeller
28:45le président de la république
28:46et ils ont changé
28:48quelques autres vers
28:49à l'intérieur
28:50parce que
28:50Mouloudji
28:51qu'il appelait Moulagaufre
28:52d'ailleurs
28:53Boris
28:54il donnait des surnoms
28:55à tout le monde
28:56et donc
28:57Mouloudji
28:58a accepté
28:59de le chanter
29:00sur scène
29:01à l'Olympia
29:01à la rentrée 54
29:03mais en changeant
29:04quelques mots
29:06et surtout
29:07prévenez vos gendarmes
29:08que je n'aurai pas d'armes
29:09et qu'ils pourront tirer
29:10c'était que j'aurai des armes
29:12et que je sais tirer
29:13tout à fait
29:14on est bien d'accord
29:15qu'il s'agit de ça
29:16la fin effectivement
29:17est changée
29:18vous avez connu
29:18Boris Vian
29:19on a parlé de Boris
29:21non de Mouloudji
29:22surtout
29:22est-ce que vous l'avez connu
29:23Judith Magre
29:24Mouloud ?
29:25oh là là
29:25et vous savez
29:26à ce moment là
29:27au Flore
29:28tout le monde
29:29traînait au Flore
29:30il y avait un vieux monsieur
29:32adorable
29:33qui souvent payait
29:34la note de tout le monde
29:37monsieur Dorland
29:39et
29:40bah oui
29:41j'ai connu Boris
29:41j'ai connu Mouloudji
29:42j'ai connu
29:43plein de gens
29:45Odiparty
29:45Annetkov
29:46Troner
29:47et d'autres
29:48et oui
29:49en tout cas
29:50c'était quoi
29:51cette époque
29:52enfin je veux dire
29:52maintenant avec le recul
29:54c'était quoi
29:54cette époque
29:55comment
29:55quand vous dites
29:56où vivez
29:57et voilà
29:57tout le monde
29:58connaissait tout le monde
29:58tout le monde
29:59voyait tout le monde
30:00c'était vraiment
30:01comme raconte la légende
30:02parce que nous
30:03on l'a pas connu
30:05ça s'est trouvé
30:06comme ça
30:06moi je
30:08j'étais étudiante
30:11je me suis retrouvé
30:12au Flore
30:13je ne sais pas pourquoi
30:15et tout le monde
30:15était au Flore
30:16et tout le monde
30:16était au Demago
30:17et
30:19moi je ne me posais
30:20pas de questions
30:20il y avait des gens
30:21formidables
30:22qui étaient là
30:22qui sont devenus
30:23des amis
30:24Odiparty
30:25il habitait à l'hôtel
30:26Tarane
30:26en face du Flore
30:27et
30:28il nous emmenait
30:29on était quelques amis
30:31il nous emmenait
30:32faire de l'écriture
30:33automatique
30:34enfin faire des tas
30:34de petites conneries
30:35comme ça
30:36moi je me suis
30:37beaucoup
30:39beaucoup
30:41oui
30:41amusé
30:43amusé
30:43mais pas seulement
30:44amusé
30:45c'était
30:49enfin
30:49comme dans toutes les vies
30:50il y a des moments
30:50qui sont amusants
30:51et d'autres
30:52on pleure
30:54Nicole Berthold
30:55qu'il faut le dire
30:56Vian a complètement
30:57bouleversé
30:58votre destinée
30:58c'est ce que vous racontez
30:59dans un livre
31:00qui vient de paraître
31:01chez Fayard
31:02Ma vie en Vian
31:03un livre bouleversant
31:05il faut absolument le lire
31:06chers auditeurs
31:07dans lequel vous racontez
31:08comment son oeuvre
31:09vous a vraiment sauvé
31:10la vie
31:11vous avez été effectivement
31:13une enfant battue
31:14violée
31:14élevée par une maman
31:16effectivement
31:16qui vous haïssait
31:17vous avez fait plusieurs tentatives
31:20de suicide
31:20effectivement
31:21et la lecture
31:22des oeuvres de Vian
31:23a été en fait
31:24votre bouée de sauvetage
31:26dès l'adolescence
31:26racontez-nous Nicole
31:28oui la littérature
31:29je dirais
31:30d'un point de vue général
31:31l'écriture
31:32la littérature
31:32c'est quelque chose
31:33de magique
31:34d'extraordinaire
31:35on parle d'Aragon
31:36on parle de Vian
31:37et on pourrait parler
31:37de tant d'autres
31:39parce que c'est vraiment
31:40quelque chose
31:40qui nous est donné
31:41qui est un miracle
31:42de la vie
31:43de la création
31:44et que ce soit
31:45la musique
31:46etc
31:46la peinture
31:47mais dans mon cas
31:48effectivement
31:48la littérature
31:50opus par terre
31:51dans les étals
31:53des bifins
31:53je découvre
31:54une drôle
31:54de couverture rouge
31:55qui est l'herbe rouge
31:57j'ai 13 ans
31:58quand je ne suis pas
31:59enfermée dans une cage
32:00et quand je ne suis pas
32:02mise à l'index
32:03sans manger
32:04je me retrouve
32:05effectivement
32:06à avoir
32:07au moins la possibilité
32:08de temps en temps
32:09de lire dans un coin
32:10et quand je ne suis pas battue
32:13je peux jouir de ça
32:15je peux aller à la bibliothèque
32:16et donc à l'âge de 13 ans
32:17la littérature me sauve
32:19c'est comme si
32:19d'un seul coup
32:21par une magie incroyable
32:23Boris
32:24est comme un ange gardien
32:25il est à côté de moi
32:26il y a un dialogue
32:27qui se crée entre nous deux
32:28et sa poésie
32:31vraiment
32:32me fait du bien
32:32il me protège
32:33j'ai lu aussi
32:35Queneau
32:35Prévert
32:36et déjà pas mal d'autres
32:37même Sartre
32:38etc
32:39mais avec Boris
32:40c'est autre chose
32:41il y a un lien qui s'opère
32:42qu'est-ce qui vous a
32:43le plus intrigué
32:45effectivement
32:45vous le dites
32:46vous avez lu
32:46tous les grands auteurs
32:47ou touchés
32:47qu'est-ce qui vous a
32:48le plus
32:49effectivement
32:50touché
32:51dans l'oeuvre
32:51de Vian
32:52alors j'ai envie de dire
32:54je ne connaissais pas
32:56grand chose
32:56de la vie
32:57que malheureusement
32:58essentiellement
32:58de la violence
33:00mais
33:01sa poésie
33:02ça peut paraître
33:03c'est sa poésie
33:04et c'est certainement
33:06assez étonnant
33:07quand on vient de parler
33:08d'Aragon
33:08de dire derrière
33:09Vian
33:10on parle de sa poésie
33:11j'ai eu la chance
33:12de connaître
33:13Jacques Prévert
33:13et Prévert disait
33:15qui était son voisin
33:17de palier
33:18et quand on sonnait
33:19chez Prévert
33:19il avait l'habitude
33:21de dire
33:21si vous voulez voir
33:22un poète
33:23aller sonner
33:23chez le mec
33:24d'en face
33:25parce que
33:26Boris
33:27c'est vraiment
33:28un sacré poète
33:29et
33:30cette espèce
33:31de
33:31scantion
33:32et doublée
33:33d'une imagination
33:34absolument
33:35mais
33:37invraisemblable
33:37sur un autre monde
33:39une autre façon
33:40de penser
33:40une autre façon
33:42d'être
33:42lui il l'a vécu
33:43en tant que pataphysicien
33:44si je puis dire
33:45et oui
33:46Jacques Prévert aussi
33:47était pataphysicien
33:47il est mort à 39 ans
33:50il est mort en 1959
33:52effectivement
33:52donc il faut le préciser
33:53vous ne l'avez pas connu
33:55mais vous avez très bien connu
33:56pendant 50 ans
33:57Ursula
33:58effectivement
33:58sa veuve
33:59et depuis
34:00effectivement
34:01il faut saluer
34:02le travail remarquable
34:03que vous faites
34:04pour la préservation
34:04de son oeuvre
34:07et de son patrimoine
34:08depuis 45 ans
34:09Nicole Bertal
34:10vous avez abattu
34:11un travail de titan
34:12merci
34:14oui c'est assez étonnant
34:15parce que je parle
34:16de mes 13 ans
34:17et de cette situation
34:18assez moche
34:19et 6 ans plus tard
34:21par un concours
34:21de circonstances
34:23telle que la vie
34:24vous l'offre parfois
34:25je me retrouve en face
34:26d'Ursula Vian Kubler
34:28et plus tard
34:29je me retrouverai en face
34:30de Michel Léglise
34:31que sans doute
34:32Judith Magre
34:32vous avez croisé
34:33la première épouse de Boris
34:34et je vais me retrouver
34:36devant Miles Davis
34:37et devant Brassens
34:38et devant Moustaki
34:39et devant Michel Léris
34:41etc
34:42devant tant de gens
34:43qui ont continué
34:44avec Ursula Vian
34:45à faire vivre Boris
34:47Boris il faut savoir
34:49qu'aujourd'hui
34:49c'est 10 000 pages publiées
34:5210 000 pages publiées
34:55ce sont les oeuvres complètes
34:56Boris a écrit
34:57beaucoup de choses
34:58il a écrit
34:58trois recueils de poésie
35:00mais dans son oeuvre
35:01il y a cette poésie
35:02effectivement extraordinaire
35:04c'est quelqu'un
35:05qui est simple
35:06oui
35:08et ce qui est paradoxal
35:09c'est que de son vivant
35:10il n'a pas vraiment
35:11connu le succès
35:12comment l'expliquer
35:14aujourd'hui
35:14avec le recul
35:15alors je crois
35:16qu'on expliquait
35:18en tout cas
35:19je me permettrais
35:20ne l'ayant pas connu
35:21mais à travers
35:22toutes les confidences
35:23que j'ai pu recevoir
35:24et tous les gens
35:25que j'ai pu rencontrer
35:25je l'expliquerai
35:26d'une façon simple
35:27déjà
35:28il travaille sur tous les fronts
35:30il est ingénieur
35:32il est trompettiste
35:34il est novelliste
35:35il est pataphysicien
35:37il fait des bagnoles
35:38il travaille chez Philippe
35:39il répare des bagnoles
35:41il emmerde le monde
35:42excusez-moi de le dire ainsi
35:44mais c'est à peu près
35:45comme ça que ça se passe
35:46c'est-à-dire qu'on ne lui fait pas dire
35:47ce qu'il ne veut pas dire
35:48etc
35:49il va jouer de la trompette
35:50chez Gaston Gallimard
35:52dans son bureau
35:53en lui disant
35:53Gaston prenez-moi mon livre
35:55enfin on n'a jamais vu ça
35:56le gars il n'est pas excusé
35:57et on ne lui pardonnera
35:59jamais
35:59j'irai craché sur vos tombes
36:02ah oui ça a été ça
36:03le coup près
36:05alors il se fait un malin plaisir
36:08pendant des années
36:09à aller au cocktail Gallimard
36:12alors qu'on ne veut pas de lui
36:13c'est très clair
36:14et alors effectivement
36:15Ursula Vian Kubler
36:17quand Boris est mort
36:18quand elle a perdu son amour
36:22elle a décidé
36:23de entre guillemets
36:25presque de rentrer dans les ordres
36:26et donc dans les années 60 et 70
36:29elle s'est occupée de l'oeuvre de Boris
36:31et moi je l'ai rejoint
36:32en 76
36:34et c'est là où vous avez fait
36:35un formidable bout
36:36et il faudra quand même
36:37on va continuer à en parler
36:38Ma vie en Vian
36:39paru chez Fayard
36:40Boris Vian
36:41Louis Aragon
36:42on continue d'en parler
36:43dans un instant
36:44sur Sud Radio
36:45avec Nicole Bertholdt
36:47Judith Magre
36:48et Eric Delot
36:49alors restez avec nous
36:50on revient
36:50dans quelques instants
36:52la culture dans tous ses états
36:54André Bercoff
36:55Céline Alonso
36:58Aimer à perdre la raison
37:02Aimer à n'en savoir que dire
37:08à n'avoir que toi
37:10d'horizon
37:13et ne connaître de saison
37:44Aragon
37:45Eric Nolot
37:46c'est ça
37:47je suis venu bien après Aragon
37:50à tout point de vue
37:52et puis
37:53par manière de plaisanterie
37:54j'ai dit à Judith
37:56écoutez
37:56qu'est-ce que vous diriez
37:57parce qu'elle faisait un autre spectacle
38:00avec l'excellent Barreau
38:01avant
38:01je lui ai dit
38:02mais qu'est-ce que vous diriez
38:03si on montait sur scène
38:04tous les deux
38:04est-ce qu'il n'y a pas un auteur
38:05qu'on aimerait tous les deux
38:06alors ça lui a paru une bonne idée
38:08on a cherché des auteurs
38:09on est d'abord tombé
38:10d'accord sur Thomas Bernard
38:11mais ça déprimait trop
38:12Stéphanie Tesson
38:13la patronne du théâtre de Poche
38:15et
38:16après avoir un peu
38:18tourné
38:18on est tombé d'accord
38:19sur Apollinaire
38:20et après Apollinaire
38:21comme le spectacle
38:22avait bien marché
38:23que c'était très bien reçu
38:24par le public
38:25par la presse
38:25on a cherché
38:26quelqu'un d'autre
38:27et Aragon
38:27c'était vraiment un bon choix
38:28d'abord
38:29parce qu'on l'a dit
38:29suffisamment
38:30c'est un immense poète
38:31et il se trouve que
38:32Judith l'avait connue
38:33en plus
38:33donc ça a rajouté
38:34encore une dimension
38:35au spectacle
38:36alors Judith
38:37effectivement
38:37il faut le dire
38:38vous avez joué
38:39avec les plus grands auteurs
38:41vous avez joué
38:42les plus grands auteurs aussi
38:43vous avez tourné
38:44avec les plus grands réalisateurs
38:46de cinéma
38:46aujourd'hui
38:4780 ans de carrière
38:49qu'est-ce qui vous motive
38:50encore aujourd'hui
38:51à monter sur scène ?
38:53qu'il faut bien
38:54que je passe mon temps
38:55agréablement
38:58qu'est-ce que vous voulez
38:59que je vous dise ?
38:59on est bien sur scène
39:00moi j'ai la chance
39:01d'aller au théâtre de Poche
39:04c'est
39:05les Tessons
39:05c'est ma famille
39:06ça fait des années
39:07que je vais chez eux
39:09et puis
39:10j'ai la chance
39:11de rencontrer Eric Nolo
39:13que j'adore
39:14ben oui
39:15ben oui
39:17j'ai aussi fait des trucs
39:19avec Olivier Marot
39:21avec Stéphanie
39:22avec enfin bon
39:23enfin moi j'adore être
39:25j'adore être au Poche
39:26on me reçoit bien
39:27on me donne un bourrin-coup
39:29on est
39:30c'est vrai
39:31c'est important
39:32ça fait partie de la vie
39:34et des plaisirs
39:35absolument
39:36alors heureusement
39:37qu'à bon âge
39:38on en a encore
39:38écoutez
39:39à votre âge
39:41je rappelle précisément
39:42que le 20 novembre prochain
39:44vous serez centenaire
39:45quelle horreur
39:46quelle horreur
39:48quelle horreur
39:49on a pas vu d'être sur scène
39:50ce soir là
39:51ah oui
39:51j'espère
39:52et on sera tous
39:54pour vous saluer
39:54et vous applaudir
39:55oui mais vous direz
39:56vous direz pas
39:57que j'ai cent ans
39:58non non
39:59vous direz que vous m'aimez bien
40:00mais vous direz pas
40:01que j'ai cent ans
40:02promis
40:03elle venait d'avoir cent ans
40:05Judith Magre
40:06cette longévité
40:07oui
40:08comment vous l'expliquez
40:09parce que vous le dites
40:10dans les interviews
40:11j'ai fumé deux paquets de cigarettes
40:12par jour
40:13pendant plus de 75 ans
40:14il y avait des centenaires
40:15dans votre famille
40:16il y avait
40:17oui j'ai eu une
40:19une grand-tante
40:21ou un grand-tante
40:21je sais plus
40:22que je connaissais très bien
40:23qui était très marrante
40:24qui est morte à 72 ans
40:25et elle avait une femme de chambre
40:26très attentive
40:27qui lui a porté son thé
40:28à 5 heures
40:29elle me disait
40:30ma chérie
40:30va vous souhaiter
40:31dans le lavabo
40:32et mets-moi du whisky
40:33et elle est morte
40:34à 112 ans
40:35en pleine forme
40:36l'alcool conserve
40:41très subversif
40:43alors vous êtes
40:45de 1926
40:46exactement
40:47vous aviez 21 ans
40:49à la fin
40:49de la deuxième guerre mondiale
40:51vous avez connu
40:52la France de De Gaulle
40:52Mitterrand
40:53Chirac
40:54et tous les autres
40:54aujourd'hui
40:55comment vous regardez
40:56le monde d'aujourd'hui
40:57Judith Magre
40:58de loin
41:03à tout point de vue
41:04de loin
41:06pourquoi
41:07qu'est-ce qui vous effraie
41:08le plus
41:08dans ce monde
41:09aujourd'hui
41:11rien ne peut plus
41:11m'effrayer
41:13on peut être effrayé
41:14si on est jeune
41:16si on peut prendre parti
41:17ou pour des gens
41:18ou pour un parti
41:19mais moi
41:20qu'est-ce que je fais
41:21rien
41:22alors j'écoute
41:23il y a des gens
41:23qui me plaisent
41:24il y en a qui ne me plaisent pas
41:25et des gens
41:26de tous bords
41:26qui peuvent me plaire
41:27et de tous bords
41:28qui peuvent ne pas me plaire
41:29et je n'ai pas
41:31d'opinion politique
41:32moi je suis pour
41:33qu'on foute la paix
41:34au monde
41:34et qu'on n'arrive pas
41:35à se casser la gueule
41:36point fidèle
41:37c'est un peu simpliste
41:38mais enfin
41:38je ne veux pas en dire plus
41:39c'est déjà une ligne
41:41de conduite
41:42effectivement
41:43n'emmerdez pas
41:44les gens
41:45j'aimerais vous poser
41:46une question
41:47très particulière
41:48parce qu'on est actuellement
41:49en pleine affaire
41:49Patrick Bruel
41:50en 2023
41:52vous aviez signé
41:53la tribune
41:53n'effacez pas
41:54Gérard Depardieu
41:56qui visait à défendre
41:57la présomption
41:58d'innocence
41:58alors qu'il était
41:59mis en examen
42:00pour viol
42:01et agression sexuelle
42:02le procès en appel
42:03aura lieu
42:04donc en novembre
42:05selon vous
42:06il faut absolument
42:07séparer l'homme
42:08de l'artiste
42:10Gérard Depardieu
42:11est un homme que j'adore
42:12un artiste que j'admire
42:14on a dit des saloperies
42:15sur lui
42:16moi j'ai mon avis là-dessus
42:17mais je ne vais pas
42:18lutter contre le mot d'entier
42:19et toutes les conneries
42:20qu'on dit sur lui
42:21point final
42:22mais c'est votre ami
42:23ça reste votre ami
42:24évidemment
42:26et aujourd'hui effectivement
42:27Patrick Bruel
42:28certains maires de France
42:29certaines mairies
42:30lui demandent
42:31d'arrêter son spectacle
42:33comment vous réagissez
42:34quand vous entendez ça ?
42:36que c'est des cons
42:38bon
42:39c'est un mot
42:40mais c'est clair
42:41oui c'est un propos
42:42pourtant il y a
42:43plusieurs femmes
42:44actuellement
42:45les témoignages
42:46sont assez bouleversants
42:47pour certaines
42:48ça ne bouleverse pas du tout
42:49elles veulent faire
42:50parler d'elle
42:52moi ça ne bouleverse pas
42:53bon c'est possible
42:55que Patrick
42:56enfin je ne sais pas
42:57moi je l'ai connu
42:59c'est pas quelqu'un
43:00bon peut-être
43:01peut-être qu'il a été brutal
43:02peut-être qu'il a violé
43:03peut-être que
43:04bon alors à ce moment-là
43:05effectivement
43:06on se détourne de lui
43:07mais
43:09moi je l'aime bien
43:10parce que tel que
43:11je l'ai connu
43:12il reste celui
43:13que j'ai connu
43:14que j'aime bien
43:14et quant à Depardieu
43:16alors là on peut dire
43:16tout ce qu'on veut sur lui
43:17je l'adore
43:18et je l'admire
43:19au-delà de tout
43:20ce qu'on peut imaginer
43:21vous l'avez très bien connu
43:23aussi Depardieu
43:23vous le connaissez très bien
43:24Depardieu
43:25oui oui oui
43:26Nicole Berthold
43:28j'aimerais effectivement
43:28vous poser vous aussi
43:29cette question
43:30voir votre point de vue
43:31aujourd'hui sur ces affaires
43:33Bruel, Depardieu
43:34vous qui avez été un enfant
43:35une enfant violée
43:37mais c'est pas du tout
43:37les mêmes circonstances
43:38c'est pas les mêmes circonstances
43:40mais c'est les faits
43:41sont là
43:41oui je dirais que
43:43la justice doit être faite
43:46en dehors des médias
43:48je reste convaincue
43:49que c'est ça
43:50ça complique considérablement
43:52les choses
43:52et c'est vrai aussi
43:54qu'il y a l'affaire du temps
43:56qui joue effectivement
43:58un rôle
43:59est-ce que je devrais
44:00moi aussi
44:00me poser la question
44:01je me suis jamais posé
44:02la question
44:02si je devais
44:03aujourd'hui
44:05déclarer
44:05effectivement
44:06et mettre au procès
44:08ceux qui ont abusé de moi
44:10j'ai envie de dire
44:11je préfère garder
44:12les bonnes choses
44:13et d'ailleurs
44:14on a écouté
44:15Jean Ferrat
44:15qui disait du Aragon
44:16et Jean Ferrat
44:17a enregistré une chanson
44:18qui s'appelait
44:19Pauvre Boris
44:20oui c'est vrai
44:21d'ailleurs
44:22aussi
44:24et puis
44:25et puis mon dieu
44:26gardons les bonnes choses
44:27regardons les belles choses
44:29il y a des gens
44:30il y a des gens
44:30qui ont abusé de vous
44:31qui vous ont violé
44:32oui
44:32ah oui
44:33oui
44:34dès ma prime jeunesse
44:38vous auriez dû faire du judo avant
44:40et les foutre en l'air
44:42c'est comme ça
44:42que Ursula Vian
44:43m'a recueillie
44:44du reste
44:45parce que je suis arrivée
44:46chez elle
44:47dans un sale état
44:48et tout
44:48et simplement
44:49quand je suis arrivée
44:50chez elle
44:50je ne suis plus
44:51jamais repartie
44:52et oui
44:52cité Véron exactement
44:54un appartement
44:55c'est intéressant
44:56de savoir
44:56que c'était
44:57Michel Vian
44:57la première épouse
44:59de Boris
44:59qui était avec Sartre
45:00la compagne de Sartre
45:01aussi pendant
45:02très très très longtemps
45:03et oui
45:04merci à vous tous
45:05d'être venus
45:05nous aussi à vous
45:06oui enfin
45:07et rendez-vous
45:09merci à vous tous
45:11d'être venus
45:11sur Sud Radio
45:12chers auditeurs
45:13allez voir absolument
45:14Judith Magre
45:15et Eric Nolo
45:16qui racontent Aragon
45:17tous les lundis
45:18à 19h
45:19au théâtre de Poche
45:20Montparnasse à Paris
45:21et ce jusqu'au 6 juillet
45:23et lisez absolument
45:25Ma vie en Vian
45:27paru chez Fayard
45:28un livre de Nicole Bertolt
45:30et je terminerai
45:31par cette phrase
45:32une autre phrase
45:32de Boris Vian
45:33immortel
45:34c'est un peu
45:35comme nos discussions
45:36et discuter avec
45:37un chauffeur de taxi
45:38et il lui dit
45:40attendez attendez
45:41vous répondez complètement
45:42à côté de la question
45:43
45:43pourquoi vous répondez
45:44à côté de la question
45:44il dit parce qu'il y a
45:45de la place
45:48merci André Bercoff
45:49la culture dans tous ses états
45:51André Bercoff
45:52Céline Alonso
45:53avec terredefrance.fr
45:55le premier site d'articles
45:57français et patriotes
45:58Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations