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  • il y a 11 heures
Jeudi 19 février 2026, retrouvez Jean-Philippe Richaud (Directeur général adjoint et directeur des équipes d'investissement, SWEN CP) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:10Dans ce dernier quart d'heure de Smart Bourse, on s'intéresse aux infrastructures avec un
00:15spécialiste. Notre invité c'est Jean-Philippe Richaud. Bonsoir Jean-Philippe. Vous êtes directeur
00:19des investissements de Swen Capital Partners. Voilà, vous investissez justement, vous allez
00:25tout nous dire sur cette classe d'actifs des infrastructures, alors qui peut sembler relativement
00:30récente. En tout cas, on en parle dans le grand public, on va dire, depuis quelques mois,
00:34quelques années. Et pourtant, c'est très connu des investisseurs institutionnels notamment.
00:39C'est vrai. Alors c'est une classe d'actifs qui malgré tout reste assez jeune, parce qu'en
00:42réalité, les infrastructures, on connaît ça depuis des dizaines d'années, mais c'était
00:45essentiellement l'État qui couvrait les besoins d'investissement. Et puis, il y a une vingtaine
00:50d'années, on a assisté à l'émergence des premiers fonds dédiés aux infrastructures,
00:54mais les allocations, on va dire formelles, dans les portefeuilles d'institutionnels,
00:57c'est à une quinzaine d'années. Donc c'est assez récent malgré tout pour une classe
01:00d'actifs. Quand on parle de finances, 15 ans, c'est très peu.
01:04Oui. Pourquoi on a cet engouement soudain ? Parce que c'est vrai qu'à priori, on se dit
01:08les infrastructures sont des énormes projets, ça coûte très cher, ça va être très très
01:12long, on ne va peut-être pas revoir son argent avant des années. Et pourtant, il y a de plus
01:17en plus d'engouement.
01:19Il y a plusieurs aspects. Le premier, en effet, c'est les besoins de financement
01:24qui sont colossaux. Le G20 parle de 100 000 milliards d'investissements nécessaires
01:30à l'horizon 2040. Alors il y a des enjeux liés à la technologie, notamment l'IA, mais
01:33aussi à la transition énergétique, l'adaptation au changement climatique. Donc ça, ce sont
01:37des facteurs, on va dire, qui portent un peu l'engouement. La classe d'actifs elle-même,
01:42elle s'est faite une place dans les portefeuilles des institutionnels parce qu'elle a des caractéristiques
01:46très spéciales, notamment sur la préservation du capital, donc une protection à l'inflation
01:51qui a notamment été validée dans les années récentes. Et puis une capacité, c'est vrai,
01:56à se projeter sur le long terme et donc à donner de la visibilité aux investisseurs
01:59sur un rendement à très long terme. Et ça, c'est des facteurs qui sont extrêmement
02:03importants pour les institutionnels. Et puis le dernier élément, c'est qu'on est dans
02:08les infrastructures, dans un domaine qui est essentiel à la vie quotidienne de tous
02:12les jours, les transports, la communication, l'eau, la santé. Tout ça en fait, on va
02:17dire, un élément essentiel de l'adaptation des sociétés au changement climatique, mais
02:21à l'évolution technologique d'une manière générale. Et donc une classe d'actifs absolument
02:26intéressante qui se situe au cœur des préoccupations de tout un chacun.
02:28La question d'actu, là, on parle de plus en plus d'intelligence artificielle tous les
02:31soirs pratiquement sur ce plateau avec ces hyperscalers. Ils ont besoin d'énormément
02:35d'énergie et de data centers. Est-ce que ça fait partie des infrastructures ?
02:38Ça fait partie des infrastructures. Alors on regarde ça avec attention parce que
02:42naturellement, il y a différents modèles dans le financement des data centers. Nous,
02:49ce qu'on aime bien, mais c'est ce qui fait la thèse d'infrastructures en général,
02:53c'est ce qu'il y a, on va dire, en appui de ces investissements dans les data centers,
02:57des contrats à long terme qui donnent justement ces caractéristiques financières de prévisibilité
03:02des cash flows. Et puis un point qui est essentiel pour Sohen, c'est les aspects de durabilité.
03:08Parce que quand on investit dans les data centers, c'est extrêmement gourmand en énergie.
03:11Et donc, on a fait un investissement notamment dans Data4 en France qui a cette particularité
03:18d'être particulièrement attentive à justement ces enjeux de consommation énergétique.
03:23Oui. Je le disais, cette classe d'actifs, on peut parler de classe d'actifs sur les infrastructures,
03:29elle vient de s'ouvrir au grand public. En tout cas, on la découvre de plus en plus.
03:32Elle tente de s'ouvrir au grand public.
03:33Elle tente, mais pourtant c'est assez long. Pourquoi c'est si long ? Pourquoi finalement
03:37on ne peut pas avoir des UC dans les contrats d'assurance vie, quelque chose d'assez simple
03:42et démocratisé ?
03:43Alors, il y a eu tout d'abord, on va dire, le développement de la classe d'actifs
03:48au sein des portefeuilles institutionnels. Ça a été assez aisé, j'ai envie de dire,
03:52de faire une première étape de diversification auprès de la gestion privée.
03:59Donc, on va dire, des patrimoines un peu établis dans la mesure où, bon, il faut faire le lien
04:04avec le conseiller en gestion de patrimoine, mais globalement, c'est quelque chose qui est faisable.
04:08Quand on va vers le mass market, donc vers le particulier à travers d'une unité de compte,
04:11là, il faut intégrer une troisième dimension qui est la dimension de l'assureur.
04:14Et donc, c'est un triptyque qui n'est pas forcément facile à mettre en place.
04:18Et puis, bon, il y a des considérations techniques aussi, quand on s'adresse aux particuliers.
04:23L'AMF est beaucoup plus regardant sur les exigences de sécurisation, de l'investissement, de commercialisation.
04:29Et donc, tout ça génère une complexité quand même qui peut être adressée, mais qui a pris du temps.
04:35Et puis ensuite, il faut que ça vienne dans les recommandations que peuvent faire les conseillers
04:40auprès de leurs clients, que ce soit les conseillers en gestion de patrimoine ou les assureurs.
04:43Et là aussi, ça prend un petit peu de temps. Le private equity, c'est mieux connu.
04:47Il y a le crédit aussi qui a fait sa place.
04:51On a beaucoup entendu parler des produits structurés aussi, qui sont un peu la vache à l'aide
04:54des conseillers en gestion de patrimoine, parce que ça génère des commissions très intéressantes pour eux.
04:59Et puis, il y a une liquidité assez rapide.
05:02L'infrastructure, c'est vrai que c'est un petit peu le dernier émaillon de la chaîne qui arrive.
05:08Pour autant, nous, on est convaincus que ça fait beaucoup de sens dans une allocation,
05:11dans un patrimoine de particuliers, parce qu'encore une fois, on touche des biens et services
05:16qui sont essentiels. Et non seulement ils sont essentiels à la vie de tous les jours,
05:19mais en plus, ils sont essentiels aux enjeux de transition et d'adaptation au changement climatique.
05:24Donc ça va venir, mais c'est vrai que c'est un petit peu lent et un petit peu complexe
05:26de rentrer sur ces classes d'actifs.
05:28Alors, chez Swen Capital Partners, vous êtes spécialiste justement de cette thématique.
05:32Qu'est-ce que vous proposez exactement ?
05:34Alors, chez Swen, ça fait une quinzaine d'années.
05:36Donc, on investit pour le compte des institutionnels sur la classe d'actifs.
05:39Donc, on est en train d'investir, lever la cinquième génération de fonds.
05:45On a également lancé une thématique spécifique sur les énergies renouvelables.
05:50Et on a, depuis quelques années, initié des fonds dédiés à la gestion privée.
05:56Donc, on a deux fonds.
05:57On est en train d'investir le deuxième fonds avec des tickets d'entrée qui sont autour de 125 000
06:03euros.
06:03Donc, on est quand même sur des patrimoines un peu aisés.
06:05Et depuis l'année dernière, on propose des unités de compte.
06:08Donc, les fameuses unités de compte dont vous parliez.
06:11Dernier élément de la chaîne, en effet, dont on attend.
06:14On espère que ça va bien se passer et que ça va avoir un intérêt,
06:19tout particulier pour les investisseurs.
06:21Mais c'est encore un petit peu tôt pour vraiment juger du succès de cette opération.
06:25Alors, le fonds s'appelle Swen Select Infrastructure.
06:27Tout à fait.
06:28Quelles sont les caractéristiques, justement, de ce fonds ?
06:31Alors, c'est un fonds, déjà, qu'on a voulu très proche des caractéristiques des fonds institutionnels.
06:36Est-ce qu'on va trouver, par exemple, les mêmes actifs ?
06:38On trouve les mêmes actifs.
06:39Ça, c'était pour nous, c'était vraiment un enjeu très fort.
06:42C'était d'éviter de faire du sur-mesure pour du particulier
06:44qui nous ramenait à faire des petits tickets ou à prendre des risques un peu spécifiques.
06:48On a vraiment souhaité dupliquer la qualité de notre gestion institutionnelle
06:52pour ces programmes de particuliers.
06:55Et puis, c'est un fonds, en revanche, dans sa structuration, qui est un peu différente.
06:58On est sur un fonds evergreen, donc à une durée de vie très longue,
07:02avec des conditions de liquidité qui ne sont pas tout à fait les mêmes.
07:04Un fonds classique institutionnel.
07:06Vous appelez les fonds au fur et à mesure des investissements
07:08et vous rendez l'argent au fur et à mesure que vous faites des sorties, des sessions.
07:12Dans un fonds de type UC, vous gardez l'argent dans le fonds et vous le faites tourner.
07:19Vous appelez tout l'argent au départ et puis vous distribuez ou pas.
07:23Ça dépend des contrats.
07:24En tout cas, il faut assurer une certaine liquidité.
07:26Et il y a une certaine liquidité qui est assurée par le fonds lui-même.
07:30Donc là, on propose, nous, on s'est mis au meilleur standard,
07:32donc une liquidité et une valorisation hebdomadaire.
07:34Donc on propose, en effet, plutôt une assez grande souplesse pour le porteur,
07:39sachant qu'il y a quand même une durée de blocage de 5 ans
07:42et puis un horizon recommandé de 8 ans.
07:45On investit sur les infrastructures, c'est pas pour, on va dire,
07:48spiler, j'ai envie de dire, d'une semaine sur l'autre la classe d'actifs.
07:51Tiens, justement, est-ce que vous pouvez nous donner des exemples d'infrastructures
07:54dans lesquelles vous investissez ?
07:57Alors, sans révéler de secret, évidemment.
07:59Non, mais il n'y a pas de secret.
07:59Alors, ce fonds, Swan Select, il vise une centaine d'actifs,
08:03directement ou indirectement.
08:05On a déjà réalisé une trentaine d'investissements,
08:07donc le programme, il a été bien lancé.
08:09Il fait une cinquantaine de millions d'euros aujourd'hui,
08:11avec notamment Abeille et Massif, qui en sont les sponsors.
08:15Et donc, dans les investissements qu'on a pu faire,
08:17on a fait des investissements en France, notamment.
08:20Donc, on a investi dans AQM, par exemple,
08:23de la logistique ferroviaire,
08:24sur les wagons que vous voyez, qui font des marchandises.
08:26On a investi dans Data 4.
08:29On a investi...
08:31Donc, transport, digital, avec des data-stateurs.
08:33Voilà, exactement.
08:34L'énergie renouvelable ?
08:35On a investi dans l'Energy Team, également, en France,
08:37un opérateur d'énergie renouvelable.
08:39En Finlande, on a investi dans de la fibre,
08:41qui est déployée dans des zones plutôt rurales.
08:45En Norvège, on a investi dans des réseaux de chaleur, également.
08:49Et on a même réussi aux États-Unis,
08:50puisqu'il y a un actif dans le recyclage de déchets non dangereux aux États-Unis.
08:55Donc, voilà, on déploie, on va dire, tout notre savoir-faire.
08:58C'est des tickets.
08:58Alors, au global, Swen, on fait des tickets, on va dire,
09:01de 15 à 30 millions d'euros, en direct.
09:03Et puis, le fonds, il prend une partie de ça.
09:05Donc, on a des tickets de 2 à 5 sur ce fonds.
09:09Très bien.
09:09Vous nous avez parlé, justement, de cet élément de durabilité.
09:12Comment vous le prenez en compte, aujourd'hui ?
09:14À travers ces investissements, ils sont sélectionnés ?
09:17Tout à fait.
09:17C'est un enjeu.
09:18Alors, c'est vrai que Swen, c'est un acteur qui se veut un peu le champion de la durabilité.
09:23Alors, c'est un peu prétentieux de dire ça.
09:24La réalité, c'est qu'on est société à mission,
09:27qui a choisi de mettre l'investissement au service de la nature.
09:29Donc, dans tous nos investissements,
09:31on a cette considération, on a fait ce filtre assez fort
09:34sur les impacts en matière de durabilité
09:37de l'ensemble de nos investissements.
09:39On s'appuie sur, déjà, des expertises internes.
09:42On a une dizaine de personnes qui vont creuser les sujets en profondeur
09:45quand on investit sur de la fibre en Finlande.
09:47En effet, on regarde que le réseau,
09:49il adresse bien des populations rurales.
09:52On adresse bien un mode de construction très spécifique.
09:55On fait la même chose sur les réseaux de chaleur.
09:57On s'est attaché à mesurer l'impact que pourrait avoir
10:02le changement climatique sur le réseau lui-même.
10:05Ce sont des réseaux enterrés.
10:05Donc, le changement climatique peut avoir des effets sur les sols.
10:08Donc, on a fait des études très spécifiques.
10:10On a un actif en Espagne dans le biogaz.
10:15On mesure, là aussi, les effets du changement climatique
10:18avec, notamment, des tests de résistance
10:22et d'adaptation de l'actif à des fortes chaleurs
10:25et à une baisse de la production.
10:26Enfin, voilà, on mène tout un tas de tests là-dessus.
10:29Et puis, naturellement, on fait en sorte de sélectionner
10:34les meilleurs actifs dans ces domaines-là.
10:36Et donc, on exclut, c'est vrai, les risques ou les actifs
10:39qui nous paraissent les plus risqués à l'aune du changement climatique.
10:41Donc, naturellement, tout ce qui est charbon, pétrole, gaz, tout ça,
10:44est exclu de chez nous.
10:48Jean-Philippe Richaud, on s'intéresse, bien sûr, aux performances.
10:50C'est ce qui intéresse aussi les investisseurs, aux futurs investisseurs.
10:53Quelles sont, justement, les performances attendues ?
10:55On sait que pour les investisseurs institutionnels,
10:56on parle de rendement à deux chiffres, 10-12%.
10:59Qu'en est-il pour le particulier ?
11:01À quoi il peut s'attendre ?
11:02Alors, pour le particulier, on a tablé, nous, dans le prospectus,
11:07une performance nette investisseur supérieure à 6%.
11:09On espère faire mieux.
11:12Il y a plusieurs raisons au décalage entre la performance
11:15qu'on affiche pour les fonds institutionnels et la performance.
11:17Pourquoi cet écart ?
11:18Alors, déjà, les fonds sont appelés en une fois.
11:20Là où les fonds des institutionnels sont appelés au fur et à mesure
11:23des investissements, ça a un impact sur le TRI.
11:24Le TRI, c'est vraiment le taux de rendement mesuré, composé des flux.
11:29Donc, plus vous appelez les flux progressivement,
11:32et plus vous avez un rendement, on va dire.
11:33Parce qu'il y a une part de liquidité, finalement, dans l'investissement.
11:35Et puis, il y a une part de liquidité, également,
11:37qui est appelée dès le départ.
11:40Donc, dans l'ensemble des capitaux qui sont appelés au départ,
11:42il y a une partie des capitaux, du coup, qui n'est pas investie tout de suite,
11:45et donc qui investit sur des postes de liquidité très sécurisés.
11:48Là aussi, c'est la réglementation qui l'impose.
11:50Et donc, là-dessus, on a un rendement qui est un peu amoindri.
11:52On a des frais qui sont un peu supérieurs,
11:54mais je demandais juste avant de venir aux gérants de ce fonds,
11:58on est sur des frais de 2%, sur les frais de gestion,
12:01et 3,24% sur le taux moyen, on va dire, le taux de frais annuel moyen.
12:07Donc, on n'est pas non plus sur des frais qui sont très élevés sur ce type d'actifs,
12:11en tout cas sur les classes d'actifs non cotées.
12:13Mais malgré tout, oui, si on compose le fait que le capital est de la plan d'une fois,
12:17le fait qu'il y a une poste de liquidité,
12:18le fait qu'on ait des frais qui sont un peu supérieurs,
12:21on a un rendement qui est nécessairement un peu plus faible que ce qu'on a sur le non coté.
12:24Et bien voilà, après les produits structurés, après la dette privée,
12:27après le private equity, il faut penser à ces fonds d'infrastructure.
12:30Je pense que ça va se développer, en tout cas chez Swan.
12:32Ils en ont un, Swan Select Infrastructure.
12:35Merci Jean-Philippe, Jean-Philippe Richaud, je rappelle que vous êtes directeur général adjoint
12:39et directeur des équipes d'investissement de Swan Capital Partners.
12:43Merci de cet éclairage.
12:44Merci à vous.
12:45Cette édition de Smart Bourse touche à sa fin.
12:48Merci de nous avoir suivis.
12:49Demain, vous retrouverez bien sûr Grégoire Favé, irremplaçable.
12:53Quant à moi, je vous dis à très bientôt pour une prochaine émission.
12:56Très bonne soirée à tous.
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