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Jeudi 8 janvier 2026, retrouvez Gilles Lengaine (Co-fondateur et Managing Partner, Infranity) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:00Générique
00:00Le dernier quart d'heure de Smart Bourse, chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir, c'est celui des infrastructures, l'investissement en infrastructures, enjeux et perspectives.
00:19Nous en parlons avec les spécialistes d'Infranity et Gilles Langaine, qui est à mes côtés, cofondateur et managing partner d'Infranity.
00:26Bonsoir Gilles. Merci beaucoup d'être avec nous.
00:29Infranity, qui est donc un spécialiste de l'investissement en infrastructures, aussi bien en dette qu'en fonds propres, qu'en écoutis, Gilles.
00:37Mais justement, racontez-nous un peu l'histoire d'Infranity.
00:39Et qu'est-ce que l'histoire d'Infranity et le développement d'Infranity ces dernières années nous dit aussi de la croissance de ces marchés, de l'investissement en infrastructures ?
00:49Ravi de vous retrouver sur ce plateau.
00:52Et puis, je vais en profiter pour redire un mot sur Infranity.
00:56Donc, Infranity continue de très bien se développer.
00:59Aujourd'hui, on gère environ 13 milliards d'euros pour le compte d'investisseurs institutionnels et aussi de clients privés.
01:07On est aujourd'hui leader en financement d'infrastructures à travers nos stratégies private debt en infra.
01:14Et puis, on a fortement développé notre activité private equity infra, donc investissement en equity,
01:20avec un positionnement assez clair sur le mid-market.
01:24Et puis, d'un point de vue géographique, on reste principalement investis en Europe.
01:30Mais on a étendu notre activité à l'Amérique du Nord avec l'ouverture l'année dernière d'un bureau à New York.
01:35Alors, 13 milliards, je le disais, ça correspond à peu près à un doublement de nos encours ces trois dernières années.
01:42Donc, on voit que la croissance est là.
01:44Et ce succès de ce développement, je dirais, il est dû essentiellement à notre modèle.
01:50Et puis aussi au positionnement stratégique qu'on a adopté en tant que spécialiste de la classe d'actifs,
01:57adossé à un grand assureur européen généraliste.
02:00En l'occurrence, bien sûr.
02:01Et ça, c'est un couple qui fonctionne bien, ça.
02:04Oui, ça se comprend quand on regarde les grandes évolutions de l'industrie asset management.
02:09D'abord, la croissance continue des marchés privés.
02:13Et puis, quand on regarde bien les marchés privés, à l'intérieur des marchés privés,
02:16à la fois la dette privée et l'infrastructure sont les deux classes d'actifs qui croissent les plus vite.
02:23Et puis, d'autre part, ce partenariat avec un assureur,
02:27on voit bien que ça a été quelque chose de très recherché par les grands gérants de private equity
02:34qui ont cherché à nouer ce type de partenariat ou à s'adosser d'une manière ou d'une autre à des bilans d'assurance.
02:40Le modèle le plus, l'exemple le plus parlant, c'est probablement Apollo avec Athènes,
02:48mais KKR aussi et même Blackstone.
02:52Qui viennent se nourrir du bilan des assureurs.
02:55Et donc, ça a eu deux impacts assez forts.
02:57Le premier, ça a été d'abord de nourrir leur croissance, d'avoir des accès à des actifs.
03:02Et puis, d'autre part, ça a aussi modifié leur portefeuille d'activité
03:08parce qu'aujourd'hui, pour ces grands acteurs,
03:11du fait que les assureurs naturellement allouent une plus grande partie de leurs actifs à de la dette,
03:19ont développé fortement leur activité private debt.
03:22Et donc, aujourd'hui, même pour ces grands noms du private equity,
03:25l'activité est plus étoffée.
03:27Aujourd'hui, le portefeuille est plus développé en private debt.
03:30Et ça, c'est vraiment à notre image infranitive.
03:32On a ces deux jambes, private debt et puis private equity.
03:35Et le potentiel de croissance, alors le remodelage, on va dire, de la composition des bilans,
03:42le remodelage, donc, par conséquence, du paysage aussi de la gestion d'actifs,
03:46enfin, il y a encore pour dette privée, dette infra,
03:49il y a encore un potentiel de croissance inaboutie, j'ai envie de dire, Gilles ?
03:54Oui, les projections disent que, encore une fois,
03:58ces deux classes d'actifs, dette privée et infra,
04:01vont continuer de se développer et de croître plus vite, d'une part,
04:06que la moyenne des marchés privés.
04:08Et les marchés privés eux-mêmes sont appelés à croître plus vite que les marchés publics.
04:12Donc, on voit que le potentiel est bien là.
04:15Et puis, si je m'arrête plus spécifiquement sur l'infrastructure,
04:19enfin, les thématiques de fond, et on pourra en reparler,
04:22telles que la transition énergétique,
04:24l'investissement dans les infrastructures digitales,
04:26continuent d'alimenter un pipeline très, très dense.
04:28Un autre relais de croissance, et alors, pour l'ensemble des actifs privés,
04:33du non-coté en général,
04:35c'est ce qu'on appelle, donc, le private wealth,
04:38les clients privés, avec certaines surfaces patrimoniales néanmoins.
04:44Après, on peut descendre sur les clients particuliers aussi.
04:46Enfin, il y a différentes stratégies de ce point de vue-là.
04:48Comment est-ce que vous voyez, vous, ce relais de croissance chez Infranity ?
04:52Et comment est-ce que vous avez envie, j'allais dire, de l'accompagner ?
04:56Avec quel type de stratégie et de discipline aussi, peut-être ?
05:00Oui, c'est une bonne question.
05:02Alors, on a très tôt chez Infranity ouvert nos stratégies en infra
05:08à des investisseurs privés, et on l'a fait dès 2020.
05:13Et si vous vous rappelez, à l'époque, c'était la loi Pacte,
05:16en s'appuyant notamment sur la capacité à distribuer
05:20ces thématiques d'investissement dans des contrats d'assurance-vie.
05:24Évidemment, on avait un partenaire privilégié qui était Generali.
05:27Et on avait la conviction qu'il allait y avoir une demande très forte
05:32des investisseurs privés pour cette classe d'actifs,
05:35parce qu'elle donne des cash flow stables, long terme.
05:38Visibilité, du rendement.
05:39On donne du sens à son épargne, des actifs tangibles.
05:43Et donc, on voyait le potentiel.
05:46Et puis, d'un autre côté, il est clair qu'en France,
05:52on n'a pas de fonds de pension, mais on a un taux d'épargne très élevé.
05:55Et donc, c'est important de mobiliser cette épargne
05:59pour l'investir dans l'économie, en particulier ce qu'on appelle l'économie réelle.
06:03Je voyais que les échos titraient ce matin.
06:05Oui, c'est l'enquête de l'EMF, je crois.
06:07Oui, bien sûr.
06:08Beaucoup d'épargne avec toujours une appétence
06:11pour des placements plutôt sans risque, quand même.
06:13Voilà, exactement.
06:15Ou en tout cas, sans risque, mais en tout cas, un souci de liquidité.
06:20Et donc, pour mobiliser davantage cette épargne,
06:22c'était important de venir avec des solutions
06:25qui permettaient de générer un peu de liquidité.
06:28Et donc, effectivement, nous, on lance aujourd'hui
06:31une nouvelle génération de produits
06:33qui sont des fonds, ce qu'on appelle semi-liquides, open-ended,
06:37et qui permettent de donner des fenêtres de liquidité.
06:40Alors, il faut être clair,
06:41le sous-jacent reste moins liquide que sur les marchés publics.
06:45Et donc, ce n'est que semi-liquides.
06:48Je pense qu'il faut être assez pédagogue.
06:50Mais néanmoins, cette possibilité d'entrée
06:53et de sortir au cours de la vie de ces fonds
06:56attire quand même ces investisseurs privés.
06:59Et ça permet de mobiliser davantage l'épargne
07:02pour ces stratégies d'investissement sur les marchés privés.
07:05Et en ajustant effectivement le degré de liquidité
07:09de ces stratégies,
07:10on arrive quand même à préserver
07:12une génération de performance suffisamment significative
07:16pour que les produits soient compétitifs, Gilles.
07:19Oui, alors effectivement, il faut trouver le bon équilibre
07:21entre avoir une poche de cash
07:23et puis la stratégie un peu plus pure
07:26d'être investi sur ces actifs infrastructures, en l'occurrence.
07:31Alors, nous, on a justement cette spécificité
07:34d'être capable d'investir à la fois en écoutie et en dette.
07:37Vous savez que la dette, quand même, donne de la liquidité
07:39parce qu'il y a des coupons,
07:41parce qu'il y a du principal qui revient.
07:44Et donc, on arrive à être assez efficient, en fait,
07:46dans la création de liquidité
07:47en faisant quand même travailler un peu plus l'argent
07:49que s'il était seulement gardé en cash.
07:52Donc, voilà, on arrive à trouver un bon équilibre.
07:55Et puis, l'important, c'est aussi la performance dans la durée.
07:57C'est aussi des investissements de long terme.
08:00Et donc, pour nous, vous parlez de la question de la discipline.
08:04Nous, on a maintenant 5-6 ans d'expérience
08:06sur cette ouverture, justement, à des investisseurs particuliers.
08:11Et c'est vrai qu'on a quand même identifié
08:12un certain nombre de facteurs clés de succès.
08:15Le premier, d'abord, je crois que c'est d'avoir la taille.
08:19Parce que si vous voulez donner une vraie qualité de gestion institutionnelle
08:24à des investisseurs privés,
08:26vous devez être capable d'absorber les flux.
08:29C'est différent d'un fonds fermé
08:31où vous levez pendant 2-3 ans,
08:32vous savez ce que vous levez, vous investissez.
08:34Là, vous avez des flux qui rentrent tous les mois.
08:37Et l'enjeu, c'est de les mettre au travail
08:39de façon disciplinée et garder la même sélectivité.
08:42Donc ça, vous pouvez le faire que si vous avez une plateforme large
08:44qui vous permet d'investir très régulièrement.
08:47Je vous donne un exemple.
08:48Chez Infranity, on investit environ 2 à 3 milliards par an dans le marché.
08:52Donc on peut absorber des flux tous les mois
08:54qui nous permettent d'exposer nos clients.
08:57L'accès, la taille des fonds eux-mêmes,
09:00et là, je dirais l'accès justement au site capital
09:02avec notre modèle assurantiel, il est très important.
09:05Parce que pour faire rentrer les investisseurs privés,
09:07en général, on aime que le fonds soit déjà un peu constitué,
09:10qu'il y ait déjà un peu de taille
09:11pour ne pas absorber la courbanjie totalement.
09:14Et puis, être capable de donner de la diversification,
09:17ce qui est aussi la résilience de la stratégie.
09:21Donc ça, c'est quand même très important,
09:23être capable de garder ce niveau de sélectivité,
09:26de diversification.
09:27Et pour vous donner des ordres de grandeur,
09:29le fonds qu'on a ouvert aux épargnants français
09:33a collecté un milliard quasiment en ave.
09:36Donc on voit le succès de cette classe d'actifs
09:39quand on a les bons ingrédients.
09:41Si on parle d'investissement, justement, là, Gilles,
09:44et déploiement des investissements,
09:46donc quand on est positionné sur de la dette privée
09:50ou du private equity dédié aux infrastructures,
09:53vous dites, c'est des segments qui connaissent
09:55la plus forte croissance aujourd'hui
09:56dans l'univers des actifs privés,
09:58couplés à l'enthousiasme pour l'IA,
10:01qui est aussi un marché d'infrastructures.
10:03Aujourd'hui, Gilles, est-ce qu'il y a déjà
10:04un risque de surchauffe ?
10:06En tout cas, est-ce que ça appelle une vigilance particulière
10:08aujourd'hui pour des gestionnaires d'actifs comme vous ?
10:11Oui.
10:12Écoutez, il y a deux secteurs qui tirent le marché
10:15depuis quelques années.
10:17C'est d'une part le secteur de l'énergie
10:18et d'autre part le secteur des infrastructures digitales.
10:23Ce sont des marchés très profonds.
10:26Si on commence par le secteur de l'énergie,
10:28je crois que les événements de ces dernières semaines
10:31nous rappellent clairement que l'énergie
10:33reste au cœur des enjeux de ce monde.
10:35Enfin, le Venezuela sans le pétrole,
10:38ce n'est pas la même histoire.
10:40Et donc, nous, chez Infraniti,
10:41on n'investit pas dans le pétrole,
10:42on investit dans la transition énergétique,
10:44mais on croit fondamentalement
10:46que c'est le bon moyen,
10:47au-delà des enjeux écologiques,
10:49de répondre à des enjeux de souveraineté,
10:51de sécurité énergétique.
10:54Parce que, clairement, en Europe,
10:56on est pauvre en énergie conventionnelle.
10:58Donc, c'est assez clair que les énergies renouvelables
11:01et le nucléaire ont leur rôle à jouer.
11:04Mais même aux États-Unis,
11:06où il y a beaucoup plus d'énergie conventionnelle
11:08et puis il y a cette idéologie de l'administration Trump,
11:12ils sont assez pragmatiques.
11:13Les Américains, ils ont besoin aujourd'hui
11:16d'installer beaucoup plus de capacités électriques
11:20parce qu'il y a l'électrification des usages,
11:22il y a les data centers qui consomment.
11:24Et donc, clairement, ils continuent d'investir
11:26et d'installer massivement des énergies renouvelables.
11:29Par contre, il faut être sélectif dans ce secteur.
11:33C'est important, aujourd'hui, selon nous,
11:36d'investir dans des développeurs d'énergie renouvelable
11:38qui diversifient leurs technologies,
11:40qui ont de l'éolien, qui ont du solaire,
11:43et qui aussi couplent ça avec des batteries
11:45pour stocker l'électricité.
11:47Parce qu'aujourd'hui, c'est important
11:49pour être mieux armé dans un contexte
11:51où la pénétration des renouvelables
11:53crée de la volatilité dans les réseaux,
11:55dans les prix d'électricité.
11:56Et donc, ça, il faut être assez sélectif
11:58sur ces marchés.
12:00Et puis, le deuxième secteur...
12:01L'infra-digital.
12:02Là, on parle de surchauffe.
12:05Qu'est-ce qui se passe exactement ?
12:06C'est vrai que l'IA crée une vague d'investissement
12:08sans précédent.
12:10Et aujourd'hui, c'est surtout aux États-Unis
12:13que ça se passe, si on est clair.
12:14Parce qu'on est dans cette phase de l'IA
12:16où c'est vrai qu'il faut des puces,
12:18mais il faut aussi des infrastructures,
12:21au premier rang desquelles les centres de données.
12:23Et aujourd'hui, on est dans cette phase de l'IA
12:26où on a besoin d'entraîner CLLM,
12:29ces Large Language Models.
12:31Et on a besoin d'infrastructures dédiées,
12:33très puissantes,
12:34qui sont essentiellement, aujourd'hui,
12:36construites aux États-Unis.
12:3920 secondes, Gilles.
12:40Pardon.
12:41Nous, on a pris une approche pragmatique.
12:43On n'a pas pris trop d'exposition
12:44à ces infrastructures dédiées.
12:45Par contre, il y a une deuxième phase
12:46qui va arriver,
12:48qui est la phase de l'utilisation
12:49de ces langages.
12:52Et donc ça, ça va demander
12:53des data centers un peu partout,
12:55y compris en Europe,
12:56plus proches des utilisateurs.
12:57Et là, on aura des opportunités
13:00intéressantes en Europe.
13:02Merci beaucoup, Gilles.
13:02Merci d'être venu évoquer pour nous
13:04les enjeux de ces marchés d'infrastructures.
13:06Gilles Langagne,
13:07cofondateur et managing partner
13:08d'Infranity.
13:12Sous-titrage Société Radio-Canada
13:13Merci.
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