- il y a 7 semaines
Jeudi 19 février 2026, retrouvez Olivier Robert (Responsable de l'équipe Fixed Income, CPR AM), Nicolas Sopel (Stratégiste en chef, Banque Privée Quintet) et François Rimeu (Stratégiste senior, Crédit Mutuel AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:00...
00:10Tous les soirs, on décrypte ce qui se passe sur la planète finance
00:12avec nos experts, les experts du jour en plateau.
00:15On est ravis d'accueillir Olivier Robert.
00:17Olivier, bonsoir.
00:18Bonsoir Fabrice.
00:19Vous êtes responsable de l'équipe Fixed Income chez CPRAM.
00:22Petit nouveau dans l'émission.
00:23Bienvenue à vous.
00:24Merci.
00:25A vos côtés, Nicolas Sopel.
00:26Bonsoir Nicolas.
00:27Bonsoir Fabrice.
00:28Vous êtes stratégiste en chef de Quintet Private Bank.
00:31La banque privée, Quintet.
00:32Voilà, en bon français.
00:34Et puis François Rimeux.
00:34Bonsoir François.
00:35Bonsoir Fabrice.
00:36Stratégiste senior chez Crédit Mutuel Asset Management.
00:40Bienvenue à vous.
00:41Messieurs, juste avant d'attaquer l'inflation, peut-être la flamme de l'inflation,
00:45juste une réaction à ce qu'on vient d'entendre.
00:47Par exemple, ces résultats qui paraissent toujours étonnants.
00:50Enfin, étonnants dans le sens où on a des swings avec des moins 10%, moins 20%, plus 10%.
00:57François, pour vous, vous dites retour à la normale, volatilité ?
01:00Je ne sais pas s'il y a un retour à la normale, mais disons qu'il y a eu
01:02un peu de nervosité
01:03sur les marchés qui sont structurellement très peu volatiles depuis maintenant assez
01:06longtemps, dans une période où il y a quand même beaucoup de rotation sectorielle, avec
01:09des doutes sur l'IA et donc un peu de crainte sur la viabilité de certains profits.
01:15Et puis, ce n'est pas forcément complètement malsain pour les marchés d'avoir un peu
01:20de vol et un peu de rotation.
01:21Oui, c'est un peu nerveux, mais est-ce que c'est anormal ? Je ne dirais pas ça.
01:24Ces décrochages, ce ne sont pas des small caps, ce sont des grosses valeurs quand même.
01:28On a vu la semaine dernière Dassault Systèmes, on voit des swings assez importants.
01:34Nicolas, comment vous analysez ça ?
01:36Je pense qu'il faut prendre ces résultats dans un contexte un peu plus global, dans le contexte
01:40de l'année. Comme François le disait, on peut s'attendre à de la volatilité sur
01:46le résultat de X ou Y entreprises, mais au final, les perspectives de croissance restent
01:53plutôt solides à travers le monde, des US à la Chine, notamment en passant pour le Japon.
02:01Donc, il y a cette rotation sectorielle et donc des attentes qui sont parfois trop
02:10peut-être des gens qui sont trop, des investisseurs trop gourmands et qui sanctionnent
02:15certains titres.
02:16On le voit actuellement avec l'IA, c'est vraiment un peu le thème du moment, un peu plus
02:22d'analyse micro et sectorielle pour le moment.
02:24Mais il faut rester dans cette tendance, on le pense, dans cette tendance structurelle
02:29plutôt favorable à la croissance pour 2026.
02:31On va en parler justement de l'IA dans un instant.
02:34Juste une dernière question pour vous, Olivier, qui est spécialiste des taux, taux crédit.
02:38Est-ce qu'il y a un impact quand une valeur dévisse comme ça, ça le note, est dégradé ?
02:44Il y a un impact sur les taux également ?
02:46Oui, ça dépend.
02:49Quand ça atteint uniquement le résultat, il y a peu d'impact.
02:54En revanche, on a des écartements de spread assez réguliers.
02:57On l'a vu sur Stellantis il y a quelques semaines.
03:01On l'a vu également sur Renault.
03:04On a des écartements de spread mais qui n'ont rien à voir évidemment avec les variations de la valorisation.
03:09C'est plus les perspectives en fait, la nouvelle société.
03:12Voilà, c'est plus vu, on regarde plus le crédit que la valorisation en tant que tel.
03:16En temps réel.
03:17Très bien, messieurs, on démarre avec une inflation qui a fortement ralenti en 2025.
03:23Après des hausses de 0,9% en 2024, on a 0,9% en 2025, on avait 4,9
03:28% en 2023, 5,2% en 2022, on s'en souvient.
03:31Aujourd'hui, on voit que ça baisse quand même assez fort.
03:34Alors peut-être par effet de comparaison, on sait également que les matières premières ont beaucoup baissé.
03:40Est-ce que ça veut dire que ce coup de frein, il pourrait avoir des impacts notamment sur la politique
03:45de la Banque Centrale Européenne ?
03:47Alors, un grand non, c'est pour le moment, on est quasiment exactement sur les fixings d'inflation, c'est
03:52-à-dire sur ce qu'anticipaient les marchés il y a encore de ça, deux ou trois mois.
03:55On a moins l'inflation en 2026 versus 2025, mais c'est prévu, ce sont des effets de base, c
04:00'est principalement lié à l'énergie.
04:01Quand on regarde l'inflation encore, en zone euro, on est toujours au-delà de deux, on va rester probablement
04:05au-dessus d'eux jusqu'au deuxième semestre.
04:08Et donc, vu les perspectives de croissance plutôt solides en zone euro, il y a, de notre point de vue,
04:13assez peu de raisons pour que la Banque Centrale bouge une oreille, vu le contexte.
04:17On peut imaginer potentiellement qu'elle bouge au S2 si l'inflation encore passe en dessous et que la croissance
04:22faiblit un peu, mais à un instant T, elle n'a aucune raison de bouger.
04:26Nicolas, votre point de vue ?
04:29Point de vue partagé, en plus, il faut prendre en compte, c'est vrai, la force de l'euro, qui
04:36joue d'autant plus sur ce qu'on importe, notamment l'énergie.
04:40Donc, pour le moment, il n'y a pas de...
04:43Voilà, quand on regarde l'inflation des services, elle reste au-dessus, dans les derniers chiffres, elle reste au-dessus
04:49de 3%.
04:50La croissance des salaires, en fonction des pays dans lesquels se trouvent, reste aussi plutôt en moyenne à 3%.
04:57Donc, voilà, les effets de base sur l'énergie peuvent se dissiper très rapidement.
05:03Les attentes, c'est une inflation qui reste autour de 2% sur la zone euro.
05:08La Banque Centrale continue de communiquer qu'elle est dans cette zone confortable où la croissance se tient et l
05:13'inflation est à 2% et qu'elle est tout à fait...
05:16Donc, mission accomplie par Mme Lagarde, atterrissage en douceur ?
05:20Mission accomplie et la balance des risques plutôt équilibrée.
05:24Pas de raison de bouger pour cette année, non.
05:26Oui, qu'est-ce qui pourrait amener la BCE à modifier son réglage ?
05:31Alors, l'avantage d'une inflation qui passerait sous la barre des 2%, c'est que ça donnerait une marge
05:37de manœuvre supplémentaire en cas de problème à la BCE.
05:41Qu'est-ce qui pourrait arriver ?
05:42Qu'est-ce qui pourrait arriver ? Une baisse des prix de l'énergie, par exemple, en cas d'arrêt
05:48de la guerre en Ukraine, par exemple, un des facteurs ?
05:52On parlait de la devise lors du dernier comité, puisque lors du dernier comité, on avait l'eurodol à 1
05:59,20.
05:59Et donc, ça a fait parler un peu, en l'occurrence, dans les questions post-meeting.
06:05Et donc, si cette...
06:06Bon, 1,20, ça reste encore convenable.
06:08Si ça passait au-delà de 1,25, la BCE, avec une inflation sous la cible, aurait une marge de
06:14manœuvre pour agir et pour faire baisser la devise.
06:18Bon, très bien. Donc, statu quo, du côté de la BCE, pour vous, et pour toute l'année ?
06:23Oui ?
06:24Toute l'année, c'est quasiment priorité par le marché.
06:27Et Mme Lagarde le dit bien, il faut que l'inflation se stabilise sous les 2%, qui dit stabilisation, dit
06:33pendant une période donnée.
06:35Et donc, oui, pour l'année, je pense qu'on est bon. En tout cas, il ne passe rien d
06:40'exogène.
06:42D'une banque centrale à l'autre, tiens, on passe à la Fed, où là aussi, on attend par contre
06:46des baisses.
06:47Alors, est-ce qu'il y en aura autant que prévu ? Nicolas ?
06:50Quand on regarde les chiffres de l'inflation aux Etats-Unis, c'est déjà un petit peu différent.
06:55C'est vrai, il y a l'inflation des biens qui a refait surface avec les tarifs.
07:02Quand on regarde, parce que la Fed a un double mandat, donc on va regarder le marché de l'emploi
07:06qui a montré des signes de faiblesse en 2025,
07:12mais qui se reprend depuis quelques mois, et les chiffres de janvier qui étaient plutôt encourageants,
07:17on se dit que pour le nouveau potentiel gouverneur de la Fed, il va falloir avoir de sérieux arguments pour
07:25convaincre son comité de vouloir baisser les taux
07:29une ou deux fois, ce que le marché de foi, comme le marché l'anticipe, ou de manière si agressive
07:34que ce que souhaite Donald Trump.
07:37Donc il faut vraiment que les chiffres d'inflation et de l'emploi aillent dans sa direction pour que la
07:42Fed puisse baisser les taux.
07:45Parce que Kevin Warch, s'il est nommé, s'il est confirmé par le Sénat, il va quand même falloir
07:50gagner, il va être en période d'essai pendant quelques temps,
07:53il va falloir gagner la crédibilité des marchés.
07:55S'il arrive qu'il baisse tout de suite les taux, alors...
07:58Les ordres finalement de Donald Trump, ça ferait un peu...
08:00Voilà, donc la dominance fiscale, voilà, c'est le risque, c'est le risque, je pense que c'est un
08:04risque qu'on pourrait voir sur les treasuries,
08:06qu'on pourrait voir sur le dollar.
08:08Il va falloir avoir de sérieux arguments pour Kevin Warch, pour baisser les taux.
08:15Tant que l'inflation reste au-dessus de sa cible, que le marché de l'emploi se tient.
08:20Oui, alors c'est ce qui est prévu, Donald Trump devrait nommer Kevin Warch, il avait parlé, le président des
08:26Etats-Unis, de jumbo cuts, de méga coupes, en les taux.
08:30Vous y croyez François Rimeux ?
08:31Pas vraiment.
08:33Le marché price de baisse de taux, c'est à peu près la même chose que ce qu'il prissait
08:36avant qu'on soit sûr que ce soit Kevin Warch qui soit le successeur.
08:40Ce n'est même pas encore certain, puisqu'il n'a pas encore été confirmé par le Sénat d'ailleurs.
08:44Donc pour le moment, Kevin Warch ne change pas grand-chose à l'histoire des marchés.
08:47Et pour le moment, finalement, on est sur un scénario qui serait celui d'une Fed assez orthodoxe, entre guillemets,
08:54assez normale.
08:54Les jumbo cuts dont parle Trump, ce n'est pas de deux baisses de taux, c'est d'en faire
08:57trois, quatre, cinq, et d'aller vers un taux dont a parlé Stéphane Mayeron, par exemple, autour de, je ne
09:03sais rien, de 50, autour, beaucoup plus bas que ce qui est prévu actuellement.
09:06Donc tant qu'on est dans le scénario de ce que les marchés anticipent, pour les marchés, c'est un
09:10peu, entre guillemets, une non-histoire.
09:12C'est une Fed qui reste globalement indépendante, et il faut rappeler que la Fed, c'est 12 gouverneurs qui
09:17battent, ce n'est pas un seul qui décide.
09:19Donc il y aura de toute façon des contre-pouvoirs, et de toute façon, en tout cas sur ce qu
09:24'on voit dernièrement, on a eu des signes d'indépendance plutôt renforcée de la Fed,
09:29que ce soit sur ce qu'a dit de la Cour suprême sur Lisa Cook, que ce soit sur la
09:32nomination des banquiers régionaux, en avance, avant que Trump puisse venir mettre son nez dedans.
09:38Donc on est plutôt dans un scénario, pour le moment, assez normal pour la Fed, mais c'est assez incertain,
09:45parce que Warch est finalement assez difficile à lire pour les marchés.
09:48Il a peu communiqué dernièrement, et il a eu une posture en 2008 qui était plutôt celle de quelqu'un
09:53de peu accommodant,
09:54opposée aux politiques du quantitative easing, opposée à la politique de taux zéro, donc il n'est pas évident à
09:59lire.
09:59– On verra ça. Du côté de CPRM, on a des anticipations pour la Fed ?
10:04– Non, comme le marché, mais c'est vrai que ça a été mis en exergue hier dans les minutes,
10:11il y a quand même le risque d'inflation qui n'est pas nul.
10:14Donc l'inflation, on a cru qu'elle montrait avec les tarifs de Trump, finalement tout se passe assez bien,
10:22mais on a quand même une inflation qui résiste et qui est loin de sa cible.
10:26– Oui. On dit que justement, ces tarifs, ils ont été finalement absorbés par le consommateur américain.
10:31Est-ce qu'on a des signes tangibles ?
10:34– En tout cas, oui, c'est ce qu'on dit, c'est qu'en gros, trois quarts de la
10:38hausse des prix a été absorbée par le consommateur américain.
10:42Après, en signe tangible, on doit avoir une partie dans l'inflation, mais je n'ai pas les chiffres.
10:46– Oui, ça ne se voit pas beaucoup pour l'instant.
10:47– La fête de New York a sorti un papier hier ou avant-hier dessus, où elle revient sur justement
10:51qui paye les tarifs, exactement,
10:52et elle arrive à la même conclusion que toutes les études précédentes, c'est 90% le couple consommateur et
10:58entreprise américaine,
10:59et entre 5 et 10% les exportateurs.
11:01Et à l'intérieur de ces 90%, donc payés par les États-Unis, c'est principalement, effectivement, le consommateur,
11:07mais c'est uniquement sur les biens.
11:08Et donc, sur les services, c'est beaucoup plus difficile, finalement, à calculer.
11:11Et il y a plus de capacité de fixation des prix dans les services, et plus de pricing power que
11:17sur les biens,
11:17où finalement, les entreprises sont obligées de renier un peu sur les marges.
11:20Donc, il y a une inflation aux États-Unis sur les biens, mais sur le reste, pour le moment,
11:25effectivement, on est plutôt surpris de manière positive.
11:28Mais il faut se rappeler qu'on est aussi post-shutdown, que c'est compliqué à lire,
11:32qu'il y a des calculs au mois d'octobre qui n'ont pas eu lieu.
11:36Et donc, il y a quand même des doutes sur est-ce que ces chiffres sont plus ou moins bien
11:40calculés.
11:41Et on pourrait être un peu surpris, potentiellement, dans deux ou trois mois par les prochains chiffres.
11:45Longtemps on critiquait les chiffres de la Chine.
11:46Aujourd'hui, c'est les chiffres des États-Unis qui sont révisés, mais pas dans des petites proportions.
11:49Quand on voit que c'est un million sur les chiffres des jobs, c'est vrai que c'est assez
11:54étonnant.
11:55Et puis, au-delà de ça, c'est vrai qu'il y a cette problématique du pouvoir d'achat qu
11:58'on a tous dans nos économies occidentales.
12:00Ça pourrait peser sur le débat des mid-terms, si c'est le consommateur, effectivement, américain qui paye la facture,
12:06in fine.
12:06Nicolas ?
12:07Clairement, oui. Ce que souhaite Donald Trump, c'est d'avoir une inflation qui ralentit en allant dans les mid
12:12-terms.
12:13Alors, c'est vrai qu'au moment où il a introduit les tarifs, beaucoup se sont essayés au jeu des
12:19prévisions de voir comment ces tarifs vont aller répercuter dans l'inflation.
12:28Mais on s'était dit, c'est vrai qu'avec les effets de base, d'ici un an, en allant
12:31vers les mid-terms, une fois l'impact des tarifs qui est peut-être modéré,
12:35et en tout cas dans les chiffres pour le moment, l'effet des tarifs qui est plutôt en mode one
12:39-off devrait s'y dissiper.
12:41Donc, peut-être que Trump aura cette carte à jouer, mais je pense qu'il y a plein de dynamiques
12:47qui jouent actuellement aux États-Unis sur les mid-terms.
12:51On vit dans un monde qui est vraiment fragmenté, mais le monde américain, le monde politique américain est également très
12:58fragmenté.
12:59On commence à voir aussi des articles qui sortent dans les grands journaux sur le risque que fait courir l
13:06'IA pour les populations qui sont proches des data centers, etc.
13:11Donc, il y a plein d'enjeux, il y a plein d'enjeux, la géopolitique, la relation que Trump a
13:16avec ses alliés historiques.
13:18Peut-être un petit peu moins perceptible pour l'électeur américain, mais clairement, il y a plein d'enjeux pour
13:26ces mid-terms.
13:27Alors, justement, parmi les éléments qui nous interrogent, je ne sais pas si vous avez vu cette vidéo du nouvel
13:32an chinois, la parade entre les robots et les enfants.
13:35J'en ai pas vu, oui.
13:35Vous l'avez vu, c'est assez étonnant.
13:37Bon, on n'a pas les images, mais on essaiera de les mettre peut-être sur notre site ou sur
13:41le site LinkedIn.
13:42Effectivement, qu'est-ce qu'on voit ? On voit des robots humanoïdes qui sont en train de danser.
13:46Alors, ils dansent, mais en même temps, c'est un petit peu inquiétant parce qu'ils ont une fluidité absolument
13:51extraordinaire.
13:52Ils ont des bâtons, ils ont des nunchakus, ils font une parade qui est assez artistique.
13:57On peut se dire, tiens, demain, ce sera peut-être les robots, les guerriers du futur.
14:02Une démonstration de force, on a l'impression, et en tout cas, une démonstration aussi de la technologie.
14:07En tout cas, c'est moi, c'est ce qui m'a frappé en voyant ces images.
14:09Je ne sais pas si vous partagez ce sentiment.
14:11Qu'est-ce que ça vous inspire, François-Réme ?
14:13Que la Chine est le principal concurrent technologique des États-Unis, mais ce n'est pas nouveau.
14:18On l'a vu sur les drones, ils sont capables de faire des choses qu'on ne peut pas ailleurs.
14:21On l'a vu même sur le côté écosystème technologique.
14:24Après les États-Unis, c'est finalement en Chine qu'on a un écosystème réel qui se crée,
14:28avec des sociétés compétitrices réelles pour les Américains.
14:32C'est une confirmation de l'émergence de la Chine, qui est passée d'un très grand pays capable de
14:39produire des biens de qualité basse,
14:42après qualité moyenne, et aujourd'hui, des biens à forte valeur ajoutée.
14:46Qui concurrence d'ailleurs dans nos technologies.
14:48Absolument, c'est le cas sur quasiment tous les domaines maintenant.
14:53Réaction justement, vous avez vu la vidéo peut-être sur ces robots humanoïdes, c'est une démonstration de force quand
14:59même.
15:00Si c'est vrai, encore une fois, parce que maintenant on sait qu'on peut tout se faire aussi avec
15:04les images,
15:04donc il faut faire attention un petit peu.
15:06Cette vidéo semble réelle, et je l'ai vue, il y a une autre vidéo qui est sortie,
15:12qui comparait 2025 avec 2026, et la différence est flagrante.
15:17C'est-à-dire qu'en un an, les progrès réalisés par la Chine dans la robotique humanoïde, c'est
15:25assez spectaculaire.
15:26Donc oui, c'est une démonstration de force.
15:28Il semblerait aussi que ces derniers jours, une vidéo soit sortie par l'armée chinoise,
15:36donc par la People Liberation Army, pour le coup générée par l'intelligence artificielle,
15:42mais qui met en scène ces robots humanoïdes,
15:45qui serviraient d'entraînement pour les soldats de demain.
15:51Donc effectivement, une vraie démonstration de force, des capacités de la Chine en termes de technologie,
15:58d'intelligence artificielle, de robotique, pas forcément à des fins de conquérir le monde,
16:03mais vraiment de réasseoir sa dominance.
16:06À un moment où les États-Unis se retirent de la scène géopolitique mondiale,
16:10la Chine se rend compte qu'elle a certainement ce rôle à prendre,
16:14et il faut le faire avec un petit peu, en montrant un petit peu les muscles que l'on a,
16:20mais sans une volonté guerrière.
16:23Alors ça fait le lien avec notre page IA, un peu comme tous les soirs,
16:26parce que c'est difficile de passer à côté,
16:27notamment au niveau des montants, au niveau de ces hyperscalers.
16:30Alors je m'adresse à vous, même si vous êtes plus du côté taux, bien évidemment,
16:34avec les crédits, mais parce qu'on voit que ces sociétés quand même lèvent des montants astronomiques.
16:38Je pense aux méga-empreintes, à le bond de 100 ans de Google,
16:42qui empruntent finalement comme un État aujourd'hui.
16:44Oui, c'est des montants astronomiques.
16:48Effectivement, au début, c'était plus financé par les actions.
16:53Et là, depuis l'année dernière, on voit vraiment de plus en plus de ce genre d'acteurs venir et
16:58lever de la dette.
16:59On l'a vu l'année dernière.
17:01Ça représente, sur le marché euro, ça représente 20%.
17:06Tout ce qui est, on appelle ça des reversion keys,
17:08c'est-à-dire les émetteurs américains qui viennent émettre en euro.
17:11Donc juste pour la partie euro, c'est 20% de...
17:13Alors, il y a et d'autres émetteurs, mais en tout cas, c'est 20% des émissions en euro.
17:19Donc c'est énorme et ça devrait être entre 20 et 25% cette année.
17:23Et donc, pour revenir sur le cas de Google, effectivement,
17:25qui a émis 20 milliards dernièrement en différentes devises,
17:29en France-Suisse, en Sterlin et en dollars.
17:32Largement sous-souscrits, en plus.
17:3310 fois sur-souscrits et avec l'émission à laquelle vous faites référence,
17:42c'est le 100 ans.
17:43Donc c'est vrai que...
17:44Qu'est-ce que ça veut dire 100 ans pour un émetteur privé ?
17:47On ne sait pas trop.
17:49Enfin, en tout cas, pour pricer le crédit d'un émetteur privé sur 100 ans,
17:54c'est assez compliqué.
17:55D'autant plus, on a des dettes perpétuelles, un bancaire,
17:58les hybrides, les choses comme ça.
17:59Mais il y a des clauses de sortie au bout de 2 ans, 5 ans, 10 ans.
18:03Là, c'est un format senior, enfin classique, quoi, sur 100 ans.
18:08Donc on récupère son argent en 2126 ?
18:11Pardon ?
18:11On récupérera son argent en 2126, si tu vois bien, si Google est encore là ?
18:15Ce n'est pas moi qui vous le dirais.
18:16Mais non, non, mais on a vu des États le faire.
18:18L'Autriche, typiquement, émet du 100 ans,
18:21mais elle est pré-placée, son émission.
18:23Non, il y a des ALM ou autres qui ont besoin de ces maturités pour s'adosser.
18:29Donc là, j'imagine qu'il y a une partie de cette émission qui a été aussi pré-placée.
18:35Sinon, franchement, aller sur du 100 ans, c'est vrai que c'est un peu exceptionnel.
18:41C'est des hyperscalers qui sèment un petit peu le doute.
18:44C'est vrai, sur le fond d'accélération de leur CAPEX,
18:46c'est vrai qu'ils sont passés historiquement d'assets light.
18:50Maintenant, ils ont de plus en plus d'assets heavy.
18:54Comment vous voyez, on a titré peur sur les hyperscalers,
18:56cette concentration, on en parle beaucoup.
18:58On sent qu'il y a un petit peu de défiance depuis novembre,
19:01depuis tout ce qui se passe, depuis les nouveaux modèles.
19:04François Rémeux, quelle est votre vision sur ce qui se passe sur l'IA ?
19:09On a une défiance qui est très claire sur tous les logiciels.
19:11Le software se fait matraquer depuis le début de l'année,
19:14même si ça avait commencé avant.
19:15Mais on a un gros repricing là-dessus.
19:18Parce qu'on pense que c'est vraiment le sous-secteur
19:20qui va être disrupté par les IA.
19:22Un certain nombre de boîtes, finalement, vont disparaître,
19:25ou pseudo-disparaître,
19:26parce que les logiciels vont être internalisés,
19:28ce que permettra l'IA.
19:29Est-ce que c'est vrai ou pas ? On verra.
19:32En tout cas, la réaction est très sévère sur les softwares,
19:34qui ont perdu à peu près 25% depuis le début de l'année.
19:38Mais il faut aussi prendre un peu de recul,
19:40et se dire que c'est un sous-secteur qui était très cher auparavant,
19:43donc s'appuyait sur les estimations bénéficiaires
19:46qui étaient très optimistes.
19:47Et donc, dès qu'on revoit un peu le scénario,
19:49quand on a des valos qui sont à 35-40 fois les RONX,
19:52forcément, il y a peu de place au doute ou à la déception.
19:54Et c'est ça, finalement, qui fait mal à ces boîtes-là,
19:57c'est qu'on ne sait pas, on met l'incertitude,
19:58et donc on met une prime de risque,
20:00et on va arrêter de payer aussi cher ces boîtes-là.
20:03Mais quand on regarde d'autres parties de l'IA ou de la tech,
20:05les semis, le hardware, il y a zéro problème, en fait.
20:08Ça se passe très bien.
20:09Donc, il faut vraiment différencier les sous-parties,
20:11entre guillemets, de ça.
20:13Après, pour revenir sur les montants investis des hyperscalers,
20:15donc les 600 milliards,
20:17les top 4 ou 100,
20:18et après, si on rajoutera que ça fait 700.
20:22C'était beaucoup l'an dernier,
20:23et là, c'est à plus de 60%.
20:24Oui, alors, il y a une partie hausse des prix
20:26qu'il faut prendre en compte,
20:28puisque quand on regarde, par exemple,
20:30il y a 3 ou 4 points,
20:31on estimait que c'était 500 milliards qui allaient être prévus.
20:33Finalement, c'est 600.
20:34Et finalement, c'est beaucoup une hausse de prix,
20:35hausse des prix des puces,
20:37hausse du prix de la mémoire,
20:39hausse du prix du cuivre, etc.
20:40Il y a une quantité de hausse de prix
20:42qui explique une partie de cette hausse.
20:43Mais oui, elles sont lancées dans une course à l'armement.
20:47Et donc, la question, c'est
20:48est-ce qu'on aura un rendement sur investissement suffisant ?
20:50Et là, aujourd'hui, c'est la grande question,
20:52et personne n'a la réponse à ça.
20:55Personne ne sait.
20:56Après, est-ce qu'elles peuvent se le permettre ?
20:58Oui, les profits sont gigantesques.
20:59Alors oui, les fricaches fausses sont moins forts,
21:02mais ça n'empêche que ces boîtes-là
21:03sont toujours très, très rentables,
21:06et avec un risque de crédit
21:07pour revenir à l'émission de Google,
21:08qui est extrêmement faible.
21:09Google s'est double à plus.
21:10Il ne se passe rien.
21:12Même Oracle, c'est encore un investment grade.
21:15Et pourtant, c'est sans doute, entre guillemets,
21:18celui qui est flagué comme étant
21:19le plus sujet à caution
21:23dans ce groupe des gros hyperscalers.
21:25Même question, Nicolas.
21:27Qu'est-ce que ça dit, cette correction du TAMIA
21:29depuis ces quelques mois ?
21:30C'est un price discovery
21:32ou c'est une crise plus profonde ?
21:34Moi, je le vois sous deux angles.
21:36C'est vrai qu'il y a eu une période d'euphorie
21:39où tout ce qui était labellisé IA
21:41était une valeur de l'avenir.
21:45Je regarde peu la télé,
21:46mais quand vous regardez la télévision,
21:48vous voyez les pubs toutes
21:49et on vous commercialise tout avec l'IA.
21:52C'est comme si vous pouviez changer
21:53votre pare-brise avec de l'IA.
21:55Enfin, voilà, il y avait vraiment cette euphorie.
21:58On arrive un peu à un reality check
22:00où les progrès qui sont justement liés à l'IA,
22:05notamment l'IA agentique,
22:10font remettre un petit peu en cause
22:11et qu'on ne peut plus être dans cette euphorie.
22:14Il va falloir maintenant...
22:15On ne peut pas continuer à être dans cette structure.
22:17Alors, je ne veux pas rentrer
22:20dans une théorie un peu complotiste,
22:23mais on était dans une structure
22:24un peu pyramidale sur le vœu.
22:26Il faut maintenant le retour sur investissement.
22:29Donc, il va falloir délivrer.
22:31Il va falloir...
22:33Les émissions de dette montrent
22:36qu'il va falloir avoir...
22:39Un retour sur investissement,
22:40comme disait François Lain.
22:41Oui, voilà.
22:41On va attendre ça.
22:42Voilà, donc ça veut dire que les entreprises...
22:44On est passé dans un monde logiciel,
22:47software,
22:47où il y avait de fortes marges,
22:49de faibles coûts,
22:50où maintenant,
22:50on est plutôt dans le AI utility,
22:52c'est-à-dire que vous avez des data centers,
22:54il faut payer l'électricité.
22:56C'est très consommateur.
23:00Donc, voilà.
23:00Il y a toute cette partie
23:02que le marché est en train de repricer.
23:04Effectivement, comme François l'a dit,
23:06il y a d'autres secteurs qui se portent bien.
23:07Et en fait,
23:07qu'est-ce qui est sous-jacent à tout ça ?
23:09C'est les semi-conducteurs,
23:10c'est le hardware.
23:11Et on le voit d'ailleurs
23:12avec les entreprises,
23:15notamment asiatiques,
23:16sud-coréennes,
23:17qui se portent très bien.
23:18Le monde a besoin de hardware.
23:21Et donc ça,
23:21ce qui veut dire
23:21que cette tendance reste structurelle.
23:24Il y a juste un repricing.
23:26Les bénéfices sont encore bons,
23:27mais c'est plutôt sur les marges du futur
23:32que le marché s'interroge.
23:35Sur les futurs gagnants,
23:37sur les futurs perdants,
23:38il y aura une consolidation.
23:39Elle est en train de se faire.
23:40On découvre,
23:41mais rien d'alarmant.
23:41la tendance structurelle
23:43est toujours là.
23:44Et pour l'instant,
23:45le cash est abondant.
23:46Voilà.
23:47Et ça souscrit allègrement.
23:49Tiens, justement,
23:50messieurs,
23:50on passe à notre page
23:52Allocation d'actifs.
23:53Que faire, justement,
23:54dans ce monde
23:55tourmenté ?
23:55On voit qu'il y a eu
23:56beaucoup de rotation
23:58sur les télécommunications,
23:59sur les utilities,
24:00sur l'énergie,
24:01on en parle à l'instant,
24:02sur les matériaux de base
24:04qui profitent pleinement
24:05de ce cycle.
24:06On a l'impression,
24:07c'est vrai qu'on revient
24:07après avoir parlé
24:08beaucoup du cloud
24:10et de l'IA
24:10sur des choses
24:11très très tangibles.
24:11Vous le remarquez également
24:12chez CPRME ?
24:14Oui, alors,
24:15en termes d'allocation,
24:17enfin,
24:18je travaille,
24:18comme je le disais,
24:19sur le fixed income.
24:21Donc, c'est vrai
24:21qu'on a vu
24:22toutes ces variations
24:24énormes sur les actions
24:25qui ont été
24:26beaucoup plus modérées.
24:27Alors, sur l'IG,
24:28sur l'investment grade,
24:29c'est-à-dire le crédit
24:30de bonne qualité
24:31quasi inexistante,
24:32et sur le IEL,
24:34donc les obligations
24:34à haut rendement,
24:36quelques secteurs
24:36ont un peu plus souffert,
24:37mais on parle de 15 BP,
24:40et d'ailleurs,
24:41à l'heure actuelle,
24:41on est revenu
24:42au niveau des plus bas
24:44quasiment.
24:45Et ça s'explique
24:46par le fait
24:47que dans l'investment grade,
24:49il y a les émetteurs
24:51dont on cite tout à l'heure,
24:52mais les gros émetteurs
24:53de très bonne qualité,
24:53mais il n'y a pas du tout
24:54les softwares
24:56dont on parlait précédemment,
24:57qui sont plutôt financés
24:59par la dette privée,
25:00des loans,
25:01et plutôt aux US.
25:03Donc, c'est plutôt
25:03un problème,
25:04je dirais,
25:06des US.
25:07Et donc,
25:08on a vu très peu
25:09de contagions,
25:09nous,
25:10sur les marchés européens,
25:12et donc,
25:13on reste très positif.
25:16Il y a eu des impacts
25:16sur le marché européen,
25:17on a eu des SAP,
25:18des Dassault Systèmes,
25:19est-ce qu'ils ont été dégradés
25:21sur l'ordre de crédit également ?
25:22Non, non, non,
25:22ça a été...
25:23Enfin, il y a eu
25:24un élargissement des softwares,
25:26mais très très modéré.
25:27Très très modéré.
25:30Et donc...
25:30Non, bonne nouvelle,
25:31parce que souvent,
25:31c'est vrai que le crédit,
25:33c'est vraiment un marqueur
25:34de défiance.
25:35Souvent, on regarde
25:36beaucoup les actions,
25:37mais en fait,
25:38les grandes crises,
25:38elles partent souvent
25:39de l'assèchement du crédit.
25:41Mais la chose un peu
25:42qui diffère
25:43par rapport aux années précédentes,
25:44c'est le cash.
25:45Comme vous le disiez,
25:46il y a énormément de cash.
25:47On le voit dans les surscriptions,
25:49que ce soit dans le crédit,
25:50dans les GOV,
25:50dans les SSI.
25:52Il y a...
25:52Tout est sursouscrit.
25:54Alors, on appelle ça
25:55donc le beat to cover,
25:56c'est-à-dire le nombre
25:57de...
25:58Le ratio de demandes
26:00par rapport à l'offre
26:01qui a été très élevé.
26:02Il est un peu moins
26:03ces derniers temps,
26:04mais il reste quand même
26:05historiquement élevé.
26:06Il y a un indice
26:07de frilosité
26:07dans votre...
26:08Voilà, quand ça baisse.
26:09On a ce beat to cover,
26:11justement,
26:11qui indique ce ratio-là.
26:13Et même,
26:14pour des émetteurs
26:15où, actuellement,
26:15on voit que c'est des émetteurs
26:16qui émettent sous le marché secondaire.
26:18Donc, la prime est négative.
26:19Et malgré ça,
26:20on a des beat to cover importants.
26:22Donc, il y a vraiment
26:23une réelle demande
26:25pour le crédit en général,
26:28pour l'investment grade
26:29en particulier.
26:30Qui, en plus...
26:31On reste positif là-dessus.
26:34Allocation d'actifs,
26:35qu'est-ce qu'on fait, François ?
26:37Qu'est-ce qu'on recommande
26:38chez Crédit Mutuel ?
26:39La croissance nominale
26:40qui est plutôt forte.
26:41Un risque inflationniste
26:43qui est, on va dire,
26:44maîtrisé,
26:44même s'il n'est pas
26:45complètement clair partout,
26:46il est maîtrisé.
26:47Des politiques budgétaires
26:48qui sont extrêmement accommodantes
26:50aux États-Unis,
26:50mais aussi en Allemagne,
26:51bientôt au Japon,
26:52etc.
26:54Tout ça pousse
26:54à la prise de risque.
26:56Positive croissance nominale,
26:58c'est positive earnings,
26:58positive earnings,
26:59c'est positive pour les actions.
27:01Donc, positive action,
27:02surtout dans un monde
27:02où l'esprit de crédit
27:03n'est quand même pas très large,
27:05globalement,
27:05on ne peut pas dire ça.
27:07Donc, positive action.
27:08Et dans le contexte
27:09dans lequel on est,
27:10a priori,
27:10les zones préférées
27:11sont les émergents.
27:12Oui, comme beaucoup.
27:13Parce que l'Asie du Sud-Est
27:14est en train d'accélérer
27:16de manière graduelle,
27:18le LATAM aussi,
27:19qu'on sort d'une période
27:20négative sur le dollar,
27:22qui est toujours un peu
27:22sous pression.
27:23Tout ça est positif
27:24pour les émergents
27:25qui ont été sous-investis
27:26chroniquement pendant des années.
27:28Et en deuxième,
27:29l'Europe,
27:31ou la zone euro plutôt,
27:32parce qu'elle aussi
27:35jouit d'enfin un renouveau
27:36avec une croissance bénéficiaire
27:37qui devrait atteindre,
27:39on l'espère,
27:39les 10% en 2026.
27:41Mais pour le moment,
27:41ça tient.
27:42Après trois années,
27:42on a fait zéro.
27:44Et là aussi,
27:46les allocataires
27:47sont très très faiblement
27:48investis en actions euro.
27:49On avait des,
27:51des meetings
27:52avec des banques
27:53d'investissement américaines
27:54et qui nous disaient
27:55que pour la première fois
27:57depuis peut-être
27:57trois ou quatre ans,
27:58les Américains eux-mêmes
28:00investissaient ailleurs
28:01qu'aux Etats-Unis
28:02parce qu'ils trouvaient ça
28:03trop cher,
28:03parce que le thème de l'IA
28:04était moins clair
28:05et parce que finalement,
28:06on voyait une croissance
28:07bénéficiaire ailleurs
28:08et que ça les intéressait plus.
28:10Donc,
28:10le Japon,
28:11autant en grâce du Japon.
28:12Le Japon,
28:13le problème,
28:14c'est que,
28:15en fait,
28:15le Japon,
28:15c'est booming
28:16pendant 12 mois
28:17tous les 6-7 ans.
28:20soit il faut prendre
28:21le train en marche.
28:21Il ne faut pas rater la fenêtre.
28:22Une fois que le train
28:24est lancé,
28:25c'est compliqué.
28:26On a déjà vu
28:27une très forte baisse
28:28du Yen,
28:28c'est souvent ça
28:29et c'est beaucoup ça
28:30là aussi
28:30qui explique
28:31la surperformance
28:31des actions japonaises.
28:33Est-ce qu'aujourd'hui,
28:34le Yen peut continuer
28:35de fortement baisser
28:35quand on regarde
28:36le spread de taux réel
28:38entre Japon euro
28:40ou Japon US
28:41qui est le principal
28:42facteur explicatif
28:42des devises,
28:43on n'a pas l'impression
28:44qu'il y ait beaucoup de place
28:45pour que le Yen baisse,
28:46donc pas beaucoup de place
28:47pour que le Japon
28:48surperforme encore
28:48donc un peu prudent
28:50sur le Japon.
28:50Très bien,
28:51donc je résume cap
28:51sur les émergents,
28:54sur les US un peu chers,
28:55zone euro,
28:55réveil de l'Europe.
28:58Nicolas,
28:59qu'est-ce qu'on fait
28:59chez Quintet ?
29:00Écoutez,
29:01nos perspectives,
29:01elles reposent
29:02sur quatre piliers
29:03essentiels pour 2026,
29:05c'est une réduction
29:05des tensions commerciales,
29:07un soutien fiscal
29:08à travers le monde,
29:11des politiques monétaires,
29:12même si on est en fin de cycle,
29:13qui sont plutôt vers
29:14garder les taux
29:15là où ils sont
29:16ou les baisser,
29:17on en a parlé
29:18avec la Fed,
29:19et toujours ce cycle
29:20d'investissement dans l'IA.
29:21Si on voit
29:23les investissements
29:24pour 2026
29:25des Big Five
29:27aux Etats-Unis,
29:28c'est un nouveau plan fiscal,
29:29c'est plus de 2%
29:30du PIB américain.
29:32Donc c'est un contexte
29:33positif croissance
29:35avec des taux d'intérêt
29:37qui devraient baisser
29:38ou rester là où ils sont.
29:40Donc de ce point de vue-là,
29:43une surpondération
29:43des actions
29:44par rapport aux obligations.
29:45Maintenant,
29:46on vit toujours
29:46dans ce monde
29:48multipolaire,
29:48fragmenté,
29:49donc il faut quand même
29:50avoir un petit peu
29:51de diversification.
29:53Vous avez parlé
29:53des émergents,
29:54ça c'est une de nos
29:55convictions fortes,
29:56on est rentré
29:58en surpondération
29:59des émergents
29:59assez tôt,
30:00en 2025,
30:00quand j'ai vu
30:01que la Chine
30:01faisait ce revirement
30:04un petit peu
30:05de politique.
30:07Voilà,
30:08ces piliers sont là,
30:09les émergents sont toujours
30:11une conviction,
30:12à mesure que Donald Trump
30:14pousse le reste du monde
30:15à aimer le reste du monde.
30:17Voilà,
30:18les émergents
30:20continuent à être
30:21notre surpondération
30:22la plus importante,
30:24mais la croissance
30:25est toujours positive
30:26aux Etats-Unis,
30:27c'est toujours délicat
30:28de sous-pondérer,
30:30on va dire,
30:30les actions américaines.
30:32Maintenant,
30:32on peut se diversifier
30:33au sein de cette classe
30:34d'actifs,
30:35c'est-à-dire que,
30:35au lieu d'essayer
30:36de deviner
30:37quel secteur
30:37va surperformer
30:38d'un mois à l'autre,
30:40nous étions rentrés
30:41avec le fameux
30:42S&P Equal Weight
30:43à pondération égale,
30:45qui avait sous-performé,
30:47certes,
30:47en 2025,
30:48mais qui se porte
30:48très bien actuellement.
30:49Ça,
30:49ça veut dire
30:50que les 493 valeurs
30:51hors Max7,
30:53les 7 magnifiques,
30:54sont en train de rattraper.
30:55Voilà,
30:56donc il y a vraiment...
30:57il y a une distorsion,
30:58c'est tellement énorme.
30:59Exactement,
31:00donc on voit vraiment
31:01le rallye un peu
31:03s'étendre,
31:03les secteurs
31:04qui nourrissent aussi
31:05l'IA
31:05commencent à en bénéficier,
31:06il y a aussi
31:08le soutien fiscal
31:09de la part
31:09de Donald Trump
31:10qui rentre en compte.
31:12Donc,
31:13on peut rester
31:14avec les actions américaines,
31:16mais diversifier
31:16avec du Equal Weight
31:17et aussi en se couvrant
31:18par rapport
31:19aux risques de change.
31:20On peut aussi
31:20continuer à aimer
31:21la zone euro
31:22pour les plans de dépense.
31:23Donc voilà,
31:24en tout cas,
31:24grosso modo,
31:25sur la partie actions.
31:27Ça revient beaucoup
31:28sur ce plateau
31:29et sur d'autres,
31:29évidemment,
31:30cap sur les émergents,
31:31on nous dit cap sur les émergents
31:31sur les actions,
31:32mais également sur les obligations.
31:33Qu'en pensez-vous ?
31:34Oui,
31:35les émergents bénéficient
31:36effectivement de la faiblesse
31:38du dollar actuellement
31:39et ça se comporte
31:40très bien sur les...
31:41Alors,
31:42moi dans mes portefeuilles,
31:43j'en mets pas,
31:44j'en ai pas,
31:45mais effectivement,
31:45c'est une classe d'actifs
31:47qui...
31:47Oui, essentiellement.
31:50C'est-à-dire qu'on peut avoir
31:50des émetteurs hors Europe,
31:52mais essentiellement en euro
31:53et quand on a la devise,
31:54on couvre la devise.
31:55Donc on suit évidemment
31:58le bloc Japon,
32:00le bloc US,
32:01qui d'ailleurs,
32:01le bloc Japon,
32:02c'est celui qui a fait
32:02le plus part de lui
32:03en termes de taux
32:04dernièrement,
32:05puisque en 2025,
32:07les taux en Europe
32:08ont légèrement monté,
32:10ceux aux US
32:11ont légèrement baissé
32:11et les taux japonais
32:12ont explosé à la hausse
32:14avec la hausse de l'inflation.
32:15Et d'ailleurs,
32:16c'est la seule,
32:17enfin une des seules banques centrales
32:18à avoir des anticipations
32:21de taux à la hausse
32:22pour l'année à venir.
32:23Vous n'avez pas habitué à ça ?
32:25Non, non, non.
32:25On sort de deux ou trois décennies
32:27de calme plat.
32:28Là, ça se réveille.
32:29Oui.
32:29Est-ce que,
32:30toujours dans les obligations,
32:31il y a des secteurs
32:32que vous regardez en particulier
32:33en Europe ?
32:34Oui, on aime bien
32:35les bancaires.
32:36On aime bien,
32:37alors surtout en Europe,
32:38puisque la réglementation
32:39fait que les bancaires
32:42sont très sécurisés maintenant
32:44avec des...
32:45et puis l'avantage des bancaires,
32:46c'est qu'il y a différentes
32:47séniorités pour les titres.
32:48Donc, on prend les titres
32:49les plus subordonnés
32:50et donc,
32:51qui font un très,
32:52très bon début d'année d'ailleurs.
32:53Et après,
32:54on a des secteurs
32:55dans la construction essentiellement,
32:57puisque l'Allemagne,
32:58mais l'ensemble des pays européens
33:01ont fait des plans de relance
33:03en termes dans l'infrastructure
33:04et dans la défense évidemment.
33:05Donc,
33:06tous ces secteurs-là
33:06sont plutôt bien...
33:10On va dessus.
33:11bancaires et constructions.
33:12Côté actions,
33:14messieurs François Rimeux,
33:15on parle beaucoup
33:16de défense,
33:17de pharma,
33:17du retour des utilities.
33:19On l'a vu avec Orange,
33:20tiens,
33:21aujourd'hui,
33:21qui prend 400%.
33:23On a l'impression
33:24que là,
33:24c'est le réveil
33:25de la vieille économie,
33:26un peu comme
33:27après la bulle Internet.
33:28Oui,
33:29il y a un petit peu de tout.
33:30La thématique bancaire,
33:32elle est probablement
33:33toujours valable,
33:34même si les valeurs
33:34sont évidemment moins intéressantes
33:36qu'il y a 3 ans,
33:36ou 4 ans.
33:37Mais quand on regarde ça
33:38sur 20 ans,
33:39ce n'est pas très cher
33:39en fait,
33:40les banques en zone euro.
33:42Et pour les raisons
33:43un peu opposées,
33:43c'est-à-dire qu'on dérèglemente
33:45un tout petit peu
33:46quand même le secteur bancaire,
33:47beaucoup plus aux US,
33:48mais un petit peu en zone euro,
33:49on sent bien
33:50qu'on est un peu
33:50en train de changer
33:51de philosophie,
33:52c'est plutôt bon
33:53pour le secteur bancaire
33:54avec des pentes
33:54qui se restent globalement
33:55plutôt pentues.
33:57Les bancaires,
33:57ça reste toujours intéressant.
33:59Le côté industriel,
34:00l'aéronautique,
34:00défense,
34:01évidemment,
34:02on est sur quelque chose
34:03de thématique
34:03qui ne va pas durer
34:04deux ou trois mois.
34:05Ça va durer des années,
34:07les besoins d'investissement.
34:09Et donc,
34:10on va rester positif
34:13là-dessus.
34:14Le côté utilities,
34:15intéressant aussi,
34:16parce que besoin
34:17d'électrification,
34:18tout ce qui est lié
34:19au thème de l'IA,
34:19c'est en partie réellement
34:21du cyclone
34:23et de la volatilité.
34:25Ça, on aime bien aussi.
34:28Et pharma,
34:30oui, il y a un peu
34:31de tout dedans.
34:31Ce n'est pas un énorme play,
34:32mais on est moins négatif
34:34que là où on était précédemment.
34:35Il y a des choses
34:36qu'on commence à bien aimer.
34:37Mais il y a un secteur
34:37en particulier
34:38que vous regardez ?
34:40Sur la pharma ?
34:40Oui.
34:41Non, c'est vraiment
34:42plus du stock spécifique dessus.
34:43Très bien.
34:44Donc, il n'y a pas
34:44de gros calls dessus aujourd'hui.
34:46Nicolas,
34:47chez Quintet,
34:48sur les secteurs,
34:49est-ce qu'il y en a
34:49qui vous semblent intéressants
34:50dont ceux qu'on a cités,
34:51les défenses pharma,
34:52utilities,
34:54construction ?
34:56Défense,
34:57voilà,
34:57pour moi,
34:58tout ce qui va être
35:00central aussi
35:01autour de l'IA.
35:02Donc, voilà.
35:03Mais encore une fois,
35:04on est plutôt
35:06dans une planification
35:10plutôt que d'essayer
35:11vraiment de prévoir
35:13quel secteur
35:14va surperformer
35:15d'un mois à l'autre.
35:16Donc, c'est pour ça
35:16qu'on entretient
35:18un peu ce S&P
35:21à pondération égale.
35:22Mais c'est vrai
35:22que l'exposition
35:23entre les États-Unis
35:24qui est très concentrée
35:25en tech,
35:26ça reste dans tous les cas
35:28un secteur prédominant.
35:29C'est un proxy tech
35:29quand même
35:30quand on achète
35:30les États-Unis, non ?
35:31C'est un proxy tech,
35:32exactement.
35:33Maintenant,
35:33les émergents
35:34avec la Chine aussi
35:35d'une certaine façon
35:36et cette allocation
35:37en Europe,
35:37ça nous permet
35:38d'aller sur les financières
35:41par exemple
35:42et sur la défense.
35:44Voilà,
35:45je fais vraiment
35:46attention
35:47à cette rotation sectorielle
35:49parce que d'un mois
35:50à l'autre,
35:50les valorisations
35:51aussi changent.
35:52Est-ce que
35:53quand vous voyez
35:54que Consumer Staples
35:55aux États-Unis
35:56est le deuxième meilleur secteur
35:58sur ce début d'année,
35:59ça paraît un petit peu
36:03surprenant ?
36:04Après,
36:04on sait,
36:05dans les consumers,
36:05je ne sais pas si on met
36:06Walmart,
36:06parce que maintenant
36:07ils se définissent
36:07comme une technologie,
36:08je crois que ça va intégrer
36:08le Nasdaq d'ailleurs,
36:10donc ça brûle aussi
36:11un peu les pistes
36:12avec un quart de son chiffre
36:13d'affaires qui est fait
36:14sur Internet,
36:14il serait en train
36:15de concurrence Amazon.
36:17Carrefour pourrait
36:17s'en inspirer par exemple.
36:19C'est vrai que
36:20c'est assez étonnant.
36:21Alors,
36:21est-ce qu'il faut
36:23est-ce que cette rotation
36:24elle est durable finalement
36:25ou est-ce qu'on va revenir
36:26sur ce qu'on connaît
36:27et chacun,
36:29ce n'est pas évident.
36:30Vous êtes plus
36:30sur les allocations aujourd'hui
36:31en disant,
36:32voilà,
36:32plus actions qu'obligations,
36:34voilà,
36:35actifs risqués,
36:36on l'a vu dans vos années
36:37les uns et les autres,
36:38c'est plus,
36:39on a l'impression que
36:40tout roule,
36:40en tout cas c'est bien balisé.
36:42Côté obligations,
36:43le cash est là.
36:44Le cash est là
36:44et c'est vrai que
36:45les secteurs sont quand même
36:46très,
36:47c'est assez homogène
36:48en termes,
36:48l'année dernière par exemple,
36:49on a eu quasiment
36:51à part de races d'accessions près
36:53mais on a eu tous les secteurs
36:54qui ont fait à peu près
36:54la même performance.
36:55C'est assez homogène,
36:56il y a beaucoup moins
36:57de disparités
36:58comme celles que l'on voit
36:59actuellement sur les actions
37:01aux US.
37:02C'est vrai que c'est vrai.
37:03Bon,
37:04en gros on continue
37:04à diversifier,
37:05c'est le maître mot,
37:06on a l'impression toujours.
37:08Oui,
37:08mais après,
37:09de toute façon,
37:09le juge de paix
37:10ce seront les bénéfices,
37:11on parlait du secteur
37:11de software tout à l'heure
37:12mais pour le moment
37:13on ne voit aucune inflexion,
37:14les trajectoires bénéficiaires
37:15elles restent très bonnes,
37:16les prévisions 2026-2027
37:21c'est ça qui sera
37:22le juge de paix
37:22de là où iront les marchés,
37:24c'est eux ce que font
37:24les bénéfices
37:26et donc c'est ça
37:27qu'on va mettre à jour
37:28tous les trois mois,
37:28c'est est-ce que vraiment
37:29tout le monde suit le plan,
37:31est-ce qu'on a des bonnes
37:31ou des mauvaises surprises ?
37:33Mais oui,
37:34aujourd'hui ça reste
37:35plutôt très bien orienté
37:36globalement.
37:37Bon,
37:38ça veut dire qu'on est
37:38plutôt optimiste
37:39en ce début d'année
37:41pour les portefeuilles
37:43même si,
37:43on le disait
37:44en début d'émission
37:45effectivement,
37:46on a des fois des surprises
37:47valeur par valeur,
37:48c'est vrai que globalement
37:49on rappelle aussi
37:50qu'on est quand même
37:51une performance du CAC 40,
37:53on est pratiquement
37:53au plus haut à 8400 points,
37:55c'est plutôt de bonne augure,
37:57voilà,
37:57dividendes réinvestis
37:58c'est encore mieux
37:59sans doute
38:00et ça va peut-être durer.
38:02Eh bien messieurs,
38:02un grand merci
38:03pour cette édition
38:05de Smart Bourse,
38:06Olivier Robert,
38:07merci,
38:07je rappelle que vous êtes
38:08responsable de l'équipe
38:09ThinkSync Club
38:10chez CPRM,
38:10bravo pour ce baptême du feu
38:12avec nous ce soir.
38:13Merci Fabrice.
38:14François Rime,
38:14merci stratégiste senior
38:15chez Crédit Mutuel
38:16Asset Management
38:17et Nicolas Sopel
38:19stratégiste en chef
38:19chez Quintet
38:21Private Bank.
38:22Merci Nicolas.
38:23Voilà,
38:24cette édition n'est pas terminée
38:26puisque dans un instant
38:26on va s'intéresser
38:27à un secteur
38:28qui intéresse aussi
38:29beaucoup les investisseurs
38:30ce sont les infrastructures.
38:31A tout de suite.
38:32A tout de suite.
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