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  • il y a 3 heures
Vendredi 22 mai 2026, retrouvez Antoine Ternon (Gérant diversifié, Apicil AM), Enguerrand Artaz (Stratégiste et gérant, La Financière de l'Échiquier) et Frédéric Rozier (Coresponsable de la gestion de portefeuille, Mirabaud) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:103 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché et faire le
00:13bilan de cette semaine boursière. Frédéric Rosy est avec nous, co-responsable de la gestion de
00:17portefeuille chez Mirabeau. Bonsoir Frédéric, merci d'être là, merci à Antoine Ternon de nous
00:22accompagner également. Bonsoir Antoine, ravi de vous retrouver, vous êtes gérant diversifié chez
00:26Apicil Asset Management et Anguéran Arthaz est également à nos côtés. Bonsoir, bienvenue
00:31Anguéran. Merci d'être là, vous êtes gérant et stratégiste à la financière de l'échiquier.
00:36Je regardais un petit peu le bilan de la semaine et des dernières semaines, le S&P 500 va boucler
00:42une huitième semaine de hausse consécutive, donc depuis le point bas de fin mars, c'est un carton
00:47plein pour l'indice large américain. Quand en Europe ou ailleurs dans le monde, les sorts ont été un peu
00:54plus mitigé, c'est le moins qu'on puisse dire. Le CAC 40 rebondit sur la semaine avec une
00:58performance hebdomadaire positive de plus de 2%, mais cette performance positive vient après
01:02quatre semaines de baisse, par exemple, pour l'indice parisien en Europe. C'est le grand retour de la
01:07suprématie des actions américaines, Antoine. Alors est-ce que nouveau record sous-entend fin
01:11d'une série positive ? Alors ça, je pense que les statistiques nous donnent tort, parce que peut-être
01:17que si ça augmente, c'est qu'il y a des bonnes raisons derrière. Pour autant, c'est vrai que
01:20les performances
01:20sont vachement en miroir inter entre l'Atlantique. Moi, ce que je retiens, c'est que 20%, on parle
01:27souvent d'un bull market, mais là on est d'un bear market quand c'est moins 20, là on
01:30est typiquement
01:31dans un bull market à l'envers. Le Nasdaq l'avait largement franchi plus tôt, donc ça vient tracter
01:37un petit peu tout le reste de la côte, mais pourtant à l'intérieur, ça reste quand même les mêmes
01:40gagnants. Une grosse partie qui vient ici des BPA et de la progression des résultats attendus pour
01:47l'année 2026, à grand renfort de publications de résultats, et je pense qu'on peut peut-être
01:51avoir un nouveau souffle avec ce qui est en train de se passer autour des IPOs. On a aussi une
01:55course
01:58entre Claude et ChatGPT qui est assez intéressante. Je pense que derrière, il y a des winners qui sont
02:02un peu différents et qui commencent à être de plus en plus identifiés à travers Anthropik
02:06et OpenIA. Et donc je pense que tout ça, ça vient tracter des players qui sont de plus en plus
02:12discriminés et de moins en moins joués globalement. Donc voilà, je pense que ça peut être
02:16intéressant. Mais ça veut dire qu'on oublie à nouveau l'idée de diversification, on plonge
02:22à nouveau dans un indice pondéré par les capitalisations comme le S&P 500 plutôt qu'un
02:26indice équipondéré qui lui ne fait rien depuis le début de l'année. C'est un peu à front
02:32renversé quand même de ce qu'on avait commencé à observer en 2025, Antoine.
02:36Oui, ou en fin d'année quand l'heure est à la rediversification, raconter des nouvelles
02:40histoires. Juste qu'en février même. On s'intéresse très souvent à l'équipondéré.
02:43Bon, finalement, fin de parcours ou même à mi-parcours, on voit que c'est toujours
02:47les mêmes qui tractent. Donc je pense que ça reste assez concentré en termes de thématiques.
02:52Mais dans cette thématique tech, je pense qu'il y a des choses de plus en plus différenciantes
02:57ou des relais qui commencent un peu à être pris. Pauline a parlé du quantum to the hour,
03:01on parlera sûrement de SpaceX.
03:03C'est un univers qui s'élargit quand même.
03:04La science-fiction, tout ça, mais en tout cas, ça s'élargit. En tout cas, ça continue
03:08à tracter l'engouement des investisseurs.
03:10Nvidia fait bien, mais Nvidia sous-performe son secteur, en tout cas. On a dans le secteur
03:15des semi-conducteurs des valeurs qui offrent...
03:17On a d'autres, après c'est vraiment un grand architecte des GPU, c'est pas le...
03:20C'est pas un jugement sur la valeur. Mais je constate qu'effectivement, il y a une prise
03:25de relève aussi par d'autres acteurs du secteur en termes de performance boursière.
03:29Qu'est-ce que ça vous inspire comme commentaire ? C'est cette description qu'on fait du
03:32marché, là, en guérant ?
03:33Non, mais effectivement, il y a déjà un point à souligner, c'est qu'on dit que c'est
03:36le rebond des États-Unis, c'est le retour du leadership américain, c'est surtout
03:39le retour du leadership de la tech. Parce que quand on regarde les autres indices américains,
03:43finalement, le Dow Jones, c'est pas grand-chose, c'est un peu mieux que l'Europe, mais c'est
03:46pas très flamboyant. L'indice équipondéré, on en a parlé, c'est pas beaucoup mieux.
03:51Donc c'est vraiment le retour de la tech, et même d'ailleurs de certaines composantes
03:55de la tech. Comme ça a été dit, si on regarde les méga-caps,
03:58finalement, elles font le S&P 500, guerre plus, même un petit peu moins, selon la fenêtre
04:03de regard qu'on prend. Ce qui, par contre, continue de monter de plus en plus fort, c'est
04:08toute la sphère des semi-conducteurs qui, elles, enchaînent record après record. C'est
04:12vrai aux États-Unis, mais c'est vrai aussi dans le reste du monde. On l'a vu en Asie
04:16notamment, la Corée et Taïwan qui enchaînent également les records. Donc en fait, c'est
04:21plus un plaid sectoriel presque qu'un plaid géographique, même s'il y a quand même
04:27une différenciation géographique qui se met en place, notamment entre les États-Unis
04:29et l'Europe, tout simplement parce que les trajectoires économiques commencent à diverger.
04:35Il suffit de regarder les indices de surprise économique entre les deux zones, vous voyez
04:39bien le grand écart. Et puis on a vu en Europe 0,1 de croissance au premier trimestre, c'est
04:44quand même plus que médiocre. Les derniers indices PMI étaient quand même très mauvais
04:48également. On parlera de la BCE après, mais dans ce contexte, une banque centrale qui a un
04:52ton restrictif, c'est quand même assez surprenant. Là où la Fed aurait plus de raisons d'avoir
04:58un ton restrictif, puisque l'emploi redémarre, etc. et elle garde pour l'instant, aussi liée
05:02au fait qu'on a un changement de Sherman, elle garde un ton plus neutre. Donc on a aussi
05:08cette dichotomie économique qui se traduit en dichotomie boursière. En fait, le narratif
05:14pro-européen qui a marché pendant tout 2025, qui marchait encore en début d'année, il a quand même
05:19pris beaucoup de plans dans l'aile sur les dernières semaines. Donc ce n'est pas illogique de voir ce
05:22découplement. Et par rapport à la question de la diversification, diversification oui, mais
05:27faut-il encore savoir où aller ? Et quand l'Europe va moins bien, quand les indices asiatiques sont
05:34perchés tout en haut, finalement on se dit que peut-être mieux vaut revenir sur les Etats-Unis,
05:38au moins on sait, on met les pieds.
05:39Bon, pire qu'une banque centrale qui adopte un ton restrictif comme la BCE, ce serait une banque
05:44centrale qui agirait de manière restrictive. Et ce sera peut-être l'enjeu de la prochaine
05:49réunion. Elle va le faire sur cette reconcentration de la performance. Et les problèmes que ça
05:55peut poser aussi, ou non, j'en sais rien, en termes de gestion ?
05:58C'est un problème. Alors nous, malheureusement, en Europe, c'est que le poids des technos en
06:03Europe, il est relativement faible.
06:04Oui, parce qu'il y a un parcours d'une STM, 150-160%, Affineon, HTML, même Dassault Systèmes,
06:10des entreprises qu'on croyait un petit peu à l'agonie, elles ont quand même plutôt bien
06:13rebondi par rapport aux points bas, on commence à avoir un petit peu autour de la SAP.
06:17Donc voilà, c'est vrai que nous, on souffre finalement toujours de ces indices qui sont
06:22globalement plutôt équilibrés, honnêtement, et beaucoup plus équilibrés que les marchés
06:26américains. Et ça pose effectivement un problème de concentration de performance.
06:32Je vais minorer quand même cet aspect. Moi, j'ai toujours défendu l'idée que, par
06:36exemple, sur Nvidia, j'ai toujours été convaincu que le gâteau devenant de plus en plus gros,
06:40il allait finalement se répartir tout en maintenant une croissance. Mais finalement, voilà, tout le monde
06:44d'aller en profiter. Et finalement, lorsqu'on regarde tout ça, donc Nvidia fait beaucoup
06:49moins que des parcours hallucinants d'Intel, par exemple, depuis quelques semaines.
06:54100%, c'est ça ?
06:55Voilà. On a aussi des phénomènes de pénurie ou de problématiques de production. Je pense
07:01notamment à ce qu'on appelle les mémoires. Les mémoires, il y a trois entreprises.
07:05Globalement, dans le monde, c'est De Coréenne et Micron. Donc là, on voit bien qu'il y a des
07:09problèmes de production. Les Chinois, à toute berzingue, essayent de produire de la mémoire
07:14parce que la tension est relativement forte. Donc, on a un marché qui est en train de...
07:17Je dirais, il est en train de s'étendre. C'est ça le plus intéressant. C'est que Microsoft
07:22ne fait rien sur le marché. On voit bien que là où on a été leadé quand même par
07:26globalement par quatre, cinq valeurs sur les Seven, on a des entreprises qui étaient derrière
07:34avec Broadcom, par exemple, en ligne, mais maintenant qui fait un petit peu moins bien que les autres.
07:38Mais toutes les autres ont commencé à se réveiller. Donc, on voit à quel point c'est la thématique
07:45qui est forte. Et je dirais que même, vous pouvez encore accentuer la progression de vos
07:50portefeuilles, pas forcément en faisant du S&P, on a cherché finalement d'être hyper
07:55contrariant des retardataires qu'on a eus sur le marché. Et là, vous avez des performances
08:00incroyables. Donc, c'est un marché effectivement très, très dur à traquer. Et je pense aujourd'hui
08:05beaucoup plus dur à traquer que par le passé, parce que ce qui monte le plus aujourd'hui,
08:08c'est des poids qui sont plutôt mineurs dans le S&P, mais la masse commence à devenir
08:13importante.
08:14Et une boîte comme Nvidia, à l'aune notamment de sa dernière publication, c'est le début
08:18d'une entreprise qui est en voie de normalisation, on peut le dire comme ça, Frédéric ?
08:23Alors, avec des taux de croissance qui restent délirants par rapport au commun des mortels.
08:28Mais on était sur des taux de croissance de 200% au tournant des années 2021-22, enfin
08:362022-23, quoi.
08:372022, c'était 4 milliards de chiffre d'affaires et 0, quasiment 0.
08:40Donc maintenant, 80% par rapport à 200%. Il y a malgré tout, il faut le constater,
08:44une forme de décélération.
08:46Oui, parce qu'il y a...
08:47Jusqu'à normaliser à travers des buybacks, à travers du dividend, d'une réallocation
08:50aussi du cash vis-à-vis des actionnaires.
08:53Elle fait un peu du Apple quasiment.
08:55Ça vient de la première période de dividendes immédiatement, là, aux Etats-Unis.
08:57Alors, c'est très intéressant parce que globalement, on sait que le consensus se trompe et minore.
09:03Et donc, comme on le sait, il n'y a plus d'effet waouh, c'est que globalement, il y
09:07a toujours
09:0710% au-dessus des attentes.
09:09C'est à peu près la...
09:10Et si vous avez vu, quand même, depuis maintenant, ça doit faire 8 publications, globalement,
09:15la réaction...
09:15L'action baisse.
09:16Ou fait rien, ou baisse.
09:18Exactement.
09:18Pourquoi ? Parce qu'on s'est habitué à ce que les analystes, globalement, minorent
09:23de 10% globalement, la publication.
09:26Donc, quand vous vous habituez, c'est le principe de la voie.
09:29Il y a plus cette révision massive qu'on avait auparavant.
09:31Et donc, la trajectoire est belle.
09:32Ça devient un véhicule, voilà, croissance à l'infini, qu'on arrive à tracer, plus
09:36d'effets de surprise, visibles.
09:38Par contre, les autres, on avait une croissance à l'infini qui était beaucoup plus faible.
09:41On s'aperçoit des accords d'AMD, des choses comme ça, que l'histoire, elle est en train
09:44de changer, peut-être beaucoup plus rapide qu'on ne l'imaginait.
09:47Un point aussi qu'on commence à discuter, là, dans ce thème de l'IA, avec les CAPEX,
09:52l'augmentation continue des CAPEX.
09:53On l'a vu à l'occasion des publications de ces entreprises Hyperscaler qui ont continué
09:57d'annoncer des augmentations de CAPEX qu'on projette sur les deux prochaines années.
10:02Et face au CAPEX, il y a des revenus, évidemment, pour des entreprises également.
10:07Antoine, et c'est le point que soulevait hier Christian Parizeau dans l'émission,
10:11c'est que la quasi-totalité des révisions à la hausse de CAPEX ou de revenus qu'on
10:16a dans l'IA sur les deux prochaines années, c'est plutôt porté par les volumes, c'est
10:20porté par la hausse des prix, l'inflation des prix à travers l'inflation des composants,
10:27mémoire ou autre, face à une offre qui n'arrive plus à servir cette demande.
10:32On change quand même un peu de logique de ce point de vue-là.
10:35Ils l'ont d'ailleurs très bien réexpliqué à l'occasion des post-publi, à l'occasion
10:39des conférences de presse, en expliquant que cette hausse des CAPEX de 10 milliards
10:44pour méta, par rapport à ce qui était anticipé pour 2026, elle était liée à cette inflation
10:48des composants, et c'était un peu pour faire passer la pilule.
10:51Il n'y aura pas plus de puissance de calcul, mais on va payer plus cher.
10:53En soi, exactement, on déploie toujours plus de milliards, mais peut-être pour une capacité
10:56qui reste identique.
10:58Mais je pense qu'en fait, cette course effrénée, elle est complètement logique, il ne faut
11:01surtout pas être le dernier retardataire.
11:04On monétisera tout ça plus tard, on essaye d'expliquer au mieux les choix, au pire
11:09on fait un peu de buy-back, un peu de dividendes pour faire patienter pour les actionnaires
11:14très gâtés qui sont, pour reprendre ce qui a été dit sur Nvidia, et puis on essaye
11:18d'avancer et de rassurer le marché au maximum.
11:20Après tout ça, ça se déploie finalement dans l'indice SOX et les semi-conducteurs,
11:25par effet de découlement.
11:27Mais en fait, aux manettes, c'est bien ces 700 milliards qui sont annoncés pour les
11:30quatre gros hyperscalers qu'on connaît, qui tractent l'ensemble du secteur.
11:37Comment on gère dans une gestion diversifiée ? Comment on diversifie un peu son risque ?
11:40Il faut être bien sûr dans le thème de l'IA, ce serait une faute professionnelle
11:44de ne pas y être, j'imagine.
11:46Antoine, comment on essaye d'équilibrer quand même les risques ?
11:49Je pense que la mauvaise réponse, c'est de dire qu'on va sur les émergents.
11:52Je regardais tout à l'heure la compo du MSCI émergent, c'est incroyable, mais on
11:55pense que la concentration, elle est vraiment à son part optique dans le Nasdaq.
12:00Je crois que les dix plus gros composants, c'est 50%, mais c'est plus de 40% dans le
12:06MSCI émergent, avec des TSMC, des Alibaba, des Samsung, etc.
12:12Donc en fait, si on achète de la zone émergente, on achète clairement cette même
12:15histoire.
12:16Mais moins cher.
12:18Peut-être qu'il peut être moins cher, peut-être qu'il peut avoir d'autres relais
12:24beaucoup plus locaux, mais c'est des tout petits poids dans cet indice-là.
12:27Donc est-ce qu'il faut faire du picking ? Peut-être que c'est ça la réponse.
12:29Peut-être qu'il faut aller chercher les modèles open source chinois.
12:32Il y a eu le moment d'Ipsi qu'à l'époque, on en aura peut-être un deuxième, on
12:36en
12:36entend moins parler maintenant.
12:37Mais voilà, peut-être aller chercher d'autres histoires toujours autour de la tech,
12:41parce que ça capte toute l'attention.
12:43Mais voilà, peut-être, j'entendais parler des data centers chinois dans l'eau.
12:47On parle de ceux de l'espace, mais beaucoup d'importance dans l'eau.
12:50Voilà, encore une fois, est-ce que c'est fantasme ou réalité ?
12:52Mais peut-être qu'on peut aller chercher des histoires.
12:54Alors il faut faire gaffe, parce que là-dedans, dans ces indices un peu niches de Cantum,
12:58etc., il y a soit des bigs qui ne sont pas vraiment des vrais players.
13:02IBM, ils ont 90 supercalculateurs, c'est l'ensemble de tous les supercalculateurs américains
13:09cumulés des petites boîtes où il y a très peu de flottants, avec des parcours qui sont
13:14un peu des parcours de l'ordre de la biotech.
13:16Est-ce que oui ou non, ils vont réussir à produire quelque chose de commercial, commercialisable ?
13:20De boîtes non rentables.
13:22Mais la fameuse tech non rentable, on en a beaucoup parlé, elle est revenue.
13:25Peut-être que c'est un deuxième lot.
13:27Elle surperforme largement aujourd'hui.
13:30Peut-être que ça fait partie d'un deuxième lot de tech non rentables qui pourraient arriver
13:34sur le devant de la scène.
13:35Comment on équilibre les risques dans cet univers de la tech ?
13:38Pardon, j'ai pas répondu à la question.
13:46Justement, au risque d'être un peu rébarbatif, je pense qu'il y a aussi
13:51à des fois se reconcentrer sur d'autres fondamentaux.
13:54Et tout simplement, ne serait-ce qu'aux Etats-Unis, on voit que l'emploi redémarre,
13:58on voit que certaines zones de la consommation, alors pas tout loin de là,
14:02mais certaines zones de la consommation redémarrent.
14:05Et dans les segments plus mid-cap, small-cap, on a ces boîtes de consommation
14:12un peu dépendantes de la middle class américaine qui ont eu des parcours assez sanglants depuis deux ans.
14:17Est-ce que c'est pas le moment de s'y réintéresser ? Peut-être.
14:20Et là, on équipe, parce que du coup, on n'est pas du tout dépendant de la tech,
14:23on n'est pas dépendant de l'IA, on n'est pas dépendant des semi-conducteurs,
14:27parce que là, je partage tout à fait l'avis.
14:29On voit bien, après la publication de Nvidia, Nvidia ne monte pas,
14:33mais est-ce qu'INX prend 6 ou 8, Samsung prend 8.
14:37En fait, c'est juste qu'on a changé de proxy,
14:39mais en fait, c'est exactement le même facteur de risque.
14:41Donc là, je suis d'accord.
14:42Et puis, alors, on serait tenté de dire, regardez un peu l'Europe,
14:46parce que malgré tout, il y a des choses qui fonctionnent.
14:50Et c'est vrai que c'est peut-être le moment de revenir aussi sur ce qui en Europe a
14:55été délaissé,
14:56sur des défensifs un peu de qualité, des choses comme ça qui ne marchent pas du tout.
15:00Là, vraiment plus dans une logique de construction de portefeuille,
15:03parce que l'histoire n'est pas non plus extrêmement sexy.
15:05Mais c'est globalement ça, l'idée, c'est de se dire, il y a le thème.
15:07– Oui, mais c'est dans ces moments-là, comme vous dites,
15:09on réfléchit en termes de construction, de structure de portefeuille,
15:12et c'est dans ces moments-là où il y a peut-être des opportunités de rentrer des boîtes
15:15qui ne vont peut-être pas payer tout de suite,
15:16mais qui apporteront quand même un équilibre dans les portefeuilles qui sera intéressant.
15:21– En tout cas, avec l'autorisme qui est différent,
15:22qui n'a pas forcément non plus de sensibilité vraiment à ce qui se passe en Iran,
15:26parce que c'est quand même l'autre problématique.
15:28Aujourd'hui, prendre des cycliques européennes,
15:30on n'a pas vraiment envie, vu ce qui est en train de se passer,
15:32vu leur surperformance depuis trois ans.
15:34Donc c'est un peu aller chercher d'autres choses qui peuvent,
15:37peut-être pas être très flamboyantes,
15:39mais décorréler ce qui se passe à la fois sur l'Iran et sur la tech.
15:44– Bon, sur la conso américaine, on pourra en reparler,
15:47on va en reparler un peu plus macro,
15:48mais alors qu'on ne sait pas où la vague de réinflation va s'arrêter,
15:55oui, ça peut être quand même une idée…
15:58– Je pense que la vague de réinflation, elle ne va pas aller très loin,
16:00de toute façon, ni aux Etats-Unis, ni en Europe,
16:02pour des raisons différentes d'ailleurs.
16:04En Europe, parce que ça va casser la croissance,
16:06puisque la BCE va appuyer là-dessus pour la casser encore plus.
16:09Et aux Etats-Unis, parce qu'ils sont quand même moins dépendants des prix de l'énergie,
16:14donc il y a moins d'effets quand même directs.
16:16Et puis parce que, bien que le marché de l'emploi reparte,
16:20les salaires, eux, ne repartent pas.
16:21Il y a un gros, gros boom de productivité,
16:23alors peut-être productivité masquée,
16:25mais en tout cas de productivité aux Etats-Unis,
16:27donc les risques de voir un réenchaînement inflationniste…
16:29– Il y a un phénomène d'autorégulation qui se met en place tout de suite par rapport à…
16:33– Alors le niveau des prix reste élevé,
16:35mais en termes de variation,
16:37je pense qu'il n'y a pas non plus beaucoup de sujets à attendre.
16:40Donc globalement, ça va.
16:42Il n'y a pas forcément beaucoup de croissance de salaire,
16:44mais par contre, il y a plus de personnes
16:45qui vont retrouver des revenus du travail.
16:47Globalement, ça va retracter un peu de la consommation
16:50sur des zones qui avaient été un peu délaissées.
16:52– On y reviendra, on dira un mot de Kevin Warsh,
16:54qui prêtait serment aujourd'hui à la Maison-Blanche,
16:57en présence de Donald Trump.
16:59Mais tiens, puisqu'on parle du consommateur américain,
17:03l'effet richesse qui va être généré…
17:06Non mais quand même !
17:07– Ah bah oui, je pense à ça justement.
17:08– L'effet richesse qui va être généré par une IPO comme SpaceX,
17:11suivi peut-être à l'automne d'Open&A et puis d'Entropique,
17:15mais ça va être déliant !
17:17– Ah oui.
17:17Alors je permettez, je vais faire un disclaimer,
17:20parce qu'à Mirabeau, on est actionnaire de ces entreprises,
17:24et notamment SpaceX,
17:25donc on est évidemment avec impatience le 12 juin.
17:29Donc il faut…
17:30– Intéressant parce que vous êtes skin in the game justement.
17:32– Oui, oui, donc on a suivi tout le développement,
17:36ce qui est très intéressant sur cette société,
17:39sur les multiples de valorisation.
17:40Donc si ça vous intéresse,
17:42vous pouvez consulter le document d'introduction au Nasdaq
17:44qui est très intéressant, c'est 280 pages,
17:45si vous avez du temps à perdre.
17:46– Mais il y a beaucoup de choses assez sidérantes quand on voit ça,
17:51c'est derrière les words que va se donner Trump…
17:55– Trump, pardon, c'est presque…
17:57– Oh, le lapsus !
17:57– Mais Elon Musk sur…
17:59– Vous savez qu'en gros, c'est 1000 milliards de dollars potentiels,
18:05– De gains pour lui ?
18:06– De gains, de rétribution.
18:08– Oui, de rétribution, c'est ça.
18:09– Alors sous forme d'action.
18:10– C'est des milestones qui peuvent toucher au fur et à mesure
18:12des objectifs atteints.
18:13– De capitalisation, donc c'est quand même écrit
18:17de 7500 milliards potentiels derrière,
18:21donc toute tranche de 500 milliards lui attribue des actions supplémentaires
18:24avec une condition, c'est d'avoir 1 million d'humains sur Mars,
18:28une colonie de 1 million.
18:29Donc quand on dit ça, on a vraiment l'impression d'être dans Cosmos 99,
18:33c'est quelque chose de surréaliste.
18:34il a exactement le même type de rétribution sur la partie X, XAI,
18:41où là c'est une capitalisation maximum de 6500 milliards
18:46et avec une rétribution de 300 millions d'actions par tranche de 500 milliards
18:50avec un objectif de 100 Tera, l'équivalent de 100 Tera Watt produit,
18:56en équivalent, qui est à peu près l'équivalent de 2000 data centers aujourd'hui.
19:03Donc pour vous donner la taille,
19:05entre 1 million d'humains sur Mars et 2000, l'équivalent d'équivalent de production.
19:10– 2000 data centers qui ne sont pas construits aujourd'hui,
19:12ça n'existe pas 2000 data centers aujourd'hui.
19:15– Donc on voit aussi l'ambition du monsieur.
19:17Alors ce qui est important sur ces trois introductions,
19:19c'est les montants.
19:20On va, bon an, mal an, tourner autour de 3500, voire 4000 milliards de dollars.
19:26C'est l'équivalent sur trois sociétés qui ne génèrent quasiment pas de revenus,
19:31on est à 80 milliards de revenus.
19:32– Ça c'est la capitalisation que pourraient représenter ces entreprises
19:35sur le prix d'introduction qui sera fixé.
19:37– Soit l'équivalent de ces entreprises, pour certaines qui ne sont pas très très vieilles,
19:40l'équivalent du poids de l'euro stock 50 au moment où on se parle.
19:44Et ce qui est plus aberrant, quand on le voit d'extérieur,
19:47c'est ces 80 milliards de revenus, pas de résultats, de revenus,
19:51qui bon an mal an revient à peu près au revenu de LVMH.
19:54Donc l'euro stock 50 génère, au moment où on se parle,
19:593500 milliards de revenus pour 3500 milliards de capitalisation boursière,
20:03en face de 3500 milliards de capitalisation pour 80 milliards de revenus.
20:07Pour des entreprises non rentables,
20:09Anthropique va devenir rentable à priori.
20:11– Sur un trimestre.
20:11– Sur un trimestre, donc on sait qu'il y a beaucoup de dépenses.
20:14Donc les multiples sont hallucinants.
20:17Ces entreprises-là, aujourd'hui, cumulées, vont faire…
20:20Voilà, c'est dans le top 10 des entreprises en termes de capitalisation.
20:25Alors il y a eu un équivalent, c'est un Ramco, si on veut faire en termes de taille,
20:29mais vous voyez, même là, ça n'a plus rien à voir.
20:32– C'est une fraction de ce que va lever SpaceX.
20:34– Oui, mais bon, ça sort de l'entendement.
20:39Moi, la question que je me pose là-dessus…
20:41– C'est un problème ou pas ?
20:42– Pour le succès de ces entreprises en bourse, c'est ce qui va compter maintenant.
20:46– J'ai un problème, et c'est essouvé, notamment par certains fonds de pension,
20:49et vous l'avez vu sur la valorisation et sur l'introduction de ces entreprises.
20:53C'est évidemment, quand vous n'en avez pas, vous courez derrière le papier.
20:56L'indiciel et tous ceux qui veulent suivre vont devoir courir derrière le papier.
20:59Et j'ai le sentiment qu'il risque d'avoir un petit peu de vase communiquant.
21:04C'est-à-dire qu'il n'est pas impossible que des grosses capitalisations boursières,
21:08notamment dans les Max7, du fait du poids de ces entreprises,
21:14subissent une déperdition d'actifs pour transférer.
21:17Parce qu'on sait, les indices sont très liés à la masse monétaire.
21:20– On vendra du Nvidia pour acheter du SpaceX.
21:22– Voilà, il n'est pas impossible.
21:25– Pour avoir la manière dont ces entreprises nouvelles en bourse
21:28vont être intégrées dans les indices, avec quelles caractéristiques,
21:31quelles conditions, en fonction du flottant.
21:34Non, mais elles vont y aller très vite.
21:35– Sauf que la loi, l'argumentation, elle peut vouloir là-dessus,
21:39c'est que maintenant, on accepterait des entreprises non rentables au sein des indices.
21:42Mais je pense qu'on pourrait avoir, par exemple,
21:44et le premier perdant serait Nvidia dans ce cas-là,
21:47je pense qu'on pourrait très bien avoir un…
21:49On a acheté les pelles, finalement.
21:51Maintenant, il y a eu l'histoire du chercheur d'or.
21:54Et donc, la question, c'est que là, on arrive à la finalité,
21:56qui est le client final.
21:58Et j'ai une petite intuition que Nvidia pourrait être le perdant,
22:04capitalistiquement parlant, de cette opération,
22:05en disant, voilà, on a joué cette partie, c'est installé…
22:07– D'où l'idée qu'on a besoin de séduire l'actionnaire
22:09avec du buyback, du dividende, pour montrer quand même que…
22:12– Et donc, in fine, est-ce que ça va avoir un impact positif sur le marché ?
22:15Si on fait ces arbitrages, sachant que Nvidia,
22:17ça doit être 6 ou 7% des indices, un peu plus…
22:20– Si, oui, c'est ça.
22:21– Je ne suis pas certain, globalement.
22:23Ça va faire beaucoup d'animation, beaucoup de rotation,
22:25mais il pourrait y avoir une sorte de transfert de valeur.
22:27C'est un sentiment, j'ai peut-être tort,
22:30mais ça peut, à mon avis, s'opérer comme ça.
22:33– Eh bien, on le saura pas, peut-être le 12 juin, Frédéric,
22:35si vous avez raison ou tant.
22:37Qu'est-ce que ça vous inspire, là aussi ?
22:39Je ne sais pas, parce que c'est vrai que…
22:42L'introduction de SpaceX semble tellement démesurée,
22:45tout le monde le 12 juin ne pensera, ne regardera que ça, Antoine.
22:48– Déjà, la histoire des vases communicants,
22:50je pense qu'il y en a au moins deux autres,
22:52on a parlé d'Nvidia, qui peut-être cherchent à rassurer,
22:54justement, en montrant qu'elle, c'est une boîte mature…
22:56– Oui, c'est ça, on fidélise.
22:57– On a l'impression que c'est un peu installé.
22:59On voit aussi, deuxièmement,
23:01qu'OpenIA cherche à se presser,
23:05de rappeler qu'il sera le prochain
23:07et que peut-être qu'il ne faut pas mettre
23:08toutes ces billes dans le premier parce qu'ils arrivent
23:10et donc le dossier, je pense, sera peut-être pressé
23:13d'arriver sur la table.
23:14Et troisièmement, on voit qu'il y a un emballement
23:16sur tous les proxys ou proxylikes,
23:18les choses qui peuvent permettre de jouer la thématique.
23:20Je crois que l'ETF spatial a encaissé
23:23une journée record la veille du dépôt du dossier.
23:28– Enfin voilà, je pense qu'il y a ces histoires
23:29de vastes communiquants.
23:30Après, je pense que clairement,
23:32il reste une montagne de cash à investir
23:33qui sont sur les fonds monétaires,
23:35qui pourront être déployés
23:36et puis il pourrait y avoir d'autres arbitrages
23:38au sein de la tech,
23:39mais si l'engouement y reste,
23:41je pense que ça attraquera toute la côte.
23:44Je voudrais juste remercier ce que disait tout à l'heure
23:46en guérant qui était super intéressant.
23:48Sur la conso, Walmart a fait un très beau parcours boursier
23:52l'année dernière, ça marque une petite pause.
23:54En tout cas, il y a des résultats qui sont publiés
23:56plutôt solides.
23:57Alors, Walmart, c'est vraiment la conso de base,
24:00mais on a des targets derrière
24:01qui ont plutôt bien publié,
24:03avec toujours pas que l'effet prix
24:07qui justifie les résultats.
24:08Et puis, Home Depot,
24:09qui est un peu plus exposé au segment IMO,
24:12mais qui tient quand même le choc.
24:13Donc voilà, le consommateur américain,
24:15toujours en forme.
24:16– Je reviens à l'espèce de richesse.
24:17– On sait que la richesse est potentiellement mal redistribuée,
24:21ou en tout cas très inégalement distribuée.
24:24Mais voilà, les marchés boursiers progressent.
24:27Et donc, on a encore plus de patrimoine
24:31qui est spécifiquement aux États-Unis déployé sur de l'equity.
24:35– Bon, ça nous amène à dire un mot à nouveau,
24:37peut-être, des enjeux pour les banques centrales.
24:39On a déjà parlé un peu de la macro-américaine avec vous,
24:42en guérant déjà quand même un mot de ce qui s'est passé
24:46sur les marchés obligataires ces dernières séances.
24:49Alors, les toutes dernières montrent quand même l'idée
24:51d'une stabilisation, d'un apaisement.
24:53Mais c'est vrai qu'on a vu quand même ces mouvements
24:56de parties longues, de courbes de taux,
24:58repartir assez violemment à la hausse.
25:00Un mouvement de repentification assez violemment.
25:02Alors qu'au début du conflit du Golfe,
25:04c'était quand même plutôt les parties courtes
25:05qui montaient assez vite et assez fortes.
25:08Alors là, à nouveau, le focus est revenu sur les parties longues
25:11et très longues de courbes, dans un mouvement assez global,
25:15d'ailleurs, qu'on a un peu de mal à discriminer
25:17entre les États-Unis, l'Europe et le Japon,
25:19pour prendre les grandes zones.
25:20– Il y a une force de traction aussi,
25:22les unes entre les autres,
25:24parce que les sujets sont quand même très différents
25:26dans les trois zones que vous avez citées.
25:29Ce qui semble assez clair, c'est qu'on a deux sujets
25:35un peu concomitants.
25:37D'abord, un marché qui se dit que le retour à des taux bas,
25:44comme on pouvait le penser à un moment, en 2025,
25:46on s'est dit, finalement, le nouveau monde post-Covid
25:50avec plus d'inflation, il n'aura pas lieu,
25:52on va revenir à des taux bas.
25:53Finalement, on redétricote ce narratif-là
25:56et on se dit, non, en fait, on va peut-être structurellement
25:58rester avec un peu plus d'inflation.
26:01Alors moi, ma conviction, c'est qu'on n'aura pas structurellement
26:03plus d'inflation.
26:04Par contre, on aura plus de volatilité de l'inflation.
26:06Donc plus de volatilité aussi des réactions des banques centrales.
26:09Ce qui justifie peut-être d'ailleurs une prime de risque
26:12sur les taux à long terme qui est plus élevée.
26:14Ça, c'est la première chose.
26:15Et puis, il y a malgré tout une sorte de, je dirais,
26:20de contamination des risques inflationnistes
26:23qu'on pense apercevoir avec l'Iran,
26:25qui contamine un peu la partie longue,
26:28surtout à mesure que le conflit,
26:31enfin, non pas ses temps, mais en tout cas que le blocage, lui, continue.
26:35Donc, c'est principalement ça, à mon avis, le sujet.
26:38Puis avec des discours des banquiers centraux,
26:40j'ai déjà parlé de la BCE,
26:41on sait que la banque du Japon va certainement continuer à monter ses taux.
26:45Et même du côté de la Fed,
26:47les marchés qui avaient mis du temps à s'ajuster,
26:50maintenant, price une hausse de taux.
26:51Ça a mis du temps, mais les marchés sont quand même ajustés,
26:55ce qui est assez logique, d'un point de vue fondamental.
26:57Et puis, même certains discours,
26:59alors, c'est peut-être assez politique aussi,
27:02puisque du fait qu'il n'ait pas obtenu le poste,
27:03maintenant, il retourne sa veste.
27:04Mais je voyais Christopher Waller récemment,
27:06qui disait que quand même,
27:07s'il y avait un désancrage des anticipations d'inflation,
27:10c'était pas super, etc.
27:12Alors bon, il y a peut-être un peu de jeu aussi là-dessus,
27:15mais malgré tout, il y a globalement,
27:19pour les banques centrales,
27:20un sujet de crainte du désancrage des anticipations d'inflation,
27:24qui me paraît un peu exagéré en Europe,
27:27mais qui est beaucoup plus vrai aux Etats-Unis.
27:29Bon, mais en Europe,
27:30alors j'entends, tout dépend de ce qu'on écoute comme discours,
27:33et c'est vrai qu'au tout début du conflit,
27:35le discours a été très vite, très dur, très ferme,
27:37avec une Christine Lagarde qui, tout de suite,
27:39a rappelé que la BCE n'hésiterait pas.
27:41Depuis, quand même,
27:43un peu d'eau a coulé sous les ponts,
27:45le conflit est là, s'installe,
27:46le blocage d'Hormuz reste évidemment
27:48l'actualité du moment,
27:50mais on sent quand même
27:52qu'ils n'ont pas envie d'y aller si fort
27:55du côté de la BCE.
27:57Il faut préserver la crédibilité,
27:59la hausse de taux de juin, elle est inscrite,
28:02mais on sent quand même
28:03qu'il y a des voix
28:04et des banquiers centraux en Europe
28:07qui ne sont pas dans la précipitation.
28:10Non, mais c'est presque,
28:12je veux dire, c'est presque un peu pire, ça.
28:13J'ai beaucoup entendu ce discours-là,
28:15parce que j'étais absent quelque temps,
28:17et j'ai beaucoup entendu ce discours-là
28:18en revenant,
28:19ah oui, il faut faire une hausse de taux
28:20pour la crédibilité.
28:21Mais où est la crédibilité
28:23si on fait une hausse de taux
28:24alors que l'économie est en train de s'affaisser
28:26et qu'on est obligé de refaire
28:28des baisses de taux peut-être
28:29six mois plus tard ?
28:30Pour moi, il n'y a aucune crédibilité
28:31si ce n'est de reproduire
28:32les erreurs de Trichet
28:33ou des périodes précédentes de la BCE.
28:36Donc là, pour moi,
28:37c'est plus du dogmatisme
28:38que de la recherche de crédibilité.
28:40Que la BCE ne se presse pas
28:41pour baisser les taux
28:43face à un peu
28:43à la relativement de la croissance,
28:44oui, ça paraît évident.
28:46On a quand même un sujet
28:46de hausse des prix de l'énergie.
28:48C'est très logique
28:49qu'elle ne se précipite pas.
28:50Mais cette idée de dire
28:51on va faire une hausse de taux
28:53pour montrer qu'on sait faire
28:56mais bon, on ne va pas trop en faire
28:57puisque si ça se trouve derrière,
28:58on rebaissera.
28:59Je ne comprends pas l'intérêt.
29:00On a vu dans le dernier
29:01Banklanding Survey de la BCE
29:03que les anticipations de durcissement
29:05des conditions de crédit,
29:06notamment pour les entreprises,
29:07étaient reparties
29:08assez fortement à la hausse.
29:10Donc déjà presque,
29:11on a déjà du durcissement
29:12des conditions financières
29:13aujourd'hui.
29:14Rien que par le discours,
29:15par le niveau des taux longs,
29:16etc.
29:17Ça dépend du délai de la conviction
29:18que vous avez
29:19sur la capacité de l'inflation
29:20à rebaisser,
29:22à ressortir du système
29:23une fois qu'elle y est entrée.
29:24C'est surtout, en fait,
29:25la question c'est
29:26est-ce qu'aujourd'hui
29:26on peut avoir des effets
29:27de second rang sur l'inflation ?
29:29Il me semble que
29:30vu l'état de l'économie européenne,
29:32les risques sont très très faibles.
29:34On n'est pas du tout en 2022.
29:36Et donc, à partir de là,
29:37bien sûr,
29:37on a une sensibilité
29:38plus forte aujourd'hui
29:39parce qu'on se rappelle
29:40de la poussée inflationniste
29:41de 2022.
29:41Il y a une demande déjà
29:42qui est en train de s'exprimer
29:43de ce point de vue-là.
29:44Il y a en France,
29:45il y a des demandes,
29:46des syndicats
29:47pour ouvrir les négociations
29:48salariales, etc.
29:50Oui, mais aujourd'hui
29:51les entreprises
29:51n'ont plus le pricing power
29:53qu'elles avaient en 2022.
29:55Donc,
29:56et puis le marché de l'emploi
29:58n'est plus en si bonne forme
29:59que ça.
30:01Donc, je pense que ça,
30:02évidemment,
30:02c'est du jeu politique
30:03et syndical,
30:03c'est normal,
30:04mais ça n'arrivera pas.
30:05Mais ça veut dire
30:06que si la BCE
30:07est capable de monter les...
30:08Enfin, de bouger les taux
30:09dans un sens,
30:10il faudrait aussi
30:11qu'elle soit capable
30:11de les rebouger
30:12dans l'autre...
30:14À minima.
30:14À minima.
30:15Même si, encore une fois,
30:16je ne vois pas l'intérêt
30:16d'aller dans un sens
30:17pour repartir dans l'autre.
30:18Et pour vous, je comprends
30:19que l'intérêt,
30:19ce serait de le faire.
30:20Voilà.
30:20Mais au moins,
30:22effectivement,
30:22de diluer un peu ça,
30:24je pense que c'est...
30:25Et un mot de Warch
30:26et après,
30:27je fais circuler la parole
30:28à Frédéric et Antoine.
30:29Et donc, Warch,
30:30la première mission de Warch
30:32pour les FOMC du 16-17 juin,
30:34contrairement peut-être
30:34à ce qu'il pouvait ambitionner
30:35il y a quelques mois
30:38en se disant
30:39qu'il allait réussir
30:39à convaincre
30:40ses congénères
30:41de baisser les taux,
30:43là,
30:43s'il arrive à les convaincre
30:44de ne pas monter les taux
30:45tout de suite
30:46ou d'attendre encore un peu,
30:47ce sera déjà
30:48une forme de victoire pour lui.
30:49Je ne pense pas
30:50qu'il y ait quand même
30:50de pression
30:50de monter les taux
30:51dès la prochaine réunion
30:52du côté de la Fed.
30:53Par contre,
30:54il va les convaincre
30:55de garder un discours équilibré.
30:57Ce qui sera peut-être
30:57plus compliqué
30:58parce que je pense
30:59que certains pousseront
31:00pour qu'il y ait
31:02des mentions
31:03dans le statement
31:04qui soient un peu plus présentes.
31:06C'est peut-être là-dessus,
31:07c'est de la sémantique,
31:08mais pour les marchés,
31:08ça gagne beaucoup.
31:08Donc la bataille concrète
31:10pour lui, c'est ça ?
31:10Pour la prochaine réunion,
31:11je pense que ça sera surtout ça.
31:12Oui, oui.
31:13Bon.
31:13Frédéric,
31:14sur les enjeux de Banque Centrale,
31:15on y revient.
31:16C'est vrai que Kevin Warch
31:17a fait
31:17« C'est pas serment,
31:18c'est allégeance ».
31:21Non, non.
31:22Alors, je vais le défendre
31:22parce que c'est quelqu'un
31:23qu'on connaît
31:24depuis de nombreuses années.
31:25C'est quelqu'un
31:26On ne l'a pas attaqué
31:26jusqu'à présent.
31:27C'est quelqu'un
31:28qui l'a écrit là-dessus.
31:30C'est quelqu'un
31:30qui est très orthodoxe
31:31dans sa vision
31:32d'une Banque Centrale.
31:33Il l'a écrit,
31:34notamment,
31:34il a été conseil
31:36pour la Banque Centrale anglaise
31:38et dans ses directives
31:39et dans ses conseils,
31:40il a toujours été
31:41dans une politique
31:43très claire
31:44et dans la logique
31:45des banques centrales.
31:45C'est la compétence du bonhomme.
31:46Non, mais ce n'est pas la compétence.
31:47C'est la question,
31:48c'est est-ce que oui ou non
31:49sous pression,
31:50un type qui a pendant 20 ans
31:52à décider
31:53et à publier
31:54et à conseiller
31:55une certaine forme
31:56de politique orthodoxe,
31:59est-ce que oui ou non
32:00dérogerait du jour au lendemain ?
32:01Honnêtement,
32:02et je pense que c'est ça aussi
32:03le marché qui l'avait réagi
32:04d'ailleurs sur la nomination
32:06de Walsh
32:06parce qu'on sent bien
32:07que c'est quelqu'un
32:08normalement dans son ADN
32:09qui doit avoir une logique
32:10de Banque Centrale.
32:12Donc,
32:13pas trop inquiet là-dessus.
32:14Et sur la BCE,
32:16le gros problème
32:17et nous ce qu'on n'aime pas
32:18c'est les divergences
32:19de politique monétaire.
32:20C'est ça le plus...
32:21Honnêtement,
32:22si la BCE
32:23effectivement
32:24le plus dangereux
32:25c'est que la Fed
32:26aille dans l'autre sens
32:26et nous on se mette à monter.
32:28C'est l'épisode
32:29qu'on a bien connu
32:29avec M. Trichet.
32:31Ça c'est une bombe nucléaire.
32:33Donc là,
32:33il ne faudrait pas
32:34qu'on ait ça.
32:35A priori,
32:35on n'aura pas ça.
32:36Le marché aujourd'hui
32:37dans les anticipations
32:38je crois que c'est
32:39une demi-hausse
32:40qui doit être pricée
32:40fin d'année.
32:41Une demi-hausse.
32:42Donc on est à 80...
32:43Oui, oui, c'est ça.
32:44Donc on n'est pas
32:45totalement intégré.
32:46Elle n'est pas intégré
32:46et c'est plutôt
32:47une hausse à 1 an
32:49sur la Fed.
32:50Grosso modo.
32:51Voilà.
32:51Donc le marché
32:52est moyennement convaincu
32:53que ça bouge énormément
32:55de ce côté-là.
32:56Oui, partant d'une banque centrale
32:57qui n'avait pas complété
32:59totalement
33:00la neutralisation
33:01de son réglage
33:02de politique monétaire.
33:03Et les anticipations
33:04d'inflation
33:05au moment...
33:06Donc elle peut rester
33:06quand même peut-être
33:07dans le haut
33:08de la fourchette du taux neutre
33:09comme ils disent maintenant.
33:10Oui, après...
33:10C'est plutôt plus proche
33:11de la position
33:12légèrement restrictive
33:13que très accommodante.
33:14Quand on regarde
33:15un peu les break-even
33:15et tout ça,
33:16on s'aperçoit
33:17que les anticipations
33:17d'inflation,
33:18le nouveau transitoire
33:19va ressurgir
33:20dans les communications.
33:22Et donc le 2-4-2027,
33:25ça peut être toujours
33:26une cible atteignable.
33:27Et si vous avez
33:282-4 en cible,
33:30est-ce qu'il y a une raison
33:30de bouger ou pas
33:31les taux d'intérêt ?
33:32Je ne crois pas.
33:33Donc je pense qu'on va,
33:34à mon avis,
33:35partir sur une zone
33:35de statu quo monétaire
33:37aux États-Unis.
33:38Et c'est conforme
33:40avec, je ne sais pas,
33:41les messages
33:41qu'on peut retenir
33:42des marchés obligataires,
33:43des parties longues
33:44de courbe, par exemple.
33:45Des banques centrales
33:46qui ne feraient rien
33:46au moment où on se reprend
33:48quand même une bosse
33:48d'inflation aussi transitoire
33:50qu'elle puisse être,
33:52etc.
33:52Ça peut provoquer des réactions.
33:54Est-ce qu'elle n'est pas
33:55déjà pricée ?
33:56Et la question,
33:56je regardais tout à l'heure,
33:58cet écart,
33:58donc on va faire
33:59cet écart entre le 10 ans
34:01et l'inflation,
34:02aujourd'hui,
34:02c'est des niveaux
34:03qui sont plutôt
34:04dans la barrière haute.
34:06D'accord ?
34:06Donc on a eu
34:08des épisodes comme ça,
34:09des pics,
34:10ça devait être en 2008.
34:11Mais globalement,
34:12on est plutôt
34:12dans la partie haute.
34:13Donc l'intégration
34:14de ce risque-là
34:15dans les taux,
34:16à mon avis,
34:18elle est quand même
34:19plutôt bien intégrée.
34:20Voilà, donc ce qui pourrait
34:22être dérogé à ça,
34:23c'est une inquiétude,
34:24bien sûr,
34:24sur le dérapage
34:25de la dette américaine,
34:27les mi-termes aussi.
34:30Voilà, c'est des choses
34:30qui pourraient...
34:31Mais je pense qu'il y a
34:33beaucoup de choses
34:33qui sont déjà intégrées
34:34dans le scénario.
34:35En termes de gestion,
34:37justement,
34:37des positions,
34:38là, dans les portefeuilles,
34:39il nous reste trois minutes,
34:40une minute chacun,
34:41Antoine,
34:43j'imagine...
34:43Enfin, c'est sans doute
34:44pas le moment
34:45des grandes manœuvres,
34:46mais c'est une question
34:47que je vous pose.
34:48Comment on ajuste,
34:49là,
34:49les portefeuilles
34:51avec tout ce qu'on vient
34:51de se raconter ?
34:52C'est difficile déjà
34:53de faire des rotations
34:55dans ce qu'on a potentiellement
34:59inputé en début d'année.
35:01On peut prendre des bénéfices
35:02sur des choses
35:03qui ont marché,
35:03ça, c'est clairement,
35:04chez Absillem,
35:05c'est quelque chose
35:05qu'on a fait,
35:06par exemple,
35:06sur le Eulengaz,
35:07qui n'est pas tout à fait
35:08conventionnel en début d'année,
35:09mais on s'est fait rattraper
35:10par l'histoire.
35:11Merci pour le moment.
35:12Une partie de ce narratif
35:13était valable,
35:15celui de la couverture géopolitique.
35:18Et puis,
35:18on se réoriente malheureusement
35:20vers des choses
35:20bêta assez larges,
35:22du S&P,
35:24des zones géographiques
35:26au sens large.
35:27On évite,
35:27comme je disais tout à l'heure,
35:28d'aller chercher
35:29de l'émergent,
35:30le discours qui consiste
35:31à dire que
35:32la dédollarisation du monde
35:35viendra affaiblir le dollar
35:36et donc mécaniquement
35:37aider ces devises-là
35:39et donc ces pays
35:40endettés en dollars.
35:42Voilà,
35:42je pense qu'on vient
35:44plutôt chercher
35:44des histoires spécifiques
35:46à des pays
35:46et à des secteurs,
35:48moins cette histoire globale
35:49qui est peut-être
35:50un discours très français
35:52ou européen.
35:54Et juste pour conclure
35:55peut-être sur les banques centrales
35:57et donc sur les taux,
35:58je pense que Warch,
35:59il a une magnifique occasion
36:00de se dédouaner,
36:03en tout cas,
36:03de ne pas avoir à faire
36:04des baisses de taux.
36:04De se montez crédit.
36:05On ne va pas lui créditer.
36:07Il y a le terme accommodant
36:08qui pourra retirer un peu
36:09pour assurer tout le FOMMC.
36:12Et après,
36:13il y a tout ce discours aussi
36:14autour du bilan de la fête
36:15comme on sait
36:15qu'il est un fort détracteur
36:17et donc il va y avoir
36:18des choses l'un dans l'autre
36:20sur les parties de courbe
36:21qui vont être très différentes
36:22à jouer.
36:23Donc voilà,
36:23en ce moment,
36:23on peut-être aller chercher
36:24peut-être plus de choses
36:25sur les taux courts.
36:27En plus,
36:28on a bien vu
36:28que la pontification
36:29dont on parlait tout à l'heure,
36:31finalement,
36:31elle a eu l'effet aplatissement
36:33au début de conflit.
36:34Oui, oui, c'est ça.
36:36Mais l'un dans l'autre
36:36on est globalement stable.
36:38Donc peut-être que maintenant
36:38on peut se reposer les questions
36:39et jouer l'obligataire.
36:40Un mot sur la logique
36:41d'ajustement peut-être
36:43des portefeuilles
36:43plus que des grandes décisions
36:44à prendre aujourd'hui ?
36:46Oui, nous,
36:46les deux choses vraiment
36:47qu'on a fait,
36:48la première,
36:49ça, ça fait plusieurs semaines
36:50et c'est un peu la logique
36:51de ce que je disais tout à l'heure,
36:52c'est que,
36:53alors qu'on était assez positif
36:54sur l'Europe en début d'année,
36:55on est passé négatif sur l'Europe
36:56donc on a vraiment baissé l'Europe
36:58au profit plutôt des Etats-Unis.
37:00Pas un accord défendant,
37:01mais le constat est là.
37:03Et la deuxième chose,
37:04c'est qu'effectivement,
37:05je pense que ce que peuvent faire
37:07les banques centrales,
37:08à tort ou à raison,
37:09est assez bien intégré.
37:10Et donc,
37:11autant sur les Etats-Unis,
37:12est-ce qu'il y a de la baisse
37:12sur la tente ?
37:13Je ne pense pas.
37:14Autant en Europe,
37:15même si la BCE va au bout
37:17de ce qu'elle peut faire,
37:18je pense que c'est intégré.
37:19Et donc là,
37:20la duration européenne
37:21redevient attractive
37:22parce que derrière,
37:23il y a quand même
37:23un risque macro qui s'installe.
37:24Donc je pense qu'il y a
37:25un petit peu de choses
37:26à aller chercher
37:26parce que sur le crédit pur,
37:28les spreads sont quand même
37:29très compressés.
37:30Donc là,
37:33le marché est allé très vite,
37:34très loin dans l'anticipation
37:35de trois hausses de taux
37:37et plus peut-être,
37:38même si nécessaire.
37:39Rapidement,
37:3930 secondes.
37:40On est Suisse,
37:40équilibré,
37:4150% action.
37:43Carte suisse.
37:44On a réduit l'Europe,
37:47effectivement.
37:48Même les Midespo,
37:49on a été un peu contraints.
37:50Et une nouveauté,
37:52c'est qu'on a couvert
37:53partiellement les portefeuilles
37:55par l'utilisation
37:56de ce qu'on appelle
37:56des puts spread.
37:57Donc on va encadrer
37:58à 50% notre exposition.
38:00Une saisonnalité
38:00moins favorable,
38:01un rallye.
38:02Donc on garde nos positions
38:03et on ne bouge pas
38:03nos positions plutôt tech.
38:05Mais par contre,
38:06pour le coup,
38:06sur trois mois,
38:07on va se mettre
38:08en couverture partielle
38:09du portefeuille
38:10sur les Etats-Unis.
38:11On restera sur cette note
38:12de prudence suisse.
38:13Merci beaucoup Frédéric.
38:14Merci Antoine
38:15et merci Anguéran.
38:16Trois invités
38:17qui étaient avec nous
38:17pour Planète Marché
38:19dans Smartboard
38:20sur Bsmart for Change.
38:21sur Bsmart for Change.
38:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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